ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

06-11-10

Politics of compromise

Rares, trop rares ont été les posts La preuve par trois dédiés à des séries asiatiques. Pour faire amende honorable, je vous propose de faire un petit détour par la Corée, avec le pilote de Daemul. Une série sur laquelle j'ai été légèrement induite en erreur par les résumés des uns et des autres, car si effectivement, la série s'intéresse au monde de la politique, les autres éléments ne sont pas exactement tels qu'annoncés.

Daemul_1
Quand on aborde Daemul, c'est typiquement ce à quoi on s'attend : de la politique. Puisqu'on vous dit que c'est la première femme Présidente ! C'est donc par un aperçu de la carrière politique de Madame qu'on commence, en la voyant déjà dans ses fonctions. D'ailleurs on a très vite une trame similaire à celle d'un épisode d'A la Maison Blanche, le mètre-étalon incontournable dans ce domaine, avec un sous-marin sud-coréen perdu dans les eaux territoriales de la Chine (pour que ce soit vraiment fun, il aurait fallu oser les eaux territoriales de la Corée du Nord, mais d'accord). Et on va vite comprendre que la Présidente Hye Rim n'a pas la même notion que Bartlet de ce que peut être la raison d'État (et même lui prenait volontiers des libertés avec...), car elle ne cherche pas à entendre raison. C'est une idéaliste pur jus, pleine de bonnes intentions mais qui au final, est totalement irréaliste. La Corée du Sud qui va défier la Chine quitte à entrer en guerre ? Mais bien-sûr.
Le plus gros problème, ce n'est pas vraiment le choix politique que fait Hye Rim dans cette affaire. Ce qui m'ennuie c'est qu'on a encore une fois droit à une séquence d'introduction, se déroulant dans le présent, et que cette première séquence est en fait un aperçu de l'issue des élections. Mais qu'en fait, on va ensuite opérer un retour de plusieurs années dans le passé, et ainsi reprendre l'histoire depuis le début ! Absurde manie très coréenne de donner la fin de l'histoire avant même d'avoir commencé à la raconter. Et encore, là on comprend assez bien la façon dont ça se déroule sur un plan chronologique (Hye Rim faisant vraisemblablement plus adulte dans ses fonctions de Présidente que dans les scènes suivantes), c'est pas encore aussi agaçant que pour Lobbyist ou IRIS où on ne le comprenait qu'après plusieurs minutes de souffrance. Mais quand même, c'est la misère. A croire que c'est trop demander aux scénaristes que de varier de ce schéma narratif. Insupportable.

Daemul_2
Le pire est à venir. Car outre le parcours de Hye Rim pour devenir Présidente, on va aussi (surtout ?) assister au parcours de l'enjeu masculin de la série, Do Ya. Enfin, disons que des enjeux masculins, il y en a deux, mais on sait avec qui Hye Rim va finir parce qu'il y en a un qui a plus de temps de présence à l'écran. A ce stade de ce post, je suis bien consciente que tous vos espoirs se sont envolés, mais persistez quand même au moins jusqu'à la fin, d'accord ? De toute façon, ça vient de moi, parce que j'ai un énorme problème avec les romances dans les séries asiatiques et plus particulièrement coréennes. J'ai sempiternellement l'impression de les avoir vues douze fois (même s'il s'avère ensuite que ce n'est pas le cas). Donc ça vient en partie de moi, je le sais. Mais c'est usant. Et c'est d'autant plus usant que c'est ridicule. Si la carrière de Hye Rim est bien écrite, la transition de Do Ya est d'une niaiserie consommée. Finalement on en sait plus sur lui que sur elle, mais au bout du compte ça dessert le personnage.

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Malgré tout ces bons sentiments, Daemul s'avère aussi être d'une grande dureté, voire d'une certaine violence. L'intrigue amoureuse et les élans d'amélioration personnelle des protagonistes ne doivent pas nous faire oublier (ce semble être leur vocation afin de ne pas effrayer le grand public, d'ailleurs) qu'il n'y a pas de la place que pour un idéalisme forcené. Daemul, c'est aussi une scène de suicide collectif, un homme qui veut trancher le sexe de son fils à la hache, puis le fils qui veut se couper le sexe à la hache lui-même, des hommes corrompus dans la police, les médias et la justice, des journalistes envoyés en Afghanistan, la prostitution... J'en oublie mais même si ce n'est pas le cas, admettez que c'est bien loin de ce qui rendait le paragraphe précédent désespérant. Et c'est justement là que réside le potentiel du pilote de Daemul, dans la conviction que certains sujets peuvent être évoqués dans une série où l'on trouve des passages niais. Aussi incroyable que ça paraisse, les deux peuvent coexister. En gros, voilà comment on avoisine les 30% d'audience : en donnant un peu à tout le monde. Et moi je dis : si vous me donnez ce que je veux, ça ne m'ennuie pas que vous adonniez ce qu'ils veulent à ceux qui attendent de la romance sirupeuse.

Alors au final, Daemul est peut-être moins courageux que d'autres séries politiques sur la forme et même une partie de son histoire, mais il y a finalement de bons ingrédients, qui donnent envie de voir comment tout cela se développe. Les axes de romance pathétique ? Gardons-les, s'il n'y a que ça pour faire plaisir à la majorité du public. Tant que l'équilibre me semblera préservé, je continuerai à regarder. C'est peut-être justement, plus que certaines séries politiques trop intellectuelles, un bon moyen de pousser les spectateurs vers des séries sur ce sujet. Et au pire, il faudra voir ce que donnera President dans quelques semaines !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Daemul de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 22:21 - La preuve par trois - Permalien [#]

Wreck

Ce weekend, je vous propose d'avoir vos coups de cœur avec moi. Parce que bon, je papote, je papote, vous savez ce que c'est, n'empêche qu'au bout du compte, vous, vous avez lu ma littérature mais pour autant, vous n'êtes pas plus avancés. On arguera que si j'ai pu trouver ces épisodes, mes lecteurs, qui ne sont pas plus bêtes que les autres bien au contraire, pourraient aussi bien les trouver, mais il se trouve que je suis quelqu'un de partageur, mes antécédents parlent d'ailleurs pour moi, donc on va faire simple : c'est le retour de La preuve par trois !
Et très sincèrement, qu'il n'y ait pas eu de post dans cette catégorie depuis plusieurs mois aurait dû conduire à une mutinerie, voire une révolution. Ne me laissez pas vous traiter comme ça quand je fais tant de découvertes. Sérieusement, quand je parle d'un truc et que ça vous intéresse, pensez à vous manifester si vous voulez en profiter aussi. Je peux pas deviner, hein.

