ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

18-02-12

No b(r)other

Brotherhood

En attendant que le cagoulage d'Awake soit fini, j'ai lancé l'un des pilotes de ma "pile à téléphager" un peu au hasard. Je n'avais même pas fait le rapprochement, mais visiblement, ce samedi sera placé sous le signe de Jason Isaacs.

Brotherhood est typiquement le genre de pilote dont je me rappelle avec une cinglante précision des premières minutes, et rien du reste... parce que je ne suis jamais allée au bout dudit pilote. Mais ça ne peut pas faire de mal de se forcer, surtout quand on a une bonne motivation (on en reparle dans quelques jours) et l'habitude de se plier de bonne grâce à l'exercice du revisionnage de la seconde chance.
Le plus dur, c'est donc, quand les souvenirs du pilotes s'évanouissent, indiquant ainsi avec une étonnante exactitude à quel moment j'ai interrompu mon premier visionnage, de tenir bon et de rester assise devant la suite du pilote de Brotherhood.

Il faut dire que peu de choses m'intéressent aussi peu que les histoires mafieuses. Ou peut-être que c'est une idée que je me fais mais très sincèrement, des Soprano à Underbelly, en passant évidemment par Boadwalk Empire, ou plus récemment The Straits, le thème m'a rarement captivée, pour ne pas dire jamais. J'ai tenté, hein, mais non. Enfin, presque : je n'ai pas tout tenté puisqu'en dépit de son excellente réputation, je n'ai jamais été fichue de réunir le courage nécessaire à me mettre devant Un Flic dans la Mafia.

Ici, je suis cependant reconnaissante pour plusieurs choses, maintenant que je suis, avec quelques années de retard, parvenue au bout de cet épisode inaugural. D'abord parce qu'au moins, pour une fois on parle de réseaux irlandais et pas des presque incontournables mafieux italiens immortalisés par Le Parrain. Rien de tel que d'emprunter aux clichés du genre pour me lasser.
Et puis, le démarrage de l'épisode en question n'est pas tant destiné à parler de mafia que de la frontière (forcément floue) entre le Bien et le Mal. Ici, on a donc une opposition de deux personnages, deux frères : l'un est un politicien qui trempe dans tout un tas de combines, mais qui a toutes les apparences du gendre idéal, l'autre est un criminel qui n'hésite pas à faire justice lui-même pour venger les faibles, mais qui a un casier épais comme un bottin. Leurs introductions respectives montrent immédiatement et avec un certain brio toute l'ambivalence de leur position sociale, tandis que l'un pose pour des reportages sur sa famille parfaite, l'autre a été en cavale pendant 7 ans, se faisant passer pour mort. Les frères Caffee sont ainsi très différents, mais en même temps, sur le plan strict de la moralité et de la légalité, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Aucun frère ne vaut plus que l'autre dans l'absolu.

Le soucis, c'est qu'après avoir formidablement bien posé ces deux personnages, le pilote de Brotherhood fait... eh bien, tout ce qui me déplaît dans les séries s'intéressant à des activités mafieuses : et vas-y que je discute business avec untel, que je négocie avec tel autre, que j'en menace un troisième, etc. C'est long, c'est sans imagination, et soit dit entre nous, je n'en ai rien à péter.
Il m'aura fallu attendre la fin du pilote, avec son petit twist de conclusion, pour vaguement éveiller mon intérêt, mais vaguement seulement puisqu'en réalité il se contente d'expliciter ce qu'on a toujours su sur quel frère est "gentil" et quel autre est "méchant" au sens dramatique du terme.

Problème supplémentaire pour un pilote : non seulement celui de Brotherhood tourne un peu en rond, mais il ne lance pas vraiment de pistes excitantes pour l'avenir. On est dans l'exposition totale et narrativement, peu de fils rouges sont lancés et c'est là que le bât blesse : la relation entre les deux frères est classique, les affaires de chacun également, et ce n'est pas la peine d'espérer grand'chose de l'ami d'enfance, l'épouse de l'un ou la mère des deux. Chacun des protagonistes est exactement là où on l'attend et n'offre pas vraiment de surprise ni, pire encore, de profondeur.

