ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

31-01-09

La résilience par la télé

Essayons de résumer ce qui me rend le plus heureuse au monde. La Paix universelle et inconditionnelle ? Non. Le soleil qui se lève par un chantant matin en irradiant les vignes de ma Bourgogne natale ? Non plus. Un milkshake à la fraise avec un supplément de lait ? Ça pourrait, mais c'est pas ça... Une série à l'humour grinçant voire dérangeant ? Bingo !

Je vous en avais déjà parlé, mais voilà, je suis retombée dessus, alors on va causer un peu de Titus. En fait ce qui s'est passé, c'est que j'ai décidé que, ne voir que trois épisodes de cette série dans toute ma vie, ça avait assez duré, et que mon chez moi informatique présentait justement les opportunités nécessaires à combler cette lacune.
Encore une série méconnue dans nos contrées, hélaaas... D'ailleurs, je vais faire mieux que vous en parler : ceci est un nouveau post La preuve par trois !

Titus___1
Rectification : ce qui me chavire le plus au monde, c'est une famille dysfonctionnelle. Comment vous dire ? Je crois que la famille Titus bat définitivement les records en la matière. En l'occurence, le père s'est marié 5 fois (et il a divorcé 5 fois, aussi), c'est un alcoolique notoire (un portrait délicieux en est d'ailleurs fait dés le second épisode que j'ai déjà mentionné, cf. tags), il est foncièrement méchant, brutal... Comment ne pas comprendre que Christopher (alias Titus) et Dave, ses fils, n'aient pas... ah, comment le dire gentillement ? Quelques séquelles, disons.

Titus___2
Titus a toujours quelques faits très intéressants à partager pour donner un éclairage tout personnel sur le déroulement de l'épisode ; il ne parle pas précisément de ce qui se passe, mais il donne les raisons de son comportement. Le problème, c'est que ce n'est JAMAIS positif. Il profite de cette occasion pour parler de son enfance, ou, au mieux, son adolescence, qui comme on l'a vu ont été des périodes traumatisantes à bien des égards. Et le pire, c'est qu'à l'écouter parler, on arrive à trouver son comportement logique, limite normal. Alors que ce mec est complètement dérangé !

Titus___3
Bon, notez que j'ai attendu la 3e capture pour parler du rouquin de la série, je suis en progrès. Oh mon Dieu, Zack Ward, ce mec est génial. Comment se fait-il qu'il ne parvienne pas à être plus en avant, voire même à obtenir son propre sitcom ? C'est incompréhensible. Bon, cela étant posé, les personnages (à la notable exception de Tommy qui a sans doute besoin de plus d'épisodes que je n'en ai vu pour le moment pour être appréciable) sont tous épouvantablement drôles, et le cast est fantastique. On ne voit pas Stacey Keach longtemps dans ce pilote, mais il y fait déjà des miracles. Quand à Cynthia Watros, elle irradie (même quand elle surjoue)...

Je vous avoue que, comme j'avais découvert la série avec le second épisode, et que je l'avais en VHS, forcément je l'ai vu un peu plus souvent et je m'y suis attachée. Je pense cela dit qu'il aurait fait un excellent pilote...
Mais le vrai pilote de Titus est juste ce qu'on attend d'un pilote de sitcom : immédiatement drôle, impertinent, intelligent, rythmé... et pourtant, tout se passe dans une seule unité de lieu et de temps, mais ça fonctionne à fond ! Les flashbacks et les plans explicatifs du personnage principal servent aussi beaucoup cette impression de foisonnement, alors qu'en fait, l'action est extrêmement limitée. Mais les gags fusent, les répliques sont brillantes... C'est un vrai feu d'artifices !
Vous comprenez mieux pourquoi cette fois, c'est la bonne, je cagoule le reste de la série ?
Je vais vous dire, en fait, ce n'est sans doute même pas ça, la raison. Peut-être parce que les meilleures comédies (et mon éternelle passion pour Rude Awakening est là pour en témoigner) sont celles qui rient de ce qui n'est pas drôle...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Titus de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 10:42 - La preuve par trois - Permalien [#]

27-01-09

Ba-dum-ba

Ce qu'il y a de bien quand on regarde un pilote avec des a priori à la fois positifs et négatifs, c'est qu'on est sûr d'être surpris ! Exemple... une nouvelle série avec Eric McCormack : bonne idée. Autre exemple... une nouvelle série sur la publicité : déjà vu. Donc, là, c'est la preuve par l'exemple. Ou par trois. Au choix.

TrustMe___1
Allez, on y a tous pensé... le milieu de la publicité, par les temps qui courent, ça fait forcément penser à Mad Men. La classe des années 60 en moins, qui plus est. C'est vrai qu'en ce sens, Trust Me vous fait bien sentir qu'on va parler de pub à tous les coins de rue, difficile de faire comme si on n'avait pas compris. Alors d'accord, vous voulez jouer à ça, alors comparons : ici, ce sont des duettistes qui officient et tentent de nous faire croire qu'ils sont des génies de la pub ; sauf que mis dos à dos avec ne serait-ce que le coup d'éclat de Don Draper dans le pilote de Mad Men, à deux, les personnages principaux de Trust Me ne lui parviennent pas à la cheville. Nan, faut le dire, ils n'ont pas son talent dans la publicité. Mais en échange, ils sont plus sympathiques. C'est une question de choix : l'intelligence ou la drôlerie. Bon bah, Trust Me a choisi.

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Eric, Eric, Eric... peut-on lui résister ? J'avoue n'avoir lancé ce pilote que parce qu'il y était. Oh, il est dans toute la série ? Hm, bon, bah, puisqu'il le faut, je regarderai toute la série, hein, tant pis. Mais heureusement, le tandem avec Thomas Cavanagh marche parfaitement, non seulement du côté des personnages tels qu'ils sont écrits, mais du côté du charisme des deux acteurs, aussi, de ce qu'ils dégagent. On croit sans problème à ce qui lie (et sépare) les deux protagonistes et, ce qui fait que leur petit numéro marche si bien quand ils s'engueulent ou se rabibochent, c'est bien l'alchimie entre les deux gaillards qui les interprètent. Mais, oui, j'ai une préférence pour Eric, oui... il est comme le vin, le fromage et Sean Connery : meilleur avec le temps.

