ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

01-11-12

Paris sera toujours Paris

Le challenge que whisperintherain et moi-même nous sommes lancé inclut les pilotes de séries françaises diffusés cette saison. Je vous avoue que dans un premier temps, l'idée n'était pas pour me ravir. Mais puisque j'ai embarqué l'ami whisper dans un programme qui inclut des pilotes canadiens et australiens, il me semblait, après mûre réflexion, juste d'y inclure les pilotes français aussi. Quitte à traîner parfois la patte.
Aujourd'hui, voilà donc un post dédié à un pilote de séries française, et, comme c'est la coutume, la review de whisperintherain sera en lien au bas de ce post à titre de comparaison...

Cain

Est-ce que je me ramollis ?
Depuis quelques mois, des séries françaises, j'en regarde... ce qui veut dire que j'en regarde beaucoup plus qu'il y a un ou deux ans de ça, vu que je n'en regardais pas du tout. Logique. Je tente plus de pilotes qu'avant, d'une part, et il m'arrive de regarder de temps à autres des saisons entières, ce qui signifie que dans cette masse de pilotes, il y en a qui réussissent à me convaincre de leur potentiel et/ou de leurs qualités. Mais est-il possible que je sois tout simplement plus facile à convaincre depuis que j'ai décidé de donner leur chance aux séries françaises ? C'est toute la question.
Par exemple, mon enthousiasme autour d'Ainsi Soient-Ils m'avait un peu effrayée. C'est rare, pour ne pas dire inédit, que je me montre ravie de regarder une série française de bout en bout. Plus tôt cette année, j'avais par exemple regardé l'intégralité de la première saison de Kaboul Kitchen avec, parfois, l'impression de vouloir aller au bout par principe, et non parce que la série me captivait ; c'était "pas mal", et je décidais de m'en contenter. Avec Ainsi Soient-Ils, en dépit des défauts (et on y reviendra dans le bilan de saison), la question ne s'est pas posée à mes yeux. Est-ce que par hasard j'ai pris l'habitude d'abaisser mes standards, ou bien Ainsi Soient-Ils est vraiment une bonne série ? La question vaut la peine d'être posée.

Voilà comment le vérifier : regarder le pilote de Caïn.

Ah ça, on tient là un pilote qui permet de remettre les pendules à l'heure. Toutes mes craintes d'être désormais trop tendre avec les séries françaises se sont envolées devant ces 54 minutes. Je vous le dis comme je le pense : c'est pas encore aujourd'hui que je vais faire preuve de laxisme de principe avec des séries françaises ! Nan vraiment, tout va bien !

Caïn commence avec ce qui est certainement l'une des plus mauvaises scènes d'ouverture jamais écrites pour un pilote. Et il m'arrive de regarder quelques pilotes chaque année... L'idée directrice de cette scène est de prouver que le personnage central de la série n'a pas la langue dans sa poche, qu'il est cynique et/ou sarcastique à volonté, et qu'il ne s'embarrasse pas vraiment de ce que pensent les autres. Ah, et qu'il est flic, évidemment. Mais en voulant dire tout ça sur son personnage central, cette scène d'ouverture se montre épouvantablement caricaturale, et creuse. Les répliques pourraient faire mouche si on n'avait pas l'impression qu'on n'est là que pour ces mêmes répliques, et que la trame de l'histoire n'est qu'un prétexte.
Et puis, de toute façon, pourquoi s'intéresser à cette enquête si même le héros se contrefiche de la victime comme du crime ?

Outre sa passion pour le non-politiquement correct, pour les blagues sexistes, voire peut-être même racistes (je suis pas certaine d'avoir bien compris la blague du "nègre" qui était "voué à finir comme ça"), et les références à son accident histoire de clouer gratuitement le bec à ses interlocuteurs en faisant semblant de ne pas tomber dans le misérabilisme, le personnage de Fred Caïn n'est pas le seul problème. Il est aussi accompagné d'un personnage transparent, sa coéquipière. Je ne sais pas si c'est l'actrice (j'ai de fortes suspicions cependant), mais franchement, on dirait que Caïn la rend plus intéressante qu'elle ne l'est ; j'ai rarement vu un personnage aussi apathique. A un moment, j'ai cru que c'était une tentative de faire quelque chose similaire à Saga Norén dans Bron/Broen, mais non, pas du tout, il est vraiment pourri et fade.

Le besoin de la série de montrer un personnage aux méthodes peu orthodoxes, forcément mal vues par la hiérarchie (mais la hiérarchie l'aime bien quand même, ce filou de Caïn, allez), est un peu maladif. On a plusieurs fois dans l'épisodes des démonstrations de ces méthodes contestables, mais rien ne les justifie jamais si ce n'est le besoin compulsif du personnage de vouloir faire le clown.
Et puis, cette enquête qui traine en longueur, cette intrigue secondaire sans intérêt plaquée là alors que même les scénaristes n'ont pas envie d'y consacrer plus de 2 minutes de réflexion... c'est vraiment pénible. Il n'y a rien pour sauver les meubles.

Alors que tout le monde se rassure : certaines choses sont immuables. Et elle n'est visiblement pas encore diffusée, la série policière française qui me convaincra.
Peut-être que si Caïn, justement, n'avait pas été une série policière, elle aurait fait une très convenable comédie : les dialogues sont bons, simplement dans le contexte d'enquêtes policières traitées par-dessus la jamble, ils décrédibilisent la série au lieu de lui apporter du cachet. Dans le fond, il n'est pas déplaisant, ce personnage. C'est juste que ça ne m'intéresse pas de le voir faire semblant de bosser sur le sort d'une femme retrouvée brûlée dans sa voiture quand de toute évidence, ni les protagonistes, ni les scénaristes, ni les spectateurs, ne se passionnent pour l'affaire. Autant plaquer le commissariat et se reconvertir dans le stand-up.
Oh, pardon.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:45 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

31-10-12

Groundhog Christmas day

A ce stade, pour jouer franc jeu, je fais n'importe quoi. Il y a des pilotes, notamment dans le cadre du défi avec whisperintherain, que je n'ai toujours pas reviewés (à l'instar de Puberty Blues), et à côté de ça, j'en évoque d'autres dans les heures suivant leur diffusion. En toute sincérité, et comme d'ailleurs à peu près chaque saison, c'est le chaos total dans mon planning téléphagique. Mais qu'importe, car je suis aussi d'humeur à regarder un peu plus de comédies, et l'humeur, c'est très important pour apprécier une série à sa juste valeur.
Voici donc venue l'heure de parler d'A Moody Christmas, une comédie diffusée par ABC1 ce matin (enfin, ce soir si on se base sur l'heure locale ; les délices du décalage horaire en téléphagie !), et comme d'habitude, un lien vers le blog de mon co-reviewer whisper vous attend au bas de ce post à titre de comparaison.

AMoodyChristmas-Big

Beaucoup de monde fête Halloween aujourd'hui ; même en Australie où, comme en France, la fête a ses râleurs ("ce n'est pas notre tradition, c'est purement commercial !") et ses amateurs ("on s'en fiche, c'est marrant !"). Comme pour éviter le débat, ABC1 s'est piquée de lancer en ce même jour une comédie explicitement dédiée à Noël. Ca ne s'invente pas.

A Moody Christmas est l'histoire de Dan, un jeune photographe qui s'est expatrié à Londres, où il vit avec sa petite amie. Quand vient Noël, cependant, il prend chaque année la direction de l'aéroport pour partir retrouver sa famille à Sydney. Une famille comme il en existe tant d'autres, avec des personnalités variées, et tout plein d'histoires. Dan a deux frères et une soeur, et tous ont atteint l'âge adulte, mais chacun vit différemment et, être le seul à habiter désormais loin du domicile des parents, forcément, ça n'aide pas à s'intégrer alors qu'on est déjà le petit dernier de la famille.
Dans A Moody Christmas, nous allons suivre, chaque année, un Noël différent de la famille Moody, et donc un calvaire de plus pour Dan.
Car comme chacun sait, la famille, on ne devrait jamais la rencontrer pendant les fêtes de famille.

Dans ce premier épisode, toutefois, tout ne commence pas sur le ton de la plaisanterie : Dan pensait faire le voyage avec sa petite amie, or celle-ci le plaque là, juste avant l'embarquement (très classe, au passage). Triste, fatigué, et peu motivé, Dan fait donc le trajet jusqu'à Sydney où sa famille ne va lui laisser aucune seconde de répit, ce qui n'arrange rien ; et le délire de ces personnages hauts en couleurs qui composent son arbre généalogique va progressivement devenir intolérable pour lui.

Mais il n'est pas question ici, ou si peu, d'offrir des personnages unidimensionnels. Nombreux sont ceux qui au contraire, par leurs paroles autant que leurs actes, vont dévoiler quelque chose de très sincère sur les membres qui composent une famille. On est dans un contexte où tout le monde est réuni pour faire la fête, mais où chacun arrive avec ses antécédents, des dynamiques particulières, et des souvenirs à propos des autres. Quand la soeur de Dan annonce en grande pompe qu'elle est enceinte, et qu'elle et son mari en font tout un foin (oh, ça va finir sur STFUParents, ça...), craignant même d'être éclipsés par le fait que la mère de Dan a eu un cancer et qu'elle est en rémission, on a par exemple un moment très vif pendant lequel, en trois lignes de dialogues à peine, on fait vivre tout un tas de vieilles rancoeurs, de frayeurs familiales et d'ego froissés, et cela en dit long sur l'histoire de cette famille comme de ses membres. Le travail fait sur plusieurs minuscules scènes (le mari de la future-maman se versant à boire, l'oncle officier des douannes et sa façon de toujours placer des nationalités exotiques dans sa conversation, la grand'mère convaincue que ce Noël-ci sera cette fois vraiment son dernier Noël, etc...) permet de finalement raconter, en une journée, la dynamique de toute une année, de toute une vie.

Et du coup, ce qui est le plus surprenant dans A Moody Christmas, c'est que derrière le côté résolument comique et léger (le pauvre gars qui retrouve sa famille de fou dont il s'est soigneusement mis à l'écart le reste de l'année), derrière les tempéraments agités de beaucoup des membres de la tribu Moody, derrière les conversations incessantes typiques des réunions de famille où tout le monde se parle et prend des nouvelles dans une espèce d'hystérie collective des grands jours, se cache aussi une dramédie qui fait mouche.
Ainsi, la photo qui orne le mur de la maison parentale cache une histoire à la fois originale et extrêmement touchante, qui en dit, à demi-mots, énormément sur Dan. C'est même tellement sombre qu'on n'ose y croire, en fait, vu le contexte de l'épisode lui-même.

A Moody Christmas est bien plus qu'une comédie ; c'est une très intelligente radiographie d'une famille donnée, ne ressemblant à aucune autre, mais pas forcément éloignée des nôtres, qui sous les apparences humoristiques, exagérées ou parfois extrêmes (l'intrigue du frère qui veut absolument récupérer sa tondeuse chez le réparateur, qui est évidemment fermé en ce jour de fête), raconte quelque chose de très vrai sur la famille, et sur la famille dans un jour peu ordinair... mais pendant lequel il est difficile d'être la famille de carte postale qu'on n'est pas le reste de l'année.

Evidemment, je plaisantais plus tôt à propos du timing de la série, mais vu qu'elle va s'achever à temps pour Noël, elle va progressivement devenir plus de saison à mesure qu'on progressera dans... la saison. C'est certainement un des indices qui me laissent bon espoir pour la série, sur la progression à laquelle on peut s'attendre quant à sa façon de creuser les personnages, leur background et leurs relations passées, présentes et à venir.
Je ne pensais pas que ce pilote serait aussi solide sur le fond, même si sur la forme il est parfois légèrement bordélique, et au final, je ne suis pas loin du coup de coeur...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:54 - Review vers le futur - Permalien [#]

30-10-12

En route pour l'aventure !

telephagiclifeQui est capable d'identifier de quelle série l'image vient ? On va voir ceux qui suivent.

En général, j'écris peu d'articles autocongratulateurs.
Enfin, je crois... ça se trouve je m'adonne au personal branling plus régulièrement que je ne le pense. J'ai soudain comme un gros doute. Mais par exemple je n'écris jamais de post pour vous parler du nombre d'articles écrits, de l'explosion ponctuelle de mes stats, ou autre. Sur Twitter, je ne célèbre pas non plus mon nombre de tweets ou de followers. Pas par principe, mais parce que je n'y pense même pas.
Parfois je vois d'autres blogueurs parler de leur blog-anniversaire (c'était le cas de Livia récemment), et je me dis : ah oui, moi aussi je pourrais fêter le mien... mais je l'ai pas fait les autres années, alors à quoi bon ? Bon, allez, juste pour les chiffres ronds. Ah zut, j'ai laissé passer l'anniversaire des 5 ans. Et ainsi de suite.
Peut-être que je considère depuis que j'ai ouvert ce blog (vérification faite, ça fera 6 ans en janvier) qu'il est avant tout là pour parler de séries, pas parler du blog, et encore moins de moi, mon quota Andy Warhol, mes quinze pixels de gloire. Quand je parle de quelque chose que j'ai écrit ailleurs (ça s'est produit pour mes articles sur SeriesLive par exemple), c'était parce que c'était de la matière à faire des découvertes, pas pour me faire mousser. Je ne dis pas que fêter son blog-anniversaire, c'est se faire mousser, évidemment. Je dis que je ne fais rien de tout ça, et qu'au moins je suis certaine de ne jamais franchir la ligne, d'une certaine manière.

Parfois je parle de moi, toutefois. De mes doutes sur ce que je fais, ou des changements que j'opère. Ca arrive. Et aujourd'hui est l'un de ces posts parce que je voulais partager ça avec vous.

Après des années à écrire sur les séries, je vais participer, à ma façon, à leur création.
Depuis aujourd'hui (j'attendais d'avoir signé mon contrat), je travaille officiellement avec une société de production, pour laquelle je fais de la veille, de la documentation, et j'interviens aussi ponctuellement à titre consultatif dans le cadre de développement de projets.