Peut-être que je suis tellement insensible aux histoires de mafia que je n'ai pas vu les beautés de Brotherhood. Possible.
Peut-être tout simplement que ce n'était pas une série pour moi. En tous cas, les chances pour que je m'essaye une troisième fois à cette série à l'avenir sont d'autant plus ténues que maintenant j'ai vu le pilote jusqu'à la fin, et que je sais très précisément ce qui m'a détournée de la série. Bon, cela dit, l'essentiel, c'était quand même d'insister et d'en arriver jusque là, et c'est déjà pas mal.

Posté par ladyteruki à 18:29 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 4x10, the increasingly poor decisions of Tim McManus

Je comprends mal ce qui s'est passé, là. Notre Ozmarathon nous avait laissés sur une excellente impression quant au démarrage de la seconde partie de la saison 4. Et voilà que quelques jours plus tard, c'est n'importe quoi.
Mes amis, j'espère que vous consommez plus que tous les Homeboys réunis, parce qu'aujourd'hui, il faut ne pas avoir l'esprit trop clair pour comprendre les décisions de Tim McManus.

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Laissez-moi donc reprendre une par une les âneries qu'il nous a pondues dans l'épisode du jour.

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Dorénavant, les prisonniers regarderont des videos éducatives. De force.
On le sait, McManus a toujours été un pédagogue avant tout. Instaurer un programme pour que les prisonniers reprennent leurs études et apprennent à lire, par exemple, avec été l'une de ses grandes quêtes. Mais il y a deux problèmes : quel est le bénéfice quand il s'agit de forcer les prisonniers à regarder des videos éducatives, et, surtout, comment les videos en question ont-elles été choisies ? "La vie est comme une maison", vraiment ?
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce que déjà que quand on fait du cas par cas, on n'arrive à rien (voir aussi : Kenny Wangler), alors si en plus on leur sort des conneries pendant 30mn dont ils vont simplement se moquer, les prisonniers ne vont pas vraiment aller en s'améliorant. Bien joué, McManus.

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Dorénavant, les prisonniers qui ne seront pas sages seront enfermés dans une cage au beau milieu d'Em City.
On le sait, McManus a toujours été un pédagogue avant tout... Alors quelqu'un peut m'expliquer d'où lui vient l'idée de génie de mettre une cage, oui, une cage, au beau milieu du quartier le plus violent de tout Oswald ? L'idée est ici, attention, le concept intellectuel vole très haut, de non pas envoyer les prisonniers au trou, mais de bien montrer à tous leurs congénères qu'ils se sont mal comportés en les exposant. Je concède à McManus qu'il faut faire de la place au trou maintenant que Miguel Alvarez est revenu : il partagera probablement à nouveau son temps entre l'isolement, l'hôpital et le cachot, reprenant ses bonnes vieilles habitudes. Reste qu'on voit mal ce que l'initiative va apporter.
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce qu'une CAGE est au beau milieu du quartier le plus violent de la prison. Le risque de lynchage n'a pas effleuré McManus ?! Oh, et, au fait, ça ne peut pas bien finir parce que les officiers de la prison n'appliquent pas la nouvelle directive. Par exemple, Ryan O'Riley finira au trou. Bien joué, McManus.

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Et si on essayait d'emballer Gloria ?
Quand il était jeune, innocent et tout et tout, McManus avait tenté de se placer auprès de Gloria. Lorsque celle-ci revient de ses vacances prolongées, il lui saute immédiatement dessus et lui propose de dîner, naturellement en tout bien tout honneur.
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce que Gloria revient de vacances qu'elle a prises suite à son viol. Bien joué, McManus.

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Et si on essayait d'emballer quelqu'un d'autre ? (n'importe qui)
Visiblement ça frétille dans le caleçon de Timmy, parce que sitôt un puissant râteau pris avec Gloria, McManus commence à faire du gringue à la jeune femme qui vient s'occuper des immigrés chinois (on va y revenir, soyez-en sûrs). Il lui propose donc évidemment de dîner, parce que, je cite "oh a tous les deux besoin de manger". Quel tombeur.
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce que rappelons que chaque fois que Tim a voulu concrétiser avec quelqu'un qu'il avait rencontré au boulot, CA A mal fini. Est-il besoin de rappeler comment Claire l'a poursuivi pour harcèlement sexuel ?! Et vu qu'en plus, là, il y a un véritable enjeu professionnel (bien plus qu'il n'y en a jamais eu avec ses précédentes conquêtes), eh bien encore une fois, l'entrejambe de Tim risque de faire des dégâts. Bien joué, McManus.

