ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

08-02-12

Coming outer space

On pourrait soupçonner un tantinet d'opportunisme derrière le pitch d'Outland : parler de geeks, c'est à la mode, et lancer une série gay, ça a un petit côté "moi j'ose le faire", moins qu'avant, certes, mais à plus forte raison sur une chaîne publique.

Outland

Outland est pourtant un projet dont on a l'impression qu'il est quand même très authentique, essentiellement parce que son créateur John Richards parle de ce qu'il connait.
...Et puis parce qu'une série gay réalisée avec trois bouts de ficelle, ça fait toujours plus authentique que si elle avait un budget monstre.

Eh oui, il faut le dire, Outland n'impressionne pas des masses de prime abord. D'accord, l'appart de son héros est parfaitement décoré (je veux le même en violet !) mais globalement, ça ressemble à une série tournée avec quelques dollars en poche, un scénario simpliste et des copains acteurs. Lesquels ne brillent pas nécessairement par leur talent, mais on le mérite de se montrer rapidement sympathique.

Si je parle de scénario simpliste, c'est essentiellement parce que l'histoire de ce premier épisode n'est pas franchement épatante. Le pilote passe 20mn à nous montrer un personnage central et ses copains dévoiler lourdement leur personnalité quand d'autres séries auraient su le faire en moins de temps, afin d'offrir une intrigue drôle et rythmée. Rien de tout cela ici, alors que le protagoniste central passe le plus clair de l'épisode à faire une crise d'angoisse (qui dure environ 6h d'après mes calculs) et que ses potes meublent comme ils peuvent dans le salon avec le plan Q que notre héros ne pourra pas concrétiser. Là comme ça, ça ne fait pas envie.

La force de ces personnages, c'est qu'ils seraient tous, dans une autre série, une caution gay, le quota gay, appelez ça comme vous le voulez : le gay flamboyant et maniéré, la lesbienne qui en impose, le gay issu de la culture cuir et clous des années 90, et le petit gay de bonne famille, auraient sans hésité joué les seconds couteaux caricaturaux dans une comédie hétéro. Mais ici, rassemblés ensemble, ils forment une petite communauté improbable mais vite attachante. Personne n'est là à titre de prétexte, simplement, comme beaucoup de personnages de comédies, ils sont un peu caricaturaux. La nuance a son importance.
Je confesse une tendresse particulière pour les grands yeux de Toby (incarné par Ben Gerrard), un personnage qui trouve le moyen d'être à la fois snob et attachant.

Difficile d'évoquer Outland sans parler des références geek, également. On a ici une bandes de geeks de science-fiction, me faut-il préciser, qui vont donc mentionner Doctor Who (abondamment !), un pseudo-Star Trek (problème de droits ?), Blake's 7... sans compter une hilarante référence à Rencontres du Troisième Type dans le frigo (vous verrez). L'appartement du héros est peuplé de produits dérivés qui en allècheront plus d'un !
Mais au-delà de ça, on n'est pas dans le name dropping comme peut le faire The Big Bang Theory : la science-fiction est vécue comme une addiction plutôt qu'autre chose, et comme un fardeau par le personnage principal, plutôt que comme une fierté. D'ailleurs Outland, derrière son aspect humoristique ou disons, léger, est une véritable réflexion sur la condition d'outsider, quelle qu'en soit la raison. "Ce n'est pas le lycée !", lance l'un des protagonistes à un autre qui rétorque "mais si, c'est le lycée, c'est TOUJOURS le lycée !", preuve qu'il y a aussi une certaine souffrance derrière le sujet choisi ici ; elle s'exprime pour le moment de façon un peu maladroite, mais j'apprécie ce regard différent, loin de l'étendard pro-geek ou pro-gay, pour raconter quelque chose de plus dense, à la fois spécifique et universel.

Outland est, en définitive, une comédie qui a un fort capital, mais qui a un peu raté son entrée en voulant trop prendre le temps de s'installer. Il faudra probablement attendre un épisode de plus pour accompagner ces geeks gays avec entrain...

Posté par ladyteruki à 23:43 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-02-12

[#Ozmarathon] 4x07, best sitcom ever

Allez savoir si j'étais, au départ, d'humeur badine, mais ce nouvel épisode de notre Ozmarathon m'a semblé être une gigantesque et hilarante blague. Tout prêtait à sourire ou même à rire. Oz peut tout faire... même de la comédie !

Ozmarathon-4x07

Quoique l'épisode a plutôt commencé comme un film d'horreur. Pour une raison qui m'échappe, Ryan O'Riley se tape... j'ai peine à croire que je vais le mettre blanc sur violet mais... il se fait Claire Howell. En fait non, la raison ne m'échappe pas. C'est du Ryan tout craché : il a calculé les bénéfices immédiats (il peut se taper l'une des rares femmes d'Oswald) et sur le long terme (il a un CO dans la poche et peut lui demander des services, et c'est mieux que jouer sur la fibre patriotique de Murphy), et il en a conclu que, ouais, en essayant de se concentrer et d'imaginer que c'est Gloria à la place, c'est jouable.
En toute sincérité, je me rappelais que Howell se tapait un prisonnier, mais j'avais oublié lequel. Ca m'a fait un choc. Mais évidemment, voir Stanislofsky mourir quelques minutes plus tôt m'a redonné le sourire...

Pour prendre le relai et s'enfoncer plus loin encore dans la comédie, on a droit au cas Zabitz. Ce personnage sans grande envergure, qui n'a été là que pour relancer la guerre entre Beecher et Schillinger (ce dernier l'avait payé pour dire que Keller était coupable de l'enlèvement des enfants), et qui passe son temps à parler des dents pourries de sa fille, était voué à retourner dans la masse des prisonniers anonymes aussi vite qu'il en était sorti. C'était sans compter sur le désormais légendaire sadisme des scénaristes, qui décident de lui donner une porte de sortie plus officielle et de nous montrer un Chris Keller bien décidé à lui faire manger les pissenlits par la racine. Pendant ce temps, Schillinger convient que Zabitz est devenu gênant et qu'il faut l'éliminer.
La scène de l'exécution est surréaliste : Keller et Robson se disputent la proie... tout ça pour que celle-ci fasse une attaque cardiaque. C'est hilarant et absurde. Insérez les rires enregistrés ici.

Mais le fun ne s'arrête pas là puisque Keller a ensuite toute une scène pendant laquelle il humilie le père Mukada avec la même technique qu'il avait utilisée pour destabiliser Sister Peter Marie lors de leurs sessions. Et c'est non seulement dingue de voir à quel point il est doué pour ça, mais aussi de prendre deux secondes de recul et de se dire que c'est B.D. Wong qui fait mine d'être effaré par la perspective dégueulasse de se livrer à des actes homosexuels. Difficile de ne pas voir l'ironie de la chose ici.

C'est ensuite au tour de Beecher de nous divertir. Ici on est moins dans le rire à gorge déployée que l'expression cynique d'un humour noir de mauvais goût. Après avoir bouclé le clapet de Sister Pete et de Kareem Saïd, Beecher décide de devenir méchant et de payer pour faire tuer Hank Schillinger. On aurait presque pu s'en tenir là : faire exécuter le même jeune homme qui devait être la personnification de son rachat karmique était déjà plutôt drôle. Mais qu'en plus, Beecher change d'avis, aille annuler sa commande, pour apprendre qu'il est trop tard, c'est terriblement... pas marrant, non, mais avouez que c'est vraiment le revirement qui tue. Plus c'est gros, plus ça passe, cela dit, et c'est bien dans l'esprit de cet épisode.
Il ne fait pas vraiment de doute dans mon esprit, dans les prochains épisodes, on ne trouvera plus ça très amusant. Mais pour le moment, c'est juste énorme.

Puisque décidémment c'était l'intrigue du n'importe quoi, l'affaire Rebadow rebondit. Notre tueur-né a soudain des regrets, une fois sorti du trou. Il tente de faire des excuses à Busmalis et c'est bien-sûr l'instant précis que choisit une tumeur dans son cerveau pour pousser. Bon, pas tout-à-fait, mais il faut quand même reconnaître que l'enchaînement de situations de cette intrigue vire au grand-guignol, surtout étant donné le talent de Busmalis pour être piteusement drôle en toute situation, et avec en prime l'obstination de Querns à lui refuser de voir son ami, on ne sait pas d'où ça vient, mais ça dédramatise complètement la situation de le voir jouer au salaud comme ça. On devrait s'inquiéter pour Rebadow mais vu le contexte, on n'y arrive pas.