En gros, une grande partie de ce que je ferai pour cette société de production, c'est ce que je fais ici ; le produteur qui m'a contactée lisait ladytelephagy et m'a tout simplement demandé si j'aimerais être payée pour faire ce que je fais sur ce blog.
Pour le reste, m'assurer que je regarde au maximum ce qui se fait aux quatre coins de la planète, que sur un projet donné je suis capable de trouver d'autres séries ayant emprunté un thème similaire ou une formule approchante pour comparaison, que les droits d'une fiction étrangère donnée valent la peine qu'on investisse, ou être capable d'aider à la documentation ou la réflexion des scénaristes qui planchent sur la série que nous regarderons peut-être demain : c'est ça, ce que je vais faire dorénavant. Vous imaginez bien que j'ai hésité à accepter...

Ainsi, à mes attributions sur ce blog, à mes autres projets (parfois aux côtés de certains d'entre vous), à mes diverses lubies (bon j'avoue j'ai un peu ralenti sur l'apprentissage du Suédois avec tout ça), vient donc s'ajouter cette nouvelle fonction.

De toutes les choses que je voulais faire dans le monde de la télévision, j'avoue que la perspective de faire du consulting ne m'avait jamais effleurée (même si je sais que certains le font, je pense par exemple à Carrazé), et c'est un évènement qui m'a eue par surprise !
Je suis ravie de cette nouvelle aventure et je suis sûre que ce sera fascinant ; ça me donnera, après tout, la possibilité de pénétrer l'envers du décor, et de m'intéresser à la façon dont on fait une série française... ce qui est, je dois le dire, encore un certain mystère pour moi ! (alors que le Japon, par exemple, ça va...)

J'espère dans tous les cas que cette nouvelle fonction me donnera plein d'excuses pour vous parler de plein de séries venues de plein de pays !

Car oui, n'ayez aucune crainte, je continuerai mes posts, mes reviews, mes world tours, surtout que vous êtes toujours plus nombreux à les lire (hop, personal branling), et les premiers des changements que j'évoquais au début de l'année devraient d'ailleurs se voir de votre côté dans quelques semaines. Voilà, comme ça, c'est dit. On peut plus reculer maintenant. Sauf que maintenant, quelqu'un me paie pour faire tout ça à un rythme plus soutenu qu'ici.

...HA ! Et mon père qui disait que je perdais mon temps à regarder la télé. Pfft.

Posté par ladyteruki à 20:44 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

29-10-12

Fresh start

L'an dernier, à la rentrée, au rayon des séries de MTV, je regardais Death Valley. Ah ! C'était le bon temps... Cette année, MTV nous sort une série n'ayant rien de fantastique (au sens supernaturel du terme, j'entends) : Underemployed. Et soyons sincères, je ne suis pas dans la cible du tout.
Dans le cadre de notre désormais célèbre défi, whisperintherain publiera prochainement sa propre review, mais en attendant, voici la mienne.

Underemployed

Mon oeil traînait distraitement sur Twitter pendant que j'étais dans le métro, quand ma connexion a été interrompue. Drame quotidien. Mes yeux se sont alors arrêtés sur le dernier tweet qui avait bien voulu charger. Ce tweet disait que son auteur avait eu un coup de coeur pour Underemployed.
C'est là que j'ai réalisé le drame : un pilote US. Totalement accessible. Pas du tout regardé. Même pas cagoulé.
Mais qu'est-ce qui cloche chez moi ?! Je sais que je me traine une méchante crève pour la troisième semaine consécutive, m'enfin quand même ! Un pilote !

Je suis rentrée chez moi ventre à terre, et la première chose que j'ai faite en passant la porte, vous le devinez, a été de me procurer le pilote d'Undermployed.
Et puis il est resté quatre jours comme ça. Gros weekend, que voulez-vous.

Ce n'est finalement qu'hier que j'ai finalement regardé le pilote d'Underemployed. Je pourrais vous dire que c'est une grosse sensation de "tout ça pour ça" qui en a découlé, mais bien au contraire. J'ai adoré ce premier épisode.

Pourtant Underemployed ne semble pas vraiment avoir usé d'originalité. Son pitch rappelle par exemple énormément How to Make it in America, et, eh bien, c'est un peu un pilote de sinistre mémoire dans le coin. Le coup de la petite bande d'amis qui démarrent leur vie d'adulte dans la grande ville, apprenant au passage le sens des réalités, ça a été fait cent fois. Cent fois, vous dis-je.
La série commence donc alors que Sophie, Raviva, Daphne, Lou et Miles, finissent la fac et s'apprêtent à prendre le monde d'assaut. Chacun a ses rêves et ses espoirs ; enfin, quand on a à peine 20 ans, on appelle encore ça des projets. En tous cas, ils se voient déjà conquérir le monde, chacun dans son domaine, et conviennent que dans un an, ils se retrouveront et célèbreront ensemble leurs vies si réussies. C'est vraiment mignon, à cet âge-là. Le problème est évidemment qu'un an plus tard, la réalité s'est rappelée à leur bon souvenir, et leurs vies ne sont pas exactement telles qu'ils les avaient projetées. Mais fort heureusement, leur solide amitié ne les a jamais vraiment séparés (d'ailleurs, en-dehors d'un personnage, ils ont continué de se voir pendant l'année écoulée, deux d'entre eux vivent même en colocation), et ils peuvent se soutenir les uns les autres blah blah blah.

Et pourtant, Underemployed est capable d'être extrêmement sympathique à regarder. D'abord parce que plusieurs situations sont capables de sortir des clichés habituels, voire même, occasionnellement, de surprendre.
Ainsi, même si le principe de réalité est ce qu'il est, et les a empêchés de réussir à atteindre l'objectif qu'ils se sont fixés, nos amis rencontrent un sort variable. Autant Sophie, l'écrivain qui est certaine d'avoir en elle un immense roman, est vendeuse de donuts (c'était d'ailleurs une idée sympathique d'éviter un sort à la Diable s'habille en Prada, et lui faire prendre un boulot éloigné de ses talents), autant certains, comme Daphne, ont décroché un emploi dans le secteur qui l'intéresse mais à la condition d'être en stage non-rémunéré. Certains sont donc un peu plus près que d'autres de la "réussite" telles qu'ils l'ont définie au début de l'épisode. Au niveau des personnalités aussi, certains stéréotypes sont à la fois employés et renversés, et distribués en essayant de sortir de l'évidence, comme par exemple sur le sujet de l'homosexualité ou bien de la naïveté. Et évidemment, le personnage de Raviva nous promet une petite surprise, mais je vous laisse la découvrir car c'est avec délice que je l'ai laissée me prendre de court.

Mais l'atout numéro un d'Underemployed, c'est que, quel que soit le personnage, quels que soient le degré d'originalité de son intrigue ou les facettes de sa personnalité que nous découvrons dans cet épisode inaugural, tous les cinq sont très sympathiques.
Dans Underemployed, on aurait du mal à parler d'authenticité, tant certaines choses sont parfois exagérées, mais les personnages sont suffisamment charmants pour qu'on puisse en tous cas parler de fraîcheur. Ils sont attachants, ils fonctionnent bien en bande, la plupart sont intéressants de façon individuelle aussi, bref, ils sont plein d'énergie et donnent envie de passer un moment avec eux. On a tout de suite envie de se prendre d'affection pour eux.
Sophie et les autres ne sont pas les héros de Girls ; Underemployed emprunte des sujets sur une génération donnée qui sont intéressants, mais sans vouloir s'essayer au réalisme absolu pour les traiter. Il y a toujours des blagues, des grandes scènes de hugs collectifs, et quelques retournements de situation pas banals, à l'instar de Daphne qui négocie comme une reine son salaire (sauf que soyons honnêtes, personne dans la vraie vie ne ferait ça). Mais c'est pas grave. Toutes les séries n'ambitionnent pas d'être Girls, ça ne les empêche pas d'être une voix d'une génération. C'est clairement une fiction qui ne repousse aucune limite connue, aussi bien dans son thème que dans son traitement ; personne ne parlera d'un phénomène Underemployed.
Grâce à la façon qu'ont ces personnages d'exister, d'être pleins de vie, et de s'adorer les uns les autres, sans être absolument réaliste Underemployed aborde des choses assez peu évoquées à la télévision sur le passage à l'âge adulte, et ça fait illusion.

En fait, cette petite bande, armée uniquement de ses bonnes intentions, est avant tout chaleureuse. On ne veut pas vous inviter à vous interroger sur ce que c'est que d'appartenir à la même génération de jeunes qui entrent dans le monde adulte (ou consentent à faire légèrement semblant pour en réalité se consacrer à un matage soutenu de nombril), on veut vous inviter à faire le chemin avec eux, et parce qu'ils se soutiennent les uns les autres pendant la transition, que vous les souteniez aussi (ou même qu'ils vous soutiennent un peu si vous avez besoin d'une série pour ça ; dés fois que dans la grande ville vous n'ayez pas, vous, quatre copains pour le faire). Underemployed est une aventure un peu idéaliste sur des personnages un peu idéalistes. Même quand ils font des concessions, temporaires ou non, c'est en gardant leurs étoiles dans les yeux, et dans la bonne humeur, et ça fait sûrement chaud au coeur de voir ça, quand bien même ce n'est pas très réaliste ou authentique.
Mais Underemployed offre des situations et surtout des personnages d'une grande fraîcheur, efficaces en diable pour vous mettre un sourire aux lèvres quand bien même on y parle de convictions piétinées et de potentiel contrarié, à un point tel qu'une vieille conne telle que moi qui a passé le cap de ces changements est capable de trouver tout cela charmant. Ou peut-être à cause de ça, je sais pas en fait.

Alors du coup, je me suis dépêchée d'écrire ma review sur le pilote, parce que nom de nom, il faut que je regarde le deuxième épisode. Et celui-là, il ne va pas dormir quatre jours sur un coin de disque dur.
Je ne sais plus du tout qui a tweeté sur Underemployed il y a quelques jours. Qui que tu sois, je partage ton enthousiasme.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 22:18 - Review vers le futur - Permalien [#]

27-10-12

lady's world tour - Escale n°18

-- World Tour --
Une vingtaine de jours est passée depuis notre dernier world tour (j'ai été très occupée, mais je vous en dis plus dans un prochain post, promis), et nous avons donc du pain sur la planche, à plus forte raison parce que des dates de lancement de plusieurs séries se rapprochent, et que ce serait dommage de les manquer.
Alors, si vous le voulez bien, passons directement au nerf de la guerre !

CoteOuestAudiovisuel

- AFRIQUE :

* La société Côte Ouest Audiovisuel, qui produit des séries distribuées dans toute l'Afrique (comme la sud-africaine The Wild, mais aussi des séries US), se lance dans le développement de sa propre série, intitulée Inspector First Class. Cette dramédie, apparemment inspirée par la Panthère Rose, se déroulera dans une unité d'enquêtes qui n'est jamais prise au sérieux, appremment à raison ! Une distribution constituée d'acteurs venus du Kenya, Ghana, d'Afrique du Sud et du Nigeria permettra en outre à la série d'être vendue sur plusieurs territoires. Les premières diffusions pourraient commencer dés mars 2013, et d'autres productions de Côte Ouest devraient bientôt lui emboiter le pas.

DerLandarzt

- ALLEMAGNE :

* Si vous avez moins de 23 ans, vous êtes plus jeune que les séries Der Landarzt et Forsthaus Falkenau, deux instutitions de ZDF. Créées respectivement en 1986 et 1989, ces deux séries familiales ont été annulées par la chaîne, qui souhaite moderniser sa grille. Il faut dire que les deux victimes couvrent à elles deux la quasi-totalité de l'access primetime du vendredi soir, à 19h25 pour être précise ; ainsi, quand la 21e saison de Forsthaus Falkenau s'est achevée en septembre, c'est la 22e saison de Der Landarzt qui a pris le relai ! Tout cela à raison de 22 épisodes par saison en moyenne, vous comprenez aisément que les deux séries puissent manquer de fraîcheur... Si Der Landarzt s'achèvera sitôt ses derniers épisodes diffusés, Forsthaus Falkenau a cependant encore un petit sursis devant elle, puisqu'une 22e saison avait déjà été commandée. Bon, va pour une 22e saison, mais après c'est vraiment tout, hein !
* Toujours au rayon longévité, place cette fois au soap Unter Uns, sur RTL. A côté des précédentes, la série fait petit joueur, puisqu'elle n'a vu le jour qu'en 1994, mais comme il s'agit d'une série quotidienne, elle a quand même dépassé les 4000 épisodes ! Et justement, là aussi, la problématique est de savoir s'adapter à la modernité. Sauf que le choix de la production d'Unter Uns, c'est de s'essayer à la websérie : Des Jägers Herz, c'est son nom, est une mini-série en 5 épisodes visible exclusivement sur le site de RTL depuis lundi, et qui fait office de spin-off. Bon alors, vous allez me dire : 5 malheureux épisodes, pas de quoi fouetter un chat. Sauf que non ! Parce que dans les épisodes d'Unter Uns qui seront diffusés en avril, l'intrigue développée dans Des Jägers Herz sera vitale pour comprendre l'intrigue ! ...En avril ? C'est pas un peu loin ? Eh bien oui et non, puisque, la série fêtera ses 18 ans le 28 novembre prochain, et que le personnage central de Des Jägers Herz y jouera un rôle capital. Bon, vous l'avez compris, tout est fait pour donner une raison aux fans de tenter cette étrange mini-série (on y verra le héros confier ses états d'âme après un meurtre, alors qu'il est en fuite en Amérique du Sud), et l'imbriquer dans la narration de la série principale. Et d'ailleurs pourquoi pas ?
* RTL a également commandé un backdoor pilot pour une série nommée pour le moment Mantrailer (la prod n'a pas l'air très sûre de le conserver, je confirme que ça mériterait d'y réfléchir encore un chouilla). Pour ce téléfilm de 90 minutes, qui donnera peut-être une série si les audiences sont au rendez-vous, on plongera dans l'univers de la médecine légale, alors qu'une femme coroner et un enquêteur travaillent sur une série de meurtres d'une grande brutalité, perpétrés contre des membres d'une unité d'intervention spéciale. Le téléfilm/pilote potentiel de Mantrailer est prévu pour le premier semestre 2013.
* On est en octobre, donc quoi de plus logique que de commencer à parler de Noël ? Voici quelques unes des festivités télévisuelles auxquelles les spectateurs allemands peuvent s'attendre sur ARD. Tout d'abord, j'apprends comme vous que l'Allemagne aussi a des "Christmas Special" (sauf qu'évidemment ça porte le nom de Weihnachtsspecial), et ce sera le cas de la comédie Um Himmels Willen, une série qui compte actuellement 11 saisons qui suit les tribulations d'une bonne soeur (rien à avoir avec Ainsi Soient-Ils cependant) puis de sa soeur, également bonne soeur. Vous suivez ? Ce sera le 3e Weihnachtsspecial pour la série, en attendant la 12e saison prévue pour pour 2013. "Mission unmöglich", c'est le nom de cet épisode spécial qui sera diffusé le 20 décembre, se déroulera au Nigeria, marquant le retour de la première bonne soeur, qui part à la recherche de sa soeur, la bonne soeur. J'ai la tête qui tourne, je vais m'asseoir. Sinon, plus simple, il y a aussi Baron Münchhausen, une mini-série en deux épisodes (au lieu de trois initialement prévus), qui suit les aventures du fameux baron alors qu'il fait la rencontre d'une petite fille qui lui affirme être la chair de sa chair. Ne la croyant pas, le célèbre personnage décide de voyager jusqu'à St Petersbourg pour la ramener chez sa mère, mais évidemment bien des embûches les attendent en chemin...
* Pour finir, il semblerait que HBO se prépare à co-produire une série avec Sky Deutschland, se déroulant pendant la Guerre Froide. C'est intéressant parce que jusque là, HBO co-produisait rarement avec l'étranger en-dehors de la BBC ; pour l'instant je n'ai pas trouvé beaucoup plus de détails.

