ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

27 novembre 2009

Who's that girl ?

Archives   Cet article est issu des archives inédites de ce blog.
Date initialement prévue pour sa publication : 17 Juillet 2009

Comme vous le savez, je ne suis jamais la dernière lorsqu'il s'agit d'utiliser la télévision comme machine à remonter le temps. Je presse un bouton, et hop ! Direction les années 90 ! Hop ! Les années 80 ! Hop hop ! Voici That Girl !
Et comme les voyages, c'est plus sympa à plusieurs, montez, je vous emmène. Eh oui, c'est le retour de La preuve par trois !

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That Girl
... je mange mon chapeau si vous avez déjà vu cette série. Pourtant, en voilà un pitch intéressant ! Une actrice essaye de percer à New York. Oui, hm, bon, bref. Mais si dans les années 2000, That Girl aurait été trash, avec des coucheries, des scandales, du vitriol... en revanche, dans les années 60, That Girl s'est révélé être une série pleine de légèreté, de finesse et de drôlerie. Son personnage, Ann Marie, est avec le recul une gentille jeune femme toute sage. Mais on devine que pour son époque et son milieu (elle a grandi dans une banlieue pavillonnaire, modeste et humble), elle fait figure de rebelle en cherchant de la sorte à devenir actrice. Autant dire saltimbanque ! Heureusement, son caractère définitivement adorable fait d'elle un personnage assez conventionnel tout de même. C'est tout le charme de That Girl : une charmante contradiction sans prétention, ni réellement anticonformiste, ni tout-à-fait conventionnelle.

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La vie d'Ann Marie se divise en deux. D'une part, ses parents, dans leur petite vie, leur petite maison, leur vision un peu courte. Et d'autre part, sa carrière, son appartement, son agent, son job d'appoint. Toute la magie de That Girl consiste en une démonstration par l'exemple, et pas par le discours, des différences entre ces deux mondes. Et si évidemment, l'un apparait au spectateur moderne comme étant plus rétrograde que l'autre, la série se garde bien de jamais en désigner une comme étant la moins bonne. Ann Marie semble ressentir un profond respect pour ses parents ; elle sait d'où elle vient, elle a, ancrée en elle, cette culture des classes moyennes. Et son désir de devenir actrice est toujours concilié au maximum avec ces racines. Quant à sa carrière, elle la gère (le présent épisode est démonstratif à ce sujet) avec un mélange de candeur et de lucidité, et ne tombe pas dans les excès qu'on pourrait imaginer. De là, deux façons de voir les choses : Ann Marie est-elle trop enfermée dans les valeurs dans lesquelles ses parents l'ont élevée pour mener une vraie vie d'artiste ? Ou a-t-elle réussi à se créer son propre chemin, celui où elle revendique son indépendance sans rompre avec les générations plus âgées de son entourage ? Il me semble quant à moi que, au lieu de s'aventurer dans un féminisme forcené et revendicatif, Ann Marie applique le féminisme à la lettre : elle fait très exactement ce qu'elle veut de sa vie. Et ce qu'elle veut, c'est à la fois conserver son identité et vivre à sa guise. Le meilleur des deux mondes !

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Comédie pleine de charme, That Girl, c'est aussi une romance dont les balbutiements nous apparaissent rapidement, mais en parvenant à éviter les écueils que percutent de nombreuses trames amoureuses aujourd'hui. Marie et son agent Don sont en effet promis l'un à l'autre, ça crève les yeux. Et les deux bougres en semblent tout-à-fait conscients. Signe des temps ? Marque de leur caractère ? Les tourtereaux prennent leur temps. Ils ne vont ni se sauter au cou, ni courir l'un après l'autre, ni passer d'occasion manquée en sous-entendu préliminaire, non, rien de ce genre. La relation est fraîche, ils construisent leur relation un jour à la fois. C'est aussi, d'ailleurs, une possibilité d'avenir qui s'ouvre devant Ann Marie...

L'optimisme, la franchise, l'innocence de That Girl, sont très rafraîchissants. Avec un personnage central qui ne prêche pour rien de spécial, mais illustre les dilemmes d'une génération de femmes (au moins), la série parvient à être encore d'actualité, et à éviter la mièvrerie. That Girl est un double pari sur l'avenir : celui d'une jeune femme avec certaines valeurs et des ambitions à concilier, et celui d'une série dont la saveur se goûte probablement mieux sur le long terme.

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08 août 2009

Attention Mesdames et Messieurs, dans quelques microtes, ça va commencer

Mesdemoiselles, et quelques Messieurs parmi vous, je suis sûre que vous vous pensez que nous avons laissé de côté l'un des astronautes les plus sexys de la télévision. On ne panique pas, après tout la semaine thématique n'est pas encore finie !
En plus, il parait qu'il reste encore des gens pour n'avoir jamais vu Farscape...

Farscape___1
Tout commence de façon assez classique par la préparation d'un vol spatial, qu'on pourrait qualifier de classique, bien que la chose ne soit pas exactement courante. John Crichton est un peu nerveux, mais bon, il fait son boulot. C'est un monde très familier qu'on nous montre, propre, simple, rationnel, tangible. Ce n'est que pour mieux donner des regrets au personnage par la suite, mais qu'importe. Ainsi, John est l'un des deux scientifiques à l'origine d'une théorie qu'il va illustrer par l'expérience. Son meilleur ami et partenaire de travail l'épaule, et son père, lui-même ex-astronaute (décidément) lui adresse ses encouragements. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

Farscape___2
Ce qui est rendu avec beaucoup d'intelligence, c'est le trouble de notre humain lorsqu'il se retrouve plongé dans une civilisation qui n'a rien à voir avec ce qu'il connait. Langue, évènements, contexte... il n'a vraiment aucune idée de ce qui lui arrive et, chose plus inédite encore, il va lui falloir un temps d'adaptation ; alors d'accord, il est beau, musclé, intelligent (enfin vu qu'il est chercheur, on le présume), mais il est complètement largué et ne va pas tout de suite réussir à entrer dans l'action. C'est quelque chose d'assez rare, la plupart des séries où un personnage arrive dans un univers inconnu permettent comme par hasard à ce personnage de très vite devenir partie prenante de l'intrigue, au lieu de lui laisser un temps de flou et d'incompréhension qui sont complètement humains. Tâchant de comprendre où il arrive, ce qui lui arrive, et comment il peut repartir de là. Il est mal barré, mais c'est pour cet équilibre entre valeureux héros et péquin moyen qui lui donne tout son intérêt. Plus les deux yeux bleus, évidemment.

