ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

29-08-12

[#Ozmarathon] 5x05, boys don't cry

Après une longue pause (près de 3 mois), notre "EmCrew" est de retour afin de poursuivre son #Ozmarathon. Alors je ne sais pas si c'est le petit hiatus estival ou l'épisode lui-même, mais je me suis retrouvée plongée dans une série que j'ai trouvée plus sombre que je ne l'avais quittée...

Ozmarathon-5x05

Je vais passer sur les intrigues les plus secondaires, car ce n'est pas ce qui m'a marqué dans cet épisode. Le billet de loto de Rebadow, par exemple, en est une ; c'était touchant mais tellement prévisible que ça n'atteint son plein potentiel (même si le speech de l'officier Murphy sur la responsabilité personnelle était absolument parfait), ou bien le bref passage par la vie sans nuages d'Alvarez (c'est d'ailleurs pas très normal !). Quant à l'intrigue liée au bus, franchement, j'écoutais seulement à moitié, c'était très cliché.

Comme toujours, l'épisode commence par l'intrigue la moins intéressante. Il s'agit une fois de plus de suivre Omar, et autant l'avouer, on n'en a plus rien à faire de ce personnage, qui se traine depuis ce qui semble être plusieurs dizaines de saisons sans jamais réussir à justifier son existence scénaristique. On ignore toujours ce que les scénaristes peuvent lui trouver car il ne nous émeut jamais. Ca doit venir des supplications constantes. C'est insupportable. Et même quand on pense qu'Omar va se ressaisir et redevenir maître de sa Destinée, s'il l'a jamais été, on obtient finalement une intrigue où c'est Kareem Saïd qui nous intéresse, et pas du tout Omar. Dont franchement j'ai jamais retenu le nom de famille.
Saïd est, d'ailleurs, particulièrement touchant dans cet épisode. Ca confine même à la tragédie. On l'a vu dans le meilleur et dans le pire, Saïd, et très honnêtement, le pire se déroule souvent quand il croit être le meilleur, alors on ne s'attend plus vraiment à de grosses surprises venant de l'imam Saïd. Vous savez, quand on a tué le plus gros vicelard de tout Oz, les surprises, on en revient un peu. Encore une fois, Kareem s'était trouvé un protégé, et encore une fois, sa mission allait rater, c'était évident. On ne pensait simplement pas que cela le déchirerait autant. Il savait mieux retomber sur ses pattes, avant.
Mais là, Saïd, qui ne se remet pas vraiment de ses blessures, faut croire, il est à genoux. Il espérait avoir retrouvé un peu de sa dignité, de sa hauteur, et il s'aperçoit que ce en quoi il croit le plus, la conviction qu'il a de sa capacité à s'élever spirituellement au-dessus de la masse, lui a encore fait défaut. Et il est ramené, comme il le dit, à son humanité, celle qu'il passe à fuir en se cachant derrière de divin, et il a encore une fois perdu son combat.
La scène pendant laquelle Saïd se met à pleurer dans le giron de McManus, Seigneur ! Je n'étais pas loin d'aller chercher un ours en peluche et de sangloter en suçant mon pouce. Quelle scène traumatisante, venant d'un homme qui a absolument tout vu, et survécu à tout, et qui semblait avoir retrouvé un semblant de confiance en lui. Je crois que, plus encore que les tortures physiques imposées aux prisonniers, ce sont ces conséquences-là de la vie à la prison qui me semblent les plus dramatiques. Et de mon point de vue, c'est au moins aussi spectaculaire qu'un mec qui se fait saigner vivant.

Du côté de Beecher aussi, l'écrasement est terrible. On parle d'un mec à qui on a tout fait subir. Tout. Supplices physiques, et notamment sexuels, tortures mentales (dont amoureuses). Ce mec, le monde lui est tombé sur la gueule depuis 6 ans maintenant. Et au moment où il pense avoir repris le contrôle, il s'aperçoit qu'on lui nie ce passé. D'abord parce que son protégé le renie. Une amitié entre les deux familles (celle de Beecher et celle de l'étudiant) qu'il tenait en haute estime, et qui faisait partie des rares bagages de sa vie avant la prison qu'il avait conservés. Mais au nom de son homosexualité, le voilà renvoyé à une pauvre pute de la geôle, la lie de la société carcérale, la "bitch" des autres prisonniers. Tout ce qui fait qu'aujourd'hui Beecher est capable de tenir debout lui est soudain renvoyé comme de la merde au visage.
Pire encore, en faisant mine de mettre en pause leur espèce de concurrence par proxy, Schillinger parvient même à essayer de lui faire nier l'importance des abus sexuels subis. Cette enflure de Schillinger réussit en effet en un même mouvement à admettre un tort et à ouvertement annoncer qu'il veut le reproduire ! Et Beecher, parce qu'il espère être un homme digne et compréhensif, ne voit rien passer, jusqu'à être à deux doigts du point de non retour. Sa mine déconfite lorsque Schillinger lui apprend que s'il cède son protégé au nazillon, Beecher aura accès à ce qu'il veut et notamment Keller, c'est atroce. Soudain Beecher comprend qu'il a le choix entre renier un abus passé et ne pas céder un pouce de terrain sur ce qu'il a endurer, mais ne pas retrouver l'homme qu'il aime. De justesse, Beecher fera le choix de la droiture, mais on ne peut que souffrir pour lui à l'idée que pendant un instant, on a failli lui soustraire la reconnaissance des horreurs infligées.

