ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

12-03-12

[#Piemarathon] 1x06, laisse

BlackMarch
Je vais être honnête avec vous, cette histoire de Piemarathon est en train de déraper (mais dans le bon sens du terme).
Je veux dire, bon, je me suis lancée il y a seulement 4 jours et j'en suis déjà à aborder la fin de la première saison... Alors soit, elle n'est pas longue, il y a eu un weekend, je n'ai pas travaillé cet après-midi, certes. Mais quand même, euh, ça devient un peu compliqué. Pis je vous raconte pas le méchant effet de manque dés que je m'éloigne de mon DVD. Heureusement que j'ai le soundtrack sur mon smartphone sinon ça pourrait devenir dangereux pour mon entourage.

C'est d'ailleurs assez fou de retomber amoureuse d'une série qu'on connait (presque) par coeur. C'est une sacrée chance, aussi, parce que j'ai réussi à me laisser surprendre une ou deux fois, notamment dans l'épisode qui nous occupe ce soir, et je ne sais sincèrement pas si je serais capable de me laisser faire comme ça par d'autres séries. Devant Une Nounou d'Enfer, par exemple, je récite les dialogues comme des psaumes, ça n'a rien à voir. Là, je suis dans un état d'esprit particulier où j'arrive à prendre de la distance avec mes souvenirs pour profiter du spectacle, ce qui me permet de ressentir plein de choses, et pas juste l'impression de confort qu'on expérimente devant une série qu'on connait très bien et qu'on adore retrouver. C'est un vrai bon marathon, j'en savoure chaque seconde, même si je commence à baliser à l'idée qu'il me prendra probablement moins longtemps que prévu.
Nan mais voilà, c'est tout, je voulais juste partager ma joie, parce que je parle des épisodes, et truc, et bidule, et très franchement, les marathons bloggés en temps réel je commence à prendre lentement l'habitude (pour moi qui, il y a encore quelques mois, n'était pas coutumière des reviews épisode par épisode), mais du coup j'en oublierais presque de vous dire combien je me régale et combien ça me fait plaisir de me replonger dans la série. C'est donc chose faite.
Sachez que c'est une vraie kermesse. Et que je ne veux pas descendre du manège.

Piemarathon_1x06_Title

L'épisode commence alors qu'Olive accomplit son premier acte de bravoure de l'épisode : elle confesse d'elle-même à Chuck avoir embrassé Ned dans l'épisode précédent. Dans à peu près n'importe quelle autre série, ce serait soapesque. Mais ici, c'est une façon magnifique à la fois d'approfondir encore le personnage d'Olive, qui devient lentement mais sûrement le plus touchant de la petite bande du Piehole, mais aussi de faire avancer sa relation avec Chuck. La fille morte prend en effet les choses plutôt bien et toutes les deux parlent très ouvertement de la relation entre Chuck et Ned, comme de vraies amies, de vraies complices. Olive montre alors qu'elle a une très, très bonne nature, en s'inquiétant réellement des problèmes de contact (ou absence de) entre les amoureux, même si elle est encore un peu blessée par le rejet qu'elle vient de subir. Sans le savoir, Chuck vient ainsi de lui ouvrir la porte du petit groupe qu'ils forment, ne se sentant pas menacée par le contact entre Ned et Olive alors qu'elle-même sent bien que ça reste un vrai problème entre eux.

Et il est là, le coeur du problème : plus que de devoir éviter de se toucher, les amoureux continuent de devoir accepter ce fait, et ils ont du mal. Chuck n'est plus vraiment en danger d'être touchée par hasard et de mourir définitivement, que de ne justement pas pouvoir toucher son Piemaker et de perdre son affection (à moins que ce ne soit l'inverse).
Il faut dire que le rêve érotique, ou plutôt le cauchemar de celui-ci a de quoi en troubler plus d'un. Je me souviens encore de l'horreur que j'avais ressentie la première fois que j'avais vu cette scène, cet instant terrible, lorsque Chuck lui tombe dessus et qu'il y a cette petite seconde pendant laquelle le temps est suspendu, mon Dieu, c'est arrivé, il l'a touchée, elle est partie pour de bon cette fois... et puis finalement non et c'est en fait là que commence le véritable cauchemar. Evidemment, difficile de ressentir ce bref désespoir et de croire Chuck disparue avec les visionnages suivants, mais force est de constater que le passage reste déchirant et qu'on comprend bien que cela dérange autant le Piemaker ensuite. On le comprend bien, mais on rit avec Emerson tout de même, hein, l'un n'empêche pas l'autre...

