ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

31-01-12

[#Ozmarathon] 4x04, it's not TV

Il va falloir m'excuser. Pour ce post, je vais devoir compter sur vous, amis du Ozmarathon, et vous laisser faire la review, exceptionnellement.

Je suis absolument incapable de synthétiser ma pensée. Je suis une pauvre chose depuis près de trois quarts d'heure devant mon écran, en train de me balancer légèrement, en pleurs, et ne laissant échapper qu'une sorte de râle glauque qui fout les jetons à mes deux chats (je n'ose imaginer la gueule de la voisine en entendant ça). Je ne rigole pas du tout. Je suis totalement vidée par cet épisode et ce post ne sera pas celui d'une review ordinaire.

Ozmarathon-4x04

Il s'est pourtant passé plein de choses. Forcément. Mais tout ce à quoi j'arrive à penser, en fait, la seule image qui tourne dans ma tête, c'est le corps de Shirley Bellinger plongeant dans le vide. Et pourtant je n'ai pas eu la force d'aller chercher cette capture. La vue de cette scène m'est impossible une seconde fois.

Cela faisait depuis l'épisode 3x07 que je savais qu'il me faudrait affronter cette scène, pourtant.

J'avais déjà vu cet épisode, il y a 10 ans. Il ne signifiait que la mort de Bellinger pour moi, ce jour-là. C'était déjà une scène un peu difficile à supporter, mais ce n'était qu'une scène.

Lorsque Bellinger a dit à McManus, il y a quelques semaines, qu'elle choisissait la pendaison comme façon de mourir, je me suis souvenue de tout ça, de cette scène, de la façon dont la première fois, elle m'avait choquée ; j'ai alors réalisé que ça allait être, sans aucun doute possible, le moment le plus difficile de tout le Ozmarathon ; pourtant j'ai voulu continuer et aller jusqu'à cette séquence fatidique. Peut-être que j'espérais que ça aurait un effet sur moi, du genre, "ok, maintenant au moins le démon est exorcisé". Peut-être que je n'aurais jamais dû me relancer dans la série sachant qu'il y aurait cette scène, aussi.
Il y a bientôt deux ans, freescully s'est pendue. Et je vous avoue que là, ce soir, vraiment, un post, c'est trop me demander.

Posté par ladyteruki à 22:04 - Plus on est de fous - Permalien [#]

30-01-12

La réputation

Il y a maintenant 5 mois, j'ai emménagé dans un nouvel immeuble. Pourtant, je n'ai pas encore rencontré tous mes voisins.
Aussi imaginez ma surprise quand, il y a quelques jours, j'ai croisé dans le hall de l'immeuble la petite mémé qui habite en face de chez moi, et que j'ai eu la discussion suivante...
Dans cette reconstitution, le rôle de ma voisine sera tenu par Betty White ; après tout c'est la loi de mettre Betty White dés qu'on en a l'occasion...

Voisine-1

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Mais bien-sûr, mon hall d'immeuble ressemble à ça, mais si, mais bien-sûr ! Je prends très mal vos sous-entendus.

Voilà alors, euh, bon, deux commentaires :
- d'une part je préfère être réputée pour ça dans l'immeuble que pour autre chose ;
- et d'autre part, c'est pas à moi qu'il faut venir dire que House of Lies, ça fait pas rire. J'ai des témoins, hein.

D'ailleurs ce soir, au terme de deux épisodes supplémentaires (eh oui, deux, je suis comme vous, je découvre), je pense que la voisine a dû avoir plus qu'une petite pensée pour moi.

Posté par ladyteruki à 20:51 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

29-01-12

I just want my 20 minutes back

Dans un moment de bravoure, j'ai finalement décidé de regarder l'aperçu pilote de la dramédie I just want my pants back. Pourquoi maintenant ? Eh bien, à l'approche de la diffusion à proprement parler de la série sur MTV, cette semaine, je me suis dit qu'il était grand temps, d'une part ; et d'autre part, si j'attends d'en avoir envie, je n'y arriverai jamais. Autant profiter que j'étais dans un moment d'abandon et de faiblesse et foncer.

Il faut dire qu'en dehors du titre, déjà pas spécialement excitant à mes yeux, la description qui m'avait été faite de la série était grosso-modo d'une sorte de How to Make it in America qui rencontre Skins et, euh, disons qu'étrangement ces deux séries ne figurent pas dans mon top 10 des séries que j'aime le plus regarder.
Ou dans mon top 200.

Devant ce premier épisode (apparemment légèrement tronqué), j'en suis arrivée à la conclusion que, si je suis capable de regarder Awkward. sans avoir envie de hurler combien tout cela me semble étranger, ça m'est absolument impossible avec I just want my pants back. Je peux rarement m'intéresser à des teenageries, vous le savez, et du coup c'est assez paradoxal pour moi de trouver Awkward. plus sympathique qu'I just want my pants back qui est normalement plus près de mes préoccupations de jeune célibataire dans une grande ville.

Mais voilà : ces histoires de coucheries, cette façon de vivoter sans but précis, ces amitiés d'adolescents attardés, eh bien ça m'énerve, reconnaissons-le. C'est incroyablement immature à mes yeux, ça n'est porteur d'aucune émotion pour la spectatrice que je suis, ça ne soulève aucun attendrissement ni même intérêt dramatique, et au bout du compte ça me semble tellement vide de sens que j'en aurais presque envie d'être désagréable.
Et si penser qu'une série qui suit les aventures d'un soir de jeunes à la tête creuse est totalement dénuée d'intérêt me fait passer pour une vieille conne, eh bien qu'il en soit ainsi, j'assume.

