ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

20-01-13

Maillon faible

Chose promise, chose due ! Vous avez été 5 à manifester votre intérêt pour le pilote d'Intersexions, il n'en fallait pas plus pour que je vous propose le pilote (avec sous-titres anglais, comme de juste).
Puisque j'ai déjà abondamment reviewé ce pilote dans un post précédent (que vous pouvez relire, et commenter, en cliquant ici), ce soir on va la faire simple. Tout ce que vous avez à faire, c'est suivre l'image ci-dessous qui vous conduira vers le lien adéquat ; pas besoin de se farcir ma littérature pour ce soir.

Intersexions-PilotCaptureSee also : miroir sur Uploaded.

...Et, tiens, bah, vous n'avez qu'à considérer que c'est un cadeau de Noël en retard. Vous avez été gâtés-pourris cette année, ma parole !

Alors maintenant, je vous préviens : je VEUX votre avis sur l'épisode ! C'est quand même votre première série sud-africaine, je veux connaître vos impressions !

Posté par ladyteruki à 22:15 - La preuve par trois - Permalien [#]

27-10-12

It's a rich men's world

A Livia, il y a quelques temps, j'avais promis que je lui permettrais de voir le pilote de la série israélienne Mesudarim, dont j'ai acheté les DVD l'an dernier. Chose promise, chose due, j'ai donc rippé mon DVD (avec les sous-titres anglais fournis). Bon, à partir de là, je suppose qu'il y a plusieurs options. Soit je lui envoie le lien discrètement, soit... voyons, est-ce que je pourrais procéder différemment ? Est-ce que, par exemple, il y aurait moyen que d'autres téléphages curieux puissent se faire une opinion sur cette dramédie ?

Bon allez, c'est bien parce que c'est vous, voilà donc un post La preuve par trois, qui, normalement, si vous connaissez le truc (ou au pire, que vous savez que sur ladytelephagy, cliquer un peu partout donne régulièrement de bonnes surprises), devrait vous permettre de faire connaissance avec les 4 potes de cette série bien sympa.
Pour ceux qui, dans le fond, ne se rappellent plus quel est le concept des posts La preuve par trois, rappelons qu'outre une petite surprise à la fin (qui très sincèrement n'est plus vraiment une surprise après pareille intro !), l'idée est de présenter un épisode, ici le pilote de Mesudarim, en trois passages et donc en trois captures, et pas une de plus.
Note : apparemment, certains ont trouvé que la qualité du rip de Srugim n'était pas top. Eh bien, à côté du rip de Mesudarim, c'était de la HD ! Mais dans ce cas précis, ça vient de la qualité du DVD lui-même, où l'image est entrelacée (une capture directe du DVD dans mon post sur le pilote vous le confirmera). Forcément, avec ça on fait pas de miracle ; surtout que mon logiciel de rip semble désentrelacer un peu grossièrement. Cependant, comme je ne pense pas qu'il existe d'autre façon de voir Mesudarim, ou Srugim for that matter, à l'heure actuelle, sans directement acheter le DVD vous-même, c'est un peu à prendre ou à laisser. Mais si vous laissez juste à cause de la qualité de la video, sachez que je vous juge. Oooh oui, je vous juge.

Mesudarim-1
Tout commence donc pour Guy, Tomer, Erez et Berlad quand leur société de jeux video, sur laquelle ils travaillent depuis 10 ans, est sur le point d'être vendue à un groupe d'investisseurs américains (rappelons que la série est partiellement inspirée par le sort de Mirabilis, qui avait vendu ICQ à MSN pour une somme indécente). Cette vente doit leur rapporter un paquet, du moins, ils l'espèrent, mais la vente n'est pas encore faite et l'épisode commence alors que les quatre amis attendent, l'estomac noué, l'appel qui peut changer leur vie.
Contrairement à la majorité des pilotes, Mesudarim ne cherche pas tellement à se lancer dans l'exposition de ses personnages immédiatement, mais plutôt de la situation et de leur dynamique. La personnalité de chacun est un peu vue à la louche, car pour le moment, ce qui se passe est plus rassembleur qu'autre chose, et ce qui les réunit autour de ce téléphone est plus important que ce qui les différencie dans la vie. Mais à travers leur dynamique se dessinent déjà des informations importantes, comme le statut de Guy et Tomer qui semblent les deux tempéraments forts du groupe. Pour moi qui suis généralement friande d'amitiés masculines à l'écran, je dois dire que cette scène d'ouverture est aussi particulièrement savoureuse de par la façon dont cette amitié semble immédiatement très tangible dans la façon dont les personnages se parlent. Comme pour Srugim, les dialogues soulignent vraiment un côté très naturel et authentique, il ne s'agit pas d'une amitié plaquée-parce-que-les-scénaristes-ont-dit, mais de quelque chose d'immédiatement tangible et réaliste. C'est sans doute bien plus intéressant que d'explorer le caractère de chacun, à ce stade.

Mesudarim-2
La seconde partie du pilote, qui débute avec le générique (dans le pilote, ce générique fonctionne comme un outil narratif à part entière ; d'ailleurs j'en ai profité pour reuploader le générique, que vous pourrez retrouver ici), consiste donc à prendre le temps de découvrir les personnages. Pour cela, nous allons suivre leur première journée en tant que nouveaux riches. Et ils vont faire la même chose que vous et moi si nous touchions un gros pactole : s'assurer que l'univers entier sait désormais que leur statut a changé. Ou plutôt, c'est Tomer qui semble le plus décidé à faire valoir son nouveau statut, les autres le suivant dans ses coups de tête. Ils vont donc payer une petite visite au banquier qui gèrait leurs prêts, s'offrir un déjeuner dans l'un des plus chers restaurants de la ville, etc... Vous pouvez également voir dans la capture ci-dessus que Tomer se paye une nouvelle voiture.
C'est là justement que le propos de Mesudarim commence : il ne s'agit pas seulement de raconter la vie de 4 copains, ou de 4 copains riches. Il s'agit de parler de 4 copains nouvellement riches. Et chacun, à la lumière de sa personnalité et de sa vie "avant", va réagir différemment ; on sent aussi progressivement monter l'inquiétude autour du comportement de Tomer, jusqu'à une apothéose que je vous laisse découvrir. Chacun commence à faire ses premiers achats, monter ses premiers plans. La question "et maintenant ?" commence à poindre son nez, et sous couvert d'échanges vifs et drôles, nos amis commencent à sentir qu'être pêté de thunes, c'est sans aucun doute génial, mais ça les met aussi face à certaines choses, à travers les gens à qui ils veulent faire profiter de leur argent...