Bref. Donc, weekend de partage, de découvertes et de gourmandises, je commence avec un pilote tout frais de jeudi soir, dont très franchement je n'attendais qu'une qualité honnête mais pas de merveilles. Grosse erreur. Je rappelle qu'on ne croit jamais un trailer sur parole, on vérifie, ça fait partie des réflexes téléphagiques de survie. Ainsi, aujourd'hui, je vais vous parler du pilote de Rake, avec, ainsi que le veut la coutume, trois captures et pas une de plus.
Et si vous n'êtes pas coutumiers des posts La preuve par trois, le mode d'emploi est simple : cliquez bien partout, vous devriez trouver votre bonheur...

Rake_1
A chaque pilote, il ya une phase d'exposition, c'est la règle. Celle de Rake nous invite dans le bordel qu'elle la vie de Cleaver en détaillant par le menu toutes les choses qui tournent à la fois bien et mal et dans son quotidien. Bien, parce que c'est de toute évidence sa routine. On sent qu'il est à l'aise dans sa vie, loin des personnages qui remettent en question leur mode de vie, ou voudraient être ailleurs, il est évident que Cleaver vit très exactement l'existence qu'il a choisie, qu'elle ne lui pose aucune forme de problème moral, financier, et que tout cela est finalement une mécanique bien huilée. C'est un type incroyablement à l'aise dans ses mocassins, alors qu'il figure parmi les personnages les plus dysfonctionnels possibles. J'ai aussi particulièrement aimé la scène au réveil... Comme toutes les scènes d'introduction de ce pilote, elle est à la fois drôle et pas hilarante. C'est toqué, mais ce n'est pas humoristique. Et c'est certainement ce qui me plaît dans Rake, ce ton un peu acide mais ne cherchant pas à équilibrer la comédie et le drame.

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La conséquence de cette mécanique rodée, c'est que le monde entier est à la disposition de Cleaver Greene. Le twist de cette scène le démontre bien : la seule chose qui ait de l'importance dans sa vie, c'est lui. Et le plus fou c'est finalement que ça n'ait l'air de gêner personne dans son entourage, où chacun accepte notre avocat tel qu'il est. Personne pour lui reprocher son mode de vie, ses fréquentations, ou même simplement sa chemise en piteux état ou son menton mal rasé. Cleaver Greene est à prendre ou à laisser, et la série ne cherche pas à mettre en place de sordides oppositions avec ceux qui l'entourent. En cela, et surtout pour une mini-série, Rake est atypique, car il ne s'agit pas vraiment d'enjeux ou de trame scénaristique en fil rouge, mais vraiment de s'approprier cet univers. Ne pas chercher midi à quatorze heures, ne pas se compliquer la vie, ne pas se forcer à quoi que ce soit... le ton de Rake est, finalement, dans la pure continuité de la façon dont Cleaver mène son existence...

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Mais outre ses affaires personnelles, Cleaver Greene est également un avocat. Un avocat qui ne s'intéresse pas personnellement à ses affaires et qui d'ailleurs n'est pas du tout impliqué émotionnellement. Que son client soit innocent ou non, qu'il ait fait quelque chose d'illégal et/ou d'amoral, il n'en a cure. A côte de ça, il est incroyablement habile. Cause ou conséquence de son détachement ? Le cas qui l'occupe dans le pilote est répugnant, mais il prend tout avec bonhommie et sert devant la cour avec une désinvolture qui force l'admiration. Il n'y a pas de limite, il n'y a rien d'effrayant, il n'y a rien qui puisse l'atteindre. Il entend les pires horreurs et il s'en contrefout. Il ira raconter ça à un dîner entre amis plus tard...
Accessoirement c'est particulièrement captivant de découvrir le fonctionnement d'un procès en Australie. Je me suis retrouvée dans la situation absurde où je me disais "tiens, aux USA c'est pas comme ça" ! Par exemple, les avocats font tous les deux face au jury, et je trouve que ça a une signification très forte. La configuration du tribunal est fascinante dans son ensemble ; maintenant je me demande quelle forme une salle de ce type revêt dans d'autres pays !

Rake est une série décontractée, mais présentant un personnage franchement attachant. C'est plaisant de se balader avec lui parce qu'on a l'impression que rien n'est vraiment grave ni important, alors qu'on touche, finalement, à plein de choses terriblement sensibles. Les questions que posent le procès sont terrifiantes, finalement, mais grâce à Rake, on ne dramatise pas, on ne s'enferme pas dans d'angoissantes interrogations sur le monde. Cleaver prend la vie du bon côté, même le mauvais, et du coup c'est vrai pour le spectateur aussi. Une balade finalement rafraîchissante...

Et pour cruellement de culture : la fiche Rake de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 20:01 - La preuve par trois - Permalien [#]

04-05-10

Good girls don't...

Eh, je suis pilotovore, et dans une phase de sitcoms, qu'est-ce que j'y peux ? Je suis tombée par le plus grand des hasards sur une mine d'or de pilotes de type "unaired", et parmi eux, il y avait Nice Girls Don't Get the Corner Office. C'était la première fois que j'en entendais parler, mais c'était une comédie et c'était un pilote, et je ne demandais rien de plus. J'ai cagoulé. J'ai vu. Il faut que je vous raconte. Et je me suis dit qu'en faire un post La preuve par trois serait peut-être le bienvenu... vous me direz si j'ai eu raison.