Farscape___3
La mise en place est lente, tâtonnante, confuse. Je pense sincèrement que c'est voulu pour mieux rendre la complexité de la situation, mais je comprends que ça puisse sembler être destabilisant pour qui est habitué à des séries allant plus rapidement droit au but. Mais ces hésitations successives, de la part de personnages tous mis au pied du mur mais pas vraiment en mesure de gérer les évènements, donnent aussi l'opportunité de tout de suite sympathiser avec les personnages. Cette atmosphère de panique permanente rend finalement assez bien ce qu'on ressent devant un bon pilote : l'impression d'être plongé dans un monde nouveau mais qui ne va pas s'arrêter le temps qu'on le comprenne. Tout le monde a embarqué dans la même galère : les personnages et le spectateur sont liés par cette expérience en territoire inconnu.

Parce que c'est ça, l'espace : l'inconnu. Ce n'est pas à la portée du premier venu. Et surtout, c'est pas le truc auquel on peut facilement s'adapter avant la première coupure pub.

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06 août 2009

Houston, dame desu

Hm ? Plaît-il ? On me dit que Futatsu no Spica n'est pas la version live action de l'anime Gunbuster. Au temps pour moi, mais pour ma défense, il fallait vraiment le savoir. Le principe est en effet le même : une jeune fille dont le père était astronaute, décide de devenir astronaute elle-même. Par contre c'est vrai que les tenues sont un peu plus sexys dans Gunbuster...
Alors, comment devient-on astronaute ? Pour une fois, la parole est au Japon dans ce nouveau post La preuve par trois.

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Tout commence il y a 9 ans avec, je vous le donne en mille, un décollage qui tourne mal (j'étais étonnée de ne pas en voir dans Defying Gravity, d'ailleurs). Eh oui, l'espace, c'est dangereux. Et ce n'est pas facile d'y aller. A l'école qu'intègre Asumi, on ne se gène pas pour le faire remarquer. Alors qu'ils ne sont que lycéens, les personnages principaux sont soumis à une éducation quasi-militaire qu'il est bon de voir. Comme dans beaucoup de dorama "professionnels", il y est question d'effort, mais, une fois n'est pas coutume, d'effort pas toujours couronné de succès. De compétition et d'élimination. Devenir astronaute, ce n'est pas si simple (même si tenir le rôle principal aide, évidemment). Et l'être non plus.

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Si quelques scènes (a contrario de Defying Gravity, elles sont ultra-minoritaires et secondaires à souhait) nous rappellent qu'on va une fois de plus avoir droit au sempiternel love interest (et tout aussi sempiternel triangle amoureux), ainsi qu'aux problèmes liés à l'âge des personnages (et notamment la réaction des parents de chacun d'entre eux), on a tout de même plus souvent droit à des scènes plutôt dure sur l'entrainement qui attend tout ce beau monde, même si pour l'instant ils se plaignent mais sont relativement pépères. Le corps professoral est d'ailleurs captivant, car il représente assez bien la dureté du métier (en fait, le prof le plus cool n'est pas pris un seul instant au sérieux par le spectateur qui le trouvera instantanément trop idéaliste). La question des connexions de cet univers relativement fermé va également être intégrée à l'histoire progressivement et avec brio, montrant à quel point la conquête spatiale est, une fois de plus, un environnement des plus hostiles à l'homme, et pas juste parce que ce dernier n'est pas fait pour respirer à pleins poumons dans le néant, si vous voyez ce que je veux dire...

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Si vous avez lu Ender's Game (à défaut de pouvoir le voir un jour au cinéma), vous ressentirez probablement le même intérêt que moi pour cette longue phase du pilote, qui en casse un peu le rythme mais lui donne aussi un caractère insoupçonné, lorsque 5 des étudiants doivent faire face à un teste, et que ce n'est pas leur réussite au test qui compte mais la façon de le réussir. Atmosphère étouffante, stress de l'horloge qui défile, esprits qui s'échauffent, le huis clos est à son comble, et diablement efficace. S'il ne fait pas grand doute sur l'issue de ce test d'aptitude (qui gère avant tout l'aptitude au travail en équipe), au moins le passage se montre particulièrement intéressant. D'ailleurs, en réagissant d'abord comme des enfants, à se disputer, puis en essayant de devenir rationnels, nos cinq cobayes vont faire la démonstration de ce qui va certainement leur être le plus difficile à surmonter : leur immaturité. Ca fait d'ailleurs un peu mal au coeur de voir ça...

Sans être révolutionnaire (notamment dans sa réalisation), Futatsu no Spica nous offre un point de vue peu abordé. Il faudra une somme d'efforts, de travail, de connaissances... et aussi de compétences humaines, pour que son héroïne ait une chance de partir dans l'espace comme elle le souhaite. Et j'ai bien dit une chance. D'ordinaire, on t'envoie tout ça sans sourciller dans l'espace et au-delà, trois petits essais en vol, et c'est fait, mais ici on ne prend pas le premier des as du forage pour aller dans l'espace, on crée bel et bien une élite qui va devoir faire un nombre inquantifiable de sacrifices (à commencer par leur propre jeunesse) pour accomplir ce but.
Si Futatsu no Spica ne délivre pas un message particulièrement différent de nombreuses autres séries se déroulant dans une profession donnée, je trouve quand même que c'est l'une des rares fois où on nous montre qu'être astronaute n'est pas une partie de plaisir, et pas à la portée du premier venu. Et personnellement, je trouve qu'il fallait quand même le dire, à un moment.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Futatsu no Spica de SeriesLive.
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05 août 2009

Sunshine

On a vu avec I Dream of Jeannie qu'être astronaute permettait de faire craquer les filles (pour résumer), mais Defying Gravity voit les choses avec un tant soit peu moins d'optimisme. Retour aux affaires pour notre semaine spéciale astronautes, et un nouveau post La preuve par trois pour comprendre un peu plus ce qu'est l'essence de la conquête de l'espace...

Depuis quelques jours, les impressions que je lis sur Defying Gravity sont plus que tièdes. Et il y a de nombreux points sur lesquels je suis d'accord. Le plus évident, ce sont les amourettes entre les personnages. Qu'ils en aient, bon, ça semble inévitable surtout sur une série qui espère décrire une mission de 6 ans (à ce que j'ai entendu dire, 6 semaines ce serait déjà un miracle au vu des audiences), mais leur incorporation au scénario est épouvantablement cosmétique. Love interest, couple maudit, tout y est. Le ton général est lui aussi assez superficiel, preuve qu'il ne suffit pas d'un scénario relativement réussi pour accomplir le miracle d'un pilote impeccable. Et enfin, certains acteurs laissent fortement à désirer (et hélas, le personnage principal interprété par un toujours plus inexpressif Ron Livingston, en est le pire exemple).

