28 novembre 2009
I could have danced all night
Il est rare que j'en parle ici, mais depuis fin juin, ma vie professionnelle s'est intensifiée. Et si je vous ai abandonnés une semaine, c'en est la conséquence directe (heureusement en prévision, je vous avais laissé de la lecture et un jeu). Normalement, le mois de décembre devrait être plus calme. Ouf ! Ne plus faire 15h par jour, ne plus travailler la nuit et le weekend... je vais apprécier.
D'autant plus apprécier que j'ai du retard de cagoule. Beaucoup. Il y a un nombre fou d'épisodes qui étaient sur mon planning téléphagique mais qui ont dû céder le passage.
Alors, le temps que je récupère, tant niveau sommeil que séries, je vous propose une nouvelle semaine thématique, constituée uniquement de posts Comme au cinéma.
Je dis souvent du mal du cinéma. Il faut dire que je vais, tout au plus, deux ou trois fois par an dans les salles obscures (et encore, les années fastes). Passer 1h30 ou 2h00 devant une histoire et une seule, ce n'est juste pas pour moi. Typiquement, au bout de 45mn, et sans même avoir consulté une montre, je commence à décrocher.
Pour autant, je ne suis pas bornée, et je sais qu'il y a là-dehors de bons films qui m'attendent. Ou tout simplement des films qui pourraient me plaire. J'ai toujours fait l'effort de regarder des films, du moins depuis que j'en ai eu la possibilité, parce que j'ai conscience d'avoir accumulé du retard pendant longtemps. Cela se déroule selon deux modes : soit je tombe dessus à la télé, soit je cagoule. Le second cas est prémédité (mais totalement aléatoire), le premier pas du tout mais participe au plaisir de se laisser surprendre. C'est ainsi que j'ai découvert Philadelphia, La Couleur pourpre ou encore American History X, avec des années de retard, et souvent avec méfiance pour en avoir entendu parler pendant tout ce temps, mais qu'importe. J'essaye.
Il ne date pas de l'ouverture de la rubrique Comme au cinéma que je regarde des films, bien évidemment. Mais comme, arrivée à 18 ans, j'avais dû en voir 20 ou 30 grand maximum (bon, sans compter les films Disney vus quand j'étais petite, disons), mon goût pour les films ne s'est jamais vraiment développé, et c'est donc encore assez récent. Je connais beaucoup de films par le bouche à oreille, je lis souvent des résumés, je m'informe. En général, pour un film donné que je n'ai jamais vu, je peux donner deux ou trois noms d'acteurs qui y jouent, c'est pas si mal. Mais enfin, il faut reconnaître que je n'ai rien d'une cinéphile et qu'il y a peu de chances que ça change. Je ne suis donc pas sensible au calendrier des sorties, aux résultats au box office, aux critiques dithyrambiques...
Je découvre un peu au hasard, et à mon rythme.
A travers cette semaine thématique, vous allez voir apparaître des films qui ont au moins un point en commun : ce sont les adaptations de comédies musicales célèbres.
Ma première comédie musicale, c'était Grease. J'étais au CE2 et plus enthousiaste que jamais devant un film. Depuis mes goûts ont un peu évolué (j'aime à le penser, disons), mais ça reste l'un de mes classiques.
J'ai vu peu de comédies musicales sur scène, jusqu'à présent, faut d'argent d'abord, de temps ensuite, mais j'entends y remédier autant que possible. En attendant, il y a les adaptations cinématographiques ! Certaines, découvertes récemment, d'autres, l'objet d'une histoire d'amour de près d'une décennie. Mais puisqu'en ce moment, j'ai un regain d'intérêt envers le genre, eh bien, je me suis dit que j'allais essayer de (re)parler d'un maximum de ces films.
