26 avril 2013
Inéluctable

L'avantage d'un festival comme Séries Mania, c'est d'une part, voir des séries qu'on n'aurait jamais vues autrement (les séries israéliennes, par exemple, sont dans ce cas), mais aussi de se mettre devant des séries qu'on prévoyait de regarder à un moment, dont on savait qu'elles étaient sur notre planning, mais que, dans la masse, on n'avait pas traitées de façon prioritaires. A Young Doctor's Notebook est de celles-là, et la projection de l'intégrale des 4 épisodes, hier, a carrément résolu mon problème d'emploi du temps téléphagique.
Derrière le casting, qui pour un certain public est sûrement alléchant (en ce qui me concerne, je ne regarde pas Mad Men et j'ai dû me forcer pour voir un film Harry Potter en entier), ce qui m'intéressait, c'était ce que les organisateurs ont résumé par cette phrase, "Jon Hamm et Daniel Radcliffe ont adoré travailler ensemble" : je savais déjà qu'ils jouaient le même personnage, mais qu'ils aient des scènes ensemble, ça c'était un concept intéressant.
Je confirme qu'ils en ont plus que quelques unes : les deux versions du docteur Bomgar (qu'ils interprètent tous deux) passent l'essentiel de leur temps ensemble. Au début, cela peut même sembler idéal : imaginez avoir quelqu'un qui, en permanence, est capable de vous donner les informations dont vous avez besoin, alors que vous êtes dans une situation stressante, sauf que cette personne vous donne toujours les conseils qui vont conviennent, pas des conseils que dans le fond vous savez n'êtes pas tout-à-fait pour vous. C'est du sur-mesure ! Sauf que derrière l'utopie d'être guidé par son moi futur, se cache un problème quand le moi futur en questions n'est pas forcément sage et avisé, mais doit aussi gérer ses propres problèmes. Et ces problèmes, le titre du roman est assez explicite à leur sujet...
Le soucis majeur de A Young Doctor's Notebook, c'est que cette structure, si elle est intéressante du point de vue de la narration et des dialogues, et malgré le fait qu'elle donne à tout cela des airs de tragédie classique, empêche toute forme de suspens. Nous allons juste voir un jeune homme aller lentement vers sa destruction, il n'y a rien d'autre à faire. Alors qu'il expérimente la morphine pour la première fois, son moi âgé lui murmurera : "it will never be this good again"... ce n'est pas vrai que pour la morphine : à mesure que notre jeune premier s'améliore en médecine avec l'aide de son moi mentor, sa vie empire ; c'est sa propre existence qui ne sera jamais aussi bonne. A mesure que la saison progresse, il apparait de façon claire qu'on sait déjà comment tout cela va se finir. Il n'y a aucune façon d'y échapper, le doute est totalement absent. D'ailleurs à aucun moment le moi âgé n'a même essayé de changer vraiment les choses, encourageant presque son moi passé à reproduire inlassablement les mêmes actions. C'est le bémol majeur de ces 4 épisodes.

Pour autant, A Young Doctor's Notebook est globalement réussie, d'abord par son côté dramatique, car le face à face, s'il ne réserve aucune surprise, est efficace ; et surtout, par son côté humoristique.
La façon dont A Young Doctor's Notebook met côte à côte ses deux personnages pour montrer comment, de façon inéluctable, cette conclusion va se produire, ne manque pas de charme ; le personnage du docteur plus âgé, qui n'est visible que pour son moi jeune (comme une conscience ; mais une conscience matérialisée, qui fume la dernière clope ou avec qui on peut se battre), ne cesse de sortir toutes sortes de répliques cinglantes qui fonctionnent à merveille, soulignant sa connaissance parfaite de son propre passé. Cela donne des dialogues souvent délicieux ! Il faut ajouter que les seconds rôles ne déméritent pas pour ce qui est de souligner le ton décalé (très russe, finalement ; ça m'a rappelé les nouvelles de Gogol que je lisais au lycée) des scènes médicales.
Et justement... Grâce à son humour décalé, la série s'autorise aussi un aspect très gore. On nous avait prévenus avant la séance, mais je doute que qui que ce soit dans la salle n'ait pris la menace au sérieux à ce point. Heureusement, le public, hilare, réagit beaucoup mieux à cet étalage parfois répugnant de sang, et pendant certaines scènes alliant le grotesque ou l'absurde au trash, le public avait au moins la possibilité de se réfugier dans le rire pour être un peu moins écoeuré.
Procédé salvateur, mais pas forcément très enrichissant au final, qui n'apporte pas grand'chose au-delà du bénéfice immédiat de rire pour oublier qu'on en vomirait presque. Avec ce jeune personnage qui, dans un contexte répugnant, et de par son isolement, est en train aussi de suivre une formation accélérée en cynisme et en désespoir, étrangement, on ne ressent pas vraiment d'émotions.
Sur un plan formel, enfin, A Young Doctor's Notebook est aussi très réussie de par son cadre ; la série se déroule presque intégralement dans l'hôpital où est muté le jeune docteur, et cette atmosphère confinée est incroyablement bien rendue. Certaines scènes (notamment la scène-clé finale) sont d'une réalisation fine et originale. Il y a aussi l'aspect musical, qui est très inspiré par la culture musicale russe (il y a du Pierre et le Loup dans certains passages), tout en dépassant le pur cliché. Bref l'univers de la série est propice à une belle immersion, ce qui rend de toute évidence service au sujet étrange que celle-ci s'est choisie.
Alors au final, A Young Doctor's Notebook n'est pas mauvaise ; mais il est difficile de s'enthousiasmer pour une fiction qui, presque dés le début, dévoile ce que sera sa fin, sans offrir aucune forme de surprise ni d'émotion entre les deux. Heureusement, il reste les amputations !
Pendant la soirée, la pensée qui m'est revenue le plus souvent est : je me demande ce qu'en di(rai)t Martin Winckler.
25 avril 2013
Apprivoise-moi !

"En Inde, j'ai rencontré deux gars ; je leur ai dit 'je peux pas aller avec vous, je suis venue ici pour écrire'. Ils m'ont dit 'sur quoi tu vas écrire ? Viens, nous on va te donner quelque chose à raconter'...", explique Dana Modan avant que les festivaliers ne découvrent Ananda. Cette introduction drôle et décontractée, racontée sur le ton de l'anecdote légère et avec un petit accent un peu rêche, c'est le meilleur résumé que pouvait faire l'actrice et scénariste de ce que nous allions voir.
Tout commence pour l'héroïne Anna par le plus grand des hasards : elle est sur le point de partir en Inde avec son petit ami, quand celui-ci s'aperçoit, au moment d'embarquer dans l'avion, qu'il n'a pas son passeport. Il l'encourage à partir seule : il la rejoindra plus tard à Dehli. Mais l'attente est insupportable pour Anna qui a le mal du pays. "Pas grave", lui dit son cher et tendre au téléphone, "va m'attendre dans les montagnes, j'arrive dans trois jours". Enfin, quand il aura pris son billet, mais il n'a pas l'air pressé. Sauf que le chauffeur du taxi qui l'emmène n'a pas bien compris, et au lieu des montagnes, il l'emmène dans le désert. Pas grave, fait son petit ami au téléphone, profite ! Comment ça profite ? Ah oui, au fait, le petit ami n'a plus envie de venir : "après que tu sois partie... je me suis senti libre". La salle est hilare, l'héroïne beaucoup moins. Elle propose de rentrer, il lui dit de profiter, que si elle revenait, il irait dormir chez un ami le temps qu'elle se trouve un appart. Elle a toutes les peines du monde à comprendre ce que le public sait depuis plusieurs minutes déjà. Le décalage fait rire les spectateurs ; c'est comme ça, Ananda. On ne rit pas de ce qui est drôle, on rit de ce qui est décalé. On n'a pas envie de se moquer d'Anna, mais on rit de son obstination à nier l'évidence. Le premier épisode aura mis un peu de temps à démarrer, mais une fois que c'est fait, toute la salle est sous le charme.
Et puis viennent les deux fameux gars. Deux types super sympas, qui parlent hébreu, se débrouillent en hindi, et roulent leur bosse à travers l'Inde, sans but. Eux, ils savent profiter. Ils donnent un premier coup de main à Anna, qui reste convaincue qu'elle va rentrer. Puis un second. Elle ne le sait pas, mais ils l'ont déjà adoptée, parce qu'ils sont comme ça. La salle adore Amir et Omar ; chacune de leur intervention met le sourire aux lèvres de tout le monde - tout le monde, sauf Anna, renfrognée au possible. Il y a le mal du pays, il y a son tempérament peu diplomate, il y a évidemment la rupture qu'elle met beaucoup d'énergie à nier... elle est imbuvable, Anna, mais on est comme Amir et Omar, on l'aime bien. On est en Inde, en Inde on ne déteste personne, après tout, pas vrai ? On n'est pas là pour se compliquer la vie !

Ananda, c'est avant tout l'histoire de ces deux gars qui vont tenter d'accompagner Anna dans son périple, de lui redonner le sourire, de lui ouvrir l'esprit. Ils ne la brusquent pas, ils se contentent de l'emmener dans le plus fabuleux des road trips, ou de lui prendre un billet pour un train qui ne part que dans plusieurs jours. "Le monde est à toi, mais toi, tu ne veux que ça", lui lance Amir en lui désignant un tout petit caillou ramassé sur le sol desséché. C'est qu'Anna, voyez-vous, s'accroche à ses maigres certitudes sur ce qu'elle a, ce qu'elle est et ce qu'elle vaut (c'est-à-dire dans les trois cas, pas grand'chose). Elle ne comprend pas qu'ils soient gentils avec elle, elle leur prête les pires intentions, et même dans les moments passagers où, se sentant bien avec eux, elle commence à leur faire confiance, elle ne conçoit pas qu'elle le mérite.
Et comme deux petits renards, Amir et Omar espèrent que la petite princesse va les apprivoiser. Parce que, Anna ne le sait pas, mais elle, l'est déjà !
Contrairement à Kathmandu (diffusée quelques mois plus tard), série israélienne qui se déroulait également en Inde, Ananda n'est absolument pas dans le religieux ou le spirituel. Personne dans la série n'est venu en Inde pour purifier son âme ou ouvrir ses chakras ; c'est simplement devenu la dernière terre d'aventure. C'est ici avant tout l'histoire d'une rencontre aidée par une autre : en faisant la connaissance d'Amir et Omar, Anna va pouvoir se découvrir elle-même. Se décoincer un peu, et s'autoriser à apprécier la vie.
Il ne fait nul doute qu'au terme des 8 épisodes de la premières saison (le public affamé de Séries Mania en a vu 3 hier soir, et en redemandait unanimement), Anna va être changée du tout au tout, et que les choses qui alourdissaient son regard dans le premier épisode lui seront devenues étrangères, lointaines. Pourquoi s'embarrasser d'un type qui se sent libre quand il vous a envoyée en Inde ?! Amir et Omar s'emploient à le lui démontrer, patiemment, à coups de sourires, de plaisanteries, de cadeaux, de compliments aussi. Anna ne s'aime pas, voilà la vérité, et c'est pour ça qu'elle n'aime rien de ce qui lui arrive. Ses deux gars vont le lui apprendre malgré elle...
Dana Modan travaille actuellement sur la deuxième saison d'Ananda ; la première lui a demandé 4 ans de travail (et deux mois avant le tournage en Inde, un acteur s'est désisté ; gloire lui en soit rendue, car en le remplaçant dans la peau d'Amir, Kais Nashef fait des étincelles). Elle admet dans un rire franc et un peu rauque (qu'on la suspecte d'avoir appris en Inde) qu'elle ne nous en voudra pas si on télécharge la série ; la salle rit quand elle désigne le producteur, assis quelques rangs plus loin, qui garde un visage poli à ces mots. La salle rit, mais la salle note que la première saison a apparemment été intégralement sous-titrée en anglais. Bon à savoir.
Mais ce serait quand même plus simple avec une diffusion sous nos latitudes. Quelle chaîne française se laissera apprivoiser par Amir et Omar ? On a hâte de le savoir.
24 avril 2013
Charmantes nymphes

Ce n'est pas sans me frotter les mains que je me permets de faire une pause dans cette semaine spéciale dédiée à Séries Mania. Promis, le prochain post sera à nouveau consacré à l'évènement, mais d'abord, je veux partager avec vous les nominations du Festival de Monte-Carlo, qui se tiendra du 9 au 13 juin prochain dans la Principauté.
Rappelons que, comme un grand nombre de récompenses internationales, les nominations reposent sur des candidatures spontanées de la part des productions ; ce n'est donc pas nécessairement représentatif de la production d'un pays donné que de voir certaines fictions figurer dans cette liste, mais cela permet par contre de dénicher quelques pépites qui, autrement, seraient passées sous nos radars. Une formidable occasion de faire des découvertes, donc !
N'hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir, et découvrir à quelle série elles correspondent.