Mesudarim-3
A la fin du pilote de Mesudarim, toute l'exposition est faite. Situation, dynamique, personnages, perspectives... Tout y est. Et tout ça dans une atmosphère d'amitié sincère mais pas prise de tête. C'est ce que symbolise très clairement la dernière scène finale, de par l'endroit où elle se déroule comme des réactions de chacun. A ce stade, tout le monde est dans ses habits, et on a quelques pistes sur ce qui se déroulera probablement dans les épisodes suivants.
Désormais le spectateur sait exactement à quoi il a affaire, et l'épisode lui propose de finir son travail de mise en bouche par un aperçu de ce à quoi ressemble l'ambiance au sein de ce petit groupe, pendant une soirée tranquille entre potes, alors que ceux-ci ont atteint un stade plus calme que pendant les premières heures de leur fortune nouvelle.
Ferez-vous ce chemin avec eux ?

Je l'ai fait pendant une saison (je me suis promis de regarder la seconde un jour, évidemment j'ai jamais pris le temps, mais l'envie ne m'a pas manqué) et je ne le regrette pas. A présent, c'est à vous de voir si vous voulez tenter de faire un bout de chemin avec ces quatre gars.
...Et bien-sûr, n'hésitez pas à me donner votre avis sur ce pilote : plus il y a de points de vue, mieux c'est !

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Posté par ladyteruki à 22:52 - La preuve par trois - Permalien [#]

09-09-12

Mazel tov !

Après vous avoir parlé du pilote de Srugim, j'ai reçu plusieurs réactions intéressées ; j'ai fini par proposer sur Twitter d'uploader le pilote de la série (avec sous-titres anglais) si au moins 5 personnes manifestaient leur intérêt pour cet épisode. Et vous avez été plus de 5 en à peine un après-midi ! Voici donc comme promis un post La preuve par trois sur ce premier épisode ; une catégorie de ce blog dont le concept est, pour rappel, qu'on y parle d'un épisode à l'aide de 3 captures-clé, et d'une petite surprise en fin de post.

A noter que la lecture de mon post précédent sur Srugim est recommandée pour remettre l'épisode dans le contexte de la série et avoir plus de détails sur ce pilote, mais pas non plus d'une absolue nécessité.

Srugim-1
Je crois que ça veut dire non.
Au-delà des questionnements de célibataires dont fait état l'exposition de cet épisode inaugural, c'est l'intrique de Reut qui entre le plus dans le coeur du sujet ; elle est d'ailleurs la seule à commencer la série en étant dans une relation. Cette relation en question a duré 5 mois, et son prince charmant, qui vient d'obtenir une juteuse promotion, décrète donc que maintenant serait le bon moment pour se marier. Alors, qu'est-ce qui vaut à Reut d'arborer ce magnifique sourire d'enthousiasme ? Eh bien, la seule raison pour laquelle il lui propose cela, c'est parce que dorénavant son salaire n'est plus supérieur à celui de son copain. Bonjour romance.
Clairement, ce n'est de toute façon pas l'Amour que cherchent les personnages de Srugim. L'épisode dépeint par petites touches un milieu culturel où le mariage n'est pas tellement un objet romantique, mais plutôt une situation sociale, et la confirmation qu'on a fait de sa vie ce qu'on était supposé en faire. Un peu plus tôt dans l'épisode, Nati se plaint par exemple que s'il avait laissé ses parents lui choisir une épouse, ça ferait 12 ans qu'il serait marié... Sauf qu'au 21e siècle, les préoccupations amoureuses et les critères sont différents. La force de Srugim sur ce thème, c'est qu'aucun des personnages ne remet fondamentalement cette culture en cause. Ils essayent au contraire d'empiler les valeurs religieuses rigoureuses de leur pratique, avec ses convictions personnelles, comme ici Reut et ses idées féministes.
A noter que Reut est la seule des 5 amis à gagner un salaire mirobolant (le double du salaire moyen à Jérusalem d'après ce que j'avais lu dans un article), ce qui explique qu'elle soit la seule à ne pas être en colocation. Glissé rapidement dans le pilote, cet axe prendra donx de l'importance ultérieurement.

Srugim-2
Voilà un très bon exemple de passages qui ponctuent la série (y compris au-delà du pilote) et qui nous sont parfois un peu obscurs pour nous autres goy. Les rituels de shabbat sont, évidemment, très importants dans la pratique du judaïsme, et évidemment, les orthodoxes y sont plus attentifs encore. Sauf qu'on en ignore les menus détails, comme par exemple celui-ci : Yifat a commencé sa prière du vendredi (celle qui précède le dîner), mais son téléphone portable sonne ; impossible pour elle de le décrocher (des actions sont interdites jusqu'à la fin du shabbat), elle est donc obligée de demander à Hodaya de décrocher à sa place, ce qui est d'autant plus agaçant pour elle que ce dîner est aussi la première occasion pour Yifat de passer du temps avec Nati et qu'elle est nerveuse.
Srugim parvient avec brio à insérer ces rites dans le quotidien de ses personnages, si bien que même quand on ne les comprend pas, on les ressent comme très naturels. Et puis, ils forment au bout du compte un contexte fort, qui rappelle combien la religion a une place importante dans la vie des protagonistes. Ils ne parlent jamais de religion sur un plan théorique, théologique ou politique, ce qui permet à tout le monde, athées y compris, de se retrouver idéologiquement dans la série ; en revanche, il est énormément question d'usages, de rites et d'interdictions dans cet épisode (et les suivants, puisque depuis mon post précédent j'en ai regardé 4 autres), et par ricochets, de la façon dont ceux-ci sont conciliables avec la quête amoureuse des personnages.

Srugim-3
Amené à devenir un rendez-vous régulier de la série, le repas d'erev shabbat (la veille de shabbat, soit le vendredi soir) est ici l'occasion de montrer comment une tradition religieuse devient aussi une tradition pour ce petit groupe de futurs amis. Puisque Reut a rompu avec son prétendant en début d'épisode, et que c'est lui jusque là qui disait la prière bénissant le dîner (kiddush, donc), il faut trouver un volontaire pour le remplacer ; les garçons, embarrassés (c'est le premier dîner de shabbat avec les filles), essayent de se refiler la responsabilité poliment, ce qui agace prodigieusement Reut qui est d'une patience limitée (vous pouvez presque voir sur la capture la fumée lui sortir par les oreilles).
A travers ce premier repas pris ensemble (et puisque shabbat est hebdomadaire, on devine qu'il y en aura d'autres), on sent que la tradition religieuse est sur le point de devenir une tradition plus intime pour ce groupe, qui cherche ici ses marques et son organisation. La suite du repas va d'ailleurs clairement établir la future dynamique interne, entre Amir qui se fait écharper vif par Reut, Yifat pour qui la soirée ne tourne pas comme prévu...