Oh, je sais ! Ce n'est pas du goût de tout le monde. La comédie musicale laisse rarement froid : on aime (beaucoup) ou on n'aime pas (du tout). Mais à l'heure de Glee, qui sait ? Tiens, Glee... en voilà une série que je dois rattraper... Allez, je vous laises avec les 7 prochains posts sur les comédies musicales, on se retrouve dans quelques jours. Que le spectacle commence !
19 novembre 2009
La Une est à vous
Parfois, on se dit qu'après bientôt trois ans à tenir un blog avec plusieurs centaines de posts à son actif, on va avoir du mal à trouver des sujets de conversation. Et puis parfois, les sujets s'imposent d'eux-mêmes. En l'occurrence, je me suis mise à repenser à la façon dont j'étais tombée en téléphagie (ça ne fait pas mal) et j'ai réalisé qu'il y avait encore plein d'anecdotes dont je n'avais pas parlé. Alors qu'en fait, je suis sûre qu'elles sont arrivées à beaucoup d'entre nous. Rien ne rapproche plus deux téléphages que lorsqu'ils découvrent qu'ils ne regardaient pas la même série, mais qu'ils y sont venus de la même façon, d'ailleurs.
Je ne vais donc pas revenir une fois de plus sur ce que, étant lecteurs réguliers de ce blog, vous savez déjà : comment j'ai commencé à regarder des séries avec V, L'Enfer du Devoir et La Belle et la Bête, quand j'étais petite, avec ma mère à mes côtés pour m'aider à prendre du recul ; comment on regardait les séries de midi et de 20h sur M6 quand mon père n'était pas là ; comment SPACE 2063 et Invasion Planète Terre m'ont servi de déclic ; comment avec la découverte de Band of Brothers est venue l'investigation de la Toile... Suivez les tags si vous avez loupé ces histoires-là, au pire.
Non, je voulais partager des souvenirs quasiment prétéléphagiques avec vous. Datant de l'époque où je vivais dans un monde où il n'y avait que deux façons de voir une série : en cachette de mon père pendant que celui-ci était au travail, ou avec lui. Et dans ce dernier cas, c'était lui qui décidait quoi et quand.
Pendant longtemps, mon père n'a regardé que 3 types de programmes à la télé : les informations sur TFHein, Reportages sur TFHein, le Grand Prix de F1 sur TFHein. Il est éventuellement possible que ces programmes aient un vague point commun.
En fait, le weekend, mon père allumait la télé pour le 13H, et ne l'éteignait pas ensuite : le samedi, Reportages, le dimanche, le Grand Prix (sauf évidemment quand les voitures vrombrissaient dés 7h du matin, là il finissait sa matinée devant le 13H). Zut alors, maintenant que j'y pense, mon père a toujours été son propre genre de téléphage, en fait. Sacrée surprise ! Quand on met les éléments bout à bout, on se rend compte que les choses ne sont pas ce qu'elles veulent bien laisser croire qu'elles sont ! Mon père a toujours fait celui qui n'aime pas la télé, mais je m'aperçois qu'il y a passait pas mal de temps en fait.
Mais il n'y avait pas forcément un Grand Prix tous les dimanches, non plus. Et il était communément admis, avant que chacun ne parte s'acquitter de ses corvées, qu'après le 13H, les parents laissaient la télé allumée le temps d'un épisode. C'était un accord tacite : on pouvait regarder la télé avec eux, ou pas, mais il y avait une série et une seule, c'était ce moment-là ou jamais. A l'époque où on nous forçait à regarder le journal télévisé, la question de rester pour la série ne se posait d'ailleurs même pas, et celle-ci était toujours accueillie avec un certain soulagement. Ce n'étaient pas des séries qui me plaisaient vraiment mais enfin, c'était mieux que rien du tout.
Alors pendant des années, Starsky & Hutch, Le Rebelle, Rick Hunter, ou Walker Texas Ranger ont été les seules séries du weekend. Faut de mieux...

