ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-06-13

Sauvez-vous

Mon premier #pilotmarathon avait manqué de comédies ; il faut dire qu'instinctivement, j'ai tendance à préférer les séries dramatiques, mais enfin, force est de reconnaître que je regarde aussi quelques dramédies, et même quelques comédies, donc il était grand temps que cette journée sous le signe des pilotes me trouve quelques cibles à intégrer à mon planning. Save Me sera-t-elle de celles-là ?

SaveMe

Save Me n'a pas tellement d'ambition ; sa petite histoire pas trop originale, celle d'une femme dont la vie est médiocre et sur le point de l'être plus encore, commence avec une très agaçante voix off qui nous fait la narration de ce qui se passe à l'écran, afin de s'épargner la peine de faire une scène d'exposition bien troussée. Dés ses premières minutes, Save Me m'avait donc un peu mise en colère par sa fainéantise.

Le pire, c'est que la paresse de Save Me est uniquement compensée par la performance d'Anne Heche, complètement survoltée (dont mes lectures les plus honteuses me disent qu'elle est ici dans son état normal), qui ne cesse de voler dans tous les sens pour faire mine de donner de l'épaisseur à son étrange personnage. Lequel commence plus ou moins à entendre des voix (ce qui est bien la seule chose que son entourage ne semble absolument pas remettre en question, étrangement), et se sent "born again", ce qui n'est pas exactement le changement de vie le plus subtil qu'un scénariste pouvait imaginer.

En l'espace d'un épisode, Save Me va inverser la vapeur comme par miracle pour son héroïne : alors que le mari de celle-ci la trompe avec son assistante, et qu'il s'apprête à partir, subitement le mari retombe sous le charme de son épouse (re)devenue fantasque un beau soir ; quant à leur adolescente méprisante, elle s'ouvre soudainement à sa mère qui est venue, juste une fois, lui parler dans sa chambre.
A quoi sert de changer s'il suffit d'une fois pour arrêter ce qui va mal ? On en viendrait presque à se demander à quoi sert de faire toute une série quand une vingtaine de minutes auront suffit.

Mais on n'est pas devant Save Me pour son incroyable capacité à mettre son personnage principal face à l'adversité ; on est là pour regarder Anne Heche donner une mauvaise réputation aux bipolaires, pour la voir sortir des petites phrases d'un ton complètement allumé, et pour la scène de fin du pilote, merveilleuse de "what the fuck". Car si après tout Save Me n'est pas capable de nous donner une bonne histoire, la moindre des choses serait finalement de nous donner quelques séquences drôles !
Bien que sur le moment, il arrive une ou deux fois au spectateur de sourire devant le pilote, Save Me ne parvient pas vraiment à sauver les meubles sur le plan de la comédie. Il faudrait que quelqu'un explique gentillement aux scénaristes que ne savoir faire ni du drama, ni de la comédie, ne veut pas dire qu'on fait de la dramédie. Ca veut dire qu'on fait de la merde.

Bon je suis un peu dure, il faudra m'excuser. C'est juste que je voudrais VRAIMENT voir un bon pilote pendant ce #pilotmarathon. Neeext !

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 14:43 - Review vers le futur - Permalien [#]

Besoin de rien, envie de gloire

A l'heure du déjeuner, il était temps de relâcher un peu la pression dans ce #pilotmarathon (d'un autre côté, on ne peut pas dire que Reef Doctors ait été très accaparante, c'est vrai). J'ai donc opté pour une comédie, avec Zach Stone is gonna be famous, une série qui ne payait pas de mine mais dont j'espérais que le concept compenserait.
Eh bien, j'ai une mauvaise nouvelle...

ZachStoneisGonnaBeFamous

Peu de choses m'horripilent autant, sur le sujet de la télévision, que la télé réalité. Je suppose que ça fait de moi une vieille conne. J'y suis tout simplement allergique ; dans la majorité des cas, elle me semble reposer sur le principe d'une humiliation (souvent couplée à du voyeurisme, mais ce n'est même pas mon problème essentiel, paradoxalement) et j'ai énormément de mal avec l'idée de regarder quelque chose juste pour y voir des gens s'humilier ; j'ai énormément de mal avec l'idée qu'on considère que je me divertis de l'humiliation des autres, et que ça suffit pour me maintenir devant mon écran (et les écrans publicitaires), j'ai aussi énormément de mal avec l'idée qu'on puisse regarder quelque chose qu'on méprise, soi-disant au second degré, pendant plusieurs mois d'affilée. Une fois, peut-être. Pendant toute une saison, et même pendant plusieurs saisons, non, désolée, on ne trompe personne. Et le pire, c'est que des dizaines de parasites font (plus ou mons durablement) fortune en s'humiliant à la télévision semaine après semaine, saison après saison, pendant que tout le monde les critique et les enrichit dans le même mouvement, et qui ne vivent que grâce à ces deux éléments.
Comme d'habitude ce n'est que mon opinion, je ne cherche à rabaisser personne et chacun fait bien ce qu'il lui plait, mais sur le sujet, elle est inébranlable, et rien ne me fera changer d'avis.

Cela explique d'ailleurs aussi pourquoi j'ai du mal avec le mockumentary, en fait, dont la mission première est de souligner la dichotomie entre les paroles d'un personnage qui se sait filmé, et sa réalité, celle qui tente de ne pas apparaitre devant les cameras. Ce genre, là encore, me semble reposer sur l'humiliation ; mais cette fois c'est l'humiliation d'une personne imaginaire, ce qui, je suppose, permet à la fois plus de choses et en même temps, en permet peut-être parfois trop parce qu'on est certain de ne blesser personne. Le mockumentary a, en outre, la faculté assez incroyable de systématiquement me sembler très caduque : qui veut voir, encore et encore, les mêmes personnages prouver, saison après saison, ce qu'on sait déjà, à savoir qu'ils ne parviennent pas à être ce qu'ils voudraient paraître ? Préserver désespérément les apparences semble un gag vite usé au bout d'un épisode, pour moi.