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J'adore voir ce genre d'amitié masculine à l'écran. J'ai dit "amitié", rho, tout de suite... D'ailleurs, si elle n'était pas si sympathique, je ne pense pas qu'on accrocherait autant sur le reste, puisque le retournement de situation ultime (je veux pas vous spoiler mais le pilote finit bien) est ultra-prévisible, et manque un peu d'inspiration. Comme dans beaucoup de séries basées sur les duos (c'est un peu plus courant avec les sitcoms que les séries dramatiques, il est vrai), ce sont les interactions qui font tout le piment des épisodes, on le sent dés ce pilote, et ici c'est vraiment sur l'antagonisme/la symbiose entre les deux copains que tout repose pour le moment. On ne peut même pas dire que les autres collègues de bureau aient beaucoup de diversion à offrir si jamais ce tandem ne se montrait pas convaincant à un moment ou à un autre. Il faut dire que Monica Potter est une telle tête à baffes, aussi... moitié exprès, moitié parce que l'actrice est comme ça, je pense. Donc bon, il y a Eric, Thomas, et le reste très loin derrière. Il faudra s'y faire !

Donc voilà, Trust Me, c'est divertissant, c'est sympa, ça fait marrer et ça fait sourire (comment ça, "pléonasme" ?), ça fait beaucoup de bons points en apparence, mais aucun qui ne rende pour le moment la série inoubliable. Il en faudra un peu plus pour en faire un classique, mais ne vous inquiétez pas, je surveille pour vous...

Tiens, ça me fait penser, je ne pense pas avoir déjà regardé Ed...
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Trust Me de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 22:48 - La preuve par trois - Permalien [#]

20-01-09

Tina Fey pas de miracle

Regarder un pilote, ça ne se fait pas comme ça. Oho, comme vous y allez, non ! Malheureux...!

Il faut d'abord installer le cadre adéquat, créer les conditions optimales, instaurer une ambiance appropriée... Fermer les rideaux, droguer le roquet surexcité du voisin, ce genre de choses. Se prendre une petite bouteille de thé glacé, ou un verre de whisky, oui, en voilà une bonne idée... et peut-être se munir d'un sachet de maïs soufflé, dans la foulée, puisqu'on y est, soyons fou.
Avaler un calmant ou deux, aussi.

Bon, je crois qu'on est au point, là.

Allez, tout va bien se passer.
Mais si.

Tu peux le faire.

Cette fois je me lance, je regarde le pilote de 30 Rock. On en est quand même à la 3e saison, tout le monde en parle, les récompenses pleuvent : il serait temps. Euh, non, ne te mets pas la pression. Surtout, ne pas en faire quelque chose de trop important, de trop effrayant. Allez, du calme.
Prends encore un cachet.
Prête ?
Go.

...

Oh, bah, tout ça pour ça ?
Allez, on va essayer d'entrer un peu dans les détails avec ce post La preuve par trois... Le pire est passé, de toutes façons.

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Si jamais vous n'aviez pas encore compris : Tina Fey est la star de la série : créée par, interprétée par... L'intro est là pour tout de suite mettre les pendules à l'heure à ce sujet, mais une fois ladite intro passée, elle ne quittera quasiment pas l'écran. Ah si, là... ah non, elle est dans le coin. Ah si, là... mais ça n'a duré que 15 secondes. Vous voyez le topo. Fort heureusement pour elle, Tina Fey a un énorme capital sympathie. C'est vrai que sans ça, on aurait vite des envies de meurtre. On nous présente à peine les autres personnages, tout tourne autour d'elle ! C'est dommage car certains de ses faire-valoir semblent potentiellement amusants... mais difficile de vérifier leur potentiel avec ce seul pilote.

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Alec, prends-moi nue et faisons l'amour toute la nuit ! (je suggère que nous nous envoyons en l'air jusqu'à ce que tu perdes 15 à 20kg ; ça me semble correct) Franchement, qui est Tina Fey par rapport à Alec Baldwin ? Personne, autant le dire. Eh bien rien à faire, elle tente de lui voler la vedette en permanence. Là encore, c'est hyper dommage car il aurait été plus intéressant de tout de suite montrer la confrontation entre ces deux personnages, les deux personnalités, au nom du ciel on est quand même là pour ça, mais rien à faire, cette dynamique est résumée à quelques rapides petits dialogues, même pas aussi savoureux qu'attendu. De toutes façons, on se préoccupe tellement des états d'âme du personnage de Fey qu'on n'a tout simplement pas le temps pour instaurer quelque dynamique que ce soit.

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Les négociations qui n'en sont pas (ce n'est même pas qu'elles tournent mal, c'est juste qu'elles n'ont pas lieu), qui auraient pu être le pivot de l'épisode, le feu d'artifices, le ce que vous voulez... eh bien traine en longueur et se finit en eau de boudin. La conclusion de l'intrigue arrivera en catastrophe juste avant que ne finisse l'épisode, et il faudra se contenter de cela pour rire un brin. Là où on était en droit d'attendre un portrait au vitriol de l'univers de la télévision, avec des personnages hauts en couleur et des dialogues dont il semblait pourtant évident qu'ils devaient être aussi bons que ceux des émissions que 30 Rock est censé parodier, on aura au final qu'une autobiographie nombriliste d'un auteur frustré par son job, et qui a bien fait de le quitter si c'était là son ressenti.

Quant à trouver dans 30 Rock du piquant, de l'humour et quelques savoureux pastiches, il faudra apparemment attendre l'épisode suivant. Car n'allez pas croire que je suis découragée, au contraire : je suis décidée à donner 20mn supplémentaires à 30 Rock pour me convaincre. Dés que l'ego de Tina Fey se sera calmé, on pourra peut-être enfin entrer dans le vif du sujet ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 30 Rock de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 21:11 - La preuve par trois - Permalien [#]

17-01-09

Bah, mon loulou ?!

Qu'une série sur les loup-garous se déroule à Wolf Lake était déjà un indice intéressant sur le manque d'imagination de la série éponyme. Que son personnage principal s'appelle Kanin allait bien au-delà de tout ce qu'on peut imaginer en matière de mauvais jeux de mots. Mais malgré tout, j'ai quand même voulu tenter l'aventure Wolf Lake, pour la meilleure raison qui soit : parce que je ne connaissais pas.
Et si vous le voulez, vous pouvez en faire autant, puisqu'il s'agit d'un post La preuve par trois !

