ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

26-04-12

[DL] Danni Lowinski

Ca fait depuis hier que j'ai la chanson en tête et, après tout, vous et moi, on partage pour le meilleur et pour le pire. Souffrez donc que je vous propose le générique de la version belge de Danni Lowinski, étant donné que je vous avais déjà proposé la version originale, allemande donc, il y a quelques temps.

La musique est donc la même, absurdement entêtante (j'y reviens dans un instant), le concept du générique aussi, et pourtant il se dégage quelque chose de sensiblement différent des deux versions. La Danni allemande semble plus combattive : elle donne des coups de pied, elle envoie paître les mecs qui la sifflent dans la rue, ce genre de choses ; fort heureusement les nombreux bruitages du générique permettent de rester dans quelque chose de frais, sinon on se sentirait presque aggressés.
La Danni belge ici présente aurait plutôt tendance à la décontraction, chose soulignée par les couleurs plus vives et nombreuses, et peut-être est-elle aussi plus à l'aise avec sa sexualité : elle se remet son string en place en pleine rue, et envoie plein de bisous depuis son vélo... mais le dernier plan de la version belge ajoute une tonalité dramatique absente dans la version originale. Alors ?

DanniLowinski-BE
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Le thème musical de Danni Lowinski fait partie de mon top 3 des génériques européens qu'il est impossible de se sortir de la tête. C'est la faute du timbre de voix si vous voulez mon avis, parce que les deux autres sont les thèmes de Lykke et de Rita, où la voix de la chanteuse est assez similaire.

Les génériques de la version allemande de Danni Lowinski, ainsi que des dramédies danoises Lykke et Rita, ont donc été reuploadés ce soir par mes soins, et je vous propose le sondage suivant : quelle est la série qui a le générique le plus obsédant ? N'hésitez pas à vous aider des tags pour comparer.
J'attends vos votes avec impatience.

EDIT : on m'a signalé des petits soucis avec Uploaded.to (ah, comme MegaUpload me manque), voici donc les trois autres génériques mentionnés dans ce post, sur RapidShare :
Danni Lowinski (DE) | Lykke | Rita

Posté par ladyteruki à 22:36 - Médicament générique - Permalien [#]

25-04-12

lady's world tour - Escale n°9

Quatorze jours sans world tour. Autant dire une éternité !
J'espère que vous avez envie de voyager ce soir, parce qu'on va pas mal bouger, et inspecter... attendez je vérifie... oui c'est ça, absolument chaque continent du globe. Si vous ne trouvez rien que vous intéresse au cours de ce périple, c'est bien simple, je rends mon tablier !

JessicaMarais

- AUSTRALIE : Jessica Marais change de sexe
La belle Australienne Jessica Marais, connue dans son pays natal pour son rôle dans Packed to the Rafters, mais par le public américain pour sa présence sensuelle dans Magic City, incarnera le personnage principal d'une mini-série s'intéressant à Carlotta, la personnalité transgenre la plus célèbre d'Australie. Probablement afin de ne pas contrarier le planning de Marais (puisque Magic City a déjà été renouvelée pour une seconde saison), le tournage de cette mini-série australienne ne devrait pas commencer avant la toute fin de l'année, en vue d'une diffusion courant 2013.

- AUSTRALIE : soeurs ennemies
Et tant qu'on en est à parler de casting, la rumeur court que Rachel Griffiths, oui-oui, celle de Six Feet Under et Brothers & Sisters, aurait été approchée pour interpréter le rôle principal de la série faisant suite à Paper Giants. Oui, rappelez-vous : suite au succès de Paper Giants sur ABC1, la mini-série Howzat! (dont je vous ai pas mal parlé) avait été immédiatement mise en branle par Nine afin de surfer sur ce succès, mais ABC1 avait elle aussi bien l'intention de produire une suite pour Paper Giants ! C'est donc de ce projet-là qu'il s'agit, il n'a d'ailleurs pas encore de nom, et cette fois, il s'agirait de suivre la guerre entre deux publications féminines des années 90, Woman's Day dirigée par Nene King, et New Idea dirigée par Dulcie Boling. C'est le rôle de King qui aurait été offert à Griffiths, laquelle a déjà manifesté plusieurs fois son désir de revenir travailler dans son pays natal. On se souviendra qu'elle était apparue dans la première saison de Rake et elle sera également au générique d'un téléfilm-biopic sur Julian Assange aux côté d'Anthony LaPaglia ; c'est également à l'occasion des Logies de 2011 qu'elle avait annoncé à demi-mots et en avant-première l'annulation de Brothers & Sisters.

- LITHUANIE : premier-né
Vous ne connaissez pas forcément la comédie Mother & Son (si ça peut vous rassurer, j'ai vu le pilote, ça n'a rien d'excitant), pourtant ce sitcom de 40 minutes fait partie des plus célèbres fictions du petit écran australien. Ses six saisons, diffusées sur une période de 10 ans (entre 1984 et 1994), ont récolté plusieurs Logie Awards, et sont restées dans les mémoires des spectateurs, qui ont ainsi pu profiter du tandem entre un homme dans la quarantaine et sa mère souffrant d'Alzheimer. Cela semble donc être un bon choix lorsqu'un pays veut s'aventurer plus en avnat dans le domaine de la fiction, et c'est bien comme cela que semble l'entendre TV3 qui vient d'en acquérir les droits pour en lancer le remake. C'est la toute première fois que la Lithuanie fait ainsi l'acquisition d'un format étranger pour l'adapter, ce qui ne rend le geste que plus symbolique. 16 épisodes ont été commandés pour la version lithuanienne qui sera diffusée en septembre prochain. Mother & Son a déjà été adaptée pour de nombreux pays dont les States, le Chili, la Suède, le Danemark, la Turquie, la Grèce et le Royaume-Uni.

Luna

- ESPAGNE : audiences lunatiques
Quelques petites nouvelles de ce qui est supposé être le nouveau hit d'Antena3, la série fantastique Luna, el misterio de Calenda, qui raconte l'arrivée d'une adolescente dans un patelin perdu avec ses parents, et qui découvre qu'en réalité il se pourrait bien que les parages hébergent des loup-garous. On avait déjà eu l'occasion de dire combien la série avait été un énorme projet pour la chaîne, qui misait beaucoup dessus notamment en espèces sonnantes et trébuchantes. Alors, qu'en est-il des audiences, trois semaines après le lancement de cette super-production ? Le pilote, diffusé le 10 avril, avait réussi à capter l'attention de 3,51 millions de spectateurs (soit 19,2% de parts de marché), un chiffre très honnête. La semaine suivante, 280 000 spectateurs avaient déserté, mais on restait tout de même dans des scores très corrects avec un peu plus de 3,2 millions de spectateurs (16,8% de parts de marché). Les résultats de la diffusion de l'épisode d'hier confirment que les audiences ont du mal à se stabiliser : à peine 3 millions de spectateurs pour seulement 15,8% de part de marché. Ca commence donc à sentir le roussi pour cette série fantastique qui ne parvient pas à se stabiliser, et a perdu un spectateur sur sept, en seulement trois semaines...

- ALLEMAGNE : le câble se réveille
Vous avez peut-être entendu parler un peu plus tôt ce mois-ci de Sky Deutschland, qui a décidé d'aligner les biftons pour faire main basse sur les droits de diffusion de la Bundesliga (le championnat national de foot allemand). Il semblerait que le groupe allemand soit actuellement dans une période de dépenses (ou d'investissement, selon le point de vue) puisqu'en prenant pour modèle les chaînes à péage comme HBO ou Showtime, ou encore TNT Serie qui en septembre proposera sa première fiction originale (Add a Friend, sur les relations humaines dans les réseaux sociaux), Sky Deutschland commence à envisager de se lancer elle aussi dans les séries. Pour l'instant Sky D n'en est qu'à rencontrer des producteurs pour jauger les projets qui lui sont proposés ; si les choses suivent leur cours, la première fiction de la chaîne pourrait apparaitre début 2014.

- ALLEMAGNE : commande massive de poulet chez Sat.1
Pensant visiblement qu'on était en pénurie, Sat.1 vient de lancer le tournage de deux nouvelles séries policières de plus. La première, Familie Undercover, s'intéresse comme vous l'aurez deviné à la famille d'un commissaire de police qui, relocalisée dans le cadre de la protection des témoins, doit s'adapter à sa nouvelle vie. L'autre série, répondant au nom de München Bayerstraße, est plus classique puisqu'elle suivra les enquêtes d'un tandem improbable entre un commissaire rôdé à la vie de la rue et un comte devenu enquêteur. Ce sont respectivement 7 et 6 épisodes qui sont prévus pour ces nouvelles fictions qui viennent s'ajouter à deux autres séries en développement : la dramédie Es kommt noch dicker, qui se déroule dans un hôtel thermal de luxe et dont la commande vient d'être portée de 7 à 13 épisodes, et une série médicale, Die Docs.