Après avoir vu plusieurs épisodes, je suis rétroactivement encore plus impressionnée par le style tout en nuances, en subtilité et en douceur dont Srugim fait montre dans le pilote.
L'exposition des personnages et des situations se fait avec une certaine brusquerie (rien n'est mis dans un contexte de façon explicite, comme si on prenait la vie des protagonistes en marche), et pourtant il se dégage une grande impression de fluidité de ce premier épisode, capable de jouer son exposition avec délicatesse, sans avoir l'air d'expliquer les choses de façon trop explicite, mais sans jamais nous montrer un monde dans lequel il serait difficile de pénétrer. Tous les ingrédients sont posés avec élégance pour avoir les bases des problèmes soulevés dans la série, tout en évitant les lourdeurs et les clichés. C'est très bien vu...

Voilà ! Maintenant, c'est votre tour, il ne vous reste plus qu'à !
Et j'espère que vous me ferez part de vos impressions en commentaire (sous ce post ou le précédent, à votre guise), ou que vous me fournirez un lien vers votre blog si vous en faites une review : je suis curieuse de croiser les points de vue !
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Posté par ladyteruki à 17:00 - La preuve par trois - Permalien [#]

17-06-12

Notre père qui êtes odieux

Ce soir à 19h45, la chaîne Eurochannel vous propose de découvrir (sous le titre Esprit Norvégien) le premier épisode de la série Koselig Med Peis ! Je vous ordonne donc à tous de regarder !!!

...Je vois ce que c'est. Personne ici n'a souscrit à Eurochannel. Bien. Bon. Hm. Voyons ce qu'on peut faire pour cette chaîne qui, comme nous avons déjà eu l'occasion de vous le dire dans le SeriesLive Show pour Lulu og Leon en février, puis Klass: Elu Pärast plus tôt ce mois-ci, mérite pourtant quelques uns de vos deniers si vous vous intéressez à la télévision européenne.

Voilà donc le retour des posts La preuve par trois, et si vous êtes malins, vous saurez en tirer le maximum !
Pour rappel, parce que c'est vrai que ça fait un bout de temps qu'il n'y a pas eu de post de ce type, cette rubrique a pour objectif lever le voile sur un épisode (généralement un pilote) en ne soulignant que 3 passages, et 3 seulement, qui méritent un peu plus que les autres votre attention. J'espère ainsi piquer suffisamment votre curiosité pour vous intéresser au sort de cette série norvégienne qui m'avait conquise quand je l'ai découverte l'an dernier ; d'ailleurs à l'époque, j'avais regardé le premier épisode en VOSTM avant de me ruer sur le coffret DVD, puisque NRK a eu la bonne idée d'y joindre des sous-titres anglais. Du coup, pour trouver des excuses pour ne pas regarder la série, entre la diffusion en France et la sortie DVD, il faudra se lever tôt, les amis.

KoseligMedPeis-1

Koselig Med Peis est avant tout une histoire de paternité (la programmation du pilote en ce jour de fête des pères par Eurochannel n'en est que plus finement vue !). Dans le pilote, cette paternité est celle que souhaite le héros, Georg. D'une part parce qu'il s'imagine parler à son fils qui n'est pourtant pas né. Et puis d'autre part, de par celle qu'il "subit", puisqu'il lui est cruellement rappelé qu'il a un père, aujourd'hui diminué, et extrêmement difficile, et qu'il ne peut se soustraire à sa responsabilité vis-à-vis de celui-ci. Bien que Georg ne fasse pas nécessairement le rapprochement direct entre ces deux parties de sa vie qui se retrouvent mises côte-à-côte au même moment, il est impossible de ne pas y voir une forme de logique, voire une certaine ironie sordide. Le problème c'est que ces retrouvailles n'ont rien de chaleureux : le père de Georg ne veut absolument pas delui (ni personne d'autre) dans sa maison, ce qui apporte un éclairage contrasté sur ladite question de la place du père.

KoseligMedPeis-2

Georg retourne donc dans la maison qui l'a vu grandir, et le moins qu'on puisse dire, c'est que Koselig Med Peis fait dans ce premier épisode un travail absolument fantastique dés lors qu'il s'agit à la fois de montrer la nostalgie inhérente à la démarche, mais aussi ce que c'est que d'avoir grandi et mis une grande partie de son enfance derrière soi ; la séquence pendant laquelle Georg et son frère Terje pénètrent à pas de loups dans leur vieille maison est à ce titre parlante. Je l'ai dit et le répète, le décor de cette maison figée dans le temps alors que ses habitants ont changé, c'est l'une des grandes forces de la série. Mais pas seulement, puisque tout le monde n'a pas pris la même distance : ainsi, Georg est parti faire sa vie dans une grande ville, alors que Terje vit encore dans la même ville. Les deux frères sont comme le jour et la nuit, et pourtant, il y a clairement entre eux un lien entre que l'éloignement et les différences ne peuvent totalement faire disparaitre. Ce lien est formidablement bien dépeint, et la relation entre les deux frères est probablement l'une des plus réalistes que j'aie pu voir dans une série, toutes nationalités et époques confondues.

KoseligMedPeis-3

Avec son humour décalé et pince sans rire, et son talent pour incorporer avec le plus grand des naturels des séquences fantasmées, Koselig Med Peis aurait aussi bien pu voir le jour sur HBO. La séquence finale de cet épisode, justement, nous montre un personnage qui a perdu ce qui comptait tant à ses yeux, qui se retrouve bloqué avec son père comme s'il était ramené en arrière, et qui pourtant semble se réfugier dans une forme de maladie qui pose, là encore, question sur le sujet de l'hérédité...

Ce que ne vous dit pas ce pilote, cependant, c'est que Georg ne va pas toujours être le focus des épisodes, et que le reste de la famille va ainsi danser autour des questions de la paternité et de la famille au sens large. Une exploration pleine de finesse et pourtant jamais ennuyeuse de thématiques qui sont ici abordées parfois sous l'angle de l'absurde, parfois avec sensibilité, forment le charme incomparable (mais parfois légèrement étouffant) de Koselig Med Peis.
Je vous recommande donc, pour au moins la centième fois, de donner sa chance à cette série. Evidemment il est trop tard pour souscrire à Eurochannel avant 19h45, et c'est pourquoi ce post est un post La preuve par trois, mais j'espère avoir réussi à vous mettre suffisamment l'eau à la bouche pour que vous prenne l'envie d'aller ensuite au-delà de ce premier épisode ; ce ne sont pas les moyens [légaux] qui manquent, comme on l'a vu en ouverture de ce post. La série en vaut vraiment la peine, et, ainsi que je le disais, en ce jour de fêtes des pères, elle a toutes les raisons de capter votre attention. Quelles que soient les relations que vous entreteniez avec votre paternel, il y a quelque chose pour vous dans cette série...