WolfLake___1
Acte I : la première scène du pilote commence dans la plus complète prévisibilité, alors que notre héros M. Kanin rentre chez lui, dans le noir ; comme c'est un fervent écologiste, il ne lui viendrait pas à l'idée d'allumer les lumières, mais du coup il est un peu sur les, hm, dents. Quand soudain, quelque chose ou quelqu'un lui bondit dessus, et entame une lutte mortelle avec lui... mais ça alors, en fait c'est ça copine. Inutile de dire qu'à ce stade, j'ai contemplé mes ongles en me disant que l'heure était venue de me consacrer à ma manucure. Ils font donc l'amuuuur, à l'issue de quoi ledit héros propose la nana en mariage, et elle accepte, et elle va sortir acheter à manger. Ce à quoi elle ajoute qu'elle l'aime. Ok, il va lui arriver un truc grave. Si je me faisais les ongles des pieds aussi ? Une fois dans sa voiture, la petite copine, qui se prénomme Ruby, se fait effectivement attaquer par un homme caché sur le siège arrière (c'est un original, ce garçon), juste en bas de l'immeuble de son homme, oh mon Dieu comme c'est tragique elle va mourir à deux pas de chez lui. Vu qu'on aura déjà compris, à ce stade du pilote, que Wolf Lake tente désespérément de nous surprendre toutes les une minute trente, montre en main, on sait aussi que c'était une feinte et qu'elle ne va pas y passer. C'est effectivement le cas, la belle Ruby survit à son aggression et se défend avec un éclat étrange dans le regard, et le beau Kanin qui arrivait pour la secourir ne trouve que la main (arrachée) de son aggresseur dans la voiture. La belle Ruby a disparu... Mystère, angoisse, suspense. Toute la kératine de la maison étant alors intégralement laquée avec le concours d'Agnès b (y compris les griffes des chats), j'ai poussé un soupir, et je me suis résolue à fermement m'ennuyer pendant ce pilote. Constat d'autant plus tragique qu'à cet exact instant, il me restait 39 minutes à endurer.

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Acte II : Kanin est sur la piste de Ruby. Un mystérieux informateur (c'est l'usage) le met sur la piste de Wolf Lake, petit patelin perdu au milieu des pins, et dont on va bien vite tenter de nous en brosser un portrait angoissant et mystérieux (comme ça c'est assorti au nom de l'endroit). En toute logique, 90% des plans vont être couverts par une musique sombre et énigmatique, ou en tous cas voulue telle, de façon à bien nous filer, au choix, soit les chocottes, soit un fou rire. Tout est censé être inquiétant, si bien que plus rien ne l'est. Au passage, on admirera avec quel fol optimisme la réalisation tente de faire du sous-Twin Peaks en créant plein de petits détails étranges à propos dudit bled et de ses habitants, que Kanin est incapable d'interpréter et qu'évidemment le spectateur a déchiffré avec vingt minutes d'avance : les bruits dans les bois, les nanas qui accouchent de portées d'enfants, les yeux qui jaunissent, tout ça qui se déroule à Wolf Lake, ville au centre-ville de laquelle trône une immmmmmense statue d'un loup, je crois qu'on essaye de nous dire quelque chose.

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Acte III, bientôt la délivrance : à ce stade on a plutôt l'impression d'être dans un mauvais épisode de X-Files, où Mulder et Scully font une enquête dans une ville perdue et où personne ne veut rien leur dire sur la bête du Gévaudan locale. Tout le monde vous ment, la vérité est ailleurs, ne croyez personne, et tutti quanti, sont le maître-mot des dialogues, ce qui veut dire que ça n'aboutit nulle part, et qu'on va se farcir la tête de ragondin de Lou Diamond Philips pendant plusieurs épisodes sans avoir jamais la moindre réponse, et ça, c'est gonflant. Comme on peut s'y attendre, il y a UNE personne qui veut bien parler à Kanin, une autre qui fait semblant d'être son copain, et plein qui se disent que s'il foutait le camps sans poser trop de questions ce serait bien sympa, à un tel point que ce n'en est même plus amusant. On saupoudre tout ça d'histoires de famille, de sexe et d'argent, rien de mieux pour faire trainer une intrigue en longueur que des retournements de situation soapesques. La fin de l'épisode nage dans la plus désagréable des mélasses... sans compter le cliffhanger final qui ne parvient même pas à en être un puisque ça fait 45 minutes qu'on nous donne 25 000 indices sur la nature du voisinage. Les scènes se sont jusque là suivie sans se ressembler, et sans grand lien apparent, pour nous mettre le nez dedans, y compris l'apparition d'un vrai loulou sur la fin, et là on était en droit d'attendre une petite accroche, quelque chose, au moins une raison de revenir, c'est pas trop demander quand même ? Eh bien on ne l'aura même pas.

Du coup, c'est beaucoup de courage et de force de caractère que je vous recommande d'avoir pour regarder ce pilote. Je ne sais pas si ç'aurait pu être quelque chose de bien, mais toutes les raisons qui font qu'on pourrait être tenter de regarder cette série sont en fait très rapidement mises sur le côté pour poursuivre un but assez obscur. Selon moi, la production cherchait juste une excuse pour se mettre en faillite financière.
Par exemple on pourrait vouloir y voir Mia Kirschner, sauf que son personnage est justement disparu ! On pourrait espérer voir des loups dans tout un tas de scènes intéressantes, mais la prod n'avait les moyens de les faire tourner qu'un quart d'heure par semaine ! On pourrait espérer avoir quelques frissons mais au lieu de ça on a surtout envie de bailler. Je n'oserais même pas qualifier ça de gâchis mais, de toute évidence, c'est un ratage dans les règles de l'art.