Meilleure mini-série :
- Die Holzbaronin (Allemagne)
- World Without End (Allemagne)
- Carta a Eva (Espagne)
- Altri Tempi (Italie)
- Made in Japan (Japon)
- Hořící Keř (République Tchèque) - note : projetée à Séries Mania sous le titre Burning Bush
- Broadchurch (Royaume-Uni)
- Dancing on the Edge (Royaume-Uni)
- Hatfields & McCoys (USA)

Meilleure série dramatique :
- Vermist (Belgique)
- Bomb Girls (Canada)
- Borgen (Danemark)
- Forbrydelsen (Danemark)
- Love/Hate (Irlande)
- Hatsukoi (Japon)
- Capadocia (Mexique)
- The Blue Rose (Nouvelle-Zélande)
- Downton Abbey (Royaume-Uni)
- Doctor Who (Royaume-Uni)
- Breaking Bad (USA)
- Homeland (USA)

Meilleure comédie :
- Die Kirche bleibt im Dorf (Allemagne)
- Lowdown (Australie)
- Crimi Clowns (Belgique)
- Les Parent (Canada/Québec)
- Fais pas ci, Fais pas ça (France)
- Lazy Company (France)
- Fresh Meat (Royaume-Uni)
- Red Dwarf X (Royaume-Uni)
- 30 Rock (USA)
- Modern Family (USA)

Prix de l'audience TV internationale - Drama :
- Dr House (USA)
- Les Experts: Miami (USA)
- The Mentalist (USA)

Prix de l'audience TV internationale - Comédie :
- Mr Bean (Royaume-Uni)
- The Big Bang Theory (USA)
- Two and a Half Men (USA)

Prix de l'audience TV internationale - Soap :
- Amour, Gloire et Beauté (USA)
- La Casa de al Lado (USA) - note : diffusée par France Ô à partir du mois prochain
- Eva Luna (Vénézuéla/USA)
Quelques petits détails à noter.
D'abord, c'est une nouvelle année de nomination consécutive pour certaines séries : Vermist, Downton Abbey, Fresh Meat, Fais pas ci, Fais pas ça, ou Modern Family ; au rayon des audiences internationales, Les Experts: Miami et Amour, Gloire et Beauté récidivent également. Heureusement que les telenovelas, avec leur durée de vie limitée, s'assurent d'un renouvellement régulier des succès sud-américains dans le monde ! On salue aussi la présence dans ces nominations de Mr Bean, qui parvient à se placer sur le podium des séries les plus diffusées... 23 ans après avoir fait ses débuts à la télévision britannique (un résultat qui découle, me précise le service de communication, des calculs d'audience effectués par Eurodata Mediametrie). Borgen, après une année d'absence dans les nominations, fait par contre un retour. Il est plus surprenant en revanche de voir des séries apparaitre dans cette liste cette année, alors qu'elles sont loin d'être nouvelles à la télévision, comme Doctor Who, même si, sûrement, son succès international exponentiel facilite la sélection.
Ensuite, il faut bien admettre que le système du festival pour définir une mini-série est de toute évidence mis à mal par les réalités de l'industrie : "Une Mini-Série est un programme de fiction dont le scénario s’étend sur un nombre limité d’épisodes. Format: de 2 à 8 épisodes / durée comprise entre 40 à 60 minutes", précise le site. Hélas, la mini-série a aussi une dimension non-renouvelable, ce que rien ne précise dans les règles. C'est ainsi que Bomb Girls, nommée l'an dernier comme mini-série, a été renouvelée plusieurs semaines avant l'annonce des nominations pour une seconde saison ; elle est nommée cette année parmi les séries dramatiques "normales" ; la même chose vient de se reproduire avec Broadchurch qui a été renouvelée juste avant l'annonce des nominations.
Enfin, CRIMI CLOWNS !!! That is all.
Comme toujours, n'hésitez pas à user et abuser des tags (ils adorent ça), puisque de nombreuses séries de cette sélection ont déjà été évoquées dans ces colonnes !
Dans le prochain épisode de la rubrique Love Actuality, on parle de récompenses turques, alors ne vous éloignez pas trop.
Le voyage intérieur
Qui n'a pas rêvé d'un jour tout changer ? Quand on habite dans un pays où les températures l'hiver sont glaciales, la tentation est grande de jouer les tournesols, et de suivre le soleil. Alors, direction la Thaïlande, où tout est possible !
Tout, vraiment ? C'est la question que pose 30° i Februari, série suédoise en 10 épisodes, dont les deux premiers ont été proposés hier après-midi aux festivaliers, sous le titre 30° in February. On y suit le parcours de personnages en proie à des remises en questions, et qui espèrent trouver leurs réponses sous le soleil chaleureux d'un pays exotique. Mais évidemment, ce n'est pas si facile.

30° i Februari fonctionne comme une série-chorale, où les personnages font leurs expériences sans se croiser, ou presque : chacun a son propre fardeau à porter.
Ainsi Kajsa, une architecte et une mère célibataire qui, sous le poids du stress, fait un AVC. Souffrant de séquelles invalidantes, elle décide d'emmener ses deux filles loin, très loin : tout recommencer ailleurs, si possible en plus simple, et en plus reposant ; sa relation proche avec sa fille aînée, Joy, une adolescente intuitive, et la tendresse qu'elle a pour sa cadette, Wilda, bercent une bonne partie de l'épisode. Outre ce trio, la série met également en scène un couple, Bengt et Majlis, retraités ; handicapé, cloué à son fauteuil roulant, Bengt, d'entrée de jeu, se pose comme le personnage le plus désagréable de la série, et n'a de cesse d'humilier sa vaillante épouse qui pensait bien faire en le surprenant avec un voyage au soleil. Mais sous les palmiers thaïlandais, Majlis va découvrir l'insoupçonné : elle existe ! L'occasion de se découvrir une faim de vivre que les invectives de Bengt ne peuvent plus faire taire. Quant à Glenn, cet homme fort conscient de n'être pas très agréable à l'oeil, il souffre cruellement de la solitude ; il suffit d'une conversation avec une inconnue sur internet pour qu'il se décide à la rejoindre à l'autre bout de la planète. Enfin, Chan, Thaïlandais exilé depuis plusieurs années en Suède, se décide à rentrer au pays et à recoller les morceaux d'une vie privée qu'il a laissée se briser, notamment en renouant avec son fils, Pang.
Cette galerie de portraits (à laquelle s'en ajoutent d'autres sur lesquels il vaut mieux tenir le secret pour le moment) crée une mosaïque de vécus. Toute la mission de 30° i Februari sera de nous immerger dans les sensations et ressentis de chacun. Outre une écriture pleine de tact, c'est sur une réalisation basée sur le sensoriel que la série repose : les couleurs, les sons, les odeurs, le toucher... voilà chaque scène devenue concrète pour le spectateur. Qu'il s'agisse de sentir le sable fin couler entre les doigts ou la douceur de l'eau salée caresser la peau, 30° i Februari se fait forte de nous dire que le rêve thaïlandais est, littéralement, à portée de main.
Mais le rêve thaïlandais ne fait pas tout. Le pays n'a pas pour vocation d'apaiser les blessures ; mais il offre un cadre enchanteur qui permet de tout mettre à plat, d'aller de l'avant. Progressivement, Majlis va s'éveiller à elle-même, et prendre conscience de la façon dont son mari la (mal)traite. Glenn va tester les limites de sa course désespérée vers le mariage et la paternité. Chan va apprendre qu'on ne revient pas chez soi après des années d'absence sans y avoir laissé une plaie béante. Joy va comprendre que, neige ou soleil, sa mère n'a pas changé, quitte à se surmener et se mettre en danger...
30° i Februari est un drama dans ce que le genre offre de plus pur, de plus émouvant, de plus humain. Derrière les décors colorés des plages, hôtels ou bars à hotesses de Thaïlande, il y a la volonté de présenter au spectateur des personnages lancés dans une quête intérieure qui les transcendera. C'est, en définitive, le plus beau des voyages, non ?
Seulement deux épisodes sur dix ont pu être découverts par les curieux hier. Espérons que la projection de Séries Mania créera des vocations chez les diffuseurs : 30° in February en vaut largement la peine.
Un litre de larmes
Il est des choses difficiles à aborder ; en temps normal, et à la télévision. A mesure que les séries ont repoussé les limites des sujets traités, et de leur traitement lui-même, les spectateurs ont considéré comme normal que les fictions abordent des problématiques complexes et douloureuses. Il en est pourtant encore qui ont du mal à faire leur place sur les écrans, et ce, dans la plupart des pays de la planète.
Certains ont essayé. Aux États-Unis, on se souvient d'Angels in America en 2004, adaptée de la pièce du même nom, et couverte de récompenses ; avec un effort de mémoire, certains peuvent également évoquer Life Goes On de 1991 à 1993 (diffusée en France sous le titre de Corky, un enfant pas comme les autres), la première série à avoir mis en avant un personnage, d'abord secondaire, puis central, malade du SIDA, puis à avoir chroniqué les évolutions de sa maladie Ailleurs, c'est le mélodrame Ichi Rittoru no Namida qui, au Japon, en 2005, a participé à l'éveil d'une génération à des problèmes qui restaient tus dans les médias grand publics ; plus récemment, l'impressionnante série sud-africaine Intersexions, gigantesque patchwork d'expériences autour du virus, a su se distinguer par la versatilité et l'originalité de son ton. Lentement, frileusement, la télévision accepte de parler de ce qui fait mal dans les problématiques du SIDA.
Il manquait un point de vue européen, peut-être : le voici depuis l'hiver dernier avec Torka Aldrig Tårar Utan Handskar, mini-série en 3 épisodes présentée hier pendant le festival Séries Mania, sous le nom de Don't ever wipe tears without gloves.

