ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-08-12

[DL] Zakon i Porjadok: Odel Operativny Rasledovany

SemaineRusse

Les journées précédentes de notre semaine russe ont été chargées ! Si vous n'avez pas encore jeté un oeil à notre semaine d'étude de la télévision russe, alors voici, à mi-parcours, ce qui s'est passé dans les épisodes précédents :
- bah, déjà, on a fait les présentations dans une lettre d'intention,
- ensuite, on a regardé un documentaire sur un showrunner américain qui va bosser sur l'adaptation de sa série en Russie,
- et puis, tant qu'on était là, on a testé le pilote de l'adaptation en question.
La problématique récurrente, vous le voyez, aura été la question de l'adaptation et du remake. Alors aujourd'hui, prenons une courte pause pour parler un peu d'autre chose : l'implantation d'une franchise télévisuelle mondialement connue.

Cette franchise, c'est celle de Law & Order, la série procédurale de Dick Wolf mêlant, eh bien, un versant policier et un versant judiciaire. Vous n'êtes pas sans savoir que certains pays ont eu droit à leur version de la fameuse série : en France, d'abord (et quand la France est la première à faire quelque chose, il faut le dire) avec Paris Enquêtes criminelles, orientée vers l'esprit de New York Section Criminelle, mais aussi la Grande-Bretagne avec Law & Order: UK, tout simplement, et... la Russie, donc. Ah, ça, vous le saviez peut-être un peu moins.

En 2007 naissait ainsi Zakon i Porjadok: Odel Operativny Rasledovany, s'inspirant plutôt du concept de New York Unité Spéciale, mais sans en reprendre les scénarios. L'idée est, comme pour les autres versions internationales, de favoriser l'aspect franchise, mais de permettre une adaptation conforme au système judiciaire de chaque pays, et la série a donc sa propre équipe de scénaristes qui, toujours en s'inspirant de faits réels, écrivent les scripts sur la base du canevas de la franchise. Après une commande initiale de 12 épisodes, Zakon i Porjadok: Odel Operativny Rasledovany a trouvé le succès. Mieux encore, la même année, un spin-off a été lancé, Zakon i Porjadok: Prestupni Umiciel, qui trouve son origine plutôt du côté de New York Section Criminelle. La boucle est bouclée ! Les deux séries en sont à l'heure à actuelle à quatre saisons de diffusion chacune sur la chaîne privée NTV.

Mais comme aujourd'hui, on a dit qu'on faisait relâche, voyons plutôt le générique de Zakon i Porjadok: Odel Operativny Rasledovany ; un exercice de style sympathique qui, j'en suis sûre, vous amusera autant que moi, puisqu'il s'agit de jouer au jeu des 7 erreurs !

ZakoniPorjadok
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Avis personnel qui n'engage que moi, mais je trouve certaines photos présentées dans ce générique plus sensationnalistes que celles de la version américaine. Vous me direz ce que vous en pensez.

Le point de détail qui tue dans ce générique, c'est que si le  panneau de titre de fin de générique reprend (évidemment) les mêmes codes que celui de la franchise américaine, il est amusant de constater que les couleurs... représentent le drapeau russe ! Bien joué, non ?

Posté par ladyteruki à 18:09 - Médicament générique - Permalien [#]

22-08-12

Septembre à la Rochelle...

Nouvelle parenthèse dans notre semaine russe, histoire de respirer un peu, et puis parce que je ne résiste pas à l'appel de la cérémonie de récompenses le soir au fond des bois.
Car comme je vous le disais il y a peu, aujourd'hui ont été rendues publiques les nominations pour les récompenses du Festival de la Fiction TV de La Rochelle (c'est quand même mieux que l'université d'été du PS...), et moi, c'est le genre de choses qui me fait craquer. On trouve toujours, dans les prix de ce type, des tonnes d'idées de séries pour lesquelles on a envie de creuser en tous sens afin de les découvrir. Armée de ma petite pelle et de ma petite pioche, vous pensez bien que je guettais celles-ci...

FestivalFictionTV

En tout, ce seront 13 prix qui seront remis ; évidemment, on ne va s'intéresser dans ces colonnes qu'aux séries (même si les téléfilms représentent une part non-négligeable de la sélection, un fait qui mérite d'être noté), l'occasion entre autres de prêter l'oreille à ce qui se passe du côté des séries françaises, à laquelle l'évènement fera comme toujours la part belle.

D'abord, voici les 6 fictions en compétition pour le prix de la meilleure Série :

DeuxFlicssurlesDocks Deux flics sur les docks
Une série policière avec Jean-Marc Barr et Bruno Solo, initialement diffusée par France 2 en novembre 2011. 
Detectives Détectives
Une série d'enquêtes de détectives privés, également diffusée par France 2 prochainement.
MaFemmeMaFilleMesDeuxEnfants Ma femme,  ma fille, mes deux bébés
Un unitaire devenu série avec Pascal Légitimus, dans lequel celui-ci, qui a déjà une grande fille sur le point de devenir à nouveau père, mais aussi grand-père.
MesAmisMesAmoursMesEmmerdes Mes amis, mes amours, mes emmerdes
Où six amis ont acheté une maison de vacances ensemble, où ils vivent ensemble les petites galères personnelles les uns et des autres. La série, diffusée par TFHein depuis 2009, en est apparemment à sa troisième saison.
Profilage Profilage
La série policière de la première chaîne, dont apparemment la quatrième saison est prévue pour le début 2013 sur les petits écrans.
TigerLily Tiger Lily
Une série dans laquelle un quatuor de rock féminin formé dans les années 80 qui, malgré l'âge et les changements dans la vie personnelle, se voient toujours en rockeuses rebelles.

Sur une note perso, en passant : comme souvent, je n'ai vu aucune de ces séries françaises, et j'avoue qu'à l'exception de Profilage je n'en avais même jamais entendu parler (peut-être Mes amis, mes amours, mes emmerdes mais je n'en mettrais pas ma main à couper). C'est dommage car je dois dire que Tiger Lily me ferait bien envie... malgré la présence de LIO. D'ailleurs, je m'aperçois que de toutes les séries en compétition dans cette catégorie, c'est d'ailleurs la seule qui sera projetée à la Rochelle mais dont on ignore quel épisode sera montré aux festivaliers. Je vais donc me mettre en quête du pilote histoire de me faire un avis.

Ensuite, ce sont 3 shortcoms qui sont sélectionnées pour le prix du meilleur Programme court :

LesLascars Les Lascars
Une comédie de Canal+ qui apparemment a été diffusée cet été (vous avez dû en parler pendant que je n'avais pas internet, n'hésitez pas à faire passer vos reviews en commentaire) et qui est adaptée de la série animée du même nom.
LaPetiteHistoire La petite histoire
Celle-ci m'est totalement inconnue ; on y trouve des petites histoires humoristiques sur les "coulisses" des plus grands évènements de notre Histoire.
ZAK ZAK
Une série humoristique diffusée par Orange cinéma séries qui suit la carrière d'un chanteur qui pense être l'avenir de la chanson française...

Je n'aurai jamais autant parlé de séries françaises dans un post ! Mais vous le savez, j'essaye de me réconcilier avec elles, et je dois dire qu'un festival comme celui-ci a l'avantage de fournir des pistes plus originales que les Kaboul Kitchen et autres Les Hommes de l'Ombre, dont j'ai l'impression qu'on nous a énormément parlé ces derniers mois.

Là où vous vous doutez bien que sur ce blog, on ouvre toutes grandes les esgourdes, c'est quand il s'agit de fiction internationale. Le festival a ainsi réuni 10 séries, qui ont en commun de toutes êtres des succès d'audience dans leur pays d'origine (une condition originale, vous en conviendrez, là où souvent les récompensent se basent uniquement sur la qualité), qui sont donc en compétition pour le prix de la meilleure fiction européenne et internationale.
Evidemment, vous connaissez la règle en ces lieux, pour ces séries je vous ai mis les titres originaux ; c'est quand même encore le mieux quand, poussé par la curiosité, on veut se renseigner à leur sujet... D'ailleurs plusieurs de ces séries ont déjà été évoquées en ces lieux, alors n'hésitez pas à user et abuser des tags pour en apprendre plus.

Overspel Overspel
Diffusée à l'automne 2011 par la chaîne néerlandaise Ned1, ce thriller en 12 épisodes dans laquelle une photographe amoureuse d'un procureur va découvrir les conflits d'intérêt dans lesquels celui-ci marine...
Expozitura Expozitura
Une fois n'est pas coutume, une série tchèque ! Il s'agit d'une série policière inspirée par de véritables affaires dans différents milieux relatifs au crime organisé, et nécessitant souvent des missions d'infiltration. Les 16 épisodes avaient été diffusées en 2008.
Lykke Lykke
Vous connaissez bien cette dramédie danoise, pour avoir régulièrement entendu parler d'elle dans ces colonnes ; elle traite de deux personnages (un frère et une soeur) dont l'un est dépressif, et l'autre travaille dans l'industrie pharmaceutique... notamment sur un problème d'antidépresseurs.
Hispania

Hispania
Là encore, cette série historique espagnole vous est familière. Sa présence en compétition tombe d'ailleurs à point nommé alors qu'Antena3 se prépare à diffuser prochainement son spin-off Imperium.

HitandMiss Hit & Miss
Cette série britannique avec Chloë Sevigny vient à peine d'être diffusée par Sky Atlantic cet été. On y découvre une tueuse à gages transsexuelle qui renoue avec le fils qu'elle a eu dans une vie précédente.
Instynkt Instynkt
Les 13 épisodes de cette série polonaise ont été diffusés en mars 2011, dans lesquels une enquêtrice s'aide de son instinct pour résoudre ses affaires. Le "plus produit" de la série réside dans son personnage central, une créature énigmatique au lourd passé, apparemment assez proche sur le papier de l'héroïne de Bron/Broen.
JohanFalk Johan Falk
Il s'agit d'une série de téléfilms policiers suédois (le premier date de 1999), certains sortis directement en DVD, dans lesquels un flic fait équipe avec un de ses anciens indics. De nouveaux épisodes sont d'ailleurs prévus à partir du 26 septembre.
Rossella Rossella
Cette romance italienne en 7 épisodes, diffusée sur la Rai en janvier 2011, s'intéresse à Rossella, la fille d'une famille influente de Gènes, au début du 19e siècle, qui se trouve partagée entre son fiancé, un homme riche auquel elle a été promise, et un autre bien moins fortuné mais dont elle est éprise.
VaterMuterMorder Vater, Muter, Mörder
Ce téléfilm allemand fait un peu figure d'exception dans cette sélection. On y étudie les conséquences, pour ses parents, d'un meurtre perpétré par un adolescent.
Vertige Vertige
Je vous le disais il y a quelques jours, ce thriller québécois (produit par la même équipe qu'Apparences) est également en lice. Dans cette mini-série, une femme plongée dans le coma depuis 3 mois ; certains de ses proches veulent la débrancher, d'autres non... Une bonne occasion de lever le voile sur certains secrets.

Mais ce qui se passe hors-compétition lors de ce festival est également digne d'intérêt. En effet, au lieu, comme tout le monde depuis deux ans environ, d'en appeler systématiquement à la fiction scandinave (eh, on ne peut pas leur reprocher d'avoir bon goût, en même temps), le Festival de la Fiction TV de La Rochelle fera la place à deux séries africaines. Ah ! Que c'est intéressant et original !
Les deux séries projetées seront Noces croisées, une comédie romantique qui nous vient du Burkina Faso, et Les Rois de Ségou, une série historique malienne (à noter que c'est la deuxième saison qui sera présentée au festival). Toutes les deux ont apparemment été diffusées sur TV5 Monde.
Voilà une initiative qui révèle une véritable volonté de faire découvrir des horizons différents et des séries méconnues, et les mots ne sont pas assez forts pour remercier les organisateurs du festival pour cette brillante idée.

Bon alors, évidemment, ce n'est pas tout, mais le festival s'étire du 12 au 16 septembre prochain, alors forcément, leur programme sera chargé. On se retrouvera d'ailleurs le mois prochain pour faire le tour du palmarès de ces récompenses.

Et en attendant, quelles sont les séries qui vous font envie ? Moi ça m'a donné plein d'idées, si j'avais pas de boulot, je prendrais le premier train pour La Rochelle, en septembre ! Cette série polonaise, par exemple, j'en ferais bien mon programme du weekend, tiens...

Posté par ladyteruki à 19:36 - Love Actuality - Permalien [#]

Nos voisins les Voronine

SemaineRusse

Hier, nous avons parlé du développement de la série russe Voroniny... mais c'est resté assez théorique. Laissez-moi à présent passer à la phase pratique.

Il a été dit dans ces colonnes, en de maintes reprises, combien le remake de sitcom américain était une hérésie dont les coupables méritaient, à défaut de l'interdiction d'approcher un studio de télévision, rien moins que la peine capitale ; j'exagère à peine. Mais chaque série est un cas particulier et, avec une persistance qu'Einstein aurait probablement assimilée à de la folie, je tente régulièrement des pilotes de remakes étrangers de sitcoms américains parce que, eh bien, je suis masochiste, probablement.
Plusieurs de ces saligauds ont été évoqués dans ces colonnes, je ne vous refais pas la liste globale, mais en particulier, pour la Russie, quelques unes ont pu être évoquées, comme évidemment Maia Prekrasnaia Niania (pour Une Nounou d'Enfer), Maia Liubimaia Vedma (Ma Sorcière Bien-Aimée) ou Kak ia Vstretil Vashu Mamu (How I met your mother). On ne vous demandera pas plus de les prononcer que de les regarder, rassurez-vous !

Mais puisqu'hier, nous avons assisté aux tribulations de Philip Rosenthal alors qu'il allait travailler, aux côtés de l'équipe russe de la série, sur l'adaptation de Tout le monde aime Raymond, je me suis dit que c'était l'occasion en or de comparer le travail avant/pendant/après. C'est-à-dire, en connaissant la série d'origine, en voyant le documentaire Exporting Raymond, et maintenant, avec le pilote de Voroniny.
Pour commencer, je crois que chacun ici a vu au moins un épisode de Tout le monde aime Raymond, non ? Non ? Bon bah allez-y, je vous attends.
...
Donc maintenant, tout le monde a vu Raymond et nous avons tous les bases pour avoir cette discussion.