Après, ya des gens qui aiment regarder ce genre de fiasco à titre éducatif et/ou pour se taper sur les cuisses et se moquer abondamment. Le faire sur un pilote, je peux comprendre. Le faire sur toute une série, ne fut-elle pas plus longue que 9 épisodes, c'est quasiment de l'inconscience, suicidez-vous carrément, ça ira plus vite et ce sera moins douloureux.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Wolf Lake de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 16:15 - La preuve par trois - Permalien [#]

25-12-08

Les 58 coups de minuit

C'est la belle nuit de Noël, et ce soir je vous propose un post un peu spécial : un post La preuve par six. Ce sont en effet deux épisodes qui vous seront présentés ici, et je suis certaine que vous saurez apprécier ce cadeau à sa juste valeur...

En dépit de bientôt deux ans d'existence, c'est le premier Noël que je fête sur ce blog, et je souhaitais marquer le coup ; et quelle meilleure façon pour cela que vous faire découvrir l'une des séries avec lesquelles je vous bassine depuis des lustres ?
Ce soir, un cadeau qui vient vraiment du cœur : SPACE 2063.

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La structure de ce pilote est bien l'une des rares choses dans lesquelles Battlestar Galactica n'a pas pioché (sinon, la ressemblance Cylons/IA, le look du Galactica et celui du Saratoga, certaines thématiques, ça, ils n'ont pas hésité, et tout le monde n'y a vu que du feu). En effet, une énorme partie de ce pilote est consacrée à comprendre pourquoi les personnages centraux (j'ai nommé Nathan West, Shane Vansen et Cooper Hawkes) se sont engagés dans les Marines. Cela peut d'ailleurs sembler d'autant plus étonnant que ces axes ne seront employés qu'avec grande parcimonie par la suite (et seul Nathan y trouvera une à-peu-près-conclusion), mais la vérité, c'est que SPACE 2063, avant de se présenter comme une série de science-fiction, avant même de se présenter comme une série de guerre, se présente comme une série dramatique. Du coup, on apprend d'abord à faire connaissance avec les personnages, à les apprivoiser, et à prendre la mesure de leur personnalité. Immédiatement, on est touché par la rudesse de Shane, la loyauté de Nathan ou encore le côté immature de Cooper, chacun de ces traits de caractère ayant, on le pressent, autant d'avantages que d'inconvénients.

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Chacun de ces trois personnages a, je l'ai dit, une bonne raison d'entrer dans les Marines, mais il est bon de noter qu'aucune n'est belliqueuse. Cependant, chacune nous donne un excellent éclairage sur le cadre dans lequel se situe SPACE 2063 qui, vous n'allez pas le croire... se déroule en 2063. Du coup il y a toute une époque à présenter, un contexte auquel nous familiariser ; plutôt que de parier sur ses effets spéciaux pour montrer qu'elle se déroule dans le futur (effets spéciaux qui, bien qu'ayant vieilli, n'avaient vraiment pas à rougir), la série nous parle donc d'un contexte social, scientifique, historique, et même politique. D'ailleurs, les histoires de Nathan et de Cooper se répondent entre elles : Cooper est un sans-ventre (comprenez : un être créé in vitro et né à l'âge de 18 ans, ex-race d'esclaves et de chair à canon), qui bien que libre, est confronté à un racisme violent, alors que Nathan fait les frais d'une politique de discrimination positive et est évincé du programme de colonisation Tellus, et ainsi séparé de sa fiancée. Inutile de dire que leur relation ne commence pas exactement sous des auspices favorables ! Quant à Shane, elle nous offre l'occasion de mieux comprendre la partie historique de la chose, ayant vécu de très près la guerre contre les IA (ou Silicates). Trois histoires, et surtout trois façons de nous présenter non seulement les personnages, mais aussi le contexte de la série. Je sais pas pour vous, mais je trouve ça brillant.

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C'est peu après leur arrivée parmi les Marines que ceux qui deviendront le 58e escadron vont apprendre la destinée funeste de la colonie Tellus, sonnant le glas d'une époque de Paix qui n'aura pas duré très longtemps. C'est le moment pour le pilote de s'éloigner des aspects les plus introductifs de sa trame, pour se concentrer sur le lancement de la saison. A travers ce message, on apprend cependant que la Terre est désormais fédérée, et qu'elle possède un Président (en fait un Secrétaire Général, mais vous saisissez l'idée). Ce ne sera pas du tout anodin arrivé à un certain stade de la série, puisqu'à l'occasion, SPACE 2063 se transformera également... en série politique. Et dire que vous m'avez prise pour une allumée quand j'ai comparé Battlestar Galactica à la série ! Si-si, j'ai bien vu votre air, allez.
Il ne faut pas, en effet, oublier qui est derrière SPACE 2063 : James Wong et Glen Morgan, deux hommes qui ont très largement contribué au succès et à la renommée de Chris Carter (ce sont aussi eux qui ont introduit les arcs mythologiques de Millennium, sauvant ainsi la série du chaos dans lequel elle s'était embourbée pendant sa 1e saison) de par leur amour des imbroglios à vocation conspirationnistes et/ou politiques, et qui n'ont jamais reculé devant la perspective d'inclure de nombreux axes variés dans une seule et même trame au départ fantastique ou SF. On sent d'ailleurs, à un certain point de la série, que s'ils avaient eu l'opportunité de continuer, nos deux lascars auraient, sans le moindre doute, également travaillé ce côté-là de leur histoire... notamment avec celle qui deviendra en cours de saison Madame la Présidente, un personnage complexe qui se préparait à développer des intrigues non-militaires, en dépit (ou grâce à) ses ennuis de santé. Non mais, quand je vous dis des trucs, ya une raison...