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Et si on installait des immigrés totalement innocents à Em City ?
Sans nul doute la décision la plus brillante de cet épisode. On apprend en effet qu'un cargo contenant des immigrés illégaux chinois a échoué sur le sol américain et qu'en attendant de déterminer le statut juridique de ces personnes, plusieurs bâtiments de l'Etat accueilleront des immigrés. Un contingent est, naturellement, envoyé à Oswald, faute de place ailleurs. Je concède que sur celle-ci, les torts sont partagés avec Glynn, mais attendez un peu de voir ce que nos deux génies nous ont pondu : on va héberger les immigrés à Em City. Oui. Le quartier le plus dangereux de la prison. On va mettre des lits superposés en plein milieu de l'espace commun, et attendre de voir. Une solution logique aurait été de vider une autre unité, l'unité B par exemple (puisqu'on ne parle que de celle-là dans la série), d'installer les prisonniers ensemble, d'instaurer éventuellement un lockdown pour éviter le chaos, et de mettre les immigrés chinois dans l'unité ainsi vidée. Mais avouez que cela aurait été trop logique. Une autre solution logique aurait été d'installer des lits dans la bibliothèque ou le gymnase. Il suffisait alors de restreindre l'accès aux prisonniers à ces salles pendant une courte période de temps. Mais avouez que là c'était plus marrant du tout tellement c'était cohérent.
Pourquoi ça ne peut pas bien finir : parce qu'on a livré des poules aux renards. Soyons clairs, ces prisonniers ne sont rien d'autre que jetés en pâture aux pires criminels de la prison. Ils sont supposés se mélanger à eux alors que très peu parlent la même langue. Ma question c'est plutôt de savoir pourquoi ça pourrait bien finir, parce que je n'en sais rien du tout !!! Et la meilleure preuve, c'est quand même que dés leur arrivée, il y a un mort. Sans déconner, on l'avait pas vue venir, celle-là ! Bien joué, McManus.

Soyons justes. Notons que quelques autres personnes prennent de très contestables décisions elles aussi pendant cet épisode, et mentionnons notamment :
- Tobias Beecher qui a subitement très envie de rendre Chris Keller jaloux et envisage de se taper l'un de ses amis qui vient d'arriver à Em City. Juste comme ça. Parce que Keller est tellement inoffensif que, eh, qu'est-ce qui peut bien arriver de toute façon ?!
- Gloria Nathan qui décide de revenir à Oswald juste après avoir réalisé qu'elle était amoureuse de Ryan O'Riley. Juste comme ça. Pour voir si elle peut résister à la tentation.
- Kareem Saïd qui se fait un ennemi avec un ancien Homeboy. Juste comme ça. Parce qu'il le sent pas.
- Leo Glynn qui, le jour-même où sa femme le met dehors, embauche une jolie et très divertissante créature comme secrétaire. Juste comme ça. Parce qu'il a besoin d'une présence féminine qui le fasse rire (je déconne pas, ça faisait partie de ses critères, il fallait qu'elle soit "intelligente, drôle, diplomate et sans peur").
- Floria Mills qui, effectivement, est sans peur, parce que pour son premier jour à bosser dans une prison, elle trouve ça fun de mettre une jolie tenue rouge et de parader à la cafeteria en pleine heure de pointe. Juste comme ça. Parce qu'elle a un épatant sens de l'humour.
- Vern Schillinger qui s'en remet à un évangéliste qui a décidé en arrivant à Oswald qu'il allait sauver son âme. Juste comme ça. Parce que faire confiance à un mec qui sort de nulle part et qui peut manipuler les gens sous couvert de religion, ça n'éveille aucune méfiance chez Vern, voyez.

Nan mais allez, les mecs, avouez : vous êtes tous de gros masochistes, en fait ?
Et plus sérieusement, je soupçonne les scénaristes d'y aller un peu fort sur l'herbe, quand même. Et là, ça a l'air de me faire rire, mais en vrai, je m'inquiète un peu.

Posté par ladyteruki à 00:32 - Plus on est de fous - Permalien [#]
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