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Posté par ladyteruki à 16:22 - La preuve par trois - Permalien [#]

13-01-12

Voilà ce qui va se passer

Les post La preuve par trois ne sont pas les plus courants, surtout ces derniers temps alors que le Ozmarathon règne sans partage. Mais puisque vous avez massivement répondu à la petite énigme du début de la semaine, et qu'en plus, l'un de vous a trouvé la bonne réponse (ce qui était quand même un peu le but), alors voilà sans plus attendre le post promis sur la fameuse séries française qui a ravi mon coeur voilà quelques jours et dont j'ai, d'ailleurs, d'ores et déjà acheté le DVD de la première saison, eh oui chuis comme ça.
Cette série, c'est Boeuf Wellington qui en a trouvé le titre, il s'agit du Visiteur du Futur. Mais vous n'êtes pas sans savoir que j'ai des antécédents en matière de coups de coeur sur ce type de production, puisque je vous avais déjà offert un post La preuve par trois sur NERDZ... N'hésitez d'ailleurs pas à aller faire un tour dans les tags pour vous rafraîchir la mémoire.

LeVisiteurduFutur - 1
Pourquoi pendant longtemps avais-je évité de tenter Le Visiteur du Futur ? Bah déjà, rapport à son titre à la con. Et ensuite parce qu'on ne me l'avait pas vraiment présenté pour ce qu'il allait vite devenir à mes yeux : une  série éminemment intelligente dans sa construction d'un univers cohérent. Les mecs, si vous voulez me tenter avec une série française de SF destinée en priorité aux geeks, c'est par là qu'il faut commencer. Pas par me parler du nombre de vues sur des sites de streaming, vu que j'ai le streaming en horreur. Mais un truc que je ne pouvais pas prévoir, que personne n'aurait vraiment pu me faire comprendre sans que je regarde la série, c'est à quel point il y avait un talent incroyable devant l'écran. De la même façon que je voue secrètement un culte à Frédéric Hosteing (Flander's Company) qui porte sa série, c'est également le cas désormais de Florent Dorin. Putain, les mecs, on a des gens comme ça en France, rendez-vous compte. L'espoir renait.

LeVisiteurduFutur - 2
Derrière ce qui pourrait apparaitre de prime abord comme une petite morale écologiste (qui aurait au contraire pu laisser le craindre le pire quant à l'évolution ultérieure de la série, finalement, pour en faire un produit politiquement correct de plus sur le sol français), on découvre pourtant ce qui semble être une idée assez précise de la suite des opérations. Maintenant que j'ai (déjà) achevé la saison 2, je m'aperçois que Le Visiteur du Futur avait décidé de ses thèmes principaux très vite, alors que ses premiers épisodes, reposant sur une formule répétitive propre à beaucoup de shortcoms, avaient l'air finalement inoffensifs (bien qu'hilarants).

LeVisiteurduFutur - 3
Mais ce qui, certainement, fonctionne le mieux dés ce premier épisode, en dépit des changements qui s'opèreront progressivement aussi bien du côté narratif que pour le reste, c'est de voir que la question cruciale du rythme est parfaitement maîtrisée. Le rythme, c'est vital d'abord quand on est sur un format court, mais aussi et surtout dés qu'on touche à l'humour. Dans un scénario de cauchemar, le personnage du Visiteur, tout charismatique qu'il soit, se lançait dans de grandes tirades excitées, et on frisait l'overdose. Mais dés le pilote, on sent une volonté de vouloir être réactif, de ne pas se reposer simplement sur cet atout ou sur l'idée de départ, mais bien d'offrir un épisode parfaitement agencé pour que le spectateur se tienne les côtes de bout en bout. C'est du beau boulot.

De surcroît, quand on voit le chemin qu'a pris la série ensuite, en incorporant rapidement mais avec inelligence une mythologie dense sans être tirée par les cheveux, efficace, et toujours bien gérée (notamment avec le problème casse-couilles des paradoxes temporels), ça donne vraiment envie de gonfler le torse et de se dire qu'on a un véritable vivier de talents, à bien des égards, en France. Et venant de moi, pour qui la fiction française reste encore LA kryptonite, c'est pas un petit compliment que de crier mon coup de coeur. D'ailleurs, découvrir la fiction française avec plaisir, c'est la grande aventure qui m'attend dans les prochaines années, et je ne suis pas fâchée d'avoir commencé 2012 de cette façon.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, eh bah, ya pas de fiche, voilà.
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Posté par ladyteruki à 21:30 - La preuve par trois - Permalien [#]

17-11-11

This place really sucks

Cela fait littéralement des années que je vous parle de cette série. Ses épisodes ont longtemps été introuvables sur le net, comme peuvent encore l'être, hélas, ceux de The War Next Door. Mais un jour, Dieu créa Hulu. Le reste est entré dans l'Histoire. Enfin, dans mon ordinateur en tous cas. Et donc, ce soir, je vous propose le pilote de Manhattan, AZ, l'une des comédies méconnues qui m'ont fait tomber en téléphagie lorsque l'une de mes amies avait Jimmy, voilà déjà quelque chose comme 10 ans.

ManhattanAZ - 1
La voix-off, c'est un procédé dont on a soupé depuis quelques années. Alors pourquoi Manhattan, AZ est-elle différente en dépit du fait qu'elle utilise elle aussi cet outil ? Parce que la voix-off, qui est celle du héros le Shérif Henderson, est en total décalage avec les images. Ainsi, le pilote s'ouvre sur notre bon Shérif nous expliquant comment était sa vie avant, et surtout, quel est le drame qui l'a décidé à partir pour Manhattan, Arizona : le décès de sa femme. Et alors qu'il nous raconte combien il était atteint par cette tragédie, on le voit par exemple regarder un match à la télé... C'est juste un exemple. Mais c'est, surtout sur le long terme, ce qui rend l'intro de Manhattan, AZ hilarante à mon sens, l'impression que le héros est un abruti fini au regard exagérément positif sur la vie, ce qui l'empêche d'être atteint par les mauvais côtés, profondément naïf alors qu'il est quand même flic, et je trouve que de ce côté-là, le pilote fait un travail admirable sur ce plan. Ce monologue d'intro est certainement le meilleur de toute l'histoire des monologues en voix-off. Rien que pour cette intro, il faut avoir vu Manhattan, AZ.