Underbelly-logo

- AUSTRALIE :

* Commençons d'abord par poser, là, d'entrée de jeu, que les chaînes australiennes font leurs upfronts pour l'année 2013 en ce moment, et qu'on se fera un gros récap quand tout le monde y sera passé. Ou presque, puisque le groupe public ABC a décidé de ne pas y prendre part. C'est dommage, c'est également là qu'on commande le plus de fictions originales, mais que voulez-vous. Donc pour Seven, Nine, Ten, et SBS (et apparemment Foxtel), rendez-vous pour un post à part dans quelques jours.
* Si vous avez toujours rêvé de vivre dans le contexte d'une série de la franchise Underbelly (mais... pourquoi ?), vous allez être heureux d'apprendre qu'un jeu video est sorti pendant que le world tour avait le dos tourné. Appelé Underbelly: Skirmish, le jeu est depuis la mi-octobre accessible via iTunes au tarif de 1,99$ US pour l'iPhone, et 2,99$ US pour l'iPad, mais devrait également sortir dans une version compatible Android. Bon par contre, on a les prix, mais pas vraiment une description très claire du jeu lui-même, présenté comme, je cite, "une version stylisée du classique Cops 'n Robbers". Alors, j'ai googlé Cops 'n Robbers, et ça ne m'a pas du tout rassurée ! Il y a également une page Facebook qui tente vaguement de nous en dire légèrement plus avec un trailer, mais on en retiendra surtout la réorchestration du thème de la série ; toutefois on n'est pas plus rassurés sur le contenu du jeu. Dans tous les cas, si vous voulez tenter : sur l'appstore, ça se passe juste ici. C'est votre pognon, après tout.
* Les commémorations de la Première Guerre mondiale et de la bataille de Gallipoli approchent. On peut compter au nombre de trois, à présent, les chaînes ayant décidé de produire quelque chose à cette occasion. On savait déjà qu'il y avait la bien nommée Gallipoli sur Nine, sur la bataille elle-même ; il y a également un projet de mini-série pour Foxtel, suivant les journalistes qui couvraient les actions des troupes. Eh bien sur la pile, on peut maintenant à présent ajouter une co-production entre ABC1 et la société Screentime (Underbelly justement, mais aussi Cloudstreet), qui s'intéressera au personnel médical des ANZAC. Six épisodes sont prévus pour parler d'histoires vraies, puisque la série sera inspirée d'un livre de Peter Rees qui reprenait des lettres, des journaux et des témoignages d'infirmières qui étaient présentes sur le champ de bataille. Pour ceux qui aiment les séries de guerre, et j'en suis généralement, il faut dire qu'on va avoir l'embarras du choix ! Les Australiens vont également avoir au moins un film sur grand écran, les petits veinards. J'ai l'impression d'entendre des milliers d'écoliers australiens soupirer par avance d'un air excédé. Pour votre culture perso, en Australie, ça faisait depuis ANZACS, une mini-série de Nine datant de 1985 sur le même sujet, qu'aucune fiction télé ne s'était intéressée aux évènements.
- Bon, pour finir sur l'Australie, j'ai deux trailers pour vous. Vous le savez (ou plutôt, vous ne le savez pas, parce que vous n'avez pas lu les commentaires du dernier world tour, et que j'ai pas mis le Pilot Watch à jour depuis plus d'un mois), plusieurs séries s'apprêtent à démarrer dans les prochains jours. Il y aura d'abord, le 31 octobre sur ABC1, A Moody Christmas, une dramédie qui a subi de nombreux changements de nom pendant son développement (This Christmas, New Christmas...) qui raconte comment une famille pas très sentimentale célèbre, chaque année, la fête familiale la plus sentimentale du calendrier. Chaque épisode se déroule à un Noël différent, alors que le fils, expatrié à Londres, revient vivre son calvaire annuel en Australie. A l'occasion du lancement d'A Moody Christmas, ABC lance aussi un concours pour gagner des cadeaux de Noël : il suffit pour les spectateurs d'envoyer leur plus embarrassant souvenir de fête de famille. Dommage, seuls les Australiens peuvent jouer.

* Le lendemain, soit le 1er novembre, pour ceux qui refusent de faire du calcul le weekend, la série Redfern Now débarque également sur ABC1 (merci d'exister, ABC1 !). En préparation depuis 2010, et après avoir pris un peu de retard pour apparaitre dans les grilles puisqu'à l'origine elle devait être diffusée en 2011, la série s'intéresse à la communauté aborigène, laissant donc une grande part aux membres de cette communauté devant mais aussi (voire surtout) derrière la camera. Redfern Now racontera 6 destins se croisant dans une même rue du quartier de Redfern, une banlieue défavorisée ; l'un des réalisateurs et acteurs de la série explique que c'est la même intention que The Slap, à savoir dépasser les stéréotypes pour comprendre la complexité et la diversité d'un même microcosme. Comme si ça ne suffisait pas pour nous mettre l'eau à la bouche, dans Redfern Now, la production s'est adjoint les talents de Jimmy McGovern, no less, créateur de bien des séries britanniques à succès, et qui a récemment prouvé qu'une anthologie ne lui faisait pas peur avec Accused, par exemple. Je vais être sincère avec vous, on dirait bien que ça valait méchamment la peine d'attendre, et la bande-annonce est tout simplement magnifique !

Suburbia-Metro

- BRESIL :

* Vous aviez des plans pour cette semaine ? Arrêtez tout ! Subúrbia, la nouvelle série réalisée par Luiz Fernando Carvalho, commence le 1er novembre sur Rede Globo ! Pour rappel, la série s'intéresse à l'histoire d'une femme noire, Conceição, qui arrive à Rio de Janeiro pour commencer une nouvelle vie ; l'histoire a été écrite par Paulo Lins, auteur de La cité de Dieu, et apparemment, il a commencé par écrire son histoire en prose avant de s'adapter lui-même avec notre ami Luiz, un procédé pour le moins original. Comme je n'ai pas réussi à l'intégrer, vous pouvez aller ici pour découvrir la bande-annonce de la série ; le moins qu'on puisse dire, c'est que Luiz n'est pas allé là où on l'attendait ! Ah et pour ceux qui se demandent, la photo ci-dessus, ce sont les rames des métros qui circulent au Brésil à l'effigie de la série. Juste pour que vous ayez bien le bourdon demain, quand vos emprunterez vos moyens de circulation habituels sur lesquels aucune série n'a été taggée. Accessoirement, si vous avec un abonnement à Canalsat Caraïbes (ce que implique que je m'adresse à ceux de mes lecteurs qui vivraient dans les Antilles ou en Guyane), vous le savez sûrement mais depuis quelques mois, TV Globo est dispo sur le canal 24. Voilà, vous savez tout.
* La telenovela Avenida Brasil s'est achevée le 19 octobre à 21h sur Rede Globo, et les scores de son ultime épisode font d'elle la série la plus regardée de tous les temps dans le pays, comme ça c'est fait ; avec un investissement de 45 millions de reals (17 millions d'euros environ), Globo est donc largement rentrée dans ses frais puisque la série lui a rapporté 2 milliards ! Depuis lundi, la série est remplacée par Salve Jorge, où il est question de trafic humain, forcément c'est moins glamour. Bon, je n'ai été capable de trouver lesdits chiffres qu'en "points d'audience", mais pour comparer, le final d'Avenida Brasil a totalisé 71 points d'audience, contre 35 pour le lancement de Salve Jorge trois jours plus tard. D'ailleurs vous pouvez trouver, une fois n'est pas coutume, sur Rue89, un article sur le succès de cette telenovela.

Degrassi

- CANADA anglophone :

* C'est officiel, Degrassi est devenue la plus longue franchise de l'histoire du Canada, grâce à Degrassi The Next Generation qui a célébré son 300e épisode ce vendredi ; la série dépasse ainsi Beachcombers (387 épisodes entre 1972 et 1990). Retrouvez toute l'histoire de Degrassi grâce à une page mise en place par MuchMusic, qui diffuse la série au format telenovela depuis 2010.

LosArchivosdelCardenal

- CHILI :

* En Amérique du Sud aussi, on commence à parler de 2013. C'est le cas de la chaîne TVN qui, en tout, espère diffuser 7 fictions, et appremment c'est son record personnel sur une seule année. Evidemment, on compte là-dedans des séries qui intéresseront probablement peu les téléphages occidentaux, comme la telenovela romantique Mi Vida Por Ti, pour ses après-midis, mais il y a aussi des surprises intéressantes. Ainsi, pour la case horaire de 20h en quotidienne (pour remplacer Pobre Rico, une telenovela reposant sur le même principe que La vie est un long fleuve tranquille), la chaîne publique veut lancer une série sur la vie d'un homme qui tente de changer de sexe... assez étonnant pour du primetime ! Au rayon des nocturnas, ça se passe plutôt bien aussi : alors que Reserva de Familia s'est achevée il y a quelques jours, la comédie Separados a pris le relai et rencontre un énorme succès (27% de parts de marché pour le pilote lundi), donc la chaîne n'a pas l'intention de lâcher sa case horaire de 22h30, et a commandé une série pour prendre le relai dans 6 mois. Encore tenue secrète, cette nouvelle fiction est créée par Josefina Fernández, déjà responsable de Los Archivos del Cardenal (en photo ci-dessus, une série qui justement doit revenir aussi pour une deuxième saison (la production a reçu des fonds au début du mois, venant du Consejo Nacional de Televisión). TVN ambitionne aussi de créer un nouveau créneau horaire consacré aux séries, encore plus nocturne, cette fois à minuit ! On n'arrête pas le progrès. Tout cela et bien plus encore sera au programme de TVN, qui affirme avoir encore des surprises dans sa manche...
* De son côté, Canal 13 a décidé de commander l'adaptation d'Os Normais, une comédie brésilienne diffusée par Rede Globo pendant trois saisons voilà une bonne décennie de ça (de 2001 à 2003, si on veut faire genre on connait Wikipedia par coeur). La série avait rencontré un grand succès, donnant lieu à deux longs-métrages en 2003 puis 2009. La formule, qui rappelle un peu celle d'Un gars, Une fille (mais en format une demi-heure), met en scène un couple dans sa vie de tous les jours, à la différence que les protagonistes ne vivent pas ensemble. Et, surtout, la série était réputée pour ses excentricités, comme par exemple briser le quatrième mur, avoir recours à des flashbacks régulièrement, ou encore laisser les acteurs partir en totale improvisation. L'humour reposait pourtant essentiellement sur les dialogues, et très peu de comique de situation ou de slapstick. La version chilienne sera co-produite par Globo, ce qu'on peut considérer comme étant une mesure de sécurité pour conserver le ton de la série originale ; apparemment, l'Espagne serait aussi sur le coup pour récupérer le concept, puisque la rumeur prétend qu'un producteur indépendant est en train de négicier les droits d'adaptation. Si vous êtes curieux à propos d'Os Normais, de nombreux épisodes, dont le pilote, sont en ligne sur Youtube. Port du portugais brésilien obligatoire pour comprendre, cependant.

DR

- DANEMARK :

* Le minister de la Culture Uffe Elbæk a annoncé il y a quelques jours un "Media Agreement" pour 2012-2014, qui dessine les grandes lignes de l'audiovisuel public danois pour les deux prochaines années après un vote d'une majorité du Parlement ; l'accord concerne le groupe DR et la chaîne TV2. Parmi les différentes mesures que ce pacte regroupe : une somme coquette allouée au développement de projets pour la jeunesse ; une augmentation de la redevance en 2014, qui passera de 2352 couronnes (315 euros) à 2414 couronnes (323 euros) ; un assouplissement des règles de programmation, permettant aux chaînes plus de flexibilité dans la composition de leurs grilles ; le renouvellement des engagements de DR à avoir recours à des sociétés indépendantes pour ses productions ; et une réintroduction de l'interdiction du product placement. Il y a deux ans (lors du précédent Media Agreement si je comprends bien), le product placement avait en effet été autorisé, dans l'espoir que cela encouragerait l'investissement dans de nouveaux programmes, mais il faut croire que l'expérience n'a pas été concluante. Vous le savez, le product placement est l'une de mes grandes fascinations, et j'aimerais bien trouver des articles expliquant un peu le pourquoi de ce revirement... si possible pas en Danois ; en l'absence, il faudra donc présumer des explications. Ah, et pour finir, Public Service Pool (PSP), qui a déjà soutenu la création des séries Lærkevej et Rita pour TV2 par le passé, a aussi récolté 30 millions de couronnes (4 millions d'euros) pour de nouveaux projets. On peut donc se lécher les babines par avance...