Créée par Jonas Gardell, auteur suédois qui a publié son premier roman à 22 ans, mais également scénariste, comédien de stand-up et activiste, Torka Aldrig Tårar Utan Handskar est avant tout une page d'Histoire.
On retourne dans les années 80, à Stockholm ; bien que l'homosexualité y soit décriminalisée de longue date (depuis 1944 en fait), et ne soit plus considérée comme une maladie (depuis la toute fin des années 70), on n'y vit pas son orientation sexuelle au grand jour, les mentalités ayant du mal à changer tout-à-fait. Mais la capitale est devenue le point de ralliement d'une grande partie de la communauté gay de l'époque, et c'est justement comme cela que Benjamin et Rasmus finissent par s'y croiser ; ils sont jeunes, ils sont beaux, et ils pensent avoir toute la vie devant eux. Malheureusement, l'histoire d'amour va virer à Love Story...
Puisant dans son expérience (et le roman en trois volets qu'il prépare en parallèle du script de cette mini-série), Jonas Gardell livre donc une chronique d'une époque, chose que souligne la voix-off qui ouvre les épisodes et clôt la série. Torka Aldrig Tårar Utan Handskar met un point d'honneur à replacer chaque chose dans son contexte. Au spectateur moderne, bombardé d'informations, il pourra paraître incongru que les personnages ne parlent ni ne pensent aux maladies, ou à la protection. Mais qui pour le leur dire ? D'autant que Benjamin vient d'une famille de Témoins de Jéhovah où le péché occupe une place fondatrice, et que Rasmus, fils unique, est couvé par sa mère jusqu'à l'étouffement, celle-ci ne soupçonnant même pas que son petit garçon puisse avoir une vie amoureuse. Inlassablement, Gardell insiste sur le fait que le spectateur de 2012 connaît tous les spoilers sur le virus du SIDA, mais que les héros de 1983 n'en sont qu'au pilote ; tous les voyants seraient au rouge aujourd'hui quand défilent à l'écran certaines situations, mais aucun moyen de retourner dans le passé et avertir Benjamin et Rasmus...
La mini-série est pourtant loin d'être une simple expérience pédagogique. C'est dans une mémoire à la fois intime et collective que Gardell pioche pour sa chronique. En témoignent les nombreux souvenirs qui s'enchevêtrent dans la narration ; rarement une fiction télévisée aura tant jonglé avec la conception du temps. Basculant sans la moindre transition (parfois en un seul plan presque subliminal) d'un moment à l'autre de la chronologie de l'histoire, Torka Aldrig Tårar Utan Handskar bombarde d'émotions, de sensations, d'évocations ; la série ne commence pas avec la rencontre de ses deux héros, elle commence dés leur enfance, alors que les deux petits garçons, ignorant évidemment l'un l'existence de l'autre, s'examinent dans leur reflet respectif, et découvrent qui ils sont. Ces souvenirs jalonnent la narration, comme d'autres "flashforwards" sur la fin, brutale, de certains personnages (la série s'ouvre même sur l'un d'entre eux, dans la douleur la plus nue). Bien qu'elle exige du spectateur une attention et une implication émotionnelle de chaque instant, cette structure lunatique possède une grande efficacité.
C'est un foisonnement d'expériences qu'offre Torka Aldrig Tårar Utan Handskar, donc, d'émotions puisées à tous les âges de la vie, qui racontent comment les identités se découvrent, se testent, s'assument, s'épanouissent, mais ne se changent pas.
Ce que ses personnages principaux, mais aussi leurs amis (visages affectueusement familiers au bout d'à peine un épisode pour le spectateur), exprime, c'est combien il est difficile, dans le Stockholm des années 80, de trouver une communauté, d'y être accueilli, et à l'aise. C'est réaliser aussi à quel point il est difficile d'exister en-dehors de cette communauté. C'est découvrir qu'on n'existe pas aux yeux de la famille de son partenaire après le décès de celui-ci. C'est avoir la gorge serrée quand de faux prétextes sont invoqués pour expliquer les morts aux amis et voisins. C'est lire les propos homophobes dans les journaux. C'est lutter sur tous les fronts à la fois, juste pour pouvoir aimer.
Voilà qui nous sommes, explique Jonas Gardell en filigrane de Torka Aldrig Tårar Utan Handskar, et voilà ce qui a fait de nous ce que nous sommes.
A travers ses deux héros, ses personnages secondaires, et ses visages anonymes aussi, la mini-série raconte comment une communauté a survécu à sa guerre. La communauté gay de Stockholm a fait son Vietnam, à travers ceux qui ont réussi à revenir vivants - mais pas indemnes. D'ailleurs, les spectateurs non plus.
Bien-sûr, l'expérience de cette communauté lui est propre ; difficile pourtant, à travers l'accumulations d'expériences aux sensations authentiques (plus encore pour ceux qui ont vécu les années 80), d'oublier que nous pouvons tous nous retrouver dans les personnages et leurs douleurs. Au-delà de la maladie et de ses implications, Torka Aldrig Tårar Utan Handskar parle aussi d'être soi, et de ce que cela coûte. Rompre les liens avec son éducation ou ses parents, accepter de se mettre au défi émotionnellement, admettre de se lier à des gens qui pourtant vont nous quitter... Loin d'être une série au sujet ciblé, au public-cible ultra-réduit, Torka Aldrig Tårar Utan Handskar incite chacun à être, pleinement, sans retenue, même s'il y a un prix à payer ; s'il n'y a qu'une leçon à retenir de son final, c'est bien celle-là ! Car quelle peut bien être l'alternative ?
Pour que les générations qui, fort heureusement (et par un hasard de calendrier, un peu plus depuis hier), ne connaîtront pas les mêmes tragédies dans une même mesure, Torka Aldrig Tårar Utan Handskar mériterait d'être vue par le plus grand nombre ; on attend avec impatience qu'une chaîne française s'en empare.
23 avril 2013
Les séries sont-elles toujours aussi créatives ?

Hier, les festivités de la 4e édition de Séries Mania débutaient avec une table ronde au sujet légèrement polémique : "les séries américaines sont-elles toujours créatives ?". Anne-Sophie Dobetzky (réalisatrice de documentaires), Pierre Langlais (Le Mag Séries), Alexandre Letren (Season One), Dominique Montay (Daily Mars) et Léo Soesanto (Les Inrocks) étaient réunis autour de Thomas Destouches (Allociné) pour répondre à cette épineuse question, et quelques autres.
Voici l'essentiel à retenir sur cette discussion d'un peu plus d'une heure trente.
Note : survolez les illustrations de cet article pour plus de détails sur les exemples évoqués par les intervenants.
- Introduction : c'est quoi la créativité ?
Pour Anne-Sophie Dobetzky, "on ne peut pas toujours révolutionner le genre", mais elle estime qu'il existe des fictions bien produites, donc créatives. Léo Soesanto objecte que la télévision est le genre-même du déjà vu : "on a besoin de choses familières à la TV" ; pour lui, aujourd'hui, la créativité se loge dans la déconstruction et les limites qu'on peut repousser, par exemple dans la représentation du sexe ou de la violence. Cependant, "il ne faut pas confrondre la créativité à tout prix et la qualité", c'est l'originalité et l'intelligence du ton qui font la différence. Alexandre Letren approuve et précise que la créativité ne se loge pas nécessairement dans l'inédit : "ce n'est pas ce qui a été déjà fait, mais comment on le fait". Dominique Montay et Pierre Langlais s'accordent à souligner que la qualité n'est pas forcément synonyme de créativité : "ne pas confondre créativité, originalité à tout prix et qualité de ce qu'on nous propose !". Au contraire, "Plus les concepts de séries sont précis, tel que le high concept, plus il est difficile d'être créatif à l'intérieur de celui-ci".

- Etat des lieux de la créativité américaine - les networks
Tout le monde autour de la table ronde s'accorde à dire que les cinq grandes chaînes américaines (ABC, CBS, Fox, NBC et The CW) ne sont pas dans une recherche active de l'innovation. Pour Dominique Montay, "les networks se rassurent", comme le font les grands studios de cinéma, en déclinant des recettes dont ils pensent tirer un succès facile et immédiat. Léo Soesanto précise que les networks sont dans le suivisme, et suivent des modes nées sur le câble. C'est le marche-ou-crève qui règne selon Alexandre Letren : "on cherche des formules efficaces tout de suite". Pierre Langlais avance qu'un peu plus de latitude est peut-être accordée aux comédies. Un sondage lancé par Allociné a demandé quelles étaient les séries les plus créatives ; sont mentionnées Community, Fringe, Lost, Last Resort ou encore Chuck : des séries qui, en grande majorité, n'ont justement pas trouvé leur audience, ou ont échappé plusieurs fois à l'annulation.

- Etat des lieux de la créativité américaine - le câble
Tout le monde s'accorde sur une chose : le câble va plus loin. Mais pour Dominique Montay, même le câble américain ne prend pas de risque dans ce qu'il montre, il s'adapte. Pierre Langlais précise que le câble a la quasi-exclusivité du feuilletonnant, délaissé par les séries de network, le format feuilletonnant étant un rempart ; Alexandre Letren acquiesce : "si le feuilletonnant n'est pas le seul critère de la créativité, c'est la raison d'être des séries", et ajoute que le câble s'empare de sujets complexes. Pierre Langlais poursuit : c'est aussi là qu'on trouve non pas seulement de la violence ou du sexe, mais aussi simplement des concepts dérangeants, comme le font plus volontiers les séries britanniques. Anne-Sophie Dobetzky objecte que le câble ne doit pas non plus se lancer dans une course au "trash", il faut raconter, pas simplement choquer. "Le câble US est devenu le refuge des genres dédaignés au cinéma, du musical au péplum en passant par le gore", explique Léo Soesanto, mentionnant plusieurs séries de genre qui y ont trouvé le succès, comme Game of Thrones.

- Le "syndrome de la photocopie" est-il incompatible avec l'ambition ?
Le "syndrome de la photocopie" (un terme de Thomas Destouches) regroupe toutes sortes de cas dans lesquels les séries ne sont pas basées sur une idée originale. Il en existe plusieurs types, chacun ayant ses spécificités...
...Le remake
Ce sont souvent des séries nées à l'étranger, et reprises aux USA, car leur version d'origine n'y sera jamais diffusée. Pierre Langlais précise que tout l'intérêt est justement de voir comment une histoire sera repris et modifiée. Anne-Sophie Dobetzky évoque le procédé adopté pour reprendre au contraire une vieille série et la remettre au goût du jour : la communication joue notamment un grand rôle, notamment via le transmédia, qui permet aux spectateurs de se réapproprier une série au succès passé. Léo Soesanto précise que ce n'est pas toujours possible : certaines séries appartiennent à une époque et ne peuvent pas en sortir ; beaucoup s'y sont essayées, peu ont réussi à trouver leur public. Mais il faut faire la différence entre une adaptation et un remake, insiste Pierre Langlais ; cependant, dans les deux cas, il est possible de faire quelque chose de réussi.

...Le spin-off
Il naît bien souvent d'un personnage qui apparait dans une série, et qui devient le héros de sa propre fiction. Mais cela pose le problème de la qualité : le spin-off peut-il être meilleur que la série qui lui a donné naissance ? Pour les intervenants, cela se juge essentiellement au coup par coup. Léo Soesanto précise que tout dépend du personnage sur lequel repose la série.

...Le prequel
Le prequel revient sur la genèse d'une série, et en raconte les origines ; Thomas Destouches précise que les limites sont que, bien-sûr, le spectateur en connaît le dénouement. Mais c'est le cheminement qui a de la valeur, indique Léo Soesanto : "c'est une relecture intéressante, un moyen de revisiter un personnage culte" ; quant à Alexandre Letren, il estime qu'on fait confiance au spectateur pour s'amuser avec la série des références employées.

...Le "formatage"
Il s'agit ici de reprendre une recette qui a fait ses preuves, et de la décliner en une nouvelle série. La formule peut même être particulièrement rigide, aussi bien dans la structure de l'épisode lui-même que dans les codes visuels et musicaux, à l'instar de la franchise Law & Order.

...L'adaptation
Lorsqu'il existe un matériau d'origine (roman, comic book, etc.), le défi de l'adaptation est à la fois d'utiliser le support initial tout en développant un univers compatible avec les attentes des spectateurs.