Quand j'entends le générique de l'une ou l'autre de ces séries, j'ai tout de suite l'odeur du café noir de mon père qui remonte à la surface, le souvenir du café qu'il prenait en grignottant un biscuit sec et sans saveur (parce que dans ma famille, quand on se détend, on ne le fait pas complètement, on entretient une part de frustration systématique), et si quelqu'un me lance le générique de Walker Texas Ranger, mettons, j'ai l'impression que le bruit de la cafetière est intégré dans la piste sonore.
Ensuite, l'épisode fini (toujours de la même façon d'ailleurs), mon père se levait, allait éteindre la télé, et cela sonnait le glas de la détente du jour. Chacun se devait d'aller qui faire la vaisselle, qui balayer les escaliers, qui passer la serpillière, qui sortir ses outils pour bricoler.
Vers 18h00 environ, le temps des corvées était fini, et c'était alors d'une autre façon que se posait la question de la télévision. Heure traditionnellement réservée aux bains des enfants (ma soeur et moi, donc), l'idée était d'essayer de grapiller quelques minutes de télévision pendant que l'autre était dans le bain. Soit on se débrouillait pour passer la première, on faisait au plus vite, et on essayait de se mettre devant la télé pour une heure quasi-pleine avant le dîner, soit au contraire, on commençait par allumer la télé et on trainait le plus possible avant d'aller à la salle de bains. Inutile de dire que quand les deux soeurs avaient choisi chacune une technique, ça provoquait quelques frictions ! Ma mère passait un dernier coup de serpillière, et le dimanche soir sera toujours pour moi lié à l'odeur du produit d'entretien bon marché, vaguement citroné, qui embaume pendant qu'on se colle devant la télé en attendant que papa revienne du garage, du jardin, ou l'endroit de la maison où il avait bricolé tout l'après-midi. Et dés qu'on entendait la porte de la cave ou le bruit de l'échelle qu'on replie, vite, vite ! On éteignait la télé et on était toutes les trois, soit une femme avec son balais trempé et les deux gamines en peignoir bariolé, quasiment au garde à vous, l'air de rien, et on enchaînait sur l'installation du dîner.
Un weekend de télé, c'était toujours synonyme de petites fenêtres de possibilités dont il fallait se saisir au plus vite, de TFHein, et d'odeurs domestiques.
Plus tard, bien plus tard, nous avons bataillé pour avoir une petite télé dans la chambre de ma soeur, et nous avons gagné d'arrache-pied une nouvelle liberté téléphagique. Mais c'est une toute autre histoire...
15 novembre 2009
Un épisode vous manque, et votre canapé est dépeuplé
Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, ce n'est pas de dorama que je vais vous entretenir. Cachez votre déception.
Il faut dire que le post de mercredi sur My Tele is Rich m'a un peu foutu le cafard (j'en profite pour glisser un lien vers ce blog encore jeune, mais déjà nécessaire). Non pour la crise de foi en elle-même, mais pour la mention faite à Flash Forward, abandonnée dés son automnale nouveauté.
Depuis l'apparition du pilote dans ces colonnes, je n'ai eu de cesse d'aller dire à qui voulait l'entendre que Flash Forward, ce n'est pas aussi décevant (pour ceux qui en attendaient quelque chose) qu'on veut bien le dire. Qu'il faut donner une chance à cette série, surtout qu'on est certains qu'elle a tout le temps qu'elle veut pour aller jusqu'au bout de son concept.
Pourtant, à la vérité, je n'ai regardé que 3 épisodes de Flash Forward, et je ne me presse pas tellement pour en regarder d'autres. Je les cagoule, mais je n'y touche pas.
Et ma fringale nippone n'a que très peu de rapport avec cet état de fait, ne désignons pas les faux coupables.
Le post de My Tele is Rich sus-cité m'a fait prendre conscience, moi aussi, que cela m'arrivait avec de plus en plus de séries : ne pas poursuivre l'aventure. Alors que, soyons clairs, je le pourrais. Mais il y a toujours un petit grain de sable qui grippe la machine pour une raison bête. Quelques exemples :
- Flash Forward : je faisais partie des enthousiastes, après le pilote. On aurait presque pu penser que c'était la série que j'avais le moins détestée en cette rentrée, entre ma passion pour Joe Fiennes, les quelques personnages vraiment touchants, les petites énigmes posées par les flash forwards... Et pourtant, un jour, j'ai cagoulé le 4e épisode, je l'ai rangé dans le bon dossier, et je n'y ai plus jamais retouché. Pire, il a été très vite rejoint par l'épisode suivant. Je ne suis même pas fâchée, ni rien ! C'est juste comme ça.
- Sons of Anarchy : c'est à n'y rien comprendre, avec cette série. Lorsque le pilote était sorti il y a des mois de ça, j'étais ravie (sans trop savoir pourquoi). Je me léchais les babines en me disant que j'allais adorer. J'avais découpé le générique avec empressement (voir les tags), m'en était régalée, et me réjouissais de me bloquer un moment pour attaquer le pilote. Puis, plus rien. Mais rien de rien. Pendant des mois. Quand enfin M6 m'a prise par la peau du... cou pour m'y mettre, effectivement, le pilote, et les épisodes suivants, m'ont plu. Mais absentez-vous un vendredi soir, et tout bascule. Je n'ai pas cherché à rattraper mon retard (j'ai du mal à cagouler quelque chose que j'ai commencé à suivre à la télé, j'avoue), et je ne pense pas m'y remettre. Désormais tous mes espoirs sont dans le DVD...
