ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

03-04-12

Et elle vit que c'était bon

Qu'une chose soit claire, je n'ai pas l'intention de faire de la review épisode par épisode pour Game of Thrones. Je suis en train de mourir d'extase sur mon clavier mais même ça, ça ne me convainc pas. D'ailleurs une fois que les marathons en court sont finis, les reviews épisode par épisode, on va oublier un peu parce que c'est vraiment pas ma vocation à la base et ça se confirme encore plus quand j'en fais. Pis vous les commentez pas alors à quoi bon.
Pour autant, il fallait que je vous dise.

LifeisGood

Alors, on n'est pas bien, là ? A se délecter d'un début de saison excellentissime ?
Il parait qu'il y a des gens qui se plaignent. Je trouve ça de très mauvais goût. On a un démarrage de saison qui fait exactement son boulot, et qui le fait très bien, et qui plus est pour l'une des meilleures séries à l'antenne actuellement. Je vous préviens, moi je veux rien entendre de tel dans le coin.

C'était un bon season premiere et on se prépare à goûter des ingrédients délicieux : Jon Snow ayant franchi le mur et ayant atterri dans un pays de fous, par exemple ; Sansa qui commence à apprendre la vie ; Joffrey qui est un roi atroce et pourtant le niveau n'était pas très élevé avant lui ; Rob Stark qui nous dévoile qu'il est effectivement pourvu de testicouilles ; Cersei qui se prend un méchant revers ; et puis, ne serait-ce que grâce à Tyrion qui, mon Dieu, je veux pas spoiler ceux qui n'ont pas vu, mais c'est énorme ! Que tout cela (et plus encore) est prometteur ! Comment peut-on faire la fine bouche, c'est à peine croyable.

Alors évidemment, avec une série exigeante on devient exigeant, et c'est bien, en un sens. Mais enfin, il faut quand même raison garder et arrêter de demander l'impossible à une série qui comporte un cast pléthorique et qui revient après une année d'absence. Evidemment qu'on a besoin d'un épisode un peu calme pour se remettre dans le bain (tout le monde n'a pas la chance de lire mes posts To be continued...) ! Moi en tous cas j'étais à la fête, voilà.

Et sinon j'ai acheté le coffret DVD hier, je l'ai même pas encore déballé que j'ai déjà un de mes collègues qui veut me l'emprunter. Le pouvoir de cette série est immense !

Posté par ladyteruki à 22:57 - Review vers le futur - Permalien [#]

lady's world tour - Escale n°7

Et si on se jetait un petit world tour derrière la cravate, comme ça, vite fait ? Ca vous tente pas ?
A titre expérimental, je me suis dit que j'allais tenter un world tour plus rapide, pour voir si ça vous tente. Au programme, on a un peu d'Australie, beaucoup de Scandinavie, et une news pour la Belgique, pour laquelle j'ai hélas peu de sources, donc j'en profite pour passer un appel : je ne m'y connais absolument pas en séries belges ! Il faut que ça change !
En attendant, voilà ce qui s'est passé ces derniers jours.

MissFisherRenewed

- AUSTRALIE : l'empreinte de rouge à lèvres du crime
On commence avec la délicieuse série Miss Fisher's Murder Mysteries, qui, alors qu'elle se vend comme des petits pains à l'occasion du MIP TV qui se tient actuellement à Cannes, a de bonnes choses à annoncer. Outre qu'elle sera diffusée par DR au Danemark, Kanal 9 en Suède ou encore Globosat au Brésil, la vraie annonce qui déchire, c'est que la fascinante détective reviendra pour une deuxième saison de 13 épisodes, qui doit entrer en production au plus vite de sorte que ces nouveaux épisodes soient prêts à la fin de l'année. Elle est pas belle, la vie ?

- AUSTRALIE toujours : Ten fait des vagues
Je m'en étais fait l'écho voilà quelques jours sur Twitter mais j'en profite pour revenir sur le sujet, la série faisant partie de celles sur lesquelles je garde un oeil. Puberty Blues, adaptée du roman semi-autobiographique de deux jeunes adolescentes qui intègrent un groupe de surfeurs dans les années 70 (faisant ainsi le cruel apprentissage de la drogue et du sexe presque consenti), a annoncé son casting, et il y a du beau linge : Claudia Karvan (Spirited), Jeremy Lindsay Taylor (City Homicide), Susie Porter (East West 101, donc on devrait d'ailleurs reparler sous peu), Rodger Corser (Spirited, Rush), Brenna Harding (Packed to the Rafters, My Place), Sean Keenan (Lockie Leonard, Cloudstreet),  Charlotte Best (Home and Away), Katie Wall (Dangerous, Underbelly), Reef Ireland (Tangle, Rush) et Isabelle Cornish (Home and Away) seront de l'aventure. Contrairement au roman, qui il est vrai était en définitive très court, la série ne devrait pas se borner à suivre les adolescentes mais aussi leur entourage notamment familial (voilà ce qui explique la présence de Karvan qu'on imagine mal jouer les seconds couteaux). Le tournage commence d'ailleurs mardi prochain... vu le thème et le tour que prennent les choses, je ne serais pas étonnée de découvrir la série sur les écrans australiens cet été. On se tient informés, hein.