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De prime abord, le personnage central de ce sitcom semble être Joy, une assistante de direction. Et comme hier, je suspecte que mon appréciation immédiate du personnage soit due à un peu d'identification, mais passons. La description que Joy fait de son job est claire et honnête (et j'ajouterai : lucide) : "Regardez-moi : j'étais si heureuse à l'époque. J'étais crainte et respectée, et j'avais un tampon avec sa signature. Je ne l'ai jamais volé. Mais c'était agréable d'avoir cette option". Je crois qu'en chaque assistante de direction se cache une Joy. Quelqu'un qui occupe peut-être un poste au prestige modéré, mais qui dans l'entreprise, possède un pouvoir immense. Je confirme ce pouvoir. Je confirme cette satisfaction de se dire qu'on pourrait faire beaucoup de choses avec ce pouvoir. Je confirme qu'une bonne assistante ne s'en sert jamais. Mais ça n'empêche pas de jouir intérieurement à l'idée de tout ce qu'on pourrait faire si on était juste un peu plus mauvaise. Oui, dés les premières minutes, j'ai adoré Joy... alors forcément, ça m'a fait de la peine pour elle de la voir perdre son patron... et donc son pouvoir.

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Entre en scène Angela. Vous la remettez ? Voui !!! C'est bien elle ! Et ici Jemma Mays interprète une Angela au moins aussi gentille et adorable et serviable que peut l'être Emma dans Glee. Les TOC en moins. C'est en fait justement le problème d'Angela : elle fait du bon boulot, elle est intelligente, elle a ce qu'il faut d'ambition... mais elle est gentille. Et ça, c'est juste pas compatible avec son ambition. Ce n'est pas compatible non plus avec l'ambition de Joy qui est de retrouver au plus vite son bureau et son pouvoir d'assistante de direction dans les hautes sphères de l'entreprise (et ne plus avoir à partager l'imprimante). Tout le challenge de Joy est donc de faire d'Angela quelqu'un d'un peu moins gentil. Et on parle d'une fille qui donne systématiquement ses idées aux autres, apporte des pâtisseries faites maison le matin et laisse ses subordonnés faire tout ce qu'ils veulent. Et tous ceux qui ont mis le quart d'un orteil dans le monde du travail savent qu'être gentil, ça ne donne jamais rien de bon. Les gens vous aiment bien, mais ne vous respectent pas et surtout, ne vous considèrent pas professionnellement. Angela s'en rend bien compte dans le fond, et l'arrivée de Joy dans sa vie semble finalement providentielle.

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Mais en fait, la vraie raison pour laquelle j'ai fait de ce post un post La preuve par trois, avec les trois captures et surtout le petit truc que vous savez à la fin, c'est ça ! Je n'en savais rien en cagoulant ce pilote, mais on trouve Jemma May et Matthew Morrison dans la même série, et ils ont même quelques scènes ! C'est franchement sympa, non ? Morrison fait même semblant de pousser trois notes, je veux dire, c'est le karma ou bien ? Je suis certaine que plein de monde savait avant moi que ce pilote existait, mais de tomber dessus comme ça, de retrouver Jemma Mays que j'aime beaucoup (et ça ne date pas de Glee mais voulons-nous que je parle encore de tartes ? Je me disais bien), de trouver ce thème plein de piquant dans sa façon d'aborder la vie de bureau, et en plus de tomber sur ce duo complètement improbable de deux acteurs de Glee dans des rôles pas si éloignés de ce que la série de la FOX leur fera jouer... vraiment, ça a embelli ma journée. Ce qui, je vous l'accorde, après la boucherie soi-disant médicale dont j'ai fait l'objet, n'était pas difficile.

Donc voilà, c'est cadeau, et vraiment, ça vient du cœur, parce que si comme moi vous n'étiez pas au courant que ce petit pilote adorable existait, eh bien voilà, c'est chose faite. Et pour ces raisons (et toutes les fois où j'ai sincèrement ri), je regrette que cette série n'ait jamais vu le jour. Mais, eh, sans elle, pas de Glee telle qu'on connait la série, pas vrai ? Alors...

Et pour ceux qui... ouais, bah non. Le mieux que je puisse vous proposer, c'est la fiche IMDb.
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Posté par ladyteruki à 21:37 - La preuve par trois - Permalien [#]

07-03-10

F*ck me, I'm anonymous

Vous avez toujours rêvé de travailler à Hollywood ? Même si ce n'est que pour rester dans l'ombre des plus grands ? Histoire de voir enfin l'envers du décor par vous-même ? Quitte à acheter le PQ de votre idole ?

The Assistants va vous en faire passer l'envie. Et comme ce n'est pas la série que vous regardée en premier cet été quand elle est apparue sur la chaîne du câble The N (qui depuis a déjà eu le temps d'être rebaptisée TeenNick, je suis la seule à avoir du mal à suivre ?), je me suis dit qu'un post La preuve par trois ne serait pas du luxe.
Je m'efforce même de regarder des séries canadiennes maintenant, je suis en net progrès...

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D'abord et avant tout... oui c'est la gamine qui jouait une surdouée dans un vieil épisode de Stargate SG-1. Avec quelques années de plus, comme votre don d'observation vous aura poussé à le remarquer.  Et quand je vous dis que c'est le visage qui m'a semblé le plus célèbre de tout le pilote, je pense que vous comprenez mieux pourquoi vous n'aviez pas entendu parler de The Assistants plus tôt. Au juste, je ne sais pas trop si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Évidemment, on serait sur un network, je trouverais honteux qu'on n'ait pas réussi à boucler le moindre petit guest. Même Action! et son ton corrosif avaient réussi quelques belles prises, alors bon... Mais ça peut aussi être vu comme un avantage étant donné que cette vue du monde de l'industrie cinématographique est éloignée des stars et des paillettes ; c'est d'une autre population qu'on parle ici, ceux qui ont les mains dans le cambouis jusqu'au coude, et qui ne fréquenteront jamais le gratin. Enfin, à la vue de ce pilote, on l'imagine bien comme ça disons.