- Dexter : de pire en pire, ces exemples. C'en est déprimant. J'étais super enthousiaste sur Dexter au début. Encore une rencontre donc ce blog a été témoin. Et puis plus rien. Pour une raison des plus mauvaises (hélas), j'avais arrêté. Mais, aha ! Je me suis procurée le DVD en import belge, et j'étais repartie de plus belle. Patatras, voilà que se déclare mon aversion pour les coffrets qu'on finit sans avoir une autre saison à dévorer, et j'ai arrêté, à quelques mètres de la ligne d'arrivée de la saison 1. Au début ça m'agaçait. J'en parlais. Aujourd'hui plus du tout. La saison 2 ? Oui, oh, un jour, ça viendra forcément.
Ce ne sont que trois des nombreux exemples d'abandons malheureux que j'ai expérimentés ces trois ou peut-être quatre dernières saisons. Il y a évidemment une constellation de raisons à cela : ma passion pour les pilotes, mon envie de découvertes incessantes, mes fringales ponctuelles (deux saisons de The Tudors ici, une intégrale de Reba par-là...), ma tendresse envers les séries plus vieilles que moi (faut vraiment que je me bloque un moment pour vous parler de That Girl), et évidemment, mon engagement chaque fois plus intense sur la voie du dorama asiatique (parce que si vous croyez que je ne regarde que ce dont je vous parle ici...!).
Mais il y a aussi des raisons plus étranges. Dés qu'un petit quelque chose dse passe (ne pas être le vendredi devant la télé, ne pas avoir le DVD, cagouler l'épisode avec 48h de retard sur sa publication), l'envie s'est envolée.
C'est assez effrayant. Et le post de My Tele is Rich a réveillé ces inquiétude. Je n'ai, au fond, rien contre ces séries. Vraiment rien. Mais c'est comme si leur heure était passée. C'est en fait le plus triste de l'histoire : je les aime bien, mais elles ne me manquent pas. Il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de la téléphagie...
09 octobre 2009
Dépit amoureux
Séries, je vous aime. Voilà, c'est dit. Je vous aime toutes, et chacune séparément. Bon d'accord peut-être pas toutes, mais je vous aime. Sauf que l'amour est une chose bien compliquée. Ce n'est pas toujours facile d'aimer.
Et en cette rentrée, chères et belles séries, mes sentiments pour vous sont mis à rude épreuve... Suite à une déception sentimentale, je pressentais vaguement que les choses ne seraient pas faciles en cet automne, mais je ne pensais pas que ce serait à ce point ! Car le problème, c'est qu'il n'y a pas grand'chose pour faire battre mon cœur. Il n'y a pas de coup de foudre. Je crois beaucoup au coup de foudre téléphagique, pourtant ; c'est un évènement magique qui, lorsqu'il s'est produit, m'a apporté beaucoup de bonheur par le passé.
Mais voilà : la chair est triste, hélas ! et j'ai vu tous les pilotes. Si j'ai entrepris de faire un bout de chemin avec The Good Wife, ou Flash Forward, c'est essentiellement par dépit amoureux.
Je me demande d'ailleurs si je suis bien la seule. Je soupçonne que les audiences de The Good Wife (à l'instar, l'an passé, de celles de The Mentalist, dont la stratégie rodée et proprette est assez proche) soient essentiellement dues à un report d'intérêt. Je suis avec toi par défaut. S'il y avait mieux je serais ailleurs, mais il n'y a pas mieux. Je pourrais trouver pire, franchement... mais le coeur n'y est pas.
Le téléphage a beaucoup d'amour à donner. Parfois, il ne sait juste pas à qui s'offrir... Alors il se présente devant une série qu'on ne peut, décemment, pas qualifier de mauvaise, il lui offre un bouquet de fleurs sans conviction, et la sort pendant quelques semaines, sans flamme. Il garde à l'esprit que si jamais se présente un coup de coeur soudain, il partira sans crier gare. Une histoire triste dont personne ne ressort grandi...
"Sympathique", "efficace", "divertissante"... autant de qualificatifs qui, ne nous y trompons pas, ne veulent pas dire "je t'aime". Et pourquoi pas "gentille" aussi ? Qualifier une série qu'on regarde de la sorte, c'est pire que de ne lui accorder aucun regard. Mais que serait un téléphage découvrant qu'il n'a plus de série à aimer avec passion ? Une âme en peine ? Une télécommande solitaire ? Un nostalgique bloqué ? Un passéiste déçu ?
Alors, voilà, pour le moment, je me contente de dire : "je t'aime bien". Pour le moment. Mais sache qu'à tout instant, je me réserve le droit de te plaquer et de m'enfuir loin avec la prochaine série qui saura ravir mon coeur. C'est la dure loi de la téléphagie. Le téléphage ne sait pas rester seul. Il aurait peut-être dû mieux guérir de la rupture avec son ex, aussi...?
En attendant mieux, donc, je flirte avec The Good Wife et Flash Forward. Fort heureusement, l'amour est aveugle, je ferai donc mine, encore pour quelques semaines, de ne pas voir que nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre...
21 septembre 2009
Congratulations are in order
Je m'étais juré de ne pas me laisser spoiler sur les résultats des Emmys, mais bon... j'admets que j'ai quand même trainé les pieds pour aller me coucher, et je vous avoue que j'ai le sentiment que même grippée et fatiguée, ça valait le coup.