DanniLowinski

- UKRAINE : Danni fait des heures supp'
STB, le 5e network du pays, vient d'acquérir les droits pour un remake de la dramédie allemande Danni Lowinski. Rebaptisée Masha v Zakone, la série a également été achetée par la chaîne féminie Domashniy, l'équivalent russe de Téva au sein du groupe STS. Outre le sujet, celui d'une ex-coiffeuse qui reprend ses études pour devenir avocate et défendre Monsieur et Madame tout le monde, il est certain que ce qui a encouragé les chaînes ukrainienne et russe à se lancer dans cette aventure est le succès de la version belge de la série (elle aussi baptisée Danni Lowinski), lancée le 1er mars dernier sur VTM. La CW, qui avait en projet une adaptation pour les Etats-Unis l'an dernier, est-elle passée à côté de quelque chose en ne retenant pas le pilote ?

- EGYPTE : politique mais pas trop
L'une des séries en préparation pour le Ramadan commence à étoffer son casting. Um Assabereen, un biopic sur l'activiste Zainab al Ghazali, dont l'organisation féminine était liée aux Frères musulmans. C'est l'actrice Rania Mahmoud Yassin qui incarnera le rôle central de cette série, et elle a prévenu qu'il ne s'agit pas de délivrer un message pro-Frères musulmans via cette fiction : "flirter avec les Frères ou tout autre parti politique ayant du succès actuellement serait une idée stupide puisque personne ne peut prévoir quel parti conservera le pouvoir ou pas". Ca n'a l'air de rien, mais ne pas chercher à plaire à un parti (et du coup, potentiellement de lui déplaire) aurait été hors de question avant la révolution. Alors que les élections présidentielles égyptiennes auront lieu en juin et que le Ramadan commence vers le 20 juillet, on comprend d'autant mieux le désir de ne pas s'impliquer politiquement vis-à-vis d'un parti...

- INDE : danse avec les fous
La semaine dernière, Zee TV a lancé un nouveau soap, Phir Subah Hogi, en remplacement de la romance Ram Milaayi Jodi. Conformément à la tendance actuelle qui consiste à essayer d'ancrer les séries dans un contexte régional spécifique, cette nouvelle fiction nous emmène dans une région d'Inde où traditionnellement, les femmes de la tribu Bedia sont destinées à la prostitution afin de subvenir aux besoins de leur famille. Charmante petite coutume que voilà. Mais l'héroïne, Sugani, ne rêve que d'une chose : se marier. C'est pour elle le symbole de la liberté (comme quoi) et elle va donc faire son possible pour échapper à son destin de "danseuse" avant que ne vienne le moment fatidique de l'initiation. Fort heureusement, elle peut compter sur l'aide de sa mère. Bon, outre le pitch de la série, qui n'a rien de familier avec les soaps de la plupart des pays occidentaux il faut bien le reconnaître (une fois de plus, grâces en soient rendues aux Dieux du soap indien), le plus produit de Phir Subah Hogi, c'est que cela pourrait bien être la première série en Inde à prendre en compte internet dans son effort de promotion, notamment en démarchant des journalistes, blogueurs, et même activistes pour les droits de la femme présents sur internet afin de se faire l'écho de la série comme du phénomène social qui y est dépeint.

SuperCity

- NOUVELLE-ZELANDE / USA : comédie low cost
En 6 épisodes, la comédie Super City a apparemment réussi à se faire remarquer. Construite sur un principe qui me rappelle un peu Angry Boys, c'est-à-dire avec un acteur transformiste qui incarne une grande variété de personnages, la série repose donc sur les épaules de la comédienne Madeleine Sami qui incarne ici 5 personnalités différentes vivant dans une mégalopole. Ladite comédienne vient d'obtenir la possibilité d'exporter son talent aux USA puisqu'une adaptation de Super City pourrait voir le jour pour ABC, nous dit Deadline. Bon bah je vois ce que c'est, il ne me reste plus qu'à aller chercher le pilote de Super City pour voir de quoi il retourne.

- DANEMARK : Saint Somewhere Else
Les projets recevant des subventions ne sont pas toujours ceux qu'on croit. TV3 a donné le feu vert au développement d'un nouveau soap, nommé Sankt P. Ecrite par John Stefan Olsen, scénariste qui avait signé 2900 Happiness (le premier soap danois intégralement tourné en HD, et un grand succès pour TV3), la série connaitrait comme son aînée une première commande initiale de 48 épisodes. Le fonds public pour l'audiovisuel vient de lui fournir 350 000 couronnes danoises (un peu plus de 47 000 euros) pour lui donner un coup de pouce. Sankt P, plutôt que s'intéresser à de riches familles comme le faisait 2900 Happiness, se déroulerait dans un hôpital et ambitionnerait d'être hybride entre un soap opera classique et une série dramatique. Pourtant, comme l'emploi du conditionnel vous l'indique, Sankt P n'est pas encore certaine de voir le jour : la décision finale ne devrait être prise qu'à l'automne en vue d'une diffusion au printemps 2013. Pour faire monter les enchères, Olsen assure avoir une star au générique de la série, mais refuse de dévoiler son nom... Oh et tant qu'on en est à parler de fiction danoise, sachez que le tournage de Dicte a débuté cette semaine, soit un peu plus tôt que prévu, avec l'actrice Iben Hjejle dans le rôle principal.

- SUEDE : a licence to kill
Pour une fois, on va parler de Suède sans parler directement de fiction. En effet, la forme actuelle de la redevance pourrait bien disparaitre : en septembre prochain, une proposition de loi sera déposée pour que la taxe sur les diffusions télé et radio soit directement intégrée à l'impôt sous la forme d'une taxe complémentaire, demandée à absolument tous les contribuables. A l'heure actuelle, la redevance suédoise n'est demandée qu'aux foyers possédant une télévision ; ce prélèvement systématique permettrait donc de prendre en compte les nouveaux médias, qui permettent de regarder ou écouter des programmes via internet ou les portables, des outils actuellement non-imposés. Cette réforme fiscale pourrait prendre effet dés 2014 ; en l'occurrence, les choses sont en bonne voie puisque le projet a bonne presse auprès de la majorité.

Preamar

- AMERIQUE DU SUD : vague de fond chez HBO
Il y a du nouveau chez HBO Latino, et pas qu'un peu. De toutes les petites soeurs de la chaîne américaine éponyme, elle est celle qui a toujours montré le plus de dynamisme en matière de fiction originale, et elle ne se repose pas sur ses lauriers ! Outre la saison 3 de la série mexicaine Capadocia, la chaîne a aussi décidé de renouveler la série chilienne Prófugos, une sorte de road movie dans lequel un groupe de quatre jeunes chiliens devenait passeur de drogue, pour une seconde saison qui devrait être prête pour une diffusion en 2013. Vous croyez que c'est tout ? Absolument pas. Une autre série devrait faire dans les prochains mois ses débuts sur la chaîne : la comédie brésilienne FDP, qui s'intéresse au monde du football mais vu à travers les yeux d'un arbitre peu apprécié de son milieu. Plus mystérieux, un projet de série est actuellement en développement, à mi-chemin entre le drame et le thriller, par l'équipe d'Epitafios, mais pour le moment les détails sont tenus secrets. Cela fait beaucoup pour HBO Latino qui doit déjà lancer le mois prochain sa nouvelle série dramatique, Preamar. Ce drame chronique en 13 épisodes comment un promoteur immobilier en faillite, à qui il ne reste plus qu'une propriété sur la côte d'Ipanema, va tenter de faire repartir son business tout en cachant sa situation financière à sa famille.

- CANADA : gala Artis, demandez la dernière édition
Dimanche soir, c'était l'heure du gala Artis, une sympathique récompense québécoise qui met en avant plutôt les personnalités du monde de la télévision que les émissions et séries à proprement parler. Tout l'intérêt de ce prix, comme pour les Logies dont on a parlé plus tôt ce mois-ci, est de faire voter le public et donc d'avoir un véritable vote de popularité, donc une idée précise de ce qui plait à nos cousins les spectateurs québécois. Ainsi, du côté des acteurs, puisqu'on ne va pas s'embarrasser avec les présentateurs de talk shows et autres chroniqueurs sportifs, Daniel Brière et Anne Dorval l'ont emporté dans la catégorie des comédies pour leur rôle dans Les Parent, tandis que ce sont deux acteurs de Toute la vérité, Denis Bouchard et Hélène Florent, qui ont gagné une récompense dans la catégorie des téléséries.