- BELGIQUE : nouveauté explosive
La Belgique se prépare à accueillir un nouvelle chaîne... TNT. Après HBO, qui s'est implantée entre autres en Europe de l'Est et plus récemment aux Pays-Bas, c'est donc au tour d'une autre chaîne câblée américaine de faire des petits en Europe. Pour l'instant il n'est pas encore question de produire du contenu original local, et les spectateurs pourront simplement avoir un accès accéléré aux productions que les spectateurs de TNT aux Etats-Unis voient chez eux (Shameless, Men of a Certain Age, Memphis Beat, Web Therapy, et la série de Ricky Gervais PhoneShop sont les premières à occuper la grille pour le lancement). Mais il est certain que cela ouvre des possibilités. Les Belges pourront découvrir la chaîne TNT Belgique à partir du 10 avril, et elle devrait être gratuite pendant un mois pour les abonnés de Telenet.

Heisenberg
- NORVEGE : du lourd
Parce que, depuis que je suis petite, je porte énormément d'intérêt aux séries de guerre, et qu'en plus je suis toujours ravie de détromper ceux qui croient que la Scandinavie ne nous apporte que des polars, je suis ravie d'apprendre que NRK a commandé une série se déroulant pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais au lieu de nous montrer de simples combats, la série, qui à ce stade ne porte pas encore de nom, devrait s'intéresser au scientifique allemand Werner Heisenberg, qui travaillait sur un projet de bombe atomique pouvant mettre fin à la guerre en travaillant à partir d'eau enrichie en hydrogène, produite en Norvège. Un commando britannique est alors envoyé en direction de son laboratoire caché dans les montagnes norvégiennes afin de détruire l'installation... J'ajoute qu'on a également appris que NRK est actuellement en train de négocier avec NEtflix la possibilité d'une deuxième saison pour Lilyhammer.

- SUEDE : Cocorico !
Une société de production suédoise a décidé de produire une adaptation du roman Le dernier lapon, d'Olivier Truc. On est d'accord que c'est pas très suédois, comme nom, eh bien figurez-vous que l'homme est un journaliste français, correspondant du Monde en Suède notamment. Original, non ? La série s'intéressera à une enquête policière à la fois sur un meurtre et sur le vol d'un artefact historique qui ravive les tensions entre deux parties de la population arctique : les lapons, et des fondamentalistes opposés à leurs croyances. Par contre, le tournage de la série ne devrait pas commencer avant le début de l'année 2013 car la boîte de prod Nice Drama a du pain sur la planche avec un autre projet, en co-production avec une société de production française (re-cocorico) sous le titre de Jour polaire, dans laquelle un enquêteur français vient en Suède pour enquêter sur la mort d'un politicien français. Six épisodes sont prévus, et ce serait bien le diable si on ne voyait pas au moins une de ces séries sur notre sol !

- FINLANDE : charmantes nymphettes
On reste définitivement au Nord avec un troisième pays de destination... plus rare, celui-là ! En projet en vue d'une diffusion à l'automne 2013 sur MTV3 (le tournage est planifié pour septembre), la série Nymfit est actuellement présentée à Cannes pendant le MIP TV. Inspirée par la mythologie grecque, la série met en scène trois nymphes à la jeunesse éternelle, qui vivent parmi les humains. Mais on est loin des gentilles petites créatures innocentes qu'on met souvent derrière le terme de nymphe, puisque nos protagonistes ont besoin de se nourir d'hommes pour préserver leur jeunesse... Les choses s'enveniment encore quand l'une des nymphes tombe amoureuse. En tout, ce sont 12 épisodes de trois quarts d'heure qui sont prévus.