ManhattanAZ - 2
Mais pas seulement, car le pilote propose aussi une galerie de personnages autour du Shérif Henderson qui sont tous savoureux. Le maire imbu de sa personne, Jake Manhattan (oui, il a nommé la ville d'après son propre nom, ça vous donne une idée de la taille de son ego), est délicieux de cynisme ; c'est un homme qui ne pense qu'à lui, son confort perso, sa gloire perso, et après lui le déluge ; mais tout cela derrière une attitude en apparence sympathique, détendue et franche. D'ailleurs il ne s'en cache pas et c'est aussi ça qui lui donne toute sa saveur : il est malhonnête, mais d'une manière étrangement sincère... Il y a aussi Atticus, qui est un ado rebelle mais qui est en même temps un certain repère de normalité dans cet univers déjanté. La phrase de la fin du pilote, "This place really sucks", est d'ailleurs l'une des citations "cultes" de la série, un gimmick à elle seule. Mais surtout ce sont des personnages plus intelligents que Henderson, comme à peu près tout le monde à Manhattan y compris les cactus, et cela accentue encore l'humour qui émane de la façon dont Henderson raconte les histoires, généralement en comprenant l'inverse de ce qui se passe, ou en prêtant systématiquement de bonnes intentions à chacun.

ManhattanAZ - 3
Si Manhattan, AZ est aussi un festival de mauvaise foi, c'est pour sa scène finale, juste avant le générique. A l'image de certaines séries des décennies antérieures, les acteurs s'y succèdent pour expliquer la "morale" de l'histoire, jouant alors leur propre rôle. Le comble du bonheur, c'est quand Brian McNamara s'en charge lui-même, parce qu'au lieu du bénêt positif qu'il interprète dans le reste de l'épisode, il devient alors outrageusement condescendant envers le public, et le contraste est une fois de plus délicieux. C'est le moment pendant lequel les acteurs nous expliquent la vie, en général une morale incroyablement évidente, genre Disney (ici "il ne faut pas couper les appendices des animaux de compagnie"), mais avec un ton puant et des remarques qui rappellent quel milieu décadent Hollywood peut être. Mais ce laïus se finit, invariablement, par les mots "Nous le savons parce que nous travaillons à la télévision. Nous savons mieux que vous".

Dans ce festival de second degré, de doubles-sens, d'absurde et de mauvaise foi, il est impossible de ne pas être hilare. Et ce, en dépit de l'absence quasi-totale de gags à proprement parler. Pour avoir vu la série en intégralité à l'époque où j'avais un accès quasi-illimité à Jimmy (il est vrai qu'elle n'a duré qu'une saison), je vous assure que c'est un bijou dans son genre. Tout téléphage un peu curieux se doit de tenter le coup tant son ton est différent de la plupart des comédies, même en single camera.
Croyez-moi. Je sais mieux que vous.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Manhattan, AZ de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 23:27 - La preuve par trois - Permalien [#]

14-11-11

Le Dr Spock peut se rhabiller

J'ai ptet des siècles de retard quand je le fais, mais je tiens toujours mes promesses. Et en l'occurrence j'avais promis sur Twitter que si vous trouviez le titre de la vieille comédie que je m'envoie en ce moment, je vous posterais le pilote, et bah voilà, 12 épisodes plus tard je concrétise.
En l'occurrence, cette comédie, c'est le Cosby Show, l'une des comédies que vous avez forcément vues si vous êtes un enfant des années 80 et que vous aussi vous avez biberonné du M6 soir et matin, ou, pour être plus exacte, soir et midi, ce qui était mon cas dés que je parvenais à atteindre la télévision.
Alors hop ! Retour des posts La preuve par trois avec le pilote en question !

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Le pilote commençait pourtant bien mal. Je ne pense pas avoir déjà vu le pilote (mais quand on est encore une téléphage haute comme trois pommes, on enregistre moins bien ce genre de choses) mais je gardais de la série, globalement, un plutôt bon souvenir. Et là, après une scènes entre Clair et les enfants, on voit débarquer Cosby qui se met à danser, et si vous êtes un enfant des années 80 vous savez combien regarder Cosby en train de danser est une expérience particulière, et la scène s'arrête à ça. On ignore pour quelle raison on entend des rires à cet instant. Et ça fait presque 3 minutes qu'on est là. Et je suis consciente qu'en vous disant ça, je ne vous donne pas envie de cliquer sur le petit icône en bas de post. Mais après, ça s'arrange, fort heureusement. Libéré du besoin de faire le clown, Cosby se retrouve face au mari d'une patiente, et là, il est véritablement drôle. La morale de cette histoire, c'est qu'il faut impérativement empêcher Cosby de faire de la comédie physique, au profit d'anecdotes parce que dés qu'il raconte des anecdotes, on reconnait son style, son humour, et ça fonctionne à fond. Cette note étant prise, on peut poursuivre.

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Pour moi qui suis en ce moment Reed between the Lines, c'est à la fois un plaisir et un choc que de retrouver Malcolm Jamal Warner dans cet EXCELLENTISSIME tête-à-tête avec Cosby. Essayer de donner à Theo un embryon de sens des réalités a toujours fait partie de mes meilleurs souvenirs de la série (la vérité c'est que j'essaye désespérément de me rappeler dans quel épisode il rêve que Cliff et Clair lui font payer un loyer et le traitent comme un étranger, parce que quand je l'avais vu cet épisode m'avait beaucoup marquée), et là j'étais vraiment à la fête. Cliff est le type de paternel qui, tout en étant sympa et marrant, va toujours essayer d'avoir raison pour pouvoir parvenir à ses fins éducatives. On le voit bien avec l'affaire du salaire : Theo pense que plus tard, son salaire sera de 3000$ par semaine, Cliff ne bronche pas et poursuit sa démonstration avec brio quand même.

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Rassurez-vous, il n'y en aura pas que pour Theo. Ce pilote est l'occasion de retrouver les 3 autres enfants Huxtable (dans ce pilote, il n'y a en effet que 4 enfants, et Clair est une femme au foyer ; ce sera rectifié dés le 2e épisode), à savoir la délicieuse Rudy dont le rire enfantin est des plus adorables, la sassy Vanessa, dont l'accent en VO lui donne une personnalité à la fois plus chiante et plus impressionnante, et enfin Denise, l'adolescente un peu délurée (toutes proportions gardées), qui auront chacune, à leur façon, l'occasion de briller un instant ou un peu plus, notamment en faisant tourner leur père en bourrique chacune son tour alors qu'il tente déjà de gérer le cas Theo.