Le "syndrome de la photocopie" et le monde
...La domination des Etats-Unis
Pourquoi les séries américaines semblent-elles dominer ? Dominique Montay insiste sur les moyens et la présence historique du marché américain dans le panorama ; la quantité de séries permet l'équilibre, ainsi, précise-t'il, parce que les chaînes sont elles aussi nombreuses, et n'hésitent pas à s'adresser à une niche. Pour Anne-Sophie Dobetzky, il faut aussi prendre ne compte les budgets conséquents ; elle mentionne aussi le modèle de fabrication lui-même, notamment le "pool d'auteurs", repris par d'autres pays. Sur une note moins technique, Alexandre Letren s'exclame : "les séries, ils aiment les faire, tout simplement !", et compare avec la France, où l'on estime que la télévision est un art mineur. La situation américaine tend un miroir aux télévisions européennes : Pierre Langlais précise que le nombre d'épisodes inférieur des britanniques, par exemple, ne tente pas les chaînes françaises, ce qui explique que les séries d'outre-Manche investissent moins les écrans français. Alexandre Letren conclut que les Etats-Unis ont su donner au monde l'illusion d'une universalité dans leurs séries.
Sur Allociné, un sondage a montré que 63% des internautes estimait que les séries américaines étaient toujours créatives : un bon chiffre ! Encore heureux, explique Pierre Langlais : si on ne le pense pas, il vaut mieux éteindre la télévision. Lorsque Thomas Destouches qui demande si la télévision américaine vit un âge d'or, les intervenants ont du mal à s'entendre. Certes, explique Léo Soesanto, il y a eu de grandes séries récentes comme Lost ou 24 heures chrono, mais elles n'ont pas trouvé leur successeur, sauf à considérer Revolution ou Once Upon a Time qui en reprennent les codes. Pour Dominique Montay, au contraire, tout n'est qu'évolution ; après tout il faut remonter dans les années 80 pour comprendre comment la télévision américaine est parvenue à un âge d'or.
"Ce n'est plus l'âge d'or, c'est l'âge des pépites", tranche Pierre Langlais qui explique que les records absolus d'audiences ne seront plus réitérés, et que désormais, c'est la façon de découvrir les séries qui a changé. A l'origine, "la télévision est la communion d'un public", objecte Léo Soesanto : quand pour un film, on partage l'expérience pendant 1h30 avec une salle, pour une série, on la partage avec des millions de personnes pendant des semaines. Mais désormais, "les contenus innovent moins, mais les contenants évoluent", ajoute-t'il.

...Internet renouvelle-t'il la créativité ?
Les webséries sont-elles l'avenir de l'innovation "télévisuelle" ? Léo Soesanto observe que pour le moment, l'innovation n'est pas vraiment au rendez-vous dans les synergies, entre les séries diffusées à la télévision et leur webisodes sur internet. D'un autre côté, l'avantage d'internet, pour Pierre Langlais, est que la websérie permet à des gens qui n'ont pas de moyens ou de réseau d'exposer leur travail.
...La créativité en France
Dans l'Hexagone, les intervenants sont plutôt d'accord : ce sont Canal+ et arte qui proposent des séries les plus créatives ; Léo Soesanto précise que Canal+ a calqué son modèle sur celui des chaînes du câble US, et que le budget est plus conséquent que sur les autres chaînes françaises. Alexandre Letren souligne qu'OCS est une chaîne à surveiller, mentionnant des séries telles que Lazy Company ou QI, et quelques projets à venir intéressants ; il ne faut pas oublier non plus France 3 avec Un Village français. Il souligne aussi que la mission du service public ne devrait pas être, contrairement à ce qui peut être dit, de contenter tout le monde ; l'exemple de la BBC au Royaume-Uni le démontre bien. Pierre Langlais déplore que TF1, qui en aurait pourtant les moyens comme l'impact auprès du public, n'affiche ni ambition, ni ligne éditoriale claire dans le domaine des séries.

...Et ailleurs ? L'exemple de la Scandinavie
L'innovation à la scandinave ? Dominique Montay relativise : le sujet de ces séries n'est pas toujours original, c'est en revanche tout le traitement qui fait la différence. Ces séries reprennent des codes qui ne sont pas révolutionnaires, complète Pierre Langlais, en revanche, les auteurs y ont une grande liberté de ton. On s'y appuie sur un savoir-faire issu du cinéma, explique Léo Soesanto, et on exploite les spécificités locales. Pierre Langlais conclut que ces séries sont excitantes pour le spectateur français, elles ont une forme d'exotisme, nous font voir des choses différentes... et on regarde bien les séries pour ça !
Et la prochaine vague de séries étrangères ? Pourquoi pas en Espagne, par exemple, suggère Léo Soesanto.
...Evidemment, il s'est dit bien d'autres choses ! Mais vous avez là l'essentiel des discussions. Sachez que, si vous avez manqué cette table-ronde, ou si vous souhaitez simplement la revoir, Allociné mettra en ligne sur son site une version montée de sa captation ce vendredi 26 avril.
22 avril 2013
Facultés d'adaptation (director's cut)
Cet après-midi, à Séries Mania, se tiendra un débat sur le thème "Adaptations, remakes et reboots : les séries sont-elles toujours aussi créatives ?", dont vous pouvez lire les problématiques sur le programme de Séries Mania.
Dans la formulation, le point de vue est clairement celui des séries américaines, sous-entendant par là que les séries US (notamment de network ; même si de nombreux projets du câble tendent à relativiser cette croyance ces dernières années) sont particulièrement sujettes au remake, à l'adaptation et au reboot. Du coup, je me suis dit qu'en marge de ce débat, j'allais vous parler... eh bien, du reste du monde, les habitudes ayant la vie dure.
Ces termes sont particulièrement connotés négativement dans notre imaginaire (on leur oppose l'innovation et l'originalité), ce que souligne, d'une façon générale, la formulation choisie pour la présentation de la table ronde. Loin de moi l'idée de prétendre que ces séries ressorties des cartons ou des catalogues des pays voisins sont systématiquement d'une folle originalité, mais cet instinct est peut-être un peu limité : l'adaptation et le remake ont parfois leurs vertus. Et pendant qu'inlassablement on débat de l'originalité de la télévision américaine, on oublie parfois que l'adaptation et le remake sont loin d'être des pratiques propres à la télévision US ; de ce fait, elles couvrent des réalités très diverses.
En effet, aux USA, la reprise de séries étrangères et/ou passées remplace le concept d'acquisition, tandis que dans la plupart des pays du monde, l'adaptation et le remake complètent les politiques d'acquisitions. Cette différence majeure explique que la démarche d'acquérir les droits d'une série pour en proposer une version locale n'a pas forcément les mêmes implications dans le panorama télévisuel d'un pays donné.
Promenons-nous donc parmi quelques adaptations récentes venues des quatre coins de la planète, et observons les différentes réalités qu'elles couvrent.

Apprendre en copiant
Diffusée fin 2012, Obratnaia Storona Luny ("dark side of the moon", les Russes étant moins familiers de Bowie que de Pink Floyd) reprend l'histoire de Life on Mars. Vu qu'assez peu de séries britanniques sont, pour le moment, adaptées ailleurs qu'aux États-Unis, ce cas peut sembler exceptionnel, mais rappelons que la Russie est coutumière des adaptations.
Le pays a, depuis environ le début des années 2000, déployé un goût prononcé (qui a dit douteux ?) pour les remakes. Mais jusque là, le phénomène s'était cantonné aux comédies (nord-américaines) et aux telenovelas (sud-américaines), donnant néanmoins des résultats souvent très probants au niveau des audiences, même si je ne souhaite à personne de voir un épisode de Maia Prekrasnaia Niania, pas même à mon pire ennemi. Cela a conduit les grilles russes à être dominées, pendant plusieurs années, par des comédies et des soaps. C'était vrai à plus forte raison sachant que les séries dramatiques russes ont une nette propension à calquer leur format sur celui des mini-séries (les séries policières, comme souvent, faisant figure d'exception de par leur formule déclinable à l'envi). Les comédies, en revanche, sont inspirées de sitcoms américains ayant aisément franchi la centaine d'épisodes dans leur pays natal, et de telenovelas qui par définition ont également un nombre d'épisodes conséquent, et il y a donc du matériel pour longtemps ; du fait d'une structure généralement peu exigeante en termes de production value, les épisodes peuvent de surcroît être fabriqués "à la chaîne" en un temps record, c'est donc vraiment tout bénef !
En conséquence de quoi, il n'est pas rare qu'en Russie, pour un sitcom, une saison d'une vingtaine d'épisodes soit diffusée en quotidienne pendant quelques semaines, et qu'une autre saison la suive quelques mois plus tard : pourquoi diffuser une saison par an quand on peut en diffuser une tous les 6 mois en bossant vite fait ?
Adapter des formats d'une demi-heure a donc modifié le panorama russe, créant une nouvelle façon de produire (plus d'épisodes, plus de saisons) qui n'était pas dans les habitudes locales plus tôt. Le processus a été décrit dans Exporting Raymond, documentaire qui montre le passage de Tout le monde aime Raymond à la moulinette d'un network russe ; l'expérience a d'ailleurs prouvé que le pilote de Voroniny, l'adaptation en question, n'a pas nécessairement été affligeant, ce qui prouve que le modèle a du bon non seulement d'un point de vue commercial, mais aussi qualitatif.
Bonus non-négligeable, les adaptations russes de sitcoms américains, qui semblent parfois risibles à un regard extérieur (et pas forcément à tort...), ont permis de former une génération complète d'auteurs de télévision russes à la comédie télévisée, qui jusque là, sans en être absente, restait marginale. Grâce à ces copycats, le paysage télévisuel russe s'est transformé ; à force de copier des œuvres originales (avec l'aide, bien souvent, d'auteurs ou producteurs de la série d'origine, faisant alors office de formateurs), la Russie a fait évoluer son marché intérieur.
Depuis quelques années, désormais, la Russie s'intéresse aux formats plus longs, et aux productions dramatiques plus ambitieuses. Ainsi était née, en 2010, Pabieg, adaptation de Prison Break pour Perviy Kanal, et ainsi est née, il y a quelques mois, donc, Obratnaia Storona Luny, toujours sur la première chaîne.
Le cheminement reste strictement le même que celui qui a présidé à la commande d'adaptations de comédies : comme on sort de l'argent pour acheter les droits, ainsi que pour acheter également les scripts clé en main, on s'attend à rentabiliser l'investissement ; adapter des séries dramatiques étrangères se fait donc souvent avec l'espoir de les diffuser sur plusieurs saisons. L'adaptation, en Russie, ouvre donc une fois de plus la porte à des mutations du marché télévisuel national et de ses pratiques, puisqu'en-dehors des séries policières, le renouvellement de séries dramatiques originales était plutôt marginal jusque là. Production coûteuse, Pabieg n'a pas tout-à-fait rencontré le succès espéré, et "seulement" deux saisons ont vu le jour (pas trouvé de trace d'une troisième qui serait en production, et les critiques semblent encourager Perviy Kanal dans ce sens). La raison se logeait dans sa production un peu pauvre comparée à l'originale, et son manque d'intérêt dans le contexte russe.
Ca a vraiment bien marché en revanche pour Obratnaia Storona Luny cet hiver. Le succès de cette série est dû à plusieurs facteurs, inhérents à la question de l'adaptation. Ce n'est pas simplement une question d'acteurs ou de moyens qui a permis l'enthousiasme du public, même si l'acteur principal se débrouille plutôt bien et parvient à faire oublier John Simms (si-si, je vous jure). Ce qui a fait la différence, c'est bien l'équilibre trouvé entre savoir-faire étranger et capacité d'adaptation au contexte culturel de la Russie. Dans le cas d'Obratnaia Storona Luny, repartir dans en 1979 n'a évidemment pas le même sens pour un Russe que pour un Britannique, et la série a dû utiliser les spécificités de l'Histoire russe ; il fallait donc adapter le contexte d'origine à celui, plus complexe, de la Russie soviétique, et cela, le simple achat de script ne peut le couvrir. Obratnaia Storona Luny a donc usé des talents des auteurs russes pour la fiction historique (vaste question, il est vrai) afin d'offrir une œuvre profondément ancrée dans le contexte russe. A partir de là, l'aspect nostalgique (qui a fait le succès de Vosmidesiatye plus tôt en 2012) a sans aucun doute joué. A ce travail de fond s'ajoutait l'apport du savoir-faire britannique : la production a reçu l'aide d'un producteur de la BBC envoyé comme consultant. Le résultat, c'est une série russe qui se place aisément dans le haut du panier des séries dramatiques de par sa production value.
Et cela, il faut le noter, alors que le public russe a déjà vu Life on Mars (sous le titre de Jizn na Marsie), avec des audiences décentes, mais pas épatantes. Ici, clairement, Obratnaia Storona Luny a été un succès (leader de sa case horaire sur Perviy Kanal), et a d'ailleurs été renouvelée pour une seconde saison, même si on ignore pour le moment quand elle sera diffusée.
C'est d'ailleurs le cas de toutes les séries étrangères adaptées par les chaînes russes jusqu'à présent : elles ont déjà été diffusées sur le sol russe par le passé ; on voit bien la différence avec les USA, qui adaptent ce qu'ils savent pertinemment qu'ils ne diffuseront jamais. Et ça n'a pas du tout l'air de déranger les spectateurs russes de voir deux fois des histoires similaires... peut-être parce que, depuis le temps, ce public perçoit que, dans les changements induits par la naturalisation d'une série, on peut trouver de nouvelles raisons de suivre une même histoire.