StamosOkupa2

- ESPAGNE :

* Quand la comédie Stamos Okupa2 a prouvé qu'elle n'était pas faite pour la seconde partie de soirée (8,8% de parts de marché pour le pilote, ça ne s'est pas arrangé ensuite), la chaîne publique RTVE a vite décidé de faire du damage control et de reprogrammer la série en dernière partie de soirée le samedi, à coups de deux épisodes d'affilée par semaine. Le concept était apparemment de voir jusqu'où les audiences chuteraient, en tous cas ça y ressemble beaucoup, et dans ce cas, le pari est remporté. Alors finalement, ce sont les chiffres qui finissent par être plus drôles que la série : le dernier épisode en date a été regardé par très exactement 306 000 Espagnols qui apparemment ont besoin d'une vie le samedi soir à 00h15 (3,3% de parts de marché si vous vous demandiez). Je m'avance peut-être, hein. Mais je crois que c'est un bide. Du coup je vous ai mis la photo de promo de Stamos Okupa2 quand même, histoire que vous puissiez mettre des visages sur ce fiasco. Fort heureusement, comme c'est produit en in-house, ça ne coûte pas trop cher au groupe public, qui en dépit de cette déculottée a affirmé avoir encore le souhait de développer d'autres comédies en interne dans le futur. Et je serai là pour en apprécier chaque revirement, c'est promis !
* Fort heureusement, il y a encore des séries qui fonctionnent, en Espagne. L'une d'entre elles est El Barco, une série d'anticipation dans laquelle un navire-école se retrouve isolé, dans un monde dévasté dont ils pourraient bien être les seuls survivants. Le démarrage de la saison 3, le 18 octobre dernier, a une fois de plus été couronné de succès : 3,5 millions de spectateurs pour le season premiere ! La troisième saison maintient donc les chiffres de la deuxième, même si on est loin des 4 millions et quelques de fidèles de la première saison. Grâce à ce lancement, le season premiere d'El Barco est le 4e épisode le plus regardé en Espagne cette saison, derrière le 6e season premiere de la comédie La que se avecina, le final de la série historique Isabel, et le 2e épisode de Once Upon a Time, puisqu'Antena 3 diffuse la première saison depuis septembre. Eh oui, en Espagne, les meilleures audiences sont quand même plutôt pour les séries locales...
* La société Bambú Producciones (Gran Hotel, Hispania, Gran Reserva...) prépare une nouvelle fiction pour Antena3, intitulée Galerías Vélvet. La série se déroulera à la fin des années 60, dans l'univers de la mode, alors que l'âge d'or de la haute couture espagnole touche à sa fin ; la série s'intéressera donc moins au contexte des années Franco qu'à un univers glamour qui commence à perdre de son influence. L'actrice Paula Echevarría (qui a déjà un rôle dans Gran Reserva) est la première à signer pour cette nouvelle production.

Nymfit

- FINLANDE :

* Il y a quelques mois, je vous parlais de Nymfit, une série fantastique dont le tournage a commencé cet automne ; il s'agit de l'histoire de 3 nymphes vivant parmi nous, Didi, Cathy et Nadia, jouissant d'une jeunesse éternelle mais dont les pouvoirs de séduction sont éminemment dangereux pour les humains. Mais quand l'une d'entre elles tombe sous le charme d'un homme on-ne-peut-plus mortel, Samuel, les choses se compliquent pour les deux espèces... Nymfit a la particularité d'être essentiellement tournée sur fond vert, comme par exemple Sanctuary, et devrait être diffusée courant 2013 sur MTV3 en Finlande. Attention, tenez-vous bien, elle a déjà trouvé acquéreur en France... je vous sens super ravis, là : l'acheteur est la compagnie Zylo. Comme je ne connaissais pas, j'ai été voir le site internet. Et je suis moins ravie (leur catalogue de séries donne bien le niveau). On va donc se dépêcher d'oublier Nymfit.

LifeOK

- INDE :

* Sur le câble indien, ça bouge un peu. La récente chaîne Life OK a une politique de commande de séries pour le moins ambitieuse. Elle diffuse par exemple Savdhaan India, une série criminelle inspirée par des faits réels, diffusée en quotidienne depuis avril, et qui a la particularité d'avoir un présentateur pour replacer les évènements dans leur contexte. La chaîne a désormais commandé à Endemol India une nouvelle production, un thriller intitulé Devki, pour la rejoindre dans la grille en semaine. Life OK diffuse seulement deux soaps, et a étoffé sa grille avec une série mythologique et deux crime dramas (Savdhaan India, donc, qui depuis juillet a eu droit à un changement de formule pour se concentrer sur les victimes, et Hum Ne Li Hai... Shapath, diffusée le samedi et le dimanche). Une autre série mythologique, intitulée Savritri, serait également en passe d'être achetée par Life OK. Pas mal pour une chaîne qui a moins d'un an !

LoveHate-Season3

- IRLANDE :

* Le 11 novembre, Love/Hate revient pour une troisième saison sur rté. Ce n'est pas très étonnant quand on sait que la saison 2 était la série la plus regardée en Irlande en 2011, et qui compte à ce jours 7 IFTAs pour célébrer sa qualité. En tous cas, pas mal de changements cette saison (conséquence directe du départ de l'un des acteurs de la série, je ne vous dis pas qui), mais comme vous le voyez sur la photo ci-dessus, Robert Sheehan est, lui, toujours de la partie. Apparemment une 6e saison de la série dramatique/culinaire Raw est également prévue pour 2012-2013 sur rté, mais je n'ai pas été capable de trouver une date de début, si jamais elle en a déjà une (ce qui vient s'ajouter à mes difficultés à trouver le pilote quelque part...).
* Concernant ses projets, rté développe actuellement Citizen Charlie, une mini-série en 3 épisodes de 90 minutes, un biopic sur Charles Haughey écrit par Colin Teevan (qui a écrit un épisode de Vera). Avec un budget de 3,7 millions d'euros, le projet n'est pourtant pas près d'arriver sur les écrans irlandais puisqu'à l'heure actuelle, aucune décision n'a même été prise pour choisir l'acteur qui incarnera l'homme politique.

Family

- ISRAEL :

* Ces derniers temps, on parle pas mal d'adaptation américaines de séries israéliennes (attendez la fin de ce post, on va même en REparler). Mais en Israël, on ne se repose pas sur ses lauriers et on continue de s'intéresser à ce qui se passe ailleurs. Tenez, prenez la production de la prochaine série de la chaîne HOT3 : je serai surprise qu'on n'y ait jamais entendu parler de The New Normal. L'histoire est en effet celle d'un couple de gays qui ont un bébé avec une jeune femme. Hm... Bon, comme mon hébreu n'est pas au top, j'ai pas réussi à comprendre le titre de la série, tout ce que je sais, c'est que plusieurs scènes ont été tournées pendant la gay pride début juin.

JunichiOkada

- JAPON :

* Si vous l'ignoriez encore (dans ce cas vous êtes tombés au bon endroit pour réparer ça !), la chaîne publique NHK diffuse chaque année une série historique le dimanche soir, décrochant ainsi généralement ses meilleures audiences pour une fiction. Début janvier, tous les ans, une nouvelle série (un "taiga dorama") fait donc son apparition, pour faire ses adieux fin décembre ; c'est la seule série japonaise a connaître autant d'épisodes par saison. Et ça fait depuis 1963 que ça dure. Alors que Taira no Kiyomori s'apprête à tirer sa révérence fin 2012, on sait donc déjà (parce que ça se prépare trèèès longtemps à l'avance, ces choses-là) que Yae no Sakura prendra le relai en janvier 2013 avec Haruka Ayase dans le rôle principal, et on se tourne donc désormais vers les annonces concernant la série de 2014 ! Ce nouveau taiga dorama s'appellera Gunshi Kanbei, où il sera comme d'habitude question d'une figure historique, ici Yoshitaka Kuroda, dit Kuroda Kanbei. C'est le chanteur et acteur Junichi Okada qui a décroché le rôle principal ; le tournage commencera en août prochain.

TheAlmightJohnsons-cast

- NOUVELLE-ZELANDE :

* Bon, et je l'avais indiqué sur Twitter mais dans le doute, il vaut peut-être mieux le dire aussi dans un world tour : en fin de compte, The Almighty Johnsons a décroché un financement pour une troisième saison. Pas d'annulation pour cette fois, donc ! Vu les audiences pâlichonnes et les critiques pas forcément extatiques, cette saison sera sans doute la dernière, et la série a surtout gagné une vraie fin. Pourtant, les fans de la série s'étaient mobilisés en Nouvelle-Zélande, envoyant massivement des bâtons de bois à TV3 (symbolisant Yggdrasil, l'arbre de vie de la série). Les subventions de NZ On Air permettront d'avoir un peu plus qu'un téléfilm de conclusion (ce qui avait été proposé en dernier recours par James Griffin et Rachel Lang, les créateurs de The Almighty Johnsons), puisque ce sont 13 épisodes au total qui sont financés à hauter de 6,9 millions de dollars néo-zélandais, soit environ 4,3 millions d'euros.

Halvbroren

- NORVEGE :

* En 2013, la redevance va augmenter en Norvège. Le Gouvernement a en effet proposé d'augmenter la taxe de 8% l'an prochain, dans l'espoir de collecter 5,1 millards de couronnes en plus pour NRK. N'allez pas croire cependant que l'audiovisuel public norvégien connaisse des problèmes de liquidités : en 2011, NRK enregistrait un profit de 40,9 million de couronnes, et on estime qu'en 2012, le nombre de foyers soumis à la redevance a augmenté (atteignant un peu plus de 1,9 millions de contribuables). Mais quand on voit la news qui suit, on se dit que ça a du sens...
* Deux news en une ici : je lis que la série norvégienne Halvbroren, un drama qui doit débuter en janvier 2013 sur NRK, a été vendue pour une diffusion à 13 pays... dont les USA. Je n'ai pas réussi à trouver quelle chaîne se chargera de la diffusion, ça se trouve c'est une obscure chaîne câblée/locale/spécialisée (notez que ça ne s'exclut pas), mais si c'est une chaîne relativement conséquente, je pense que mes yeux vont rouler sur la table. Halvbroren, basée sur le roman du même nom de Lars Saabye Christensens sorti en 2001, commence à la fin de la Seconde Guerre mondiale lorsque, le jour de la Libération, une femme est violé. L'enfant qui naitra de cette atrocité sera un garçon qui, quelques années plus tard, aura un frère... un demi-frère donc, d'où le titre. La série commence donc en 1945 pour se poursuivre en 1964 alors que les deux jeunes garçons arrivent à l'âge adulte, l'un se destinant à devenir boxeur, l'autre se découvrant une passion pour l'écriture. Ils sont très proches en dépit de tout ce qui les sépare (les conditions de leur venue au monde, leur tempérament, cinq années d'écart...) et quand le grand frère boxeur disparait, le grand se met à sa recherche... L'histoire se finit en 1990, mais je ne vous en dis pas plus (si vous voulez vous spoiler sur une série, google is your friend... sort of). C'est le plus gros budget de la NRK ces dernières années, avec 60 millions de couronnes norvégiennes (8 millions d'euros), certains décors, notamment pour les scènes en 1964, ayant été recréés numériquement ; un joli budget quand on sait que la série comptera seulement 8 épisodes. Apparemment, les chaînes SVT (Suède), RUV (Islande) et YLE (Finlande) ont mis la main à la poche, donc déjà, la diffusion dans la plupart des pays de Scandinavie est acquise. Mais pour les USA, j'aimerais vraiment trouver des noms ! Vous pouvez voir la bande-annonce ici, avec voix-off et sous-titres en anglais. Et ça a l'air génial. Sincèrement, on peut dire que les 60 millions de NOK, ça les vaut !

Charlie

- PAYS-BAS :

* Il y a des chaînes américaines qu'on soupçonne d'être un peu trop faciles à convaincre quand il s'agit de vendre les droits pour une adaptation cheap à l'étranger. On ne les citera pas mais on a tous au moins un nom en tête. Une chaîne qu'on n'attend pas tellement sur ce terrain-là est Showtime, jusque là pas tellement encline à faire des pépettes faciles en vendant un format au plus offrant, et pourtant, les faits sont là : une adaptation néerlandaise de Nurse Jackie est en préparation pour AVRO/Ned 3, sous le titre, vous l'aurez compris, de Charlie (c'est comme Jack McFarland : juste Charlie). Le problème, vous le voyez sur cette première photo de promo, est assez évident, il me semble. Une actrice ayant près de 15 ans de moins que l'originale, forcément jolie, sexualisée et ayant perdu tout son côté revêche (et probablement aussi torturée que mon chat quand il doit choisir entre pioncer et manger)... L'actrice Halina Reijn a-t-elle seulement compris ce qu'elle était supposée représenter en prenant la pose ? Même pas sûr. Dans tous les cas, les spectateurs ont rendez-vous avec Charlie en mars 2013. Ca, plus Golden Girls et le prochain remake de Roseanne, ça commence vraiment à faire beaucoup. Dans le fond, je sais même pas si on peut envier les Néerlandais d'avoir autant de séries locales, dans pareilles conditions. Ca mérite réflexion en tous cas.

AlFondoHalSitio

- PEROU :

* Souvenez-vous, on avait évoqué Mi amor, el wachimán, une comédie romantique, dans le précédent world tour. Eh bien, aussi ridicule que ça puisse paraitre à quiconque a jeté un oeil à la bande-annonce, la série est un succès qui ne se dément pas, devenant l'une des deux séries les plus regardées du pays. L'autre est également une comédie, nommée Al Fondo Hay Sitio ; toutes deux sont diffusées par la chaîne ATV (pour America TV).