Mais je vous propose de dépasser ces inconvénients, dont je ne nie pas l'existence ni le fait qu'ils nous gâchent un peu la nôtre, pour approfondir un peu ce que le pilote a à offrir sur notre thème de la semaine.

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Le pêché originel.
Il en faut un. En fait on en aura vraisemblablement deux, mais le second ne nous est pas dévoilé immédiatement ni frontalement. Ainsi donc, notre Donner a abandonné l'amour de sa vie sur Mars, contraint et forcé, et ne s'en est jamais remis. On a tout loisir de goûter sa déchéance : c'est une homme plus bas que terre (mais son père, avec qui il vit, creuse encore), il est au bout de sa carrière, il est désabusé, sortez les violons. Il en faut un comme ça dans toutes les séries du genre (voir aussi Armaggeddon, oui, le film, des fois je vois des films), des losers au grand coeur, le mec qui a tout raté et qui porte son fardeau. Car la conquête spatiale, c'est avant tout une industrie, et même de la politique comme on le voit assez vite : les astronautes ne vont pas simplement toucher les étoiles, ils ont des comptes à rendre sur Terre en premier lieu, et ceux qui restent les pieds cloués au sol n'hésitent pas à les briser si cela sert leurs intérêts. Inutile de dire que la beauté de l'espace, elle passe largement au second plan quand on s'est fait rompre comme une alumette. Oui, ce que nous rappelle Defying Gravity, c'est qu'un astronaute reste un homme soumis à son humanité.

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Le paradis perdu.
Le sort s'acharne contre l'équipage d'Antares et c'est normal, puisque chacun défie sa nature, et certains ont même défié les lois de la nature (et croyez-moi, ya un bébé qui n'est pas né et qui n'est pas prêt à se laisser oublier si facilement). Quand pour le personnel de l'expédition, tout cela était l'accomplissement d'un rêve, l'aboutissement d'un engagement énorme, la récompense de sacrifices immenses, la mission va en forcer plus d'un sinon tous à déchanter progressivement. En dépit de toutes les comparaisons qui ont été faites avec Grey's Anatomy, on est bien obligés d'admettre que la situation même de cette expédition spatiale rend le contexte plus complexe et plus sombre, la catrastrophe plus imminente pour les protagonistes eux-mêmes. Ils ne risquent pas des vies, ils risquent leurs vies, et on sent bien que c'est à tout les niveaux que les choses sont fragiles : la santé, le mental, probablement aussi l'équipement. Rien n'est acquis. Tout peut virer au cauchemar.

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La rédemption.
S'il n'y est pas question de religion chrétienne, la religion et les croyances ne sont pas moins présentes de ce pilote. Une opposition entre ces convictions et la raison (Ajay était censé être le plus solide mentalement de tous, et c'est lui qui pête un câble) soulève un point essentielle de la conquête de l'espace : dans l'absolu, le projet est un idéal de l'humanité, mais en pratique, seuls les cerveaux les plus cartésiens peuvent réaliser ce rêve. Les autres sont voués au rebut. Et pourtant au final, notre héros damné finit par rempiler pour une nouvelle mission et est envoyé sur Antares en renfort. Le final de l'épisode est empli de spiritualité, d'espoir, de foi, et les contigences venues de la Terre s'envolent ; le voyage vers Venus peut enfin commencer. Et comme dans toute série de science-fiction, si on ne part dans l'espace, ce n'est que pour parler mieux d'humanité.

Je suis donc infiniment moins pessimiste vis-à-vis de cette nouvelle série que beaucoup que j'ai lus avec attention. Sur beaucoup de choses, je le répète, ils n'ont pas tort. Mais les défauts qu'ils attribuent à Defying Gravity ne me semblent pas venir de son scénario lui-même, mais plus de sa réalisation. Il me semble que dans les axes abordés lors de ce pilote, on trouve un grand potentiel, et une capacité à entrer dans l'abstrait qui est toute louable. Mais désormais, plus que la gravité, c'est la superficialité que la série va devoir défier, en évitant les écueils qu'une diffusion sur un network rend plus difficiles à éviter encore. Defying Gravity parvient en tous cas à laisser espérer un peu plus qu'un Grey's Anatomy dans l'espace, avec une mythologie du complot qui se met vaguement en place et surtout un sens de l'introspection dépassant largement les monologues creux d'un médecin névrosé. Je n'ai pas grand espoir de voir la série réaliser son potentiel, mais elle en a parce qu'elle a su capturer la substance de son sujet.

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03 août 2009

Je Souhaite

Hasard du calendrier ? Je ne crois pas. Toujours est-il que Defying Gravity commence alors que nous venons de célébrer l'anniversaire du premier pas sur la lune. Et malgré tout ce que j'en entends depuis quelques jours, j'ai bien l'intention de me faire le pilote (comme si la question se posait !). Mais assez curieusement, est-ce là aussi le fruit du hasard ? Cet été a commencé au Japon la série Futatsu no Spica, qui parle, elle aussi, de conquête de l'espace.
Vous vous doutez bien qu'en de telles circonstances, je n'ai pas le choix. Je remets donc au goût du jour la semaine thématique ! Et pendant que ce soir je me délecte de Defying Gravity, je vous offre une première série où le personnage principal est un astronaute, dans un post La preuve par trois dédié à I Dream of Jeannie, plus connue chez nous (oh, à peine plus) comme Jinny de mes rêves.

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Au long de ce pilote, vous penserez plusieurs fois à Ma Sorcière Bien-Aimée ; il est vrai qu'à plusieurs reprises, et c'est assez normal, l'une est la réponse au succès de l'autre (c'est un peu, comment vous dire ? Comme si une chaîne remportait du succès avec des cop shows et que toutes les autres chaînes se mettent à faire des cop shows aussi... on est d'accord que ça reste purement théorique). Et à plusieurs reprises, les circonstances ne se cacheront pas d'être similaires : un homme sérieux et bien sous tous rapports fait la rencontre d'une jeune femme étrange, détenant de curieux pouvoirs, difficiles à expliquer aux simples mortels qui peuplent l'entourage dudit personnage masculin... La chose est entendue, ça va vous rappeler quelque chose. Mais plusieurs différences permettent à la série de développer sa propre identité, notamment de par la personnalité des deux héroïnes : Samantha Stevens est intelligente, pragmatique, et un brin têtue, alors que Jeannie a, si, si, il faut le dire, de l'eau entre les oreilles et le mental d'un enfant de 5 ans, ne se souciant pas des conséquences de ses actes.