Comme expliqué dans Exporting Raymond, Philip Rosenthal a suggéré aux auteurs de ne pas commencer par adapter le pilote, mais de plutôt choisir, comme premier épisode pour la série russe, un scénario ultérieur. L'idée est donc de quand même piocher dans les scripts acquis par STS, ce qui signifie que cela reste conforme à l'esprit de la série, mais en rendant le scénario plus accessible au public russe.

La démarche peut surprendre, et en tant que téléphage, j'avoue que l'idée m'a un peu rebutée : un pilote a une raison d'être ! Et si on écrit un pilote correctement, normalement il n'est pas interchangeable avec n'importe quel autre épisode de la série. Le pilote est un exercice de style qui réclame une structure particulière ; l'exposition a son importance. C'est d'ailleurs bien pour ça que j'aime tant les pilotes.
Mais bien-sûr, après réflexion, je me suis dit : après tout, pourquoi pas ? dans le cadre d'une série non-feuilletonnante, c'est moins pénalisant.

Dans Exporting Raymond, Rosenthal suggère d'adapter en guise de pilote pour Voroniny l'épisode "Baggage" ; c'est un épisode de la 7e saison de Tout le monde aime Raymond dans lequel, en rentrant de weekend, le couple laisse une valise dans l'escalier, qui devient l'objet d'un bras de fer pendant des semaines, car aucun des deux ne veut prendre être celui qui rangera la valise.
Cela avait occasionné plusieurs discussions dans le documentaire, car les scénaristes russes ne comprenaient pas les gags ni la dynamique de couple qui était mise en lumière par cette petite situation absurde (l'histoire ne dit pas pourquoi personne n'a pensé à protester que, à des fins de réalisme, la série russe se déroulait dans un appartement... où il n'y a pas d'escalier, donc). Mais on était restés, en fin de documentaire, sur l'impression que c'était tout de même, après bien des explications, l'épisode retenu.
Pas du tout : l'épisode choisi finalement pour ce pilote russe n'est pas "Baggage", car le pilote de Voroniny est finalement l'adaptation de l'épisode "Your place or mine?", le 7e épisode de la 1e saison dans lequel une dispute entre les parents de Raymond pousse la mère de celui-ci à s'installer avec son fils et sa bru, au grand désespoir de cette dernière.

Voroniny

Force est de constater pourtant que, si le coeur de l'épisode est directement adapté, et de façon relativement litérale, ce n'est pas le cas de l'intro ni de l'outro qui ne sont pas présents dans "Your place or mine?". Ces gags indépendants (qu'on retrouve dans de nombreuses séries comiques, et qui est une figure de style que des séries comme Malcolm ont porté au rang d'art dans l'art) n'étant en effet pas liés à l'histoire de l'épisode, on peut ainsi les mélanger à volonté sans que cela n'ait aucune incidence.
Pour le spectateur russe, en fin de compte, la série Voroniny commence alors que Kostya (l'équivalent de Raymond) est devant la télé en train de manger des chocolats, et il n'en reste plus qu'un. Sa fille, débarque alors, repère le dernier chocolat, et espère le manger ; Kostya lui propose de jouer à cache-cache : si elle trouve la friandise, elle pourra la manger... mais en guise de cachette, pendant qu'elle ne regarde pas, il se dépêche de l'avaler goulûment lui-même tout en la guidant avec des "tu chauffes"/"tu refroidis" histoire de l'occuper pendant qu'il mâche. Sauf que, retournement de situation, finalement la petite découvre une boîte entière de chocolat, soigneusement cachée. C'est Vera, la femme de Kostya, qui l'avait mise là pour se les garder et que Kostya ne mange pas tout. Une amusante façon de dépeindre habilement la dynamique de la maisonnée ; mais les connaisseurs de Tout le monde aime Raymond auront remarqué que les grands-parents sont totalement absents de cette introduction, alors qu'ils sont au coeur de la série.
L'outro de l'épisode reprendra d'ailleurs ce petit gag en montrant Kostya dans la cuisine de ses parents, avec son père. Et devinez quoi, il ne reste plus qu'un chocolat ! Kostya essaye de le récupérer mais c'est son père qui le lui arrache des mains comme si c'était la chose la plus naturelle au monde. De retour chez lui, Kostya veut se mettre devant la télé, mais la télécommande a disparu : c'est sa fille qui l'a planquée, et pendant qu'il cherche la télécommande, la petite lui assène des "tu chauffes"/"tu refroidis" narquois...
Nul doute que ces scènes doivent se retrouver dans l'un des 210 épisodes de la série originale (ou au moins dans les quelques dizaines de scripts achetés initialement par la chaîne russe), mais ils ont le mérite de brosser un portrait assez révélateur des dynamiques au sein de la famille, et de la "chaîne alimentaire" de cette petite tribu.

Bon, mais l'épisode lui-même, alors ? En-dehors de ces deux scènes, le déroulement de l'épisode est conforme à l'original américain dans le scénario, au moins dans la structure de l'histoire : les parents de Kostya se disputent, la mère emménage avec Kostya et Vera, commence à traiter Kostya comme s'il était un enfant et à récurer l'appartement de Vera de fond en comble, excédant celle-ci au point de faire son possible pour rabibocher le couple.
Il y a des différences dans le choix des scènes explicitant le déroulement du conflit : certaines scènes ont été écourtées, rendant les réactions de certains personnages plus unidimensionnelles. Ainsi, le soir de la dispute, Vera décide d'aller dîner avec le père de Kostya dans sa maison où elle le sait seul, afin de lui tenir compagnie (et implicitement d'échapper à sa belle-mère, ainsi que dans l'espoir de plaider pour une réconciliation). Dans la version américaine, la scène commence alors que Debra se régale parce que le père de Raymond mange de la junk food et que c'est quand même bien sympa ; même si ensuite le plat principal qu'il a cuisiné lui-même est une horreur. Dans la version russe, on attaque tout de suite le plat dégueulasse et l'expression écoeurée de Vera. Bon, ça apporte moins de complexité aux personnages et à leurs réactions, mais ça relève du détail, dans le fond. Pourquoi pas ? C'est un bon exemple d'appropriation, et du coup, dans le fond ça valait peut-être mieux qu'une adaptation au pied de la lettre.
Qui plus est, en choisissant de commencer par cettte histoire, Voroniny fait aussi un choix dans la façon dont il expose ses personnages : l'épisode, et donc la série, commence sur une dispute, qui montre les parents de Kostya comme des gens très sanguins. C'est notamment l'occasion pour le grand-père de passer pour un colérique, ce qu'il n'est pas exactement "en temps normal" (mais il n'y a pas encore de "en temps normal" pour le spectateur russe). On voit bien, en mettant cette scène en avant d'entrée de jeu, comment la perception des personnages est modifiée.

Mais le plus frappant dans ce pilote de Voroniny, en matière de différences avec l'original, c'est certainement le jeu des acteurs.
Que Philip Rosenthal se rassure : ses prières ont été entendues. Certes, les Russes semblent avoir eu du mal à se départir des rires enregistrés, qui hantent l'épisode (mais de façon moins insupportable que dans Maia Prekrasnaia Niania, qui hante encore mes nuits).
Mais on n'est pas du tout dans les singeries montrées dans Exporting Raymond sur le tournage de la série. Les acteurs russes font preuve d'un grand sens de la mesure, et en fait, à l'exception peut-être des grands-parents qui sont un peu plus expansifs (mais c'est aussi le rôle qui veut ça), ils sont au contraire d'une grande sobriété, tournant l'humour de la série en une festival de répliques pince-sans-rire.
Regarder l'épisode équivalent de Tout le monde aime Raymond renvoie, et c'est finalement une sacrée ironie, une solide impression de surjeu. En comparaison, la plupart des acteurs russes sont d'une grande sobriété, et en particulier l'interprète de Vera, Ekaterina Volkova, bien plus drôle et pourtant bien plus modérée que Patricia Heaton.
Et c'est finalement assez fascinant de voir comment ils incarnent les mêmes personnages, sans aucun doute possible, reconnaissables immédiatement, et répondant aux mêmes caractéristiques, tout en les rendant moins extrêmes, plus naturels.

Au final, il ressort de Voroniny l'impression troublante d'avoir assisté à une version moins théâtrale de Tout le monde aime Raymond. Pour moi qui n'aime pas la série d'origine, c'est un compliment, et pas des moindres, que d'avoir trouvé l'épisode pilote de cette adaptation convaincant, et pas du tout agaçant. L'absence de Ray Romano n'y est pas étrangère, mais n'est pas non plus la seule explication.
En tous cas, preuve est ainsi faite qu'un remake (a plus forte raison de sitcom américain) n'est pas forcément synonyme de merde honteuse ! Et ça, c'est quand même une sacrée bonne nouvelle, non ?

Posté par ladyteruki à 16:34 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

21-08-12

Règne sans partage

Allez, on quitte temporairement la Russie (on y reviendra évidemment demain pour la suite de notre périple), et on se dirige ce matin vers le Danemark. On en parlait la semaine dernière, les TvPrisen ont eu lieu ce weekend, avec évidemment des statuettes à la clé. Et qui dit statuettes dit que lady est au rapport, prête à jeter un oeil aux séries danoises que les Danois ont eu envie de célébrer.

Nul doute qu'à l'heure où la Scandinavie (avec, en tête, le Danemark et la Suède) se forge une place de choix dans les grilles d'un nombre grandissant de chaînes, et donc dans les coeurs des spectateurs, nous pourrions trouver l'inspiration pour nos prochaines escapades nordiques...
Enfin, peut-être. Parce que vous allez vous rendre compte que finalement vous êtes devenus aussi doctes en séries danoises que les TvPrisen !

TvFestival

Remis, donc, à l'occasion du TvFestival qui se tenait en fin de semaine dernière à Copenhague, les TvPrisen concernaient cette année 27 prix au total. Comme souvent, la fiction n'y était pas la seule préoccupation, mais comme sur ce blog, on se concentre sur les séries, souffrez que je n'aborde pas les documentaires, émissions de télé réalité et autres programmes d'information.
Les TvPrisen existent depuis 1999, à l'initiative du groupe de télévision publique DR. S'y sont greffées les autres groupes : TV2, TV3 et SBS afin que l'évènement du TvFestival comme la cérémonie soient pluralistes. Rappelons que justement, cette année, SBS s'était retirée des festivités pour des raisons financières, et n'était donc pas en lice dans les différentes catégories.

* Meilleure photographie dans une série : Kim Høgh Mikkelsen pour Rita (TV2)
Etaient également nommée Lykke, Hjælp, det er JulBorgen et Ludvig og Julemanden.

* Meilleur montage dans une série : My Thordal  pour Borgen (DR1)
Etaient également nommées Lykke (deux fois) et Rita.

* Meilleure actrice de télévision : Sidse Babett Knudsen dans Borgen (DR1)
Les actrices nommées étaient également Birgitte Hjort Sørensen dans Borgen (DR1), Louise Mieritz dans Lykke (DR1), ainsi que Mille Dinensen et Sara Hjort Ditlevsen dans Rita (TV2).

* Meilleur acteur de télévision : Pilou Asbæk dans Borgen (DR1)
Les autres acteurs en lice étaient Carsten Bjørnlund dans Rita (TV2), Lars Brygmann et Rasmus Botoft dans Lykke (DR1), et enfin Ole Boisen (A-Klassen).

* Meilleure satire/comédie : A-Klassen (sur DR2), une comédie à sketches en 8 épisodes diffusée en mars dernier, s'intéressant à des chômeurs qui, afin de pouvoir toucher leurs prestations sociales, doivent accomplir une formation dans un centre de réorientation.
Les autres prétendantes au titre étaient Hjælp, det er jul (une série de Noël diffusée par DR2), Kristian, (une comédie inspirée par l'américaine Arrested Development et la danoise Klovn, et diffusée par TV2 Zulu), Livet i Nødsporet (sur TV2 Zulu) et Natholdet (un talkshow satirique, diffusé encore une fois par TV2).

Oh, mais attendez. Bien-sûr, j'ai gardé le prix le plus convoité pour la fin...

* Meilleure série dramatique : Borgen sur (DR1)
Etaient également nommées Limbo (série pour la jeunesse de DR Ramasjang), la dramédie Lykke (DR1), et Rita (TV2).

Borgen

Bon alors, bilan général. Eh bien, sur 27 prix au total, DR en a récupéré 16, et TV2 en a récolté 11... ce qui, les plus matheux d'entre vous l'auront compris, laisse 0 récompenses pour la chaîne TV3, co-organisateur un peu floué des TvPrisen. On comprend mieux pourquoi SBS a préféré se désengager de cet évènement... A titre de comparaison, l'an dernier, le palmarès avait donné 12 récompenses aux chaînes du groupe DR, 13 pour TV2, et 1 seule pour TV3 mais c'était quand même mieux que rien. On sent que les chaînes publiques se taillent donc une part grandissante dans le panorama télévisuel danois, reflétant bien, en cela, la politique soutenue de commandes de fictions ambitieuses que DR1 surtout, mais aussi DR2, peuvent avoir déployée récemment.

Quant au cas particulier des fictions... eh bien vous l'aurez compris, Borgen s'est taillé la part du lion. A noter que c'est la première fois dans l'histoire des TvPrisen qu'une fiction s'arroge le titre de meilleure séri
e dramatique deux années de suite, et il ne fait pas grand doute que la troisième saison de Borgen, qui devrait être diffusée prochainement sur DR1, pourrait même encore améliorer ce record l'an prochain, tant la série est couverte de louanges (à raison, faut-il le rappeler).

Et en guise de mot de la fin, rappelons que depuis aujourd'hui, la co-production suédo-dano-norvégo-finlando-néerlando-belgo-germano-française (ouf !) The Spiral est officiellement lancée sur internet, comme je vous l'annonçais voilà quelques jours. La chasse est ouverte !

Posté par ladyteruki à 10:40 - Love Actuality - Permalien [#]

Exporting Ducon

SemaineRusse

En matière de documentaires, je ne me réclame d'aucune expertise. J'en ai vu quelques uns, bien-sûr, mais de là à dire que je peux en disserter aussi librement que de séries, ou même de films, mettons, il y a un pas que je ne peux pas franchir. Qu'est-ce qui fait un bon documentaire, par exemple ? Je ne suis pas certaine de savoir le dire.
Par contre, je suis capable de pointer du doigt avec précision ce qui fait un mauvais documentaire : l'absence d'honnêteté intellectuelle.
Et dans le cas du documentaire Exporting Raymond, cela ne fait en tous cas aucun doute, l'honnêteté intellectuelle est aux abonnés absents.