Zach Stone is gonna be famous partage assez naturellement un peu de ces deux univers. On y découvre un adolescent, Zach Stone donc, qui a décidé qu'il deviendrait célèbre parce que. Il a donc décidé de passer tout son argent dans une équipe de télé réalité qui va le filmer 24 heures sur 24 dans sa vie très banale, espérant que cela suffira à le faire remarquer.
Que MTV diffuse pareille série prête à sourire. Malheureusement, l'épisode, pas tellement.

On y retrouve l'habituel numéro du personnage qui voudrait paraître (fun, talentueux même s'il ne sait pas trop en quoi, etc...) et qui n'a même pas encore commencé à être. Les quelques passages supposés hors-camera (un principe hypocrite puisqu'évidemment, si c'était hors-camera, le spectateur n'en saurait rien) tentent de nous faire croire, par brefs moments, qu'il y a aussi quelque chose d'authentique chez ce garçon, un peu blessé aussi. On aimerait y croire et on aimerait fouiller ces passages, et sincèrement ils sont plutôt bons, mais la structure-même de la série et son principe l'interdisent et on se retrouve bloqués avec une série qui humilie son personnage principal avec l'énergie du désespoir.

Oui, j'aimerais une série qui me parle de cette quête de célébrité qui est devenue la norme (merci à la fiction moderne pour l'encourager dés le plus jeune âge, d'ailleurs), mais la formule choisie par Zach Stone is gonna be famous ne le permet pas. Il aurait fallu, sûrement, trouver une méthode qui montre à la fois les prouesses de Zach devant les cameras qu'il paye à le suivre, et entendre ce qui se dit de lui pendant qu'il fait le pitre. Hénaut Président avait, en cela, trouvé une formule très efficace, en mettant plutôt les commentateurs près de la camera, plutôt que la fame-whore elle-même.
Pour que j'en arrive à préférer une série française, c'est vraiment que je me fais vieille !

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 13:50 - Review vers le futur - Permalien [#]

Corail mou

Notre #pilotmarathon nous emmène cette fois en Australie ; j'avais envie de me balader. Reef Doctors, dont je vous parle depuis plus d'un an maintenant, est donc ma nouvelle proie... et je pense qu'il faut que je choisisse un peu mieux mes pilotes, en fait.

ReefDoctors-Promo

C'est l'été, enfin... officiellement disons, et vous avez envie de soleil, de plages, de palmiers, une eau turquoise et de jolis récifs de corail. Du coup, j'ai la série parfaite pour vous : Reef Doctors, une série australienne dont la diffusion a commencé au début du mois sur le network Ten. Et vraiment, tout y est : le soleil, les plages, les palmiers, l'eau turquoise et les jolis récifs de corail. Bon il y a également quelques serpents mais rien n'est parfait.

Reef Doctors se déroule, mais vous l'aviez peut-être deviné, près de la Grande barrière de corail, sur une petite île éloignée de tout où le Dr Sam Stewart dirige une petite clinique, dans laquelle elle soigne les bobos des habitants (vous savez, rien que de très classique : les piqûres mortelles, les gangrènes...), mais poursuit également des recherches sur les venins des serpents locaux, espérant en tirer un remède pour toutes sortes de maladies.
Ah oui tout de suite c'est un peu moins paradiasique. Mais pour ne pas perdre de vue son côté estival, Reef Doctors s'applique à montrer régulièrement que, ohé, regardez, elle est jolie notre série, il y a soleil, des plages, de palmiers, une eau turquoise et de jolis récifs de corail ! C'est assez vite gonflant parce qu'on a un peu l'impression d'être dans des épisodes d'Alerte à Malibu (voire Pacific Blue), avec un clip subventionné par l'Office du Tourisme du Queensland à intervalles réguliers, avec notamment l'une d'entre elles présentant l'une des héroïnes en minuscule rikiki en train de nager pour aller faire des risettes à une tortue, parce qu'on vous dit que la Grande barrière de corail, c'est chouette !

Reef Doctors ne se donne pas la peine d'avoir une histoire ; à l'instar de bien des séries de son espèce, généralement nées dans les années 90 et qui ont fait la notoriété de l'exportation australienne, genre Brigade des Mers, l'idée est d'avoir quelque chose qui bouge, qui n'est pas trop moche, et qui bouge. Qu'il y ait une histoire est totalement secondaire, donc, du moment qu'il y a des opportunités pour des scènes d'action, et d'action familiale donc d'intervention d'ordre policière ou médicale. Rien qu'à son titre on aura compris que Reef Doctors a opté pour la seconde possibilité, ce qui permet d'avoir une héroïne qui s'agite régulièrement lorsqu'elle s'inquiète pour un patient ; dans le pilote, ce patient est un plongeur qui a eu un accident de décompression, et comme l'île n'a pas de caisson de décompression, il s'agit donc de plonger avec lui et de gérer la crise sous l'eau. Vous voyez un peu le génie du truc ? Une scène d'intervention dans l'eau turquoise, c'est limite du génie à ce stade !
Au passage, notez que Reef Doctors ne se donne pas non plus la peine d'avoir des personnages : elle a des archétypes, chacun remplissant ni plus ni moins que sa fonction. Il ne s'agirait pas que la personnalité des protagonistes vienne se mettre en travers de votre voyage à la Grande barrière de corail !