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Il faudra attendre d'être entrés dans la seconde partie du pilote pour voir arriver les Chigs (les ennemis sans visage, cachés sous leur armure), et c'est ce qui démontre qu'on n'est pas du tout dans une logique guerrière ; car la première rencontre Homme/Chig, elle ressemble à quoi ? A une étrange comparaison. Le Chig pris en otage pas le 58e est en effet très semblable à eux, à bien des égards : il porte sur lui un objet familier, semble paniqué par la situation, et finit par mourir par honneur. Dans une série qui appuie tant sur le code de l'honneur des Marines et leur sens du devoir, inutile de dire que cette première scène a de quoi étonner. Les Chigs ne sont pas dépeints comme de simples êtres sanguinaires, les vilains méchants de service, c'est juste une autre nation, et s'ils ne sont pas humains (parce qu'ils ne le sont évidemment pas...!), ils ont en tous cas des traits de caractères qui en font des personnes. Ce sera aussi cela, l'enjeu de la série : affronter la guerre avec des êtres qui, finalement, ne sont pas si différents de nous. Et devoir parfois les tuer avec cette donnée à l'esprit. C'est pour des séries comme celle-ci que je dis et répète à l'envi que la science-fiction est un genre métaphorique, vous comprenez : on parle de tuer des extraterrestres mais en fait, on parle de tuer, point barre. Les questions se poseraient, et se sont posées par le passé ce que là aussi la série n'hésitera pas à évoquer, tout autant s'il s'agissait d'humains. D'ailleurs, avec ses multiples références militaires et/ou stratégiques, notamment à la Seconde Guerre Mondiale, SPACE 2063 montre bien que ses enjeux sont de parler de la guerre en général, et pas juste de faire péter l'hémoglobine.

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A ma droite : Colonel McQueen. Rrrrraw. A ma gauche : une pauvre table innocente. Pour bien donner le ton, celui qui ne s'était pas spécialement distingué au sol pour sa franche camaraderie montre qu'il ne va pas s'en laisser compter. Le Colonel McQueen et son numéro de table volante, c'est un peu un grand classique (les personnages n'hésiteront pas à en rire ensuite, à leurs risques et périls), je dois dire. Un de ces petits moments où, vous savez ? On se cale au fond de son fauteuil parce qu'on est chez soi. Reste que ce qu'il dégage a de quoi impressionner, et c'est sans conteste le personnage le plus charismatique (bien que souvent taciturne) de la série. Aaah, le colonel McQueeen... j'en fais des rêves encore aujourd'hui, vous savez. Son regard bleu, son air fermé, ses cicatrices et sa tendance à philosopher en plein espace... Et sa femme a divorcé ? J'y crois pas un seul instant.
Cependant, ce qui se passe dés cette scène, c'est que McQueen va immédiatement et définitivement s'adjuger l'admiration et le respect du 58e escadron, pas juste parce que la table était méchante et qu'il l'a bien punie, mais véritablement parce qu'il déborde de charisme et d'expérience, ce grand bonhomme. Ils lui deviendront très rapidement fidèles, et c'est l'une des relations les plus touchantes, celles de cet escadron de têtes dures avec leur supérieur qui n'est guère plus tendre. Dés le pilote, on voit d'ailleurs comment Hawkes et McQueen fonctionnent tout de suite très bien ensemble, par des jeux de regards et un ou deux dialogues brefs mais qui en disent long, parce que ces deux hommes partagent quelque chose : leur nombril. Je me comprends.

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Est-ce la fin ? Mais non... Ça ne fait que commencer ! (celui qui trouve de quel film ce dialogue est tiré gagne un cookie à la myrtille) Il y a à la fois tout un univers, et presque rien, une seule saison, entre ce pilote et la fin de la série. Arrivée à la fin de ce pilote, pourtant en deux parties, j'ai l'impression de ne pas en avoir assez dit, et je brûle de l'envie de vous parler des épisodes suivants... De l'ambiance de peur de L'Ennemi, du sentiment d'abandon de Reste avec les morts, Pearly, Poussière d'étoiles ou Qui pilote les oiseaux ?, de comment Le Cinquième Element a tout pris dans La Permission (Coolio étant alors remplacé par Chris Tucker), des questions de spiritualité et de croyances des Silicates dans Le Cheval de Troie et La Face cachée du Soleil... Il y aurait tant à dire sur la mythologie, sur les personnages, sur les axes, sur les différentes lectures...!
Tant de choses se sont passées, depuis ce moment du pilote où Nathan a levé les yeux vers le ciel. Et puis, plus rien. Je suis partagée entre l'envie de vous parler des courriers de Shane à sa soeur, du cri de terreur de Wang dans l'épisode final, de Chiggy Von Richtoffen, de Patsy Cline et bien d'autres... et l'envie de vous faire tout découvrir par vous-mêmes, comme ç'a été le cas pour moi voilà maintenant, doux Jésus... ça fait 13 ans.

Parce que parfois on a peur que notre propre passion ne soit pas contagieuse, ou le soit trop.
En fait voilà, j'aurais dû vous en dire du mal, et vous auriez été surpris dans le bon sens... ou non, ne pas vous en parler du tout, juste vous donner votre cadeau, et ne plus rien dire.
Comme ça : favicon favicon

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, mais c'est Noël et je sens qu'un miracle va se produire : la fiche SPACE 2063 de SeriesLive.
Et gloire aux posts qu'on peut programmer à l'avance !

Posté par ladyteruki à 00:00 - La preuve par trois - Permalien [#]

05-12-08

L'union (Jack) fait la force

Révisions d'Histoire. Prenez vos livres à la page 16 : Napoléon et l'empire français.
Bon, bah tout est faux. Ne me regardez pas comme ça, je sais ce que je dis, j'ai des sources : Jack of All Trades !

Surfant sur une ficelle vieille de plusieurs siècles (la bisbille des Anglais contre les Français) en y ajoutant un peu de rancœur américaine (pourtant pré-Irak), la série Jack of All Trades s'ingénie à jouer avec tout un tas de stéréotypes pour nous faire rire, et on ne va donc pas lui tenir rigueur de ses quelques (quelques !) inexactitudes historiques. S'il fallait toujours être réaliste, on aurait fort à faire avec bien d'autres séries, pour commencer. Ne m'obligez pas à dénoncer des titres.

Ainsi donc, la série s'amuse à nos dépens. Mais comme on aime bien Bruce Campbell, on consent à rire. D'un air pincé.
C'est parce qu'on est français.

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"J'aurais bien frappé avant d'entrer, mais mon poing avait d'autres projets". En une phrase (sa première), le personnage de Jack est résumé. Ah, attendez, il a quelque chose à ajouter... "Hey", lance-t-il ensuite à la belle damoiselle en détresse. Qu'en des termes galants ces choses-là sont dites. Jack est donc un mâle alpha un peu bourrin, appréciant autant la castagne que reluquer de la dentelle (voir plus si affinité). Un bon américain comme on les aime. Eh oui, l'avantage de Jack of All Trades c'est que, son personnage ne se prenant pas un instant au sérieux, on rit de lui autant qu'avec lui, et finalement, même pour nous les Frenchies, ça passe. C'est la magie d'Hollywood. De Palau-Palau. Peu importe.