Bravo Kristin ! Je n'osais y croire, mais Pushing Daisies aura bien reçu un dernier Emmy (non-technique, en plus). Mérité à titre personnel, et en ce qui me concerne, je prends ça pour un ultime hommage.
J'ai hâte de voir ce soir Kristin monter sur scène. Une raison de plus (si jamais il m'en fallait) de cagouler la cérémonie et la regarder religieusement.
19 septembre 2009
Endless sorrow
Un regard en arrière alors que la nouvelle saison démarre : qu'aura été pour moi la saison 2008-2009 ? Le mot-clé a résolument été : "adieux".
Alors que je m'enflammais sincèrement pour des séries qui, pour la première fois depuis des années, au-delà du simple divertissement, avaient su me toucher profondément, j'ai dû subir leurs annulations successives. Pushing Daisies, Life... Ce n'est pas tant le déchirement sur le moment qui permet de prendre la mesure de l'attachement, que la persistance dans le temps de la douleur.
Mais ces séries ont-elles pour autant fait leur entrée au Panthéon de mes préférées ?
Ce qui qualifie une série préférée pour le titre en question est souvent flou. Sur le moment, bien-sûr, on adore, mais c'est le temps qui décide réellement de ce statut. Les indices relevés sur le vif ne sont pas suffisants pour conclure.
Quand une série est annulée, c'est souvent dans un brouhaha de glapissements d'horreur ("naaaan ! j'adorais cette série, c'était la meilleure de tout l'univers !"), mais combien de ces téléphagiques orphelins ressentiront un manque à quelques saisons de là ? Il semble parfois même que sur certains, l'annonce de l'annulation ait des vertus érogènes, et qu'une série annulée dans la fleur de l'âge devienne de facto une série préférée. Combien sont-ils sur les forums à trainer leur misère... jusqu'à ce qu'une nouvelle série reprenne le titre à la rentrée suivante et que tout soit oublié ?
Toutes les séries que j'ai regardées assidûment n'ont pas nécessairement mérite le titre de "séries préférées", puisqu'on en parle. et parfois, je n'ai pas pu être assidue, mais ça ne m'a pas empêché de sentir très précisément que la série, sans hésitation possible, en était. Je n'ai vu qu'un épisode de la saison 1 de Rude Awakening, plusieurs de la saison 2 et presque toute la saison 3, mais l'intégrale n'est pas utile pour pouvoir proclamer que la série compte parmi mes préférées. D'un autre côté, j'ai vu tout Ally McBeal, et pour autant ce n'est pas du tout son cas. A chacun sa place et d'ailleurs même Reba ne fait qu'approcher le podium sans y poser le moindre orteil.
Alors, bilan ? Environ 6 mois plus tard, je sais confusément que Life, qui avait percuté mon âme de plein fouet par son personnage principal, a désormais les caractéristiques d'une série que je vais regretter... encore un peu. J'ai plaisir à regarder mes DVD saison 1, mais je finirai par en faire mon deuil, et probablement que dans quelques années, au train où vont les choses, quand on me demandera mes séries préférées, je ne la citerai pas.
Et puis, pas loin d'un an plus tard, je sais que Pushing Daisies a d'ores et déjà atteint le statut rarissime de "série préférée". Le simple fait de tomber par hasard sur une photo d'Anna Friel lors d'une recherche Google qui n'a rien à voir, et d'alors ressentir un douloureux pincement au cœur, est de ces signes qui ne trompent pas. Je lis une news sur une grille de rentrée, et en voyant que la série va être diffusée sur telle chaîne de la TNT, une larme roule sur ma pommette, et je sais qu'on m'a enlevé une série qui résolument signifie beaucoup.
Je n'ai pas besoin de faire un gros effort de mémoire pour faire remonter le flot de souvenirs typiquement téléphagiques liés à Pushing Daisies : l'attente du nouvel épisode, le ressenti devant les trouvailles musicales ou graphiques, le cœur qui s'envole de ravissement, la densité soudaine de l'air autour de moi lorsque je rangeais mon épisode en sachant qu'une nouvelle semaine me séparait du suivant... ces choses un peu sentimentales qu'on ne ressent pas devant toutes les séries, et qui ne s'expliquent pas.
Avec les adieux viennent forcément les questions : et ensuite ?
Remplacer ? Forcément impossible. Parfois on essaye quand même, mais ce n'est jamais de cette façon qu'on commence une nouvelle histoire téléphagique. Là aussi, c'est le temps qui décide. On sait, en tous cas, qu'il n'y aura pas de réincarnation possible. Aucune de mes séries préférées n'a jamais pu me donner l'impression que je l'avais trouvée dans une autre plus tard. Ce qui est perdu l'est pour toujours. Mais c'est vrai aussi qu'il n'est pire aveugle que celui qui refuse de voir.
En fait, plus j'y pense et plus 2008-2009, sur un plan téléphagique, aura été pour moi une saison de deuil. Du coup je redoute que 2009-2010 ne soit qu'une saison de rebond. Il faut attendre que se fasse la guérison, lentement.
La période des pilotes commence, on verra après tout, mais je sens bien qu'il est trop tôt.
C'est pour ça aussi qu'après l'arrêt de Pushing Daisies, je n'ai plus su faire durer mes coups de cœur. Mon coeur de téléphage est antidérapant pour un moment encore, rien n'accroche vraiment. Ca a aussi ses bons côtés ; je ne me fixe pas et donc découvre à tour de bras ; il n'y a de la place pour rien alors il y a de la place pour un peu de tout. Mais dans le fond, je suis une téléphage attristée.