- CANADA : dix-neuf deux fois deux
La chose n'est pas courante : une série québécoise de Radio-Canada qui pourrait connaître une adaptation sur son pendant anglophone CBC. Ce sera peut-être le cas de 19-2, une série policière de et avec Claude Legault (mais 'zavez vu, j'ai fait un effort pour pas remettre une photo pour la troisième fois de l'histoire des world tours...) dont d'ailleurs la deuxième saison devrait être produite cet été, ce qui est un peu un miracle puisqu'initialement, on se souviendra que Radio-Canada l'avait annulée. Un pilote sera donc produite pour 19-2 (prononcer nineteen-two, donc) afin de voir si une version anglophone est envisageable pour la chaîne publique. Le producteur de 19-2, Jocelyn Deschênes, est également en train d'attendre les upfronts pour voir si l'adaptation de la série Le Monde de Charlotte va atterrir à la rentrée sur NBC. Ca en fait, des adaptations anglophones tout d'un coup !

- CANADA : serrage de ceinture
Et tant qu'on en est à aborder le cas de CBC, je vous propose un petit récapitulatif du sort des séries de la chaîne, puisque celle-ci, suite aux coupes budgétaires énormes dont elle a fait l'objet (115 millions de dollars canadiens sur les trois prochaines années, et 650 emplois à supprimer pour amortir le choc), a bien été obligée de réduire la voilure. Les comédies InSecurity et Michael: Tuesdays and Thursdays ont ainsi été officiellement annulées, la chaîne préférant donner la priorité aux programmes d'une heure plutôt que d'une demi-heure. Reviendront par contre pour une nouvelle saison les séries Mr. D et Arctic Air, lancées en ce début d'année 2012 (rien d'étonnant vu les audiences d'Arctic Air, d'ailleurs), Heartland, et Republic of Doyle. Côté nouveautés, puisqu'il en faut bien, CBC a toujours dans ses prévisions la série Titanic: Blood & Steel en 12 épisodes (oui, c'en est encore une autre), et a racheté Murdoch Mysteries il y a quelques mois, sauvant la série de l'annulation sur Citytv.

Une dernière bonne nouvelle pour finir le post avec le sourire, quand même : la diffusion de Bron-Broen sur BBC4, le weekend dernier, marque un nouveau record pour la fiction scandinave outre-Manche : tout cumulé, c'est 1,097 million de spectateurs qui a découvert le premier épisode de la série. Pour vous faire une idée, le lancement de la diffusion de Borgen, dans des conditions de diffusion similaire, n'avait attiré que 629 000 spectateurs en janvier.

Oh et j'ai reçu un communiqué indiquant que la nouvelle version de DramaPassion serait en ligne le 5 juin, ça vaut ptet le coup de garder un oeil dessus, tiens...?

Bon alors, j'avais deviné ? Il y a un truc qui a retenu votre attention ? Dites-moi tout.

Posté par ladyteruki à 22:19 - Love Actuality - Permalien [#]

24-04-12

Back to the future

La différence entre une bonne série et une... autre série, disons, tient à des facteurs assez variables. Cela peut venir de l'histoire elle-même, des dialogues, de la réalisation, ou du jeu des acteurs.
Dans le cas de Mirai Nikki, c'est surtout ce dernier point qui supporte le poids de la faute.

MiraiNikki

Et pourtant Mirai Nikki promettait d'être une série à suspense sympathique, à défaut d'être originale (je crois avoir, déjà, souligné combien son pitch me rappelait celui de LIAR GAME). On est supposés y retrouver deux personnages adolescents plongés dans un jeu infernal et terrifiant ressemblant plutôt à une partie de chasse, et dont ils ignorent tout avant de devoir choisir, au pied du mur, entre devenir la proie ou se transformer en chasseur. Pour une petite série à suspense sans grande ambition si ce n'est celle de divertir le public adolescent pour quelques semaines, on ne demandait pas grand'chose de plus.

Mais même ça, Mirai Nikki n'arrive pas à l'accomplir. Tout simplement parce que la série commet la faute de goût suprême : recruter des acteurs médiocres. Et pas qu'un peu.
Pour qui veut un échantillon de ce que les acteurs nippons ont de plus caricatural (je m'explique mal qu'on puisse vouloir pareille chose, mais admettons), Mirai Nikki est un véritable abécédaire. C'est assez incroyable. Vous voulez l'ado je-m'en-foutiste qui en fait des tonnes ? On a. Vous voulez l'héroïne exagérément péchue au sourire indélébile ? On a aussi. Vous voulez une mère éplorée qui s'effondre sous la douleur ? Figurez-vous qu'on a, brièvement, mais on a. Tous les clichés sont réunis, sans oublier le mystérieux tueur masqué qui ne pense qu'à brandir sa lame comme s'il était dans un film de Hitchcock sans piper le moindre mot. Tout, je vous dit. Ils nous ont tout fait.
Sauf bien jouer.

C'est extrêmement pénible parce qu'une série avec un cast lamentable, ça vous ruine tout. Même un thriller adolescent sans grande ambition.
Car Mirai Nikki est l'héritier de ces dorama qui semblent connaitre un boom depuis quelques années en soirée ou deuxième partie de soirée sur les chaînes nippones, genre Clone Baby ou Piece Vote. Le format est d'une demi-heure, ce qui est loin d'être la norme sur l'Archipel, le budget n'y est pas élevé, mais l'envie de faire un divertissement à suspense prenant et pas trop mal gaulé y est en revanche présente. Et surtout ces séries appartiennent systématiquement à un genre de mystère jouant avec les nouvelles technologies, ce qui est un lien de parenté pour le moins singuler.
Mirai Nikki n'a hélas pas les ambitions de Piece Vote au niveau de la réalisation (et niveau musique il faut bien avouer que Mirai Nikki est franchement à côté de la plaque à plusieurs reprises), mais c'est un peu la même famille de séries tout de même, et on peut regretter que le recrutement des acteurs principaux cause tant de tort à une série qui autrement s'en tirerait relativement bien.

Je ne recommande pas vraiment Mirai Nikki pour commencer la saison nippone (pas de chance, ça a été mon cas), mais au moins cela me donne l'occasion de rappeler combien la suite des sous-titres de Piece Vote se fait attendre.

Posté par ladyteruki à 19:08 - Dorama Chick - Permalien [#]

23-04-12

Watch and veep

Comprenons-nous bien : j'ai vu le pilote de Seinfeld et quelques épisodes par hasard, et je n'ai jamais trouvé ça drôle. J'ai vu le pilote de The New Adventures of Old Christine, et je n'ai pas trouvé ça drôle. Peut-être que si j'avais vu un épisode de Saturday Night Live où elle apparait dans un sketch, j'aurais ri, mais ce n'est pas le cas. Toujours est-il que je n'ai jamais compris le hype autour de Julia Louis-Dreyfus, je ne la trouve pas drôle.
Attendez, si. Ca me revient. Il y avait un épisode du Late Night with Conan O'Brien où elle était invitée, et où ils avaient mis en scène une petite blague avec Tina Fey et Jack McBrayer, et là je crois que j'ai ri. Essentiellement à cause de Conan mais ça compte quand même, n'est-ce pas ?
Nan mais voilà, c'est tout. En-dehors de ça, Julia Louis-Dreyfus, je ne comprends pas ce qu'elle a de si génial.

Et ça ne va pas commencer avec Veep.
Je sais, je sais. Quand je vous dis d'emblée ce que je pense d'un épisode que j'ai regardé, ça tue un peu le suspense. Mais disons que c'est comme un pansement. Voilà. Je l'ai arraché d'un coup, et comme ça, la douleur est aussitôt partie qu'elle était apparue.

Le problème de Veep n'est pourtant pas seulement la présence de Julia Louis-Dreyfus. Etrangement. Le problème, c'est le côté humiliant de la série. Et ça j'ai déjà pu vous le dire, ça me hérisse le poil, c'est limite pavlovien.
Ca me rappelle immédiatement ce que j'ai pu ressentir devant The Comeback, ça fait appel à plein de souvenirs téléphagiques dont même la psychothérapie et l'hypnose ne parviennent à me soulager, c'est vraiment atroce.

Je regarde le pilote de Veep et j'ai la sensation extrêmement désagréable de sentir comment les épisodes suivants vont tourner : à chaque fois, il va se passer une catastrophe, ou quelqu'un va faire une bourde, et on regardera le cabinet de la vice-présidente s'embourber un peu plus dans la catastrophe ou la bourde, elle y compris, dans une suite de séquences embarrassantes. Et visiblement, très brouillonnes et bavardes.
Parce que c'est un peu comme si on avait pris la forme d'A la Maison Blanche, avec les tirades longues comme le bras et débitées à une vitesse record, mais qu'on avait décidé d'en pervertir tout le reste : personne ne se sort grandi, intelligent (ou drôle) dans cet épisode qui est juste dédié à l'humiliation absolue de son héroïne, à laquelle il ne reste plus ensuite qu'à rabaisser le reste de son staff.