NaKraiSveta

- RUSSIE :

* La diffusion de la mini-série Na Krai Sveta a commencé plus tôt ce mois-ci en Russie, et là comme ça, sur le papier, ça a l'air intéressant. Déjà parce que ce n'est pas un remake. Ce n'est pas non plus une série policière. Non, en fait, c'est l'histoire d'un couple qui se déchire autour de la garde de leur fille pendant leur divorce, conduisant à l'enlèvement de ladite progéniture, et c'est en plus inspiré d'un fait réel. Alors quel est le problème ? Eh bien, ce fait réel avait provoqué un incident diplomatique entre la Finlande, pays du père, et la Russie, patrie de la mère de l'enfant. Or, la plaie a été ouverte par cette série en 8 épisodes, qui a décidé de faire des Finlandais le portrait le plus caricatural possible, du père ombrageux à la belle-mère qui ne trouve rien de mieux qu'offrir pour les 8 ans de la gamine... une place au cimetière. Charmant. Tournée l'an dernier, en partie en Finlande, et avec 4 acteurs finlandais, la série a déclenché la colère des médias finlandais. Ils ne s'étaient pas offusqués quand, en février dernier, Na Krai Sveta avait été diffusée en Ukraine ; elle avait dû passer sous leur radar. Donc du coup, une histoire datant de 2008 fait remonter les bonnes vieilles rancoeurs à la frontière...

MuhtesemYuzyil-Bedroom

- TURQUIE :

* Chaque rentrée a ses succès... et ses échecs. Kanal D essuie deux revers cet automne, avec ses nouveautés Veda et Kötüyol, toutes deux inspirés de romans mais incapables de trouver leur public. Veda, on en a déjà parlé, est une série historique s'intéressant à la fin de l'Empire ottoman dans les années 20, tandis que Kötüyol, qui se déroule dans les années 50, est plutôt un drama à tendance romanesque qui raconte comme une femme, initialement promise à un homme qu'elle n'aime pas, rencontre en tentant de s'achapper un producteur qui lui permet de tenter une carrière dans le cinéma. Particulièrement atteinte par les problèmes d'audience, Veda a failli être purement et simplement retirée des grilles ; en fin de compte, la série n'est pas annulée pour le moment ; maintenue pour le moment dans sa case du jeudi à 22h30, elle doit subir des changements aussi bien côté scénaristes qu'acteurs, afin d'essayer de donner un second souffle aux épisodes. J'ai du mal à trouver des infos explicites sur le sort réservé à Kötüyol, mais si j'ai bien compris, on dirait que l'annulation n'est pas loin.
* Et puis une nouvelle intéressante : le ministère de la Culture et du Tourisme turc a décidé d'encourager les séries turques à être "vendues gratuitement" à des chaînes étrangères ; l'idée n'est évidemment pas de s'asseoir sur les quelques 60 millions de dollars US que représentent les exportations de la fiction turque, mais de favoriser l'implantation de certaines séries dans des pays où le ministère estime que le rayonnement culturel de la Turquie peut jouer un rôle important : "avec les séries télévisées, nous pouvons entrer dans chaque maison et contribuer à élargir l'influence de la culture turque". Le ministère de rappeler que de nombreux pays sont en train de s'intéresser à la langue turque ; y compris en Grèce où, notamment grâce à des séries comme Muhtesem Yüzyil (en photo ci-dessus, et accessoirement série turque la plus exportée du moment), certains mots et expressions simples sont entrés dans le vocabulaire des spectateurs. Ca doit donc vouloir dire qu'en Grèce, on diffuse les séries turques sans les doubler ? Bien bien bien, je note.
* Et puis on finit par l'award incongru du jour, remis à une bande-annonce de la nouvelle saison de Behzat Ç., qui a reçu un Key Award d'argent à la mi-octobre ; les Key Awards sont un évènement soulignant les réussites dans le domaine du marketing, de la publicité et des campagnes promotionnelles de tous poils, organisé par The Hollywood Reporter, et dans ce palmarès, elle est la seule fiction non-anglophone

ChuyenXuDua

- VIETNAM :

* Imaginez, vous êtes une chaîne de télévision, et quand une série ne fonctionne pas, vous perdez de l'argent. Or, perdre de l'argent, c'est pas trop votre truc... Alors que faire, que faire ? Eh bien, ne désespérez pas, le groupe du câble SCTV a trouvé une idée d'enfer ! C'est simple : les chaînes du groupe ont décidé de ne payer les sociétés de productions qui font les séries que si lesdites séries font au-delà d'un certain taux d'audiences. Bah voilà, il suffisait de demander. Vraiment c'était tout bête, hein. Bon en réalité c'est un peu plus compliqué que ça, vous vous en doutez, et là on entre dans ce qui semble être une particularité du système télévisuel vietnamien : jusqu'à présent, c'étaient les studios eux-mêmes qui devaient trouver des annonceurs, vendant en somme une série ET un minimum d'espaces publicitaires aux chaînes (c'était un peu tout bénef pour les chaînes, j'ai l'impression). Eh bien avec SCTV dorénavant, attention la surprise, c'est la chaîne qui cherche des annonceurs pour une série donnée, expliquant que les sociétés de production ont ça de moins à s'occuper et que du coup, elles n'ont plus d'excuses pour ne pas faire de la qualité, vu qu'elles sont déchargées de la question des annonceurs ! Jolie façon de confondre qualité et succès, au passage... Bon et puis, pour payer les sociétés de production, on se basera sur les audiences calculées de façon indépendante par TNS, hein, on n'est pas des bêtes non plus. La barre à été placée à 1,5 points d'audience (on estime que l'an dernier, un tiers des fictions diffusées par SCTV7 et SCTV14, les deux chaînes du groupe diffusant des séries, ont atteint ce degré de popularité), et si les séries ont des scores qui vont au-delà, les sociétés de production gagnent un bonus (prix par épisode : 4700 dollars US entre 1,5 et 1,7 points ; 7700 dollars US entre 1,8 et 2 points, etc...). Dans l'histoire je n'ai pas compris pourquoi les sociétés de productions devraient prendre le risque de n'être pas payées, au lieu de se reconvertir, mais apparemment SCTV incorpore ces nouvelles clauses à ses contrats depuis le début de la saison. Est-ce que je peux avoir un grand "what the fuck" dans le public, s'il-vous-plait ? Ah et comme j'avais pas d'idée pour illustrer cette news, j'ai pris la photo de promo au pif de la première série de SCTV venue, en l'occurrence Chuyện Xứ Dừa, diffusée cet été, et qui se déroule dans un village où on fabrique des bonbons à la noix de coco (ah oui apparemment, la tendance au Vietnam depuis quelques mois, ce sont les séries rurales, les spectateurs se détournant des séries où les personnages sont riches et glamour) ; la série avait atteint une moyenne de 1,6 points d'audience, ce qui veut dire que les producteurs ont été payés. Soulagement.

GenMishima

- USA mais en fait non :

* Au menu des adaptations en projet du moment, on trouve une nouvelle tentative d'adapter la série israélienne Reviat Ran (le premier essai, qui était devenu le pilote de The Quinn-tuplets, n'avait pas été transformé), la série de science-fiction chilienne Gen Mishima pour NBC Universal (l'original avait été diffusé aux USA par la chaîne mun2, du groupe Telemundo...qui fait partie du groupe universal, comme ça on reste en famille) qui s'intéresse à un journaliste découvrant des expérimentations génétiques et dont vous pouvez voir la photo de promo ci-dessus, la telenovela mexicaine Teresa pour ABC, les britanniques Gavin & Stacey et Rev., ainsi que la mini-série britannique Metropolis pour The CW, et l'australienne The Strange Calls, je ne sais plus si je l'avais mentionnée. J'en oublie forcément... Ah et appremment, l'adaptation de Rake sera pour FOX. Alors ça, le voyage au MIPCOM, il a été rentabilisé, hein !
* MundoFOX a lancé lundi la diffusion de la série colombienne Corazones Blindados, qu'elle présente comme sa première série originale. Absolument, et c'est pour ça que la série a démarré en Colombie courant septembre et qu'elle a été renouvelée par RCN pour une seconde saison... Tssk tssk tssk.

Hamarinn

Allez, on finit sur un truc que vous pouvez voir (enfin, peut-être) : la mini-série islandaise Hamarinn sera diffusée par Eurochannel à partir du 3 novembre. Hamarinn est un thriller un peu paranormal qui compte 4 épisodes, lesquels, c'est le détail regrettable de notre affaire, seront diffusés le samedi à minuit. Je ne l'ai pas encore vue, mais je n'en ai entendu que du bien, donc si vous en avez la possibilité, regardez !

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Alors, comme d'habitude, la traditionnelle question : qu'est-ce qui vous a intéressés dans ce world tour ?
Ah et, puisque je vous tiens et qu'on a parlé adaptations, le projet de remake d'Accused par France2, on en pense quoi ? Je suis un peu partagée...

Posté par ladyteruki à 23:02 - Love Actuality - Permalien [#]

It's a rich men's world

A Livia, il y a quelques temps, j'avais promis que je lui permettrais de voir le pilote de la série israélienne Mesudarim, dont j'ai acheté les DVD l'an dernier. Chose promise, chose due, j'ai donc rippé mon DVD (avec les sous-titres anglais fournis). Bon, à partir de là, je suppose qu'il y a plusieurs options. Soit je lui envoie le lien discrètement, soit... voyons, est-ce que je pourrais procéder différemment ? Est-ce que, par exemple, il y aurait moyen que d'autres téléphages curieux puissent se faire une opinion sur cette dramédie ?

Bon allez, c'est bien parce que c'est vous, voilà donc un post La preuve par trois, qui, normalement, si vous connaissez le truc (ou au pire, que vous savez que sur ladytelephagy, cliquer un peu partout donne régulièrement de bonnes surprises), devrait vous permettre de faire connaissance avec les 4 potes de cette série bien sympa.
Pour ceux qui, dans le fond, ne se rappellent plus quel est le concept des posts La preuve par trois, rappelons qu'outre une petite surprise à la fin (qui très sincèrement n'est plus vraiment une surprise après pareille intro !), l'idée est de présenter un épisode, ici le pilote de Mesudarim, en trois passages et donc en trois captures, et pas une de plus.
Note : apparemment, certains ont trouvé que la qualité du rip de Srugim n'était pas top. Eh bien, à côté du rip de Mesudarim, c'était de la HD ! Mais dans ce cas précis, ça vient de la qualité du DVD lui-même, où l'image est entrelacée (une capture directe du DVD dans mon post sur le pilote vous le confirmera). Forcément, avec ça on fait pas de miracle ; surtout que mon logiciel de rip semble désentrelacer un peu grossièrement. Cependant, comme je ne pense pas qu'il existe d'autre façon de voir Mesudarim, ou Srugim for that matter, à l'heure actuelle, sans directement acheter le DVD vous-même, c'est un peu à prendre ou à laisser. Mais si vous laissez juste à cause de la qualité de la video, sachez que je vous juge. Oooh oui, je vous juge.

Mesudarim-1
Tout commence donc pour Guy, Tomer, Erez et Berlad quand leur société de jeux video, sur laquelle ils travaillent depuis 10 ans, est sur le point d'être vendue à un groupe d'investisseurs américains (rappelons que la série est partiellement inspirée par le sort de Mirabilis, qui avait vendu ICQ à MSN pour une somme indécente). Cette vente doit leur rapporter un paquet, du moins, ils l'espèrent, mais la vente n'est pas encore faite et l'épisode commence alors que les quatre amis attendent, l'estomac noué, l'appel qui peut changer leur vie.
Contrairement à la majorité des pilotes, Mesudarim ne cherche pas tellement à se lancer dans l'exposition de ses personnages immédiatement, mais plutôt de la situation et de leur dynamique. La personnalité de chacun est un peu vue à la louche, car pour le moment, ce qui se passe est plus rassembleur qu'autre chose, et ce qui les réunit autour de ce téléphone est plus important que ce qui les différencie dans la vie. Mais à travers leur dynamique se dessinent déjà des informations importantes, comme le statut de Guy et Tomer qui semblent les deux tempéraments forts du groupe. Pour moi qui suis généralement friande d'amitiés masculines à l'écran, je dois dire que cette scène d'ouverture est aussi particulièrement savoureuse de par la façon dont cette amitié semble immédiatement très tangible dans la façon dont les personnages se parlent. Comme pour Srugim, les dialogues soulignent vraiment un côté très naturel et authentique, il ne s'agit pas d'une amitié plaquée-parce-que-les-scénaristes-ont-dit, mais de quelque chose d'immédiatement tangible et réaliste. C'est sans doute bien plus intéressant que d'explorer le caractère de chacun, à ce stade.

Mesudarim-2
La seconde partie du pilote, qui débute avec le générique (dans le pilote, ce générique fonctionne comme un outil narratif à part entière ; d'ailleurs j'en ai profité pour reuploader le générique, que vous pourrez retrouver ici), consiste donc à prendre le temps de découvrir les personnages. Pour cela, nous allons suivre leur première journée en tant que nouveaux riches. Et ils vont faire la même chose que vous et moi si nous touchions un gros pactole : s'assurer que l'univers entier sait désormais que leur statut a changé. Ou plutôt, c'est Tomer qui semble le plus décidé à faire valoir son nouveau statut, les autres le suivant dans ses coups de tête. Ils vont donc payer une petite visite au banquier qui gèrait leurs prêts, s'offrir un déjeuner dans l'un des plus chers restaurants de la ville, etc... Vous pouvez également voir dans la capture ci-dessus que Tomer se paye une nouvelle voiture.
C'est là justement que le propos de Mesudarim commence : il ne s'agit pas seulement de raconter la vie de 4 copains, ou de 4 copains riches. Il s'agit de parler de 4 copains nouvellement riches. Et chacun, à la lumière de sa personnalité et de sa vie "avant", va réagir différemment ; on sent aussi progressivement monter l'inquiétude autour du comportement de Tomer, jusqu'à une apothéose que je vous laisse découvrir. Chacun commence à faire ses premiers achats, monter ses premiers plans. La question "et maintenant ?" commence à poindre son nez, et sous couvert d'échanges vifs et drôles, nos amis commencent à sentir qu'être pêté de thunes, c'est sans aucun doute génial, mais ça les met aussi face à certaines choses, à travers les gens à qui ils veulent faire profiter de leur argent...