Le cas O'Riley est à mes yeux le pire des trois, mais il relève de la même logique. Ryan tente désespérément de réunir l'argent pour engager un grand avocat qui pourrait sauver Cyril du couloir de la mort. Mais sa famille n'a pas l'air prête à mettre la main au portefeuille...
"There's more. There has to be more to a family than just blood, Ryan. More than Christmas dinners and the birthday cakes, and more than old hurts and unsettled scores. We're not a family. We never have been". Je dois dire que cette réplique m'a totalement flinguée. Peut-être que c'est parce que je m'y suis beaucoup retrouvée, mais j'ai trouvé ça encore plus dur que tout le reste. Ryan, il est comme il est, on va pas redire ce qui a été dit dans les reviews précédentes, pour lui la fin justifie les moyens, c'est le mec qui a un objectif, qui essaye de penser froidement pour l'atteindre, et qui parfois perd son contrôle quand on touche à son sang (et par extension, donc, celui de Cyril). Ce mec-là, il s'est battu seul pendant des années, ensuite il a englobé Cyril, et il a finit par se trouver une maman, un truc totalement inespéré. Ryan, il n'a même pas les liens éthniques pour le tenir, parce que quand il utilise l'argument irlandais, c'est soit pour se définir identitairement lui-même, soit pour utiliser des faveurs. En-dehors des liens du sang, il n'a rien ce mec-là, c'est tout sa vie. Alors, c'est certainement le seul type de la prison à qui on a pas le droit de dire qu'il n'a pas de famille et que les liens du sang ne priment pas sur le reste. C'est le seul gars à qui tu enlèves tout quand tu enlèves ça. Et il essaye désespérément de se battre contre cet argument que lui oppose sa tante Brenda, mais il peut pas, parce que les liens du sang, ça n'a pas de sens quand on est seul à leur prêter de l'importance. Ca ne marche pas.
On ne peut pas forcer les liens du sang sur quelqu'un. Je crois que, plus que la sentence de sa tante qui avance gentillement que, ça se trouve, laisser Cyril être exécuté, c'est ptet pas plus mal, plus que ça encore, entendre que les liens du sang ne valent rien, c'est ce qui brise sa volonté de remonter ses manches et résoudre un problème de plus.
Et franchement, voir O'Riley abandonner, c'est du plus haut déchirant. Il a baissé les bras. Il va voir Cyril et il a laissé tomber.

Et je crois que c'est la raison de plus pour laquelle cet épisode d'Oz compte parmi les plus douloureux à regarder.
Parce qu'au bout du compte, si on met de côté la violence, le sexe, la saleté et les bassesses ; le plus dur, à Emerald City, c'est de devoir accepter de lâcher ce bout de soi-même où on pensait résider, le petit bout d'humanité qu'on essayait de garder précieusement pour pas lâcher la rampe, et de faire cette ultime concession. C'est ce dont l'épisode m'a semblé parler, et vraiment, ça a de quoi me tirer les pires larmes. Heureusement, hors d'Oswald, il est permis de pleurer ; croyez-bien que je ne m'en suis pas privée.

Posté par ladyteruki à 22:44 - Plus on est de fous - Permalien [#]

La fin justifie l'absence de moyen

En cette rentrée, whisperintherain et moi-même avons un petit défi, blah blah blah, tester tous les pilotes et les reviewer, etc., bon. Vous commencez à connaître le refrain. En tous cas le coup d'envoi de la rentrée est bel et bien donné, car entre les pilotes qui commencent à être diffusés, et ceux qui commencent à leaker, on a tout juste pied. Alors tâchons de tenir le rythme, et passons si vous le voulez bien à une autre série de NBC, The New Normal.
Et évidemment, en lien à la fin du post, je mettrai dés qu'elle sera postée un lien vers la review de whisper, pour que vous puissiez continuer de lire et comparer nos deux avis.