Les scénaristes se désintéressent quant à eux lentement de l'intrigue de Mobay (et ils ont raison). On est donc dans le n'importe quoi aussi ; alors que pour la première fois, Mobay vient demander conseil à Glynn (il est bien temps !), lequel nous sort des conneries quasi TwinPeaks-iennes sur son obsession envers la campagne électorale et balance une réponse à la con aux problèmes de Mobay. C'est totalement ridicule, sa suggestion, d'ailleurs : comme si introduire un prisonnier que personne n'a jamais vu pour acheter de la drogue à Mobay allait permettre à ce dernier d'acquérir une quelconque crédibilité ! Et pourtant, croyez-le ou non, Mobay s'exécute. Sauf qu'Adebisi n'est pas d'humeur à la rigolade, et qu'il continue d'avoir des doutes envers Mobay. Ca va mal finir.
En intrigue annexe, je pourrais également citer Hill, qui se fait cuisiner au sujet du meurtre auquel il a assisté. La scène est là aussi un rien décalée, avec l'enquêtrice sûre de son coup qui a deviné, on ne sait comment, que Hill sait quelque chose. J'avais envie de me rouler par terre.

La fin de l'épisode est, en apparence, plus sérieuse. En apparence seulement. Pendant qu'Adebisi a fait de sa piaule à Em City un véritable nightclub, qu'il se débarrasse nonchalamment de Pancamo et Morales, et qu'il trouve le moyen de faire de la couenne tout en tapant la discut' avec Kareem Saïd, ce dernier reprend la tête des Muslims (on savait tous qu'Arif n'avait pas ce qu'il fallait et qu'il ne tiendrait plus très longtemps). Il essaye d'intéresser McManus au sort d'EmCity, lequel est quant à lui mis face à l'autre vérité derrière la création d'un EmCity entièrement noir : l'unité B est en train de drôlement pâlir en contrepartie. Derrière les développements de cette histoire pour Adebisi, Saïd, McManus ou Schillinger, il y a l'officialisation de la guerre raciale qui est déclairée à Oswald, jusque là sournoise, désormais inévitable. C'est une intrigue qui après tout, a besoin d'éclater, c'est le moment. Mais c'est totalement absurde, une fois de plus, de voir comment le plan de Kareem Saïd le pousse à pactiser avec Adebisi, lequel lui fait une déclaration hallucinée et se met à danser en plein milieu d'EmCity.

Je crois qu'il est temps de placer les scénaristes en désintox : pour cet épisode, ils avaient vraiment abusé. Mais avec ce qui se prépare, rira bien qui rira le dernier encore en vie... parce qu'à mon avis, ça va se corser.

Posté par ladyteruki à 23:09 - Plus on est de fous - Permalien [#]

lady's world tour - Escale n°1

Entre deux posts consacrés à l'Australie (Outland commence demain... ENFIN !) et avant le post Ozmarathon de ce soir, je voulais vous proposer un petit tour d'horizon de plusieurs news de la planète, là, comme ça, histoire de se mettre de bonne humeur.

J'ai une affection particulière pour les brèves du monde, je dois dire. Même quand on ne regarde pas les séries en question (parce qu'on ne peut pas, parce qu'on ne veut pas, parce qu'un peu des deux, parce qu'autre chose...), ça fait toujours du bien de simplement savoir que des projets intéressants, originaux et/ou sympathiques voient le jour un peu partout.
Cependant, bien-sûr, le plaisir premier du world tour, c'est aussi de se tenir au courant et de trouver dans l'actualité des télévisions du globe des suggestions de découvertes, ce qui est, comme vous le savez, très important à mes yeux.

Vous allez donc FORCEMENT trouver un truc qui vous intéresse dans ce premier world tour, c'est pas possible autrement !

LoveHateDVD

- IRLANDE : c'est définitivement de l'amour
Vous connaissez les IFTAs ? Bah c'est comme les BAFTAs, mais pour l'Irlande. Voilà ça c'est fait. Eh bien les nominations pour l'édition de 2012 de cette cérémonie ont été dévoilées il y a quelques jours, et elles font plaisir à voir. Il faut quand même préciser que pour les Irish Film & Television Awards, sont elligibles toutes les séries co-produites et/ou tournées sur le sol irlandais, ainsi que les acteurs d'origine irlandaise quelle que soit la nationalité de la fiction où ils ont officié. On fait avec ce qu'on a, hein... L'an dernier, c'est la première saison de la série Love/Hate qui avait dominé ces récompenses, mais cette année... eh bien cette année Game of Thrones est elligible ! Pas facile de rivaliser dans ces conditions, pourtant avec 10 nominations Love/Hate (saison 2) domine une fois de plus, et ça c'est chouette pour la fiction irlandaise en général comme en particulier. La série est d'ailleurs assurée d'une 3e saison, ce qui est une bonne nouvelle supplémentaire. A noter que Ruth Negga est nommée deux fois, d'une part pour son rôle dans Misfits, et d'autre part pour son apparition dans le téléfilm écossais Shirley, bravo jeune fille ! La série en gaélique Corp+Anam a également tiré une nomination dans la catégorie meilleure série.

- COREE DU SUD : une série d'action sur le câble
Vous ne pouvez pas l'ignorer, le câble sud-coréen est en plein boom. OCN prépare dans ce contexte un nouveau projet intitulé Hero, une série d'action se déroulant dans un futur immédiat, dans une mégalopole où les limites entre le bien et le mal sont devenues floues, et où le crime a envahi la ville... bref, une sorte de Gotham City. Le héros de cette ville et de cette série sera un personnage décrit comme étant hors de contrôle et un peu idiot, ce qui a le mérite d'être original. C'est un scénariste habitué du câble, l'auteur de la série historique Yacha, diffusée en décembre 2010 sur OCN également, qui signe cette série. 10 épisodes sont prévus et la production en a déjà terminé 4... il va falloir s'activer, le lancement est prévu en mars prochain !

- COREE DU SUD encore : un drama nommé aux USA
Alors, je vous l'accorde, ce ne sont pas les International Emmy Awards, mais quand même. Sungkyunkwan Scandal, une série historico-romantique adolescente, vient d'être nommée à l'occasion du New York TV Festival, dans la catégorie "meilleure mini-série". Titre auquel elle peut prétendre non pas par sa brièveté (20 épisodes), mais parce qu'elle ne compte qu'une saison avec un début et une fin, et ça permet de prétendre au titre de mini-série sur le sol américain où on fait une petite fixette sur les renouvellements. Diffusée pendant l'été 2010, Sungkyunkwan Scandal avait été particulièrement populaire auprès des jeunes spectatrices ; les audiences avaient été honnêtes, sans plus, atteignant au mieux 13% de parts d'audience, mais il faut dire que la série était diffusée face à GIANT, qui elle, a atteint 40%. C'est pas pour trouver des excuses mais allez lutter contre ça en seulement 10 semaines ! Toujours est-il que les résultats de ces récompenses seront connues courant mars...

Navya
- INDE : Navya en équilibre instable
Eh bah moi, les séries qui survivent à leur annulation, je trouve toujours que ça fait de belles histoires. Celle de Navya commence en avril dernier, lorsque Star Plus lance ce petit soap sans grande originalité. On y découvre une jeune femme, Navya (vous l'auriez deviné) qui a grandi dans une famille très traditionnelle, mais qui se soigne. La série tourne donc autour de la façon dont Navya tente de concilier à la fois les traditions conservatrices de sa culture, et un mode de vie plus moderne et ouvert, sans offenser qui que ce soit ni aller contre son coeur. C'est beau. Le problème c'est que Navya, le soap, a eu plus de mal à trouver son équilibre que Navya, le personnage, et les audiences commençaient à faire une sale tête. Fin janvier, Star Plus a donc décidé d'annuler la série, expliquant son geste avec une petite video d'annonce, diffusée le 25 janvier, et nommée "Goodbye Navya". Sauf que les fans ne l'ont pas entendu ainsi et ont submergé la chaîne sous les demandes de grâce. Requêtes exaucées : la série, qui devait s'achever le 13 février prochain, se voit finalement accorder un sursis. Elle déménagera simplement de sa case de 22h du lundi au jeudi, pour atterrir à 18h. A charge pour les fans de s'adapter...

- AUSTRALIE : c'est la rentrée !
Bah oui, quoi, qu'est-ce qui vous choque ? Les vacances estivales étant finies, en ce mois de février, les chaînes australiennes dévoilent leurs plans pour les prochains mois, c'est normal. Pour l'heure, deux networks ont ainsi révélé leur programmation à venir, notamment en termes de fictions ; beaucoup de ces infos relèvent essentiellement de la confirmation, mais ça fait quand même plaisir. Ainsi, chez Seven, les fans de Packed to the Rafters seront ravis d'apprendre que la diffusion de la nouvelle saison ne sera pas aussi erratique qu'en 2011, et se fera en une seule fois ; même chose pour Winners & Losers (de retour pour une saison 2), et la série A Place to Call Home, de la même créatrice, qui devrait quant à elle apparaitre plutôt vers la fin de l'année. La chaîne mise donc énormément sur ses séries feelgood, qui occuperont le plus clair de l'année. Du côté du network Nine, une nouvelle série de la franchise Underbelly est d'ores et déjà commandée, ce qui est normal, on ne va pas tuer la poule aux oeufs d'or et la machine est si bien rodée... La nouvelle série Tricky Business est elle aussi confirmée (fans de Farscape, sachez qu'on y retrouvera Gigi Edgley qui s'y est trouvée une nouvelle maison après l'annulation de Rescue: Special Ops), décrite comme un mélange de série procédurale et de drama familial. Quant à la mini-série Howzat!, spin-off officieux de Paper Giants, son tournage devrait prochainement commencer à Melbourne et il faudra encore patienter un peu, mais on en reparle très vite.