On constatera qu'au passage, même s'il se passe beaucoup de choses en Scandinavie, la durée de développement n'est pas tellement différente de celle qu'on connait en France. Je trouve ça intéressant parce que, autant aux USA, au Japon, en Corée du Sud ou en Australie, on a l'impression que les choses vont plutôt vite, autant en Scandinavie, on n'est pas tellement dans un modèle de production industriel alors qu'il y a un véritable boom, de toute évidence. Comme quoi, c'est encore pas ça la raison qui fait que la fiction française n'est pas au top du top actuellement. Il faudra donc chercher les explications ailleurs...

Bon alors au fait, le world tour plus court, on garde, ou on revient à l'ancienne formule ?

Posté par ladyteruki à 22:37 - Love Actuality - Permalien [#]

La vérité toute nue

House of Lies avait commencé comme une dramédie trash ; je peux concevoir que cela ait pu rebuter une partie de mon entourage téléphagique ; au sein de l'équipe du SeriesLive Show, par exemple, les avis étaient contrastés, ce qui est une façon polie de dire qu'il y avait d'un côté le mien, positif, et d'un autre côté les autres, franchement pas charmés.
Pour être honnête, elle n'a jamais totalement cessé d'être trash, mais House of Lies a vraiment dépassé les clichés accrocheurs (ou voulus comme tels, mais ça n'a pas fonctionné sur tout le monde visiblement) pour offrir une série d'une densité incroyable. Mais cela, nombre des déçus qui avaient baissé les bras après le pilote ne le sauront jamais. Ce sont les règles du jeu, c'est certain, et moi-même je ne reste jamais dans les parages quand une série me déçoit au moment du premier épisode, après tout. Simplement j'ai le sentiment que les manifestations les plus trash de son pilote, ainsi que le fameux effet "freeze", sont les seules choses que nombre des gens dont j'ai pu lire l'avis ont remarqué. Comme s'il ne se disait rien d'autre. Et c'est justement là que tout le génie de House of Lies s'est déployé.

Le plus fort c'est que pendant les premiers épisodes, je ne m'intéressais pas vraiment aux troubles de son personnage central, Marty Kaan, dont les déboires me semblaient bien peu captivants comparés à l'incroyable dynamique de son équipe. Pour moi le point fort était vraiment dans leurs échanges à la fois intelligents et foncièrement cyniques, teintés de cette sorte d'agressivité dénuée de toute méchanceté propre à certains milieux professionnels. Les intrigues liées au travail de cet équipe semblaient aussi une façon incroyablement brutale et subtile à la fois de parler de l'état de notre société en ces temps de "crise".
C'est ainsi que le pilote permettait à Kaan de faire la démonstration de tout ce que sa profession implique d'odieux et de réaliste à la fois, en offrant au patron d'une énorme corporation bancaire de faire un geste qui semblerait être généreux et en réalité ne le serait pas. La démonstration était incroyablement perverse et pourtant parfaitement objective de la réalité de bien des milieux.

L'intrigue qui allait se développer à partir de là, avec cette fameuse histoire de fusion/acquisition, est la meilleure preuve du regard aiguisé que House of Lies pose sur l'actualité, et dépasse le cliché du "personnage névrosé dans une dramédie excessive" qui colle à la peau de plusieurs séries de Showtime.

House of Lies s'intéresse donc à une radiographie de la façon dont les finances de nos sociétés (dans tous les sens du terme) nous conduisent à notre décadance morale. A bien y réfléchir, tout est absurde dans ce monde-là. L'Ouroboros se mord effectivement la queue : on fait de l'argent en mentant sur la façon de faire plus d'argent, et on vit dans un status quo où on a l'illusion qu'on fait tourner la machine.
On brasse du vent pour mieux brasser de l'argent, à moins que ce ne soit le contraire.

Le sujet n'est pas facile et en réalité, les névroses du personnage agissent comme une personnification des dérives du système. J'ai l'impression que cela souvent été interprété comme l'inverse, et encore, au mieux. Mais à mesure que cette histoire de fusion/acquisition monte en puissance, il devient difficile de nier que le mode de vie déglingué de Marty Kaan va bien au-delà de la formule habituelle de Showtime, notamment grâce à Jeannie et son parcours également erratique.