Le besoin et l'envie
Lancée le mois dernier, Galip Derviş est l'adaptation turque de Monk, sur la chaîne Kanal D (un "derviş", qui se prononce derviche, est un... moine). Ce qui est intéressant en Turquie, c'est que, contrairement à la Russie, le rayonnement des séries turques est indubitable (pour vous en assurer, vous pouvez relire la première partie de ce post). La télévision turque connaît actuellement un véritable âge d'or, et n'a pas vraiment besoin d'adaptations dans ses grilles.
Pourtant, loin de mettre tous ses œufs dans le même copieux panier, la chaîne Kanal D a décidé, en marge de ses séries originales loin d'être dans les choux, de commander un nombre croissant d'adaptations, et d'adaptations de séries américaines de préférence : İntikam (pour Revenge, souvenez-vous), Umutsuz Ev Kadinlari (pour Desperate Housewives, là encore, rappelez-vous, j'avais comparé les deux pilotes) et désormais Galip Derviş, donc, font quelques belles heures de télévision sur le sol turc. Pour l'anecdote, on note très peu d'adaptations de séries autres qu'américaines, à l'exception de 1 Erkek 1 Kadin, versions turque d'Un gars, Une fille (née sur la chaîne du satellite TürkMax, et reprise l'an dernier par le network Star TV).
Ce qui est intéressant, c'est que la Turquie mise avant tout sur des séries "légères" pour ses adaptations : les vraies séries dramatiques, les créations originales s'en chargent. Par contre, quant il s'agit des comédies, des dramédies et des primetime soaps, là, ok, on veut bien prendre des concepts étrangers. En gros, les Américains, on les aime bien, mais pour divertir la famille au sens large et/ou les ménagères ; pour des séries complexes, des reconstitutions historiques méticuleuses, des dramas sombres et des thrillers virils, on va se débrouiller nous-mêmes avec nos scénaristes, merci, on a tout ce qu'il nous faut.
Une position originale, sachant qu'il est généralement moins facile d'adapter des comédies et de trouver le succès (problème d'humour culturel) : dans une majorité de pays de la planète, un remake de comédie américaine est souvent voué à l'échec en termes d'audiences. Qui plus est, quand on sait que les Turcs produisent déjà plein de soaps à succès, qui eux-mêmes se regardent dans toute la région, voire plus, on ne peut pas dire que les chaînes turques soient à la traîne de ce coté-là, ni aient besoin d'aller acheter les scripts des copains.
Alors pourquoi le faire ? Explication en trois étapes :
- à la différence des Russes, les Turcs pourraient très bien se passer d'adaptations, donc. Mais les séries étrangères sont jugées divertissantes (avec une dimension peut-être légèrement péjorative), au sens où un spectateur turc n'attend pas grand'chose d'une fiction américaine. Ça se regarde sans y penser, quand le public a tendance à s'investir dans une série nationale ;
- à la différence des Russes également, les Turcs ne tiennent pas avec ces remakes leurs plus gros succès d'audiences, et s'accommodent fort bien de cela ; à titre d'exemple, Galip Derviş est diffusée trois fois par semaine (un inédit le jeudi à 23h, rediffusé ensuite le samedi après-midi et le dimanche matin) ; la série permet en outre à Kanal D de proposer une fiction originale sans redouter de se faire écraser par la grosse production que la chaîne publique TRT1 diffuse le jeudi soir à 22h50, Şubat, et qui attire un public plus exigeant : l'échec est moins cuisant si l'investissement initial est minime.
- enfin, à la différence des Russes encore, le public turc n'a pas souvent vu la série d'origine ; Revenge n'est par exemple pas encore diffusée en Turquie, et vu que désormais c'est par İntikam que les spectateurs turcs ont pris connaissance du revengenda, il y a fort à parier que ce n'est pas pour tout de suite. Ou comment un network américain très désireux de vendre des droits d'adaptation à tout le monde (jurisprudence Desperate Housewives) a trouvé le partenaire parfait avec une chaîne turque désireuse de ne rien diffuser d'étranger en primetime.
Conclusion : les adaptations de séries étrangères sont, en fin de compte, plus ou moins des projets "bouche-trou" : ils font des audiences décentes, mais pas explosives, et on ne leur en demande pas tant de toute façon. Ils sont là à la fois pour offrir une programmation non-importée facile à produire (le travail de développement étant simplifié, par définition) et facile à diffuser à peu près quand on veut. Ça coûte peu cher, c'est flexible, ça a fait ses preuves, et de toute façon, le public ne s'y attachera pas, c'est juste pour passer le temps.
Les adaptations, les Turcs n'en ont aucun besoin. Mais il semblerait que le public en ait envie, pour varier leur menu télévisuel, et pour les chaînes, ces mêmes adaptations servent de tampon dans les grilles. C'est aussi simple que cela.
Dans le cas de Galip Derviş, la production turque reprend les ingrédients, jusque dans l'accompagnement musical, de la série Monk. Le copier-coller est flagrant (et évidemment assumé), à une nuance près : la version turque dure 90 minutes, comme toutes les séries turques...

Refaire pour comparer ?
Dans le domaine de la comédie cette fois, parlons d'Aaf!, l'adaptation aux Pays-Bas du sitcom Rosanne, sur RTL4. La chaîne néerlandaise n'en est pas à son coup d'essai en la matière : il y a quelques mois, elle avait par exemple lancé Golden Girls, l'adaptation, vous l'aurez deviné, de la série américaine des années 80 quasi-éponyme. Par le passé, elle a également adapté Tout le monde aime Raymond sous le titre Iedereen Is Gek Op Jack ; chez RTL Boulevard (on reste en famille, donc), on ambitionne d'ailleurs d'adapter La croisière s'amuse dans un avenir très proche.
Sur le papier, Aaf! est tout ce qu'on redoute dans une adaptation d'un sitcom américain commençant légèrement à prendre de l'âge : une comédienne locale connue (Annet Malherbe, que les spectateurs français ont eu l'occasion de voir dans la série Gooische Vrouwen, alias Jardins secrets) à qui on offre un rôle qui a fait ses preuves et que tout le monde connaît. Le résultat est généralement kitschissime, car il n'est pas rare qu'au nom de la prétendue identité de la série originale, ou, au mieux, au nom de la nostalgie, la nouvelle série ressemble à s'y méprendre à la série originale, en dépit du fait qu'elles aient plusieurs décennies d'écart. Golden Girls, la série néerlandaise, avait exactement ce tort, qu'avait également la version espagnole, La Chicas de Oro (un gros bide pour La 1 en 2010) : pourquoi refaire une série des années 80 à l'identique quand des rediffusions suffiraient ?
La différence, c'est peut-être qu'Aaf! est une adaptation intelligente d'une série qui ne l'était pas moins. La version néerlandaise (qui est à l'heure actuelle le seul remake officiel de la série Roseanne de par le monde) ne cherche absolument pas à faire mine de se dérouler dans les années 80/90, le pilote commençant même par une dispute entre les enfants autour de l'ordinateur, des réseaux sociaux et d'un iPhone, histoire de mettre les choses au point très vite. L'idée motrice de cette adaptation est avant tout de reprendre le sujet de Roseanne, et non son identité au sens strict, et ainsi de suivre les Jansen, une famille modeste... mais pas ouvrière. Eh oui, les réalités ayant changé depuis 1988, l'héroïne ne travaille plus sur une chaîne de montage, mais dans un call center. Les problèmes rencontrés par Annet Jansen et les siens sont les mêmes, touchant les spectateurs de la classe moyenne directement dans leur quotidien. Résultat : excellentes audiences, et surtout, la preuve qu'une adaptation n'est pas obligée de singer l'original.
Roseanne était une série engagée ? Le processus par lequel Aaf! a pris sa forme finale, et la comparaison entre l'original et l'adaptation, le sont tout autant : pour les classes très moyennes, tout change, et rien ne change. La crise reste la crise.

Valeur ajoutée
Un cas de figure que nous n'avons pas encore abordé est celui du remake à l'intérieur-même des frontières (qui est certainement le plus lourd reproche adressé aux séries américaines s'y risquant). Le Japon, parmi quelques autres, est friand de ce procédé, et l'a montré de façon plutôt éclatante ces derniers mois avec Tonbi, un roman de Kiyoshi Shigematsu publié en 2008, dont deux adaptations différentes ont été diffusées à un an d'intervalle sur les écrans nippons.
Tonbi, l'histoire d'un père très modeste qui élève seul son jeune fils à qui il veut offrir le meilleur, emprunte toutes les recettes d'un drama familial émouvant et optimiste. Mais il se double aussi d'une dimension historique puisque tout commence dans les années 60, alors que le fils a trois ans ; l'histoire suit celui-ci jusqu'à l'adolescence.
En janvier 2012 d'abord, la NHK propose un tanpatsu (un téléfilm, ou téléfilm en deux parties dans le cas présent), qui trouve un succès critique incontestable ; c'est tout-à-fait le genre de séries que propose volontiers la chaîne publique, et qui lui confère son excellente réputation en matière de séries, bien que les audiences ne suivent pas toujours.
C'est le cas ici, car assez peu de spectateurs japonais ont regardé les deux volets, en dépit d'une diffusion à une heure de très grande écoute, le samedi à 21h. Il n'empêche : salué pour sa qualité, le Tonbi de NHK (photo ci-dessus) va faire une jolie carrière internationale, et obtiendra d'ailleurs le prix de la Meilleure mini-série au festival de Monte-Carlo quelques mois plus tard.
Le succès à la fois du roman, mais surtout de l'adaptation qu'en fait NHK, n'échappe pas à TBS, qui met en chantier séance tenante sa propre adaptation, avec la rapidité propre à l'industrie télévisuelle japonaise. Rappelons que tous les trois mois, les chaînes japonaises changent intégralement leurs grilles de fictions (à l'exception de deux cases horaires pour la NHK qui ont respectivement un rythme semestriel et annuel), et lancent donc de nouveaux projets de séries tous les trimestres. Lancer un remake en un temps record ? Ça n'a rien d'une exception. Moins friande de tanpatsu familial, TBS opte de son côté pour un format plus classique, le renzoku : une dizaine d'épisodes diffusés hebdomadairement pendant la saison hivernale, de janvier à mars 2013, donc, le dimanche à 21h, case convoitée s'il en est, et parmi les rares dans les grilles japonaises à mettre en concurrence plusieurs fictions.
A ce stade on pourrait penser que le public japonais, qui n'avait pas accroché en masse à la première adaptation de NHK, ne va pas tellement se précipiter pour assister au remake. C'est oublier que la machine TBS connaît son affaire : le cast est irréprochable, le générique de sa version de Tonbi est interprété par un chanteur très populaire, et ainsi de suite, bref tout est fait pour attirer un large public... et c'est effectivement ce qui se produit, avec des audiences deux fois plus importantes que pour le Tonbi de NHK dans une case pourtant plus difficile ! Le public est venu en masse, mais encore fallait-il le garder ; ça a été le cas, et même mieux : au termes de la diffusion, le 10e et dernier épisode a rassemblé 20% des parts de marché, un score devenu rare à la télévision nippone. Avec Tonbi, TBS a tenu son plus grand succès de la saison, avec une série qui n'avait rien d'inédit, mais qui, par la bonne combinaison de marketing intelligent et, évidemment, de qualité, a su toucher les spectateurs... D'ailleurs, la version 2013 de Tonbi a décroché deux récompenses aux Nikkan Sports Drama Grand Prix (un prix décidé par le vote des lecteurs de la revue Nikkan Sports), il y a quelques jours : un comme Meilleure Série, l'autre comme Meilleur acteur pour Masaaki Uchino.
En fait, TBS a démocratisé la recette initiale de Tonbi : sans en dénaturer les qualités, la chaîne s'est appropriée le sujet pour en faire un vrai rendez-vous grand public, quand celui-ci était passé à côté d'une première version plus confidentielle. Une jolie vertu pour un remake, non ?