Il se dégage de ce pilote une énorme bouffée de nostalgie. Peu de séries arrivent si bien à nous replonger dans les années 80, et personnellement je ne saurais que trop recommander le visionnage de ce pilote à ceux qui ne les ont pas connues. Pourtant, en-dehors de la scène d'introduction, on s'apercevra bien vite que la série n'a pas vieilli sur le plan de l'humour, et qu'elle possède toujours cette malice qui lui permet d'être regardée à la fois par les parents et par les enfants. Une qualité devenue bien rare pour la plupart des comédies du moment, comme j'ai déjà pu vous le dire, et personnellement je me régale de chacun des épisodes que j'ai pu regarder depuis, à la faveur d'un trou téléphagique dans mon planning.
Je ne sais pas encore si j'irai jusqu'au bout des 200 épisodes du Cosby Show, pour cette fois je ne me suis pas lancée avec l'idée d'aller au bout de l'intégrale et j'attends de voir venir, mais en attendant que je me décide, je prends énormément de bon temps. Je vous en souhaite tout autant devant ce pilote.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche du Cosby Show de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 20:52 - La preuve par trois - Permalien [#]

15-04-11

Nature morte

Dans The SeriesLive Show, ce soir, on vous parle en fin d'émission de Forbrydelsen et de The Killing.
"Quoi ? Qu'est-ce qu'elle raconte ?"
FOR.BRY.DEL.SEN. Comme ça se prononce. Ne vous faites pas passer pour plus bêtes que vous ne l'êtes, je sais ce que vous valez.

Mettre en parallèle deux pilotes, ici l'original et son remake, c'est une première dans ce podcast. Et pour que vous puissiez suivre notre conversation, j'ai pensé que, tout simplement, je pourrais vous en faire un post La preuve par trois. Vous savez, les post La preuve par trois ? Ceux qui, quand on pense bien à cliquer sur toutes les images du post, vous récompensent pour votre obstination !
Mais comme dans l'émission, on a plutôt mis l'accent sur les différences entre les deux pilotes, je me suis dit que j'allais plutôt vous parler de ce qui lie les deux séries, de ce qu'elles ont fondamentalement en commun. Comme ça, l'écoute du podcast vous sera complémentaire, et non une redite à mon humble post du vendredi.
Pis de toute façon, faire un post comparatif sur deux séries, je n'aurais pas su le faire aussi bien que freescully.

Forbrydelsen___1 TheKilling___1

Bienvenue dans un monde de silence. La nature occupe une grande place au début de ce pilote, avec des plans d'une vertigineuse sobriété, mais profondément belles, tandis que la police s'active pour retrouver la victime, Nanna/Rosie. On ignore si l'adolescente est encore en vie, mais sa disparition nous conduit à fouiller des endroits désertiques, loin du béton de la grande ville. On notera comment le même lieu peut d'ailleurs, selon qu'on y suive une gamine terrifiée ou qu'on accompagne les fouilles méticuleuses de la police, revêtir une apparence aussi bien angoissante que nonchalante.
Le cadre de Forbrydelsen/The Killing est aussi celui-là, avec sa nature imperturbable, presque vierge. Il participe énormément à l'ambiance de la série bien que la plupart des scènes s'en éloignent, conférant une atmosphère toute particulière à cet univers.

Forbrydelsen___2 TheKilling___2

Notre enquêtrice Sarah Lund/Linden est un personnage atypique. C'est un "chic type", en fait, dans le fond. Il ne s'agit pas d'une créature froide et cérébrale comme tant d'enquêteurs l'ont été ces dernières années. Capable de plaisanter comme d'aborder avec sérieux et concentration ses difficiles attributions, elle arrive au contraire à nous être sympathique, mais sans jamais tomber dans la caricature de la nana pour qui on ressent de l'empathie. Si elle n'est pas quelqu'un d'émotif, on sent que beaucoup de choses sont intériorisées ; les différents plans sur son regard, alors qu'elle réfléchit, nous invitent au contraire à entrer dans sa tête, pour y découvrir quelqu'un de sain, d'équilibré, qui n'est jamais dans l'excès d'émotion ou de froideur. Le fait qu'elle soit sur le point de quitter son job actuel pour commencer une nouvelle vie ailleurs lui confère en outre une aura positive : sans déprécier son métier (ce n'est pas comme si elle avait un problème avec la nature de celui-ci) lui permet d'en être juste un peu plus libérée. Une distance salvatrice, et qui finalement aiguise probablement son esprit d'analyse et d'observation.

Forbrydelsen___3 TheKilling___3

Mais Forbrydelsen/The Killing, c'est aussi la terrifiante histoire de parents qui vivent la pire des tortures, suivie du dernier des drames, avec la disparition de leur fille qui aboutit à la découverte de son corps. Si votre coeur n'impose pas à la vue de cette scène, consultez. La douleur y est pure, animale. Celle du père comme de la mère, d'ailleurs, bien qu'elle s'exprime différemment. Que les paysages froids et l'héroïne décontractée ne vous abusent pas : derrière l'enquête, c'est avant tout une tragédie familiale qui se joue, et en choisissant le mode du feuilletonnant, la série s'autorise ce que peu de séries policières ont osé creusé depuis 10 ans qu'elles monopolisent pourtant nos écrans : une anatomie du deuil.

Il y aurait, naturellement, bien plus de captures à faire, et de choses à souligner. Mais vous connaissez les règles pour cette rubrique : pour chaque épisode, 3 captures et pas une de plus.
En espérant que ça suffise pour vous convaincre...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : les fiches Forbrydelsen et The Killing de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 23:38 - La preuve par trois - Permalien [#]

19-02-11

Where young people go to retire

Chose promise, chose due, voici un nouveau post consacré à Portlandia, et je vous avoue, de vous à moi, que je n'en suis pas totalement mécontente. Déjà parce que ça fait du bien d'être motivée pour poster (ne serait-ce qu'un peu), ensuite parce que je me suis vraiment donné du mal sur ce coup.

C'est-à-dire que, déjà, je suis partie du constat que le dernier post La preuve par trois datait de novembre 2010 (il s'agissait du pilote de la série australienne The Circuit, et si vous l'avez loupé, il n'est pas encore trop tard pour bien faire et aller cliquer sur le petit icône magique). Et ensuite, j'ai réalisé, en les cherchant pour l'un de mes collègues, qu'il n'existait pas de sous-titres français pour la série Portlandia. Alors j'ai pris un peu de temps et je m'en suis chargée moi-même. Voilà, vous savez tout. Donc ce post La preuve par trois, ce n'est pas juste l'occasion de vous parler du pilote de Portlandia, ce n'est pas juste une façon de vous encourager à le découvrir, c'est carrément une offre clé en main, comme ça, vous n'avez plus d'excuse pour ne pas l'avoir vu.