Pourtant, le principe d'Exporting Raymond était hautement intéressant, voire même éminemment informatif pour nous autres téléphages qui nous intéressons à la fois à la machine américaine qui produit des sitcoms depuis que le monde est monde (ou au moins depuis I Love Lucy), et qui aimons comprendre la façon dont les autres pays font fonctionner leur propre industrie. L'idée était de suivre Philip Rosenthal lorsqu'il part pour la Russie afin de travailler sur une adaptation locale de Tout le monde aime Raymond.
Le documentaire commence alors que Rosenthal, créateur de la série originale et qui l'a accompagnée tout le temps de sa diffusion, est invité à apporter son savoir-faire à l'équipe russe ; le projet d'adaptation de Tout le monde aime Raymond est, nous explique-t-on, à l'étude depuis 2 ans déjà, et on aborde alors la partie "concrète".

Aussi commence-t-il par se rendre dans la maison familiale de ses parents (celle qui a inspiré plusieurs scénarios de la série américaine), afin non seulement de nous présenter ceux à qui on doit indirectement la série (on n'est pas dans un documentaire sur les origines de Tout le monde aime Raymond, mais pourquoi pas), mais aussi de poser immédiatement plusieurs thèmes qu'il va faire revenir cycliquement dans son commentaire : l'état politique et social de la Russie aujourd'hui. Sont donc très vite brandis de bon gros clichés, dés les premières minutes du documentaire et avant même d'avoir posé un pied à Moscou, fleurant bon les restes avariés de Guerre Froide ; ou alors les Rosenthal ne regardent que Fox News, au choix. Voilà une bien mauvaise façon de commencer cette expérience.
Les préjugés négatifs ne quitteront ni Philip Rosenthal, ni, par extension, Exporting Raymond, et ce défaut entâchera l'ensemble du film, à divers degrés. Convaincu (ou faisant mine de l'être) qu'il peut être enlevé à tout moment par la mafia russe, qu'être empoisonné au polonium comme Alexandre Litvinenko lui pend au nez, ou tout simplement que la Russie vit encore à l'ère soviétique, il apportera un regard extrêmement peu complaisant, et c'est un euphémisme, sur l'endroit où il est supposé emmener son public pour suivre une aventure qu'on aurait pu supposer être positive pour lui (les Russes auraient pu ne pas faire appel au créateur original, après tout, et se contenter d'acheter les droits et/ou les scripts).

Qui plus est, après avoir sans doute un peu trop regardé de télé réalité, Rosenthal (qui est également le réalisateur de ce documentaire) décide de tout mettre en scène afin de créer des péripéties artificielles. Ainsi, dés son arrivée à l'aéroport, il a décidé que son chauffeur et garde du corps était un homme bizarre et mystérieux ; lorsque ce dernier presse le pas pour aller à la voiture, Rosenthal se fige sur place et, musique à l'appui, se met en situation de désespoir comme s'il avait été abandonné. Ou encore, le chauffeur sort de la voiture pour payer le parking ; Rosenthal commente alors qu'il pourrait être enlevé là, maintenant, pendant qu'il est seul dans la voiture. Il a juste le cameraman et le perchiste à ses côtés, et la caméra tourne... effectivement, le moment est idéal pour l'enlèvement d'un scénariste de sitcom. Tout sera à l'avenant.

ExportingRaymond

Heureusement, Exporting Raymond n'est pas qu'une illustration de l'esprit de certains touristes en territoire étranger, il s'agit aussi de télévision, et c'est bien la raison pour laquelle nous sommes ici.

Mais comme je vous disais, cette mentalité s'infiltre dans les questions télévisuelles. Ainsi, la première réunion avec l'équipe de la série russe (dont le nom de projet est, selon Rosenthal, Everybody loves Kostya) se fera dans le même état d'esprit, et c'est très représentatif de la quasi-intégralité des rapports que l'Américain entretiendra avec les professionnels russes. Invité à dresser dans les grandes lignes, devant les différents responsables, l'esprit de la série (dont on aurait pu penser que l'équipe déjà recrutée pour le projet russe serait un brin informée en amont), Rosenthal se trouve une victime toute désignée en la personne de la styliste : surmaquillée, habillée de façon voyante, et visiblement dérangée par l'idée qu'on veut faire une série au look réaliste, il décide de mettre en scène leurs quelques interactions comme un conflit grave. De cette façon, Rosenthal peut se faire passer pour un grand incompris. Il est aidé en cela par le fait qu'on a rarement droit à des traductions extensives de ce que disent ses interlocuteurs (il y a une interprète mais elle est souvent inaudible), et du coup, les arguments de la styliste se perdent dans le brouhaha ambiant. Ce sera mis en scène (à grand renfort de gros plans sur le visage surmaquillé) de façon à montrer que Rosenthal n'obtient aucune réponse de son interlocutrice, mais juste une obstination qu'il ressent comme un rejet de son expertise.

La victimisation est en effet le ressort principal d'Exporting Raymond. Chaque fois qu'il sera contredit, Rosenthal se mettra dans la position de celui qui veut bien faire et qui bute face à un mur, contre des interlocuteurs successifs qui veulent tout faire en dépit du bon sens.

Philip Rosenthal voit son arrivée au sein de l'équipe de la série russe comme une sorte de mission d'évangélisation : il veut leur apprendre leur boulot, il est celui qui sait. Il ne fait nul doute, évidemment, que Rosenthal sait de quoi il parle ; Tout le monde aime Raymond est une série qui a prouvé son succès aux USA comme à l'international, et l'homme lui-même connait son job et possède son sujet sur le bout des doigts. Mais il oublie un petit détail : il s'agit d'une adaptation, pas d'une suite de sa série.
A son arrivée dans les bureaux de STS, on lui présente immédiatement, et avec fierté, une affiche de Maia Prekrasnaia Niania : le premier sitcom russe, et un succès immense qui a ouvert la porte, lui dit-on, aux autres adaptations internationales. Ce qu'on ne lui précise pas à ce moment-là, c'est que c'est aussi grâce au succès de ce remake que la Russie en a vu germer plusieurs autres, comme Sсhastlivy Vmiestie (adaptation de Mariés, Deux Enfants) ; ces sitcoms russes seront évoqués plus tard, uniquement quand Rosenthal veut montrer que Tout le monde aime Raymond est une série nécessitant de la subtilité et du réalisme, absents dans le travail d'adaptation auquel il assiste, et, en filigrane, inexistants dans les adaptations déjà réalisées. Il est donc bien conscient que les Russes (notamment chez STS) n'en sont pas à leur premier remake de sitcom, mais ne prend pas ce fait en compte, et traite ses collègues locaux comme des gens à qui il faudrait tout apprendre.
Plusieurs fois au cours de son aventure russe, Rosenthal fera passer l'équipe de STS pour une bande d'incompétents voire d'abrutis bornés.

Le fait est qu'à aucun moment je ne conteste que les remakes russes de sitcom américains soient ratés. J'ai même eu l'occasion plusieurs fois d'aborder le sujet dans ces colonnes. Si vous aimez avec passion un sitcom américain et que vous en regardez l'adaptation russe, vous pourriez bien en perdre le goût de vivre, ou au moins une bonne partie de votre foi en l'humanité. J'ai fait cette expérience moi-même avec Maia Prekrasnaia Niania et je ne la recommande pas même à... tenez, même pas à Whitney Cummings ! Oui c'est à ce point...
Donc évidemment, pour nous qui sommes habitués à voir énormément de sitcoms américains (même quand ils sont doublés), les remakes russes relèvent du sacrilège ou de l'incitation à la violence. Il n'empêche : ces sitcoms fonctionnent dans leur pays d'origine, quoi que nous en pensions sur un plan qualitatif. Ainsi, Maia Prekrasnaia Niania, en singeant la version originale, a duré plus longtemps qu'Une Nounou d'Enfer, et a été un énorme succès d'audience. Quoi qu'on pense du jeu de son interprète principale, mettons, des personnages caricaturaux ou des vêtements criards (oui, plus criards que dans la série américaine des années 90 !), le résultat est là.

Le véritable intérêt d'Exporting Raymond, car il y en a un et à plus forte raison dans le cadre de notre semaine russe, est d'avoir un bref aperçu de la façon dont les séries sont fabriquées en Russie, ou tout du moins dans le cas des sitcoms.

Ainsi, on assiste à la façon dont est organisé le casting. Ca m'a semblé assez significatif qu'on semble commencer à s'intéresser à la distrubution alors que le décor commence également à être monté, renforçant l'impression que l'aspect créatif des choses se passait de façon assez expéditive. Les acteurs auditionnent, fait intéressant, avec le costume et maquillage qui sera celui de leur personnage s'ils viennent à décrocher le rôle. On comprend bien que la pensée sous-jacente est de passer par un minimum de travail de conception et d'obtenir un produit clé en main : l'acteur est déjà prêt, on l'a embauché parce qu'il avait littéralement la tête de l'emploi, il n'a rien à travailler, pas de réflexion autour d'un éventuel relookage. C'est un détail assez parlant.
Je ne suis qu'à moitié convaincue par les péripéties narrées par le documentaire sur la façon dont on impose à Rosenthal des acteurs ne ressemblant absolument pas aux originaux, quand c'est, au contraire, très souvent, la première chose qu'on peut noter dans de nombreuses adaptations de sitcoms US. Mais admettons.
Que cet élément soit, comme d'autres, exagéré (et la démarche de Rosenthal porte du discrédit, par ricochet, sur d'autres éléments de ce documentaire), ou qu'au contraire il soit réaliste, souligne néanmoins combien la chaîne russe est peu intéressée par l'aventure télévisuelle, et ne cherche qu'à répliquer des recettes. Les recettes de STS diffèrent peut-être de celles qu'a connues Philip Rosenthal aux USA, mais l'essence est bien la même : faire en sorte que les choses fonctionnent rapidement. N'est-ce pas là, finalement, la motivation première derrière un remake ? Exporting Raymond dépeint finalement assez bien cet état d'esprit. Il n'apporte pas forcément l'éclairage le plus positif qui soit sur la télévision internationale, et russe en particulier, mais le documentaire explicite bien les mécanismes derrière la volonté d'adapter une série comme Tout le monde aime Raymond. Il s'agit d'être efficace et rentable, parce que c'est la définition d'un projet de remake.
On s'en doute un peu, mais ce n'est pas plus mal d'y assister par nous-mêmes.

En revanche les quelques éléments qu'on obtient sur les scénaristes eux-mêmes ont de quoi faire rouler les yeux sur la table. Non seulement les scénaristes du projet n'ont jamais vu la série originale (ils la découvrent, circonspects, avec Reosenthal qui tente de leur expliquer des gags... oui, cette idée aura le succès que vous imaginez), mais en plus ils travaillent sur plusieurs séries en même temps, et par en même temps, je veux dire le même jour (ou plutôt, la même nuit), comme d'autres cumulent un job au fast food et leurs études. D'ailleurs tous sont très jeunes (à vue de nez pendant la séquence dans la writer's room, personne n'a plus de 30 ans), et, problème supplémentaire que va découvrir Philip Rosenthal, ils sont célibataires ; alors forcément, pour écrire l'adaptation d'une série comme Tout le monde aime Raymond...
Qui plus est, ces scénaristes ne sont pas rompus aux sitcoms : ils viennent bien souvent des soaps et telenovelas, et sont recrutés parce que c'est le même format d'une demi-heure, et que la chaîne pioche dans son pool d'auteurs sans trop regarder les détails.

C'est une idée intéressante qui mériterait d'ailleurs d'être développée. Comme les productions telles que celle-ci se font en in-house (d'après ce que je sais, il existe des sociétés de production indépendantes en Russie ; le système in-house touche essentiellement les soaps, telenovelas et sitcoms), et que le projet n'a pas été pitché, mais simplement acheté à l'étranger, tout compte fait, la question du recrutement de scénaristes revêt forcément un visage différent du fonctionnement à l'américaine que nous connaissons mieux.
Rosenthal est effaré : pour lui, écrire un soap et un sitcom, ce n'est pas du tout la même chose ; le fait que les deux durent une demi-heure ne devrait pas être un critère. Je le rejoins : l'humour, c'est un métier. On n'écrit pas de la comédie au hasard. Et cela explique sans doute l'esprit un peu "fonctionnaire" des scénaristes qui écrivent des blagues à la chaîne mais dans lequelles ils ne cherchent pas l'humour, juste le mécanisme (on le voit dans Exporting Raymond, les scénaristes écrivent des scènes qu'eux-mêmes ne trouvent pas drôles !).
Mais je ne peux pas m'empêcher de me demander comment un pays qui jusque là n'avait pas d'auteurs de télévision humoristique (rapport au fait qu'avant Maia Prekrasnaia Niania en 2004, il n'y avait pas de sitcom) peut faire pour trouver ses auteurs de comédie, à plus forte raison dans un système in-house. Il faut bien commencer quelque part. Et ce, dans des conditions qui laissent assez peu de place à l'initiative et aux projets personnels, ce qui est le propre du in-house.

D'une façon générale, qu'il s'agisse des auteurs ou des acteurs, l'investissement en temps est minime, on le voit bien, et c'est symptômatique d'un système : les épisodes sont peu voire pas lus par le cast en amont du tournage, et on limite le nombre de prises autant que possible.

Lorsque le pilote est tourné, au prix de bien des sacrifices de Rosenthal et après son insistance à introduire un public pendant l'enregistrement, les acteurs font une prise 9 fois, ce qui semble peu courant. Ca explique bien des choses et je le crois volontiers.
Notons au passage que le public présent ne rit pas, et qu'il n'est d'ailleurs pas encouragé à le faire : "ça perturberait le son", explique-t-on à Rosenthal, avec lequel pour une fois on peut compatir ! La requête d'avoir un public n'a pas du tout été comprise par l'équipe russe, vraisemblablement habituée au son "pur" et "parfait" des rires enregistrés ajoutés en post-synchro.

Si le documentaire laisse assez peu de place au questionnement, on peut, en tant que téléphages curieux, se demander si ces automatismes acquis en moins d'une décennie sont forcément mauvais. Non seulement parce que, de toute évidence, le public russe y trouve visiblement son compte, on l'a dit, mais aussi, tout simplement, parce qu'il est permis d'interroger la formule du sitcom.
En Russie où le sitcom est jeune, pourquoi devrait-on le "corriger" pour y inclure des rires "réels" du public ? Le problème de l'adaptation russe d'un sitcom vient-il de cet artifice ? Pourquoi le sitcom russe n'évoluerait-il pas, alors que la série pour ado, elle, le peut ? Il n'y a rien de sacré, et surtout, rien d'immuable. Peut-être que les rires enregistrés nous rebutent parce que nous avons appris à y être allergiques, mais qu'ils ont aussi leurs mérites.
Ce ne sont que des pistes de réflexion, bien-sûr, et ce sera à chacun de placer son curseur. N'hésitez pas à contribuer au débat en commentaire, d'ailleurs.