J'imagine qu'on a tous une histoire de ce genre, d'une annulation pas comme les autres, qui fait parfois dire que rien ne sera plus jamais comme avant et qui ébranle notre téléphagie dans son ensemble. On sait qu'on n'est pas vraiment fâché, mais quelque chose s'est tout de même abimé. C'est ça aussi, une passion. Il faut admettre que ça fait partie de la vie téléphagique que de tomber amoureux puis de devoir rompre brutalement avec une série. Oui, c'est le temps qui résoudra tout...
Mais vivement la cicatrisation, quand même.
Et pour ceux qui manquent cruellement de magie : la fiche Pushing Daisies de SeriesLive.
29 août 2009
Carte postale

Finalement, j'en viens à la conclusion que la téléphagie, ça ne se commande pas.
Je voulais absolument me trouver une série à dévorer cet été, et je vous proposais de m'aider à choisir. Je m'était fixée sur une série, et ne manquait plus que le passage à l'acte.
Mais alors, je ne sais plus trop comment, je me suis trouvée happée par un tourbillon de séries japonaises, et puis, bon, du coup le reste est un peu passé à l'as. Ce n'est ni une bonne, ni une mauvaise chose, d'ailleurs ; c'est juste que ça s'est passé comme ça.
Depuis, le cœur tordu devant 14 Sai no Haha, Kaze no Garden ou Aishiteru ~Kaiyou~, riant aux éclats devant Seigi no Mikata, et mangeant des M&M's devant BOSS (c'est là mon Top 5, en passant), j'ai mis de côté mes découvertes ou redécouvertes américaines. N'allez pas croire cependant que cette orgie a complètement shunté la fiction américaine.
Car à ma plus grande surprise, ces quinze derniers jours, j'ai aussi trouvé du temps pour m'enfiler tous les épisodes ultimes d'Urgences diffusés pendant cette période (ça doit faire 5 ou 6 épisodes, en tout, non ?), j'ai continué à regarder Drop Dead Diva (même si je n'ai aucune idée de pourquoi), je me suis même laissée aller à 1 Monk ici et 1 Chuck là. Preuve que ma dévotion envers le Japon n'a rien eu pendant cette période d'exclusive.
En toute sincérité, je pense que j'en ai encore pour quelques temps comme ça, deux, trois semaines peut-être, avec une consommation aussi effrénée. Ce n'est pas trop m'avancer que de dire que plus la rentrée américaine approchera, plus elle aura mon attention (surtout qu'elle commence avant le gros de la rentrée japonaise), à plus forte raison parce que j'ai soigneusement évité 99% des trailers pour les nouveautés de la saison.
En fait, c'est même complètement la raison pour laquelle je suis dans cette phase en ce moment, si on réfléchit bien. Car vu le taux d'annulation de la saison dernière, ce qui se joue en septembre aux USA, c'est un peu l'intégralité de ma saison, puisqu'en dehors de Better Off Ted, je ne suis pas spécialement fan des séries qui reviennent cette saison. Ou alors j'ai une grosse amnésie, mais bon.
Et comme justement, ce n'est pas sur la fiction japonaise qu'il faut compter pour du long terme dans la majeure partie des cas, mon attention va être soutenue envers la rentrée US, sans pour autant me lamenter à attendre qu'elle soit enfin lancée. Une attention que je crains justement d'être trop soutenue, car ça risque de m'influencer dans mon opinion que de savoir que je n'ai plus de série fétiche à l'antenne, dans un sens comme dans l'autre puisqu'il sera possible que je me dise aussi bien "pff, ça vaut pas Pushing Daisies" que "woah, une nouvelle série à encenser, je n'attendais que ça". C'est à double tranchant, mais c'est de toute évidence ma dynamique de la rentrée. Ce sera un vrai challenge que cette nouvelle saison où je n'ai à fêter le retour de personne en particulier (le feu pour Brothers & Sisters s'était apaisé... faut dire que j'ai lâché en cours de 3e saison, je sais plus trop pourquoi d'ailleurs ?).
Alors bon, disons que jusqu'à la fin de l'été, ma téléphagie a pris des vacances, qu'elle a fait ses valises pour le Japon, qu'elle revient bientôt mais qu'elle va continuer à donner des nouvelles.
Dans ce contexte, je peux comprendre que ses carnets de voyage n'intéressent pas tout le monde (bien que je le regrette), mais si ça peut vous rassurer, les choses vous se rééquilibrer d'ici quelques semaines, mécaniquement.
Par contre, j'espère bien me désintoxiquer de Drop Dead Diva parce que ça m'inquiète. Je ne sais pas comment j'ai chopé ça, en buvant de l'eau du robinet peut-être, mais j'espère que ça va s'arrêter à un moment...
26 août 2009
Mieux vaut un petit chez soi...
Aujourd'hui, ce n'est pas la téléphage qui vous parle. C'est l'amoureuse des appartements. Eh oui dans ma vie j'ai une autre passion, c'est voir les logements des autres. On psychanalysera ça une autre fois.
Et je dois dire que ces deux dernières semaines notamment, j'ai été frappée par le charme fou des logements japonais tels que dépeints dans les séries. Alors hop, petite visite des lieux. Si Melrose Place peut le faire, pourquoi pas moi avec des dorama ?
Évidemment, il y a le truc auxquels on pense tous, gavés de stéréotypes que nous sommes, c'est la table au ras du sol auprès de laquelle on s'assied sur les genoux jusqu'à ce que mort du tibia s'en suive. Je ne conteste pas, ça existe.