La sensation de diminution intellectuelle et émotionnelle qui en résulte est... comment dire ? Impressionnante, je crois qu'on peut employer ce mot ? Mais certainement pas drôle. Pas à un seul moment.
Et sur moi, ce genre de sensation a l'effet d'un repoussoir. Je ne comprends sincèrement pas comment on peut rire de ça alors qu'il n'y a en réalité pas de dialogue drôle, pas de gag, pas de performance comique, rien. Juste l'humiliation des personnages et peut-être aussi vaguement du spectateur. On n'est pas dans un mockumentary sur la forme, mais pas loin, voyez, et mon problème avec le mockumentary c'est quand même sa grande parenté avec la télé réalité, et pour moi vraiment c'est la boîte de Pandore, ça m'horrifie qu'on puisse chaque semaine revenir voir quelqu'un s'humilier, même volontairement et fictivement, devant une caméra. C'est dégradant intellectuellement pour tout le monde, voilà ce que j'en pense. Je sais, je suis une vieille peau rétrograde qui ne comprend rien à la télévision d'aujourd'hui et qui ne sait pas s'amuser, je retourne voir mes épisodes de The Yard, tiens.

Le problème c'est que les séries politiques font partie de ces quelques genres télévisuels (avec les séries légales) qui peuvent se passer de tout, sauf d'intelligence. Une série politique n'est pas obligée d'être sérieuse, elle n'est pas obligée de traiter son sujet avec déférence, mais elle est obligée d'être intelligente. Les comédies politiques intelligentes existent. Veep n'en est pas une.

Ce n'est pas que la faute de Julia Louis-Dreyfus, cela dit. Mais c'est sûr, ça n'aide pas.

Veep

Posté par ladyteruki à 23:16 - Review vers le futur - Permalien [#]

22-04-12

Le vote turc

Pour la troisième fois, la télévision turque a remis les Antalya (du nom de la ville qui accueille la récompense), et comme à chaque fois qu'une cérémonie de ce type se profile, je sors mes petits calepins et je relève des noms. Mais avant de vous en donner les résultats, au cours desquels vous allez découvrir que l'air de rien, à force de fréquenter ce blog, vous avez commencé à retenir quelques noms, parlons un peu de la cérémonie elle-même puisqu'il y a de fortes chances pour que vous en ayez ignoré l'existence jusqu'à présent.

A ma connaissance, les Antalya sont la première cérémonie de récompenses dédiée à la télévision turque, ce qui rend d'autant plus étonnant l'apparition tardive de ce prix. En effet, vous l'aurez calculé par vous-même, elle a été lancée au printemps 2010 ! Si vous vous en souvenez, je vous ai parlé il y a peu de boom des productions turques ces dernières années, on est donc dans une logique similaire, quoique tardive.
C'est la municipalité d'Antalya qui en est l'instigatrice avec le concours de l'Antalya Foundation for Culture and Art, mais contrairement à ce que la récurrence du nom de la ville pourrait laisser penser, les Antalya sont bel et bien consacrés à la fiction de télévision turque nationale, et non aux récompenses locales (phénomène qu'on peut connaitre dans d'autres pays pour saluer des fictions régionales ; comme peuvent l'être les Rosie Awards au Canada par exemple). Peuvent donc être gratifiées de ce prix même des séries n'ayant rien à voir avec la ville d'Antalya, et c'est heureux.

Originalité supplémentaire des Antalya : les résultats ont été dévoilés en deux temps. D'abord, une cérémonie de présentation pour les nominations, vendredi 20 avril au soir ; les nominations étaient connues depuis plusieurs semaines mais apparemment ce n'est pas ce qui allait arrêter les organisateurs ; on peut imaginer que cela permet de faire le tour des prétendants aux divers titres. Je n'ai pas les détails, cependant je devine qu'il doit probablement y avoir des projections pendant cette première soirée ; mais comme elle n'est pas télévisée et qu'il s'avère que je ne parle pas turc, on en restera à la supposition.
Les prix, eux, ont été finalement remis hier soir au cours une grande soirée plus classique, retransmise par la chaîne TV8 (une chaîne dont il faut noter qu'elle est également plutôt récente puisqu'elle a vu le jour en 2005).
Et les Américains trouvent les Emmy Awards trop longs...

Antalya

Alors ces résultats, quels sont-ils ?

Eh bien le grand vainqueur de la soirée d'hier a été la comédie Yalan Dünya, qui se l'est un peu jouée Modern Family : meilleur acteur dans une comédie, meilleur acteur secondaire dans une comédie, meilleure actrice secondaire dans une comédie, meilleure réalisation dans une comédie et, oh, j'allais oublier, meilleure comédie.
Ce sitcom, qui n'a commencé qu'en janvier dernier, n'a même pas encore fini la diffusion de sa première saison les vendredis soir à 20h. On y découvre un quartier cossu dans lequel vivent des familles de nouveaux riches ou de célébrités, mais d'un point de vue absurde (j'ai lu, sans aller le vérifier je le confesse, qu'un épisode montrait même une invasion de zombies... comment vous dire ?). Il est amusant de noter que la série a accueilli Pamela Anderson en guest, dans son propre rôle.
De vous à moi, le sitcom était typiquement le genre de séries que, sans sous-titres, on ne peut pas du tout apprécier, j'ai regardé une ou deux minutes de ce truc et suis passée à autre chose, mais ça se trouve c'est effectivement très drôle ; simplement reconnaissons-le, quand on ne comprend pas les dialogues, ça rappelle un peu les remakes de sitcoms US faits par les Russes.


Dans la catégorie des comédies, Yalan Dünya a ainsi battu à plate couture les séries 1 Erkek 1 Kadın (la version turque d'Un Gars, Une Fille), Leyla ile Mecnun, parodie de comédies romantiques (et qui a reçu hier le prix du meilleur scénario comique), le sitcom Seksenler, et Yahşi Cazibe, un sitcom sur les mariages arrangés.

Seules trois séries sont nommées dans la catégorie jeunesse, Dinle SevgiliPis Yedili et Elde Var Hayat ; c'est cette dernière qui l'a emporté. Elde Var Hayat raconte la vie d'un professeur de mathématiques peu conventionnel qui résoud, au sens comme au figuré, les problèmes de ses élèves, tout en élevant seul son fils unique.

La série historique Muhtesem Yüzyil, déjà distinguée l'an dernier et succès international de la télévision turque, comptait parmi les séries au long cours nommées cette année et a obtenu le titre sans grand effort.
Par contre, la série figurait également parmi les nominations de la catégorie du meilleur scénario dramatique, avec la série policière Behzat Ç., dont on a déjà pu parler, le remake turc de Desperate Housewives intitulé Umutsuz Ev Kadınları, Hayat Devam Ediyor, qui suit les différents membres d'une famille nombreuse vivant dans une partie rurale et traditionnelle de la Turquie, et Öyle Bir Geçer Zaman Ki. A la surprise générale, c'est cette dernière, une série dramatique familiale située dans les années 60 comptant à l'heure actuelle deux saisons, qui a remporté le titre.

Le meilleur à la fin : de toute évidence, la catégorie meilleure série dramatique a attiré mon attention et vous intéressera sans doute le plus. Etaient nommées cette année Adını Feriha Koydum, une série actuellement dans sa deuxième saison qui suit la fille d'une concierge qui décroche une bourse pour aller étudier à l'université avec les "riches" ; la série policière Behzat Ç., la série dramatique Hayat Devam Ediyor, la série historique Öyle Bir Geçer Zaman Ki, et Umutsuz Ev Kadınları. En dépit de son caractère apparemment polémique, c'est Hayat Devam Ediyor qui a emporté le prix.

J'ai pris la liberté de cagouler les pilotes de Hayat Devam Ediyor afin de mieux comprendre le débat qui semble entourer la série, nous aurons donc l'occasion d'en rediscuter. Mais ce que je vous propose, c'est tout simplement de me dire quelle est la série turque de ce palmarès à propos de laquelle vous avez envie d'en savoir plus, et c'est avec plaisir (sitcoms mis à part) que je vous proposerai une review, puisque j'ai aussi dans un coin le pilote de Behzat Ç, d'Umutsuz Ev Kadınları ou d'Öyle Bir Geçer Zaman Ki, par exemple. Deal ?

Posté par ladyteruki à 19:46 - Love Actuality - Permalien [#]

21-04-12

[DL] NYC 22

Quand le générique de NYC 22 est apparu sur mon écran pour la première fois, on sortait d'une très bonne scène que j'avais trouvée, bon, peut-être pas émouvante, mais en tous cas elle m'avait interpelée ; elle était réussie parce que tout en étant simple, elle captait quelque chose. J'étais dans de bonnes conditions pour la première fois du pilote ; à ce stade je commençais à me dire qu'il y avait peut-être quelque chose de pas trop mal dans cette série. Il me fallait la confirmation que le générique n'allait pas durer seulement 10 secondes, ce qui est et reste une déception à chaque fois qu'on découvre une nouvelle série. Et là, donc : générique. Dans ma tête, cette petite prière : sois bon, sois bon, sois bon...! Alors, alors ?