Mais dans tout cela, on peut se demander à quel point la présence de Rosenthal trouble le travail d'appropriation. Et il est nécessaire, car l'adaptation sans l'appropriation conduit à un produit dont les spectateurs non plus ne vont pas s'emparer. Quand bien même Rosenthal a, à lui seul, autant d'expérience en matière de sitcom que l'industrie télévisuelle russe toute entière, il faut prendre cette question en compte.
Comment espérer que Everybody loves Kostya soit la copie confirme de Tout le monde aime Raymond ? On n'est pas dans le même pays, les différences s'expliquent pour des tas de raisons. Doivent-elles forcément toutes s'estomper ? Le combat que mène Philip Rosenthal (bien que de façon caricaturale) s'explique de son point de vue d'Américain travaillant dans un contexte américain, mais en Russie, tout ce qu'il voit comme une amélioration n'en est pas forcément une ; parfois, une différence n'est pas connotée qualitativement, c'est juste une différence.

Hélas, plutôt que de mettre le doigt sur ces différences et de les interroger, quitte à préférer tout de même, au bout du compte, le modèle qu'il connait, Philip Rosenthal aura pourtant fait le choix de mettre en scène un choc des cultures n'ayant pas grand'chose à voir avec le monde de la télévision, comme le montre son obstination à vouloir pourchasser son ancien chauffeur lors de sa seconde visite en Russie.

En revanche, sa conclusion est, au vu du contenu d'Exporting Raymond, assez bien sentie sur l'expérience d'adaptation de remake. Je n'en dis pas plus et vous laisse découvrir son mot de la fin, peut-être aurez-vous envie de tester vous-même ce documentaire, en dépit de ses défauts. On se demande simplement comment il en arrive à cette conclusion.
Il faut, probablement, prendre du recul sur le spectacle que tente de fournir Rosenthal, pour apprécier les qualités logées dans Exporting Raymond.

Voroniny_Promo

Et, au fait... finalement, qu'a donné ce projet ?
Eh bien, sur STS, Voroniny (puisque c'est finalement le titre qu'a pris la série) en est actuellement à 10 saisons, soit plus de 200 épisodes depuis son lancement en novembre 2009. Le tournage de la 11e saison, démarré début août, devrait aboutir à une diffusion avant la fin 2012. Rappelons aussi que, plus tôt cette année, l'acteur Boris Klyuiev (qui interprète le grand-père) a remporté un prix lors des TEFI 2011.

D'ailleurs, demain, toujours dans l'esprit de notre semaine russe, je vous proposerai justement une review du pilote de Voroniny, histoire de juger par nous-mêmes...

Posté par ladyteruki à 00:12 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

20-08-12

Destination Russie

SemaineRusse

Il y a des pays qui, pour la téléphage curieuse que je suis, sont étrangement faciles d'accès. Tenez : je ne parle pas un mot d'espagnol, mais rien n'est plus facile que de savoir ce qui se passe sur les télévisions de nos voisins du Sud. Vous allez me dire : il y a la question de la proximité géographique ; admettons que ce soit le cas. Comment expliquer alors que ce ne soit pas le cas de l'Italie, qui me reste encore bien mystérieuse, de façon générale, en termes de fonctionnement, de grilles, comme de séries elles-mêmes ?
Parfois je m'aperçois que je n'ai rien lu sur un pays pendant des mois, et je me dis que ce n'est pas normal que je sois capable de lister avec précision les séries australiennes ou japonaises actuellement à l'antenne, mais que je ne sois pas au fait d'un seul évènement télévisuel au Maroc ou au Vénézuéla.
Ou en Russie.

Les raisons qui font que tous les pays ne sont pas égaux sont multiples, et ne sont pas nécessairement à mettre au compte de la barrière linguistique.
Mais ce problème est réel et l'accès aux séries russes est, déjà, au départ, limité par la rareté des sous-titres anglophones ou francophones.

Il y a d'abord, ne nous mentons pas, une part d'inclination personnelle : la [mauvaise] réputation des séries russes n'est pas toujours usurpée, et quelques mauvaises expériences ont tôt fait de sceller le destin téléphagique de quelques contrées dans nos esprits. Lorsque j'avais entamé mon tour du monde, pendant l'été 2010, à raison d'un pays par semaine, il y avait eu énormément de bonnes surprises... et quelques rares exceptions franchement négatives. La Russie en avait fait partie. Il m'est très difficile d'encourager qui que ce soit à se lancer dans les productions de ce pays, quand moi-même, souffrant pourtant moins de la barrière de la langue qu'avec, disons, l'hébreu ou le portugais, j'y vais à reculons.

Et puis il y a un véritable problème de sources. A l'instar de nombreux pays de langue arabe, par exemple, la Russie garde jalousement ses trésors pour elle. Là où on lit régulièrement des annonces de co-productions internationales, de mises sur le marché de nouveaux formats, ou tout simplement de communiqués sur une nouvelle production, la télévision russe reste énormement dans son entre-soi, et permet assez peu aux intervenants extérieurs de trouver une porte d'entrée, au moins pour se renseigner, si ce n'est pour tenter de la regarder. La seule solution qui existe à l'heure actuelle est de taper, un peu au pif, dans les très, très nombreux sites et forums de cagoulage russes, qui permettent d'accéder de façon brute à des épisodes très facilement. Le problème c'est que, même quand on réussit à éviter les liens, majoritaires, qui concernent la télévision américaine, on ne tombe pas forcément sur des séries d'une folle qualité, et les chances de tomber sur un remake sont élevées (on a d'ailleurs pu en évoquer de nouveaux il y a quelques jours dans notre dernier world tour en date). Et surtout, pour se renseigner en amont sur la mise en chantier de ces séries, sur leur renouvellement, ou plus simplement sur la façon dont les chaînes fonctionnent, c'est encore la galère.

Ca changera peut-être. On vit une époque où les marchés télévisuels vont vers la perméabilité, après tout... Mais pour l'instant, en-dehors des sites de téléchargement ou de ceux qui parlent uniquement de télévision américaine (un grand fléau quand on cherche des sites étrangers sur les séries, soit dit en passant), pas facile-facile.

En bref, tout cela renvoie de la télévision russe une image assez peu reluisante. Entre les remakes un peu pourris, les séries faciles à dénicher mais n'appartenant pas forcément au haut du panier, et le mutisme général de la télévision russe, il n'est pas facile d'en saisir ni les bons côtés, ni tout simplement la réalité, dans une vue d'ensemble.

Alors cette semaine, vous et moi, on va essayer d'avancer un peu sur le sujet. Je vous invite à une semaine entière consacrée à la télévision russe, à compter d'aujourd'hui ! Je suis sûre qu'on va découvrir plein de choses, tous ensemble, qu'on va apprendre des informations précieuses sur les séries russes, et qu'on va s'ouvrir un peu plus à la possibilité que tout n'y est pas nécessairement peu reluisant.

Pour être tout-à-fait honnête, les mêmes raisons qui m'ont poussée à lancer cette semaine russe sont les raisons qui m'ont fait la redouter. Pour moi c'est un mini-challenge, l'air de rien, parce que je n'étais pas sûre d'avoir quelque chose à en dire pendant 7 jours.
Et puis j'ai commencé à y réfléchir en mettant mes a priori de côté, et j'ai réalisé que j'en avais beaucoup. Cela a confirmé l'utilité de passer cette semaine téléphagique en Russie !

Tenez, j'ai l'impression de ne rien avoir vu de la télévision russe, mais c'est faux !
Rien qu'à l'occasion de mon premier post sur la Russie, en 2010, j'avais déjà testé plusieurs pilotes ! Et depuis, j'en ai vu quelques autres encore, et il m'est même arrivé d'en parler ici. Pourquoi suis-je si négative ?

Par exemple, j'ai déjà pu évoquer (je le vois à mes tags) la série Shkola. Cette série, dont le titre se traduit tout simplement par "école", est tournée à la façon d'un faux-documentaire dans un lycée (spectateurs de M6, vous avez assisté à quelque chose de similaire avec Le Lycée), mais elle dépeint une réalité qui, pour de nombreuses associations religieuses ou de parents, était exagérée, voire outrageuse.
Le comportement de certains personnages été l'objet de nombreuses réactions, notamment sur le plan de la violence décrite, et pire encore, la promiscuité sexuelle dépeinte dans la série relevait du scandaleux. A la télévision russe, pour autant que je sache, on n'avais jamais montré des adolescents comme ça, et on ne leur avait pas parlé comme ça non plus. Pas sûre que depuis on l'ait refait, d'ailleurs.
D'une durée de seulement une saison (sa créatrice et réalisatrice estimant que tout avait été dit), Shkola parvient pourtant, à plus forte raison pour le téléphage français, à saisir quelque chose d'universel et de tangible sur la réalité de l'adolescence et ses recherches d'excès, loin de l'univers romancé qui est dépeint de dans nombreuses séries que nous connaissons, toutes origines confondues.
Il y a pourtant, en dépit de la bonne distribution de Shkola (le cast est ici, comme souvent dans ce genre d'expérimentations, primordial), quelques séquences du pilote qui rappellent plutôt les travers de la télé réalité ; vous pouvez d'ailleurs voir par vous-mêmes, dans les deux bande-annonces ci-dessous, que tous les personnages ne sont pas égaux devant l'intention de réalisme qu'avance la série.
Mais en dépit de sa forme un peu brute, Shkola parvient, sans peine, à se hisser au niveau des productions adolescentes qui méritent le coup d'oeil. Accessoirement, la seconde bande-annonce devrait aussi vous rappeler quelque chose de la série estonienne Klass: Elu Pärast qu'on a déjà pu évoquer.

C'est la preuve que la Russie peut dont produire des séries adolescentes qui ne sont pas toutes dans la même veine que Zakrytaia Shkola, adaptation russe de la série espagnole El Internado, et qui remporte un fort succès actuellement. Lancée en avril 2011, la version russe en est aujourd'hui à sa 4e saison sur STS ! Mais évidemment, ce ne sont ni les mêmes recettes, ni le même objectif... et là on retombe dans les clichés habituels.

C'est du côté des comédies, on l'a déjà évoqué à plusieurs reprises, que se trouve probablement l'un des plus gros boulets de la télévision russe : Maia Prekrasnaia Niania, Kak ia Vstretil Vashu Mamu et autres Svetofor, toutes déjà évoquées dans ces colonnes (il suffit de suivre les tags), sont quelques adaptations parmi tant d'autres qui nous rappellent que depuis un peu moins d'une décennie, la Russie s'est découvert une vocation de papier-calque.
Pourtant, des séries inédites comme Vosmidesiatye , au pilote duquel j'avais consacré tout un post plus tôt cette année, ou Interny, sont aussi là pour nous rappeler que la créativité n'est pas tout-à-fait morte du côté des comédies russes, même si elle semble parfois vivre sous respirateur.
De toute évidence, Interny est inspirée par Scrubs, mais elle n'en est pas une adaptation littérale, loin de là. Au lieu de prendre pour héros l'un des internes, la série s'est visiblement enthousiasmée pour le personnage le plus cynique du lot (son Dr Cox s'appelle le Dr Bykov), prenant un malin plaisir à le voir torturer les 4 internes qu'il compte dans son service. Les gags sont parfois un peu moins subtils (l'avantage c'est que même avec mon russe au rabais, je les comprends !) mais le pilote dégage sa propre énergie. Peut-être qu'Interny est aussi, sans forcément le savoir, une lointaine cousine de Childrens Hospital, finalement. Qui plus est, avec cette série, la chaîne TNT a fait l'effort, statistiquement et surtout qualitativement rare à la télévision russe, de commander une comédie en single camera, et rien que cette initiative mérite le coup d'oeil, tant le procédé reste mal maîtrisé en général (il suffit pour s'en convaincre d'avoir jeté un oeil à la série douannière Pristavy).

On en parle peu, y compris ici, mais la Russie a aussi un contingent impressionant de soaps et telenovelas, comme Obroutchalnoie Kolcho, ou Serdce Marii.
De la première, je vous ai déjà brièvement parlé à l'occasion des TEFI, mais de Serdce Marii, encore jamais apparemment. Diffusée à l'automne 2011, la série commence par nous montrer deux femmes : l'une, Anna, souffre terriblement de ce qu'on prendra être une crise cardiaque, l'autre, Marie, vient d'avoir un accident. Chacune est accompagnée par son mari à l'hôpital et, curieusement, on ne saisit pas immédiatement le lien qui sera fait entre les deux, alors que c'est aussi évident que la trame scénaristique d'un scénario de Lifetime. Le pilote va ainsi assister sur les douleurs de la première, et l'inquiétude de son entourage. Tandis que la seconde, dont le pronostic vital est engagé, sera finalement à l'écran de manière uniquement détournée. En effet, pendant qu'il s'inquiète, son mari Matvei se perd dans leurs souvenirs communs... mais quand la deuxième femme décède, devinez à qui va son coeur ?
En dépit des clichés que cela représente, Serdce Marii (littéralement, "le coeur de Marie", mais c'est aussi une référence biblique) parvient, avec son premier épisode, à tout de suite dépeindre de façon très tendre la relation qu'a Matvei avec Marie ; cette dernière est un personnage d'un grand naturel (en particulier sachant qu'on est dans une telenovela) qui respire la joie de vivre, expansif et drôle. Anna, de son côté, sans doute de par la maladie un peu aussi, est un peu plus discrète, son petit visage masquant une souffrance dont elle semble s'excuser... Evidemment, la greffe de coeur aura un sens très symbolique : comme souvent dans les fictions parlant de ce sujet, on aime suggérer que l'organe est porteur de tout ou partie de la personnalité du défunt. Et tandis qu'Anna s'éloigne de celui qui l'aime et qui l'a accompagnée dans ses heures les plus difficiles, elle tombe progressivement amoureuse de Mavei, rencontré par hasard, et voit son propre comportement changer. Mais est-ce la greffe, ou le greffon, qui en est la cause ?
Le plus surprenant, c'est probablement de constater le soin apporté, côté réalisation, casting, et production values en général, à une telenovela telle que Serdce Marii. C'est, contre toute attente, le genre de fiction qui fait envie quand il s'agit de fiction russe, parce que cela se rapproche assez près de nos standards, à nous qui sommes habitués aux séries américaines, notamment. Quoi qu'on pense du sujet, Serdce Marii a les qualités d'une production solide.