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J'ai beaucoup aimé cette storyline -bien plus que celle de la petite nouvelle qui doit accomplir une tâche impossible dés son premier jour- parce qu'elle est à la fois très réaliste sur la hiérarchie du milieu, et très fantaisiste dans son déroulement et sa conclusion. On se dit qu'une telle méprise, si elle devait éventuellement se produire, ne durerait pas cinq minutes, mais ici, c'est le cas, et finalement c'est la plus belle prouesse de l'épisode, on y croit sans y croire un instant.
Le personnage de l'assistante un peu bitchy avec les dents qui rayent le parquet n'est pas très nouveau en soi, des nanas comme ça on en a des douzaines chaque année (on en parlait encore il y a peu pour The Deep End), mais l'ambition dévorante de Rigby fonctionne bien, et j'avoue que je ne saurais expliquer au juste pourquoi. Peut-être tout simplement parce qu'on s'attend à ce que l'univers du cinéma ne soit pas peuplé de naïfs petit Bisounours comme Gillian, mais plutôt de personnages peu scrupuleux à toutes les marches de l'escalier de la gloire. C'est résolument le meilleur personnage de la série si j'en crois le pilote (je n'ai pas encore décidé si je regarderais la suite).

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Beaucoup de scènes de cet épisode consistent principalement en des scènes humoristiques (ou, parfois, essayant de l'être) mais complètement déconnectées du contexte. La mini-intrigue avec le message du répondeur est par exemple sans intérêt. Cela dit, c'est pire encore pour le 4e assistant qui est totalement inexistant et n'est là que pour un malheureux numéro de drague à deux balles, et encore, totalement avorté.
D'ailleurs la séparation entre les personnages est tellement consommée qu'on se demande un peu comment et pourquoi tout ce petit monde décide de sympathiser dans l'ultime scène du pilote, alors qu'il était évident d'une part, que les quatre assistants étaient plus ou moins en concurrence, et d'autre part que personne ne s'était adressé la parole de tout l'épisode ou quasiment. On a un peu l'impression que tout n'est pas décidé dans ce premier épisode : amis ou ennemis ? Un peu des deux et on verra plus tard.

Alors bon, je ne vais pas vous mentir, et vous l'aurez d'ailleurs deviné, The Assistants ne commence pas sur les chapeaux de roue. Et s'avère un peu trop consensuel pour être qualifié de bijou méconnu, c'est clair. Mais justement. En décidant que, bon, on peut parler de Hollywood sans tout de suite sortir le vitriol et le fouet, bref en s'adressant à un public préférant le divertissement à la satire, la série fait aussi un choix, celui d'utiliser un univers donné, mais pas trop, pour faire passer un bon moment. Tout simplement.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture... ah bah v'là autre chose.
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Posté par ladyteruki à 21:27 - La preuve par trois - Permalien [#]

26-02-10

Au coin !

Nul n'est parfait. Toute téléphage que je sois, pire : toute pilotovore que je sois, en 2004, je n'ai pas bien fait mes devoirs. Cette saison-là, j'ai effectivement regardé les pilotes de Bones (hélaaas), Criminal Minds ou My name is Earl. Et pourtant, je n'ai aucun souvenir d'avoir regardé le pilote de Teachers.
Contrairement aux autres séries que je viens de citer, inutile de chercher Teachers dans les grilles récentes, car elle n'a pas eu autant de chance, et a été annulée au bout de 6 épisodes.

Si vous croyez que c'est ça qui m'arrête...!
Eh, vous savez ce qu'on va faire ? Un post La preuve par trois, voilà ce qu'on va faire. Parce que je ne dois pas être la seule à avoir zappé cette série, à mon avis...

Teachers___1
Si Teachers a toutes les apparences d'un sitcom classique... c'est parce que c'est très exactement ce dont il s'agit. La scène d'ouverture annonçait un univers complètement décalé et loufoque, mais sitôt le générique fini, ça devient plus sage et plus classique. Le personnage principal, Jeff, se présente avant tout comme un petit rigolo qui passe le plus clair de son temps à tenter d'impressionner Alice, la prof britannique sur laquelle il a des vues. L'épisode consacre une bonne partie de ses scènes à le montrer en train de faire la roue devant elle, à se faire repousser, et aller en rire avec son meilleur copain.

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Et juste avant qu'on ne commence à se dire que c'est un peu lassant, cette histoire, un élément perturbateur est introduit : une plantureuse prof remplaçante débarque pour la journée, interprétée par la belle Sarah Shahi (pré-Life). Et on sent immédiatement une bien plus intéressante alchimie entre les deux acteurs, bien que la dynamique avec son personnage commence par être la même qu'avec Alice : il se fait rejeter. Mais le dialogue dans le bureau de Jeff est plein de mordant et rappelle que la série peut avoir aussi de très bons côtés.

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Teachers a choisi son camps, finalement : il s'agira d'une comédie romantique avant d'être une comédie sur la vie de prof. Ce contexte professionnel, qui au vu du titre de la série pouvait sembler en être l'ingrédient principal, n'est en fait utilisé qu'afin d'opérer un rebondissement de dernière minute sur la personnalité de Jeff, et finalement il ne s'agit que d'un prétexte à lancer cet espèce de triangle amoureux. Ce n'est d'ailleurs pas nécessairement un mal : le petit coup de théâtre atteint parfaitement son objectif, on ne l'a que modérément senti venir. La galipette autour de la façon qu'a Jeff d'exercer son métier n'est qu'une façon de revenir au sujet principal : will they or won't they ? Teachers étoffe son genre, mais ne perd pas de vue qu'il va être question avant tout d'une romance, et pas une satire de la vie d'enseignant.

Parmi les scènes que j'aurais envie de mentionner, il y a le coup du blouson, les explications brumeuses sur le thé chaud, et la réplique finale, dont l'effet est soigneusement préparé. Mais je n'en parlerai pas puisque, comme vous le savez, la règle c'est que dans un post La preuve par trois, je ne parle que de trois passages, et pas un de plus. Donc tant pis, vous ne saurez pas que ces moments valent le coup aussi.