TheNewNormal-Promo

Ah, c'est très, très malin ce qu'a fait Ryan Murphy avec The New Normal. Très, très malin. Non vraiment, chapeau.
Prendre un sujet de société ultra-polémique, et en faire une comédie extrêmement militante, ça permettait de ne pas du tout se poser la question de la qualité : si on critique les personnages clichés, les situations convenues ou les dialogues franchement légers, il est facile de se voir opposer une réaction navrée du type, "t'as pas d'humour", ou, en version plus outrée, "je pensais pas que tu étais homophobe". Après tout, c'est écrit par un gay, il doit connaître son sujet, non ?!
Et c'est là que c'est particulièrement bien joué. Il n'y a pas de débat possible. Non pas autour du thème de la série (bien que celle-ci, entre autres de par son titre, réduise toute possibilité de questionnement à zéro), mais autour de sa qualité, justement de par le sujet et la façon de le poser. Parce que, si vous n'avez pas été réceptif, c'est tout simplement que vous êtes un bigot en puissance et puis c'est tout.

Le problème, c'est qu'en abordant le pilote de The New Normal, on ne devrait même pas avoir à se demander quelle opinion on a sur le sujet (et en écrivant une review, on ne devrait pas non plus avoir à clarifier sa position).
On ne devrait pas se dire "enfin une série qui fait un peu avancer les mentalités !", car faire avancer la société ne repose pas sur une seule série (mais sur plusieurs, si possible pas toutes produites par la même personne), et surtout, émane rarement d'une volonté aussi évidente de vouloir imposer un discours.
On ne devrait pas se poser la question, qui plus est, tout simplement parce que ce n'est pas le thème de la série qui détermine sa réussite, mais la façon dont on peut se lier avec les personnages. La parentalité, c'est universel. Envisager de devenir parent, et ce faisant, se demander quel sera le poids de l'hérédité et des conditions dans lesquelles l'enfant va grandir, c'est universel. Bien-sûr, les mères porteuses, les parents gays super-riches, et toute cette sorte de chose, ça n'a rien d'universel. Mais si The New Normal fait bien son boulot, ça ne devrait pas entrer en ligne de compte. C'est justement comme ça qu'on fait avancer les mentalités.
Mais à la vue de The New Normal, comment ne pas concéder un peu de crédit à ceux qui parlent de gay agenda ? Et, par ricochets, comment contredire ceux qui prétendent que Hollywood veut à tout prix imposer une certaine vision de l'homosexualité ? Comment peut-on ensuite leur opposer qu'il ne s'agit pas de forcer les choses, mais simplement d'obtenir l'égalité... quand, à côté, on a The New Normal ? C'est comme un adolescent qui promet qu'il sera sage pendant le weekend où il reste seul à la maison... pendant qu'un de ses copains décapsule une bière sur le canapé ! Difficile de conserver un semblant de sérieux quand Ryan Murphy, qui a intégralement bâti sa carrière sur la provoc' et le je-m'en-foutisme, est à côté en train d'allumer un spiff d'une main pendant qu'il écrit un épisode de Glee de l'autre, alors que juste à côté, toi, tu promets aux neo-cons avec ta plus belle tête de premier de la classe que, juré, c'est une question d'égalité.

Dans le fond, ce n'est pas de cela qu'il devrait s'agir en commençant le pilote de The New Normal, mais simplement de télévision. Comme chaque fois qu'une série avec un sujet à polémique démarre, ce sont ses qualités et uniquement elles qui feront la différence.
Et à plus forte raison pour nous, téléphages, qui devrions être capable de regarder une série pour celle qu'elle est et pas seulement pour ce qu'elle essaye de signifier en période d'élections présidentielles. Du moins faut-il espérer que nous avons acquis, avec l'expérience et le nombre de séries que nous avons vues, le recul nécessaire pour ne pas tomber dans le panneau.

Alors, tentons d'éviter l'écueil du débat facile, qui ne manque(ra) pas d'entourer The New Normal, et concentrons-nous sur les qualités intrisèques de son épisode pilote.
Ce ne sera pas aisé, car il n'y en a pas beaucoup.