On serait donc tentés de se dire que Reef Doctors est absolument parfaite pour l'été : pas de prise de tête, de jolis paysages, des trucs qui bougent à l'écran, une musique omniprésente histoire de ne pas s'endormir...
...Ah oui ya quand même juste un truc : en Australie, où Reef Doctors a commencé il y a deux semaines, c'est l'hiver en ce moment ! Il faut dire que Reef Doctors était initialement prévue pour une diffusion avant fin 2012, et qu'elle a passé en réalité, à l'issue de son tournage au printemps 2012, une année dans les cartons du network Ten. Cette erreur stratégique aura coûté énormément à la chaîne : les audiences du pilote dont je viens de vous brosser les grandes lignes a été regardé, le dimanche 9 juin, par un peu plus de 357 000 spectateurs, donc c'est un gros bide. Au point que Ten a immédiatement décidé de déplacer la série aux vendredis soirs, ce qui n'était pas du tout prévu, et a fait perdre plus encore de spectateurs à la série (le deuxième épisode a attiré 193 000 Australiens avant hier soir, joli coup).

Si vous décidez tout de même de donner sa chance à Reef Doctors, ne vous attachez donc pas trop... D'un autre côté, comment est-il possible de s'attacher à une série qui fait tout pour n'avoir l'air de se soucier de rien ?

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 12:47 - Review vers le futur - Permalien [#]

Affaire classée

En ce dimanche radieux... en ce dimanche, nous voici donc en route, comme annoncé, pour un nouveau #pilotmarathon. Vous en connaissez le déroulement : il s'agit pour moi de regarder des pilotes toute la journée (...et vous savez combien ce genre de chose m'est pénible), de livetweeter mon visionnage sur Twitter, puis de venir vous proposer une review dans la foulée. Il y a deux semaines, ça avait donné 10 pilotes visionnés en une journée, mais on ne fait pas les comptes, l'essentiel étant de se régaler de délicieux pilotes toute la journée et d'en papoter ensuite avec vous. Bon, "délicieux" n'est peut-être pas toujours le mot qui convient...

KingandMaxwell

Je ne sais pas ce qu'au juste j'attends d'une série de TNT. S'il est vrai qu'en général, j'essaye de ne pas généraliser par chaînes (je ne dis pas que je réussis toujours, mais j'essaye d'éviter les jugements à l'emporte-pièce), tant la qualité de programmation de nombre d'entre elles peut varier énormément d'une série à l'autre, TNT est sûrement celle dont j'attends le moins de bonnes surprises.
Le pire, c'est que les séries de TNT ne sont pas d'odieux navets. Ou rarement. Je me souviens avoir passé un moment plutôt décent devant Perception, j'avais même hésité à poursuivre au-delà du pilote, pour finalement me raviser sachant pertinemment que cette soudaine envie de suivre un procedural était due à des facteurs irréalistes ("oh oui, regardons un procedural, genre que je déteste, parce que tout ce qui ne touche pas au procedural est intéressant dans ce procedural", admirez un peu la logique). Et j'ai regardé environ une saison et demie de Falling Skies, après tout. Comme quoi, rien n'est impossible.

Mais me retrouver devant King & Maxwell m'a rappelé tout ce que je déteste sur cette chaîne, avec ses The Closer et ses Major Crimes insupportables. La différence, c'est que King & Maxwell aurait pu offrir quelque chose d'un peu différent dans ce panorama, qu'elle en a en fait la possibilité matérielle, démontrée lors de son pilote, mais que rien à faire, la série va s'enfermer dans tous les mauvais tics de procedurals comme on en fait depuis les années 80/90, jusque dans l'esthétique paresseuse.
Tout y est : le duo de flics qui va se quereller gentillement pendant tout l'épisode (et, si on est le réalisateur du pilote de King & Maxwell, se regarder de longues secondes à la fin de chaque acte pour faire genre ya un suspense), l'enquête qu'on réalise avec une bonne dose de débrouille et de culot parce qu'on a une autorité sur le dos (ici, le FBI, qui ne fait pas spécialement copain-copain), et le bon quota de scènes d'action-ou-à-peu-près avec des pistolets qui pétaradent.

Pourtant King & Maxwell n'est pas une série dans laquelle le fait que les deux personnages aient auparavant travaillé pour les services secrets est totalement anodin, comme j'avoue que je le craignais au départ. Oui, aujourd'hui Sean King et Michelle Maxwell sont détectives privés, mais cet élément fait partie non seulement de leur backstory, il lance aussi l'intrigue de ce pilote, et leur permet d'enquêter sur quelque chose de vraiment, vraiment plus intéressant que les procedurals classiques avec leur lot de meurtres qu'on a réussi par apprendre à considérer, en 13 ans, très ennuyeux et plus vraiment palpitants. Il y a une vraie dimension d'espionnage qui aurait permis à la série de tirer son épingle du jeu. Certes, il est dommage qu'une série approchant les thèmes de l'espionnage se contente d'une structure procédurale ; mais si Covert Affairs peut s'en sortir tout en se passant plus ou moins de fil conducteur, pourquoi pas d'autres séries ?
Le soucis c'est donc que chaque fois que King & Maxwell va s'approcher d'un truc intéressant, elle va faire ensuite un gros pas de côté pour éviter de l'incorporer à sa structure. Parce qu'il ne faudrait SURTOUT PAS faire un truc un peu original, hein !

L'intrigue de ce premier épisode va l'air de rien nous emmener vers un Cerebro comme tout droit issu des X-Men, avec un personnage autiste capable de jongler avec les informations de façon assez incroyables, ce qui aurait donné une touche bien particulière à King & Maxwell. Mais pas du tout. A la fin de l'épisode, King & Maxwell, dans son insistance pour être aussi interchangeable que possible avec n'importe quel buddy cop show, range tout ça au placard et décide qu'on va continuer comme si de rien n'était. Parce que rien ne fait autant peur à une série de TNT que la prise de risque ou l'innovation.
C'est rageant parce que, comme je le disais, ç'aurait pu apporter quelque chose de frais. Mais il est vrai qu'en-dehors de ces quelques petites touches, le pilote de King & Maxwell est ennuyeux au plus haut point, avec des répliques cheap, des acteurs qui cabotinent faute d'avoir du matériel pour faire autre chose, et une intrigue cousue de fil blanc qui sera résolue, quoi qu'il en coûte, avant la fin de l'épisode. Et ça coûte un peu trop cher, de mon point de vue...