Avec son grand bain de comédie romantique et ses quelques fulgurances hilarantes, Teachers a fait un choix net, mais qui ne plaira pas à tout le monde. Ce n'est pas ce qu'on vient chercher instinctivement dans une série qui s'appelle Teachers et dont le générique (faites-moi penser à vous découper le générique) est au contraire si focalisé sur l'univers scolaire. Quelques moments bien barrés montraient qu'il y avait tout de même du potentiel pour être drôle, mais sans que ce soit le principal.
Teachers aurait certainement mieux fonctionné en Asie qu'aux États-Unis, à bien y réfléchir...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Teachers de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 23:05 - La preuve par trois - Permalien [#]

30-01-10

Chirurgie esthétique sans frontière

Quand je pense que, lorsque j'ai ouvert ce blog, je me vantais d'être une téléphage sectaire, sur le mode "hors des séries américaines, point de salut"... et aujourd'hui j'explore des contrées inexplorées à l'instar de la fiction coréenne...
...je me dis qu'il est bon de vieillir.

Car oui, voici une nouvelle série coréenne à découvrir, et nous allons en profiter pour dépoussiérer la rubrique La preuve par trois, un bonheur n'arrivant jamais seul. Vous savez bien que je ne suis pas du genre à garder mes découvertes pour moi...
Au programme du jour, ce que j'ai envie de qualifier de Nip/Tuck coréen. Attention, publicité mensongère inside. Allez, venez par là, que je vous explique pourquoi la série de FX et et Before & After Seonghyeongoekwa n'ont pas tant que ça en commun.

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En fait, si, évidemment. Outre le fait qu'elles parlent toutes les deux de cabinets de chirurgie esthétique, Nip/Tuck et Before & After ont des choses en commun. J'imagine que, comme les Japonais et leur culture du panachage, Before & After est la preuve que les Coréens savent adapter sans polycopier ce qu'ils voient à l'étranger. Ainsi, le pilote s'ouvre sur une scène assez trash, mais en même temps pas gratuite, sur un nez qu'on remodèle. Mais le pilote installe aussi une dynamique au sein du cabinet, avec deux hommes radicalement différents pour le faire tourner, et une femme entre eux. Mais je vous assure, les comparaisons s'arrêtent là et, en fait, sont quasiment théoriques. Les personnages prennent de l'épaisseur à mesure que l'épisode avance, loin des caricatures de leurs collègues amerloques : celui qui souhaite soigner les pauvres aux frais de la clinique est-il tout blanc ? On est loin de ce prêchi-prêcha de Sean McNamara en tous cas.

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Une autre différence réside dans l'enjeu féminin principal de la série. Comment ne pas trouver l'héroïne craquante ? Franchement je ne me lasse pas des minois qui en ce moment rayonnent dans les médias coréens. Si vous avez l'occasion d'aller jeter un œil aux groupes féminins du Pays des Matins calmes (y jeter une oreille peut également être une bonne idée dans la foulée), vous verrez que les yeux de biche y pétillent de malice, les corps tout en illusion d'optique semblent longilignes, l'énergie douce et élégante irradie. C'est un vrai plaisir, et la craquante So Yi Hyun ne fait pas exception à la règle. D'ailleurs, à la limite, je trouve qu'elle n'est pas assez présente ; il faut vraiment que les épisodes ultérieurs lui fassent plus de place. Je présume que ce sera le cas, et je m'en réjouis à l'avance, d'autant qu'elle apporte une légèreté bienvenue aux histoires qui se déroulent au cabinet.

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Finalement, Before & After apparait comme bien plus douée que son homologue américaine pour dénoncer les dérives de la chirurgie esthétique. Déjà parce qu'elle utilise la chirurgie pour dénoncer d'autres choses, comme le star system ou plus simplement l'économie qui s'est développée autour des actes de chirurgie esthétique : le quartier où se situe le cabinet est truffé de concurrents, on y crée des "modes", c'est un véritable microcosme. Miami, à côté ? Une bande de clowns ! Mais Before & After a aussi le bon goût de pointer du doigt de façon subtile, par touches peu appuyées mais régulières. Le pilote balaie ces sujets, et les laisse à l'appréciation du spectateur. La scène de fin pendant laquelle la starlette confesse face caméra que les rumeurs de chirurgie lui font de la peine, pendant que ses chirurgiens la regardent à la télé, ne juge pas. Elle donne juste les pistes vers une réflexion allant plus loin que le seul divertissement.

Quand je prends la précaution de dire que les "canons de réussite médiatique" en Corée me plaisent plus que ceux du Japon, c'est parce que je me rends bien compte de certaines réalités que, à travers Before & After, je vois explicitées. En soi, il y a de grandes chances pour que par exemple So Yi Hyun ait elle-même subi quelques opérations pour aboutir à ce fameux canon de beauté en vogue en Corée, ce qui serait, à n'en pas douter, d'une ironie suprême. C'est la raison pour laquelle les Coréennes célèbres semblent toutes sortir du même moule. Et c'est en cela que Before & After atteint un objectif de mise en abime assez incroyable sans beaucoup sembler insister.

Before & After offre donc plusieurs degrés d'intérêt : chirurgie, intrigues internes au cabinet, comédie romantique, critique de la société... il y a vraiment de quoi se régaler à tous les étages. Avec en plus une B.O. très référencée qui participe grandement au plaisir du visionnage.
Laissez tomber Nip/Tuck (sauf si comme moi, vous l'avez fait il y a plusieurs années déjà) et ses 95% de scènes gratuites, et basculez du côté coréen de la force !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Before and After Seonghyeongoekwa de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 09:37 - La preuve par trois - Permalien [#]

25-12-09

Dites 33

Joyeux Noël à tous ! Est-ce que vous avez été sages cette année ? Non ? Alors voici votre récompense ! Le retour de la rubrique La preuve par trois, qui s'était un peu fait oublier ces derniers temps.
Ce que je vous propose aujourd'hui, ce n'est rien de moins que le pilote de le succès télévisuel de cet automne !