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Je ne me rappelle plus : j'ai pensé à vous préciser qu'il y allait avoir quelques stéréotypes et blagues faciles sur les Français ? Bon, dans le doute, voilà qui est fait. Après tout, il fallait bien trouver une peuplade quelconque pour jouer les dindons de la farce (non, pas Brenda), et c'est tombé sur les Français, et un peu les Canadiens au début de l'épisode puisqu'on y était (mais n'est-ce pas la même chose ?). J'ai envie de dire : et alors ? Rien que les accents des personnages français (c'est cela, oui) sont hilarants. Justement, c'est même sans doute une dimension supplémentaire, mais bien involontaire, pour le spectateur français, qui se tape sur les cuisses de toutes ces bêtises qu'on colporte sur son pays.
Et puis, bon, si ça peut réconcilier ces snobs d'Anglais, et ces crétins d'Amerloques...

JackofAllTrades___3
"Jack, laissez-moi résumer... On a une série qui ne se prend pas au sérieux un seul instant, un personnage qui va faire de la castagne, un autre avec une mouche coquine, des répliques cinglantes à intervalles réguliers, un peu de fanservice à l'occasion... Diantre, mais ne manque-t-il pas quelque chose ?". Si fait, ma mie.
Un love interest. Si possible avec du piquant pour que la belle ne soit pas conquise tout de suite. Car si Jack of All Trades a su se créer un univers cocasse, et finalement assez différent de ce qu'on peut voir ailleurs, au niveau des ressors scénaristiques, on est dans la prévisibilité la plus totale. On aurait envie de dire que c'est dommage, mais comme justement ça fonctionne quand même... allez, va pour cette fois.

Vous l'aurez compris, Jack of All Trades est un pur divertissement, dans la moyenne supérieure des productions Raimi, enlevé, drôle et sans conséquence, bref, un produit typiquement américain (héhé). Pour ne pas l'apprécier, il faudrait être bien frigide !
...Ou Français.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Jack of All Trades de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 23:14 - La preuve par trois - Permalien [#]

28-11-08

Et un post sur Ned de plus, un !

Alors qu'il y a pas si longtemps, je vous parlais du pilote de Will & Grace, j'ai eu la surprise de tomber, en un haut lieu de cagoulage, sur celui de Ned & Stacey, lequel ne partage pas uniquement avec le premier un goût pour les titres de série simplistes, mais aussi la présence de Debra Messing. Et moi, vous savez bien, dés que je vois une chevelure rousse...
Du coup, ayant le mobile comme l'opportunité, je n'ai pas pu résister à la tentation de le cagouler pour vous l'offrir ! Là, comme ça, en cadeau, parfaitement, et ce n'est même pas encore Noël !
En plus, ce sera ça de moins à numériser à partir de mes VHS plus tard, et sans le logo d'AB1, en prime !

On est donc partis pour un nouveau post La preuve par trois, et je parie qu'il y a moins de monde qui connaît Ned & Stacey que Will & Grace, pas vrai ?

NedStacey___1
D'ordinaire, quand deux personnages se rencontrent, et font des étincelles, on est plutôt dans la logique du coup de foudre à la Dharma & Greg. Bon. Bah là, pas trop. Ce serait plutôt les foudres de guerre ! Dans le cas de Dharma et Greg, les différences sont tout de suite présentées comme étant ce qui attire les personnages l'un vers l'autre, mais pour Ned et Stacey, c'est absolument le contraire. C'est tellement violent qu'on voit mal comment ces deux-là vont tenir tout l'épisode sans s'étriper...

NedStacey___2
Même si on devine rapidement que l'objectif de la série sera de rapprocher deux personnages que tout oppose (un classique), on reste quand même bluffé par le cynisme qui domine cet épisode, et notamment ses dialogues. Mais aussi, d'une façon plus générale, la situation qui est en train de naître sous nos yeux, celle d'une cohabitation complètement intéressée, égoïste, et fondée sur des préoccupations tellement terre-à-terre, qu'on a du mal à se rappeler que Ned & Stacey est pensé comme une comédie romantique ! Ce mariage blanc, mariage d'intérêt, appelez-le comme vous voulez, est en fais profondément glauque !

NedStacey___3
Un petit air de déjà vu ? Eh oui, Debra Messing est encore en robe de mariée ! Bon, j'ai bien conscience que, chronologiquement, c'est l'inverse, mais bon... tiens, il faudrait que je revoie le pilote de Prey pour vérifier un truc...
C'est un coup classique : les deux personnages qui n'ont rien à faire ensemble mais qui finalement... Cela dit, on parvient à être surpris par cet échange, puisqu'en fait, ici, c'est Stacey l'idéaliste qui a contracté ce mariage avec le plus de cynisme... Ned ayant en effet une pointe de sentiments pour elle ! Double surprise, à vrai dire, puisqu'on aurait mal imaginé qu'il ait des sentiments tout court, pour commencer. Voilà qui donne lieu à un échange acerbe, mais d'un autre côté, il faut reconnaitre que la série a des dialogues très vifs de toutes façons, c'est d'ailleurs son atout majeur, avec Thomas Haden-Church.

Il y aurait très certainement un peu plus à dire de ce pilote, à commencer par la présence de Greg German, fishiste avant la lettre, mais bon, les règles sont les règles, trois captures, et pas une de plus !

Voilà, je suis sûre que ça vous fait du bien que je ne parle pas toujours d'un seul et même Ned, pas vrai ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ned & Stacey de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 22:34 - La preuve par trois - Permalien [#]

23-11-08

Vroum vroum

Allez, ne nous laissons pas abattre. C'est pas parce que je cogite que je dois ruiner le moral de tout le monde, pas vrai ?
En plus je vous l'avais promis : voici aujourd'hui le pilote d'une vieille série dont vous aviez deviné le générique lors du jeu des génériques la semaine dernière. J'ajoute que d'ordinaire, la rubrique La preuve par trois vous oblige à bosser votre anglais, eh bien pas cette fois, figurez-vous. Oui, petits non-anglophones, j'ai pensé à vous !