Mesudarim-3
A la fin du pilote de Mesudarim, toute l'exposition est faite. Situation, dynamique, personnages, perspectives... Tout y est. Et tout ça dans une atmosphère d'amitié sincère mais pas prise de tête. C'est ce que symbolise très clairement la dernière scène finale, de par l'endroit où elle se déroule comme des réactions de chacun. A ce stade, tout le monde est dans ses habits, et on a quelques pistes sur ce qui se déroulera probablement dans les épisodes suivants.
Désormais le spectateur sait exactement à quoi il a affaire, et l'épisode lui propose de finir son travail de mise en bouche par un aperçu de ce à quoi ressemble l'ambiance au sein de ce petit groupe, pendant une soirée tranquille entre potes, alors que ceux-ci ont atteint un stade plus calme que pendant les premières heures de leur fortune nouvelle.
Ferez-vous ce chemin avec eux ?

Je l'ai fait pendant une saison (je me suis promis de regarder la seconde un jour, évidemment j'ai jamais pris le temps, mais l'envie ne m'a pas manqué) et je ne le regrette pas. A présent, c'est à vous de voir si vous voulez tenter de faire un bout de chemin avec ces quatre gars.
...Et bien-sûr, n'hésitez pas à me donner votre avis sur ce pilote : plus il y a de points de vue, mieux c'est !

favicon

Posté par ladyteruki à 22:52 - La preuve par trois - Permalien [#]

26-10-12

Post-partum

L'arrivée d'un nouveau livre dans une bibliothèque téléphagique est un peu comme l'arrivée d'un nouveau né dans une famille : cela signifie à la fois la joie... et la frustration. Surtout si vous tentez de donner le sein à votre livre et de tourner les pages de votre bébé, la frustration devient alors sentiment d'échec et signalement aux services sociaux.
Il est rare que je parle des livres que je lis sur la télévision, principalement parce que j'ai déjà du mal à trouver le temps de parler de tous les épisodes et/ou toutes les séries que je regarde, alors si en plus je me mets à ouvrir une rubrique consacrée au format papier, je crois qu'il faut que je quitte mon travail et que je me consacre intégralement à ce blog. Attendez, j'ai perdu le fil : c'était quoi le problème avec cette suggestion ? Ah oui, ne plus avoir le budget pour acheter les DVD de la moitié des dites séries. Phew, on est passés à ça de la catastrophe !

Mais ce soir je voulais vous parler de mon livre de cette semaine, The Practice: la justice à la barre, paru aux Presses Universitaires de la Cité ya trois siècles et demi, mais vu que je balance mon budget bouquin une fois que j'ai acheté mes DVD, il est rare que je lise un livre sur les séries dés sa publication (à l'exception du dernier Martin Winckler, et du livre co-signé par Clity Swood, hasard ou coïncidence).

La lecture de ce bouquin m'a fait réfléchir, justement, à mon rapport aux ouvrages à vocation téléphagique, et plus que du contenu lui-même du livre (vous n'avez qu'à le lire vous-mêmes, et toc !), c'est de cela dont il va être question ce soir.
En 5 points, parce que j'aime les listes et je suis sûre que vous aussi.

ThePractice

5 raisons pour lesquelles je ne suis que frustration
après la lecture d'un ouvrage d'analyse sur The Practice

N'appelez pas les services sociaux...

1 - Le manque de références

La plupart des livres que j'avais achetés ces dernières années traitaient de plusieurs séries en même temps, ou de télévision dans son ensemble. Il faut remonter à, disons, une bonne et copieuse décennie en arrière pour retrouver dans mes achats des livres portant sur une série, et une seule. Je crois que ce n'était pas innocent, à défaut d'être volontaire ; c'était la suite logique de l'évolution de mon comportement téléphagique, puisque ma consommation elle-même tend à élargir au maximum le champ des séries que je regarde ou auxquelles plus généralement je m'intéresse. Je soupçonne d'ailleurs que beaucoup de téléphages passent du stade où une seule série, ou à la rigueur, une poignée de séries, attire(nt) leur attention, avant de finalement s'intéresser à des thèmes plus larges et dépassant le simple domaine de l'affectif. Mais dans mon cas, on ne peut pas dire que les ouvrages sur SPACE 2063 ou Invasion Planète Terre aient été légion sous nos latitudes (j'ai un roman de Peter Telep sur SPACE 2063, reprenant l'intrigue du pilote je crois, dans les faits je n'ai jamais dépassés les 10 pages, pourquoi opter pour la méthadone quand on a la coke à portée de main ?), et j'avais donc effectué des achats de pis-aller, genre un bouquin sur Ally McBeal et sur Friends, faute de mieux accessible dans le commerce au centre commercial du coin.
Mais quelle que soit la raison de mon évolution vers des ouvrages sans doute plus théoriques, mais surtout plus généralistes, le fait de me retrouver, pendant ce livre, à n'entendre parler que de The Practice (au début, la carrière de David E. Kelley est mentionnée, donc la plupart de ses succès aussi ; curieusement des séries de sa création qui n'ont pas fonctionné sont mises de côté, à l'instar de Snoops, Girls Club ou The Brotherhood of Poland, ce serait pourtant intéressant de les inclure, ses échecs ayant sûrement aussi quelque chose à dire sur les techniques d'un scénariste) était trop limité. Bon, j'exagère car une rapide référence à Oz, par exemple, est faite vers la fin. Mais globalement ce n'était pas assez transversal à mon goût.

2 - L'impression de déjà vu

Plusieurs fois au cours de ma lecture, et plusieurs fois en 5 jours c'est beaucoup, j'ai pensé : "ouais, euh, et sinon, on apprend quoi ?". Cette impression est biaisée, bien-sûr. Oui, il se dit des choses très intéressantes dans ce livre sur le propos de The Practice, ses thèmes récurrents les plus forts et la façon dont la néo-série (on reconnait un sujet sérieux au fait que l'auteur sort des néologismes que lui seul utilise) les exploite, etc. Mais ces choses ne vous rivent pas à votre siège, les épaules pliées sous le poids des révélations. Cette impression est même injuste : si c'était si évident pour moi, moi-même j'aurais sans doute écrit l'équivalent à l'occasion d'un post sur la série (je me suis refait l'intégrale des deux premières saisons il y a quelques temps, après tout, j'aurais pu). Mais ce n'est pas le cas et ça prouve un peu quand même que, si ça va sans dire, ça va quand même mieux en le disant.
Le problème, c'est qu'en fait, ce ressenti découle de l'impression qu'on a acheté un livre d'analyse, mais que l'analyse ne va pas très loin, au sens où quiconque a regardé la série a senti, faute de mettre les mots dessus, ce qui est explicité au long des pages.
Clairement, c'est à ce stade que j'aurais dû comprendre que je n'étais pas venue à cet ouvrage avec la bonne démarche, surtout au regard de mon premier point. Certainement que j'aurais aimé qu'on me parle un peu plus du fonctionnement de David E. Kelley, par exemple, de la façon dont il use sa rhétorique ou comment il lui arrive d'utiliser des gadgets narratifs pour parvenir à ses fins ; en cela, il aurait été intéressant de croiser beaucoup plus (on y revient) les comparaisons avec d'autres séries. Ce qui est fascinant aussi, dans The Practice, ce n'est pas simplement le propos, c'est aussi que Kelley bossait sur deux séries en parallèle pendant plusieurs années, et que cette autre série était Ally McBeal. L'exercice de style mérite qu'on s'y attarde, non ? Comparer la face cachée de la lune avec sa face ensoleillée aurait eu une valeur immense pour décrypter certains propos, certaines scènes. En fait, je l'ai compris en progressant dans ce livre, il me faudrait une étude de l'oeuvre de Kelley : pas de l'une de ses oeuvres, nuance. Surtout que Kelley pour moi est comme Whedon pour beaucoup. Donc clairement, j'étais là pour les mauvaises raisons, d'où mon ennui à plusieurs reprises.

3 - Les chapitres qui tournent en rond

Corollaire du point précédent. Tout un chapitre pour parler de la position de The Practice vis-à-vis des dérives sécuritaires, par exemple, c'est long, et je me suis demandé si c'était forcément justifié. On a l'impression que l'auteur a énuméré tous les exemples qui viennent soutenir son analyse, et c'est tant mieux, cela souligne le sérieux avec lequel l'ouvrage a été pensé et écrit. De toute évidence, Perreur connaît son sujet, possède une vue d'ensemble sur la série (qui entre parenthèses me manque, full disclosure). Rien de pire qu'une analyse tirée d'un chapeau, la partialité accomplissant ponctuellement son oeuvre (et je le sais pour en pondre moi-même quelques unes de temps à autres, on ne va pas se leurrer). Ici on a affaire à quelqu'un qui très clairement aime la série, mais qui est décidée à expliquer par le menu pourquoi celle-ci est intéressante. Ce que je ne nie pas. En fait, les axes retenus sont justement si clairvoyants qu'ils en deviennent évidents. Car une fois que la démonstration est faite, il importe finalement assez peu qu'une demi-douzaine d'autres occurrences pendant la série viennent soutenir la thèse de l'auteur, on aimerait que le chapitre aille plus loin. C'est le cas sur la peine de mort (le chapitre à mon sens le plus satisfaisant), qui vient se compléter de nombreuses informations statistiques et historiques sur la peine de mort, permettant de comprendre dans quel contexte The Practice tient son propos si clair d'abolitionniste. Et ça, ça m'a fascinée, cette remise en contexte de la série dans la société américaine, où, faut-il le préciser, est pleinement sa place, plus que pour 80% des séries ! Même au sein du genre des legal dramas, la position et l'argumentation de The Practice, sans être totalement uniques, sont marginales (j'adore The Good Wife mais les procès n'y revêtent pas du tout la même fonction, par exemple), et c'étaient certainement les passages du livre les plus proches de ce que j'attends d'une analyse sur une seule série.
Hélas, trop souvent, la plupart des chapitres se content de citations (parfois longues, même) et de très brefs rappels au contexte dans lequel l'épisode, l'arc, ou le thème récurrent, font leur apparition.

4 - Les limites de l'analyse de fond

Il est des genres et/ou des auteurs dont on peut dire avec certitude que, s'il n'y avait pas de fond, il n'y aurait rien, la forme étant laborieuse ou épouvantablement générique. Même par curiosité, je n'irais pas acheter un livre sur Desperate Housewives, mais voilà un bel exemple de série dans laquelle il semble difficile de disserter en longueur sur la forme que revêt la série, tant ses dialogues sont, je ne vais pas dire pauvres, mais à tout le moins, pas riches. Il aurait été fantastique d'aller plus loin que la thèse de The Practice sur les sujets sélectionnés (effectivement les plus importants, c'est incontestable) et de s'aventurer sur le chemin des outils narratifs eux-mêmes, peut-être : on a ici un scénariste qui est un ancien avocat, et dont le talent pour retourner les idées et jouer sur les mots est encore moins anodin qu'ailleurs. Ne pas parler, ou presque pas, de la façon dont sont construits les dialogues et plus particulièrement les interventions devant le tribunal est quasi-criminel, et laisse de côté une énorme partie de la richesse de la série. De la même façon, s'intéresser si peu (mais un peu quand même je vous rassure : en passant) au fait que le créateur et showrunner de la série soit un ex-avocat, avec ce que cela dit sur le système juridique avant même que les personnages eux-mêmes n'ouvrent la bouche, est dommage. Pas dramatique, mais dommage. Combien d'autres ouvrages Perreur pense-t-elle pouvoir écrire sur The Practice ?
Mais là encore, la faute me revient de façon pleine et entière. Ce n'est pas l'intention qui a présidé à l'écriture de cette analyse, et on ne saurait tenir l'auteur responsable des attentes du lecteur...

5 - L'envie de revoir la série

Ne riez pas, c'est un problème très sérieux. On parle d'une série dont la sortie en DVD est des plus piètres ; c'est d'ailleurs pourquoi l'ouvrage fait figure d'exeption dans la mini-collection de PUF, avec à côté des séries intégralement éditées et/ou facilement accessibles : Les Experts, Desperate Housewives, Six Feet Under. Mais c'est aussi, à dire vrai, ce qui fait l'intérêt de ce livre, pour une fois que sort une analyse sur une série légèrement plus obscure que la moyenne, ça fait quand même bien plaisir que les spécialistes soient autorisés à changer de disque.
Mais à force de mentionner des lignes de dialogue entières, à force de parler très précisément d'un épisode (L'Esprit de l'Amérique faisant en plus partie de mes absolus préférés) décrit par le menu, et à force, bah, de bien parler d'une bonne série, tout simplement, j'avais finalement plutôt le sentiment que, surtout les 5 points étant cumulés, j'aurais plutôt dû mettre mon temps de lecture au profit d'une intégrale. Chose que mon emploi du temps téléphagique ne peut pas me permettre, pas DU TOUT !


Ces cinq points, j'espère avoir su le dire, ne sont donc pas vraiment des reproches que j'adresse à The Practice: la justice à la barre, que d'ailleurs je vous recommande, surtout si vous faites partie de ceux qui ne connaissent pas la série.
C'est, à vrai dire, à mon avis, la véritable cible de cet ouvrage : les téléphages qui ont loupé le coche de la série ; vous aimez les fictions [américaines], mais vous savez que vous n'aurez jamais les DVD ni assez de place sur votre disque dur pour rattraper le temps perdu ? Vous allez trouver dans ce livre un parfait kit de secours vous permettant de posséder les bases pour élargir votre culture téléphagique sur The Practice ; les grands thèmes sont parfaitement présentés, les diverses problématiques des personnages sont toutes mentionnées au moins une fois, et en gros, Perreur a vu la série pour vous parce qu'elle sait que c'est compliqué (et probablement parce que The Practice compte parmi ses séries préférées, et c'est facile de parler longuement de ce qu'on aime, vous le savez pour lire ce blog !). C'est formidable si vous avez besoin d'un livre pour vous parler d'une série que vous ne pourrez sans doute jamais voir par vos propres moyens... ou que vous n'auriez pas nécessairement eu l'idée de rattraper sans y être fortement incité par un livre qui attire votre attention sur les qualités et le propos de cette série.
En somme, le complet néophyte sera perdu à la lecture, le téléphage qui connait déjà bien la série (à défaut de forcément l'avoir vue en intégralité) se retrouvera avec un ou plusieurs des points que je viens d'évoquer, qui lui diminueront son plaisir, donc le public qui appréciera pleinement cet ouvrage se situe quelque part entre les deux.