NYC22
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Il me faut d'abord vous préciser que je n'aime pas le rap. Je fais une petite exception pour quelques chansons d'Eminem, et pas vraiment parmi les plus récentes, mais c'est à peu près tout. Cependant ma première réaction en entendant le générique de NYC 22 n'a pas été de me dire "ah, non, pouah ! Du rap !" mais bien de me demander si le générique correspondait à la série et était bien conçu. Ce qui importe, ce n'est pas tant le choix musical que sa façon d'être cohérent avec l'image de la série, et d'être accrocheur. C'est comme ça que je peux écouter le générique de New York 911 avec plaisir alors que lui non plus n'est pas d'un genre musical qui me plait, d'ailleurs. C'est certainement l'un des phénomènes les plus discrets en téléphagie et pourtant tenaces : soudain, les goûts musicaux s'effacent pour devenir des goûts en matière de générique.

Et j'ai trouvé le générique de NYC 22 simple, mais qu'il captait quelque chose. Qu'il était très basique mais qu'il avait quelque chose d'honnête. Beaucoup de génériques de séries de networks des années 90 étaient comme ça, simples, sans imagination débordante, mais quand même efficaces parce que posant immédiatement un ton, une ambiance, un univers cohérent. Une qualité qu'on retrouvait par exemple dans le générique de Brooklyn South. Il ne s'agit pas de révolutionner le monde ni même la télévision, simplement de sembler, dés les premières images, fidèle à soi-même. Avez-vous idée du défi que c'est que de se montrer cohérent avec soi-même alors qu'on est encore en train de faire une première impression ? Mais le générique de NYC 22 y parvient.

Quelle n'a pas été ensuite ma surprise quand j'ai découvert que le générique de NYC 22 était une chanson de Jay-Z, que je ne porte pas spécialement dans mon coeur. Mais c'est comme ça : quand un générique est bon, c'est parce qu'il est un patchwork d'éléments (images, musique...) qui fonctionnent ensemble, même si pris indépendamment ils seraient peut-être sans intérêt. Et il s'avère que le générique de NYC 22, je le trouve vraiment bien, en l'occurrence, et que je l'ai regardé plusieurs fois depuis que j'ai vu le pilote plus tôt cette semaine.
J'ai l'impression qu'elle commence à s'installer dans mon univers téléphagique, cette série... J'ai hâte de confirmer ça avec l'épisode suivant !

Posté par ladyteruki à 12:01 - Médicament générique - Permalien [#]

20-04-12

Fontaine de jouvence

Il est un fait que l'Australie nous a offert de sacrées bonnes surprises en ce début d'année : Outland (dont j'ai hélas toutes les peines du monde à trouver les derniers épisodes), Miss Fisher's Murder Mysteries, et Woodley. Et encore je vous ai pas encore parlé de Danger 5, j'attends d'avoir avancé (je n'ai eu le temps que de voir le premier épisodes), mais vous n'allez pas être déçus là non plus.  Ah ça, The Straits mis à part, l'Australie a bien commencé sa saison !
Mais ça, c'est la moyenne. Or si d'un point de vue général, l'impression est plutôt bonne, quand on se penche sur le cas de Woodley, je deviens purement et simplement extatique. C'est une véritable petite merveille dont j'ai, hélas trop brièvement, vanté les mérites dans le SeriesLive Show de ce soir, alors permettez que, au terme de son dernier épisode, je vous fasse un petit post de bilan pour vous encourager à découvrir cette série vraiment pas comme les autres.

FrankWoodley

J'avais vraiment envie de continuer mon post sur le même ton. Envie de vous dire comment, en l'espace d'à peine 8 épisodes, Woodley a su faire preuve de toutes les qualités nécessaires aux comédies immortelles : une énorme dose d'humour, des personnages attachants en diable, et de l'émotion comme dans vos rêves téléphagiques les plus fous.

Comment Woodley est un vibrant hommage au spectacle vivant à travers son interprète principal impressionnant et unique en son genre : Frank Woodley danse, saute, jongle, fait des pirouettes et des cascades ; il devient plus ou moins littéralement un clown, un acrobate, un équilibriste, un Pierrot de la lune est un homme élastique, un véritable athlète dans un corps comme désarticulé et pourtant incroyablement agile, fait de maladresses autant que d'adresse prodigieuse ; ce n'est pas un rôle que l'on attribue, c'est un rôle qu'on est, et que seul Frank Woodley pouvait être, c'est certain.

Comment les épisodes sont très différents, certains très mélancoliques, d'autres presque entièrement basés sur le slapstick.

Comment Woodley possède un art consommé de la narration, et est capable de raconter dans ses épisodes de véritables histoires en 24 minutes avec presque pas de dialogues mais sans jamais être superficielle.

Comment Woodley a aussi su mettre en place dés le pilote un cadre très clair au sein duquel la moindre situation ultérieure prend un tour plus touchant, sans qu'il ne s'agisse une mini-série à proprement parler : Woodley est conçue pour que les épisodes soient regardables indépendamment, tout simplement parce que la série est destinée à toute la famille.

Comment Woodley parle aussi bien aux petits, qui s'amuseront des singeries de son interprète (et de bon coeur, je le soupçonne), qu'aux adultes à travers des thèmes dans lesquels chacun se reconnaîtra, qu'il s'agisse de la peur de grandir, de perdre ce qui nous est cher, ou tout simplement l'impression que le monde est une taille trop grand pour nous.

Comment le charme magique de Woodley opère grâce à son esthétique rétro et sa musique inoubliable, rendant instantanément la série unique et pourtant intemporelle.

Comment Woodley est une série enchanteresse aux épisodes versatiles, enfin, qui donnent envie au spectateur même blasé de retomber en enfance pour avaler goulûment pitreries et idées fantasques dans des univers aussi fascinants que la mode, le cirque, ou même une maison-témoin, avec le même don pour les épisodes "à thème" que Pushing Daisies.

Mais même en prenant sur moi, j'ai du mal à chanter les louanges de Woodley là maintenant tout de suite. Pas alors que son ultime épisode m'a déchiré le coeur. C'est que, voyez-vous, Woodley est vraiment la comédie la plus douce-amère que je connaisse, et étant donné ses audiences, elle ne connaîtra probablement jamais de saison 2. Alors la voir finir comme ça ? Je suis trop triste.
Là, maintenant, tout de suite, j'ai envie de bouder un bon coup et d'aller pleurer en secouant très fort les épaules, le visage enfoui dans les bras de Fuzzby. Mais c'est normal, c'est parce que devant Woodley, je suis une petite fille.
Mais une petite fille qui va commander un DVD australien dans quelques semaines.

Posté par ladyteruki à 23:52 - Review vers le futur - Permalien [#]

19-04-12

Identité, s'il-vous-plaît

Il ne vous aura pas échappé qu'arte est en train de devenir LA chaîne des téléphages curieux. Ce qui la rend encore plus riche à mes yeux, c'est que même si les séries scandinaves sont en train de connaître un buzz certain (et la diffusion de Borgen l'a bien montré), et qu'elle en a bien profité ces derniers mois, la chaîne ne se contente pas de suivre la "mode" de la fiction scandinave. Elle continue de piocher des séries de qualité un peu partout dans le monde.
Outre la diffusion de la mini-série britannique The Promise, qui commence demain (et que je n'ai pas vue mais dont j'ai entendu grand bien... et grand mal, d'ailleurs, la série ayant été qualifiée de propagande anti-Israël dans plusieurs de mes lectures), arte s'est ainsi décidée à diffuser la première saison d'une série australienne, East West 101.

EastWest

"You're either an Arab or a cop".
C'est la problématique centrale que pose East West 101, alors que le pilote que vous allez découvrir dans un peu plus de deux heures (parce que vous allez me faire le plaisir de ne pas louper ça, hein, évidemment) va s'ouvrir sur un plan assez parlant d'un jeune garçon arabe écrivant consciencieusement le mot "identité" sur un cahier d'écolier.

La série repose énormément sur son personnage central, Zane Malik, un flic qui est entré dans la police pour toutes les raisons classiques que vous imaginez, à savoir un traumatisme et un désir de vengeance, et quelques unes que vous n'imaginiez pas : il pense mettre son double-héritage culturel au service de son métier. Le problème c'est que, derrière le colosse au regard sombre, se cache en réalité un idéaliste qui n'a pas compris que dans le monde actuel, à plus forte raison après le 11 Septembre (intéressant d'ailleurs d'aborder les problématiques typiquement post-11 Septembre dans une série qui n'est pas américaine), ce qu'il voit comme un avantage est perçu par nombre de ses contemporains, à commencer par son supérieur, comme un gros désavantage. Voire une menace.