En fait, tout bien pesé, je n'ai relevé qu'une seule bonne scène : celle pendant laquelle Bryan et David sont ensemble, dans leur lit, et parlent de leur paternité à venir à coeur ouvert. Les grimaces sont loin, les personnages sont honnêtes, et il émane de cette scène une tendresse pétillante qui est, à mon sens, ce qu'on vient trouver dans une comédie dont le slogan a le culot d'être "a post-Modern Family" (pun obviously intended). Les personnages sortent, en cet instant, de la caricature dans laquelle ils ont été fourrés avant cette scène (et hélas, après), et nous offrent pour la première fois la possibilité de nous attacher à eux. Car nous avons besoin de ça pour les suivre dans leurs délires.
Mais je réalise en écrivant cette phrase que je n'ai aucune idée de quels délires il s'agit. En fait, tout bien réfléchi, je suis incapable de citer un seul passage qui me soit apparu comme voulant être drôle (sans même envisager de déterminer s'il y a réussi). Outre les personnages caricaturaux (l'un des deux gays, son assistante, la grand'mère de la mère porteuse), il n'y a aucune scène d'humour. Il y a une engueulade sur la fin, mais elle ne cherche pas tant à être drôle qu'à surprendre. A part ça, non, rien. Et ça me fait un choc parce que tout le long de l'épisode, je me suis dit "ils traitent vraiment ça à la légère", et je pensais que je parlais d'humour mais à présent je réalise que non, ce qu'ils ont traité à la légère dans le pilote de The New Normal, c'est à la fois les personnages, les rebondissements... et le genre-même. Ce n'est pas une comédie. Il n'y a aucune forme d'humour : ni slapstick, ni répliques piquantes, ni comique de situation, non, aucun mécanisme de tout le pilote qui puisse faire penser qu'on a affaire à une comédie. On pourrait imaginer qu'étant une comédie en single camera, The New Normal a décidé d'employer une forme d'humour plus discrète, comme l'ironie, mettons, mais rien n'apparait non plus sur le radar. Pourtant, de par son format et l'absence totale de profondeur de ses personnages, on ne peut certainement pas dire que le pilote de The New Normal puisse prétendre au titre de drama. Alors que diable viens-je de regarder ?!

Mais calmons-nous et essayons de trouver d'autres qualités. Pour avoir réussi à passer le cap du développement, The New Normal a forcément réussi quelque chose.
L'exposition des personnages, peut-être ? Et pourtant... En-dehors des longues minutes de souffrance autour du personnage d'Ellen Barkin, aucun personnage n'a vraiment bénéficié d'une introduction détaillée, et à vrai dire, surtout pas les deux papas, qui s'enferment immédiatement dans leur rôle hétéronormé pour n'en jamais sortir. A vrai dire, la mise en situation de Goldie (qui deviendra la future maman, et contrairement à ce que voudrait vous faire croire la chute de l'épisode, ce n'est pas un spoiler parce que c'est le pitch de la série et qu'on y trouve une référence sur toutes les promos) m'a même semblé horriblement confuse, en cela que la réalisation m'a fait croire à un flashback pendant une scène clé, et ce n'en était pas un. Je n'avais même pas percuté que ça se déroulait au présent lorsqu'elle a surpris son mari la main dans le pot de confiture (pardon pour l'image). Et pour finir, le cliché de la gamine plus mature que tout le monde est ici utilisé de façon insupportablement peu inventive.
Non, attendez, on a peut-être un espoir avec la façon d'amener le sujet. Au sens où quels que soient les personnages, l'essentiel est d'amener la question sur la table de façon intelligente... comme avec... euh, un faux micro-trottoir ? Car il faut l'admettre, le passage au cours duuel les parents gays essayent de comparer leur situation à celle d'autres parents dans un jardin d'enfants avait autant d'honnêteté intellectuelle que Philip Rosenthal. Donc ce n'est pas là non plus que le pilote de The New Normal a réussi.
C'est forcément autre chose. Quelque chose qui justifierait l'investissement par une chaîne (déjà à la traine) dans un projet... Le montage ? Ou, non, pas le montage : la musique ! Oui, c'est ça, la musique est... Euh, non, je sais pas, euh, il y a forcément un truc qui vaut la peine d'être vu dans ce pilote, non ? ...Les fringues ?

Dans son élan pamphlétique, l'épisode inaugural de The New Normal s'avère en fin de compte être d'une pauvreté affligeante, tout simplement parce qu'il a oublié l'essentiel. Et je crains que ça ne lui porte bien plus préjudice que le boycott par quelques conservateurs...

Malheureusement pour nous, il arrive assez souvent que produire une série sans grande qualité, simplement parce qu'elle est produite par quelqu'un qui a du succès et/ou dans l'espoir de faire le buzz, soit également devenu the new normal. Et ça, faut pas s'en faire, c'est bien entré dans les mentalités.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 20:36 - Review vers le futur - Permalien [#]