Je ne suis donc que frustration parce que, en somme, j'ai lu un livre qui ne m'était pas forcément destiné, que j'en attendais autre chose, et que grosso-modo, il faut sans doute que j'arrête totalement de lire des ouvrages s'intéressant à une seule série, parce que ce n'est pas/plus ma came.
La semaine prochaine, j'entame Créatures!. Normalement, d'après mes prévisions, la frustration devrait laisser place à l'insomnie.
Toujours se méfier des souhaits.

Posté par ladyteruki à 23:47 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

25-10-12

[DL] Clan

Voici mon nouveau générique préféré de toute la planète. Et comme vous le savez, je traîne pas mal mes guêtres, l'expression n'est donc pas anodine !
Il s'agit du générique de Clan, une série néerlandaise donc j'avais déjà pu vous parler à l'occasion d'un world tour, et à laquelle je m'apprête à jeter un oeil. A ce stade je n'exclus pas de tomber follement amoureuse d'une série que je ne suis pas capable de comprendre, simplement parce que son générique est absolument brillant.

Procédons à un petit rappel du pitch de Clan, si vous le voulez bien, parce que, une fois n'est pas coutume, il n'est pas anodin de connaître le propos de la série pour pleinement apprécier le générique ; d'après mes tablettes (mais ça se confirmera en regardant le pilote), Clan est l'histoire de cinq soeurs, dont l'une d'entre elles s'est mariée à un homme que les autres n'apprécient pas. Sentant leur frangine s'éloigner, les quatre soeurs sur la touche décident de complotter afin de tuer leur beau-frère ! Ah ça, ce n'est pas une histoire qu'on voit tous les jours dans une série...

J'avais donc quelques raisons assez objectives pour tenter de voir à quoi Clan ressemblait, mais j'en ai une beaucoup plus subjective à présent, et je vous propose de découvrir pourquoi j'ai très très très envies de regarder Clan à présent, avec ce fameux générique.

Clan
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

On va mettre de côté le fait que j'adore ce genre de vieilles chansons (quand j'étais ado, sur la BO de Grease, j'écoutais plus souvent les chansons du bal de fin d'année que les chansons originales du film, pour vous donner une idée...), pour se concentrer sur le concept même de ce générique. Il est absolument génial, puisque tout se déroule à l'intérieur d'un album photo !
Les différentes photos reprennent en effet parfaitement le pitch de la série, en commençant avec une photo de groupe, sauf que cette photo est déchirée, les quatre soeurs d'un côté... et le couple de l'autre. Mieux encore, la suite du générique, que je vous laisse découvrir, est diaboliquement perverse, mais continue la narration, uniquement à l'aide de photos de famille et de fils de laine. Difficile de ne pas sentir le côté à la fois terrifiant et drôle de la toute dernière image, avant que l'album ne se referme.

Il suffit donc de 45 secondes, de quelques photos, et d'un tout petit peu d'imagination, pour faire un très bon générique, comme quoi, c'est encore possible...!
Franchement, il est génial ce générique, non ?

Posté par ladyteruki à 21:16 - Médicament générique - Permalien [#]

24-10-12

Abuse me

Un mot sur les épisodes de ce début de 4e saison de The Good Wife, qui semblent mettre quelques spectateurs mal à l'aise. Que ce soit via Twitter, sur des sites que je lis (parfois n'ayant aucun rapport avec les séries), ou même suite à un passage sur Tumblr, j'ai vu passer des commentaires allant de lassés à effarés, quant à l'intrigue de Kalinda.
Ce que je n'ai pas souvent lu, ce sont des propos positifs en réaction à cette storyline. Je veux bien que vous me donniez les liens à côté desquels j'ai pu passer, mais en attendant, je voulais dire un petit quelque chose sur cette histoire, parce qu'elle m'a beaucoup plu.

Naturellement, à partir de la capture, c'est le festival du spoiler, hein, vous l'aurez compris. Pas de bol pour ceux qui suivent la diffusion française. Aha, non je déconne ; yen a qui font ça ?!

AbuseMe

Pour ceux qui roupillent dans le fond mais font semblant de suivre la manoeuvre, en revanche, ou encore ceux qui ont un disque dur tellement chargé le lundi matin qu'étrangement la nouvelle saison de The Good Wife passe à la trappe depuis plusieurs semaines à leur corps défendant, voilà un petit résumé de ce qui se passe.
On savait que Kalinda avait un mari quelque part dans le monde, et qu'elle évitait consciencieusement de le croiser parce qu'elle le considère dangereux ; or le voilà qui réapparait dans sa vie, ce qui évidemment n'augure pas du meilleur pour elle. Leurs retrouvailles se font dans la violence, et vas-y que je tente de t'étouffer, et vas-y que j'en ai autant à ton service. Mais en parallèle de cette violence, il y a aussi du sexe débridé.
Clairement, on est dans la représentation extrême de quelque chose d'extrême, je crois qu'on sera tous d'accord.

Si j'en crois mes lectures, on peut relever deux types de griefs pour le moment.
D'une part, il y a l'ennui. Parce qu'apparemment, on peut s'ennuyer d'une intrigue secondaire qui se déroule dans seulement deux épisodes et demi d'une saison qui pour le moment compte quatre épisodes diffusés (celui de dimanche n'a en effet accordé aucune seconde à cette intrigue ; je suppose que ça a dû en soulager quelques uns). Et parce qu'apparemment, si on traite une intrigue comme celle-ci sur un peu de longueur, ça sent trop l'insistance ; évidemment on aurait sauté à la gorge des scénaristes s'ils avaient bradé ça en un épisode, mais passons.
D'autre part, il y a l'inconfort, voire le dégoût. La phrase qui revient le plus souvent, avec ses variations, est : "ce n'est pas la Kalinda que nous connaissons/aimons/désirons" (rayez la mention inutile, oops il n'y en a pas). Comment une femme aussi forte que Kalinda peut-elle se laisser ainsi marcher sur les pieds ? Pourquoi ne se débarrasse-t-elle pas de l'époux maltraitant comme elle l'a fait tant de fois par le passé avec d'autres gêneurs ? Ce dégoût s'accompagne aussi d'un "problème" de forme, puisque jamais la série (pourtant pas spécialement frigide jusqu'à présent) n'avait été aussi loin dans sa description des moeurs de l'un de ses personnages.

J'avoue que si je comprends un petit peu, disons, intellectuellement, ces arguments, je suis incapable de partager ces opinions. La relation abusive entre Kalinda et Nick m'a semblé très adroitement écrite, et même, touchante, par moments.

Kalinda, on le sait, a toujours vécu dans le rapport de forces. C'est ce qui la fait, pardonner le terme, bander. Qu'il soit mental, avec plusieurs de ses conquêtes et notamment féminines ("je te prends et je te jette, ensuite tu me diras combien je t'ai blessée et on recommencera"), ou physiques, par exemple avec Blake, avec lequel on retrouvait d'ailleurs énormément de schémas d'attraction-répulsion qu'on constate avec Nick.
La seule différence, c'est que comme les chats, quand Kalinda a décidé qu'on allait cesser de jouer, c'est vraiment fini, et les souris ont intérêt à flairer le vent tourner et détaler sans insister. Kalinda aime bien fixer la limite elle-même : elle ne se fait jamais débarquer d'une relation, même superficielle ; c'est toujours l'inverse. C'est elle qui s'en va, surtout si elle sent qu'elle va s'attacher. On l'aime aussi un peu pour ça, l'air de rien, pour cette façon indépendante et fière de jouer toujours en solo, dans le fond, ou d'arrêter les frais quand elle sent que justement il se passe un truc qui dépasse les joutes verbales et le sexe sans conséquence. De savoir poser ses limites (même quand elles sont arbitraires), de les assumer, et de les imposer aussi aux autres, avec une batte de baseball s'il le faut.
Avec Nick, il est évident qu'elle a du mal à dire stop. C'est justement une première. On devine qu'elle a sans doute mis énormément de temps à se barrer la première fois, et si l'intrigue dure deux épisodes et demi (une éternité, donc ?) c'est justement pour nous dire que cette fois, il ne lui suffit pas de claquer la porte, parce que Nick n'est pas comme les autres, il a un pouvoir sur elle. En fait, techniquement, c'est même l'inverse, au sens où les comportements que nous avons observé de la part de Kalinda par le passé découlaient justement du syndrome chat échaudé ; cette storyline étant l'occasion de revenir indirectement sur les causes du comportement du personnages dans les saisons précédentes, et de l'expliquer et l'approfondir.

Ce pouvoir, à quoi est-il dû ? Aucune idée. C'est également ce qui est avancé par certains comme un problème dans cette relation.
Qu'on ne soit pas capables de le voir en tant que spectateurs est un choix qui semble logique. Les scénaristes de The Good Wife pourraient choisir de l'expliciter, pour nous rassurer sur Kalinda : elle voit quelque chose chez cet homme qui justifie, à un certain degré au moins, son attachement à lui. Mais tout justement, s'ils choisissaient de le faire, les scénaristes rendraient Nick un poil sympathique, un poil seulement... mais ce serait déjà un poil de trop. Nous ne voulons pas voir Nick avec les yeux de Kalinda, surtout pas. L'idée est de décrire cette relation abusive pour nous montrer l'abus, pas le justifier. Il s'explique mais ne doit pas se comprendre, sous peine de perdre son effet d'une part, et surtout, devenir complètement malsain.
J'irai même jusqu'à dire que le concept de cet arc est précisément de nous faire prendre du recul vis-à-vis de Kalinda, et de nous faire dire : "ok meuf, là, stop, désolé mais je peux plus te suivre sur ce coup".
Parce que jusqu'à présent, on l'a sans doute un peu trop regardée en héroïne, d'ailleurs, même quand elle faisait des choix contestables, et que juste une fois, il s'agit de ne pas la trouver complètement badass, de se dire qu'elle a pété une durite. Ce n'est peut-être pas fidèle à l'image que nous souhaiterions conserver de Kalinda, mais c'est une façon humaine de s'attarder sur l'approfondissement de ce personnage, parfois un peu too much. Pardon Kalinda je t'adore, pardon, je retire ce que j'ai dit.

Il a été dit également que Nick était, à l'arrivée, beaucoup plus inoffensif que ce qu'on nous avait décrit notamment pendant la saison 3. Kalinda avait en effet à plusieurs reprises, pendant la saison précédente, signifié plus ou moins explicitement son inquiétude quant au retour du mari dans sa vie, ainsi que son apparition perverse dans celle d'Alicia. Et au final, Nick n'est effectivement pas un gros dur capable de faire de la concurrence au pires des mafieux, mais plutôt un petit connard.
Mais c'est parce que nous avons appris à nous fier à l'objectivité, voire la froideur de Kalinda, que nous avions pris sa description pour argent comptant. Or, dés ce début de saison, on sent bien que lorsqu'il s'agit de son cher époux, Kalinda lâche complètement la rampe : transparente au boulot (quand elle fait l'effort de s'y présenter), l'esprit ailleurs, obsédée par lui, elle n'est clairement pas dans son état normal. Il n'est pas dangereux en général, il ne va pas faire égorger quiconque lui déplaît ; il est dangereux pour Kalinda. Parce qu'il a une emprise sur elle que nul autre n'a. Qu'elle le craint alors qu'elle ne craint personne. C'est justement parce qu'elle est Kalinda, un personnage fort, indépendant, quasi-indestructible (elle s'est pris de méchants coups par le passé), qu'elle tombe dans une relation comme celle-là avec Nick. Pas parce qu'il a le pouvoir de détruire qui lui chante, mais parce qu'il a le pouvoir de la détruire elle. Elle le voit comme le grand méchant loup parce qu'il est capable de faire s'écrouler sa maison de paille à elle. Et le pire c'est que les techniques de Nick n'impressionnent effectivement qu'elle, comme en témoigne son manque de motivation pour s'en prendre à Alicia : du moment qu'il a Kalinda, il ne cherche à nuire à personne d'autre.
D'ailleurs, si Nick ne s'en est pas pris à Alicia, se contentant de l'effrayer, c'est précisément parce qu'il n'est pas dangereux en général, mais seulement pour une proie, Kalinda, qu'il a tenté d'atteindre par tous les moyens à sa disposition. Il ne s'agit pas de faire de Nick une sorte d'anti-Peter, un homme surpuissant et charismatique, s'imposant par son autorité naturelle ou un pouvoir de nuisance incontesté ; il s'agit de montrer que le rapport de force se déroule uniquement entre Kalinda et Nick.