Et puis, pour finir, il y a déjà eu des surprises moins conventionnelles, comme la série russe de la franchise Law & Order, intitulée Zakon i Porjadok: Odel Operativny Rasledovany, supervisée à son lancement par nul autre que Dick Wolf ; ou plus atypique encore, la série Tcherkizona. Des séries uniques en leur genre sur le territoire russe. On abordera l'une et l'autre au cours de cette semaine, d'ailleurs, avec quelques autres, à l'instar de Nebesniy Soud.

Des séries que j'ai (parfois) évoquées, mais rarement approfondies dans ces colonnes. Une erreur qui sera partiellement réparée cette semaine, même si on n'aura pas le temps de parler de tout le monde. Voyez : finalement, cette semaine russe va à peine suffire !
Maintenant vous comprenez mieux pourquoi pendant ces 7 jours, je vous emmène avec moi, il y a beaucoup à faire. Et j'en suis sûre : on va certainement avoir des surprises !

Posté par ladyteruki à 17:28 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

18-08-12

Une bonne affaire ?

En cette rentrée, whisperintherain et moi-même avons convenu d'un petit défi à deux : nous regarderons absolument chaque pilote de cette saison, et nous rédigerons, chacun de notre côté, un post pour absolument chacun de ces pilotes. Après deux pilotes de format court (l'un d'une dramédie, l'autre d'une merde honteuse), cette fois nous nous attaquons au premier drama de la saison et, eh bien, on avait à peu près une chance sur deux que ça tombe sur une série policière : voici donc venue l'heure de Major Crimes.
Cela va sans dire, mais ça va quand même mieux en le disant : comme toujours, vous trouverez un icône sur lequel il vous suffira de cliquer pour accéder à la critique du pilote de Major Crimes de whisper, et ainsi lire nos deux avis sur un même pilote, que ce pilote nous ait fait le même effet ou non...

MajorCrimes

"Allez on avance, on regarde : des affaires comme ça, faut pas laisser passer ! Il est frais le pilote, il est frais !"

Je ne suis pas trop habituée à faire mon marché chez TNT. Il y a, en définitive, très très peu de séries de la chaîne que je regarde, à plus forte raison depuis la disparition de Men of a Certain Age. En-dehors de la récupération de Soutland (que je me suis promise de reprendre un jour), la chaîne n'a rien accompli qui me donne envie d'ouvrir mon porte-monnaie. Mais comme tout le monde, je suis attentive aux économies, et réceptive aux soldes : les temps sont durs. Et si le stand a priori peu attirant de TNT comporte quelques bonnes affaires à faire, autant ne pas passer à côté. Jetons donc un oeil à la camelotte...

"On se laisse tenter, oui Madame, approchez ! Ah ça c'est de la qualité, ça a fait ses preuves ! Un produit qui se vend tout seul depuis 7 ans, et pas une réclamation !"

Je suis un peu snob, dans le fond : je n'aime pas acheter d'occasion. Or j'ai un peu l'impression que ce produit, tout neuf qu'il soit, est un peu usé. Ca se sent à la finition : en utilisant exactement la même chaîne de montage que The Closer, ce pilote de Major Crimes est un procedural de plus, avec une enquête, un tour dans le labo de la police scientifique, une épiphanie soudaine, et une résolution bouclée en 45mn, main d'oeuvre comprise.
On ne peut même pas prétendre que l'emballage a changé, ce n'est pas le cas. Tout juste si le logo et la mascotte de la marque ont opéré un petit redesign, sans plus.
Bien-sûr, le phrasé étonnamment lent de Mary McDonnell (je ne me rappelais pas qu'elle soupesait ses mots à ce point dans Battlestar Galactica, mais ce n'est pas le moment de me lancer dans une intégrale !) a des vertus calmantes, et sa présence incroyable fait énormément pour couper toute envie de reposer immédiatement le produit sur l'étal, pour d'avancer au stand suivant sans plus tarder. Mais si cet atout, sur le moment, incite à la patience, impossible de ne pas remarquer qu'il est avant tout un cache-misère. Il y a tromperie sur la marchandise...

"Et ce pilote, Madame, il n'est pas à une saison complète, pas à 13 épisodes, non Madame, pour vous, ce sera 10 épisodes !"

Mais dans cet étalage de commerce télévisuel classique, ce qui me choque le plus, c'est certainement le marchandage.
Idéologiquement, Major Crimes est même aux limites du honteux. On n'y trouve aucun débat, aucune confrontation d'idées sur le thème des "deals" offerts aux criminels. C'est un fait imposé : on vous dit que le produit est neuf parce qu'on a ajouté l'option "compromis avec le D.A.", mais en réalité, c'est un cache-misère. Qu'est-ce qui justifie la ristourne de peine offerte au coupable de ce pilote ? Pas grand'chose.
Personne dans Major Crimes n'essaye d'expliquer pourquoi cette "nouvelle" série a décidé de s'orienter non vers la confession, mais vers le compromis. C'est l'alibi de la production pour pouvoir vendre le produit un peu plus longtemps, et l'épisode n'ira jamais chercher plus loin. Ni argument explicitant pourquoi "la peine de mort coûte plus à l'Etat que la prison à vie", ni explication contraire de la part de vieux flic (déjà bien tourné en ridicule dans le reste de l'épisode pour son obstination bornée) qui justifierait sa colère face à ce nouveau procédé. Alors que la peine de mort est, visiblement, au coeur de ce changement de politique des services de L.A., la question est abordée comme n'importe quel autre prétexte de scénario.
Même en ayant l'opportunité d'avoir un véritable cachet, de la profondeur et un propos : en somme, un plus-produit ; Major Crimes refuse d'être autre chose qu'une déclinaison parmi tant d'autres d'une formule qui est survendue par les chaînes américaines depuis maintenant une douzaine d'années.

"Ah, on est dure en affaires, hein ? On vous la fait pas à vous ! Allez, adjugé à la petite dame ! Ce sera parfait à regarder en pleine canicule !"

Non, vous savez quoi ? Même à ce prix-là, ça vaut pas le coup.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:38 - Review vers le futur - Permalien [#]

Eternel commencement

On dit que "loin des yeux, loin du coeur". Ce n'est pas toujours vrai en matière de téléphagie.
Ainsi, il y a des séries auxquelles je pense très souvent ; mettons, au moins une fois par mois ce qui, vu le nombre de séries que je vois passer, visionnages, tests de pilotes et lecture de news inclus, est plus significatif qu'il n'y parait. Et en général j'y pense en ces termes : "rha, faudra que je prenne le temps de me faire un marathon, un de ces jours". The Starter Wife est de ces séries-là, et inutile de dire que le marathon Will & Grace, pendant l'été 2010, et le visionnage de Smash, cette année, n'ont rien arrangé à notre affaire. C'est le Messing effect.

Alors, pendant que je n'avais plus internet chez moi, et profitant que les DVD étaient à un prix ridicule, j'ai décidé de me faire une intégrale.

TheStarterWife-Promo

Le ton de la mini-série est léger mais pas à l'extrême, parfait pour l'été ; permettant très vite, de surcroît, de s'attacher à Molly Kagan (interprétée par Debra Messing, donc), personnage sympathique par excellence qui est grandement aidé par le fait que son mari Kenny est incarné par Peter Jacobson, l'empaffé parfait.
En fait, j'avais oublié à quel point j'adorais The Starter Wife en redécouvrant le pilote, que je n'avais pas revu depuis sa diffusion initiale, voilà donc 5 ans. Entre nous, je suis à peu près sûre de l'avoir aimé encore plus cette fois-ci. Est-ce parce que les personnages m'étaient, dans le fond, déjà un peu familiers ? Toujours est-il qu'il m'a semblé ressentir très tôt l'impression d'amitié sincère entre ces personnages.

Il y a dans l'entourage de Molly des personnalités qui s'imposent immédiatement comme extrêmement fortes.
Cricket, d'abord, la meilleure amie, la confidente, qui soudain doit mettre de la distance avec Molly parce que son mari a besoin de rester en bons termes avec Kenny. Leur relation, à la fois sincère et abimée par le divorce des Kagan, n'est pas tellement exploitée ; pour des raisons évidentes, peu de scènes mettront Molly et Cricket dans une situation commune au début de la mini-série, montrant ainsi plutôt ce qui les sépare que ce qui devrait les réunir. Mais dés que les deux femmes partagent quelques instants, leur amitié est palpable.
A côté, Joan l'alcoolique et surtout Rodney le gay flamboyant font figure de seconds rôles, bien qu'étant plus présents à l'écran. Joan, visiblement plus âgée que le reste de la bande, et occupée par la cure de désintox forcée où l'a inscrite son mari Pappy, est du genre un peu acariâtre, sarcastique et tête de mule, mais Judy Davis nous offre de grandes scènes lors des séances de thérapie où son personnage ment comme un arracheur de dent.
Rodney, qui doit sa plastique parfaite à Chris Diamantopoulos, est plutôt le soutien inconditionnel de tout un chacun, l'ami gay indeffectible, un peu idéalisé, qui est là pour faire des blagues, servir des cocktails et parler des extravagantes demeures de stars qu'il redécore quand on veut se changer les idées. Mais son lien avec Molly et Joan est tangible (un peu moins dans le cas de Cricket), et du coup ça fonctionne quand même.

En-dehors de ces personnages se dirigeant généralement vers le cap de la quarantaine (sauf dans le cas de Joan qui l'a visiblement franchi il y a un bout de temps), la mini-série aborde aussi le contexte dans lequel les personnages évoluent : la haute-société de l'industrie cinématographique.
Et il faut admettre que, dans sa façon de décrire l'univers hollywoodien, The Starter Wife met relativement souvent dans le mille (ou ce qui semble être le mille pour quelqu'un qui n'a jamais vécu dans ce milieu). L'idée est de mettre l'accent non pas sur le glamour, mais l'absurdité de ce glamour, une nuance qui permet à la fois à la mini-série d'être dans la débauche de soleil, de belles demeures, de grandes fêtes et de tenues de grand couturier, et de prendre tout ça avec détachement voire même, parfois, sarcasme.
Molly a navigué pendant des années dans cet univers dont désormais elle est exclue, simplement parce que son mari a décidé de demander le divorce ; si les épisodes mettent assez peu en avant, finalement, ce que représente le concept de "starter wife" (la femme avec laquelle on a démarré dans la vie, qui a essuyé les plâtres, mais avec qui on n'a pas l'intention de la finir), en revanche le thème de la mise au ban est parfaitement intégré aux histoires.

Désoeuvrée, Molly va se tourner vers Lou, le patron de Kenny, un producteur surpuissant à Hollywood qui fait partie des rares à ne pas lui tourner le dos, voire même à manifester un intérêt sincère envers elle.
Ce qui fonctionne immédiatement, c'est que Molly et Lou sont sur la même longueur d'ondes, probablement parce que Debra Messing et Joe Mantegna sont exactement sur le même registre. Leurs scènes à l'écran font des étincelles. Et puis, ce personnage de producteur au bout du bout, qui n'en peut plus d'être si puissant qu'il se sent aussi étranger à Hollywood que peut l'être, malgré elle, Molly, est diablement efficace, et sort des poncifs sur les producteurs tel que celui que nous sert Kenny (et qu'on peut retrouver avec Peter Dragon dans Action!). Lou est, avant d'être le mec le plus important de toute la Californie, un être humain, chose que tout son entourage a oublié. Quand il dit qu'il aimerait qu'on oublie son anniversaire au lieu de lui envoyer des cadeaux fastes mais impersonnels juste pour cirer ses pompes, il est magnifique. Il faudrait, à n'en pas douter, plus de personnages comme Lou dans les séries parlant du monde hollywoodien.

Les premiers épisodes vont montrer comme Molly, qui est démolie par la séparation d'avec son mari (essentiellement parce qu'elle ne l'a pas vue venir et qu'elle l'a apprise alors qu'il l'a appelée au beau milieu de la nuit pour la prévenir), tente de se retrouver, à la fois en tant qu'être humain et que femme. De ce côté-là, Messing donne d'ailleurs vraiment le meilleur d'elle-même. La séquence dans la salle de bains, par exemple, pendant laquelle elle se redécouvre, n'a rien à envier à celle du pilote de Cougar Town dans lequel Courteney Cox fait l'inventaire de ses preuves de vieillesse.
Comme toujours, Debra Messing apporte un regard tendre, mais jamais emprunt de sentimentalisme, à son personnage ; même pathétique elle reste toujours touchante, et même touchante, elle ne sombre jamais dans les violons. La voix-off de Molly est d'ailleurs plus conçue comme l'expression de ses monologues intérieurs, que pour décrypter la narration des épisodes ; le personnage est dans une quête, il cherche une identité qu'il a perdue lorsqu'il s'est marié, et c'est ce que tente de décrire la mini-série The Starter Wife. Au-delà du monde hollywoodien, c'est une vraie série sur le divorce.

Plus tard, et notamment une fois les surprises de Lou passées, la mini-série The Starter Wife mettra plutôt l'accent sur les amours de Molly, avec Sam, un séduisant clochard brisé par la mort qu'il a provoquée voilà quelques années, et qui n'a rien de commun avec l'univers tape-à-l'oeil dans lequel Molly évolue. Les questionnements amoureux, s'ils ont (en particulier à mes yeux) assez peu d'intérêt, ont tout de même le mérite de ne pas être totalement abrutissants.

Mais la bonne idée de The Starter Wife, c'est aussi de ménager quelques séquences impromptues totalement déjantées, comme le début du pilote qui nous montre toute la petite bande plongée dans l'univers du Magicien d'Oz, un vrai bonheur fait de métaphores parfaites sur la mariage, le divorce, ou plus rarement la vie hollywoodienne.

TheStarterWife-Fantasy

Lorsque le second DVD de la mini-série est parvenu à son terme, j'étais à la fois ravie et fâchée. Je venais de me rendre compte qu'en fait, je m'étais arrêtée là et n'avais jamais vu la suite. Ca tombait donc super bien : j'avais également commandé la première saison ! Alors j'ai rempilé.

C'est donc à ce moment-là que j'ai déchanté. La première saison de The Starter Wife n'a rien à voir avec la mini-série du même nom.