Piemarathon_1x06

L'épisode va continuer d'explorer divers sujets relatifs aux relations amoureuses avec l'étrange cas d'un polygame éleveur de chiens qui a été tué de bien curieuse façon. Outre le crime lui-même, qui s'avère n'être pas celui qu'on croit, c'est la quête du tueur qui va les occuper, leur donnant tout loisir de se frotter aux différentes épouses de la victime (pour Emerson, un peu plus près que pour les autres). Aussi bien en ce qui concerne l'intrigue que dans le domaine de l'univers visuel et sonore, on n'est pas exactement dans le meilleur épisode de la saison. L'idée est vraiment de pousser au maximum Ned et Chuck à se poser des questions sur la durabilité de leur tendre amour, et pas vraiment de nous offrir un moment enchanteur. Heureusement qu'il y a toujours les excellents dialogues et l'air empoté pathologique du Piemaker pour nous distraire comme à l'accoutumée.
On notera aussi qu'il n'y a pas de tantes en vue dans cet épisode, pour la seconde fois consécutive, et qu'il n'y est même pas du tout fait référence. Ce n'est pas une mauvaise chose : on ne peut décemment pas les intégrer à chaque fois. Mais elles m'ont quand même un peu manqué.

Alors qu'on commençait un petit peu à trouver que cet épisode manquait de chien (ha ha ha), voilà que le Piemaker et la fille morte se regardent de nouveau dans le blanc de l'oeil pour discuter de leurs problèmes, et que, plus que jamais jusque là, la souffrance de Ned devient très palpable. Il a passé l'épisode à être embarrassé, maladroit, gêné, effondré, catastrophé, mais là, il cesse de faire le clown triste et on peut presque ressentir son pincement de coeur lorsque Chuck enlace Digby à sa place. Ned prend toute la mesure de l'absence de contact à cet instant, on dirait, et l'accepte en même temps. Ca fait une plutôt jolie scène...
...Vite éclipsée par la suivante. Pour la seconde fois dans cet épisode pourtant pas très joyeux, Olive va nous arracher un soupir de chagrin et d'amiration.
Car elle est impressionnante, Olive, quand elle laisse partir son Piemaker. Elle tient à lui mais elle accepte de n'être jamais qu'Olive la serveuse. Elle a ce regard incroyable quand il lui fait ses excuses, comme si elle ne voulait pas l'affliger LUI avec son trouble à elle.
Elle a raison, notre petite chose blonde : elle est vraiment grande.

Posté par ladyteruki à 20:52 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

[#Piemarathon] 1x05, ghost

BlackMarch
Alors qu'elle jouait un second couteau lunatique dans le pilote, Olive a désormais le vent en poupe. Elle est une nouvelle fois l'héroïne de l'épisode, et éclipse Chuck (au moins temporairement) alors qu'elle embauche elle-même Emerson pour enquêter sur une curieuse affaire de jockey fantôme...

Piemarathon_1x05_Title

On a appris pas mal de choses sur la plupart des personnages jusqu'ici, mais le passé d'Olive Snook était resté brumeux. Voilà donc une opportunité en or d'apprendre à connaître la petite chose qui se présente lorsque son passé de jockey refait surface ; difficile d'ailleurs de ne pas mourir de rire lorsqu'Emerson apprend cette information capitale sur le CV de la serveuse ! Outre cette séquence savoureuse, l'épisode ne sera pas dénué de scènes proprement hilarantes, grâce à un Emerson qui, déjà très en forme en solo (jolie déclaration d'amour à une pelle, notamment), voit ses pouvoirs se décupler lorsqu'il travaille en tandem avec Olive. Ca fonctionne totalement entre ces deux-là. Encore ! Encore !

Mais, à la surprise générale, y compris et avant tout d'Olive elle-même, celle-ci fait aussi un épatant duo avec nulle autre que Charlotte.
D'accord, la défunte n'a jamais montré d'animosité vis-à-vis d'Olive (en fait elle remarque tout juste sa présence, si on veut être honnêtes, et ne lui adresse la parole que depuis qu'elle craint pour son secret), mais ça reste quand même fichtrement imprévu. Et pourtant, il suffit de les voir toutes les deux pendant la fin de l'épisode pour admettre qu'elles forment une combinaison gagnante, tant au niveau de leur dynamique que lorsqu'il s'agit d'être efficaces en temps de crise.