- SUEDE : des chiffres et des boulons
Où l'on reparle d'Äkta Människor ! Eh oui, vous pensez bien que je ne vais pas vous lâcher de si tôt avec cette série (pour laquelle il existe des sous-titres...). Cette fois on va s'intéresser aux audiences, puisque j'ai réussi à trouver celles de la première soirée. Le 22 janvier dernier, SVT proposait en effet une soirée de lancement avec les deux premiers épisodes ; le premier, à 21h, a réuni 830 000 spectateurs (9,1% de la population, souffle-t-on), et le second a été suivi par 650 000 spectateurs (7,2% de cette même population). Quand on sait que les deux épisodes de la mini-série Hinsehäxan, diffusée quelques semaines plus tôt, avoisinait plutôt les 13%, ça fait un peu peu, c'est sûr. Mais fort heureusement, Stefan Baron, chef de la fiction chez SVT, s'est dit dans une interview plutôt satisfait de ces chiffres, surtout qu'il se doutait un peu qu'une série de SF, en primetime sur une chaîne publique, dans un pays qui n'a pas une tradition de science-fiction particulièrement marquante, ça n'allait pas forcément déchaîner les foules. Surtout qu'en face, TV4 propose rien de moins que des épisodes de Wallander ! Pour lui, le pari sera réussi si, au terme de ses 10 épisodes, Äkta Människor parvient à une moyenne de 700 000 à 800 000 spectateurs chaque semaine, sachant que maintenant, il n'y a plus qu'un épisode chaque dimanche, la case de 22h étant occupée par Damages. Il y a donc encore un peu de marge avant qu'Äkta Människor ne se fasse débrancher...

BehzatC
- TURQUIE : l'épidémie de vampirophilie s'étend
C'est, avec la joie intense que vous me connaissez, un plaisir inestimable que de vous annoncer qu'une série turque s'intéressant à des vampires est en préparation. Ecrit par le jeune scénariste de la série policière Behzat Ç., Emrah Serbes, le projet de série, pour le moment intitulé Vampire-i Osmani, est d'autant plus intéressant que le folklore turc n'a pas vraiment de mythe du vampire, la créature étant plutôt une importation issue du folklore de la Bulgarie voisine. Pour autant, la série va bel et bien se dérouler en Turquie... mais attention, petit twist : ce sera pendant la période ottomane ! Il s'agirait de s'intéresser à la première et dernière fois qu'un vampire aurait été aperçu en Turquie, en 1833. On aurait donc ici non seulement une exploration du mythe du vampire, vue à travers une investigation pour comprendre si l'apparition est avérée ou non, mais également une série historique. Personnellement, je trouve que l'époque se prête bien mieux que les temps modernes à des séries sur les vampires, il y a quelque chose de "classique" dans ce concept. Si j'étais pas une chochotte, ça me donnerait presque envie de tenter le coup, tiens !

- AFRIQUE DU SUD : une telenovela maison
En Afrique du Sud, les soaps (ou plutôt, les "soapies") sont la norme : qu'elles soient américaines, britanniques, ou évidemment locales, les séries à rallonge, on connait, on adore. A titre d'exemple, Generations est à l'antenne depuis 1994, Isidingo depuis 1998 et 7deLaan depuis 2000. La chaîne payante Mzansi Magic, elle, a décidé de se mettre à surfer sur la vague de la telenovela, et ça c'est vraiment nouveau. Pour la première fois, elle a commandé une telenovela sud-africaine, dont la diffusion commencera le 19 mars prochain à 20h30 (vers la fin du primetime, donc). Inkaba, c'est son nom, commence à un mois de l'échéance à faire le plein d'annonces sur son casting, se vantant de réunir d'anciennes gloires du soapie sud-africain (surtout vu que l'une de ses stars initialement prévues est décédée mi-janvier...). Inkaba, la telenovela sud-africaine qui promet à ses spectateurs qu'elle aura un début, un milieu, et une fin ; ça n'a l'air de rien, mais c'est une petite révolution.

LaFuga
- ESPAGNE encore : succès d'estime pour La Fuga
En janvier, Telecinco lançait La Fuga, une série d'anticipation carcérale et romanesque (excusez du peu) plutôt ambitieuse.  Le pilote avait d'ailleurs été regardé par 3,1 millions de spectateurs espagnols (un peu plus de 16% de parts de marché), et c'était tant mieux. Malheureusement, en un mois, la série a perdu 1 million de spectateurs. A qui la faute ? Eh bien, ce n'est pas pour montrer du doigt, mais il faut quand même admettre que la concurrence est rude. Par exemple, le 3e épisode a dû faire face au match de la Copa del Rey entre le Real Madrid et le FC Barcelone... Allez lutter contre ça. Mais le pire était à venir, quand mercredi dernier, Antena3 a lancé Con el culo al aire, une comédie se déroulant dans un camping et qui a réuni plus de 4 millions de spectateurs. Pas facile pour une série comme La Fuga de faire le poids. Et pourtant, les critiques sont bonnes, à un tel point que, parmi les séries diffusées en Espagne en ce début d'année, on s'accorde à dire que La Fuga est la deuxième meilleure (la première étant Downton Abbey dont la diffusion s'est achevée debut janvier). De quoi encourager Telecinco à tenir bon jusqu'en avril, date prévue pour la fin de saison de La Fuga.

- ESPAGNE : Aguila Roja en danger ?
On peut se demander comment une chaîne peut en arriver à envisager d'annuler ses deux plus gros succès, mais voilà, on en est là. RTVE, la première chaîne espagnole, est en train de sérieusement songer à annuler Aguila Roja et Cuéntame cómo pasó, en dépit du fait qu'il s'agisse là de ses plus grosses gagneuses. Il faut dire que le budget de la chaîne publique vient de subir un sévère resserrement des cordons de la bourse : 200 millions d'euros en moins, ça fait réfléchir aux dépenses... Bon, la décision n'est pas encore prise, et la chaîne tente en parallèle de renégocier son budget auprès du gouvernement, mais en tous cas, c'est officiel, si même des séries qui réunissent plus de 5 millions de spectateurs chaque semaine ne parviennent pas à être renouvelées, c'est qu'il y a un problème. La décision officielle de La 1 sur ces deux séries (ainsi que la série Amar en tiempos revueltos, et le projet de série historique Isabel, mi reina, dont le tournage est bien entamé mais qui est également en danger) se fera le mois prochain. Petite question : si elle ne conserve que les séries qui ne font pas de bonnes audiences, comment RTVE compte améliorer ses rentrées d'argent ?

Perfidia

- ARGENTINE : le mieux est l'ennemi du bien
Hier soir débutait en Argentine Perfidia, une mini-série que Canal7 diffuse en quotidienne. La série s'intéresse à une bande de 3 potes lycéens qui se retrouve, 10 années plus tard, alors que l'un d'entre eux revient d'Europe où il a passé la dernière décennie. Les amis, pourtant un peu étrangers, vont décider de se lancer dans un investissement risqué dans une nouvelle entreprise qui va les rendre riche ! Sauf qu'en réalité, la super affaire du siècle va en réalité être une immense arnarque, qui va ranimer à la fois les rancoeurs et jalousies passées, mais aussi des problèmes bien actuels, lorsque les choses dégénèrent. Perfidia a vu le jour grâce au Concurso Series de Ficción Federales, organisé par le ministère chargé de l'innovation et des services publics, , ce qui en fait une double bonne initiative.

- JAPON : de la SF, enfin !
On dirait bien que la SF commence à piquer la curiosité des chaines japonaises. Pendant longtemps, la SF, bon bah euh, en gros, c'étaient les tokusatsu (que les Français connaissent un peu mieux par leur cas particulier, le sentai). Pourtant, au fil des dernières saisons, des dorama comme Uchuu Inusakusen (certes essentiellement parodique), mais aussi Clone Baby ou
Heaven's Flower, ont vu le jour. Cette fois, c'est O-PARTS, une mini-série en 4 épisodes, qui a été commandée par le network Fuji TV, un thriller qui sera diffusé quatre jours d'affilée et qui s'intéressera aux voyages dans le temps tout en reprenant les codes du thriller anti-terroriste (rien que ça). Incidemment, Rin Takanashi, déjà présente dans Uchuu Inusakusen, sera également de la partie, aux côtés de l'éphèbe Ryuuhei Maruyama qui, comme souvent, est issu d'un boys band populaire et portera le rôle principal.