IDreamofJeannie___2
Mais dans son genre, notre pauvre humain ne se défend pas si mal. S'il partage avec Jean-Piètre Stevens un talent indéniable pour la panique dés lors que le surnaturel se pointe, il se montre aussi plus affirmatif. Une autre différence est que le monsieur a une fiancée, laquelle ne fera cependant pas long feu face à un génie omnipotent et amoureux. Bien que techniquement, Tony ne soit que son maître, Jeannie se montre incroyablement entreprenante, et beaucoup moins coincée que Samantha Stevens, d'ailleurs. Elle est beaucoup moins politiquement correcte que son aînée, et n'en fait qu'à sa tête. D'ailleurs autant Samantha Stevens cherchait à rendre service à son petit mari en camouflant autant que possible les manifestations de magie dans la maison, autant Jeannie n'a rien, mais alors rien à faire des apparences, et représente elle-même un "danger", alors que c'était plutôt l'entourage de Samantha qui mettait la famille Stevens dans le pétrin. Une dynamique peut-être plus intéressante, finalement.

IDreamofJeannie___3
A l'instar de ce bon vieux Alfred, Tony ne manque pas d'avoir un supérieur hiérarchique, sauf que celui-ci exerce des fonctions, excusez-du peu, auprès de la NASA. C'est sans doute le point le plus contrasté entre I Dream of Jeannie et Ma Sorcière Bien-Aimée, d'ailleurs : si la fantaisie de la famille Stevens passait relativement inaperçue dans l'univers de la publicité (car oui, Jean-Pierre Stevens était un Mad Men !!!), en revanche, les choses vont être plus difficiles à expliquer dans l'univers cartésien de la conquête spatiale. Il est vrai qu'il semble assez étrange que Tony soit astronaute, mais qu'il rencontre Jeannie sur Terre (il aurait été assez cohérent qu'elle soit extra-terrestre, mais dans les années 60, les extraterrestres, c'était Star Trek, alors on n'a pas forcément loupé grand'chose). Beaucoup d'intrigues se dérouleront à la NASA, exploitant la profession originale de Tony, on y trouvera notamment un collègue qui, apprenant l'existence de Jeannie, voudra en devenir le maître, un psychiatre convaincu que Tony a soit pété un câble, soit caché quelque chose à la NASA, bref, on tire bien mieux partie du cadre initial que prévu, quand Jean-Pierre Stevens se contente de vendre des boîtes de soupe.

Deux notes pour finir :
- oui, c'est bien JR
- s'il doit y avoir un revival de I Dream of Jeannie un jour, Christina Applegate doit absolument reprendre le rôle de Jeannie

Finalement, si sur le papier et ailleurs, les deux séries se ressemblent beaucoup, on a vraiment passé le réalisme par pertes et profits, le personnage masculin exerce une profession rarissime, le génie de 2000 ans tombé fou amoureux de son maître est complètement azimuté, bref, on est dans la fantaisie la plus totale, là où les Stevens passaient leur temps à essayer d'avoir l'air de bons vieux banlieusards. Et au bout du compte, je trouve que c'est plus sympa d'avoir la tête dans les étoiles !
D'ailleurs c'est bien pour ça que je commence ma semaine avec une comédie, parce qu'hélas, être astronaute, ça n'est pas toujours aussi marrant, mais ça, ce sera au prochain post La preuve par trois qu'on le verra.

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17 juillet 2009

Madonne moderne

Ah, des posts La preuve par trois, vous n'avez pas fini d'en voir ! Et heureusement, j'ai envie de dire, parce que je sens que certains d'entre vous ont grand besoin de cours de rattrapage, et que je fais partie de ceux bien disposés à en dispenser. Combien de fois ai-je lu des "cette série ne me dit rien"/"ah, je ne connaissais pas" en commentaire ? Je me rappelle l'avoir lu à propos d'Une Maman Formidable, aussi je me permets de vous offrir une leçon avec le pilote. Voilà, comme ça, vous n'avez plus d'excuse.
Le plus dur, ça va être de ne choisir que trois extraits à commenter. Mais qui est l'imbécile qui a pondu le concept de "trois captures, pas plus" ?! Hm ? Ah. Bon. Bref. Ahem. Passons.
Ah et, je tiens d'avance à m'excuser pour les quelques secondes qui manquent au tout début dont je vous avais parlé dans un post antérieur (qui parviendra à dire ce qu'il y avait sur la cassette 253, juste avant ce pilote ?), c'est mon magnéto de l'époque qui était un peu lent au démarrage... Pour le reste, c'est vraiment la VHS telle quelle.

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Après une introduction dont je vous ai déjà parlé (voilà qui m'économise déjà un dilemme sur les captures), on met en place les principaux protagonistes et l'ambiance de la série. C'est bien simple : arrivée à son générique (dont vous aurez remarqué que France3 n'a pas hésité pour de sombres questions de droits musicaux à placer dés le pilote le générique d'une saison plus avancée... surtout que dans le pilote, c'est un autre petit garçon qui joue Quentin, ça la fout mal), la série ne s'encombrera plus de présentations pour ses personnages, et on va entrer dans la partie "histoire" de la chose. Alors suivez bien ! Cette scène en voiture est donc très claire sur la personnalité de Grace, et surtout elle est hilarante. John Goodman y apparait en flic complètement dépassé par le charisme de notre blonde... Un départ sur les chapeaux de roues, et ça va être tout le long comme ça. En fait, on va vite s'apercevoir que Grace a tendance à souvent user voire abuser de son cynisme dans les situations critiques. C'est ce qui fait son charme, mais comme tous les hommes qu'elle croise n'ont pas nécessairement son intelligence aigue, on se dit qu'elle est aussi un tantinet manipulatrice... et très franchement, je trouve que ça lui donne encore plus de substance. Il y a quelque chose de très féministe dans cette série, de toutes façons.