*soupir* Ce n'est pas encore aujourd'hui que j'aurai envie de recommencer à suivre une série où Jon Tenney a le rôle principal. C'est rageant, mais d'un autre côté, c'est pour mon bien.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 11:22 - Review vers le futur - Permalien [#]

21-06-13

[DL] Orphan Black

Anecdote légèrement humiliante : j'ai regardé le pilote d'Orphan Black dix fois en deux jours la semaine dernière (c'est rare une intégrale qui file si vite, d'ailleurs !), et il m'a fallu attendre, allez, je dirais bien le 7e ou 8e épisode pour me tout d'un coup faire un bond sur ma chaise et repérer que, "oh bah ça alors, il y a des chaînes d'ADN qui se déroulent, des cellules embryonnaires qui se divisent et des connexions neuronales qui se forment !". Bon ok, je suis pas super certaine pour la dernière, vous me direz ce que vous pensez de la séquence en question, ça se passe autour des dix secondes. On peut aussi discuter du liquide blanc au début.
N'empêche, un peu la honte quand même.

OrphanBlack
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Dans tout ça j'ai toujours pas déterminé ce qui fait qu'Orphan Black a un tel potentiel addictif. Ca fait depuis le pilote, si vous vous souvenez du #pilotmarathon d'il y a quelques jours, que je soupçonne cette série d'avoir de forts effets euphorisants, mais que, lorsque j'essaye de me mettre au calme pour réfléchir aux facteurs qui, très exactement, permettent cette euphorie, je reviens bredouille.
C'est une étrange chose et, visiblement, elle est très répandue, si j'en juge par ce qu'on m'en avait dit sur Twitter avant même que je ne commence la série. Et suite à mon intégrale en 48h la semaine dernière, j'ai, dans mon euphorie, été vanter les mérites de la série à mes amis, et celui qui a commencé la première saison l'a également finie dans les 48h. C'est d'autant plus curieux qu'Orphan Black n'est pas la série avec les plus gros cliffhangers de fin d'épisodes de la création (il y a bien pire qu'elle en la matière, bien plus manipulateur aussi ; de surcroît, Orphan Black semble réussir à mêler son talent pour le suspense à une certaine authenticité qui inspire la confiance), et que globalement, l'attente entre deux épisodes ne doit pas être totalement insurmontable. Enfin je peux pas vous dire, mon maximum ça a été 12h... mais j'imagine, quoi. J'aurais pas voulu découvrir la série sans pouvoir m'enfiler toute la saison derrière séance tenante, mais visiblement d'autres que moi y ont survécu donc ça doit être faisable. Reste que, dans l'ensemble, Orphan Black donne envie de binge watching, et je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui en est vraiment à l'origine.

Le générique joue peut-être sa part ; plus généralement, l'univers musical de la série. Mais ce générique, vraiment, il est prenant. A bien y réfléchir, sur la forme, il est un peu moche (sérieusement, yavait des séries de genre dans les années 90 qui faisaient déjà la même chose), mais sur le coup, il fonctionne. Sans doute parce que cette musique est tellement prenante, tellement envoûtante... Le thème musical fonctionne incroyablement bien, et je me dois de reconnaître que je l'écoute régulièrement depuis la fin de mon intégrale. Toujours cet effet addictif présent dans tous les ingrédients de la série...
Un jour, un jour peut-être, j'arriverai à percer le mystère d'Orphan Black. Ce jour-là, j'écrirai ma review de saison.
...Un message subliminal, peut-être ?


Une note pour finir : ce post a été programmé à l'avance. Mais si vous vous sentez floué par ce maigre post du vendredi, jour qui d'ordinaire est plus faste sur ce blog, je vous donne rendez-vous dimanche à partir de 10h pour un nouveau #pilotmarathon ; une nouvelle journée pendant laquelle je regarderai exclusivement des pilotes, les livetweeterai sur Twitter puis rédigerai une review ici-même.
Je reviendrai sur les modalités exactes du #pilotmarathon sur Twitter dans la journée de demain, soyez attentifs !

Posté par ladyteruki à 23:00 - Médicament générique - Permalien [#]

17-06-13

N'est pire aveugle...

En tant que téléphage, il y a certaines choses qui m'énervent (oui ça va être un post Point Unpleasant, annonçons tout de suite la couleur).
En tant que téléphage curieuse de la télévision de tous les pays, il y en a quelques unes qui me font littéralement hulkenrager en particulier ; on pourrait citer mon mépris le plus profond pour les titres de séries traduits, ajoutons-y, parce que ce sera mon sujet du jour, la façon dont certains stéréotypes sont perpétués de façon systématique lorsqu'il s'agit de la fiction de certains pays.

La télévision du monde arabe est, je le concède bien volontiers, difficile d'accès pour l'observateur occidental, je m'en suis déjà fait l'écho par le passé.
Il faut dire que l'occidental en question n'est pas du tout dans la cible de la télévision du monde arabe, qui se fiche éperdument de savoir si elle est comprise par-delà sa zone d'existence. Très peu de chaînes arabes proposant des fictions (vous l'aurez compris, j'exclus par cette phrase Al-Jazeera) ont une version anglaise, ou même une version anglaise de leur site. Les infos sur la télévision du monde arabe sont difficiles d'accès, ou alors par bribes, à quiconque ne parle pas l'arabe. Et puis, bien-sûr, il y a le fait que la télévision du monde arabe ne compte absolument pas sur des exports en-dehors du monde arabe... ou alors dans le monde musulman (les Indonésiens vous passent le bonjour).
La télévision du monde arabe, pardon d'insister, se contrefiche totalement de son image à l'extérieur de son marché.
Ca ne m'empêchera pas de vous proposer d'y jeter un oeil à l'occasion du Ramadan, stay tuned.