Piemarathon_1x05

Ce que j'aime dans Pushing Daisies, c'est que là où il y a de la gène, il n'y a pas de plaisir. La série assume totalement tous ses effets de style ; qu'il s'agisse d'entendre régulièrement le signal de départ des courses hippiques au cours des différents dialogues, de voir que tout d'un coup les scènes entre Olive la cliente et Emerson le privé ont droit à un éclairage de stores vénitiens ultra-cliché, ou bien-sûr, d'entrer dans l'inénarrable maison de la mère de John Joseph Jacobs, qui pique délicieusement les yeux, les excès sont bienvenus parce qu'ils participent à la création d'un univers bizarre autant qu'amusant, où l'oeil s'attarde et où on passe notre temps à dénicher cent détails formidables.
Qui plus est, le mérite de l'épisode ici présent est d'avoir plusieurs thèmes en un seul ; les épisodes à thème ne sont pas nouveaux dans la série (comme l'avait prouvé le deuxième épisode) mais le concept n'avait jusque là jamais été porté aussi loin ; cela marque définitivement un tournant dans l'univers de la série. Jusque là il s'agissait juste de proposer un contexte merveilleusement étrange, cette fois on est dans une sorte de champs lexical constant. Le meilleur épisode à ce petit jeu sera sans conteste celui des abeilles ; on n'y est pas encore mais c'est ici que tout commence, avec ces rappels permanents de l'univers du cheval (jusque dans les mugs d'Olive). Et pourtant, si l'épisode du jour est dédié à l'équitation, on a aussi un vrai épisode de Halloween, comprenant un hommage implicite à la légende de Sleepy Hollow, et c'est assez incroyable de voir comment ces deux univers se mélangent parfaitement bien. Sans compter, je l'ai dit, le côté légèrement parodique des films noirs que prennent les dialogues entre Olive et Emerson.
Tout cela fonctionne, s'emboîte, se complète parfaitement. J'ai regardé cet épisode avec une vraie admiration ; la série prend vraiment ses marques à partir de là.

Et pourtant, plus que la seule prouesse au niveau de l'ambiance et du style de la série, on a ici un épisode TRES mélancolique qui délivre de vraies scènes d'émotion.
Ned le Piemaker continue d'explorer ses traumatismes d'enfance, Halloween lui rappelant probablement le pire souvenir de tous, quand il a réalisé que son père l'avait abandonné. Les souvenirs de cet épisode de sa vie comme les scènes au présent sont terribles, parce sa souffrance ne s'exprime pas, encore une fois il garde les choses pour lui (mais il est vrai que c'est le genre de choses qu'on ne partage jamais vraiment), et noyé dans son sentiment d'abandon, il met sans le vouloir de la distance avec Chuck. A sa décharge, il faut quand même reconnaître que celle-ci est un peu chiante dans sa façon d'exiger de lui de tout dire de ce qui le préoccupe, alors qu'elle-même lui fait des cachotteries à propos des tartes qu'elle fait livrer à ses tantes.
Ned aura en tous cas l'occasion de refaire le chemin à l'envers, ce qui le mènera dans sa maison d'enfance, mais aussi chez les Darling Mermaid Darlings, et ce sera l'occasion d'une très, très jolie scène entre lui et tante Vivian. Pour elle qui ne supporte pas le contact, la voir cajoler ce petit garçon tout triste qui n'a pas résolu ses souffrances d'enfant, ça voulait vraiment dire quelque chose de fort. L'anecdote sur les coussins qu'elle glisse dans le lit de Chuck était déchirante aussi.
Qu'il s'agisse de souffrance, d'enfance ou d'êtres chers, Pushing Daisies parle magnifiquement bien du deuil.

Pour Olive, c'est aussi le moment de grandir un peu, si je peux m'exprimer ainsi. Après avoir pris la décision consciente, dans l'épisode précédent, d'aider Chuck à protéger son secret, la voilà qui est dans la confidence (du moins le pense-t-elle) et si elle en veut à sa rivale, elle va très vite s'apercevoir que sa colère est retombée. L'épisode nous montre une Olive qui, délaissant progressivement ses petites répliques mesquines, va comprendre l'évidence : quelle que soit la vérité à propos de la fille appelée Chuck, cela ne lui rendra pas Ned d'exposer ses secrets. Le baiser désespéré qu'elle lui délivre est suivi d'une douloureuse épiphanie...

Par le biais de ses dialogues pétillants et de ses excentricités, Pushing Daisies continue de maquiller son ton extrêmement dramatique, et c'est certainement ce contraste qui fonctionne si bien à mes yeux.

Posté par ladyteruki à 07:24 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]
  1