1 Rittoru no Namida (avouez, vous avez tout de suite pensé à ça quand j'ai parlé de logement japonais)

Seigi no Mikata (et encore, il y a sur la gauche les meubles occidentaux de la grande sœur qui donnent déjà du cachet)
Mais ce n'est finalement pas le plus courant, et c'est, en fait, de là que vient parfois l'ennui. Il faut dire que beaucoup de décors d'intérieur dans les fictions japonaises sont atteints du syndrome du "parquet ciré", genre la jolie maison avec les canapés au carré et le sol impeccablement nu. Bon, c'est un style, hein ? Mais c'est triste comme un jour sans riz.

Aishiteru ~Kaiyou~ (il est pas ciré mon parquet ? Le Japon envisage de proclamer que son drapeau sera désormais bois-blanc-beige...)

14 Sai no Haha (le cliché de la chambre d'adolescente rangée méticuleusement est tout un poème à lui seul)

Katagoshi no Koibito (il ne s'agirait pas que les coussins soient en vrac, Dieu nous en préserve. Attention, du rose anticonformiste s'est glissé dans cette image)
Le genre d'endroit où mon père rêve de vivre, où on repère le moindre cheveu qui traine à 500km à la ronde.
Mais attendez, il y a pire... au syndrome du "parquet ciré" s'ajoute souvent la blanchite aiguë. Tout est blanc ! Plus blanc que blanc, même ! Du blanc où que le regard se porte !

At Home Dad (parce que le blanc, c'était pas assez, il faut aussi ajouter l'effet inox)
Seigi no Mikata (avec les incendies et les vampires, c'est le genre de truc qui me donne des sueurs froides la nuit)

Seigi no Mikata (le salut vient à grand'peine des rideaux ; oui, les Japonais se meublent tous chez Ikéa, pourquoi cette question ?)
Quand on vit dans ce genre d'endroit, on doit avoir l'impression de vivre dans un laboratoire ! Mon cauchemar... Ya quand même des fois où avoir une Valérie Damidot sous la main ne ferait pas de mal à tout ce beau monde. Chais pas, du bleu, du vert, du prune, de l'orange, n'importe quoi mais faut arrêter avec le blanc hôpital !
Mais l'espoir est venu des appartements de célibataires, en fait. Car les logements ci-dessus ont la curieuse caractéristique commune d'être dédiés à une famille ou, au mieux, un couple. Mais prenez une célibataire japonaise, et tout de suite, elle donne de la personnalité à son appartement.

Kimi wa Pet (je vous l'accorde, c'est plutôt blanc, mais cette mezzanine c'est de l'or en barre !)

Zettai Kareshi (j'adore l'impression de bordel girly qui en ressort... et l'agencement des pièces est sympa, aussi... 'me ferais bien ça en Sims)

Katagoshi no Koibito (alors là c'est juste le living de mes rêves, tout va bien ; ya juste la couleur du canapé à changer)
Je suis amoureuse, mais alors amoureuse de chez amoureuse, de la maison meublée quasi-uniquement avec du fer forgé de Katagoshi no Koibito. Allez, on en remet une couche.

L'entrée toute de vert vêtue, avec une impression de fraîcheur accueillante.

Une vue de la cuisine dont on jurerait qu'en fait c'est l'atelier d'un jardinier.

La terrasse rappelle (en plus fournie) celle de Will & Grace (appartement dont j'ai déjà chanté les louanges, suivez l'tag).

Mais non, c'est pas (que) pour la télé que j'ai pris la capture, zavez repéré la cheminée sur la droite ?