Est-ce une raison pour la réduire aux mêmes poncifs, encore et toujours ? La tentation est grande mais elle devrait être évitable. De temps à autres, j'aimerais qu'une série égyptienne, une série syrienne, une série marocaine fassent les titres (même pas les gros, juste des titres) dans la presse occidentale pour d'autres raisons que pour pointer du doigt les extrêmismes.

LahazatHarega

Où sont, par exemple, les articles sur Lahazat Harega (en photo ci-dessus), la série médicale égyptienne inspirée d'Urgences, le premier drama médical du pays, et première série égyptienne, aussi, à être filmée en HD ; où sont les articles sur la façon dont elle est tournée, sur sa production tourmentée par le climat politique, ou simplement sur son renouvellement pour une saison 4 ? Là, il n'y a personne. Mais si vous parlez l'Espagnol, l'Italien, le Chinois, le Turc, le Kazak ou l'Ouzbek, vous pouvez voir le pilote en version doublée, elle est pas belle la vie ?
Par contre, pour raconter, encore et toujours, les mêmes anecdotes sur les télévisions arabes, ressasser les mêmes clichés, revenir inlassablement sur les mêmes preuves de l'existence d'un islamisme radical, là, pas de problème, on trouve des articles en masse, en nombre, et en quantité. Et encore je vous mets pas tous les liens. Ouaip, pour nous parler de Café Show/Coffee Shop (rien à voir avec une romcom coréenne), par exemple, là il y a du monde.

Qu'est-ce que Café Show/Coffee Shop ? Bon, bougez pas, je vous explique l'histoire.

Café Show/Coffee Shop est une comédie qui sera lancée le mois prochain (rappelons pour la forme qu'environ 80% des séries arabes sont diffusées pendant cette période faste... pour les chaînes de télévision) sur la chaîne égyptienne Al-Hafez. La série, qui comptera 15 épisodes, se déroule intégralement dans un café de la ville du Caire, mais ça vous l'auriez deviné. Et, comme au Café du Commerce en France, c'est l'endroit où l'on se retrouve pour parler de tout, de rien, de l'économie, de la politique, des valeurs qu'on partage...
Assez inoffensif en apparence. Alors qu'est-ce qui fait que Café Show/Coffee Shop nous parvient ? Au point d'ailleurs de se trouver, fait rare pour une série arabe, des titres anglicisés dans la presse anglophone. Note : à vrai dire, le site d'Al-Hafez ne semble pas encore en faire mention, donc on n'a QUE des titres anglicisés ; je fais donc, faute de mieux, une entorse à ma règle des titres non-traduits, mais dés que j'ai mon info, je reviens corriger ce post. J'ai perdu une bataille, mais pas la guerre !

Eh bien, il n'y aura pas une seule femme dans la série, PAS UNE. Le cast de Café Show/Coffee Shop est exclusivement masculin, du rôle le plus majeur au plus insignifiant.
'Voyez, s'il s'était agit d'une romcom coréenne, on aurait un peu plus ri, pour une fois...

Si vous me lisez depuis quelques temps (ou qu'au minimum vous avez jeté un oeil à mon article du 8 mars dernier sur la télévision polonaise), vous n'êtes pas sans savoir que ce genre d'idées n'est pas pour me plaire : je nourris de nombreuses convictions féministes. Pour autant, même si loin de moi l'idée de trouver que cette "trouvaille" de la chaîne Al-Hafez est une bonne chose, devant la levée de bouclier de la presse en ligne depuis quelques jours qu'a été découverte l'existence de Café Show/Coffee Shop, je suis un peu obligée de protester.

D'abord sur le principe : une série n'est pas obligée d'avoir des personnages des deux sexes. Il y a des séries occentales qui s'en passent très bien ; celles qui n'ont pas de personnage féminin ne peuvent simplement pas prétendre être féministes, par exemple, voilà tout. De même qu'une série sans mixité raciale aura du mal à faire croire qu'elle est inclusive. Mais ce n'est pas une impossibilité en soi - et une nouveauté non plus, de nombreuses séries américaines jusque dans les années 60 mettaient en scène presqu'exclusivement des hommes. Bon, j'exagère : dans les westerns, il y avait quand même des femmes attachées sur les rails de temps en temps pour se motiver ; un coup d'oeil au générique de Bonanza rappelle cette réalité : les femmes dans les séries, ça n'a pas toujours été une évidence.
Ensuite, parce qu'une série qui se déroule dans un café égyptien... a autant de chances d'être fréquenté par les femmes que le Ponderosa. La série Café Show/Coffee Shop a précisément choisi un lieu qui est, de façon culturelle, exclusivement masculin. Alors, on peut contester la démarche, c'est sûr, mais on ne peut pas contester la réalité du lieu choisi. Les femmes ne sont pas exclues de la série ; elles le sont d'abord du lieu. Est-ce la mission d'une série de remettre en question la fréquentation du café, a fortiori si elle est un mosalsal (une diffusée pendant le Ramadan), période peu propice aux révolutions contre les traditions ? A l'impossible nul n'est tenu.
Et enfin, parce que parlons de la chaîne Al-Hafez. La chaîne salafiste Al-Hafez est une chaîne du satellite qui compte en tout et pour tout un studio d'enregistrement (et ça se voit quand on mate les émissions de la chaîne sur Youtube), et qui a vu le jour suite aux manifestations du 25 janvier 2011 ; pas franchement une institution, donc. Al-Hafez a vu le jour pour soutenir les Frères Musulmans, et diffuse dans son unique studio des cours de lecture du Coran, ou, pendant ses émissions, donne l'antenne à des chroniqueurs (on aura du mal à les appeler journalistes) qui traitent de divers noms d'oiseaux les "infidèles" qui ne seraient pas assez respectueux des textes religieux ; des propos injurieux qui sont régulièrement pointés du doigt dans les autres médias, et qui ont aussi déjà été condamnés par la Justice égyptienne. Que la chaîne Al-Hafez, dont la vocation première, voire unique, ait pour vocation de répéter à longueur de programmes des propos conservateurs, pour ne pas dire réactionnaires, et d'appeler à l'application stricte de la Charia, n'est donc pas vraiment une grande surprise quand on a le contexte. Et quand l'un des dirigeants de la chaîne explique : "tout est une question d'offre et de demande, et actuellement il y a de la demande pour cette forme plus propre d'art dans notre société. [...] La politique de notre chaîne est que nous ne montrons aucune femme du tout, de façon à les honorer, comme le dicte l'Islam", peut-on vraiment dire qu'on est surpris ? S'attend-on à autre chose de sa part ? Chais pas, vous pensez qu'on va voir un True Blood sur FOX News à la saison prochaine ?