Je vois à votre air circonspect que vous émettez quelques doutes : "je vois pas ce que ça a d'extraordinaire, tout le monde l'a vu", voire, pour les plus cyniques, "ah bon il y a eu un succès télévisuel cet automne ?". Évidemment il y a une mention en petits caractères : je vais vous offrir le pilote du succès télévisuel de cet automne... au Japon. Et lui, je suis sûre que vous ne l'avez pas encore vu.
Votre cadeau de Noël, cette année, c'est donc le pilote de JIN, série à la fois médicale, historique et fantastique (si-si) qui a déchiré les audiences jusqu'à son final la semaine dernière, et qui raconte l'histoire d'un neurochirurgien qui se retrouve envoyé près de deux siècles en arrière.

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Les 20 premières minutes du pilote sont consacrées à raconter "la vie d'avant" de Jin Minakata, un chirurgien qui a priori, est très estimé par ses patients, mais qui a perdu toute confiance en lui après avoir pratiqué, sur sa jeune fiancée, une opération  qui l'a laissée dans un état légumineux. Ce ne sont pas forcément les minutes les plus passionnantes du pilote, mais elles sont plus que nécessaires pour comprendre à la fois le background de Jin, et les problématiques que la série va aborder avec l'angle médical de ses intrigues. Son mérite est aussi et surtout de ne pas tout de suite passer au cœur de l'histoire, c'est-à-dire le retour dans le passé, afin de lui éviter d'avoir l'air d'un gadget. Le temps passé sur les histoires de Jin dans le présent est vital, c'est le moins qu'on puisse dire, car il donne les fondements de la mythologie de la série. Car à l'inverse d'un grand nombre de séries japonaises (et je suis la première à le reconnaître), JIN construit son récit, son univers, ses questionnements. Comment Jin se retrouve dans le passé ? On ne sait pas, mais en tous cas ce n'est ni un hasard ni un prétexte, c'est une problématique à part entière et ce premier épisode en pose les bases avec application.

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Seconde étape du pilote, l'arrivée de Jin dans cet univers du passé. Je tire au passage mon chapeau à toutes les petites interrogations de Jin sur l'endroit où il a atterri, il met en effet beaucoup de temps à réaliser ce qui lui arrive et c'est une preuve du sérieux des auteurs de la série, conscients de l'improbabilité de leur pitch, qui donnent l'occasion à leur personnage principal à la fois d'être pris dans le tourbillon des évènements, et de garder à l'esprit les interrogations qui semblent naturelles en pareilles circonstances. Mais surtout, cette seconde partie du pilote développe l'aspect médical de la série. Avec comme principale préoccupation de montrer dans quelles conditions la médecine se pratiquait à l'époque, et comment Jin, bien que plus que qualifié pour accomplir des miracles dans ce contexte, a bien du mal à pratiquer. Le problème est double : d'une part sur un plan pratique, évidemment, et surtout pour faire admettre aux "locaux" que ce qu'il fait, c'est de la médecine. La stupeur et l'incompréhension dominent chez ses interlocuteurs, et là encore, c'est extraordinairement bien montré. Le personnage de Saki Tachibana se détache bien vite par sa curiosité très positive : elle fait preuve d'un esprit très ouvert, et cherche non seulement à comprendre mais aussi à apprendre. Elle semble discerner assez vite que ce que pratique Jin, bien qu'au-delà de sa compréhension, est important. Loin de dépeindre les gens de l'époque comme des ignorants, JIN prouve donc qu'il s'agit bien de montrer que les connaissances ne sont pas aussi avancées, mais que plusieurs ne vont demander qu'à apprendre (un trait dont on devine, à la fin du pilote, qu'il ne sera pas exclusif à Saki, mais que les connaissances médicales de Jin vont être un véritable enjeu intellectuel pour toute une communauté de personnages).

JIN___3
Jouant de plus en plus sur le contraste historique, JIN s'aventure, dans la troisième partie de son pilote, dans l'exploration véritable de ses thèmes, lançant au passage des intrigues futures. Notre chirurgien tente en effet de comprendre comment il peut revenir à son époque, mais il réalise aussi que la moindre de ses actions peut avoir des conséquences d'autant plus lourdes. Interagir avec des personnages historiques, notamment, ne peut pas être innocent... Des milliers de choses semblent se mettre en place : comment la communauté médicale (ou s'estimant telle) va réagir suite à l'arrivée de Jin, comment ce dernier va essayer de comprendre ce qui lui arrive, notamment en s'apercevant qu'autour de lui, plusieurs des visages connus du futurs sont présents sous d'autres identités... le pilote a, à ce stade, rempli toute sa fonction et plus encore. Prouvant que JIN va être bien plus qu'une série médicale, mais aussi une série dramatique, une série historique, et une série fantastique où, contrairement à très souvent, les éléments fantastiques vont être de véritables interrogations, et pas juste un accessoire pour explorer des situations incongrues.

Malgré ses maladresses de mise en scène (car elles existent, ne nous trompons pas), JIN promet avec ce pilote de remplir toutes les conditions pour être une fiction très complète, et complexe. Si je ne m'explique toujours pas le succès de séries comme Buzzer Beat, je comprends en revanche, totalement, que le public japonais se soit enthousiasmé pour JIN. La série parvient, sans jamais copier les séries occidentales (et malgré toute la sympathie que j'ai pour ces séries, des BOSS et des MR. BRAIN ne peuvent pas en dire autant), à se construire une mythologie solide, à placer les ingrédients nécessaires à la construction de thèmes denses, et variés, et à poser des personnages loin d'être caricaturaux. A cet égard, je dois dire que Takao Osawa, que je n'avais encore jamais vu à l'œuvre dans un rôle important, est excellent dans son interprétation, et dépasse (et de loin) les attentes que semblent formuler le script à son égard.
Alors, si vous ne devez avoir vu qu'un seul pilote nippon cette saison, j'ai envie de dire que ce devrait absolument être celui de JIN. Et comme en plus, il est malpoli de refuser un cadeau...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche JIN de SeriesLive.
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Gloire aux posts qu'on peut programmer à l'avance !

Posté par ladyteruki à 12:00 - La preuve par trois - Permalien [#]

27-11-09

Who's that girl ?