Vue depuis le lit de la salle de bains, agencée façon véranda. Priceless.

Allez, pour finir, une vue d'ensemble de la pièce principale ; on appréciera l'impression de luminosité pas agressive qui en ressort. Je n'ai pas la main verte mais je suis sûre que de toutes façons la plupart des plantes sont en plastique, donc ce serait jouable.
Voilà, c'était pas grand'chose, mais je voulais tout de même partager avec vous mes découvertes immobilières, même si certaines (notamment la dernière) sont très irréalistes au regard des surfaces habituellement en vigueur dans les métropoles nippones.
La prochaine fois, si vous voulez, on causera architecture, parce que j'ai aussi eu le temps de repérer deux/trois immeubles qui méritent le coup d'œil...
24 août 2009
Combattre le futur
J'étais tranquillement sous ma douche, en train de me faire un shampoing parfumé au milkshake à la fraise quand soudain, je me suis dit "pfff, que les gens sont sots de faire une fixette sur The Vampire Diaries et autres CWeries !"... et c'est là que ça m'a frappée. J'ai bondi hors du nuage de vapeur pour aller me regarder dans le miroir au-dessus de l'évier. Et il n'y avait pas le moindre doute, la preuve me fixait dans les yeux : j'étais devenue une vieille téléphage.
Vous savez, quand vous êtes un jeune téléphage, vous regardez les plus vieux, ceux qui ont de la bouteille, et vous vous promettez de ne jamais devenir comme eux. Mais si ! Vous savez ! Ceux qui répétaient que hors HBO point de salut, et si t'avais pas aimé Six Feet Under t'étais qu'une sombre merde, et tant qu'on a pas vu Oz on connaît rien aux séries télé, et de toutes façons Buffy c'est rien que pour les ados. Et je me disais, mais franchement, ils sont bornés ou quoi ? Je regarde la même chose qu'eux mais ça ne me viendrait pas à l'idée de dire des choses pareilles ! M'enfin ! On n'est pas tous obligés d'avoir les mêmes goûts ! Quand un quarantenaire mal embouché se piquait d'insulter les américains parce qu'ils n'avaient pas assez regardé Le Protecteur, conduisant à son annulation alors que des According to Jim et des Smallville semblaient increvables, j'étais ébahie devant tant de mauvaise foi (étant entendu que c'étaient quand même bien ces mêmes américains qui avaient fait en sorte que la série vienne à l'antenne et tienne trois saisons), éberluée par tant d'aveuglement obtus.
Et finalement, on n'échappe apparemment pas à son destin, je suis devenue l'un d'eux. Je suis une vieille téléphage aigrie.
Vite, vite, un exorciste ! Je m'étais jurée de ne jamais tourner comme eux ! J'étais pleine de bonnes résolutions pour ne pas leur ressembler : ne pas rester focalisée sur des séries vieilles d'une à deux décennies que j'avais aimées, tenter de découvrir le plus de choses possibles, garder l'esprit ouvert...
Mais non, rien à faire, je suis devenue acariâtre, blasée, cynique. J'ai perdu ma faculté à pardonner aux jeunes téléphages encore peu éduqués sur les possibilités qui s'ouvrent devant eux.
Non, je refuse de le croire. Je refuse de tourner comme ça. Je refuse d'être une vieille peau qui 15 ans après ne jure que par SPACE 2063 et n'a pas su se trouver de nouvelles séries pour faire battre son cœur.
Je vais redoubler d'efforts. Je vais m'ouvrir à plus de pilotes encore. Je vais même regarder des trucs avec des dents pointues s'il le faut ! Mais non, aucune chance, je ne deviendrait pas une vieille téléphage élitiste.
C'est ma bonne résolution de la rentrée : titiller encore plus la curiosité des autres, et entretenir la mienne.
PS : des fois je me dis que je dramatise. Par exemple je suis encore capable de m'émerveiller devant Pushing Daisies, et puis je ne suis pas si élitiste si j'ai continué à regarder Drop Dead Diva... ouais, non, je suis pas encore complètement perdue pour la cause... Je devrais peut-être, sur ce dernier point, quand même.
09 août 2009
ありがとう, Eske-さん
Et d'ailleurs en parlant de dorama japonais, plusieurs de mes fiches ont été postées aujourd'hui par Eske (puisse ses séries favorites être renouvelées à l'infini), donc si ce n'était encore fait, n'hésitez pas à aller voir les fiches de ces séries dont je vous ai déjà parlé :
- Lunch no Joou (fiche SL)
- Yakou no Kaidan (fiche SL)
- Innocent Love (fiche SL)
- The Quiz Show (fiche SL)
- Futatsu no Spica (fiche SL)
Merci à lui pour participer à l'éducation des téléphages français, et rendez-vous avec de prochaines fiches très bientôt !