Donc on est partis pour un pilote qui va tirer une petite larme à pas mal de nostalgiques : Tonnerre Mécanique, dont je suis de toutes façons certaine que pas la moitié d'entre vous se souvient, si tant est que vous l'ayez vu. Je vous aurais bien proposé Espion Modèle mais ça m'a hélas été impossible... mais à la rigueur, je pourrais vous offrir la possibilité de voir d'autres pilotes dont nous avons parlé lors du dernier jeu des génériques. Pas tous, mais plusieurs. Vous savez ce qu'il vous reste à faire...

TonnerreMecanique___1
Vous souveniez-vous de la vie de Jesse avant l'accident ? Moi, pas du tout. Eh bien c'était un sacré petit rigolo, pour un flic. Totalement inconséquent, indiscipliné et tête brûlée, mais en même temps on aurait pu s'en douter. C'est typique de la structure de ce type de séries, non ? Et surtout, il était ami-ami avec Robert Beltran, lequel ne s'en sort pas, lui. Vous imaginez si ç'avait été Robert le pilote de Tonnerre Mécanique ? J'en ai des frissons.

TonnerreMecanique___2
Non, vous pensez, je n'ai pas choisi cette capture pour vous donner des frissons... ni pour vendre ma camelote... non, allez, ce n'est pas le genre de la maison. En tous cas on peut apprécier dans cette scène tout le génie de celui qui est probablement l'un des premiers personnages geek de la télévision : Norman Tuttle. Mon Dieu, rien que son nom... Ils ne parlent pas la même langue, ces deux-là, mais en même temps le duo fonctionne parfaitement. Enfin, des fois je me dis que je pense ça uniquement parce que je les ai toujours vus ensemble. C'est toujours une question difficile sitôt qu'on revoit une vieille série comme celle-là...

TonnerreMecanique___3
Au final, difficile de ne pas penser à l'âge de la série quand on la regarde. Avec son quota de petites plaisanteries sans grande conséquence, ses effets spéciaux quasiment aussi vieux que nous (moi en tous cas, c'est à trois ans près), sa structure très propre et son univers sans grande surprise (sans parler de Céline Monsarrat qui a dû doubler toutes les séries de l'époque et qui à elle seule permet de dater une série), Tonnerre Mécanique accuse le coup, mais bon, ça reste très largement regardable. On peut aussi se dire qu'en matière de séries popcorn, ça tient quand même encore bien... la route.
J'attire aussi votre attention sur le final quelque peu précipité de ce pilote... On sent qu'ils ont essayé de faire quelque chose dans la dernière minute, mais justement, ils n'avaient plus qu'une minute !

Bon, l'un dans l'autre, c'est surtout par nostalgie (ou envie de s'éduquer) qu'on regardera ce pilote, et pas parce qu'il est incroyablement bon. Evidemment, c'est agréable, mais irions-nouis pour autant raconter que c'était extraordinaire ? Souvent, quand on regarde de vieilles séries, on a tendance à verser dans le passéisme, sur l'air de c'était mieux avant (prononcez à la Cabrel si vous connaissez vos classiques), et se dire qu'aujourd'hui, ça n'a plus rien à voir. Il faudra être très aigri pour penser pareille énormité après le pilote de Tonnerre Mécanique, car il n'a pas révolutionné la face de l'écran. Des divertissements charmants comme celui-ci, il y en a toujours eu, et il y en aura toujours. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne doive pas leur accorder 1h12 d'attention, juste qu'il faut savoir à quoi s'attendre !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Tonnerre Mécanique de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 23:32 - La preuve par trois - Permalien [#]

07-11-08

It's not OK !

Et dire que ce n'est même pas encore Noël... pourtant voilà déjà un troisième post La preuve par trois en l'espace de trois jours (soit quatre en une semaine, mais on ne fait pas les comptes, n'est-ce pas ?).
C'est-à-dire aussi que, cette fois, je suis retombée sur une vieille pelote de laine, et je n'ai pas su résister. Starved fait partie de ces séries un peu trash que j'affectionne, justement parce que c'est un peu malsain (un peu ?!), pas forcément appréciable par tous mais définitivement couillu, et puis les acteurs sont bons (et je ne dis pas ça juste parce qu'Eric Schaeffer était dans Century City, ou si peu).

Je vous emmène dans un monde complètement pervers, où la nourriture y occupe une place démesurée... alors, c'est un conseil d'amie, ne mangez pas pendant la lecture de ce qui suit. Et encore moins une fois que vous aurez cliqué où vous savez.

Starved___1
Je n'ai pas de troubles alimentaires (enfin, euh... je ne crois pas ?!) mais je trouve qu'on compatit instantanément avec Sam dés la scène d'intro, où on peut voir ce pauvre bougre être complètement obsédé par son poids et sa silhouette. C'est la première chose à laquelle il pense au réveil et ça ne le quitte pas de toute la journée. Cette relation d'amour-haine avec la bouffe, qui conditionne tout ce qu'il fait (y compris son aventure avec la jolie Sarah), c'est hyper prenant. On y croit à fond ! C'est ptet aussi parce que le téléphage est un addict dans son genre, c'est vrai... mais ça fonctionne complètement. Et entre cynisme blasé et inquiète obsession, Eric Schaeffer nous permet de vraiment nous immerger dans ce monde complètement vicieux... en même temps il sait de quoi il parle, vous me direz.

Starved___2
Et n'allez pas dire que je ne vous avais pas prévenus ! Qu'on sache bien de quoi on parle : en soi, Starved n'est pas ce qu'on pourrait appeler une série "choc", elle n'est pas faite pour entrer dans la surenchère. On n'est pas dans la démonstration à coups de gourdin. En résumé, ce n'est pas une série de Ryan Murphy, c'est ça que je veux dire. Mais en même temps, la série ne se prive pas de quelques petites scènes un peu dures... à avaler, surtout si ça peut montrer l'absurdité de ces maladies alimentaires ; et on en a la preuve dés le pilote avec une exploration assez détaillée des moeurs alimentaires de chacun des personnages, comme dans la capture ci-dessus. Tout ça sans jamais vraiment s'éloigner d'une forme de comédie très pince sans rire, qui fonctionne à fond sur moi, je dois dire. Parce que franchement, le flic qui verbalise le livreur chinois en situation irrégulière juste pour lui confisquer son paquet de bouffe, c'est déjà énorme, mais après... nan, je n'en dis pas plus. Le charme et l'impact de Starved, c'est de se laisser surprendre par l'ampleur des dégâts chez les quatre protagonistes. Au juste, je ne sais pas lequel est le plus atteint, en fait !