HouseofLiesFINAL

Qui plus est, House of Lies propose autant de scènes-choc, souvent jouissives il est vrai, que de scènes authentiquement dramatiques. En faisant tomber le quatrième mur, Marty Kaan partage bien entendu ses commentaires blasés sur son travail ou ses collègues, mais plus encore, il emploie ce procédé dans sa vie personnelle. Il nous invite à partager aussi les moments les plus sombres qu'il traverse, par contre, contrairement à son monde professionnel, cela se fait toujours en silence. Son regard est chargé d'émotions qu'il nous inflige directement, difficile parfois de résister à la tentation de détourner les yeux pour y échapper ; plusieurs épisodes se finissent sous son regard accusateur, alors qu'il partage son angoisse autant qu'il cherche à nous rappeler qu'elle n'est probablement pas différente des nôtres. L'échange qui a lieu à ce moment-là est terrible, implacable.
Ce n'est pas simplement impressionnant parce que Marty Kaan est interprété par Don Cheadle, qui apprend progressivement à maîtriser son personnage, c'est aussi tout simplement parce que rares sont les personnages à partager autant. Et que souvent, ceux qui le font sont des femmes (c'est après tout là la réputation de Showtime), et pour la première fois depuis bien longtemps, un personnage masculin se dévoile avec toutes ses fragilités. Marty Kaan est sans nul doute le personnage le plus vulnérable que j'aie vu depuis bien longtemps.

Pour une série qui se déroule dans un milieu où, si l'on est beau parleur, on peut se remplir les fouilles, House of Lies repose donc énormément sur les silences. Et si bien des séries savent à l'occasion utiliser le silence, produire un tel résultat sur 12 épisodes est plus rare, et laisse... sans voix. Oui, les protagonistes de House of Lies sont de grands bonimenteurs... mais ils sont toujours honnêtes avec eux-mêmes, et donc avec nous. C'est assez rare pour être souligné, quand dans de si nombreuses séries, le spectateur doit d'abord faire l'effort de comprendre les motivations du personnage avant de les partager. Ici, Marty ou dans une moindre mesure Jeannie sont dans la nudité la plus complète.

Il y a d'ailleurs beaucoup à dire de la performance de Kristen Bell. Je n'ai jamais eu une sympathie très poussée pour l'actrice, elle est sympathique mais pas incontournable ; et surtout, je n'ai pas vraiment gardé un souvenir impérissable de Veronica Mars. D'ailleurs peut-être que tant mieux, ça m'évite d'aborder sa performance avec une attente trop précise. Mais au fur et à mesure de la série, elle va se révéler comme un pillier des intrigues, se développant plus qu'on n'aura pu l'espérer pour Clyde ou Doug (deux éléments que j'apprécie énormément par ailleurs, mais certainement pas pour les mêmes raisons, leur utilité se bornant aux axes plus légers des épisodes). La progression est lente, mais cohérente pour Jeannie ; à partir du moment où elle signe un pacte avec le diable, les choses se précipitent, laissant à Kristen Bell toute latitude pour nous épater. Mais vraiment.
C'est là que je me suis rappelé de l'incroyable prestation de Bell dans le pilote de Veronica Mars et de mon émotion face à la scène du "lendemain" du viol de Veronica. Soudain je révise mon opinion de l'actrice à la hausse. Il y a des Emmys qui se perdent, à vrai dire.

Soyons sincères, deux autres femmes se débrouillent incroyablement bien pendant leur temps d'antenne pourtant limité : Dawn Olivieri, incroyable en femme à la fois venimeuse et perdue dans une spirale de haine de soi, Megalyn Echikunwoke (j'ai dû copier/coller) se montrant parfaitement charmante mais aussi terriblement humaine. Quand tant de séries ont tendance à écrire les rôles féminins au détriment des rôles masculins, ou l'inverse, la présence de ce cast de charme formidablement bien servi par une écriture très tendre fait un bien fou.

Et au final, voilà comment on part d'une dramédie en apparence légère, trash, et pas forcément très profonde, à l'une des meilleures séries de ce début d'année. House of Lies n'est pas juste un coup de coeur, c'est un travail bien plus profond que cela qui parle à ce qu'il y a de plus fragile en nous, tout en nous servant une vision très sensée des organes financiers de notre monde, et des passages excessifs mais jamais totalement gratuits.
Alors c'est vrai que mon avis vaut ce qu'il vaut puisque ça doit être la dixième série qui m'impressionne en ce début d'année. Mais ça veut aussi dire que, les amis, le crû 2012 est absolument épatant. On a une chance de folie d'être téléphages en ce moment. On ne s'en rend probablement pas compte, mais le monde nous envoie de toutes parts des productions d'une exceptionnelle qualité. House of Lies en est une, et ça va être une torture d'attendre jusqu'à la saison prochaine.

Posté par ladyteruki à 20:07 - Review vers le futur - Permalien [#]


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