Portlandia_1
Parce que Portlandia est certainement la série la plus originale du moment, osons le dire. Sa formule fait d'elle un ovni : il ne s'agit ni d'un formula show, ni d'une série feuilletonnante, c'est quelque chose qui n'a rien à voir mais qui emprunte pourtant ponctuellement au feuilleton (on verra comment ensuite). Et ça se sent dés la scène d'ouverture de ce pilote, qui nous plonge directement dans la genèse de la série (pourquoi se déroule-t-elle à Portland, et qu'est-ce que cette ville a de si particulier ?), avec une histoire qui nous permet de mettre le pied à l'étrier, et nous embarque dans un univers complètement barré, avec des personnages absurdes, des situations banales qui virent au n'importe quoi, et de la musique. Ce sont les éléments de base de la série et il se retrouvent tous, parfaitement condensés, dans cette première scène d'exposition.
Et pourtant, la structure-même de la série fait que, aussi parfaitement écrite puisse-t-elle être, avec deux personnages attachants qui débarquent à Portland pour des raisons un peu ridicules... elle s'arrêtera là. Avec son côté anthologique, Portlandia nous présente systématiquement des personnages qu'on n'est jamais sûrs de revoir, et des histoires dont on n'est jamais certains de connaître la suite. C'est l'héritage des comédies à sketch, qui tombe sous le sens vu la présence de Fred Armisen à la barre (co-auteur et un des deux acteurs principaux), qu'on peut voir depuis plusieurs années dans Saturday Night Live. Et pour expliquer l'importance de la musique dans la série, eh bien là encore, quand on sait que Fred est musicien, mais aussi que Carrie, sa partenaire dans cet exercice, est elle-même musicienne, tout s'explique. Rien que pour ça, sans même parler de ses origines sur internet, Portlandia est une série à part, qui arrive avec sa propre personnalité, ses propres références, sans chercher à faire quelque chose qu'on aurait déjà vu ailleurs (ou alors je veux bien qu'on me cite des noms). Attendez-vous à basculer dans l'inconnu et à n'y trouver aucun de vos repères habituels en termes de fiction.

Portlandia_2
Ainsi, le pilote de Portlandia se lance dans une étrange tentative de nous présenter plusieurs personnages (tous interprétés par Fred et Carrie). On trouvera donc Jason et Ronnie, qui habitent Los Angeles et tombent sous le charme de Portland au tout début du pilote, Peter et Nance, qui voulaient simplement manger du poulet bio, Fred et Carrie, en prise avec une boucle technologique, les deux propriétaires (pour l'instant anonymes) d'une librairie féministe, et Stewart et Susan, qui font partie de la ligue de cache-cache pour adultes de Portland. Seul un couple de ces personnages aura droit à plusieurs scènes en fil rouge, et il s'agit de Peter et Nance. Ils personnifient parfaitement tout ce que critique Portlandia : ce sont des bobos qui intellectualisent des choses ridicules à l'excès, comme ici leur volonté de manger bio à tout prix, au risque d'abandonner le restaurant au beau milieu de leur commande pour aller vérifier sur place si la ferme qui a élevé le poulet qu'ils s'apprêtent à commander est bien "éthique". Et ça s'emballe, naturellement.
C'est là que les choses sont feuilletonnantes ou à peu près pour Portlandia, quand on suit une histoire plutôt qu'une autre. Et l'ironie du sort c'est que dans les épisodes suivants, on ne verra plus Pete et Nance, mais qu'un autre couple de personnages, par contre, réapparaitra, et que Stewart sera cité par un personnage que jusque là nous ne connaissons pas, etc... En créant un monde dense de la sorte (alors que pourtant totalement absurde), Portlandia parvient à fabriquer pièce par pièce, à travers une suite de scènes en apparence indépendantes, quelque chose d'incroyablement cohérent, alors qu'il n'y a même pas d'histoire. C'est fascinant de voir tout ce que la série parvient à faire simplement avec des portraits, finalement.

Portlandia_3
Pour finir, et après je vous laisse goûter les plaisirs de Portlandia tous seuls comme des grands, voici une série qui ne se prive pas de se moquer de son propre public. C'est facile d'écrire des répliques mordantes sur un "ennemi" commun, genre un redneck complètement abruti avec le spectateur, hilare, pourra se dire qu'il n'a rien en commun. Des séries comme My name is Earl n'ont pas grand mérite à faire rire, car elles ne font pas rire de soi-même. Mais le public premier de Portlandia, et c'est là que c'est brillant, ce sont ses cibles, en fait. Mieux encore : ses auteurs sont dans sa cible. Critique du hipster qui voudrait se croire meilleur que les autres, plus cultivé, plus éco-responsable, plus capable de penser et s'amuser en électron libre, et qui au final finit par rentrer dans un nouveau moule qui souligne le ridicule de l'opinion qu'il a de lui-même, la série Portlandia est aussi, et c'est important, diffusée sur une chaîne... indépendante (IFC, dont on a déjà pu parler à l'occasion de Bollywood Hero). Donc en fait, si Fred Armisen et Carrie Brownstein y ont leur série, c'est parce qu'ils collent à l'identité de la chaîne, et qu'ils écrivent pour plaire à un public qui s'est installé devant cette chaîne précisément parce qu'il pense être différent, et n'être pas concerné par le "mainstream". La boucle est ainsi bouclée !
Et pourtant, ces personnages se font écorcher vif, à l'image de ce dialogue (prolongé pour notre plus grand plaisir pendant le générique de fin, pour un "encore" délicieux) entre Stewart, chef de l'équipe des Sherlock Holmies qui disputent un match de la Ligue de cache-cache pour adultes de Portland, et une vieille dame, et qui démontre combien cette volonté de penser "hors du moule" s'exprime de façon ridicule. Dans la première scène, on affirmait que Portland était "la ville où les jeunes prennent leur retraite", mais en réalité, c'est plutôt le Pays Imaginaire, peuplé de jeunes qui ne veulent pas grandir mais veulent se sentir importants. Et Portlandia ne leur fera pas de cadeau.