Starved___3
Ce groupe de parole, c'est tout un poème ! D'ordinaire, ce genre de groupes, c'est plutôt un endroit où on s'épaule les uns les autres. On imagine bien les réunions des AA (sinon il y a toujours Rude Awakening... oui, quand même, j'étais obligée de citer Rude Awakening dans un pareil post !) avec les gens qui viennent dire qu'ils ont tenu le coup, ou qu'ils ont besoin d'aide, ou que c'est la faute de leur maman qui a jeté leur nounours à la poubelle quand ils avaient trois ans, ou je ne sais pas quoi. Eh bien là pas du tout, quand la fine équipe vient à ces réunions, c'est juste pour se flageller, se faire traiter de tous les noms, et se faire invectiver par la psy. Et vous pensez que ça marche ? Je ne suis pas convaincue... La psy, en plus, est un véritable régal. Je ne sais pas où ils ont été la pêcher, celle-là, mais elle est parfaite de bout en bout.
"It's not OK !".

Bon, vous êtes prévenus, je ne vous propose pas une comédie familiale, aujourd'hui, c'est le moins qu'on puisse dire. A ne pas mettre devant toutes les paires d'yeux... Mais d'un autre côté c'est vraiment une série comme je les aime, avec à la fois humour grinçant, pitch complètement hors-normes, personnages impossibles à aimer ni détester, et bien-sûr un certain goût de la prise de risque (à défaut de prise de poids). Pas étonnant avec un pitch pareil que Starved ait fait râler les râleurs avant même d'être diffusée (le sujet est sensible, mais c'est aussi ça qui fait la valeur de cette série, non ?). Et donc pas très étonnant que ce bijou dégueulasse n'ait pas duré bien longtemps.
Bon, que dire d'autre...? A table ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Starved de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 16:03 - La preuve par trois - Permalien [#]

06-11-08

Jamais deux sans toi...t

Toujours plus loin dans l'éducation des masses... aujourd'hui, et après suggestion d'un timide pathologique de ma connaissance... un post La preuve par trois ! Comment ça, "encore ?", mais vous n'allez quand même pas vous plaindre ! C'est dingue ça, soyez donc serviable...

Il ne vous sera pas nécessaire dans ce post de vous farcir tout un tas d'indications sur la série, puisqu'il s'agit de Three's company et je vous en ai déjà parlé par le passé. Mais si, souvenez-vous... bon, un effort, quand même ! Donc aujourd'hui on va faire light...

Threescompany___1
Aouch ça doit faire mal ! Dés son entrée en scène, Jack irradie le studio par sa présence... il occupe tout de suite tout l'espace avec ses singeries. Et ici commence l'efficacité de Three's company ! Pendant tout l'épisode, ce sera difficile de regarder les autres acteurs... c'est vrai aussi que c'est Jack qui a la plus belle robe de chambre, d'un autre côté.
Très vite, les trois futurs colocataires fonctionnent très bien ensemble ; ils partagent immédiatement une complicité amusante qui rend très fluide le moindre de leurs échanges. Ce sera d'ailleurs une force ensuite puisque beaucoup d'épisodes sont basés sur cette amitié qui doit absolument être à toute épreuve pour que les situations et les gags fonctionnent... sans se priver de quelques ambiguités de temps à autres, évidemment !

Threescompany___2
Aaaah, les Ropers ! Faudra que je prenne le temps de regarder leur spin-off un jour, ça doit valoir son pesant d'or ! D'une part il y a Mrs Roper, ouverte d'esprit, taquine, qui aimerait bien de temps en temps que son tendre époux le soit à son tour... et puis d'autre part, il y a Mr Roper, le grognon, le grincheux, l'empêcheur de s'amuser en rond, tellement old school que même sa femme, il ne la touche pas. Les Ropers ne se contentent pas de servir de prétexte au trio, non, ils ont aussi leurs propres petites intrigues, donnant lieu à des échanges constituées de piques que les Bundy n'auraient pas reniées, parfois même plutôt corsées ! Finalement, Al et Peg n'ont rien inventé, dix ans après !

Threescompany___3
"On devrait calculer le positif et le négatif... Il est un cuisinier génial... PLUS ! Il ferait une bonne protection pour nous à la maison... PLUS ! Il est vraiment mignon... MOINS !!!" Admirons aussi, quand même, dans cet épisode, le charme de Janet, ah Janet, la brune qui voudrait ne pas compter pour des prunes, qui craque un peu sur Jack mais a la tête sur les épaules, ett surtout un charme fou dont on se demande pourquoi il ne captive pas Jack au premier regard. Pfff, tout ça parce que Chrissy est blonde, quelle misère.
Trois configurations se sont succédées sur le pilote de Three's company, avant que ces trois acteurs ne soient réunis, et la série achetée. Et il est vrai que les deux filles sont, bon, certes légèrement stéréotypées, avec d'une part la jolie blonde un peu gourdasse, et d'autre part la brune maligne un peu girl next door, mais elles restent quand même très réalistes. C'est souvent que dans un sitcom, les personnages s'avèrent trop démesurés, mais ici ce n'est pas le cas, et ça ajoute encore plus au charme de ce pilote, lui permettant, avec ses gags très visuels, de ne pas être trop "gros", mais juste léger et divertissant.

Vais-je devoir le répéter ? Three's company, c'est bon, mangez-en ! La série n'a pas vieilli ! Bon, à part pour le papier peint marronnasse, je vous l'accorde. Mais pour le reste, ses personnages restent crédibles de bout en bout, et en nappant tout cela de scènes hilarantes qu'on ne peut pas ne pas apprécier. Sauf si on est Mr Roper, évidemment. Mais personne ne veut être Mr Roper, n'est-ce pas ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Three's company de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 10:35 - La preuve par trois - Permalien [#]