Traitement local
Mais ces dernières années, le champion toutes catégories de l'adaptation, c'est BeTipul. Les autres séries peuvent rentrer chez elles, il n'y a pas de match.
Le drama israélien a été adapté dans une liste de pays longue comme le bras : les États-Unis, bien-sûr, avec In Treatment sur HBO (ce qui a permis à HBO Central Europe de sortir quatre versions locales, dont Terápia en Hongrie, et În Derivã en Roumanie), mais aussi aux Pays-Bas avec In Therapie, au Brésil avec Sessaõ de Terapia, en Argentine avec En Terapia, ou, plutôt sympathique pour nous autres francophones, En Thérapie au Québec. La liste est loin d'être exhaustive, et ça donne la montage ci-dessus, avec une tripotée de thérapeutes aux quatre coins de la planète, et je ne compte même pas les patients. Et je vous dis ça sans compter Shinryouchuu, version japonaise "inspirée de" BeTipul (traduction : j'ai pas voulu payer pour les scripts), tournée sur le monde du lycée.
Dernière victime en date de cette épidémie : l'Italie, qui s'y colle depuis quelques semaines sur Sky Italia, avec... In Treatment, parce que pourquoi faire compliqué ?
La tactique adoptée pour la revente des droits par les Israéliens est assez différente de celle de la plupart des séries : il s'agit de chercher des interlocuteurs à portée limitée (chaînes du câble ou du satellite, par exemple ; ou dans le cas du Québec, à portée locale et non nationale), de façon à maintenir une certaine demande : la série est bonne, mais elle n'est pas facilement accessible dans une région donnée. Mieux que ça encore : le format ne coûte rien à produire (pour schématiser : un canapé et un fauteuil, et on est partis), est déclinable à l'infini dans une grande variété de langues (la preuve). BeTipul n'a, de surcroît, presque jamais été diffusée à l'étranger (il me semble qu'une obscure chaîne câblée diffusant des programmes en hébreu l'a montrée aux USA, mais je vous dis ça de mémoire), et mise sur le fait que personne ne peut/veut acheter les droits de diffusion. De ce fait, pour les pays dans lesquels elle est adaptée, la série fait figure d'inédit total.
Il faut dire que non seulement son sujet, mais sa structure également, s'accommodent assez peu des contraintes des grandes chaînes. Même si l'on met de côté son aspect claustrophobique pas franchement avenant pour le très grand public, le format de BeTipul repose sur une série d'entretiens diffusés de façon quotidienne : du lundi au jeudi, le personnage du psy reçoit ses patients, et le vendredi, c'est lui-même qui suit une thérapie. Combien de grandes chaînes se lanceraient dans pareil défi à une heure de grande écoute, à un échelon national, et en quotidienne ?
D'autant que le cahier des charges de BeTipul est d'une inflexibilité incroyable : à l'instar de la plupart des séries israéliennes adaptées à l'étranger, la production est très regardante dans ce qui est fait dans chaque pays adaptant les droits, et il est frappant de constater à quel point les diverses versions reprennent tous, plan par plan, le même schéma. Les scénaristes locaux ont une marge de manœuvre extrêmement limitée.
Mais malgré la rigidité apparente de son principe comme de ses modalités, BeTipul, c'est aussi une série extrêmement adaptable, tout simplement parce qu'il est très simple de modifier un seul personnage pour lui donner une couleur locale. Ainsi, dans la version originale, l'un des patients de la première saison est un soldat israélien impliqué dans le conflit palestinien ; dans la version américaine, ce même soldat devient un GI qui a fait l'Irak. Dans le In Treatment italien, il n'y a plus de soldat, mais un policier travaillant en immersion sur une affaire mafieuse, et ainsi de suite. A côté de ce personnage, le couple en crise ou l'adolescente suicidaire sont suffisamment universels pour ne pas nécessiter l'intervention lourde de scénaristes dans les pays adaptant la série, ce qui simplifie d'autant le processus d'adaptation et donc de développement.
Contrairement aux exemples précédents, les multiples adaptations de BeTipul ne s'insèrent dans aucune tendance, aucune mode dans un pays donné : c'est l'inverse. Le drama israélien est celui qui part à la conquête de la planète, et non le produit qui vient combler un besoin. Le besoin est créé autour de la série, de son procédé original, de son ton unique, et n'est pas déclinable au-delà de la seule franchise BeTipul par les chaînes qui en font l'acquisition.
L'adaptation et le remake sont-ils pure paresse ? Ce n'est donc pas toujours si simple. Osons le dire, parfois, les remakes, adaptations et reboots ont même carrément du bon...
19 avril 2013
What happens in Paradise, stays in Paradise
La première saison de Bunheads écoulée, je n'avais pas encore écrit de review sur celle-ci, parce que, bon, bref, passons. Mais à la faveur d'une intégrale cette semaine, je me suis dit qu'il était grand temps d'en dire quelques mots. Et je préfère vous préparer psychologiquement : ils seront dythirambiques.
Majoritairement.
Bunheads avait vraiment été un coup de coeur pour moi l'été dernier ; le preair du pilote figure facilement dans le Top3 des épisodes que j'ai le plus regardés en 2012, et je ne parle même pas des extraits que je me suis gardés pour pouvoir rire un bon coup de temps en temps. L'énergie de ses épisodes était très communicative, et ce, en dépit de son pitch pas forcément très excitant pour une trentenaire telle que moi. Mais voilà : lorsque l'on parle de Bunheads, il est difficile de ne pas mentionner Gilmore Girls, les deux alliant une efficacité redoutable à une ambiance chaleureuse et tendre, faisant qu'il est difficile de résister à l'une comme à l'autre. C'est d'ailleurs, indirectement, comme ça que j'en étais arrivée au Grand Marathon Gilmore Girls De 2012.
Il y a quelques mois, dans mon post sur ce marathon justement, je vous disais : "'il s'avère que Gilmore Girls est une série sans enjeu ni objectif. On peut le vivre comme un défaut mais c'est un choix qui est pleinement assumé, après tout, alors autant prendre les choses du bon côté. Gilmore Girls ne fonctionne pas, jamais, avec un horizon précis. Quand une saison commence, par exemple, elle ne pose jamais d'objectif à long terme pour ses protagonistes. La série ne les mettra jamais dans une situation indélicate à résoudre avant la fin de la saison, par exemple, ou ne posera jamais un axe qui nécessite de se développer dans un but affiché. Tout dans Gilmore Girls respire au même rythme que vit Stars Hollow ; il n'y a pas de pression, pas d'impératif ; la vie se déroule et on est invités à la suivre, tranquillement, mais on ne regarde pas cette série-là pour autre chose, et surtout pas pour les sensations fortes". C'est sensiblement la même chose pour Bunheads. Choix qui est d'autant plus étonnant que son pilote pose les bases d'une intrigue plus complexe, puisque, attention il va y avoir un spoiler jusqu'au prochain paragraphe : un personnage meurt à la fin du premier épisode. Comment notre héroïne, Michelle, mais aussi sa belle-mère Fanny, vont-elles gérer le deuil ? Comment s'adapter à la nouvelle situation qui naît de cette tragédie ? On pourrait s'attendre à ce que la problématique de Bunheads, par voie de conséquence, soit le deuil, mais absolument pas : c'est un sujet qu'elle cantonnera, en essence, à une poignée des premiers épisodes de sa saison, ne souhaitant ni s'embourber dans le drame-dramatique-qui-fait-pleurer, ni dans une situation qui risquerait de tourner en rond.
En conséquence de quoi, Bunheads peut sembler, comme sa grande soeur de la CW, un rien volage, et ses personnages peut-être un poil trop résilients. S'il y a clairement des enseignements qui ont été tirés des aventures à Stars Hollow par Amy Sherman-Palladino, la rigueur n'en est pas un, et le ballet des intrigues, des sentiments, mais aussi des personnages secondaires, va être légèrement inconsistant.
Qu'importe. Bunheads réussit sa mission essentielle, et ce que vous venez de lire est la seule chose vaguement négative que j'aie à en dire... et elle est toute relative, comme vous l'aurez compris.
Cette mission essentielle n'est d'ailleurs pas, contrairement à ce qu'on pourrait craindre, de créer des vocations de ballerines à travers le pays, mais bien de suivre des personnages attachants, positifs, et passionnants. Le défi est de ce côté-là remporté.
Ce qui frappe d'ailleurs dans Bunheads, plus encore que dans son ancêtre qui déjà n'était pas à plaindre en la matière, c'est avec quelle ferveur la série s'attache à brosser des portraits féminins complexes et foisonnants. Une fois de plus, les hommes occupent au mieux le fauteuil du passager, au pire disparaissent presque totalement de certains épisodes.
Comptons-les ensemble : il y a Michelle, évidemment, danseuse au potentiel gâché par son absence de focus dans la vie ; sa belle-mère Fanny Flowers, prof de danse qui n'est pas aussi psychorigide qu'elle ne le paraît ; Sasha, l'étoile de l'académie de danse au tempérament insupportable ; Bettina alias Boo, la petite rondelette pleine de doutes mais aux pieds bien sur terre ; Virginia aka Ginny, la petite pile d'énergie ; et enfin Melanie, la grande perche à l'assurance à toute épreuve. A cela encore faut-il ajouter des personnages moins présents sur le plan des intrigues, mais faisant totalement partie de l'univers de la série, telles Truly, l'ex du mari de Michelle, totalement dérangée ; Sam, l'une de ses amies et habitante de Paradise n'ayant pas sa langue dans sa poche ; Milly, soeur de Truly et véritable Margaret Thatcher en puissance ; ou encore Talia, meilleure amie de Michelle et danseuse à la bonne humeur chevillée au corps. Après on peut rentrer dans les détails et évoquer les danseuses de la compagnie qui s'invitent dans les dialogues (la petite Matisse, l'élégante Cozette...) ou les personnages hauts en couleur qui jalonnent la ville bien que ne faisant que de brèves apparitions (l'exubérante meilleure amie de Fanny, la femme du patron du surf bar...), mais dans tous les cas, la majorité des meilleurs rôles reviennent aux femmes, c'est indéniable. Fidèle à elle-même, Amy Sherman-Palladino nous offre, qui plus est, des personnages de femmes à la fois totalement décalés et réalistes ; en dépit de l'épidémie de dinguerie loufoque qui sévit à Paradise, les personnages parviennent tous à s'imposer comme des humains et pas seulement des ressorts comiques. Et dans combien de séries ce genre de choses est-il possible ?
Dans tout ça, qu'en est-il de la danse ? Plus qu'aucune série à vocation musicale du moment (oui-oui, j'ai bien dit aucune, et en adressant un regard en coin à Glee, Nashville et Smash encore), Bunheads se fait forte de toujours employé ses séquences dansées de façon raisonnable et intégrée à l'histoire : les auditions, les spectacles, s'ils ont évidemment une grande fréquence qui ne saurait être un hasard, ne sont jamais des prétextes. On assiste d'ailleurs plus souvent aux entraînements qu'aux répétitions, ce qui implique un point de vue plus technique qu'esthétique sur le fait de danser. Tout glamour étant définitivement abandonné dés que les petites recrues de la Paradise Dance Academy se photographient les ampoules aux pieds !
Quant aux quelques rares scènes qui montrent des passages dansés hors de toute intrigue, ils ne sont pas non plus des prétextes mais de véritables expressions du ressenti d'un personnage donné. Ces numéros, évidemment irréprochables du point de vue technique, peuvent surprendre d'un point de vue narratif, d'autant qu'ils ne sont pas présents d'entrée de jeu dans la saison et qu'ils ont tendance à clore les épisodes, et non à être insérés dans leur déroulement ; cependant leur valeur artistique, et la façon dont ils mettent en lumière les sentiments d'un personnage donné, est incontestable, ajoutant à Bunheads une profondeur qui lui va à ravir.
C'est que, derrière ses personnages fou-fous, sa petite ville balnéaire pleine de petits détails incongrus, et ses répliques-TGV (mais ça allait sans dire), Bunheads est une série autrement plus sombre que ne l'était Gilmore Girls. Le choix d'avoir pour personnages centraux, la majeure partie du temps, des adultes (les 4 jeunes danseuses n'occupant le devant de la scène que sporadiquement, ou alors pour mettre en valeur l'intrigue de Michelle, comme sur la fin du season finale), et a fortiori des adultes au tempérament foncièrement indépendant, offre une série au goût étrange. Là encore, il est tellement rare qu'une série ait pareille démarche : Bunheads s'adresse de toute évidence au premier chef à des adolescentes, mais ne leur offre pas exactement une vision édulcorée du monde adulte ; dans la série, Michelle et Fanny sont des personnages dont les regrets sont fondateurs de la personnalité, et qui passent, en outre, par des problèmes d'adultes (deuil évidemment, mais aussi problèmes d'argent, un fil rouge peut-être pas toujours très bien employé, mais omniprésent). Il est vrai que ce n'est pas forcément très excitant pour le public-cible d'ABC Family, mais enfin, reconnaissons à la série cette qualité : elle n'offre pas une vision idéalisée de l'âge adulte.
Ni de l'adolescence, d'ailleurs, puisque Sasha (résolument le personnage adolescent-clé de la série) est un petit être tourmenté, colérique, déchiré, et pourtant si vivant, si impressionnant. Sa fin de saison, même si elle sera légèrement bâclée (changer le focus pour braquer les projecteurs sur une autre bunhead semble brutal), sera la preuve d'une jolie évolution vers l'âge adulte.
Le mot-clé est évidemment "si". Car le pire, c'est que les pontes d'ABC Family vont nous ressorir un Huge sur ce coup-là, si on les laisse faire...
Bunhead est pourtant une petite perle à part dans le paysage télévisuel américain, capable à la fois d'avoir ce goût authentique typiques des petites villes (qu'avait déjà Gilmore Girls) et de montrer un pays qui, même perdu dans un coin d'Amérique où on ne met pas de panneau d'avertissement devant les routes privées, peut se montrer progressiste et ouvert. L'Amérique d'Amy Sherman-Palladino a toujours "the best of both worlds" à proposer, et on voudrait qu'elle le propose plus longtemps, et tant pis si la showrunner et l'héroïne principale ont comme point commun de manquer de rigueur et de focus : la balade est si belle.
04 avril 2013
Des vis et des boulons
Vous serez de toute évidence devant votre télévision ce soir pour regarder Äkta Människor, dont je vous chante les louanges depuis plus d'un an maintenant donc ce devrait être acquis. M'enfin, si ça va sans dire, ça va quand même mieux en le disant, hein...
J'avais eu la chance d'assister à la conférence de presse organisée par arte autour de Lars Lundström, scénariste de la série, ainsi que l'opportunité d'avoir une courte interview avec lui, mais malheureusement, mon matériel technique m'ayant trahie, le son est absolument inaudible (dans ma version de l'interview, Lars est clairement un goa'uld...) et la retranscription relève de l'impossible. Je suis au moins autant déçue que vous, je vous rassure.
Du coup, rien sur ce blog pour aujourd'hui, si ce n'est un rappel de l'urgence qu'il y a à regarder l'une des meilleures séries de 2012. Et c'était un bon cru, c'est pour vous dire.
EN REVANCHE, et puisque je me l'étais gardé en réserve depuis la fin de mon visionnage, le bilan de la première saison d'Äkta Människor sera publié ici même, à la fin de la diffusion sur arte, donc on n'a pas fini de parler de nos hubots préférés. D'un autre côté, la série a été vendue dans 50 pays, dont la Grande-Bretagne, l'Australie ou encore, fait plus rare et donc d'autant plus intéressant à noter, la Corée ; du coup, je ne me fais pas de soucis pour elle.