Zane est capable de parler arabe et de s'attirer le témoignage ou l'aide de témoins et de familles ? D'accord, mais cela ne compense pas, jamais vraiment, la méfiance qui subsiste à son égard, comme s'il était un sous-flic simplement parce qu'il est arabe. Dans un pays multiculturel comme l'Australie dont, à l'instar des Etats-Unis, la genèse repose sur l'immigration, le propos est d'une cruelle lucidité sur l'ambiance de peur et de repli qui domine de nombreuses nations du monde.
A travers les personnages que rencontre Malik, c'est aussi un portrait en creux de l'Australie qui se dessine : ses lois sur l'immigration, mais aussi le quotidien des immigrés dans la société australienne. Le pays d'accueil vu par ceux qui tentent d'y trouver une place : c'est ce qui se dit en filigrane, et ça ne fera pas plaisir à entendre. Mais il faut l'entendre. Et le propos n'a rien d'exotique vu de chez nous : East West 101 pourrait aussi bien se passer dans un autre pays occidental tant ce qui y est décrit n'a rien d'original. Hélas.

Ainsi on verra (brièvement) dans le pilote de ce soir des scènes de violence qu'on a déjà vues cent fois dans les journaux et magazines d'information, qui vous évoqueront sans doute les émeutes de 2005 par exemple. Cette non-originalité, le fait de créer pour la fiction des images vues et revues dans les médias lorsqu'elles se sont véritablement produites, pourrait sembler être un défaut, mais est au contraire nécessaire pour les besoins de la démonstration. Après tout, la fiction est supposée aussi avoir le don de prendre du recul... et de nous en faire prendre par la même occasion. A mon avis, on a bien besoin de regarder une série comme celle-là quand les débats sur l'immigration ont été si récurrents dans les récents débats électoraux, notamment.

Et tant que j'en suis à parler réalisation, au niveau du rythme, autant Kommissarie Winter vous offrait jusqu'à la semaine dernière une pause contemplative et poétique du jeudi soir, autant là, attendez-vous à une réalisation plus nerveuse et quelques scènes stimulant votre adrénaline.
East West 101 nous parle de la réalité, un monde où on ne sait jamais trop comment une intervention va finir parce que les esprits sont aussi chaotiques que les situations... et cela se ressent à travers des séquences électriques et étouffantes. Entre Erik Winter et Zane Malik, il y a un monde, au propre comme au figuré.

Donc voilà : East West 101, ce soir sur arte. Ne loupez pas ça. On y parle énormément de nous tous.

EastWest101

Posté par ladyteruki à 18:13 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

18-04-12

Les familles sans histoire n'existent pas

Apparences-Title

Avant que le Black March ne vienne nous interrompre, j'avais eu l'occasion de vous dire tout le bien que je pensais d'Apparences (si vous pensez avoir loupé ça, direction les tags au bas de ce post pour réparer votre oubli). Avec la projection des premiers épisodes à Séries Mania, pas plus tard que demain, c'est l'opportunité de vous reparler de la série...

Mais comme maintenant j'ai fini de regarder l'intégralité de la série, je dois vous mettre en garde contre la présence plus que probable de spoilers dans le post ci-dessous. Si vous voulez éviter lesdits spoilers (ce que je conçois d'autant plus qu'on parle d'un thriller), alors regardez le joli logo ci-dessus à l'effigie de la série et courez à Séries Mania regarder les deux premiers épisodes, je peux pas vous dire mieux. Sinon ça se passe après cette photo.

Apparences-Manon

Alors voilà, on est partis.

Apparences commence donc alors que Manon Bérubé, soeur de la célèbre actrice Nathalie Bérubé, disparait mystérieusement la nuit de ses 40 ans. Sa jumelle Nathalie va donc tenter de découvrir la vérité avec obstination, tandis que le reste de la famille Bérubé essaye de faire face à la disparition brutale de cette femme si douce à qui personne ne pourrait vouloir du mal.
Outre les deux soeurs, les Bérubés comptent deux autres enfants : Benoît, sportif et entrepreneur d'un naturel relativement peu jovial voire même carrément psycho-rigide, et Gaétan, alcoolique qui n'a jamais réussi à faire quelque chose correct de sa vie. Tous ont un point de ralliement : la maison de leur mère Fernande, une veuve qui a tout de Mamie Nova.

Une grande partie des premiers épisodes consiste donc à montrer comment la tribu Bérubé accuse le choc.
L'idée est de montrer cette famille à la fois comme un noeud de personnes plutôt proches (en-dehors de Nathalie, ils habitent tous la même ville et se voient relativement fréquemment), que de montrer une famille où chacun a un petit quelque chose de pas franc qu'il dissimule aux autres. Ces épisodes vont donc nous rendre l'ambiance de cette famille très ambivalente ; ce qui est parfait parce que vu que l'enquête piétine un peu, rapport au fait que rien ne semble avoir du sens dans les premiers éléments qu'on a, le spectateur tourne naturellement ses soupçons vers les membres de la famille, bien aidé en cela par le mensonge de l'un ou l'interrogatoire soutenu de l'autre.
Plus encore, outre la question directe que pose la disparition de Manon, l'atmosphère familiale, construite par les comportements des uns et des autres, renvoie une impression d'étouffement qui ne date pas d'aujourd'hui, qui est inhérente au fonctionnement-même de la famille. Pour paraphraser Sartre : l'Enfer, c'est les Bérubé.

Le travail alors entrepris est énorme. Ce qu'Apparences va construire à ce moment-là, c'est une galerie de personnages incroyablement nuancés, complexes et captivants. Et c'est le plus impressionnant à propos de cette série : bien que basée sur le principe d'un thriller, elle est essentiellement dramatique. Je crois qu'aucune autre série n'a autant mérité le badge de "thriller psychologique" que celle-ci, en fait. De toute évidence, les personnages sont parfaitement maîtrisés, le moindre détail sur leur personnalité est là pour leur apporter de la profondeur, de la force, de l'impact. Et c'est primordial pour la résolution de cette histoire, d'être capables d'entrer dans leurs têtes ; le côté dramatique est fondateur de l'aspect thriller.
Mais, pris dans le jeu de la méfiance mutuelle entretenue par l'aspect thriller de la série, par les jeux de regards et par les silences lourds, le spectateur ne va se lier à aucun d'entre eux, restant sur le qui-vive, passant au contraire une bonne partie de son temps à essayer de deviner le degré de responsabilité de chacun. Le plus surprenant, c'est que l'attachement ne se profuit pas même avec Nathalie, dont on aurait pu croire qu'elle serait l'héroïne. Sa quête de vérité prend un tour obsessionnel, malsain, et la progression de l'enquête va à plusieurs reprises nous inciter à douter d'elle ou de sa santé mentale (j'ai même essayé de réfléchir à un moment si elle n'avait pas inventé Manon, quand même), comme on doutera d'à peu près tous les autres. Oui, même le gentil petit copain de Nathalie qui avait l'air tellement jeûnot et extérieur à tout ça, nos soupçons se porteront même sur lui... personne n'est à l'abri !

Comme j'ai pu l'expliquer il y a quelques semaines, Apparences nous fait même douter de la victime. C'est une bonne partie de sa mission après le pilote, en fait. A la lecture du journal que Manon écrivait en se mettant à la place de Nathalie, le profil psychologique qui s'établit progressivement a de quoi retourner l'estomac. Manon, que tout le monde croyait si parfaite, innocente et inoffensive, apparait soudain comme une perverse qui a réussi à cacher son jeu à tout le monde, y compris sa jumelle dont elle était pourtant si proche. Sans doute un peu trop.

C'est en fait là que se cache l'autre versant du brio d'Apparences : le talent pour les fausses pistes. La plupart des thrillers sont incapables de faire des fausses pistes efficaces, on a toujours l'impression de tout voir venir, bien-sûr, tel personnage a fait une petite grimace ou a planqué un indice, c'était certain qu'il serait responsable, mais on ne le saura qu'à la toute fin. Pas ici. Les fausses pistes, on ne les voit pas venir. Et même au bout de une, deux, trois fausses pistes, on n'est toujours pas capables de voir où la série veut en venir, c'est vraiment efficace. C'est un aspect vraiment propre au thriller et pour moi qui ne suis pas friande du genre, je me sens soudain réconciliée !
Et pourtant Apparences va continuer de tisser les liens entre le suspense et le drame en nous proposant, et vraiment je vais vraiment commencer à y aller fort sur les spoilers à partir de maintenant, de résoudre l'enquête à mi-parcours : non, Manon n'a pas disparu. Elle est morte.

Apparences-ClasseVide

On en est au cinquième épisode et soudain la donne change du tout au tout. Le doute subsistait jusque là : peut-être que Manon, malade comme elle est, s'est enfuie pour toujours (genre pour se réinventer une vie ailleurs), ou va réapparaitre (pour s'en prendre à sa soeur), ou pire ! Elle semble tellement imprévisible. Qui sait ce qui peut bien se passer dans sa tête ?! Eh bien là, la plus grosse surprise, c'est que depuis le début, elle était morte. Et le thriller s'efface alors temporairement au profit du drame alors qu'Apparences nous parle de deuil.