...Comme je vous le disais, je vous encourage vivement à réagir à ces news, individuellement ou globalement, pour pouvoir m'indiquer ce qui vous intéresse (ou pas ?) dans ces brèves sur l'actu du monde. Y a-t-il par exemple des séries que vous avez envie de découvrir, à présent ?

Posté par ladyteruki à 19:43 - Love Actuality - Permalien [#]

06-02-12

Tu seras un parrain, mon fils

TheStraits

Les Soprano n'a jamais été ma tasse de thé. Il faut croire que le sang italien ne coule pas assez abondamment dans mes veines pour m'intéresser aux histoires de mafia en général, d'ailleurs.

C'est peut-être ce qui explique ma réaction assez froide face au pilote de The Straits, une série australienne qui se déroule dans les Torres Strait Islands, là où l'Australie fricote avec la Papouasie Nouvelle-Guinée. Le décor est donc exotique par définition, et les promos bleus et turquoises étaient là pour nous le rappeler, mais en-dehors de ce contexte baigné par le soleil, on est dans une histoire de famille mafieuse assez typique. Disons qu'en définitive, on a surtout changé d'accent.

Harry Montebello est un parrain comme tant d'autres de par le monde, qui gère un business qui est à cheval sur deux marchés : les armes et la drogue. La famille Montebello est respectée dans les environs, mais voilà, comme c'est souvent le cas avec l'âge, Harry commence à réfléchir à ce qu'il va laisser derrière lui, et surtout, à qui. Avec son épouse Kitty, il a eu quatre enfants : Marou est leur premier enfant, mais le couple a ensuite adopté Noel qui est en réalité plus âgé. Ensuite viennent Sissi, leur unique fille, et le petit dernier, Gary.

Le problème c'est qu'en réalité, il n'y a pas vraiment de lutte de pouvoir au sein de la famille. La tradition indiquerait que le business revient à Marou, qui est le fils aîné naturel ; mais d'une part, Marou n'est pas du tout attiré par ce plan de carrière, et puis surtout, il est bien trop gentil (a-t-on idée !). Sissi, elle, a fait des études, c'est la tête de la famille, mais elle n'est pas vraiment une meneuse, même si elle serait idéale comme comptable. Gary, lui, est le jeune chien fou, l'inconséquent qui vit de conneries, de drogue et de coups de tête. Qui est-ce qu'il reste ? Noel. Après tout, il est le plus vieux des fils, non ? Sauf que Noel n'est pas un "vrai" Montebello, et surtout c'est une tête de pioche, une brute épaisse qui n'en fait qu'à sa tête, et il est incapable de se maîtriser ou d'obéir à une quelconque règle. Pas vraiment le genre de gars à qui on a envie de laisser une lucrative affaire comme le business illégal des Montebello !
Du coup, le père Harry, il a un mal fou à passer les rênes. Oh, ne vous y trompez pas : Noel a TRES envie de devenir calife à la place du calife. Mais il n'est pas prêt du tout. Et tout en se gardant ses trois autres enfants sous le coude, on sait jamais, eh bien Harry va tenter de mater son fils Noel, de le dresser pour en faire un "bon" parrain.

Il y a donc à la fois des éléments très classiques, et d'autres plutôt originaux, dans la structure de The Straits. C'est une bonne nouvelle pour ceux qui aiment le genre, j'imagine, car ainsi, certaines caractéristiques étant conservées, et d'autres prenant une certaine liberté avec les habituels canons de la série sur la famille mafieuse. Ajoutez à cela un cadre un peu trop paradisiaque pour être honnête et vous obtenez un cocktail loin d'être désagréable.
Avec une recette oscillant aussi bien entre créativité et conservatisme, pas étonnant que, le soir de son lancement sur ABC1 jeudi dernier, la série The Straits ait fait parler d'elle au point de devenir un trending topic instantané (et unanimement extatique) en Australie !

Alors qu'est-ce qui cloche ? Pourquoi j'ai attendu la fin de la première partie du pilote pour accrocher, et pourquoi seulement 599 000 spectateurs ont été comptabilisés devant ce même pilote, dans une case où d'ordinaire on en compte plus de 900 000 ? Pourquoi se retrouve-t-on dans la situation où peu de monde a regardé la série, mais ceux qui l'ont regardée ont eu envie de la commenter positivement et abondamment pendant la soirée... sans que, pourtant, en 1h45 de diffusion, ce chiffre n'ait réussi à progresser ?

Certes, il y a l'aspect promotionnel : The Straits n'a pas vraiment fait l'objet d'une campagne comme celle de The Slap (il faut dire que le succès du roman d'origine aidait), produite par la même compagnie, pas d'affiches placardées partout, de posters sur les bus... Il y a aussi le fait que le jeudi, ABC1 a un mal fou à trouver de quoi rivaliser avec l'émission de télé réalité My Kitchen Rules (qui en plus, démarrait plus tôt) et que, la chaîne publique ne proposant pas de publicité, les deux premiers épisodes ont été diffusés sans la moindre pause, et on peut comprendre que ça ne soit pas encourageant pour prendre en cours de route. Il y a, enfin, quelque chose de plus particulier à la série : The Straits est très particulier, de par sa situation géographique et la culture de ses protagonistes ; c'est un peu comme espérer qu'une série se déroulant en Corse, avec un peu de patois corse et des références aux traditions corses, captive toute la France (ce qui est bien c'est que le thème de la mafia s'appliquerait tout-à-fait à mon exemple).

Mais surtout, il y a le fait que The Straits est quand même, malgré ses qualités, une série loin d'être irréprochable, n'effleurant même pas en rêve la perfection.

Son pilote commence avec une suite de scènes qui, si elles ne sont pas ratées, sont prévisibles, et réalisées sans grande imagination. La plupart de ses personnages mettent un temps fou à devenir ne serait-ce qu'un tantinet attachants et humains, restant longtemps très unidimensionnels. Et puis, la direction d'acteur semble aller à vau-l'eau (c'est particulièrement visible quand les scènes sont supposées être choquantes, d'ailleurs), or c'est quelque chose qui devient vite vital dans un ensemble show où les acteurs doivent essayer de tendre vers un même but, un même esprit, une même image. Il y a clairement des maillons faibles dans ce cast, d'ailleurs (bien que je n'aie rien au demeurant contre le regard vert d'Aaron Fa'aoso, fort regardable au demeurant, mais qui a tendance à se borner à cela).

The Straits a donc des défauts. Ils s'atténuent avec les minutes, mais clairement, la série autant que sa programmation révèlent des maladresses qui mises bout à bout, peuvent devenir de véritables handicaps.
Peut-être que quelqu'un ayant aimé Les Soprano trouvera certains de ces handicaps tolérables ; peut-être qu'au contraire, l'excellence (présumée) de la fameuse série de HBO ne portera que plus préjudice à la série australienne. En tous cas, ça m'étonnerait qu'au terme de ses 10 épisodes, The Straits obtienne une saison 2. Tentez donc le coup tant qu'il est encore temps...

Posté par ladyteruki à 23:41 - Review vers le futur - Permalien [#]

05-02-12

VOSTM (version originale sous-titrée mentalement)

Eh oui, j'avais prévu autre chose aujourd'hui, mais c'est un cas de force majeure : je ne résiste pas à l'envie de vous signaler que le pilote d'Äkta Människor a été sous-titré en anglais, une nouvelle d'importance vu que c'est, d'une part, très rare pour une série suédoise, et d'autre part, absolument génial vu que le pilote faisait quand même très envie.

Vous n'avez donc plus aucune excuse pour passer à côté de ce pilote, et j'attends avec impatience vos impressions en commentaires !

Cliquez sur l'image ci-dessous pour accéder aux sous-titres, et surtout, parlez-en autour de vous : le subber, j'ai nommé skorpan666 (grâces lui en soient rendues), continuera à sous-titrer la série s'il voit que ses sous-titres suscitent de l'engouement. Alors franchement, faites passer, chaque téléchargement compte !

AktaManniskor-MimiLeo

Quant à moi je dois dire que comme chaque fois que j'en fais l'expérience, la comparaison "sans/avec" sous-titres me fascinera toujours.
La compréhension de l'épisode n'était pas impossible "sans", mais clairement, mon cerveau avait interprété certaines choses afin de combler les trous, et c'est assez incroyable de voir combien l'absence de compréhension des dialogues, si elle ne mène pas forcément sur une fausse piste, peut faire appel à l'imaginaire et l'émotionnel pour rendre le visionnage de l'épisode cohérent.