Déjà parce que les changements de casting sont énormes. Evidemment, on devine qu'entre la mini-série et la première saison, les acteurs concernés avaient de nouveaux engagements et qu'il n'ont pu revenir à The Starter Wife, mais ça n'empêche pas que ça fait barrage lorsqu'on commence les nouveaux épisodes.
Il y a d'abord Miranda Otto, ici kelleyrisée alors que son amitié, sa présence, avaient formé un axe assez important de la mini-série. Qui plus est, vu l'esprit de franche camaraderie "adulte" (par opposition aux amitiés d'adolescents attardés à la Friends ou New Girl) qui régnait précédemment, c'est une véritable perte qui affaiblit énormément la structure de la série ; mais on va y revenir plus tard. Le problème touche aussi des personnages moins importants, du genre de Lavender ; la jeune femme, incarnée par la toujours parfaite Anika Noni Rose (partie entretemps sous le ciel du Botswana pour tourner The No. 1 Ladies' Detective Agency), apportait une vraie force à la mini-série, et ne sera remplacée que sur le point de vue des quotas (avec l'apparition de Liz) mais pas du tout pour ce qui est de l'aspect plus pragmatique du personnage, vu que Lavender était la seule à avoir les pieds sur terre.
Le SDF Sam a également été écarté ; c'est expliqué en 10 secondes au début du premier épisode de la saison, et point barre. Tout juste s'il y est fait mention ensuite : plus tard, quand Molly pense à son bagage amoureux et qu'un homme en caleçon rouge apparait, le visage un peu masqué, dans une séquence fantasmée, ce sera la dernière fois que sera mentionné celui dont elle était pourtant follement amoureuse pendant la mini-série. C'est tout, merci Sam, et à la revoyure. Un peu brutal, non ?!

On peut aussi observer des remaniements de distribution qui, s'ils s'expliquent, n'en sont pas moins difficiles à avaler. Le plus gros d'entre eux : adieu Peter Jacobson. L'épouvantable époux de Molly prend désormais les traits de David Alan Basche, dont on jurerait qu'il a 10 ans de moins, et qui change totalement le rôle : de pauvre connard, Kenny devient juste un type un peu paumé, limite attendrissant.
Cela à dessein, d'ailleurs. Car dans cette saison, qui fait des affaires amoureuses de Molly l'une de ses priorités, l'héroïne rencontre Zach, un nouvel homme dont elle s'éprend, mais ne parvient pas vraiment à mettre son mari Kenny de côté (elle y avait pourtant fort bien réussi dans la mini-série). Devenu plus séduisant dans cette saison, le personnage de l'ex ne choque plus vraiment comme enjeu amoureux potentiel : il est séduisant, après tout, avec sa mine déconfite et ses manières un peu automatiques de s'imposer à Molly parce qu'ils sont habitués l'un à l'autre. C'est un tort : en réalité, c'est très difficile à avaler quand on vient de voir la mini-série, mais le nouvel acteur permet d'avoir l'impression d'avoir un nouveau personnage. Kenny se transfigure, et n'a de commun avec le personnage de la mini-série qu'une chose : il a un passé avec Molly, qui ne demande qu'à redevenir futur.

Dans sa quête d'elle-même, Molly se montre également moins touchante. Certes, elle essaye comme elle peut de s'affirmer par l'écriture. Mais tout a changé, comme pour devenir plus "bankable". Ainsi, dans la mini-série, Molly écrivait-elle des livres pour enfants ; mais ici, son projet est bien différent. Sans vouloir trop en dire, on ne peut qu'admirer l'ironie que prend la carrière de Molly dans l'écriture. Il faut voir sa réunion avec des producteurs (dont David Shatraw, ex-Tommy de Titus, bien atteint par le poids des ans et des kebabs) pour comprendre à quel point la série a changé. Au lieu de permettre à Molly de prendre le contrôle de sa vie, sa carrière d'auteur symbolise son retour en grâce dans la société hollywoodienne.
Ce phénomène se ressent aussi de par l'utilisation très lourde des soliloques, Molly devenant une narratrice plus classique, et ses monologues  n'apportant pas beaucoup de valeur ajoutée aux épisodes.

L'esprit des séquences fantasmées a, pour finir, totalement changé. Désormais ces scènes sont systématisées, et reprennent de façon assez peu imaginative des standards de la culture cinématographique, à l'instar de la scène du décroisage de jambes de Basic Instinct (qui compte probablement parmi les scènes les plus référencées de l'histoire, non ? Allons donc, songez qu'il y en avait déjà une parodie dans Une Nounou d'Enfer !) ou la scène de fin de Casablanca. L'exercice de style n'a pas de tort sur le principe, mais en répétant, épisode après épisode (et presque systématiquement dans la scène d'ouverture), la même figure imposée, The Starter Wife perd énormément de son charme fantasiste.

TheStarterWife-BasicInstinctLa saison de The Starter Wife était condamnée AVANT que Cibrian ne se pointe, c'est dire.

Et puis les intrigues de cette saison sont un peu aléatoires. Il n'y a pas de plan : les réorientations en cours de route sont fréquentes et touchent à peu près tout le monde.

Ainsi, Joan commence à travailler dans le centre de désintoxication où elle avait fait sa cure avortée ; une mission intéressante, qui l'amène à faire des changements dans sa vie. Mais ces changements, non-assumés scénaristiquement, connaissent des rebondissements parfaitement inutiles. Les deux derniers épisodes tourneront même la chose à la caricature, ce qui fait que la crise de la, hm, disons cinquantaine, de Joan, est totalement tournée en ridicule alors qu'elle avait commencé sous des auspices plutôt favorables.
Le nouveau personnage de Liz s'avère quant à lui totalement stérile. Les intrigues sont encore plus changeantes le concernant et ça vire franchement au soap de bas étage. Et comme dans tous les soaps de bas étages, l'amitié avec les personnages principaux finit par sembler être un prétexte, quand le reste du temps, les personnages blacks restent entre eux.
Le seul à tirer convenablement son épingle du jeu est Rodney. Il s'est trouvé une belle intrigue, quoi que pas forcément très approfondie quand les tribulations de Molly prennent trop de place, dans son histoire pourtant assez cliché avec l'acteur de films d'action Felix qui refuse de sortir du placard, afin de ne pas endommager sa carrière (une histoire qui avait été vue dans Action!, mais cette comédie n'avait pas pour vocation de prendre le sujet au sérieux). Même si dans sa valse hésitation, Rodney va longtemps nous faire mariner, le personnage n'en est pas moins touchant et les développements qui le concernent lui donnent plus d'épaisseur que dans la mini-série. Avec ce character development réussi, Rodney devient le personnage qui aura le plus évolué entre la mini-série et la saison, et probablement l'un des plus attachants.

Mais en choisissant de donner plus de gravité à des personnages comme Joan et Rodney, et en accordant également du temps à ce nouveau personnage de Liz, The Starter Wife met ici l'accent sur l'éclatement entre les personnages. Leurs scènes ensemble démontrent une parfaite alchimie ; Rodney et Molly, en particulier, sont extrêmement attachants. Mais le problème c'est que l'atmosphère qui régnait dans la mini-série a totalement disparu. A ce problème narratif, il faut encore ajouter un autre plus circonstanciel : au lieu de se retrouver toujours au même endroit (dans la mini-série, il s'agissait de la maison sur la plage de Joan, habitée le temps de l'été par Molly et sa fille, mais aussi Lavender et sa mère, Joan à son retour de cure, Rodney, et même occasionnellement Sam), les personnages mènent ici chacun leur vie. La nouvelle maison de Molly est très présente, mais les autres n'y viennent quasiment jamais. L'absence d'un décor commun pour les tourments séparés de chacun n'aide pas cette impression d'éclatement, donc.

Alors au final, cette intégrale de The Starter Wife, une déception ? Bah pas vraiment... mais je suis bien forcée de reconnaître que finalement la mini-série se suffit à elle-même, à plus forte raison si on veut rester sur une bonne impression.
Et puis, 16 épisodes en compagnie de Debra Messing, franchement, il y a pire, et elle reste lumineuse, charmante et adorable de bout en bout, se donnant à fond pour les scènes fantasmées (la voir grimée en Lara Croft sera probablement l'un de mes meilleurs souvenirs de l'été, surtout quand on connait la taille de soustale de Messing, qui n'a jamais fait de mystère de ce côté-là) et parvenant toujours, malgré tout, à rester la Debra Messing que l'on aime.
Enfin je sais pas pour vous, mais moi oui. Alors non, pas de regret.

Mais il y a des chances pour que mon DVD de la saison prenne quand même un peu la poussière sur le long terme...

Posté par ladyteruki à 19:36 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

17-08-12

To be continued... Boss

Ce soir. C'est ce soir que revient l'une des meilleures séries de 2011 ! Ca ne se voit pas forcément, là, comme ça, mais j'ai du mal à contenir mon enthousiasme. Bon, je trouve un peu étrange de commencer la diffusion de la deuxième saison de Boss en août, mais en-dehors de ça, vraiment je suis extatique. Vous n'avez pas idée. Boss !

Alors forcément, je me suis dit que j'allais vous proposer un post To be continued... histoire de se remettre dans le bain. Le concept ne change pas, il s'agit toujours de tenter de résumer chaque épisode à l'aide d'une capture et d'une phrase, pas plus. Parce que ça a beau être une grande série, ça fait quand même huit mois que la diffusion s'était interrompue, et ça ne peut pas faire de mal de se remettre un peu les idées en place.
Suivez-moi, aujourd'hui, direction Chicago...

BossUS - 1x01
1x01 - Ou quand l'homme le plus puissant de la 3e ville la plus puissante des USA apprend qu'il peut tout garder sous contrôle, sauf son corps.

BossUS - 1x02
1x02 - Comme une fenêtre sur le futur...

BossUS - 1x03
1x03 -
Le scoop a un arrière-goût de jus d'orange.

BossUS - 1x04
1x04 - Oh-mon-Dieu elle a un coeur.

BossUS - 1x05
1x05 - Hélas pour le maire Kane, certaines choses ne sont pas de simples hallucinations.

BossUS - 1x06
1x06 - Pas le moment de flancher, Kitty, les choses n'ont jamais été aussi mal barrées.

BossUS - 1x07
1x07 - Pour pouvoir renaître de ses cendres, le phénix joue les pompiers pyromanes...

BossUS - 1x08
1x08 - Un dernier épisode comme une expédition punitive d'une heure.

Quand je regarde Boss, j'ai un peu l'impression d'emmener du boulot à la maison, et pourtant ça me plaît : allez comprendre. Il y a, probablement, une part de masochisme à attendre avec impatience le retour d'une série qui n'aura jamais accordé une minute de répit à ses spectateurs, et ne fera rien, de surcroît, pour arranger leur cynisme politique, voire leur écoeurement.
Mais vous me connaissez, j'aime qu'une série me torture lentement, presqu'imperceptiblement, avant de m'en prendre plein la poire juste quand je pense avoir acquis des certitudes. Du coup, inutile de vous préciser que je sais déjà quelle sera la première chose que je ferai demain en me levant... Et vous ?

Posté par ladyteruki à 22:58 - To be continued... - Permalien [#]

16-08-12

lady's world tour - Escale n°14

-- World Tour --

Il s'agit de ne pas mollir !
Maintenant que vous vous êtes remis dans le bain (et moi avec) de l'actualité télévisuelle internationale, on va donc ne pas se décourager en si bon chemin. Amis téléphages, en route vers un nouveau tour du monde ! Si tout se passe bien et que je ne bavarde pas trop, ça devrait être un peu plus court que la dernière f-... oui enfin, vous n'êtes pas dupes, alors j'arrête d'essayer de vous raconter des bobards.

M'appuyant sur les quelques retours reçus la semaine dernière, j'ai décidé d'adopter la nouvelle mise en forme alphabétique et par pays. Mais comme toujours, cette rubrique est la vôtre, alors n'hésitez pas à me faire part de vos préférences. D'ailleurs, vous qui aimez bien l'Irlande, vous allez voir, j'ai pensé à vous dans ce nouveau world tour...

Pastewka

- ALLEMAGNE :

* Sur Das Erste, il existe une case horaire entièrement dédiée, tout au long de l'année, aux séries policières : Heiter bis tödlich ("souvent fatal"). La case, qui est apparue en octobre dernier les jeudis à 18h50, a déjà accueilli plusieurs séries, parmi lesquelles Hubert & Staller ou München 7, qu'on a déjà pu évoquer. Ainsi, certaines séries policières trouvent ici un créneau appropriété (München 7 existait depuis 2004), quand d'autres y trouvent le créneau parfait pour débuter (c'était le cas de Hubert & Staller en novembre). D'ailleurs à la rentrée, une nouvelle série démarrera dans la case le 20 septembre, Fuchs und Ganz, tournée depuis l'été 2011 et qui attendait patiemment son heure. Das Erste ne s'arrête pas en si bon chemin et a déjà mis en chantier le tournage des prochaines séries de la case, avec Zwischen den Zeilen, dans laquelle deux journalistes totalement différents font équipe. Un concept qui n'a rien de très novateur (ce n'est pas l'objectif de la case), et qui devrait apparaitre sur les écrans allemands au printemps 2013.
* Et la rentrée allemande bat décidémment son plein puisque la comédie Pastewka revient le 21 septembre sur Sat.1 ! La série, inspirée par le concept de Curb your Enthusiasm, met en scène le comédien Bastian Pastewka dans son propre rôle ; la grosse différence étant que l'improvisation est quasi-absente de la série allemande. Diffusée depuis novembre 2005, la série aborde ainsi sa 6e saison cette année, comportant comme la précédente 10 épisodes. La chaîne Sat.1 fera également débuter une nouvelle dramédie médicale dans laquelle deux chirurgiens se disputent tout en se tournant autour, Auf Herz und Nieren, le 17 septembre, que vous retrouverez évidemment dans le Pilot Watch.