Archives   Cet article est issu des archives inédites de ce blog.
Date initialement prévue pour sa publication : 17 Juillet 2009

Comme vous le savez, je ne suis jamais la dernière lorsqu'il s'agit d'utiliser la télévision comme machine à remonter le temps. Je presse un bouton, et hop ! Direction les années 90 ! Hop ! Les années 80 ! Hop hop ! Voici That Girl !
Et comme les voyages, c'est plus sympa à plusieurs, montez, je vous emmène. Eh oui, c'est le retour de La preuve par trois !

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That Girl
... je mange mon chapeau si vous avez déjà vu cette série. Pourtant, en voilà un pitch intéressant ! Une actrice essaye de percer à New York. Oui, hm, bon, bref. Mais si dans les années 2000, That Girl aurait été trash, avec des coucheries, des scandales, du vitriol... en revanche, dans les années 60, That Girl s'est révélé être une série pleine de légèreté, de finesse et de drôlerie. Son personnage, Ann Marie, est avec le recul une gentille jeune femme toute sage. Mais on devine que pour son époque et son milieu (elle a grandi dans une banlieue pavillonnaire, modeste et humble), elle fait figure de rebelle en cherchant de la sorte à devenir actrice. Autant dire saltimbanque ! Heureusement, son caractère définitivement adorable fait d'elle un personnage assez conventionnel tout de même. C'est tout le charme de That Girl : une charmante contradiction sans prétention, ni réellement anticonformiste, ni tout-à-fait conventionnelle.

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La vie d'Ann Marie se divise en deux. D'une part, ses parents, dans leur petite vie, leur petite maison, leur vision un peu courte. Et d'autre part, sa carrière, son appartement, son agent, son job d'appoint. Toute la magie de That Girl consiste en une démonstration par l'exemple, et pas par le discours, des différences entre ces deux mondes. Et si évidemment, l'un apparait au spectateur moderne comme étant plus rétrograde que l'autre, la série se garde bien de jamais en désigner une comme étant la moins bonne. Ann Marie semble ressentir un profond respect pour ses parents ; elle sait d'où elle vient, elle a, ancrée en elle, cette culture des classes moyennes. Et son désir de devenir actrice est toujours concilié au maximum avec ces racines. Quant à sa carrière, elle la gère (le présent épisode est démonstratif à ce sujet) avec un mélange de candeur et de lucidité, et ne tombe pas dans les excès qu'on pourrait imaginer. De là, deux façons de voir les choses : Ann Marie est-elle trop enfermée dans les valeurs dans lesquelles ses parents l'ont élevée pour mener une vraie vie d'artiste ? Ou a-t-elle réussi à se créer son propre chemin, celui où elle revendique son indépendance sans rompre avec les générations plus âgées de son entourage ? Il me semble quant à moi que, au lieu de s'aventurer dans un féminisme forcené et revendicatif, Ann Marie applique le féminisme à la lettre : elle fait très exactement ce qu'elle veut de sa vie. Et ce qu'elle veut, c'est à la fois conserver son identité et vivre à sa guise. Le meilleur des deux mondes !

ThatGirl___2
Comédie pleine de charme, That Girl, c'est aussi une romance dont les balbutiements nous apparaissent rapidement, mais en parvenant à éviter les écueils que percutent de nombreuses trames amoureuses aujourd'hui. Marie et son agent Don sont en effet promis l'un à l'autre, ça crève les yeux. Et les deux bougres en semblent tout-à-fait conscients. Signe des temps ? Marque de leur caractère ? Les tourtereaux prennent leur temps. Ils ne vont ni se sauter au cou, ni courir l'un après l'autre, ni passer d'occasion manquée en sous-entendu préliminaire, non, rien de ce genre. La relation est fraîche, ils construisent leur relation un jour à la fois. C'est aussi, d'ailleurs, une possibilité d'avenir qui s'ouvre devant Ann Marie...

L'optimisme, la franchise, l'innocence de That Girl, sont très rafraîchissants. Avec un personnage central qui ne prêche pour rien de spécial, mais illustre les dilemmes d'une génération de femmes (au moins), la série parvient à être encore d'actualité, et à éviter la mièvrerie. That Girl est un double pari sur l'avenir : celui d'une jeune femme avec certaines valeurs et des ambitions à concilier, et celui d'une série dont la saveur se goûte probablement mieux sur le long terme.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche That Girl de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 22:11 - La preuve par trois - Permalien [#]

08-08-09

Attention Mesdames et Messieurs, dans quelques microtes, ça va commencer

Mesdemoiselles, et quelques Messieurs parmi vous, je suis sûre que vous vous pensez que nous avons laissé de côté l'un des astronautes les plus sexys de la télévision. On ne panique pas, après tout la semaine thématique n'est pas encore finie !
En plus, il parait qu'il reste encore des gens pour n'avoir jamais vu Farscape...

Farscape___1
Tout commence de façon assez classique par la préparation d'un vol spatial, qu'on pourrait qualifier de classique, bien que la chose ne soit pas exactement courante. John Crichton est un peu nerveux, mais bon, il fait son boulot. C'est un monde très familier qu'on nous montre, propre, simple, rationnel, tangible. Ce n'est que pour mieux donner des regrets au personnage par la suite, mais qu'importe. Ainsi, John est l'un des deux scientifiques à l'origine d'une théorie qu'il va illustrer par l'expérience. Son meilleur ami et partenaire de travail l'épaule, et son père, lui-même ex-astronaute (décidément) lui adresse ses encouragements. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

Farscape___2
Ce qui est rendu avec beaucoup d'intelligence, c'est le trouble de notre humain lorsqu'il se retrouve plongé dans une civilisation qui n'a rien à voir avec ce qu'il connait. Langue, évènements, contexte... il n'a vraiment aucune idée de ce qui lui arrive et, chose plus inédite encore, il va lui falloir un temps d'adaptation ; alors d'accord, il est beau, musclé, intelligent (enfin vu qu'il est chercheur, on le présume), mais il est complètement largué et ne va pas tout de suite réussir à entrer dans l'action. C'est quelque chose d'assez rare, la plupart des séries où un personnage arrive dans un univers inconnu permettent comme par hasard à ce personnage de très vite devenir partie prenante de l'intrigue, au lieu de lui laisser un temps de flou et d'incompréhension qui sont complètement humains. Tâchant de comprendre où il arrive, ce qui lui arrive, et comment il peut repartir de là. Il est mal barré, mais c'est pour cet équilibre entre valeureux héros et péquin moyen qui lui donne tout son intérêt. Plus les deux yeux bleus, évidemment.