Je me rappelle combien cette même expérience, devant le pilote de Koselig Med Peis, m'avait conduite à une interprétation toute autre et pourtant très souvent valide, d'un grand nombre d'angles du pilote (d'ailleurs, je me suis refait une intégrale en décembre dernier, si je vois que ça vous intéresse via les commentaires, je vous en ferai un bilan de saison, en plus ça fait longtemps que j'ai pas fait de bilan de saison, donc n'hésitez pas à me le dire si ça vous intéresse).
Là, avec Äkta Människor, j'ai assisté au même phénomène et je ne regrette pas d'avoir tenté l'épisode "sans" au préalable.

Alors, ne me faites pas dire ce que je n'ai certainement pas dit, le pilote d'Äkta Människor est bon "avec", et je le recommande cent fois, parce que vraiment, la série est solide et ses différents axes sont intéressants. J'ai en définitive très peu de choses que je voudrais corriger par rapport à ce que j'en ai dit la première fois, et je trouve toujours ce pilote aussi intéressant (d'où mon espoir que la suite soit sous-titrée).
Mais en fait, ce n'est pas du tout l'objet du post ici présent que de vous parler de cet épisode inaugural plus que je ne l'ai déjà fait... si ce n'est en vous incitant à tenter le coup, et à répercuter l'info autant que possible pour que la bonne volonté de skorpan666 soit encouragée et ne s'arrête pas là.

Ce dont je voulais parler, c'est un truc qu'à mon sens on ne tente pas assez souvent : regarder un pilote sans en comprendre les dialogues.
Parce que je dois quand même admettre que je ne suis pas mécontente de l'avoir regardé "sans" une première fois, c'est vraiment une expérience téléphagique stimulante de voir comment le cerveau réagit quand des données sont manquantes dans un pilote ; d'ailleurs je ne pense pas que l'expérience serait la même avec un épisode ultérieur (puisque le pilote donne les clés essentielles de compréhension), et en tant que pilotovore, ça me fascine d'autant plus. Et je ne pense pas non plus que je pourrais le faire avec une série anglophone, parce que j'ai une trop bonne compréhension de la langue pour explorer les possibilités de cette expérience.

C'est là qu'on découvre la part de fantasme qu'il y a quand on aborde un pilote, quel qu'il soit : ici l'absence de compréhension leur donne plus de liberté pour s'exprimer. Ce qu'on attend du pilote prend plus de place, parce que ce qu'on l'en perçoit est partiel. Du coup il y a un côté plus émotionnel quand on regarde "sans", et c'est une jolie expérience à faire.
Cependant, la compréhension est tout autant vecteur d'émotions, et dans le pilote d'Äkta Människor, les scènes avec Odi sont incroyablement plus touchantes "avec" que "sans", par exemple. J'avais adoré la scène au SAV la première fois, mais la regarder ensuite en comprenant mieux le lien entre Odi et son possesseur l'a rendue plus intense encore.

Pour autant, quiconque fait l'expérience, de temps à autres, de regarder des pilotes dans des langues qu'il ne comprend pas ou seulement par bribes (et ça m'est arrivé plus d'une fois dans diverses langues : en norvégien, en portugais, en turc, en espagnol...) réalise vite qu'il y a quelque chose qu'on sous-estime beaucoup : la compréhension des dialogues n'est pas centrale. Elle fait partie de l'intérêt d'une série, mais la beauté de la chose, même si ça parait quelque part trivial de le dire, c'est qu'un épisode est normalement conçu pour être compréhensible par le biais de tout un tas d'autres facteurs. Dans notre quête du sous-titre, je crois qu'on sous-estime aussi ce facteur important : une série n'est pas que ses dialogues. EVIDEMMENT que sans eux, on perd énormément. Mais je suis toujours aussi agréablement surprise de constater que, en me plongeant dans un pilote, avec de la concentration et en faisait bien attention à tout (pas le truc qu'on fait entre deux portes, donc, ça implique de tester le pilote en question au calme), je peux globalement profiter de la trame et des personnages sans trop de gêne. Je perds énormément en subtilité, et je suis à peu près convaincue que ça ne marche pas du tout avec des comédies (je me rappelle mon ennui profond devant Hem Till Midgård... mais il y a peut-être aussi le facteur culturel à prendre en compte), mais globalement, je n'ai jamais eu à réviser mon jugement entre la version "sans" et la version "avec" : si un pilote m'a plu "sans", il me plait "avec" (et inversement), si tant est que les sous-titres viennent à sortir.
Ajoutons d'ailleurs qu'on se fait une idée quand même assez claire de la qualité d'un pilote, au niveau de la qualité du jeu des acteurs, de la réalisation ou des moyens mis en oeuvre. Et l'air de rien, même si on voudrait se dire que seule la qualité de l'histoire compte, ça importe aussi.

Ce n'est pas forcément très politiquement correct de le dire, mais regarder une série "sans" sous-titres ne me gène pas le moins du monde, et vu les découvertes que ça me permet de faire, je n'ai pas l'intention d'arrêter là.

Reste que je suis quand même suprêmement ravie que des sous-titres existent pour le pilote d'Äkta Människor et que j'espère que ça ne finira pas comme pour Naznaczony, série polonaise pour laquelle seul le pilote avait été sous-titré. Mais je le recommande quand même, en passant.

Allez, filez regarder le pilote d'Äkta Människor, et avec un peu de chance, on pourra même reparler de l'épisode suivant. Version "avec".

Posté par ladyteruki à 17:51 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

04-02-12

Depuis le temps...

LifeonMars

...J'avoue que je n'ai jamais réellement eu envie de regarder Life on Mars. Les séries se déroulant dans le passé m'intéressent moins que les séries tournées dans ce même passé, sans parler de mon problème avec les séries policières (je vais y revenir). Mais surtout, j'en avais lu tant de bonnes choses, y dans compris plusieurs commentaires sur ce blog ces derniers mois, il y avait les gifs, et les répliques, et tout un tas de choses sur lesquelles je suis tombée, plus ou moins par hasard. Et ça, ça me refroidissait bien plus que tout le reste, parce que rien n'est plus risqué que tenter, des années après tout le monde, une série dont votre entourage semble dire tellement de bien ; vos attentes deviennent vite démesurées et la déception n'est, par voie de conséquence, pas bien loin.

Au final, n'ayant vu que deux pilotes cette semaine, j'ai fini par me résoudre à tenter le pilote de Life on Mars en ce samedi.

Il y a beaucoup de choses qui m'ont plu dés le début.
J'ai énormément pensé à L'Odyssée imaginaire pendant certains passages. John Simm est égal à lui-même, c'est-à-dire parfait ; Glenister se défend aussi, comme d'habitude. En dépit d'une intro reposant intégralement sur UNE chanson, j'ai apprécié les silences, la volonté de ne pas en rajouter dans la reconstitution en mettant de la musique des années 70 partout, la réaction de Sam lorsqu'il réalise lentement ce qu'il lui arrive. Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer qu'Archie Panjabi était dans le pilote, et ça par contre, personne n'avait pensé à me le dire (j'aurais probablement regardé ce pilote il y a des mois de ça, si je l'avais su !).

Mais malgré tout ça, je m'ennuyais un peu. Il a fallu attendre que 40mn environ soient passées pour que je sois vraiment charmée. Et en fait, c'est quand le tandem Simm-Glenister a commencé à vraiment faire des étincelles, quand les musiques ont commencé à devenir psychédéliquement caricaturales, quand j'ai vraiment senti l'effet 70s, que s'est produit le déclic.
Comme quoi, il y a toujours des exceptions à la règle.

Malgré cette fin d'épisode intéressante et excitante, j'avoue que je ressors du pilote de Life on Mars avec une grosse hésitation pour la suite.
Problème majeur : les enquêtes policières, très peu pour moi ; celle de ce premier épisode était ennuyeuse et n'a pris de l'intérêt que dans les toutes dernières minutes de sa résolution, ça ne m'a pas captivée ici en particulier, et j'ai développé en général une telle allergie ces dernières années que ça risque de m'être difficile de suivre une série policière, même ayant d'autres éléments à offrir comme celle-ci. Je ne raffole pas non plus de la perspective de voir Sam se heurter aux différences techniques et institutionnelles entre son époque d'origine et son époque d'arrivée à chaque épisode. Je ne suis pas là pour regarder Les Brigades du Tigre, hein. Sinon, bah... je regarderais Les Brigades du Tigre.

Ce n'était pas une mauvaise expérience. Simplement, je ne suis pas certaine d'accrocher sur le long terme. J'ai peur que me lancer dans une intégrale de la série n'ait tendance à m'irriter un peu avec la répétition des éléments se rapportant aux angles policiers.
Au moins, si je meurs demain, je ne mourrai pas totalement idiote, et c'est déjà ça.