Alors oui, c'est différent de la plupart des choses que vous avez vues jusqu'à présent à la télévision, et non, ça ne plaira pas à tout le monde, mais c'est justement pour ça qu'il faut tenter Portlandia. Parce que vous découvrirez une perle totalement différente de vos comédies habituelles, et franchement, ça fait du bien de découvrir une série qui s'aventure hors des sentiers battus.
Sans compter que si vous aimez, vous aurez l'impression de faire partie d'une élite capable de rire des choses que le commun des mortels ne saurait apprécier... et là vous saurez que vous êtes parfaitement à votre place devant cette série. Ça tombe bien, elle a été renouvelée en début de semaine pour revenir avec 10 épisodes supplémentaires l'an prochain.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Portlandia de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 18:18 - La preuve par trois - Permalien [#]

07-11-10

Follow the sun

La fin du weekend approche et vous vous attendiez probablement à un dernier post dans cette rubrique. Sinon, tant mieux pour vous, ça fait une bonne surprise supplémentaire !

Il y a environ une semaine, je vous parlais de The Circuit, une découverte australienne (et elles ont tendance à se succéder depuis que je me suis promis, cet été, d'accorder plus d'attention à ce pays). Il y a eu quelques appels du pied pour que je vous aide à découvrir cette série à votre tour, et comme elle n'est pas facile d'accès (merci, une fois de plus, à Sowey pour son coup de main), le moyen le plus simple, et aussi, sans aucun doute possible, le plus convivial, de vous permettre de le faire, c'est encore les posts La preuve par trois. En espérant qu'ensuite, vous viendrez partager ici vos impressions, et que, peut-être, vous parlerez de la série autour de vous. C'est comme ça que ça commence, vous savez. Sans vous, je ne serais pas tombée sous le charme de Doctor Who après de nombreux épisodes de persistance. J'espère que je vous rends ainsi la pareille, au moins un peu...

TheCircuit_1
"You are going to get frustrated. And depressed by the relentlessness of this situation". Voilà, comme ça c'est dit. Considère-toi prévenu, petit avocat qui débarque sur le circuit, ça ne va pas être une partie de plaisir. On n'est pas bien sûr de la raison pour laquelle Drew s'est engagé dans cette aventure, mais une chose est sûre, il ne peut pas dire qu'il ne sait pas en quoi elle consiste. Et ça ne motive pas forcément un petit nouveau, mais le petit speech de l'une de ses collègues a au moins le mérite d'appuyer sur le sacerdoce que représente le circuit pour toutes les personnes qui s'y impliquent : avocats, greffiers, juges... ils savent que le principe-même du tribunal itinérant, mais aussi les problèmes rencontrés, ne peuvent les laisser de marbre. Ce sera difficile, douloureux, mais... mais j'aime bien l'honnêteté d'Ellie quand elle cite l'avantage qu'elle tire de ce métier difficile. D'une façon générale, The Circuit table sur la sincérité, et ne s'encombre pas vraiment de personnages paradant avec des artifices. Ils posent tous carte sur table et c'est d'ailleurs tant mieux pour Drew comme pour nous.

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Où l'on découvre un système judiciaire bien différent des parquets cirés et des perruques (tels qu'on a pu les découvrir dans Rake, par exemple). La réquisition de salles communes des villes où le tribunal passe, leur aspect (et encore, il y aura pire), leur public tassé sur des chaises et devant les portes, les conditions difficiles dans lesquelles les avocats doivent faire leur job... on peut dire qu'Ellie n'avait pas menti ! Oui, ce boulot sera difficile, et on ressent bien à la fois l'atmosphère pour les prévenus et pour la cour itinérante dans ce premier défilé d'affaires. Les choses vont vite, et on s'aperçoit que Drew n'est pas vraiment équipé pour travailler dans ces conditions. Il apprendra sur le tas, nous offrant une plongée incroyablement palpitante et déchirante à la fois dans la réelle signification de ce circuit judiciaire. Il n'y a le temps pour rien. Rend-on vraiment la Justice dans ces conditions ? Le bal des petits délits donne pourtant l'occasion au juge Lockhart de nous montrer à quel point il est attentif au moindre détail, tout en restant dans son rôle de juge qui n'a pas toute la nuit pour juger une affaire. Il se montre très impressionnant, à la fois patient et ferme dans toutes ses interventions...

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Que ce soit bien clair : j'étais déjà sous le charme de The Circuit avant cette scène. Mais lorsqu'elle est venue, je suis passée au stade téléphagique suivant, celui où on est pris de la subite envie de se prosterner devant son écran. Jusque là on n'avait pas vraiment compris le cœur de cette affaire, mais elle se dévoile devant nous en même temps que Drew tente d'en démêler l'absurdité. On comprend à cet instant d'où peut venir la frustration et la dépression évoquées plus haut. C'est un combat qui semble soudain ne jamais se gagner vraiment, parce que ce n'est pas une question de justice, dans le fond. En quelques minutes, on touche des problèmes trop gros pour de simples avocats, pour une simple cour itinérante. On croyait l'avoir compris, mais on ne le réalise que pendant cette scène où Drew semble, lui aussi, toucher quelque chose qu'il n'avait fait qu'effleurer jusque là. Et puis, il y a tout un symbolisme pour lui, vis-à-vis de son père, et je l'ai ressenti comme une charge émotionnelle dépassant le seul cadre de cette affaire, comme si ça le renvoyait ailleurs. A cet instant, tout est inversé : le temps ralentit pour ressentir chaque seconde de ce procès, Drew n'est plus perdu mais très sûr de lui, et soudain, le juge n'est plus tant un allié qu'au premier abord. Pour autant, le monde n'est ni noir ni blanc, et c'est aussi là que The Circuit nous emmène, dans un endroit où personne n'a vraiment tort, en définitive, de faire ce qu'il fait. Chacun fait ce qu'il a à faire, voilà tout. Et ça semble finalement être encore trop peu... D'ailleurs je serais curieuse de savoir ce que le journaliste fera de tout ça, ensuite.

Ne me laissez pas vous tenir la jambe plus longtemps. C'est à vous de regarder le pilote de The Circuit. Vous voulez vous faire une faveur ? Ne m'écoutez pas en chanter les louanges plus longtemps, et faites-vous une opinion par vous-mêmes. Vous ne pouvez pas croire quelqu'un qui s'est mis intérieurement à pleurer rien qu'en lisant le pitch de cette série, après tout...
D'ailleurs, si ce weekend a été dédié à des posts La preuve par trois, c'est bien pour que vous fassiez vos propres expériences. Moi, je me charge de vous apporter les pistes. La suite du chemin, c'est vous qui la faites.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais qui se soignent) : la fiche The Circuit de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 22:39 - La preuve par trois - Permalien [#]