Alors au final, pourquoi j'applaudis des deux mains (quitte à écraser mon cornet de crème glacée) cette intrigue ?
Parce que rarement une situation d'abus aura été dépeinte dans une série, et moins encore avec autant d'intelligence. Parce que l'abus auquel nous assistons n'est pas tant physique (Kalinda n'a pas arrêté pour autant de se rebiffer, et de rendre coup pour coup ou presque), que psychologique. On est dans l'incroyable description d'un ascendant, d'une emprise. Essayons de réfléchir vite fait au nombre de séries qui ont traité le sujet (en-dehors de quelques procedurals abordant le problème... en vue de le résoudre en 45 minutes), et voyons combien l'ont fait en profondeur, en voulant nous expliquer où était la perversion, en voulant nous raconter la complexité de ce problème.
Elle est précisément là, la perversion. Dans le fait que la victime de l'abus n'est pas une faible femme influençable par le premier venu, en quelque sorte "née pour être victime". Par le fait qu'elle est bloquée dans une zone où elle pourrait partir, mais où elle ne le peut pas. Dans le fait que la victime tente d'attirer l'attention du dominant par tous les moyens, avec ce que cela comporte de conséquences négatives, parce que l'excitation des conséquences positives est la plus forte.
Cela ne signifie évidemment pas que c'est une description fidèle de toutes les situations d'abus au sein d'un couple. Mais c'est une description fidèle de nombreuses d'entre elles, qui jusque là n'avaient pas été explicitées à la télévision, et qui pourtant permettent de sortir de la caricuture, du takafoktu, et des autres évidences lorsqu'on parle de violence au sein du couple.

Evidemment, je mentirais si je faisais comme si cette intrigue ne me touchait pas personnellement. Parce que j'ai vécu deux situations abusives, l'une en tant qu'enfant, l'autre en tant que femme, et que dans ces deux relations, les rôles n'étaient pas forcément les mêmes. Dans l'une, oui, j'étais la victime facile, celle qu'on montre dans Urgences juste avant d'appeler les services sociaux, et c'est une situation facile à décrire dans une fiction... et facile à appréhender également pour une personne extérieure à ce phénomène. Dans la seconde, c'était plus compliqué. Parce qu'effectivement je me trouvais des excuses pour ne pas partir (certaines avaient même l'audace d'être valables). Parce qu'effectivement je provoquais une partie des évènements (et du coup ça rendait beaucoup plus facile la culpabilisation, voire même le sentiment de mériter ce qui m'arrivait ensuite). Parce que j'avais besoin que cette personne consacre autant de temps et d'attention à mon existence qu'elle en représentait à mes yeux, et que la forme m'importait peu. Bref, c'est compliqué.
Alors oui, je suis contente qu'une série se pique d'aborder ce sujet, qui nécessite de la nuance et du temps pour être correctement exploré.

Et je trouve que The Good Wife fait un travail remarquable pour montrer que subir des mauvais traitements, ça n'est pas nécessairement une situation blanche ou noire. Mais pour expliquer cela, il faut du temps, il faut une sensation de malaise, il faut suivre les actions répétées des deux parties en jeu, qui se cherchent, qui se provoquent physiquement (que cela se concrétise dans la pratique par de la violence ou du sexe est finalement assez indifférent aux premiers concernés), qui tentent de s'accapparer l'attention pleine et entière de l'autre, et, dans le cas de deux personnalités fortes, qui vont changer constamment la polarité dominant/dominé histoire de prolonger les effets de cette relation perverse. Mais aussi qui, tout simplement, prouvent qu'on n'en a pas moins de caractère juste parce qu'on est dans une relation abusive, et qu'on veut quand même parfois poser des limites, or l'enjeu est de montrer ce n'est pas possible dans pareil contexte, que le pouvoir qu'on cède à l'autre nous dépossède de la possibilité de garder le contrôle. C'est la différence entre une relation sado-masochiste et une relation abusive, en somme (au temps pour les comparaisons maladroites avec Fifty Shades of Grey évoquées par certains).
"Si tu arrêtes de vouloir t'imposer à moi, c'est que tu t'es lassé, donc tu t'en vas ; or personne ne me quitte, je m'en vais. Sauf que là je ne le peux pas/plus. Alors on continue, mais parfois ça va trop loin". Et ainsi de suite.

Les détracteurs de cette intrigue ont raison, dans le fond.
Ce n'est pas voir Kalinda sous un angle flatteur. Ce n'est pas voir une intrigue dans laquelle nous ayons envie de sympathiser avec la victime. C'est un peu chronophage comparé à, vous savez, les centaines d'autres intrigues originales de ce début de saison (ah, on me dit dans l'oreillette qu'on parle encore de potentielles coucheries de Peter, au temps pour moi). Et c'est extrême.
Mais ce sont pour toutes ces raisons que les scénaristes font du très bon boulot avec cette intrigue. J'espère qu'ils ne vont pas faire machine arrière comme avec certaines autres belles idées par le passé, qui n'ont abouti à rien de concret (relation d'Alicia et Will, arrivée d'Eli Gold dans le cabinet, sort de Cary Agos...), et qu'ils vont aller au bout de ce qu'ils avaient en tête de nous dire avec cette intrigue. A ce titre, l'épisode de dimanche m'a donné quelques sueurs froides.

Oui, ça fait mal de voir Kalinda diminuée comme ça, parce qu'on la tenait en haute estime. Mais moi, quand les séries me font du mal, j'aime ça. Chers scénaristes, abusez (de) moi...

Posté par ladyteruki à 11:40 - Série de valeurs - Permalien [#]

23-10-12

Le rire est ailleurs

A chacun ses méthodes. Lorsqu'il s'agit de vous parler d'un pilote, j'aime le faire aussi rapidement que possible après visionnage, et à la condition de n'avoir pas encore vu les épisodes suivants. Généralement, ça veut dire que si je n'ai pas pris le temps de vous parler d'un pilote que j'ai déjà vu, je n'ai donc pas vu la suite. C'est le cas par exemple pour Puberty Blues, que je tente de reviewer depuis quelques semaines maintenant, et dont je n'ai pas encore vu le deuxième épisode pour cette raison. Ma logique derrière cette règle personnelle (libre à chacun d'en penser qu'elle est absurde, évidemment) est que cela me permet de vous parler du pilote et juste lui, de ce que la série promet, de ce que la première impression produit. Je me réserve ensuite la possibilité d'écrire sur les épisodes suivants et/ou un bilan de saison, selon l'humeur et les choses à en dire, mais ce rituel des pilotes "nus" me semble précieux, à plus forte raison parce que je parle d'énormément de pilotes variés, souvent pour vous les faire découvrir s'ils sont exotiques, et que je ne pense pas que je parlerais correctement de la découverte potentielle que représentent certains épisodes si j'avais déjà en tête les développements qui suivent.
Le problème est que toute règle a ses exceptions. Dans le cas de The Neighbors, je partais sur la série avec un point de vue négatif, le pilote m'a laissée circonspecte, et j'ai fini par suivre les épisodes suivants sans avoir parlé du pilote dans ces colonnes, pour essayer de clarifier ma position à son sujet. Ce qui serait tout-à-fait acceptable, après tout (un cas de conscience similaire m'avait été posé par Girls, à un degré différent), s'il n'y avait pas le défi avec whisperintherain, consistant à reviewer chaque pilote. Même ceux pour lesquels on ne sait pas trop ce qu'on va dire.
Aujourd'hui est donc une exception : je vais vous parler d'un pilote que j'ai non seulement vu dés sa diffusion, il y a bien des lunes, mais pour lequel j'ai déjà suivi plusieurs épisodes. Mais, on l'a dit, j'aime bien réussir mes défis...

TheNeighbors

Le concept de The Neighbors augurait du pire comme du pire : des créatures étranges, qu'on confronte à notre bon mode de vie américain, et qui sont supposées nous faire rire avec un choc civilisationnel à peu de frais... Des idées comme ça, on en avait déjà vu quelques unes, et ça avait donné des horreurs du genre de Cavemen. C'est précisément avec cette idée bien arrêtée que j'avais lancé le pilote de The Neighbors, convaincue que le concept était mauvais jusqu'à la racine et qu'il ne pouvait rien en sortir de bon. A cela encore fallait-il ajouter le handicap Jami Gertz (si vous n'avez jamais vu Une Famille Presque Parfaite, vous ne pouvez pas comprendre l'ampleur de l'horreur), et, osons le dire parce qu'on y est tous quand même un peu réceptifs, aucun autre nom, derrière ou devant la camera, qui ne donne vraiment confiance.
Au temps pour mes espoirs de neutralité, envoyée ici au tapis.

Dans le fond, je crois que je m'étais convaincue à un moment, et allez savoir comment puisque je ne regarde aucun trailer, que The Neighbors serait une sorte de comédie grossière, maladroitement filmée en single camera mais reposant sur les réflexes des pires sitcoms en multi-camera, reprenant les clichés sur la vie d'une famille de banlieue, comme une façon nouvelle de filmer, je sais pas moi, disons According to Jim (si vous n'avez jamais vu According to Jim, vous ne pouvez pas comprendre l'ampleur de l'abomination).
Les premières images m'ont en réalité à peine détrompée. L'arrivée de ces étranges voisins sur Terre semblait caricaturale, et les blagues n'étaient pas très fines. L'arrivée de la famille humaine dans leur petit quartier résidentiel (sur un court de golf) ne répondait pas tellement plus à mes interrogations.

Pourtant, quelques choix ont commencé à me mettre dans de meilleures dispositions, progressivement. Le fait, d'abord, que l'identité secrète des voisins de l'étrange ne soit pas connue que des spectateurs, mais au contraire, rapidement dévoilée aux protagonistes humains. Voilà qui aurait, sans nul doute, été à l'origine de nombreux scénarios pénibles sur la nature réelle qui manque in extremis d'être découverte une semaine sur deux, ou, au contraire, les démonstrations d'ingéniosité des extraterrestres pour ruser et berner leurs voisins trop bêtes pour voir ce qui est sous leurs yeux. L'épisode inaugural tentera quelques plaisanteries sur le mode "ils doivent être Européens", mais la résolution rapide du mystère des origines du quartier coupera court à ces blagues éculées, par exemple.
Avantage corollaire, les humains ne sont donc, dans The Neighbors, pas des imbéciles : certes, la situation les effraie initialement, et à juste titre, leur faisant perdre temporairement leurs moyens, mais ils ne font pas complètement honte à leur espèce et font montre de facultés d'adaptations louables.

Les excentricités de ces voisins venus d'ailleurs sont parfois peu originales, je le maintiens, mais ce n'est pas lourd non plus et c'est ce qui présente des avantages certains.
Ainsi, ce qui va devenir un effet récurrent est souvent efficace : la communauté d'extraterrestres habitant l'enclave a tendance à être très soudée, et à se regrouper pour toutes sortes d'activités des plus anodines, comme dans ce pilote, venir souhaiter la bienvenue aux nouveaux-arrivants. Certains passages du pilote de The Neighbors ont presque des airs de Suburgatory (si vous n'avez pas vu Suburgatory, vous ne pouvez pas comprendre l'ampleur de la déception), dans la façon de mettre en place un univers à la fois résolument familier et un décalage loufoque tentant de passer pour une norme locale.

Finalement, l'épisode s'oriente vers une comédie mettant en scène deux couples, deux façons de fonctionner, qui vont sympathiser malgré tout, et que l'un de ces couples manque de sacrifier son dernier-né afin de pouvoir contacter la planète-mère n'est finalement qu'un à-côté. Rapidement, les hommes plaisantent entre eux, les femmes entre elles, dépassant leurs différences, se confrontant au regard de l'autre ; ça ne donne pas nécessairement des histoires foudroyantes, mais au moins les dialogues valent le coup, le ton souvent peu expressif ou lunaire des voisins accentuant l'absurde de certaines conversations.
The Neighbors n'est pas la catastrophe annoncée. Au stade du pilote, toutefois, ce n'est pas non plus une grande réussite. Sans être l'abomination que je craignais, la série manque d'énergie, et à plusieurs reprises, elle prouve aussi que son cast manque régulièrement de charisme, notamment chez les humains où personne ne se donne beaucoup de mal (porter le rôle de repère de la normalité n'aide évidemment pas ce phénomène). Il manque à The Neighbors quelque chose, une étincelle, qui provoque l'hilarité, et donc le coup de foudre ; on en est même très loin.
Difficile pour The Neighbors d'offrir quelque chose du niveau par exemple de Raising Hope, référence absolue des séries à l'humour increvable de ces dernières années (si vous n'avez pas vu Raising Hope, il faut vous y mettre).

Fort heureusement, avec le recul, et puisqu'une fois n'est pas coutume j'en ai au moment de rédiger cette review de pilote, il faut admettre que The Neighbors a quelques tours dans sa manche par la suite, y compris, ponctuellement, dans le domaine de l'émotion, et j'étais la première surprise. Sans être non plus extra-touchante (pardon), la série parvient à donner corps à des personnages pas tout-à-fait unidimensionnels et sympathiques. Quelques bonnes idées attendent les spectateurs patients par la suite, rattrapant des intrigues souvent peu motivantes sur le papier, mais relativement bien troussées (je pense par exemple à l'épisode dans lequel des amis du couple viennent les visiter dans leur nouveau voisinnage), montrant que, même s'il manque quelque chose à The Neighbors, ses auteurs tentent des choses et, parfois, les réussissent vraiment. Ce n'est pas la norme dans les épisodes diffusés jusqu'à présent, où beaucoup de scènes se regardent d'un air blasé, mais quand ça se produit, ça fait plaisir.

Clairement, The Neighbors n'est pas mon coup de coeur de la saison, loin s'en faut. Mais je crois que ce qui m'avait laissée certes rassurée, mais pas complètement convaincue à l'issue du pilote, en fin de compte : on s'y fait. On admet qu'on ne se tordra pas de rire. On admet aussi que ne pas se tordre de rire devant une comédie ne signifie pas qu'elle est nulle. The Neighbors ne nous prend pas pour des spectateurs auxquels il faudrait bourrer le mou avec des ingrédients, des gags et des personnages ridicules, et c'est toujours ça de pris. Après, je ne sais pas s'il faut vraiment laisser du temps à cette série, qui confirme dans ses épisodes suivants les mêmes mollesses, les même maladresses, que dans son pilote ; si ce dernier ne vous rebute pas après visionnage, sachez qu'il y a peu de chances pour que vous développiez une profonde aversion pour la série dans les épisodes qui suivent. En revanche, si vous êtes en quête d'un moment de drôlerie absolue, et que le pilote ne vous décroche pas même un rictus fatigué, changez de crèmerie.
Mais ça se trouve, sur Zabvron, les spectateurs sont pliés en quatre, on sait pas.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 15:49 - Review vers le futur - Permalien [#]