Et au fait, la version US, elle donne quoi ?

Posté par ladyteruki à 23:23 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

03-02-12

[#Ozmarathon] 4x06, les mains propres

Eh bah je sais pas pour vous mais, si on fait une moyenne, c'est quand même une putain de saison et je m'éclate comme une petite folle !
D'accord, la saison 4 d'Oz n'est pas révolutionnaire sur le fond ni la forme, elle ne choque plus autant qu'avant et ne retourne plus notre univers comme au tout début de la série, mais bon sang, c'est quand même hyper bon ! Le Ozmarathon continue donc dans la joie, l'allégresse et la mort violente, comme Dieu l'a voulu !

Ozmarathon-4x06

Derrière le propos badin et pédagogique des monologues de Hill, se cache un épisode sur la responsabilité.

A l'image des Muslims où Saïd tente désespérément de faire prendre conscience à Arif de ses responsabilités, et finit par monter lui-même au créneau pour essayer de régler les problèmes grandissants d'Em City. Oh, il y règne le calme plat et la violence en est absente, mais le quartier devient un véritable ghetto et cela inquiète de plus en plus du monde. Quand Arif tente d'intervenir, il est trop tard, il a été exclu du processus il y a bien longtemps, s'il en a jamais fait partie, et il n'a plus aucun poids.
A travers cette intrigue, on sent à la fois que le leadership de Kareem Saïd était finalement un mal nécessaire : oui, cela lui donnait de trop nombreuses occasions d'exprimer son amour fou pour son ego, oui, ses choix étaient parfois contestables, mais son charisme et son sens des responsabilités vis-à-vis de la communauté étaient des valeurs sûres. Allez, on sait tous qu'Arif va demander à Saïd de revenir dans la course, fais donc pas tant d'histoires mon petit, sois beau joueur, cède la place au leader naturel.

En prenant lui aussi la responsabilité de ses actes, Mobay est surprenant. Il a touché le fond, ment comme un arracheur de dents aux autorités qui lui posent des questions sur la mort du prisonnier qu'il a lui-même tué (pendant que Hill pissait probablement de frayeur sur sa chaise), a trouvé instinctivement un super moyen de consommer de la drogue sans avoir l'air d'y toucher... et le voilà qui débarque chez Sister Peter Marie pour y déballer une confession sincèrement touchante, avec une lucidité folle sur ses actions. Voilà, pile quand il ne restait plus grand'chose de réellement captivant à faire avec sa plongée en Enfer, le personnage de Mobay vient de faire un volte-face qui va pouvoir nous intéressant. Bien-sûr, pour le moment il est protégé par le secret professionnel, mais son ambivalence va être captivante, bien plus que si elle l'avait été dés son arrivée à Oz.

Nat Ginzburg aura été un sacré personnage. Après avoir été l'outil qui a éliminé Nappa, il aurait pu disparaitre comme tant d'autres prisonniers qui n'ont été que de passage. Au lieu de ça, il a intégré le couloir de la mort, tenu compagnie à Shirley Bellinger et... et a eu droit à un superbe épisode de mort, plein de surprise et de tendresse, avec des petits morceaux de sagesse dedans. Notre prisonnier décide donc d'aller au-devant de la mort et de prendre la responsabilité de mourir plus tôt, avec l'aval de Sister Peter Marie, fort à propos. La réflexion sur l'euthanasie et la peine de mort était par exemple très intelligente (et sans repasser par l'habituel laïus de Sister Pete sur sa crise de foi), et sans s'apesantir 3h sur cette question, l'histoire de l'exécution de Nat est l'une de ces indications qu'Oz a encore plein de choses futées à dire et de questions à soulever, sans effort mais avec de bons résultats. Tout ça avec une conclusion qui m'a émue aux larmes, mais avec un sourire attendri. Vraiment du joli boulot. Adieu Nat, on va te regretter, et on n'aurait pas cru.

Bien-sûr, un épisode d'Oz ne serait plus un épisode d'Oz sans une querelle d'amoureux entre Beecher et Keller. Beecher réalise que Keller n'est pas responsable de la mort de son fils, alors Keller retrouve la rédemption à nos yeux... pour quelques minutes à peine puisqu'il confesse ensuite à Ray Mukada le meurtre de plusieurs homosexuels. Là encore, excellentissime scène pour le ptit Père Mukada qui refuse, tremblant de peur, dans une scène absolument glaciale de rage contenu des deux côtés, d'absoudre Keller tant qu'il ne se sera pas livré aux autorités pour payer ses crimes. Et Keller, qui était tout-à-fait prêt à prendre la responsabilité de ses actes devant Dieu, qui refuse de la prendre devant la Justice, c'était extrêmement bien trouvé, une réaction fidèle à lui-même. Beecher, qui ignore tout de ses aveux, continue d'être noyé dans ses tourments amoureux et décide là-dessus de tromper Keller sous ses yeux. C'est Dallas, mais on s'en fout parce que c'est superbe, cette façon qu'ils ont de s'autodétruire alors que strictement rien ne les y pousse, si ce n'est leur absence totale de confiance l'un en l'autre...

Pour la séquence humour, on a droit au retour de Rebadow-le-tueur. C'est à hurler de rire : les petits regards par en-dessous, les fantasmes de tuerie dans la cafeteria de la prison, les abdos... Rebadow a décidé qu'il était mauvais et il est à fond dedans, mais ne se rend pas compte à quel point il est peu crédible en tueur à gages. Et surtout, il vise trop petit : alors qu'il obtient la protection d'un des trois pontes d'Em City, il décide d'exécuter... Busmalis. Sérieusement, Rebadow ? Il n'empêche que son séjour au mitard risque de le conforter dans sa vocation nouvelle plus qu'autre chose. Rebadow peut-il être une véritable bombe à retardement ? Saura-t-il ensuite regarder ses actions et les assumer, quand le délire sera passé ?

La pièce de résistance, enfin, nous est offerte par Ryan O'Riley. Toujours aussi grandiose, ce Ryan. Il trouve le temps dans cet épisode à la fois de nous offrir une performance torturée lorsqu'il s'inquiète du sort de Cyril (qui a fait une overdose de médicaments grâce aux "bons" soins de Gloria Nathan), de faire échouer une nouvelle fois la tentative de Stanislofsky de lui nuire (il a perdu le portable dans la manoeuvre, mais il a échappé au pire et c'est l'essentiel), et surtout, de faire ce que tout le monde savait qu'il ferait : se débarrasser du violeur du Dr Nathan.
Sauf que les histoires de combines, de manipulations et de mains propres, c'est fini. Quand il s'agit de venger le viol de Nathan, Ryan se salit les mains, il veut pouvoir le faire lui-même, parce que cette fois, c'est personnel. Jusque là quand il a fait quelque chose d'atroce, c'était par calcul, parce qu'il a une colonne pertes et une colonne profits en permanence dans la tête, et que quand ses fesses et celles de Cyril sont en cause, la fin justifie les moyens. Mais ici, ça n'a plus rien à voir. Il fait une exception. Sa scène de prédation, avant d'exécuter (il n'y a pas d'autre mot) le violeur de sa bien-aimée, est parfaite. On sent la tension monter, on sait que cette fois il va y aller lui-même, que ça va être atroce, ça ne va pas louper, il va le-... ouh punaise, la brute. Qui eut cru que Ryan avait cette bestialité en lui ? Finalement je le préfèrerais presque en salaud aux mains propres. Ce qui se passe dans la tête de Ryan est parfois extrêmement flippant.
Comme attendu, O'Riley va ensuite faire le beau devant Glorian Nathan, et lui envoie un trophée, fier de lui, fier de son acte atroce. Lequel trophée est accueilli à juste titre avec dégoût et... et quelque chose d'autre. Le Dr Nathan quitte Oswald, mais la ballade de Ryan et Gloria est-elle si vite finie ?

Posté par ladyteruki à 23:55 - Plus on est de fous - Permalien [#]

02-02-12

[#Ozmarathon] 4x05, and the eternal dance of death continues...

Retour à notre Ozmarathon dans une ambiance un petit peu plus détendue... un peu seulement, ça reste quand même Oz.
Je tiens d'ailleurs à remercier chacun de mes petits camarades du Ozmarathon qui m'ont permis de prendre un peu de temps avant de reprendre la série, alors qu'ils avaient fort envie de voir la suite.

Ozmarathon-4x05

Il me faut d'abord commencer par saluer les excellentes interventions de Hill. Cette saison, il est vraiment au mieux de sa forme. Tout y est, c'est absolument parfait : les textes sont bons, leur mise en scène impeccable... Mais il faut dire que j'attendais l'une de ses répliques depuis plusieurs semaines, et j'avais déjà évoqué son monologue sur la prise de responsabilité.