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Et puis il y a aussi d'autres choses que j'aime. Comme toujours dans une comédie, je recherche le petit détail qui va aussi me briser le cœur, afin de compatir avec le personnage. Il n'y a pas à chercher longtemps dans ce pilote, Grace annonce la couleur à plusieurs reprises. Mais la scène la plus touchante est celle qui correspond à cette capture. Quentin #1 s'est battu à l'école et Grace doit quitter son job à la raffinerie (où pourtant elle n'a même pas encore commencé à travailler) pour venir le chercher. Alors qu'elle le sermone, il lui explique que quand il est en colère, il ne se contrôle pas.
"Le jour où t'es en colère contre moi, tu vas me taper dessus ?
- Non, j'suis pas comme mon père."
Ouh putain. Je regarde ce pilote pour, allez, la dizième fois, au moins. Et chaque fois je me prends cette réplique dans la tête. Le dialogue qui suit est tuant de franchise. Les répliques drôles fusent dans cet épisode, mais Une Maman Formidable parvient aussi à instaurer un cadre très dur, celui de Grace, l'ex-alcoolique, ex-femme battue, mère célibataire... il n'y a aucune concession sur ces angles-là. On discute très franchement du divorce, du passé, des blessures, des déceptions. On se dit souvent en regardant la série (et donc ce pilote aussi) que s'il n'y avait pas les enfants, Grace s'obligerait peut-être un peu moins à rire des choses pas drôles, et là ce serait sinistre. Mais l'équilibre est là : c'est drôle alors que souvent ça ne l'est pas. Pour moi ça tient du miracle.

UneMamanFormidable___3
Allez, on finit avec le sourire : la rencontre de Grace et Russell. Elle intervient plus tôt dans l'épisode et est déjà très drôle, mais j'ai droit qu'à trois captures. Cela dit, le premier dîner en amoureux (puisque Nadine, amie et voisine de Grace, a joué les entremetteuses) est savoureux au-delà de toute description. Au lieu de se courtiser l'un l'autre, ils finissent par ressortir leurs vieux dossiers respectifs et se plaignent de leurs ex-conjoints respectifs. On sent que de part et d'autre, on tient deux excellents comédiens, et le dialogue est en plus écrit avec la plus grande intelligence. C'est donc un festival, et les deux amis (puisqu'il est évident qu'ils resteront amis et que ça n'ira pas plus loin) finissent par faire un concours pour savoir lequel a l'ex le plus pénible. Je vous laisse découvrir qui gagne...

Ah, il y aurait encore tant de choses à dire ! Tous les dialogues de cet épisode sont bons ! Les dialogues entre Nadine et Grace, Quentin et sa mitraillette, et puis la Suffragette à la raffinerie, enfin bon, pour bien faire, il faudrait que vous regardiez l'épisode et que vous me donniez à votre tour trois passages qui vous semblent particulièrement marquants.
Mais je sais pas comment on pourrait faire ça, rha, zut de zut...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Une Maman Formidable de SeriesLive.
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15 juillet 2009

Au vert

Roulements de tambour... attention, attention, voici l'un des premiers épisodes que je vais vous offrir en inédit total. Et croyez-moi j'ai cherché.

Pendant longtemps, j'ai cru que l'épisode que je vais vous présenter était un pilote. Il s'est avéré plus tard, documentation à l'appui, que ce n'était pas le cas, mais n'ayant pas ledit pilote sous la main, et ne l'ayant en fait jamais eu, je me suis dit que s'il avait été assez bon pour faire illusion sur moi quelques années, il n'y avait pas de raison qu'il ne soit pas assez bon pour vous au moins le temps d'un post.
Voici donc, en qualité chancelante (désolée pour les petits accrocs, j'en suis encore au stade expérimental et je n'ai pas encore trouvé comment éviter ça), mais en intégralité, un épisode de La Famille Green en rubrique La preuve par trois. J'ai toujours rêvé d'écrire ça.
Et comme en plus, ça vient de ma VHS enregistrée sur France 2, inutile de vous dire que c'est de la VF et donc qu'il n'y a pas la moindre excuse...

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L'épisode Obsession est en fin de compte idéal pour découvrir les protagonistes : Elisabeth, la grand'mère maternelle, Mitch et Mary, les parents, Meghan, Cameron et Kenny les trois adolescents. On comprend d'ailleurs assez bien la façon dont les choses se sont huilées pour que ces trois générations vivent sous le même toit : le mari d'Elisabeth est décédé (et c'est encore assez frais), les parents se sont mariés jeunes et l'aînée Meghan est arrivée quasi-simultanément ; enfin, les trois enfants ont une amplitude de deux ans d'écart entre le premier et le dernier, ce qui est assez différent de la plupart des séries où on essaye d'avoir un peu de tout histoire de faire mine de varier les intrigues. Ici, c'est le tempérament de chacun des enfants qui va conditionner ces dernières, et non le fait que l'un a tel âge ou tel autre. Et cela permet aussi des scènes d'une grande spontanéité entre les enfants, mais je compte bien y revenir.
Le principe de l'aparté ne plaira pas nécessairement à tout le monde et je peux le comprendre. Mais il me semble difficile de nier qu'au moins, l'idée a vraiment été portée jusqu'au bout, au lieu de n'être qu'un accessoire narratif comme dans beaucoup d'autres séries où on cantonne l'aparté à une phrase ou deux par-ci par-là. Si les différents points de vue n'ont pas tous droit au même temps d'antenne, on peut au moins saluer l'effort qui consiste à laisser chacun exprimer son ressenti, et s'apercevoir ainsi des vraies dynamiques de la famille.

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Devant la plupart des séries qui se passent en famille, j'ai l'impression d'assister en général à une communication très verticale : des parents vers les enfants, ou des enfants vers les parents. Il est très rare que les enfants communiquent réellement entre eux. En général, quand ils le font, ça se limite souvent soit à des vannes, soit à des banalités. Je ne compte pas le nombre de fois où j'ai eu l'impression devant 7 à la Maison de voir les enfants se croiser sans jamais se parler plus de deux secondes (ou alors c'était pour faire des choses dans le dos des parents), feignant une complicité à laquelle on ne croit pas une seconde. Ici, il ne s'agit pas pour Meghan, Cam et Kenny de se faire des câlinous à n'en plus finir, non plus que l'extrême inverse. Ils parviennent, dans une même séquence, à se parler sincèrement et se prendre la tête ; en gros, ils cohabitent du mieux qu'ils peuvent. C'est une dynamique assez typique des adolescents, et je trouve que le fait qu'ils soient assez proches en âge aide à cela. Chacun a les travers de cette tranche d'âge, mais ils sont aussi liés, sans laisser tomber leur individualité... ce phénomène est plutôt bien dépeint dans cet épisode.