SosMiHombre

- ARGENTINE :

* Alors ça, c'est une chouette initiative ! Masashi Mizukami, l'ambassadeur du Japon en Argentine a apporté dans ses valises de bien beaux cadeaux pour la rentrée : de nouveaux équipements pour la chaîne publique, Canal7, afin de célébrer la longue amitié entre les deux pays. Bon, c'est pas non plus venu comme une envie de pisser à l'ambassadeur, hein : en 2010, les deux pays avaient signé un accord de coopération, dont le don n'en est que la partie la plus visible ; des documentaires et émissions éducatives doivent également être produits dans les deux langues. Pour rappel, l'Argentine a adopté en 2009 les normes japonaises pour tout ce qui concerne le numérique, et l'aide technologique du Japon lui permet de sortir aussi vite que possible de l'ère analogique. L'histoire ne précise pas ce que le Japon peut y gagner...
* Rentrée un peu anticipée pour El Trece, qui a décidé de lancer une nouvelle série dés mardi prochain. Le 21 août à 21h30 débutera donc la série Sos mi hombre (en photo ci-dessus) écrite par Leandro Calderone, une romance qui met en scène un ancien boxeur à la retraite qui, pour gagner sa vie et obtenir la garde de son fils, est devenu pompier. Il va rencontrer une médecin très aisé et engagée dans le bénévolat, qui va, vous vous en doutez, changer sa vie à bien des égards. Le tournage est tout récent (il a débuté à la fin juin !) et a commencé dans la chaleur... puisque la première scène tournée, celle de la rencontre entre les deux personnages principaux, était un incendie !

HouseHusbands

- AUSTRALIE :

* Vous pensiez qu'en ce mois d'août, avec pas moins de 3 nouvelles séries, l'Australie ne chômait pas. Vous n'aviez rien vu. Nine commence à diffuser des promos pour la série House Husbands... et ces bande-annonces portent la mention "prochainement" ! La série, initialement présentée comme une dramédie et à présent comme un drama à part entière, s'intéresse à 4 pères au foyer, dont un gay, qui découvrent les joies quotidiennes procurées par l'éducation de leurs enfants. La série comporte au générique Gary Sweet (Rescue: Special Ops), Rhys Muldoon (Lockie Leonard), Gyton Grantley (Underbelly et East West 101) et Firass Dirani (East West 101 ou plus récemment The Straits). En tout, 10 épisodes d'une heure sont prévus pour ce qui ressemble à vue de nez à la réponse australienne à Modern Family...
* Malgré les nouveautés qui nous tombent dessus, les séries déjà bien ancrées dans les grilles australiennes ne tombent pas en désamour pour autant. La preuve, Winners & Losers vient d'être renouvelée pour une troisième saison ! Nos quatre héroïnes seront toutes de retour, avec évidemment quelques ajustements pour les seconds rôles. Ce sont donc au total 4 séries dramatiques qui sont produites en in-house par le network australien (3 d'entre elles étant l'oeuvre de Bevan Lee, puisqu'il faudra bientôt compter la nouveauté A Place to Call Home), et ce n'est pas prêt de se calmer !
* Parlons audiences maintenant. Vous savez tous que Puberty Blues a démarré hier (et vous avez intérêt à y jeter un oeil !), eh bien voilà les résultats : 925 000 spectateurs pour le premier épisode, un résultat plutôt positif (sans en faire un énorme hit). La série n'a pas dominé la case horaire, puisque The Amazing Race Australia l'a emporté de peu avec 976 000 spectateurs, mais Ten est très satisfaite, d'autant que le retour sur les réseaux sociaux est excellent et que la série est seconde sur les tranches démographiques 6-39, 18-49, et 25-54 ans. Une bonne nouvelle dont Ten avait bien besoin, après avoir passé les derniers jours dans la tourmente. Ainsi, plus tôt cette semaine, c'est Underbelly: Badness qui avait dominé la grille sur Nine, avec un excellentissime démarrage : 1,78 million de spectateurs pour le pilote, laissant Ten loin derrière avec à peine 304 000 spectateurs pour sa nouvelle émission de télé-réalité Everybody dance now.
* Enfin, pour ceux qui n'auraient pas relevé quand j'en ai parlé sur Twitter, les séries australiennes Rake et Lowdown reviennent chacune pour une seconde saison le 6 septembre prochain !

RedeGlobo

- BRESIL :

* La télévision terrestre a encore quelques bonnes années devant elle avant de disparaitre du Brésil. A l'origine, le plan du Gouvernement était que le tout-numérique serait instauré en 2016. Actuellement, l'infrastructure permettant de recevoir Globo en numérique touche 50% des foyers brésiliens, un nombre qui devrait atteindre 70% pour la Coupe du Monde de Football de 2014 qui se déroulera au Brésil. Mais les deux années suivantes ne devraient pas être suffisantes pour couvrir les autres territoires, souvent situés dans des zones moins peuplées et/ou accessibles. Il reste toujours la possibilité d'être accessible via le satellite, mais Globo, leader des chaînes gratuites, ne veut envisager cette solution qu'en dernier recours. Du coup, le tout-numérique au Brésil, ça pourrait être carrément à l'horizon 2020.

BombGirls-Reelz

- CANADA anglophone :

* Les filles de Bomb Girls préparent leur grand retour ! La deuxième saison de la série est en effet entrée en production un peu plus tôt ce mois-ci, et le tournage se poursuivra jusqu'à la mi-décembre environ. On l'avait évoqué il y a plusieurs mois, mais vous avez dormi depuis, alors je me permets de souligner que cette nouvelle saison comptera 12 épisodes, contre 6 pour la première saison ; l'acteur Michael Seater (Derek) rejoint le cast pour cette occasion. Pour note, Bomb Girls sera diffusée à partir du 11 septembre par ReelzChannel aux USA.

LanceetCompte

- CANADA francophone :

* On n'en finit pas de parler de rentrée, avec cette fois les ondes québécoises. On n'a pas encore la date exacte, mais Radio-Canada devrait faire débuter Unité 9, son nouveau téléroman se déroulant dans une prison pour femmes, le mardi soir à 20h dans le courant du mois de septembre ; 25 épisodes sont commandés pour le moment. Même chose pour la comédie Adam & Eve dont on parlait la semaine dernière, et qui ne devrait donc plus tarder à débuter.
* La série Lance et compte (ci-dessus en photo), véritable institution de la télévision québécoise, fera également son retour. La série s'était interrompue après sa 7e saison, faisant place à un film sorti à la toute fin de l'année 2010. Et puis, la 8e saison avait été mise en chantier, et depuis, plus rien. La voilà donc, cette nouvelle saison, sous le nom Lance et compte : La déchirure, permettant aux spectateurs canadiens de renouer avec leur équipe de hockey sur glace préférée, qui reprend du service un an après un tragique accident de bus qui a coûté la vie à certains d'entre eux...

Separados

- CHILI :

* La semaine dernière, El Reemplazante, une série en 12 épisodes commandée par TVN, a achevé son tournage. La série met en scène Iván Álvarez de Araya dans le rôle de Carlos, un exécutif d'une grande société financière qui, crise aidant, se retrouve à la rue lorsque celle-ci fait faillite. Il décide donc de se partir se ressourcer dans la maison de son enfance, et c'est là qu'on lui apprend qu'un poste lui tend les bras : prof dans son ancien lycée un peu défavorisé. L'originalité de la série, c'est que les jeunes interprétant les lycéens ne sont pas des professionnels, et ont participé à un atelier avant de tourner la série. Par contre, on n'a pas encore de date de diffusion, mais gardons l'oeil ouvert...
* Qui se souvient qu'on a parlé de Reserva de Familia, l'adaptation chilienne de la série espagnole Gran Reserva ? C'est bien. Mais j'espère que vous ne vous êtes pas trop attachés, car la nocturna touche lentement mais sûrement à sa fin. TVN a en effet lancé ce mardi le tournage de la série qui doit en prendre le relai, Separados. C'est notre photo ci-dessus est c'est aussi une nouvelle dramédie dans laquelle nous pourrons suivre cinq divorcés qui tentent de refaire leur vie. Tous sont installés dans la maison dont Pedro (incarné par Jorge Zabaleta), le personnage principal qui vient de plaquer son boulot et sa femme insupportable, a hérité. Avec cette nouvelle production, TVN décroche aussi un record : elle est la chaîne qui, en 2012, aura acheté le plus de fictions originales.
* Pour finir, la série Profugos, produite pour HBO Latino, a eu l'honneur d'une projection aux USA à l'occasion de l'International Latino Film Festival de New York. La chose n'est pas courante et mérite d'être saluée, en particulier parce qu'elle était suivie d'un panel entre le réalisateur Alberto Ferraras et l'acteur Francisco Reyes, qui se sont livrés à une interview mutuelle devant les festivaliers. Une pause sympathique pour l'équipe qui tourne actuellement la seconde saison...

SARFT

- CHINE :

* J'ai un vrai problème de sources avec la Chine. Chaque fois que je tombe sur des news, ce sont de sombres histoires de censure, c'est d'un triste... Aujourd'hui ne fait hélas pas exception, avec de nouvelles directives émises par la SARFT, l'autorité de régulations de l'audiovisuel chinois. Les nouvelles séries devront ainsi répondre à des impératifs tels que : une série devra clairement identifier les gentils d'une part et les ennemis de la révolution d'autre part ; une série ne devra pas insister sur les conflits familiaux ; une série ne fera pas de plaisanterie sur l'Histoire ; une série ayant pour thème l'entreprise ou l'économie devra véhiculer des valeurs positives... Ces nouvelles "recommandations" interdisent également, dorénavant, les adaptations de jeux videos... ou les remakes de séries étrangères. Et là, bon, j'avoue que j'ai presque envie de recommander à certains pays de s'en inspirer, qu'en dites-vous ?
En tous cas il se murmure qu'avec les restrictions imposées en décembre dernier sur les thèmes des séries de primetime (auxquelles viennent donc s'ajouter ces nouvelles trouvailles), l'industrie de la fiction chinoise pourrait produire cette année seulement un tiers environ de ce qui a été produit en 2011, de nombreux projets n'ayant pas reçu de feu vert par la SARFT, notamment lorsqu'ils impliquaient des intrigues de palace (horreur !), des voyages dans le temps (c'est mal !) ou encore des séries policières (...mais comment les blâmer ?). D'après EntGroup, un cabinet média basé à Pékin, 30 000 épisodes de séries ont reçu une autorisation en 2011, contre 14 000 cette année pour le moment. Les webséries, qui ne sont pas touchées par les restrictions de la SARFT, sont soupçonnées de connaître un boom dans les prochaines années en réponse à ce phénomène.

Matador

- DANEMARK :

* Vous savez quand je suis toute contente de dénicher une nouvelle récompense télévisuelle à laquelle m'intéresser ? Eh bien, cette année, les TvPrisen danois vont être un petit peu moins sympathiques... Le groupe SBS a en effet décidé de ne soumettre aucune série et de ne tout simplement pas participer à la cérémonie, qui se déroule dans le cadre du TvFestival de Copenhague, qui s'ouvrait aujourd'hui. Il ne s'agit pas simplement de refuser les statuettes : subventionner ce festival a un coût, que le groupe a décidé de ne plus assumer, laissant à DR et TV2 tout loisir de signer des chèques si ça les amuse. Cette année, l'invité d'honneur du TvFestival est HBO : la projection de The Newsroom a en effet servi d'avant-goût, hier soir, à l'évènement, et un panel HBO: King Of Drama était organisé cet après-midi ; enfin, une rencontre avec Alan Poul est prévue demain. Aucun employé de SBS ne sera présent ni pendant les différents panels et ateliers, ni au moment de la cérémonie demain soir. Insérez ici les "ooooh" navrés.
* Sur un ton moins sérieux, vous ne pouvez pas ignorer l'existence de la série historique Matador, la mère de toutes les séries danoises qui, en 1978, était devenue un véritable phénomène. Alors voici une petite information qui vous donnera le sourire. La semaine prochaine, Matador entamera une nouvelle rediffusion sur DR1 (pour contrer The Voice sur TV2) ; la précédente rediffusion, il y a 6 ans, avait réuni en effet 1,5 millions de spectateurs en moyenne chaque semaine. Eh bien, pourtant, les DVD de Matador (en version remasterisée avec grand soin) se sont écoulés à ce jour à 3,6 millions d'exemplaires, et il a passé 112 semaines au total dans le Top20 des DVD les plus vendus du pays depuis leur sortie en 2009 ! Et les Danois continuent de réclamer des rediffs quand même ! Touchant, non ?

PolseresVermelles

- ESPAGNE :

* En cette période estivale un peu creuse, c'est une série pas comme les autres qui emporte l'adhésion du public le lundi soir. Antena3 diffuse en effet en ce moment Polseres Vermelles (sous le titre Pulseras Rojas), une série en 13 épisodes d'abord vue sur la chaîne catalane TV3 au printemps 2011 (et qui avait rassemblé un demi-million de spectateurs). La série s'intéresse à l'aile pédiatrique d'un hôpital, dans laquelle plusieurs enfants et adolescents se rencontrent et se lient d'amitié. La série est inspirée par l'expérience de son créateur, Albert Espinosa, entré à 14 ans dans un service similaire et sorti seulement 10 années plus tard, et qui souhaitait dépeindre la vie à l'hôpital non pas du point de vue (souvent pessimiste) des professionnels, mais de celui des patients. Il était à un moment question que la série soit adaptée pour les USA par Martha Kauffman mais ça fait quelques temps qu'on n'a plus entendu parler du projet Red Band Society. En tous cas, c'est la série du moment en Espagne, et pour cause : lundi sur Antena3, elle a réussi à dominer toute la case horaire. Et pourtant en face, il y avait Kill Bill sur Cuatro, par exemple. C'est aussi la première fois depuis 1994 qu'une série catalane trouve le chemin d'une diffusion nationale... Ah et, le mois dernier, une deuxième saison a été mise en chantier. Voilà voilà. Et sinon, Martha, toujours pas envie de se hâter ?

Ramayan

- INDE :

*Ah, on n'avait pas encore parlé de l'Inde ce mois-ci ! On va même parler religion, et plus précisément du Ramayana, un poème épique de plus de 24 000 vers, fondamental dans la religion hindoue. Son héros est Rama, un prince qui, afin de se conformer aux principes de sa religion, abandonne trône et fortune pour s'exiler. Cette histoire incontournable de la culture indienne a déjà fait l'objet d'une série en 1987, diffusée par la chaîne publique Doordashan, Ramayan, avant qu'Imagine TV ne sorte une nouvelle adaptation en 2008, sous le même titre. Cette fois c'est Zee TV qui a décidé de lancer une nouvelle mouture ce dimanche 12 août, toujours sous le titre Ramayan, mais avec un twist : elle a accordé à la chaîne publique Doordashan la possibilité d'un simulcast des épisodes. Doordashan peut ainsi diffuser le dimanche matin une série Zee sans jouer aucun rôle dans la conception, et c'est tout bénef ! Quant à Zee TV, sa stratégie est de toute évidence de toucher des publics très différents et d'élargir la cible des séries. C'est la première fois qu'une série est diffusée en parallèle sur une chaîne privée du satellite et la chaîne nationale publique ; une initiative d'autant plus intéressante que c'est aussi la première fois que les ingrédients sont réunis pour tester son accueil par le public via les réseaux sociaux. Joli clin d'oeil, c'est la petite-fille de Ramanand Sagar, le créateur original de la série, qui est aux commandes de cette nouvelle saga.