C'est l'intrigue de Mobay qui domine le début de l'épisode (et vous savez ce que j'ai tendance à penser des intrigues de début d'épisode dans Oz...). Si dans l'épisode précédent, il avait fait le grand saut et commencé à consommer de la drogue sans aucune raison professionnelle de le faire, cette fois la rupture avec la réalité est définitivement consommée quand notre flics des stups (il faudrait quand même voir à le rappeler) décide sans sourciller de tuer un prisonnier pour pouvoir se faire adouber par les seigneurs d'Em City. Ce qui est intéressant c'est qu'il n'y a de sa part AUCUN cas de conscience. Oz ne cherche pas à nous dire "ohlala, mais c'est mal, va-t-il plonger, va-t-il ne pas ?", non, la série ne cherche pas à nous raconter une histoire à dormir debout, la chute est claire, nette, et il ne s'agit pas de tourner autour du pot mais surtout de vivre l'expérience de Mobay avec lui, avec tout ce qu'elle comporte d'ahurissant pour un type qui est quand même supposé être du bon côté de la barrière, et qui prouve bien qu'il n'y a pas de bon côté, il n'y a probablement même pas de barrière.
L'idée n'a même pas effleurée Mobay d'avertir Glynn de ses problèmes, alors qu'il en aurait cent fois l'opportunité. C'est ça qui est frappant dans cette histoire, c'est vraiment qu'à aucun moment Mobay n'hésite, ne se demande ce qu'il devrait faire. Il fonce. Droit dans le mur, visiblement. Mais pour le moment ça fonctionne, en plus...
L'intrigue est intéressante, mais elle traîne un peu en longueur pourtant.

Parce que vu ce qui se passe à Em City, il faudrait peut-être plutôt se pencher sur les agissements de Querns. Et la confiance inébranlable d'Adebisi a de quoi provoquer de sacrés questionnements. D'où vient donc ce mec pour qu'il soit adopté aussi bien par Adebisi que qualifiable pour ce poste aux yeux de l'administration ? Est-il en train de faire d'Em City un quartier black pour transformer le secteur en Paradis pour Adebisi et les siens, ou a-t-il des motivations autres, plus perverses ? Ce serait quand même étonnant qu'il n'y ait rien derrière tout ça. Je suis à peu près sûre (bien que n'ayant aucun souvenir de la conclusion des choses) que ça ne peut pas bien finir pour Adebisi. Mais en tous cas, pour le moment, tout se passe effectivement comme prévu, et visiblement Arif commence à se dire que ça pue, surtout avec l'arrivée de Supreme Allah. Il est grand temps. Peut-être même trop tard. Aura-t-il le courage de se rapprocher de Saïd qui avait prédit que ça tournerait mal pour les Muslims ?

Rebadow est au mieux de sa forme. Depuis qu'il a tué sur commande pour le compte de Morales, c'est un autre homme. Du moins a-t-il réussi à s'en convaincre, et c'est finalement là une grande leçon sur la façon dont l'assurance d'un homme peut le transformer. Qu'il s'agisse de tenir tête à d'autres prisonniers, ou aux gardiens eux-mêmes, Rebadow se fait l'incarnation du sucker punch, avec d'autant plus de force que son apparence ne paye pas de mine (il faut voir le sourire condescendant de Morales lorsque notre petit vieux vient lui demander paiement de sa faveur,alors qu'il s'attend vraisemblablement à ce que ce soit totalement négligeable et ridicule). Le pire c'est que Rebadow a réussi à avoir l'assentiment de la plupart des prisonniers qui, sans le prendre au sérieux tout-à-fait, applaudissent ses démonstrations de cojones. Je ne sais pas combien de temps Rebadow va pouvoir rouler des mécaniques avant d'être rappelé à la réalité de sa condition, mais en attendant, c'est savoureux de le voir en remontrer à des types qui, il n'y a pas si longtemps, comme il le rappelle lui-même à Sister Pete, lui menaient la vie dure. Watch out guys, we got a badass over here !

Le grand spectacle, encore une fois, c'est Ryan O'Riley qui va nous le fournir. D'abord dans son éternel bras de fer avec Stanislofsky (vous savez où me porte mon coeur dans cette lutte sans merci), qui est décidément parti en cacahuète pour un simple portable. Mais quand on est enfermés entre quatre murs, on se focalise sur le plus absurde des gadgets, et c'est le cas de la bataille entre l'Irlandais et le Russe, qui ne veulent pas céder un pouce de terrain. Comme d'habitude chacun y va de son petit murmure dans l'oreille adéquate ("han t'as vu moi j'aurais pas aimé"), et... et ça foire. Ryan ne parvient pas à faire éliminer Stanislofsky, et Ryan est toujours sur ses deux jambes. Oh certes, il a récupéré le portable, mais on parie que pour autant le jeu du chat et de la souris n'est pas prêt de se conclure ? C'est une question de domination : il faut que l'un des cerveaux machiavéliques l'emporte sur l'autre. Le portable a mis le feu aux poudres mais tant qu'il n'y en aura pas un pour casser sa pipe grâce à l'autre, c'est sans fin. Mais en tous cas c'est divertissant comme au premier jour.
Et puis, sur une tonalité plus sombre, Ryan O'Riley nous rappelle aussi que son intrigue amoureuse avec le Dr Nathan connait en cette 4e saison une véritable rédemption. Fini les déclarations enflammées, il brûle un feu autrement plus ardent derrière les yeux verts de Ryan désormais, parce que ce qui le consume dépasse les simples sentiments amoureux. Lorsque le violeur de Gloria Nathan parait à Em City (quelle idée aussi, ne pouvait-il pas être envoyé dans une prison où Nathan n'exercerait pas ?) parait devant les yeux de Ryan, on peut lire dans ceux-ci une condamnation à mort qui est tout ce qu'il y a de définitif. Il n'y a plus qu'à attendre de découvrir comment cette exécution aura lieu, et, surtout, si Ryan la brandira comme un trophée à sa chère et tendre, ou s'il a réellement pris sa leçon d'humilité.

La séquence émotion, elle, appartient à Beecher. Car pour clore cet épisode, les scénaristes ont décidé de relancer de plus belle l'éternelle danse de la mort de Toby et Vern, avec, comme c'est désormais l'usage, Chris au milieu.
Plein de bonnes nouvelles dans cette intrigue. D'abord, le fait que l'enlèvement des enfants de Beecher, traité en, quoi, deux épisodes ? A été parfaitement efficace et, surtout, n'a pas trainé en longueur. C'est un vrai plus et ça reste fidèle à la grande tradition de la lutte sanglante entre Beecher et Schillinger : ne pas finasser en chemin, aller droit au but, pour ne jamais diminuer l'impact. Et là en l'occurrence, la douleur de Beecher qui a appris qu'on avait coupé la main de son fils est vite remplacée par la douleur du deuil tout court, avant de passer à la douleur du doute (envers Keller), et l'enchaînement est parfait.
Qui plus est, on n'a jamais cessé d'instiller le doute envers Chris Keller, et même si on aurait envie de croire à leur "belle" histoire (à base de pugilat, au propre comme au figuré, depuis le premier jour, quand même), on a toujours un petit doute derrière la tête, et cet épisode l'exploite parfaitement, récoltant les fruits consciencieusement semés pour nous infliger l'atroce réalisation ensuite que, bah, on n'avait pas de raison de douter, tout cela vient une fois de plus de la main de Schillinger.
L'intrigue renoue avec celle de la crise de foi de Sister Pete, ce qui est en plus un vrai bon coup puisque c'est là une intrigue qui, bien que mineure, a un peu trainé en longueur (surtout après la visite de l'évêque, qui n'a pas servi à grand'chose), et les reconnecter est bien vu pour ne pas nous désespérer.
Même l'intervention du ptit père Mukada est bonne (même si ce coup de fumer à tout va, ça me rappelle un peu la pseudo-crise qu'il nous a faite après l'émeute avec son blouson en cuir), ce qui n'est quand même pas aisé.
Du coup, l'éternelle danse de la mort entre Beecher et Schillinger promet de nouveaux instants d'horreur et de rivalité absurde, et c'est quand même un des grands points forts de la série sur le long terme.

Un bon épisode, donc, équilibré, avec de bonnes respirations savoureuses, et une utilisation formidable des intrigues et personnages essentiels qui font fait les grands épisodes de la série jusque là. Tout cela est très prometteur, surtout si, comme moi, on fait mine d'ignorer les intrigues politiques qui ne mènent pas bien loin.