Mais loin de se contenter d'arpenter les clichés du deuil de façon scolaire et expéditive, la série va prendre le temps de vraiment nous faire vivre ce deuil presque comme s'il était le nôtre. En fait, c'est grâce à son incroyable faculté à nous faire entrer dans l'intimité de cette famille, qu'Apparences a réussi jusque là à nous intéresser à eux sans jamais nous y fier : même quand ils nous privent de l'accès direct à leurs secrets, leurs émotions et les raisons de leur méfiance, les Bérubé se livrent à nous. C'était visible avant, mais la période du deuil marque probablement l'apogée de cette caractéristique de la famille.
Cela passe par plein de petits détails. Des petites scènes, parfois silencieuses, parfois bavardes mais remplies de "small talk", truffent les deux épisodes consacrés à la mort de Manon. C'est bien simple, toute famille ayant connu un deuil reconnaîtra instantanément ce par quoi passent les Bérubé : l'hébétude générale, la façon dont il faut bien gérer les obsèques elles-mêmes, ou encore les réactions des gens de l'entourage. Tout y est.

C'est là que j'en arrive à ce qui a fait la force d'Apparences du point de vue dramatique. Et ce qui, en fait, m'a fait réaliser pourquoi les fictions françaises m'insupportent alors que les québécoises me charment tant, quand elles ont pourtant tellement en commun. Ce sont les dialogues. Les dialogues font tout. La façon dont ils sont écrits, et la façon dont ils sont dits. Je vous explique.
Dans Apparences, les dialogues ne sont pas écrits par un génie de la répartie fine. On n'est à aucun moment dans du dialogue écrit pour faire mouche, pour faire dans la réplique-culte, pour marquer les esprits. On ne trouvera probablement pas des masses de citations issues d'Apparences dans mon cahier vert. Ca ne servirait pas le propos. Dans Apparences, les dialogues sont écrits pour faire vrai. Cruellement vrai. Les gens s'expriment normalement, pas comme des personnages à la télévision qui ont un professionnel pour leur écrire leurs tirades ; j'aime énormément de séries dramatiques, mais dans la plupart, ça se sent que quelqu'un a réfléchi à ce que les personnages allaient dire au point de leur faire prononcer des phrases un peu trop ronflantes. Là, pour qu'un scénariste soit capable d'écrire un scénario où on ne sent pas qu'il y a un scénariste qui a décidé de la moindre virgule, il en faut, du talent, croyez-moi. Evidemment ça ne gâche rien que chacun des acteurs (même les enfants, ce qui mérite d'être signalé) ait toujours l'intonation parfaitement juste. Mais c'est forcément plus facile quand c'est écrit pour sonner vrai ! Et c'est ça qui fait toute la différence... C'est ça qui donne immédiatement le relief nécessaire aux Bérubé, qui leur donne cette faculté à partager l'intimité de leur vie familiale à la cuisine ou dans le salon ! C'est infiniment précieux pour une série qui travaille tant l'ambiguité de son intrigue à suspense, d'avoir en contrepartie ce livre ouvert sur l'intimité de cette famille. Et c'est ce qui fait que même en se méfiant tour à tour d'eux, même en prenant certains des membres de la famille en grippe, on s'attache quand même aux Bérubé. L'effet est brillant.

Apparences-Ecriture

Mais le deuil ne sera que de courte durée car le mystère de la disparition, devenue mort, de Manon, n'est pas résolu. Tout en nous emmenant sur une nouvelle piste (ah, Enfer et damnation, je me suis encore fait avoir !), Apparences va exploiter ce qui est certainement l'un des trésors de son intrigue : le journal de Manon.

Je l'ai dit plus haut, Manon tenait un journal intime écrit du point de vue de sa célèbre frangine. Au bout de plusieurs épisodes, alors que de nombreux chapitres nous ont été lus, et parfois relus, on a commencé à prendre cet écrit pour une parole d'évangile et, plus particulièrement (et bien qu'on se méfie encore un peu d'elle), on a commencé à en adopter la lecture qu'en fait Nathalie.
Ah, l'idée fabuleuse qu'est ce journal ! C'est lui le responsable de la plupart des fausses pistes de la série que j'évoquais plus haut. Tout simplement parce que comme tout ouvrage, il dépend de l'interprétation qu'on en fait, et que jusque là on n'en a eu que l'interprétation de Nathalie, aidée il est vrai de sa psy et de l'enquêteur. Mais c'est bien tout.

Après les funérailles de Manon, c'est au tour de Benoît de découvrir l'existence du fameux carnet dans lequel Manon écrivait à la troisième personne, et de livrer sa propre lecture de ce qu'y dit sa soeur, avec laquelle il a une relation moins fusionnelle que Nathalie. Comme je vous le disais, ce qu'a fait Apparences depuis le début, c'est construire des personnages complexes dont le but est de soutenir la conclusion de la série. On n'en est pas encore à la conclusion, seulement au 7e épisode, mais déjà le fait de connaître la personnalité profonde de Benoît va nous permettre de comprendre son point de vue sur ce qu'a écrit notre victime. Il est encore plus négatif dans son diagnostic, et ça n'a rien d'étonnant maintenant qu'on le connait si bien.
Les choses pourraient-elles n'être qu'une question de point de vue ?

On va en avoir la confirmation quand le huitième épisode va démarrer. Cette fois, ni point de vue des frères, des soeurs, de la mère ou des amis. Seulement, ou presque seulement, de Manon elle-même. C'est d'autant plus ambitieux qu'on a encore deux épisodes après celui-là et que si cela explique tout, alors que restera-t-il pour après ?
Mais non, valeureusement, Apparences va nous expliquer qu'en réalité Manon est très bien dans sa tête. Elle est juste telle que tout le monde l'a décrite : repliée sur elle-même, mal assurée, naïve. Et elle va se lancer dans ce qui semble la décision la plus folle et inconsidérée de toute sa vie : une liaison avec un homme marié. Juste parce qu'il l'a remarquée. Et tout ce que l'on sait de son fameux journal intime prend alors un tour totalement différent. Toute la grille de lecture vient d'en changer alors qu'on voit Manon refaire le chemin avec les mêmes mots, mais ses propres actions, et pas celles imaginées par son entourage à la lecture dudit carnet. Manon n'a jamais cherché à devenir sa soeur ; elle cherchait juste une façon de plaire à son amant et c'est celui-ci qui se réjouissait juste un peu trop de leur ressemblance.

L'emploi fait du journal intime prend un tour encore plus brillant quand par la suite, Gaétan va également le lire, et Fernande refuser d'y jeter un oeil. Plus que jamais, le titre d'Apparences prend du sens (ce qui fait qu'en réalité c'est vraiment un titre "poupées gigognes" !) : c'est vraiment, à tous les égards, une question d'apparences. La beauté est dans l'oeil de celui qui regarde, mais la laideur aussi. C'est juste une affaire de point de vue. La façon dont chacun voyait sa soeur, puis a pensé découvrir sa "vraie" personnalité, est la clé de ce thriller. Lorsque les frères et soeur comprennent cela, et comparent leur lecture du carnet, la clé de l'énigme n'est plus très loin.

Une parenthèse sur ce fameux journal intime.
Le site internet de Radio-Canada nous permet d'en consulter un fac-similé très impresionnant. En matière d'interactivité (non ce n'est pas un gros mot), les Canadiens nous battent à plate-couture, il faut bien le dire, et ça n'a rien de nouveau. Les prix remportés par plusieurs séries, notamment anglophones, dans ce domaine, sont assez parlants, comme le sont les très, très nombreuses initiatives de webséries québécoises. Mais même pour une série "classique", le site d'Apparences fait vraiment un très gros travail, et ce carnet en est la preuve, remplaçant avantageusement un guide d'épisodes classiques. L'arbre généalogique, bien qu'en définitive très simple, fait également partie des atouts précieux du site. Je vous conseille de cliquer ci-dessous pour aller consulter le journal intime de Manon sur le site de Radio-Canada, une fois que vous aurez vu la série : c'est vraiment un fantastique complément.

Apparences-Cahier

Alors, évidemment, le suspense est moins dense une fois que le huitième épisode est achevé, et qu'on a vécu plus d'une année avec Manon pour voir comment elle en est arrivée là. Ce n'est pas très grave parce que, rappelez-vous, le thriller n'est pas le seul atout dans la manche d'Apparences : le côté dramatique est, depuis le tout début de la série, très prononcé. C'est lui qui a permis de résoudre le mystère et c'est lui qui sous-tend tout, depuis le début. On peut se passer du suspense quand le drame lui-même est si prenant.
Une fois qu'on connait l'histoire complète de Manon, et même, une fois qu'on sait qui était son amant secret, l'histoire ne s'achève pas pour si peu, donc : Nathalie et le reste de la famille Bérubé sont encore dans l'ignorance. Le spectateur est en possession d'informations qui échappent à tous les personnages encore en vie.