J'en profite pour annoncer un hiatus indéterminé sur ce blog, et par indéterminé je veux dire quelques semaines à un mois, dans ces eaux-là.
En mon absence, soyez chics, continuez de regarder des séries d'un peu partout et à garder l'esprit ouvert, et quand je reviens, on repapote du succès de la série SON qui pourrait bien devenir la première série turque à être adaptée pour les USA. On se souvient qu'elle était aussi devenue la première série turque diffusée en Europe occidentale, plus précisément en Suède sur SVT, on va donc se repencher sérieusement sur la question.
Et sur plein d'autres trucs. Vraiment, bougez pas, je reviens.
29 mars 2013
Teriyaki season
L'arrivée du mois d'avril s'accompagne, comme c'est la tradition, d'une nouvelle saison télévisuelle nippone. Joie et allégresse ! En conséquence, c'est l'heure du tout aussi traditionnel post récapitulatif des nouveautés de la saison, qui, comme chacun sait, se veut long mais ne saurait prétendre à une parfaite exhaustivité, l'erreur étant humaine et toute cette sorte de choses.
Le coup d'envoi a été donné dimanche avec une série du câble, Sodom no Ringo, mais les festivités ne devraient réellement commencer d'ici une huitaine de jours. On est donc carrément dans les temps.
Sans plus attendre, voyons donc ce que nous réserve la télévision nippone pendant les 3 prochains mois !
| En quotidienne | |
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- Amachan / あまちゃん (NHK) L'histoire : dans la région de Touhoku (n'est-ce pas), une adolescente devient progressivement le symbole de la renaissance de son patelin alors qu'elle se dédie à la pêche aux coquillages. L'avis : une série quotidienne écrite par le scénariste Kankurou Kudou, 'scusez du peu. Ca compense... vaguement ! > A partir du 1er avril à 8h15 |
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- Hakui no Namida / 白衣のなみだ (Fuji TV) L'histoire : un daytime drama en trois volets (un par mois) dans la 1ere partie duquel une femme enceinte développe un cancer du sein, laissant à son mari la charge de la maisonnée. L'avis : apparemment les 2e et 3e parties seront annoncées ultérieurement, je me demande si la série sera plutôt anthologique ; ça serait une innovation intéressante. > A partir du 1er avril à 13h30 |
| Lundi | |
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- Kakushou / 確証 (TBS) L'histoire : une nouvelle série policière dans laquelle l'enquêtrice d'une division de 3e zone décide de s'emparer d'affaires destinées à une unité plus performante. L'avis : cop overdose. > A partir du 15 avril à 20h |
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- Galileo / ガリレオ (Fuji TV) - saison 2 L'histoire : 5 ans après la saison 1, la série d'enquêtes menées par un physicien et une détective fait son retour. L'avis : Yaaay. > A partir du 15 avril à 21h |
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- Houkago GROOVE / 放課後グルーヴ (TBS) L'histoire : une jeune femme qui avait lâché ses études et intégré un gang retourne dans le droit chemin et devient enseignante avec une vision pédagogique bien à elle... mais la matière dont elle est chargée est sa pire terreur. L'avis : une tentative courageuse d'apporter des variations à un pitch vu cent fois. Pas sûre que ça suffise. > A partir du 22 avril à 00h20 |
| Mardi | |
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- Kamo, Kyoto he Iku. / 鴨、京都へ行く。 (Fuji TV) L'histoire : une jeune femme carriériste travaillant pour le Gouvernement à Tokyo hérite de sa défunte mère... d'une auberge traditionnelle en bien mauvais état à Kyoto. L'avis : ces histoires de femmes qui réapprennent le plaisir de gérer une maisonnée (fut-elle un hôtel) au lieu de mener une carrière ambitieuse, ça vend vraiment du rêve. > A partir du 9 avril à 21h |
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- Kasuka na Kanojo / 幽かな彼女 (Fuji TV) L'histoire : un prof peu passionné par son métier, et capable de voir des fantômes (qu'il n'aime pas non plus) va progressivement changer au contact d'une revenante pas comme les autres. L'avis : bah oui mais s'il avait fait partie d'un gang dans sa jeunesse, il verrait la vie autrement. Aussi. > A partir du 9 avril à 22h |
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- Dai ni Gakushou / 第二楽章 (NHK) L'histoire : deux femmes qui se destinaient à une carrière dans la musique classique se retrouvent par hasard 17 ans après avoir joué dans le même orchestre. Elles ont des vies radicalement différentes... et sont cruellement jalouse de l'autre. L'avis : ç'aurait été intéressant si, cliché parmi les clichés, la série ne promettait pas de baloter l'époux de l'une là-dedans. > A partir du 16 avril à 22h |
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Mercredi |
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- Iryuu Sousa / 遺留捜査 (TV Asahi) - saison 3 L'histoire : l'enquêteur lisant la vérité dans les objets inanimés est de retour, et c'est à toute la téléphagie que ça joue un mauvais tour. L'avis : et tuer la poule aux oeufs d'or ?! Soyons sérieux. Bon, d'accord : aux oeufs d'argent, mais quand même. > A partir du 17 avril à 21h |
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- Kazoku Game / 家族ゲーム (Fuji TV) L'histoire : l'arrivée d'un tuteur dans une famille dysfonctionnelle, qui leur change la vie. L'avis : apparemment l'adaptation TV/le remake du film éponyme de... 1983. Rien, pas même les décennies, n'arrête les repompeurs des chaînes, et c'est un fait universel. > A partir du 17 avril à 22h |
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- Kumo no Kaidan / 雲の階段 (NTV) L'histoire : sur un îlot déserté de l'archipel, il n'y a plus de médecin. Un homme va commencer à exercer la médecine illégalement pour rendre service aux derniers habitants. L'avis : j'ai vraiment un truc avec les histoires de périphérie abandonnée. Ca date de Ruri no Shima, je pense. Dommage qu'on nous prépare aussi un triangle amoureux plus classique outre cette douloureuse question. > A partir du 17 avril à 22h |
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- Meshibana Keiji Tachibana / めしばな刑事タチバナ (TV Tokyo) L'histoire : les aventures, adaptées d'un manga éponyme, d'un flic qui est incollable sur la cuisine populaire. L'avis : un autre de mes péchés mignons ? Les séries de bouffe. Même s'il est suprêmement pourri, rien ne se mettra entre un pilote de série de bouffe et moi. RIEN, vous entendez. > A partir du 10 avril à 23h58 |
| Jeudi | |
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- Keiji 110 kg / 刑事110キロ (TV Asahi) L'histoire : un petit planton sans importance, mais doté d'un 6e sens lorsqu'il s'agit de comprendre de quoi ont besoin les gens, est subitement promu chef d'une division d'enquêtes. L'avis : c'est bien, ça nous change de euh non pardon. > A partir du 25 avril à 20h |
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- Doubles / ダブルス (TV Asahi) L'histoire : une nouvelle unité d'élite est créée afin de gérer les crimes les plus violents du district le plus soumis à la criminalité, mais ce pourrait aussi être un simple coup médiatique. Deux hommes y sont affectés et tentent de surmonter leur différence pour résoudre des enquêtes. L'avis : le nombre de fois où des chaînes nippones ont tenté de nous ressuciter BOSS sans ressuciter BOSS, avec quelques menues variations (ici buddy cop show), je compte même plus. > A partir du 18 avril à 21h |
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- Sennyuu Tantei Tokage / 潜入探偵トカゲ (TBS) L'histoire : après une tragédie dans laquelle il pense avoir une responsabilité, un enquêteur de talent s'est retiré de la police, devenant détective privé en dilettante. Aidé de son assistante, il finit pourtant par aider à nouveau la police. L'avis : Monk... sans les TOCs. Qu'est-ce qu'on s'éclate. > A partir du 18 avril à 21h |
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- LAST CINDERELLA / ラスト シンデレラ (Fuji TV) L'histoire : une jeune femme qui ne cherche ni à être belle ni à trouver l'amour va quand même finir par changer d'avis. L'avis : parce que nan mais ho. Et aussi parce qu'elle se comporte tellement comme un garçon qu'il lui pousse une barbe. I SHIT YOU NOT. Vous la sentez arriver, la review féministe outrée ? Moi aussi, donc rendez-vous est pris. > A partir du 11 avril à 22h |
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- Detarame Hero / でたらめヒーロー (NTV) L'histoire : un bon à rien se retrouve, à la mort de sa soeur, responsable de son neveu qu'il ne connait pas, mais qui possède des bonbons magiques qui donnent des superpouvoirs à notre incapable. Avec l'aide d'un ami policier, il devient donc un vigilante... L'avis : "tu regardes toujours tes séries japonaises débiles ?"/"rha, mais elles sont PAS déb-... ahem, nan tu sais quoi, oublie". > A partir du 4 avril à 23h58 |
| Vendredi | |
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- Tsuma wa, Kuno / 妻は、くノ一 (NHK BS Premium) L'histoire : dans ce dorama historique, un astronome jusque là rêveur tombe sous le charme de la compagne qui lui est attribuée. Mais peu après leur mariage, elle disparait dans d'étranges circonstances. L'avis : un homme passionné par les étoiles, une femme ninja... les séries historiques nippones remontent dans mon estime ces derniers temps, et celle-ci participe au mouvement. > A partir du 5 avril à 20h |