Posté par ladyteruki à 23:49 - Plus on est de fous - Permalien [#]

01-02-12

Une vie après la mort

C'est un fait, je regarde assez peu de séries diffusées en Amérique du Sud. La raison est simple : je ne cause pas un mot d'Espagnol (et c'est pas mieux pour le Portugais, dans le cas du Brésil).
Alors une fois de temps en temps, je fais un effort, mais quand on sait que les sous-titres sont rares pour ne pas dire inexistants (un jour ça va finir que je vais la lancer, cette team de subs internationale pour tous les pays mal-aimés !), on se doute bien que ça ne dépassera pas le stade de l'expérimentation du pilote, si je le trouve (et croyez-moi je cherche toujours le pilote de Los Héroes del Norte).

C'est dommage mais fort heureusement, il existe des gens qui ont été mieux avisés que moi au moment de choisir leurs options pendant leur scolarité.

Dans ce contexte, j'avais envie de vous parler d'une initiative intéressante : une série venue d'Amérique latine qui débutera sur la chaîne Moviecity en mars prochain. La chaîne Moviecity est diffusée dans de nombreux pays sur son continent, ce qui lui donne une belle opportunité de commander des productions internationales. Ce n'est pas tout-à-fait une co-prod au sens strict, mais chaque pays envoie ici une actrice principale, là un second rôle, là encore un réalisateur, et tout ça se tourne ensuite (dans le cas présent, c'est en Colombie, grâce à la société de production colombienne Fox Telecolombia), avant la diffusion dans plusieurs pays.
C'est très finaud parce que comme ça, plein de pays y trouvent leur compte (même si en réalité, la série est colombienne) et ça permet à la série de plaire à des spectateurs situés sur un peu tout le continent. Bref, quand on peut faire ce genre de choses, notamment grâce à un socle commun linguistique, pourquoi se priver, pas vrai ? Eh bien ça arrive très souvent en Amérique du Sud, et la série dont je m'apprête à vous parler ne fait pas exception.

Lynch
Cette série se nomme Lynch, et sa date de lancement vient d'être ajoutée au Pilot Watch.

Sur le papier, ce n'est pas une révolution (elle succède à Kdabra qui reposait exactement sur la même recette), mais pendant longtemps, ce type de productions était essentiellement de l'ordre des soaps et/ou des séries pour la jeunesse.
Et ici, on est dans une série dramatique de 13 épisodes. Un format bien éloigné du cliché de la telenovela. Du sérieux, quoi. Et ça, c'est relativement nouveau ou disons, c'est un marché qui se réveille depuis quelques années en Amérique du Sud, après avoir été souvent cantonné soit à des projets exceptionnels, soit à HBO Latino. D'ailleurs il faut voir la pagaille que c'est au Chili par exemple, où en ce moment, les séries de 2e partie de soirée font l'objet d'une véritable ruée vers l'or, là où il y a encore 10 ans, c'est au niveau des telenovelas que les chaînes se livraient une guerre farouche.

Mais outre son modèle de production, la série Lynch, c'est aussi sur le fond qu'elle attire l'attention. En tous cas la mienne ; vous me direz s'il en va de même pour vous.

Lynch, c'est donc le nom de la série, mais aussi celui du patron d'une entreprise de pompes funèbres, qu'il gère avec son épouse. Pourant, en réalité, derrière cette activité en apparence sans histoire, Lynch est au coeur d'un étrange trafic : il aide des gens à simuler leur mort et à disparaitre sans laisser de trace ! Sa clientèle peut ainsi espérer démarrer une nouvelle vie...

Même si je déteste le streaming, je ne résiste pas à l'envie de vous les premières images de la série disponibles actuellement, déposées sur Youtube par un fan de l'actrice principale, impatient. La présence de sous-titres en anglais (c'est suffisamment rare pour être souligné) est due au fait que ces images font en fait partie de la dernière video de promo de Fox Telecolombia (dispo en intégralité sur leur site, on y voit du coup des gens de Mental ou Burn Notice se dire bien contents d'être venus tourner en Colombie). Donc du coup, c'est court, mais c'est intéressant.

A vue de nez, Lynch cumule tout ce que j'aime dans une production étrangère : la capacité de partir de quelque chose qui rappelle curieusement une série américaine à succès (ici, difficile de ne pas penser à Six Feet Under... difficile aussi de ne pas envisager le côté typiquement formulaic des séries US qui s'exportent si bien), puis de s'approprier complètement l'histoire et le ton, pour en faire quelque chose d'original et d'abordable à la fois.
Résultat, Lynch a le potentiel pour être à la fois intéressante sur le fond, et pleine d'action et de suspense, bref, accessible.

Ajoutez à ça un duo d'acteurs principaux qui viennent l'un de Cuba, l'autre d'Uruguay, ainsi qu'un festival de guests venus du Mexique, du Pérou, d'Argentine... et on tient un truc qui en impose ! J'en profite pour mentionner qu'on retrouvera d'ailleurs María Fernanda Yépez dans l'un des épisodes ; vous connaissez peut-être cette actrice depuis le post consacré au générique de Mentes en Shock (personnellement je n'ai pas non plus perdu l'espoir de la découvrir un jour dans Rosario Tijeras) ; à cela rien d'étonnant me direz-vous, puisque Mentes en Shock est également une production de Fox Telecolombia ! Le monde est petit, à bien y regarder...

Personnellement c'est le genre de séries que j'aimerais bien pouvoir découvrir plus facilement, en tous cas.
Alors qu'est-ce qu'on décide ? En mars, Lynch, on essaye de lui mettre la main dessus ?

Posté par ladyteruki à 10:13 - Love Actuality - Permalien [#]

Love Actuality

Depuis plusieurs semaines, et à plus forte raison depuis l'arrêt officiel de mes attributions sur SeriesLive, il faut bien avouer qu'il me manque un endroit où parler d'actu des télévisions du monde.
Vous l'avez vu la semaine dernière, il y a pourtant beaucoup à dire, et des choses sympathiques à évoquer, mais voilà, je n'ai actuellement plus de maison pour le faire ; et c'est la raison pour laquelle une nouvelle rubrique, orientée vers l'actualité, voit aujourd'hui le jour, sous le nom de Love Actuality, regardez, elle est dans le menu, cliquez, pouf, on y trouve déjà des trucs, c'est magique (d'accord, j'ai triché, j'avoue tout, c'est parce que je l'ai fusionnée avec la rubrique CuriosityLive).

Pour ceux qui ne seraient pas chauds à cette idée vu que ce blog est essentiellement... bah... un blog, donc à caractère subjectif, je vous rassure, les posts de cette rubrique seront avant tout des "suppléments". Ils ne remplaceront pas les publications habituelles que vous connaissez déjà, bourrés à craquer d'opinions subjectives sur les séries que je regarde (ou pas, d'ailleurs) et de mauvaise foi.

A l'heure actuelle, je ne me fixe aucun rythme de publication en particulier (après tout je suis maintenant mon propre patron !), mais je vous encourage vivement, si les séries de la planète vous intéressent, à le manifester via vos commentaires.

Le calcul est simple, vous allez voir : plus vous commenterez, plus j'en écrirai. Si cela ne vous intéresse pas, et le manque de commentaires a tendance à me laisser penser qu'un post ne vous intéresse pas, je ne continuerai pas, c'est mécanique et logique. Et j'avoue que j'ai énormément de mal à comprendre quand un post est TRES lu, répercuté sur Twitter et/ou Facebook (genre celui-là)... et que personne ne réagit. S'il vous a intéressé, c'est déjà que vous avez quelque chose à en dire, pour moi. Le silence s'explique mal pour la pauvre rédactrice que je suis.

L'idée pour moi c'est de vous faire découvrir des séries, de vous ouvrir des perspectives, de lancer des débats, de discuter de projets, de séries, de pratiques différentes (ou parfois pas tant que ça). Pas de soliloquer sur internet. Les choses que je lis, bah... je sais déjà ce que j'en pense, hein ! Alors soyez pas timides, je n'ai jamais mordu jusque là et je ne pense pas que ça commence maintenant, si ça peut vous rassurer.
Qui plus est, quand vous réagissez, eh bien je peux aussi mieux calibrer mes interventions : est-ce que vous préférez que je parle de projets, ou plutôt d'audiences ? Est-ce qu'il y a des pays dont vous voudriez que je parle un peu plus, ou beaucoup plus... ou moins ? Je peux aller dans à peu près n'importe quelle direction, il y a des choses à découvrir dans tous les cas, alors autant vous parler des sujets qui vous intéressent aussi.
De la même façon, le Pilot Watch aussi évoluera dans ce sens ; il a déjà commencé. Donc voilà, histoire que vous et moi on soit sur la même longueur d'ondes, vos retours sont essentiels.
Aucune intervention n'est idiote, inutile, inintéressante, ou même trop courte. Du moment que vous le pensez... vous pouvez aussi bien le dire ! Je sais, ça fait un peu "lache t coms".

Merci pour votre bienveillante compréhension. Alea jacta est.

Posté par ladyteruki à 10:06 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]