MrsBrownsBoys-Yellow

- IRLANDE :

* S'il y a bien une comédie irlandaise que vous devez connaître, c'est Mrs. Brown's Boys, la série qui casse la barraque outre-Manche. Brendan O'Carroll, qui incarne la vieille dame, vient de signer pour une adaptation de la série en... jeu télévisé ! C'est BBC One qui pourrait accueillir ce jeu dans lequel des candidats, répartis en deux équipes, et avec l'aide de célébrités diverses (venues du monde de la télévision, du cinéma, de la musique et sur sport), devront répondre à un quiz présenté par Mrs Brown. Un pilote est actuellement tourné pour tester le concept ; il ne sera pas diffusé, mais devrait conduire à une émission dés le début de l'année 2013. Pendant ce temps, la troisième saison de Mrs. Brown's Boys est attendue pour février prochain sur rté.

IlCommissarioNardone

- ITALIE :

* Tiens, et l'Italie ? On n'a pas encore parlé de l'Italie depuis le retour des world tours. Permettez que je répare immédiatement cet oubli en vous parlant de l'une des séries de la rentrée sur Rai Uno, Il Commissario Nardone. Il s'agit, vous l'aurez peut-être deviné, d'une sére policière mettant en scène un flic s'intéressant aux ripoux de la police milanaise, dans les années 50. La saison de 6 épisodes est prête depuis presque 2 ans maintenant, sans trop de raison (d'après la chaîne, toutes les cases fictions "étaient déjà prises"...), et n'attendait plus qu'une date de diffusion ; celle-ci est enfin fixée au 6 septembre prochain. Et ça, c'est la bande-annonce.

OnenoKanatani

- JAPON :

* Toujours en préparation de l'automne, la nouvelle saison de WOWOW se profile. D'abord avec une mini-série en deux épisodes, One no Kanata ni (ci-dessus). Il y sera question d'un crash d'avion survenu le 12 août 1985, dans lequel 520 passagers et membres d'équipages trouvent la mort. Un jeune garçon dont les parents étaient à bord doit donc se reconstruire après la catastrophe ; la mini-série sera diffusée les 7 et 14 octobre. Puis viendra Hitori Shizuka, qui prendra la relève le 21 octobre, et consistera, en 6 épisodes, en une intrigue policière autour d'une jeune femme impliquée dans pas moins de 5 meurtres au long de sa vie. On la suivra donc de son adolescence à l'âge adulte, pendant tout le temps où elle a la police sur les talons. Deux idées intéressantes et qui, a priori, changent un peu des thrillers politico-juridico-socio-économiques de la chaîne câblée. Oh mais, on aura l'occasion, bien-sûr, de faire un point sur les nouveautés de la saison nippone l'heure venue, n'en doutez pas.
* C'est qui le maître incontesté du dorama ? C'est ce bon vieux Takuya Kimura, toujours fidèle au poste, qui nous revient cet automne dans une nouvelle série : PRICELESS. L'occasion pour lui d'un retour dans la case de 21h le lundi (surnommée "getsuku") où on ne l'avait plus vu depuis l'échec de Tsuki ni Koibito en 2010. Dans PRICELESS, notre golden boy passera d'une vie confortable à la pauvreté la plus totale lorsqu'il sera viré de son boulot pour une faute qu'il n'a pas commise. En se rapprochant d'enfants des rues qui lui apprennent à survivre sans argent, il réalisera qu'il y a certaines choses qui ne s'achètent pas... Bah voyons.

EstadodeGracia

- MEXIQUE :

* Ah, elle m'avait échappé la semaine dernière, celle-là. Le 1er août dernier, Once TV a lancé une nouvelle série appelée Estado de Gracia (et c'est la promo ci-dessus). Diffusée à 23h30, la série compte 13 épisodes qui mettront en scène une membre du congrès, Julieta Toscano, qui envisage de déposer un projet de loi pour légaliser les drogues, pensant qu'il sera ainsi plus simple de lutter contre ce fléau. A partir du dépôt de ce projet de loi, la vie professionnelle et personnelle de l'élue va changer, mais va aussi permettre à de nombreux personnages venus de divers milieux de se croiser et d'apporter leur point de vue sur le sujet. Collusion entre les trafiquants et les politiques, rôle des médias, tout doit y passer. Un sujet déjà intéressant à la base, mais au Mexique...
* A noter que Once TV a également dans ses manches une nouvelle série, Paramedicos, qui démarrera à la fin du mois, et qui raconte les incroyables aventures (inspirées d'histoires vraies) des ambulanciers mexicains. Voici la bande-annonce, où l'on peut repérer que la Croix Rouge a participé au financement de la série, et ça se sent. Rha, ces Mexicains alors, ils n'apprendront donc jamais ? La débâcle El Equipo ne leur aura donc rien appris ?

VanGogh

- PAYS-BAS :

* Ned1 diffusera en janvier 2013 une mini-série intitulée Een Huis Voor Vincent ("une maison pour Vincent"). Ses quatre épisodes parleront non seulement de l'ariste mais aussi de son neveu Vincent Willem van Gogh qui, 70 ans après la mort du peintre, héritera de son oeuvre et créera la collection Van Gogh dans les années 60. C'est Peter Blok, qui incarnait le nouveau psy dans la deuxième saison de In Therapie (la version néerlandaise était en effet un peu différente) qui est pressenti pour le rôle principal. Ca va être dur de faire aussi bien que Tony Curran, mais allez, défi relevé !
* De son côté, la chaîne privée SBS6 lancera le 29 août une nouvelle série intitulée Dokter Tinus, qui suit l'installation d'un médecin de la ville alors qu'il reprend un cabinet dans une petite ville de prov-... ça vous rappelle quelque chose ? C'est normal, ce n'est que l'une des nombreuses adaptations de la série britannique Doc Martin (rappelez-vous, on a eu la nôtre aussi). Sans plus attendre, la bande-annonce :

Lekarze

- POLOGNE :

* De toutes les chaînes qui préparent la rentrée de cet automne, en voilà une qui n'était pas trop motivée. TVN n'a décidé de proposer qu'une seule nouvelle série en ce mois de septembre : Lekarze. Cela faisait 13 ans qu'aucune chaîne n'avait lancé de série médicale en Pologne (mais Na dobre i na złe, lancée en 1999, est encore à l'antenne, alors ça va). TVN proposera d'autres séries, évidemment, mais ce seront donc surtout des retours, à l'instar de la série légale Prawa Agaty, le soap Na Wspólnej, ou la troisième saison du soap Julia.
* Le 6 septembre, Polsat lancera une nouvelle série également, Przyjaciółki, un titre qui peut se traduire par "amies". L'histoire sera celle de quatre amies qui se retrouvent à l'occasion d'une réunion d'anciennes élèves, et qui renouent alors. Le concept n'est pas sans rappeler celui de Winners & Losers (la loterie en moins), et voici la bande-annonce pour le confirmer :

JiznnaMars

- RUSSIE :

* En matière de remakes, notamment en Russie, on a déjà pu évoquer pas mal de choses. Mais en général, c'étaient surtout de sitcoms US qu'il s'agissait. La première chaîne du pays, Perviy Canal, s'est pourtant lancée voilà quelques années dans un projet un peu différent : adapter des dramas d'un heure. Son coup d'essai a été avec une adaptation de Prison Break, lancée à la rentrée automnale 2010. Après avoir annoncé à l'automne 2011 la mise en chantier d'une adaptation de Life On Mars, dont vous pouvez voir le logo pour la diffusion russe ci-dessus (le remake sera diffusé sous le titre Tiomnaia Storana Luny, "la face cachée de la lune", dont pour l'instant les spectateurs russes n'ont pas encore pu tester la qualité), voilà à présent que la première chaîne s'attaque à la série Day Break, dont elle vient d'annoncer qu'elle avait bien l'intention de l'adapter également. On aura l'occasion, soyez-en sûrs, de reparler de cas un peu particulier des remakes de Perviy Kanal. En attendant, on peut se poser la question : sur quoi la chaîne s'appuie-t-elle pour choisir les séries à adapter ? On ne peut pas dire que Day Break soit d'une grande longévité...

GrandPrixF1

- SUEDE :

* A peine née, déjà pleine de projets ! La nouvelle société de production NICE Drama (qui n'a pour le moment rien sorti et n'a que quelques mois d'existence) a déjà plusieurs films et séries en préparation. Evidemment, ce sont les séries qui nous intéressent. D'abord, il s'agit d'adapter la trilogie de thrillers de Kristina Ohlsson, en 6 épisodes de 45 minutes, pouvant également être montrés sous la forme de 3 films de 90 minutes (le premier volet est par exemple susceptible de sortir en salles en Suède). Le tournage commencerait l'année prochaine, donc on n'y est pas encore. D'autre part, un drama familial en 10 épisodes est également à l'étude, Waldemars, qui suit les retrouvailles d'un frère et une soeur qui réapprennent à se connaître après le décès de leur mère, qui les ramène dans l'archipel Åland. Mais le projet le plus ambitieux est probablement Grand Prix, une série tournée en anglais prenant pour contexte le monde des circuits automobiles dans les années 70 ; la série serait co-produite en effet par BBC Worldwide, pour une addition de 2 millions de livres par épisode. Pour mémoire, c'est aussi chez NICE Drama qu'on prépare une adaptation du roman français Le dernier lapon, ainsi que le polar en 6 épisodes Midnight Sun/Jour polaire, dont Ulf Ryberg pourrait bien devenir le scénariste...

MasamiNagasawa

- TAIWAN :

* La semaine dernière, on a parlé d'un nouveau dorama pour Masami Nagasawa (ci-dessus), la série japonaise Koukou Nyuushi. Eh bien la jeune femme ne chôme pas puisqu'elle va s'envoler vers Taiwan où, pendant 4 mois, elle tournera intégralement en mandarin dans une adaptation du manga Chocolat. La série devrait être diffusée à Taiwan dans le courant de l'été 2013, avant d'être reprise dans une dizaine de pays d'Asie, dont le Japon, la Corée du Sud et même la Chine ! Ce sont en tout 13 épisodes de 90 minutes qui sont au programme. Un challenge d'autant plus important qu'il y a encore quelques mois, Nagasawa ne parlait pas un traitre mot de mandarin...

MuhtesemYuzyil-Orage

- TURQUIE :

* Si vous vous demandez ce qu'il advient de la série à succès Muhtesem Yüzyil, ne vous en faites pas : tout va bien ! Même si pendant un temps, son avenir a été incertain (sa créatrice, Meral Okay, est décédée au printemps), la préparation de la troisième saison bat aujourd'hui son plein alors que la diffusion devrait reprendre à l'automne. Un "nouveau" personnage, en particulier, le prince Mustafa, devrait faire son apparition et rendre les choses encore plus compliquées dans le harem de notre bon roi. Je mets "nouveau" entre parenthèses car le personnage est en réalité présent depuis le pilote, simplement jusque là, il n'était qu'un enfant. Interprété par un jeune acteur qui intègre la distribution, le rôle devrait prendre une nouvelle envergure alors que les années passent.
* Enfin, juste un petit mot pour signaler que TNT, cousine turque de la chaîne du même nom aux USA, devient dorénavant TV2, le groupe américaine ayant décidé de s'en retirer totalement. Pour se souvenir de ce changement, voilà une petite video sur le nouvel habillage :

MundoFox

- USA comme toi :

* Ca y est ! Une nouvelle chaîne hispanique est née aux Etats-Unis, elle s'appelle MundoFOX et elle pèse déjà plusieurs millions de dollars ! La chaîne, dont le slogan est "Americano como tu" ("américain comme toi", vive l'ambivalence !) a été mise en place grâce à l'entraide entre FOX et la chaîne colombienne RCN. Cela explique donc que plusieurs séries de la chaîne sud-américaine se retrouvent dans les grilles de MundoFOX dés le lancement de celle-ci, dont la narconovela El Capo, ou la série pour ados Kdabra. De nombreuses séries du catalogue FOX, diffusée évidemment en espagnol, sont également au programme, telles que Touch, Bones ou Futurama.

Selfridges

- MONDE :

* Le projet d'ITV, Mr. Selfridge, s'intéressant au fondateur des grands magasins britanniques Selfridges, nés en 1909, vient de gagner des partenaires. La série de 10 épisodes d'une heure s'offre dorénavant la participation financière de Seven en Australie, SVT en Suède et yes en Israël ; PBS devrait également diffuser la série dans le cadre de son créneau Masterpiece.
* Et puis évidemment, vous n'avez pas pu échapper à la nouvelle : Netflix va s'installer en Scandinavie. Il s'avère d'ailleurs que l'initiative est plutôt bien reçue par la concurrence, puisque le service de VOD Voddler, également basé dans la région, a fait savoir qu'il espérait que cette alternative supplémentaire aide les consommateurs à se détourner du téléchargement illégal : "pour nous, la vraie concurrence, c'est le piratage", a-t-on déclaré chez Voddler. Bon ! Mais en France, on n'a toujours pas Netflix, alors...

Allez, une fois n'est pas coutume, je vais finir sur la fiction française ! Eh oui, la série Bref va en effet être diffusée au Québec sur la chaîne addik TV. Les 10 premiers épisodes (sur 82 au total) ont été mis à disposition des internautes sur le service de VOD Vidéotron mardi, à la suite de quoi de nouveaux épisodes seront ajoutés à raison d'un par jour du lundi au jeudi, jusqu'en décembre. addik TV prendra le relai à partir du 27 août, diffusant un épisode par semaine, du lundi au vendredi, à 20h puis à nouveau à 22h. Bref, cocorico.

Et si vous avez aimé voyager aujourd'hui, restez dans le coin, je vous prépare une semaine spéciale dés lundi, en l'honneur du retour d'internet dans mon domicile ! Eh oui c'est tout frais, ça date de ce soir.
D'ailleurs, les posts quotidiens vont reprendre, alors attachez votre ceinture, je ne vous attendrai pas.

Posté par ladyteruki à 22:54 - Love Actuality - Permalien [#]