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- TAKE FIVE / TAKE FIVE (TBS) L'histoire : il y a 20 ans, Masayoshi Homura et son équipe de voleurs, surnommés les "TAKE FIVE", ont décidé de se ranger. Mais voilà que Homura, devenu professeur, reçoit une étrange incitation à voler une célèbre toile... L'avis : hm, si ça n'est pas procédural, ça pourrait être intéressant d'assister à un Ocean's 5 en version japonaise... > A partir du 19 avril à 22h |
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- Otenki Oneesan / お天気お姉さん (TV Asahi) L'histoire : une météorologue surdouée (elle a eu son diplôme à 11 ans) utilise sa connaissance de la météo, du climat et même de l'astronomie pour résoudre des enquêtes. L'avis : laissez-moi réfléchir... > A partir du 12 avril à 23h15 |
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- Vampire Heaven / ヴァンパイア・ヘヴン (TV Tokyo) L'histoire : deux femmes vampires mises au rebut de leur vampirique société tombent toutes les deux sous le charme d'un humain. PAR CHANCE ! Quand elles jouent de la musique, l'envie de lui aspirer le sang disparait. L'avis : il y a contradiction dans les termes. > A partir du 12 avril à 00h12 |
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- Minna! ESPer Dayo! / みんな!エスパーだよ! (TV Tokyo) L'histoire : un lycéen se réveille un jour en découvrant qu'il a des pouvoirs de télépathie. En fait, il réalise que tout son patelin a des pouvoirs surnaturels... L'avis : adaptation d'un manga dont je me demanderais bien ce qu'il vaut, si l'heure de diffusion de la série ne me donnait déjà une idée de la réponse. > A partir du 12 avril à 00h52 |
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Samedi |
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- Ooka Echizen / 大岡越前 (NHK BS Premium) L'histoire : un biopic retraçant la vie du magistrat éponyme qui a géré les affaires administratives et judiciaires d'Edo au 18e siècle. Son humanité et son sens de la justice en ont fait une légende. L'avis : à noter qu'une série du même nom (et forcément avec le même sujet) avait été diffusée par TBS entre 1970 et... 1999 ! L'un des jugements de ce personnage historique est absolument délicieux : à un marchant qui prétendait que sentir ses plats était du vol, Ooka Echizen a réclamé le paiement de l'odeur de ses plats par le son des pièces équivalant à son prix. Perfection. > A partir du 30 mars à 20h |
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- 35 Sai no Koukousei / 35歳の高校生 (NTV) L'histoire : une femme de 35 ans reprend, étrangement, le chemin du lycée. Si elle tente de se fondre dans la masse, c'est évidemment impossible, d'autant qu'elle semble richissime. L'avis : une nouvelle variante de l'adulte qui intervient dans les problèmes d'ados, puisque la chose qui fait sortir notre lycéenne ménopausée de ses gonds est la violence et le harcèlement. > A partir du 13 avril à 21h |
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- Goen Hunter / ご縁ハンター (NHK) L'histoire : après s'être consacrée à sa mère et à son travail, une célibataire de 40 ans mise à la porte par ladite mère (qui se remarie) remet en question sa valeur sur le marché du mariage. Mais son esprit de compétition reprend vite le dessus... L'avis : j'vous préviens, encore un pitch comme ça, et je commence à tuer des chatons. Mais des chatons célibataires, alors ça va. > A partir du 13 avril à 21h |
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- Sodom no Ringo / ソドムの林檎 (WOWOW) L'histoire : choquée par le suicide de son ex, une éditrice découvre qu'il avait une autre femme dans sa vie, et qu'elle est accusée de son meurtre. En remontant dans le passé de l'étrange créature, l'éditrice fait de curieuses découvertes... L'avis : je sais pas pourquoi, j'ai une sorte d'Atami no Sousakan feeling sur ce coup. Vous vous souvenez d'Atami no Sousakan ? Au pire, je me referai une intégrale, tiens. > Depuis le 23 mars à 22h |
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- Machigawarechatta Otoko / 間違われちゃった男 (Fuji TV) L'histoire : lors d'un casse dans un restaurant de sushi, deux voleurs médiocres sont pris pour des sommités de la cuisine. Impossible de s'enfuir ! L'avis : maudites séries de bouffe, elles auront ma perte. Et ce sera délicieux. > A partir du 13 avril à 23h10 |
| Dimanche | |
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- Soratobu Kouhoushitsu / 空飛ぶ広報室 (TBS) L'histoire : une journaliste insistante et douée en interviews explosives se voit confier contre son gré un reportage informatif sur les forces de défense, où elle va susciter des réactions épidermiques, notamment auprès d'un pilote. L'avis : amis Japonais, n'avons-nous rien appris de TOKYO Airport sur l'intérêt des avions dans les séries ? Rien ?! ...Et pourtant, j'ai envie de laisser le bénéfice du doute. > A partir du 14 avril à 21h |
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- Kogure Shashinkan / 小暮写眞館 (NHK) L'histoire : après avoir, avec sa famille, emménagé dans un vieux studio photo qui n'avait pas servi depuis 50 ans, un jeune garçon découvre la photographie de ce qui ne peut être qu'une femme-fantôme, et, intrigué, tente de comprendre ce qui se cache derrière cette étrange histoire... L'avis : une histoire un tantinet originale qui peut fournir le pire comme le meilleur, en tous cas ma curiosité est piquée. > A partir du 31 mars à 22h |
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- Mayonaka no Panya-san / 真夜中のパン屋さん (NHK BS Premium) L'histoire : l'histoire d'un étrange boulanger débutant dont l'échoppe n'ouvre qu'à minuit... L'avis : après un peu de flou, la série s'est enfin trouvé une date de diffusion. Reste à voir si elle partage autre chose qu'une vague parenté avec Shinya Shokudou. Vous vous souvenez de Shinya Shokudou ? Au pire, je me referai une intégrale, tiens. > A partir du 28 avril à 22h |
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- Haitatsu Saretai Watashitachi / 配達されたい私たち (WOWOW) L'histoire : un homme en pleine dépression décide qu'avant de se suicider, il délivrera les 7 lettres jamais distribuées qu'il a trouvées par hasard dans un bâtiment abandonné, ignorant qu'il va changer des vies au passage. L'avis : si WOWOW ne tombe pas dans l'exagérément larmoyant, on tient ptet le bon bout. Et vu que justement, on parle de WOWOW... > A partir du 12 mai à 22h |
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- BAD BOYS J / BAD BOYS J (NTV) L'histoire : adapté du manga BAD BOYS, la vie de 3 bikers qui sillonnent la région de Hiroshima afin de s'imposer comme le gang le plus important. L'avis : et dans le fond il était temps. Avec tous ces bikers reconvertis en professeurs peu conventionnels, passer un peu de temps dans la (puissante) culture motorisée japonaise ne serait pas du luxe. > A partir du 6 avril à 00h50 |
Outre ces nouveautés, rappelons que Yae no Sakura, sur la NHK, entame son deuxième trimestre de diffusion.
Oh. Bon. Bof... je sais pas si c'est moi, mais j'ai l'impression qu'il y a quand même beaucoup de poulet cette saison. Vous trouvez pas ? Il en va se nicher même dans les séries culinaires ! Si on peut plus manger autre chose que de la poularde, je ne m'amuse plus tant que ça... Bon, j'exagère évidemment, car il n'y a quand même pas QUE des séries policières cette saison, mais c'est un peu déprimant, comme panorama. Sans compter que quand il ne s'agit pas d'enquêtes, les personnages sont presque tous masculins, cette saison ! Je ne sais pas ce qu'il se passe tout d'un coup, mais ça fait bizarre. Bon alors, oui, il y a par exemple LAST CINDERELLA et Goen Hunter mais, hm, bon, occultons-les tout-à-fait afin de m'éviter une énième poussée d'urticaire face au sexisme des séries japonaises.
Et dans la foulée, on fera de la psychologie de comptoir à propos du Japon un autre jour. Mais sérieusement, entre les flics chargés de crimes à longueur de saison, les femmes célibataires avec une date de péremption, et les populations jeunes à problèmes, j'ai quand même envie de prescrire du Xanax à tout l'archipel, ils me font de la peine à voir comme ça.
Rares sont les idées, vous l'aurez compris, à m'avoir enthousiasmée. Après on est d'accord qu'il n'y a rien de plus imprévisible qu'un pitch de série nippone, mais enfin, là, j'ai autant de me ruer sur des pilotes japonais du printemps que de choper la dysentrie. Il faudra attendre de voir le traitement des pilotes qui nous passeront à portée de main pour, peut-être, découvrir des perles, mais là tout de suite, dorama, dysentrie, dorama, dysenterie... ouais, définitivement la dysentrie.
Que reste-t-il à dire encore ? Eh bien, ce que VOUS, vous pensez de cette nouvelle saison japonaise, ça serait pas mal. Allez-y, dites-moi tout, je vous écoute : quelles sont les nouveautés qui vous font envie plus que d'une dysenterie ?













