Une série comme Café Show/Coffee Shop n'est pas exactement le fer de lance de la télévision moderne en Egypte, ou le monde arabe en général. Mais ce constat s'impose, je pense, à tous ; à plus forte raison depuis qu'un membre des Frères Musulmans est devenu Président l'été dernier.
Ce qui me révulse en revanche, c'est que ce soit le seul type de programmes venu d'Egypte qui nous parvienne. J'aimerais énormément que les téléphages parlant l'arabe partagent leur passion pour la télévision en Anglais (ou soyons fous, en Français). Ils sont chaque année, pour le Ramadan, des millions et des millions à s'enthousiasmer pour ces séries : c'est bien qu'il s'en trouve pour les aimer. Alors... SHARE THE LOVE ! Ca nous changera.
Et je persiste à croire que c'est pour la bonne cause.

Dans l'intervalle, il faudra sûrement lire encore pas mal d'articles sur les séries égyptiennes, les séries syriennes, les séries marocaines qui nous confortent dans notre conviction d'avoir une télévision plus ouverte, plus tolérante, plus progressive. Allez, ça fait du bien au moral, je suppose.
D'un autre côté, je me dis ça pour la troisième année consécutive, chaque année, à partir du mois de mai quand je commence à préparer mon article sur les séries du Ramadan. Hashtag #opportunistefatiguée.

Posté par ladyteruki à 17:42 - Point Unpleasant - Permalien [#]

15-06-13

[#Ozmarathon] 6x07, the end of the world as we know it

J'ai l'impression que toute cette 6e saison, je n'ai eu de cesse de penser, devant presque chaque intrigue, chaque élément de la série, qu'il fallait faire nos adieux. C'est une quasi-obsession, je le confesse. Tout est vu à la lumière de ce fait : c'est la fin. La dernière fois que. On dirait que je suis Ryan et qu'Oz est mon Cyril.

Ozmarathon-6x07

Et alors que tout va finir, dans le fond, que penser ? Quand tout est fini, que reste-t-il ?
C'est la grande énigme que va poser cet avant-dernier épisode, grâce à un sublime échange entre Omar White et le bizarre Lemuel Idzik. Qui aurait cru, quelques minutes avant leurs scènes dans cet épisode, que ces personnages avaient le potentiel pour être au centre de quelques uns des plus incroyables dialogues de cette saison, voire, de cette série ?
A travers cette incroyable discussion métaphysique sur le soleil qui s'éteint, et nos actions qui paraissent insignifiantes à côté du destin de notre étoile et donc de notre système, c'est toutes les conséquences de l'ensemble des actions de chacun, au cours de ces 6 saisons, qui nous interrogent. Quelle a été la finalité de tout cela ? Que retirerons-nous de ce que nous avons vu, des horreurs auxquelles nous avons assisté, des injustices qui ont été infligées, des malheurs qui ont persisté ?

Par exemple, à quelques minutes de la fin de la série, Oz ménage toujours des zones d'ambiguité, notamment à cause de son célèbre triangle de l'insanité entre Beecher, Keller et Schillinger.
Sans se mentir, c'est là que portent une grande partie de nos attentes pour la fin de la série, sachant à plus forte raison que le sort de Miguel Alvarez semble fixé, autant que faire se peut en tous cas, et que les choses sont également en bonne voie pour Busmalis, Rebadow et quelques autres. Quant à Leo Glynn ? Justice a été rendue.

L'un de mes rares regrets sera que les scénaristes aient introduit le fascinant personnage d'Alonso Torquemada à ce stade. Pourquoi avoir tant attendu ? Non seulement Bobby Cannavàle est génial (ça m'écorche la bouche de le dire, mais il faut être honnête), mais son personnage promettait aussi de mettre un sacré bazar à EmCity...

Le reste ? Le reste se décide ce soir, dans le dernier épisode que nous lançons à présent...

Posté par ladyteruki à 20:30 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x06, vaincre la misère et l'ombre

L'un des gros chocs de cette 6e saison, qui jusque là n'en a pas manqué, était la sortie de Beecher. En tant qu'Ozmarathoniens, nous avions alors la sensation que cela n'avait pas de sens : nous étions entrés avec lui entre les murs de la prison, nous ne pouvions pas nous passer de lui avant d'en sortir. Mais le voir revenir à la fin de l'épisode suivant ? C'est encore plus déroutant.
La raison est pourtant simple : sur le pas de la porte, Oz s'est rendu compte qu'elle avait encore quelque chose à dire. La moindre des choses serait d'écouter.