Farscape___3
La mise en place est lente, tâtonnante, confuse. Je pense sincèrement que c'est voulu pour mieux rendre la complexité de la situation, mais je comprends que ça puisse sembler être destabilisant pour qui est habitué à des séries allant plus rapidement droit au but. Mais ces hésitations successives, de la part de personnages tous mis au pied du mur mais pas vraiment en mesure de gérer les évènements, donnent aussi l'opportunité de tout de suite sympathiser avec les personnages. Cette atmosphère de panique permanente rend finalement assez bien ce qu'on ressent devant un bon pilote : l'impression d'être plongé dans un monde nouveau mais qui ne va pas s'arrêter le temps qu'on le comprenne. Tout le monde a embarqué dans la même galère : les personnages et le spectateur sont liés par cette expérience en territoire inconnu.

Parce que c'est ça, l'espace : l'inconnu. Ce n'est pas à la portée du premier venu. Et surtout, c'est pas le truc auquel on peut facilement s'adapter avant la première coupure pub.

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Posté par ladyteruki à 23:17 - La preuve par trois - Permalien [#]

06-08-09

Houston, dame desu

Hm ? Plaît-il ? On me dit que Futatsu no Spica n'est pas la version live action de l'anime Gunbuster. Au temps pour moi, mais pour ma défense, il fallait vraiment le savoir. Le principe est en effet le même : une jeune fille dont le père était astronaute, décide de devenir astronaute elle-même. Par contre c'est vrai que les tenues sont un peu plus sexys dans Gunbuster...
Alors, comment devient-on astronaute ? Pour une fois, la parole est au Japon dans ce nouveau post La preuve par trois.

FutatsunoSpica___1
Tout commence il y a 9 ans avec, je vous le donne en mille, un décollage qui tourne mal (j'étais étonnée de ne pas en voir dans Defying Gravity, d'ailleurs). Eh oui, l'espace, c'est dangereux. Et ce n'est pas facile d'y aller. A l'école qu'intègre Asumi, on ne se gène pas pour le faire remarquer. Alors qu'ils ne sont que lycéens, les personnages principaux sont soumis à une éducation quasi-militaire qu'il est bon de voir. Comme dans beaucoup de dorama "professionnels", il y est question d'effort, mais, une fois n'est pas coutume, d'effort pas toujours couronné de succès. De compétition et d'élimination. Devenir astronaute, ce n'est pas si simple (même si tenir le rôle principal aide, évidemment). Et l'être non plus.

FutatsunoSpica___2
Si quelques scènes (a contrario de Defying Gravity, elles sont ultra-minoritaires et secondaires à souhait) nous rappellent qu'on va une fois de plus avoir droit au sempiternel love interest (et tout aussi sempiternel triangle amoureux), ainsi qu'aux problèmes liés à l'âge des personnages (et notamment la réaction des parents de chacun d'entre eux), on a tout de même plus souvent droit à des scènes plutôt dure sur l'entrainement qui attend tout ce beau monde, même si pour l'instant ils se plaignent mais sont relativement pépères. Le corps professoral est d'ailleurs captivant, car il représente assez bien la dureté du métier (en fait, le prof le plus cool n'est pas pris un seul instant au sérieux par le spectateur qui le trouvera instantanément trop idéaliste). La question des connexions de cet univers relativement fermé va également être intégrée à l'histoire progressivement et avec brio, montrant à quel point la conquête spatiale est, une fois de plus, un environnement des plus hostiles à l'homme, et pas juste parce que ce dernier n'est pas fait pour respirer à pleins poumons dans le néant, si vous voyez ce que je veux dire...

FutatsunoSpica___3
Si vous avez lu Ender's Game (à défaut de pouvoir le voir un jour au cinéma), vous ressentirez probablement le même intérêt que moi pour cette longue phase du pilote, qui en casse un peu le rythme mais lui donne aussi un caractère insoupçonné, lorsque 5 des étudiants doivent faire face à un teste, et que ce n'est pas leur réussite au test qui compte mais la façon de le réussir. Atmosphère étouffante, stress de l'horloge qui défile, esprits qui s'échauffent, le huis clos est à son comble, et diablement efficace. S'il ne fait pas grand doute sur l'issue de ce test d'aptitude (qui gère avant tout l'aptitude au travail en équipe), au moins le passage se montre particulièrement intéressant. D'ailleurs, en réagissant d'abord comme des enfants, à se disputer, puis en essayant de devenir rationnels, nos cinq cobayes vont faire la démonstration de ce qui va certainement leur être le plus difficile à surmonter : leur immaturité. Ca fait d'ailleurs un peu mal au coeur de voir ça...

Sans être révolutionnaire (notamment dans sa réalisation), Futatsu no Spica nous offre un point de vue peu abordé. Il faudra une somme d'efforts, de travail, de connaissances... et aussi de compétences humaines, pour que son héroïne ait une chance de partir dans l'espace comme elle le souhaite. Et j'ai bien dit une chance. D'ordinaire, on t'envoie tout ça sans sourciller dans l'espace et au-delà, trois petits essais en vol, et c'est fait, mais ici on ne prend pas le premier des as du forage pour aller dans l'espace, on crée bel et bien une élite qui va devoir faire un nombre inquantifiable de sacrifices (à commencer par leur propre jeunesse) pour accomplir ce but.
Si Futatsu no Spica ne délivre pas un message particulièrement différent de nombreuses autres séries se déroulant dans une profession donnée, je trouve quand même que c'est l'une des rares fois où on nous montre qu'être astronaute n'est pas une partie de plaisir, et pas à la portée du premier venu. Et personnellement, je trouve qu'il fallait quand même le dire, à un moment.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Futatsu no Spica de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 23:53 - La preuve par trois - Permalien [#]