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La Famille Green, c'est aussi beaucoup d'humour, et la joie d'assister à une série qui ne se prive pas de mettre en scène des instants plus originaux, tel le rêve de Meghan au tout début et à la toute fin de l'épisode (pour moi, ils auraient mérité qu'on y passe même un peu plus de temps), ou l'intermède au violoncelle (ah, le violoncelle...) où Kenny tombe amoureux de la jolie Rebecca, interprétée par Taryn Manning, et où en parallèle Cam s'amuse à jouer avec l'autorité de son prof. On a aussi de nombreux dialogues pétillants qui permettent de sourire et ainsi désamorcer certaines situations qui sans cela auraient pu paraitre tendues. Comme dans une vraie famille, il y a des moments plus légers, mais pas forcément où tout le monde se fait de grandes embrassades ravies, et des moments de frictions, où on n'en est pas non plus à se déclarer la guerre. La présence de cet humour fait qu'on garde les pieds sur terre, et c'est particulièrement appréciable.

En fait, La Famille Green est un peu différente d'une grande majorité des séries familiales, en cela qu'elle s'intéresse aux préoccupations de 6 personnages, étalés sur 3 générations. Lesdites préoccupations sont relativement courantes, mais pas traitées de façon artificielle. Ce n'est pas une "gentille famille", ou une "famille peu politiquement correcte", on ne parle ni des Camden ni des Bundy, ils sont juste normaux. Je trouve que c'est sans doute l'une des séries qui a su le mieux parler de la famille, sans doute parce qu'elle ne prend jamais position pour un personnage plutôt qu'un autre. Personne n'est tourné en dérision, personne n'est diminué (on n'est pas dans Ma Famille d'Abord), personne n'a raison, personne n'est parfait. Et c'est drôlement appréciable...
Contrairement à Angela, 15 ans qui, en dépit de ses qualités, donnait l'impression de tout prendre au tragique, La Famille Green parvient à donner une impression de réalisme que de nombreuses séries peuvent lui envier. Sans compter que c'est sans moralisation qu'elle opère son charme : de futurs épisodes traiteront de la sexualité, la mort, et tout un tas de choses sur le fait aussi bien de grandir que de vieillir, et où les parents, bon, agissent en parents, mais se montrent suffisamment ouverts sur pas mal de choses, et en premier lieu au dialogue. Chacun a sa place dans la famille, son mot à dire, sa personnalité à laisser s'épanouir. C'est très reposant d'éviter le mieux possible la caricature sans pour autant tomber dans l'abus de violons !
Ca donnerait presqu'envie de retourner à l'époque de l'adolescence ! J'ai dit "presque".

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche La Famille Green de SeriesLive.
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28 juin 2009

Prisoner of Life

Ne faites pas les étonnés : vous avez tous pu constater que ces derniers temps, par dépit téléphagique, je me tournais vers la fiction japonaise. Ça me passera, ne vous inquiétez pas. Par exemple cette semaine je vais essayer de me bloquer une soirée pour Vituality, à tête reposée. Je vous avoue que je me sens aussi encouragée par les fiches nippones postées au compte-goutte par Eske sur SeriesLive, et qui me poussent à me replonger dans ces séries régulièrement. Bref, voilà un nouveau post Dorama Chick camouflé dans la rubrique La peuve par trois, c'est la période qui veut ça, voilà tout.

Sauf qu'aujourd'hui, c'est un peu différent. Aujourd'hui, j'ai reçu un méchant coup. Regardez, j'ai la lèvre fendue. Les yeux rouges. Les jambes flageolantes. Ah oui, aujourd'hui, je me la suis prise de plein fouet, la série. Je suis un peu dans le même état qu'après avoir découvert Last Friends. Oui, vos yeux s'allument, ils ont raison.
Allez, faites pas cette tête, je vous emmène...

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Quand on a lu le résumé "officiel" de la série avant de la regarder, on commence le pilote avec les soucils froncés. En effet, il s'agit de l'histoire d'une jeune fille, Kanon, qui a perdu ses deux parents dans un incendie il y a 6 ans, le soir de Noël, et qui est avec son frère la seule survivante du drame. Déjà, ça semble bien sirupeux, ça (surtout qu'on apprend bien vite que la famille est chrétienne, donc choisir Noël ne peut pas être innocent de la part des scénaristes). Qu'on apprenne que le frère est en taule parce qu'il serait le meurtrier des parents n'aide même pas un peu... Mais fort heureusement, l'incendie est très bien décrit (presqu'aussi bien qu'un autre dont on a déjà parlé). On sent dés ces images une grande force, en dépit de la gamine un rien hystérique qui joue Kanon enfant. Images chaotiques, chœurs religieux, et excellent montage nous décident bien vite quant au fait qu'Innocent Love a du potentiel. Lequel se développe ensuite avec beaucoup de finesse, lorsqu'on découvre donc Kanon, 6 ans plus tard, en train d'essayer d'aller de l'avant. Problème : son frère étant en prison pour meurtre, la société lui donne du fil à retordre pour qu'elle-même refasse sa vie. C'est comme si elle était aussi coupable que son aîné. C'est particulièrement dur à porter, et le début de l'épisode le démontre à la perfection.

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D'ailleurs, à partir du moment où Maki Horikita, qui interprète Kanon, prend le relai, c'est juste magique. Elle parvient à dégager une candeur, une innocence, une envie de vivre, et un épuisement, qui sont tour à tour palpables sans qu'elle n'en fasse des tonnes. Toute en retenue, elle va donc nous montrer combien Kanon met d'énergie à "s'intégrer", trouver un travail, être souriante, alors que, bon, il faut le dire, le monde entier lui tire une tronche pas possible dés qu'on apprend son histoire (et il y a toujours quelqu'un pour jaser). Mais elle a le cœur pur, Kanon, on l'a dit. Et elle fait l'impossible pour essayer de survivre (parce que quand on perd son boulot à cause de ça, c'est bien de survie qu'il s'agit), d'être toujours gentille, d'être une sœur aimante aussi (on sent que ça lui pèse mais elle visite tout de même régulièrement son frère en prison), bref, de ne pas laisser le monde gagner. Pourtant Kanon, je vous rassure (ça m'a fait peur aussi), n'est pas un ange de perfection, puisqu'elle a développé un étrange fétiche pour les photos de gens heureux. Elle prend des gens en photo à leur insu, et même chaparde les photos des autres à l'occasion. Son motif est compréhensible, mais ça n'en est pas moins un peu déviant, comme comportement...