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C'est un sujet qu'on a abordé plusieurs fois par le passé, et pourtant, avons-nous vraiment eu cette conversation ?
A la fin de l'épisode précédent, Beecher, rongé par la honte à bien des égards, murmurait : "Just like last time, I got fucked up in the ass". L'un des temps forts de cet épisode va donc consister en un groupe de parole qui va échanger autour d'expérience à propos du viol en prison. Là où jusque là, le viol était un pur instrument de domination, de pouvoir ; il s'inscrivait dans les enjeux narratifs d'une saison, il mettait en scène les rapports d'un personnage avec tel autre de façon à leur donner une motivation. Pas cette fois. Cette fois, ce que ces témoignages disent, c'est tout simplement la souffrance et l'horreur. Parler du viol comme d'un traumatisme en soi, et non pas d'un mythe fondateur d'un personnage, comme ça a été le cas pour Beecher, est une idée poignante mais réussie.
Car en pointant du doigt à quel point la douleur est quotidienne, à quel point elle est banalisée par le système (chose que souligne aussi le fait que le viol d'un personnage ne nous émeuve plus qu'à moitié), Oz nous met quelque part face à la responsabilité de la société tout entière, qui ferme les yeux parce que, oui enfin, bon, ce sont des criminels, alors... c'est moins grave. C'est peut-être même normal, car ce sont des bêtes violentes !
Cet échange simple et pourtant violent sur la réalité du viol carcéral était nécessaire pour une série qui s'est souvent sentie investie de la mission de révéler des vérités désagréables. Celle-ci n'avait que trop attendu d'être dite haut et fort.

Dans sa lancée, Oz va aussi s'arrêter sur la question du commerce. L'intrigue autour du centre de télémarketing et de l'entreprise des musulmans en pose les jalons depuis plusieurs épisodes déjà. D'un côté, le centre de télémarketing, depuis que les homeboys sont partis en signe de révolte envers l'influence de Burr, est quasiment dépourvu de personnel ; à Burr qui s'inquiète justement que les salaires ne soient pas compétitifs pour attirer de nouveaux employés, la gérante, pas inquiète, affirme avec le plus grand des aplombs, et peut-être une pointe de cynisme, qu'elle ne se fait aucun soucis : il y a des centaines de prisonniers qui, même pour une somme dérisoire, finiront par changer d'avis et accepter un poste (elle est prête à travailler pour Veridian Dynamics !). Cette crise n'est que passagère, elle ne craint pas le turn-over. C'est l'avantage, en quelque sorte, quand on n'a rien à cirer des employés qui vont et viennent. A côté de ça, les revenus sont loin d'être ceux qu'espéraient les musulmans en matière d'édition ; les calculs de Kareem Saïd, qui voulait payer les prisonniers au salaire minimum, étaient très optimistes. La réalité des choses, c'est qu'Arif n'a pas l'argent nécessaire pour payer quelque salaire que ce soit. Par un diable de retournement de situation, l'entreprise qui voulait faire des affaires tout en traitant convenablement ses salariés est sur le point de fermer boutique, quand celle qui ne se soucie du confort de personne va finir par retomber sur ses pieds.
Que la conclusion de cette intrigue ne nous abuse pas : si Burr finit par donner un coup de mail aux lois économiques en faisant détruire l'atelier des musulmans, l'épisode nous dit en filigrane quelques vérités peu agréables sur le monde du travail (même pas spécialement en prison).

La troisième des grandes intrigues de cet épisode, et certainement pas la moindre, est évidemment celle de Cyril O'Reily. Je sais que j'ai tendance à mentionner Ryan, d'ordinaire, comme étant le héros des aventures irlandaises d'Oz, mais il faut bien reconnaître que ce sont les problématiques soulevées par Cyril qui sont à l'ordre du jour ici.
Ce n'est pas qu'Oz n'ait pas abordé le sujet auparavant. Bien au contraire : l'état psychiatrique de Cyril a régulièrement été au centre des débats, comme, encore récemment, avec l'affaire des électrochocs. Mais à l'heure où le petit garçon dans le corps d'un criminel boxeur vit ses derniers moments, il est temps d'attirer notre attention sur les conséquences de l'aveuglement répété, voire même obstiné, de tout un système.
Ryan n'est là que pour être le témoin affligé de ce spectacle : choisir comment Cyril va mourir, le lui annoncer et expliquer, l'accompagner alors qu'il doit faire couper ses belles mèches blondes, rester à ses côtés pendant son dernier repas...
En fin de compte, Cyril ne va pas mourir pendant l'épisode. Mais de justesse. L'espoir est relancé, et ça devient insupportable pour ceux (et ils sont nombreux, voire unanimes) qui aiment ce personnage. C'était cependant nécessaire pour parler du vrai problème ; ce que souligne d'ailleurs le speech d'Augustus Hill sur les différentes peines d'un état à l'autre.

Oz signe ici l'un de ses épisodes les plus engagés socialement. Une véritable réussite qui rappelle aussi la raison pour laquelle cette série est bonne. Du coup ça fait encore plus chier de devoir s'en séparer bientôt...

Posté par ladyteruki à 20:00 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x05, interlude

Il est grand temps d'adresser un véritable problème récurrent dans Oz. Bien pire que tout ce dont j'ai pu me plaindre depuis un an et demi que nous suivons notre Ozmarathon. Et pourtant Dieu sait que j'ai eu l'occasion de me plaindre.
Mais je voulais aborder avec vous un problème qui, en fait, est à la source de bien d'autres. Mesdames et Messieurs : Leo Glynn. N'applaudissez pas.

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Une ode à Leo Glynn.

Leo Glynn est le type qui, même quand il se fait remonter les bretelles par le gouverneur à propos des morts brutales, successives, et qui auraient dû être empêchées (comme le meurtre de Kareem Saïd, figure hautement médiatique ET religieuse, par un visiteur armé, hein, quand même), conserve son job.

Leo Glynn est le type qui, alors que les tensions n'ont pas vraiment été résolues dans sa prison, organise une grande soirée où le personnel devra rêvetir costard et robe de bal entre les murs de cette même institution.

Leo Glynn est le type qui, quand un avocat lui dit de virer deux surveillants, s'en laisse convaincre en 30 secondes chrono.