Et d'autre part, on sent que l'étau se resserre autour dudit amant : il est seulement indirectement responsable de ce qui est arrivé, évidemment, puisque la mort de Manon est et reste un suicide et non un meurtre, mais on veut qu'il porte sa part du poids à porter, et on veut aussi que la famille se libère de cette énigme pour avancer. La question de la responsabilité a toujours tenu une grande part dans Apparences : ceux qui se sentaient responsables, ceux qui espéraient secrètement que ce ne soit pas un suicide pour ne pas avoir à se poser la question de la responsabilité, etc... les Bérubé s'étaient tous heurtés à la problématique. A qui la faute ? Eh bien nous, nous le savons, et il faut admettre qu'on veut que le "coupable" porte sa part afin de soulager la souffrance des "innocents". C'est là l'enjeu des deux derniers épisodes, forts en émotion à défaut de l'être en suspense.

Apparences-Famille

Il y aurait encore beaucoup, beaucoup à dire d'Apparences. J'ai eu la sensation, lorsque j'ai rattrapé mes épisodes du mois de mars, d'avoir une quinzaine d'épiphanies à chaque épisode, et pour être honnête même en ayant mis ce post en chantier voilà plus d'une semaine, je vois bien que je laisse plein de choses de côté, comme l'incroyable réalisation, par exemple. On ne peut jamais tout dire d'une série mais c'est encore plus vrai pour celle-ci qui m'a fascinée et épatée à chaque instant ou presque.
Et pour moi qui ne suis pas, mais alors pas du tout, friande de suspense, Apparences a su trouver le ton juste, le compromis parfait pour ne jamais me permettre ni d'en prédire les retournements de situation, ni d'avoir l'impression qu'on cherche à bâtir du suspense sur du vide, comme tant de thrillers le font. Apparences est, c'est sûr, un thriller, cela se sent dans sa construction et notamment son don incroyable pour les mini-cliffhangers, mais c'est aussi un drama qui donne toute sa matière à l'intrigue principale sans jamais brader ses personnages. Tout cela avec une impression de spontanéité et de réalisme sur la sphère familiale qui fait frémir de bonheur.

Alors que vous dire de plus ? Regardez Apparences, voilà tout.
Ce qui me ramène à ce que je disais : souffrez que je me répète et que je rappelle que les deux premiers épisodes d'Apparences seront projetés demain à 18h00 à l'occasion de Séries Mania, en présence de Serge Boucher, créateur et scénariste, et d'André Dupuy, producteur de la série. Qu'on se le dise ! Si vous pouvez vous rendre sur Paris, n'hésitez pas... ça vaut plus que le coup.

Posté par ladyteruki à 22:12 - Review vers le futur - Permalien [#]

17-04-12

Actually yes, I do care

NYC-22

La différence, c'est le ressenti.

Et pourtant on pourrait imaginer que ce ne soit pas nouveau. Intellectuellement, je suppose que je le sais, mais les idées préconçues ont la vie dure.

Les séries policières comptent probablement parmi celles à propos desquelles j'ai le plus de préjugés négatifs, et je pars souvent du principe qu'elles ne peuvent plus me surprendre ni même m'émouvoir. Parce que j'ai l'impression de connaître le sujet du bout des doigts et plus encore. Parce que j'ai la sensation qu'il n'y a rien à dire sur le métier, la fonction, le quotidien, que je n'aie lu, vu, entendu cent fois. Je suis fille de flic, à plus forte raison d'un flic qui avait besoin de me mettre le nez dedans alors que je n'avais pas 10 ans, et qu'il s'agisse de fiction ou de réalité, j'ai souvent le sentiment de connaître ce métier aussi bien que si je le pratiquais. C'est erronné évidemment, mais c'est comme ça que je le vis. Et du coup tout semble être une redite.
Il y a eu des périodes de réconciliation avec le monde policier ; essentiellement pour les séries en uniformes (pas les enquêtes qui ont fait les gros succès de la télévision américaine, donc), et à doses homéopathiques. Brooklyn South, une saison, parfait. Southland, abandonnée au bout de deux saisons ; j'aime toujours la série, mais de loin. En règle général ça reste quand même un domaine avec lequel je prends vite mes distances même quand la qualité est là.
Je me rappelle encore de la première fois que j'ai découvert Rookie Blue. C'était comme relire quelque chose que j'aurais appris par coeur ; les scènes se déroulaient et en dépit du fait que c'était la première fois que je les voyais, elles ne comportaient rien d'inédit. C'était le niveau zéro de la découverte : quand on regarde un pilote pour le regarder, mais alors que l'effet de déjà vu est plus fort que tout.

C'est avec l'intuition qu'il allait se passer quelque chose de similaire que j'ai démarré NYC 22. Sur l'air de "ok, je regarde parce qu'au moins ce ne seront pas des enquêtes, mais dans une heure c'est fini et on n'en reparlera plus jamais".

Et je devrais le savoir. Je le devrais mais les préjugés me font oublier. La différence, c'est le ressenti. Entre NYC 22 et Rookie Blue, la différence c'est que même avec une structure similaire (des jeunes flics qui font leurs premiers pas), j'ai ressenti quelque chose. Parce que les personnages m'ont un peu plus interpelée, peut-être. Parce que les dialogues étaient moins cosmétiques, possible. Ou bien parce qu'il y avait quelque chose d'autre, c'est difficile à dire à ce stade. Mais j'ai ressenti un vrai enthousiasme devant NYC 22 parce que la différence entre une bonne et une mauvaise série, ce n'est pas le pitch original, c'est le traitement. C'est du traitement que dépendra toujours le ressenti et c'est du ressenti que dépend la téléphagie. Et on pourrait se dire que depuis le temps je le sais, c'est tellement évident, comment l'oublier ? Mais ça reste une redécouverte à intervalles réguliers.

Peut-être que ce qui m'a plu dans NYC 22 ce n'est pas simplement les histoires de police en uniformes. C'est que j'avais l'impression d'apprendre rapidement à connaître les hommes et femmes derrière ces uniformes. Ca fait également une énorme différence ; peut-être que les personnages de Rookie Blue ne seront jamais que cela, des personnages, issus de l'esprit d'un scénariste, paramétrés pour offrir telle possibilité narrative ou telle autre, et qu'en fait j'ai vu les protagonistes de NYC 22 comme des humains, tout simplement. Ils arrivaient à m'être proches, en l'espace de ce premier épisode ; je crois que la proximité est précisément ce que je recherche dans une série policière en uniformes, en fait.

Les flics de NYC 22 arrivent avec un background imposant. En fait c'est ce qui les caractérise : ils sont essentiellement là pour nous parler de leur passé et pas des masses de leurs attributions. Le pilote fait énormément de cas de la raison pour laquelle ils sont là, aujourd'hui, chacun.
Probablement que NYC 22 est, à sa façon, capable de tirer partie de l'essence de ce qui fait la légende de la police new-yorkaise : un immense patchwork d'hommes et de femmes aux parcours divers qui viennent trouver une existence "normée" sous l'uniforme. On ne le ressent pas avec la police de la plupart des autres villes ; ce n'est pas ce qu'on ressent quand on regarde Southland ou Boomtown, ce n'est pas ce qu'on ressent quand on regarde NYPD Blue ou Les Experts Manhattan. C'est unique aux flics en uniformes de New York, et à cette catégorie bien précise seulement. Chacun arrive avec son accent et son passé, un peu comme on arrive à New York, et l'uniforme est l'équivalent moderne d'Ellis Island. C'est comme ça que je le vois. Ca leur est unique, aux flics de New York. Et NYC 22 m'a ramené dans cet univers bien particulier qui m'avait plu avec Brooklyn South et New York 911, a ravivé cette impression que je pensais éteinte.
Mais NYC 22 n'est pas une redite de ces séries. Elle n'appartient pas à une époque révolue. Elle est incroyablement moderne dans sa façon de nous parler des parcours de ses personnages, à l'instar de Lazarus et de sa trajectoire, qui nous parle, encore une fois, de crise, ou Ahmad, qui est un personnage qui n'aurait pu exister que dans une série post-11 Septembre. Et chacun débarque avec son expérience de la vie, mais aussi une expérience professionnelle antérieure, bien souvent. Les "rookies" ne sont pas des bleus, en réalité. Ils débarquent de l'école de police mais ils ne sont pas de grands naïfs qui découvrent le monde. C'est ce traitement qui est émouvant, et ce traitement qui fait la différence entre une série policière d'une banalité affligeante, et une série policière telle que NYC 22. Qui n'invente rien. Mais qui a décidé que ce qu'elle ferait, elle le ferait bien. Pari tenu, en ce qui me concerne.

A l'issue du pilote, j'avais deux envies : envisager de reprendre Southland... et poursuivre NYC 22.
Oh mon Dieu, j'ai vraiment envie de poulet sur mon écran. Je crois que ça fait bien une douzaine d'années que ça ne m'était pas arrivé.

Posté par ladyteruki à 19:39 - Review vers le futur - Permalien [#]