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L'abattement règne dans la vie de Kanon, donc. A un moment, on a presqu'envie de lui suggérer de se flinguer tant ça semble sans issue, son histoire. Elle a beau déménager, changer de nom, etc... rien n'y fait. On n'y croit plus, et certainement qu'elle non plus. Si elle n'était pas armée d'aussi bonnes intentions pour affronter son Enfer personnel, on en viendrait à lui souhaiter de disparaitre de la surface de la terre, à la pov'petiote. Mais comme le suggère le titre de la série, Innocent Love, oui, il va aussi être question d'amour. Et en l'occurrence, Kanon, qui semble avancer un peu plus dans le froid à mesure que le pilote progresse, va enfin trouver quelque chose qui lui fait chaud au cœur : l'existence d'un homme. Juste le fait qu'il existe lui suffit. Ce qui est très typique d'elle, c'est qu'elle l'a vu une fois, a été touchée par sa chaleur, mais ne cherche pas à le revoir, d'une part parce qu'elle a bien autre chose à gérer, et surtout d'autre part, parce qu'on l'imagine trop pure pour embarquer quelqu'un dans sa galère. Mais il lui faut se rendre à l'évidence : cet homme qui a l'air de déborder de joie de vivre (eh oui, juste l'air, mais elle ignore pour le moment qu'il a sa propre croix à porter), elle ne peut l'éviter. On imagine aisément (aidés du générique, particulièrement serviable sur ce point) comment les choses vont évoluer à la fois dans la beauté et dans la douleur, pour l'un comme pour l'autre.

Bref, Innocent Love est une histoire sur le poids du passé, dont on ne peut se dégager tout-à-fait, et le désir de chacun de trouver une vie meilleure où la solitude pèserait moins. Le genre de thème, surtout porté avec autant de douceur et de délicatesse, qui ne peut que me conquérir...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Innocent Love de SeriesLive.
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20 juin 2009

Itadakimasu !

A la demande quasi-générale (mais sur Twitter... zavez peur d'Albanel ou quoi ?), voici un post La preuve par trois dédié à Lunch no Joou, un jour à marquer d'une pierre blanche puisque c'est la toute première fois qu'une série nippone a les honneurs de cette rubrique. A ce stade, ça relève de l'expérimental...
Mais quand il y a de la demande sur une série venant d'un pays dont les fictions sont méconnues par une majorité du public téléphagique, j'ai pas tellement envie de faire ma maligne et trainer en chemin, je me saisis de l'occasion pour apporter la bonne parole. Et si jamais à l'avenir, je parlais d'une autre série japonais qui vous intéresse, n'hésitez pas à réclamer aussi des postes La preuve par trois, ils sont aussi là pour ça. Surtout que toutes les séries nippones que je regarde ont des hardsubs en anglais, souvent ponctuées d'explications culturelles, bref c'est à la portée de beaucoup d'entre vous (hélas pas tous j'en ai conscience, mais bon).

Et n'oubliez pas que si vous voulez une présentation plus littéraire de la série, j'ai fait un post à ce sujet que vous retrouverez sans peine grâce aux tags...

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Comment aurais-je pu commencer ce post autrement que par une capture d'omurice ?! Dans la cuiller et à l'envers, vous pouvez voir Natsumi, aussi. Le pilote va en effet passer le plus clair de son temps à nous familiariser avec ces deux personnages principaux. La cuisine de l'omurice est montrée de façon assez détaillée et en même temps très alléchante (et entre nous soit dit, tout ce qui se prépare dans les cuisines du Kitchen Macaroni donne envie), non sans être dénuée d'une certaine poésie, et relevant de l'amour du travail bien fait, à l'ancienne, sans pour autant nous sortir les violons. La présentation de Natsumi est, si on y pense, sur le même mode... L'un serait donc fait pour l'autre, et inversement ? En tous cas tout cela donne vraiment envie, de suivre les aventures de Natsumi comme de planter sa cuiller dans un bon omurice. OMURIIIIICE.

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Ce crétin à côté de Natsumi, c'est donc son soi-disant promis. Je sais pas pour vous, mais un mec avec une tête de vainqueur pareille, je me méfierais d'instinct. Dans la famille, personne n'est dupe, cela dit, et ce qui devait être un petit mensonge sans grande importance commence à virer au lavage de linge sale en famille. Les frères sont particulièrement sceptiques vis-à-vis du fils prodigue, et Natsumi, qui devait juste rendre service en échange d'un omurice de génie (et qu'elle a su apprécier même si elle n'y a pas goûté longtemps... c'est d'ailleurs une vraie malédiction dans le pilote, elle n'a jamais le temps de finir son assiette), se retrouve au beau milieu des problèmes de la famille Nabeshima. Et touchée par la fratrie (et par le patriarche silencieux mais inspirant le respect), elle s'implique largement plus que prévu.
La leçon de Japonais du jour sera la suivante : à plusieurs reprises, vous allez être mis devant des sous-titres assez intrigants. Par exemple un personnage censé s'appeller Yujiro est appelé Yu-ni. L'explication est la suivante : oniisan, c'est le mot pour frère. Les Japonais aiment ajouter des suffixes pour indiquer leur degré d'intimité avec une personne, et "ni" est justement dérivé d'oniisan. Donc quand on appelle son frère Yujiro, on peut l'appeler "frangin Yu", soit Yu-ni. Et ainsi de suite. Dans la capture ci-dessus, vous trouverez donc "Nat-chan", chan étant la façon de montrer qu'on traite une fille (petite fille, jeune fille, jeune femme) comme une proche, c'est plutôt tendre comme suffixe (ici, évidemment, il s'agit de faire du forcing et montrer que Nat-chan est quasiment de la famille pour les frères). L'équivalent pour les garçons est le suffixe kun, employé une seule fois dans le pilote autant que je me souvienne. Considérez que vous avez gagné 1 point de QI.

LunchnoJoou___3
Comme j'ai essayé de l'illustrer dans mon choix de captures (vous n'imaginez pas le travail que je fais autour de ces captures à chaque fois), l'épisode va progressivement passer du tout-léger au plutôt dramatique, dans le sens où au départ, on suit le caractère de Natsumi dans ses déboires professionnels et surtout dans sa quête culinaire, tandis qu'au fur et à mesure de son arrivée dans le monde des Nabeshima, les choses vont devenir moins caricaturales. Le portrait du père Nabeshima est par exemple superbe. C'est un homme a priori un peu difficile d'accès, mais on sent qu'il est très digne et qu'il aime ce qu'il fait, et qu'il aime le faire bien, par-dessus le marché. Ce bon Yujiro aussi est un personnage très sympathique, on sent le gars qui en bave et qui en a marre de vivre à la dure, mais qui en même temps a une haute opinion de son travail et l'investit beaucoup. Et pour finir, c'est la carapace de Natsumi elle-même qui va s'effriter. La fin de l'épisode est réellement touchante. Mais l'ensemble parvient à être drôle... C'est une jolie performance.