Leo Glynn est le type qui va interroger un surveillant qu'il soupçonne de tremper dans des affaires louches, dont une affaire de meurtre, qui vient faire comprendre au CO qu'il a vu clair dans son jeu, mais qui ne le met pas à pied.

Leo Glynn est le type qui, quand un gardien lui avoue qu'avec deux de ses collègues, il a mutilé un prisonnier (Morales, dont les tendons ont été coupés à la demande de Dave Brass pour se venger de son tendon mutilé), réplique "ouais, je m'étais un peu douté de ça" et finit par féliciter l'officier qui vient de se confesser au lieu de le punir.

Leo Glynn est le type qui, quand un prisonnier qui est également un chef de gang lui dit qu'il a peur d'une infirmière, rit et ne le prend pas au sérieux. Quelques heures plus tard, cette même infirmière va tuer un prisonnier tout en confessant en avoir tué un autre.

Leo Glynn est le type qui conduit une enquête avec la police sur le meurtre du maire Loewen, alors qu'il est surveillant de formation, pas enquêteur. Et qui conduit cette enquête des semaines après la mort du maire.

Et tout ça en un seul épisode ! Comment on a tenu 6 saisons avec ce type ?!

Posté par ladyteruki à 18:34 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x04, pour ne rien dire

Il est quelques épisodes décevants dans chaque saison. Le problème, c'est quand une BONNE saison d'une BONNE série sort l'un de ces épisodes. Le téléphage s'en trouve tout décontenancé. Etant donné qu'aucun épisode d'Oz n'est jamais un stand-alone, le mal est d'autant plus profond que cela affecte les émotions liées à toutes les intrigues en cours...
A l'heure où notre EmCrew se prépare à faire ses adieux à la série, est-ce bien raisonnable de se permettre un coup de mou comme celui-là ?

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Il n'y a pas beaucoup de storylines dans cet épisode qui méritent d'être vues. Pour être franche, aucune n'a semblé ne serait-ce qu'être correcte. A quelques épisodes de la fin, les révélations sur les origines de Jaz Hoyt, par exemple, apparaissent comme profondément risibles, de la même façon que le sort d'Omar White nous est totalement indifférent, quitte à ce qu'il meure en isolement à cause de la peinture toxique. Vraiment, qui ça intéresse ? Hoyt n'a jamais été qu'un personnage secondaire auquel aucune mythologie n'a jamais été nécessaire pour nous offrir de bons moments, et White casse les pieds de tout le monde, y compris de McManus qui a jadis été son protecteur.

Ecoutez, je n'ai aucune sympathie particulière pour Robson. Il s'est comporté comme un tel poison à une époque que, franchement, il est impossible de tout-à-fait lui offrir une rédemption aux yeux des spectateurs. Les Aryens font, d'ailleurs, partie des rares personnages que la série n'a jamais réussi à réhabiliter. Ce ne sont pourtant pas les efforts qui ont manqué dans le cas de Robson, qui joue les victimes depuis ses mésaventures dentaires en saison 5 ; sa mise au ban, ses humiliations répétées, tout a été fait pour en faire une nouvelle tête de turc des scénaristes. Mais rien à faire, impossible de le plaindre tout-à-fait. La seule fois, je dis bien la seule, où il m'a arraché une larme, c'est quand il a expliqué à Sister Peter Marie quel genre d'enfance atroce il avait eue ; là, vraiment, on tenait quelque chose de fort, et d'autant plus surprenant que comme je l'ai dit, personne au monde ne tient Robson dans son coeur. Mais alors que les scénaristes s'ingénient à essayer d'aller plus loin dans le traumatisme (comme si l'histoire de la petite cuiller n'était pas assez), rien à faire, le portrait perd de sa force. Pire, en faisant en sorte que Robson se sorte de sa très mauvaise situation par duperie, mensonge et manipulation de Sister P, l'épisode réussit le tour de force de faire à nouveau basculer le personnage dans un territoire pervers. Ce n'est même pas que l'épisode attire vraiment notre attention sur le fait qu'une victime n'est pas forcément innocente dans tous les domaines de sa vie par le simple fait qu'elle soit agressée ; c'est que le scénario est clairement fragile, portant sur un personnage avec lequel l'empathie ne fonctionne fondamentalement pas.
Comment soutenir un personnage qui, bien qu'il soit clairement une victime, redouble de vice pour se libérer de ses chaînes ? Eh bien, on l'a vu par le passé avec quelques moments forts de Beecher, c'est possible, mais Robson passe à côté de l'objectif affiché pour son intrigue. Rien à faire, cet épisode loupe complètement ce qu'il tentait de faire.

Et puis il y a Miguel Alvarez. On aimerait énormément en dire du bien, surtout moi, vous me connaissez, mais rien à faire. Sa quête pour reconquérir Maritza s'arrête, heureusement, avant qu'on n'ait envie de le renvoyer en isolement ou à l'infirmerie, histoire qu'il se passe un peu quelque chose. Il n'est pas ressorti grand'chose de cette intrigue, au final, si ce n'est qu'on a trouvé un Miguel apaisé. Le seul truc... c'est que ça, on le savait déjà.

Pour finir, l'intrigue sur la peinture au plomb (or whatever that was) traîne en longueur. On aimerait sincèrement qu'elle mène quelque part ; à vrai dire, j'ai vu le series finale d'Oz il y a plusieurs années, je sais très exactement ce qu'il en advient, et je finis QUAND MEME par me poser la question en regardant cet épisode ! C'est dire si on touche le fond. Gloria Nathan a beau nous faire part d'un joli cas de conscience (dont on a un peu l'impression qu'il est la répétition d'anciens dilemmes passés, notamment suite à son viol et la mort de son mari), on reste complètement insensible.

Pour la deuxième fois consécutive, mais pour des raisons bien différentes, voilà un épisode d'Oz qui aurait mieux fait de se taire.

Posté par ladyteruki à 18:33 - Plus on est de fous - Permalien [#]