Bref, à vos couverts, vous pouvez attaquer pendant que c'est chaud (j'ai été obligée de recourir, exceptionnellement, à un autre moyen de cagoulage, je ne sais pas combien de temps ça restera là), et n'oubliez pas de dire au chef ce que vous aurez pensé de ce petit post mitonné avec amour !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Lunch no Joou de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 13:12 - La preuve par trois - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juin 2009

Carrie Bradshaw n'a qu'a bien se tenir

...A moins que ce ne soit le contraire et qu'il faille la décoincer.
Darren Star a beau gloser sur Sex & the City, on ne m'ôtera pas de l'idée, depuis quelques temps, qu'il n'a rien inventé avec cette série, voire qu'il l'a honteusement copiée sur une autre. Sauf que l'autre, elle est méconnue. Donc on va en parler.

Mais avant de débuter ce post La preuve par trois, on va faire un petit retour en arrière, histoire de resituer le contexte. C'est toujours intéressant, le contexte. Après des années passées à regarder Sex & the City (bien aidée par les multiples rediffusions de M6), et à lire les divers articles sur le sujet ("oh comme c'est courageux, oh comme c'est original"), je pensais avoir fait le tour du sujet de la nana qui écrit sur sa vie sexuelle et dont on porte ensuite les publications sur le petit écran. Laissez-moi donc vous présenter Zane, une femme qui écrit sur le sexe et dont on a ensuite porté les publications sur le petit écran... en 1997  (plusieurs mois avant que ne naisse Sex & the City... on ne pourra donc guère taxer la série d'opportunisme). En 2007, Zane's Sex Chronicles est mise en chantier et d'ailleurs c'est fou ce qu'on apprend sur une série en lisant les annonces de casting qui s'y rapportent, sur le principe de décrire la vie sexuelle de femmes de couleur. Pas forcément riches et new-yorkaises soit dit en passant. Diffusée sur une chaîne moins prestigieuse que HBO (en l'occurrence CineMax), la série ne compte que 12 épisodes.
Les présentations étant faites, on est lancés.
Ah, non, avant que je n'oublie :
___avertissement_16_ans___

ZanesSexChronicles___1
Ah oui, l'avertissement est nécessaire. Bon, à la rigueur, je pourrais mettre -12 mais je suis de la vieille école. Car il faut bien le dire : Zane's Sex Chronicles est plus une série érotique qu'autre chose. Non que ce soit un mal mais il faut quand même bien admettre que niveau scénario, on reste assez limités. Et comme la réalisation n'est pas non plus tip-top (j'aime bien cette expression, pourquoi je ne l'utilise pas plus souvent ?), on a l'impression d'assister à quelque chose d'assez bas de gamme. Il faut dire que les scènes au lit se succèdent avec une rapidité déconcertante, et dans des situations un peu trop rocambolesques pour être prises au sérieux. "Oh tiens, je suis dans une laverie, si je m'envoyais en l'air sur le sèche-linge ?", "une fliquette me soupçonne de transporter de la drogue et me fait une fouille au corps", et autre commodités. Et on ne s'amuse pas à garder le soutien-gorge ici : ça reste relativement explicite. Bon, c'est pas hardcore non plus, mais on est quand même déjà un cran au-dessus.

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Arrivée à une vingtaine de minutes, la série a fini de juste... hm, introduire ses personnages, et commence à parler histoires. Un peu. Enfin disons qu'on a droit aux éternels bavardages de poulettes, et très franchement, comme Miranda, j'ai envie de dire "on est des femmes adultes intelligentes, on travaille... on ne peut pas parler d'autre chose pour une fois ?". D'accord ce n'est pas le propos de la série, mais de toute évidence on n'ira pas tellement plus loin dans l'analyse des relations hommes/femmes que Sex & the City. Plutôt le contraire. Pourtant, en s'appuyant d'une part sur les écrits de la mystérieuse Zane (lus à l'écran par les différentes héroïnes), et d'autre part sur les répliques à peu près humoristiques du personnage de Anna Marie sur scène, la série aurait les instruments pour aller plus loin.

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Mais finalement, peut-être que ce n'est pas le but du jeu. Peut-être que le but du jeu, c'est juste de faire part d'expériences de femmes. Et ici, l'expérience est finalement typiquement féminine : il s'agit de parler de fantasmes plus que de passages à l'acte. Je trouve ça assez féminin d'utiliser le concept des histoires qu'on écrit (ou qu'on dit, dans le cas d'Anna Marie), pour se faire rêver, mais sans nécessairement chercher à les faire devenir réalité (ou pour se consoler parce que ce n'est pas le cas). D'ailleurs Zane's Sex Chronicles, à travers ses situations un peu téléphonées, est finalement le portrait d'un groupe de femmes assez frustrées dans leur vie émotionnelle et/ou sexuelle, à l'instar de Maricruz qui s'envoie en l'air avec son ex-mari, et qui donc est plutôt satisfaite sexuellement, mais culpabilise à mort sur cette relation d'autant qu'elle sait que si ça s'est fini avec l'ex étalon en question, c'est parce qu'il l'a trompée (et n'y voit pas grand mal). Ces portraits sont finalement moins outranciers que ceux de Sex & the City. Ils parlent autant d'envie, de désir, que de sexe.

La question se posera surtout, à mes yeux, de savoir en quoi les chroniques de Zane sont spécifiquement adaptées aux femmes de couleur. Autant Sex & the City défend de toute évidence un style de vie qui n'est pas celui de la première trentenaire venue (mais comment le saurais-je après tout, je n'ai que 27 ans ?), autant ici on a affaire à des parcours plus réalistes qui ne jouent sur aucune particularité sociale. Je peux comprendre qu'une série comme The DL Chronicles, ou à l'extrême rigueur Noah's Arc, dont le parti-pris est également de se pencher sur la vie sexuelle d'une communauté en particulier (et où d'ailleurs le style et les moyens sont assez similaires... hm, on va croire que je cherche à concurrencer sexactu, maintenant...), aient opté pour une étiquette "black", mais rien ne le justifie, du moins dans le pilote. Ce n'est pas gravissime, mais ça demande quand même réflexion...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Zane's Sex Chronicles de SeriesLive. Merci Maxx !
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Posté par ladyteruki à 10:07 - La preuve par trois - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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