Ijustwantmy20mnback

Cette preview du pilote d'I just want my pants back, ce sont 20 minutes de ma vie qui sont perdues à jamais.
Et c'est emmerdant parce qu'à mon âge avancé, chaque minute compte.

Posté par ladyteruki à 23:38 - Review vers le futur - Permalien [#]

28-01-12

Requiem pour Alcatraz

J'ai une vraie admiration pour JJ Abrams. Ce mec a un don. Ces séries sont creuses, mais elles fonctionnent. Il a tout compris au fonctionnement de l'univers, et de la télévision mainstream moderne en particulier. C'est un type qui n'invente rien, ne révolutionne rien, mais qui le fait extrêmement bien et avec un véritable flair lorsqu'il s'agit de harponner les spectateurs avec des artifices. C'est un magicien. Beaucoup de mecs dans son genre se contentent de faire de la petite série à la con jusqu'à la fin de leurs jours, mais s'ils sont dans son genre, il ne sont pas dans sa catégorie, il les bat tous. Il n'a pas de vision créative, il n'a pas un univers comme on peut le dire de types comme Kelley, Whedon ou Fuller, mais il a trouvé une formidable façon d'exercer sa transparence avec panache, et ça force l'admiration.
Je méprise la plupart des choses qu'il fait (quand il ne se contente pas simplement d'y associer son nom au début, et de filer ensuite vers de nouvelles aventures, genre Lost), mais j'ai l'honnêteté d'admettre que sur le principe, il a tout bon. C'est un vrai malin, à défaut d'être un extraordinaire créatif. Il a vraiment du nez. Il mérite son succès.

C'est ainsi que s'ouvre, enfin ! mon fameux post sur Alcatraz, mille fois esquissé, mille fois reporté, et mes compliments se bornent à l'oeuvre d'Abrams en général plutôt qu'à la série en particulier, c'est vous dire si je suis déjà au max.
En fait, les compliments, il n'y en a plus après l'image.

Alcatraz

Pouf voilà c'est fini.

Parce qu'il faut être honnête, Alcatraz, c'est une grosse merde. Et je n'emploie pas souvent le terme de "grosse merde", quand même, vous pouvez vérifier ça reste assez sporadique. Mais là, on est quand même en plein dedans.

N'étant pas une inconditionnelle de Lost, même pas vraiment parce que ça ne m'a pas plu, mais simplement parce que je marche essentiellement au coup de coeur et qu'au bout d'environ 7 épisodes, je ne ressentais plus rien pour Lost et ai fini par regarder la série une fois tous les 5 ans (faudrait que je m'y remettre, un jour où j'ai rien de mieux à faire...), les comparaisons évidentes n'ont pas sonné comme une forme de recyclage éhontée. Hormis le fait que tout recyclage pur et simple est éhonté par principe. Mais disons que ça ne me fait pas hurler au sacrilège. Limite, pourquoi pas ? Lost n'était pas une mauvaise série, pourquoi ne pas s'en inspirer en fin de compte ? Donc, c'est lourd, visible et omniprésent, mais pourquoi pas, il y a des tas de créateurs de séries qui réemploient des recettes qui ont fait leurs preuves, ça n'est pas nécessairement choquant.

Le soucis d'Alcatraz c'est qu'on peut partir du principe que soit ce qui est nouveau est totalement dépourvu d'âme et d'originalité, soit il n'y a rien de nouveau du tout, et entre nous, je ne sais pas ce qui est le plus condamnable.

Il faut savoir que mon jugement sur Alcatraz ne se fait pas à l'emporte-pièce. Comme je croyais que le pilote était double, j'ai regardé les 2 premiers épisodes d'une traite en début de semaine (quand je me suis rendue compte de la méprise, je me suis dit, allez, tentons toujours, tant qu'on y est, ça s'arrange peut-être), avant de même donner sa chance au troisième un ou deux jours plus tard, parce que je lisais des trucs positifs sur la série, notamment de la part de personnes dont je tiens d'ordinaire l'opinion en haute estime. Comme quoi.
C'est donc sur la base de non pas un malheureux pilote, mais bien de trois épisodes, que je vous dis sans détour : c'est une grosse merde.

On a droit à tout.
La totale des clichés des séries qui n'ont rien dans le ventre. La jolie blonde (alors c'est vrai, elle est jolie). Le gros nerd. Le vieux austère. La minorité bien visible (alors c'est vrai, elle aussi elle est jolie). Pour un peu ce serait le cast d'un procedural autopolycopié genre Les Experts. Il nous manque juste un jeune premier et on a la collection complète. Vraiment c'est saisissant.
Les mystères à la con, aussi. Sauf qu'à chaque fois on les voit venir à 10 kilomètres. Chaque fois qu'il y a un truc un peu étrange qui se passe, le spectateur a vingt fois le temps de comprendre ce qui se passe avant que les personnages n'agissent dans ce sens, ou que la "révélation" soit faite. Et c'est vrai dés la scène d'intro du pilote, jusqu'à la fin du 3e épisodes, c'est fabuleux de cohérence et de constance.
L'ambiance joue uniquement sur la technique du "on ne vous dit pas tout" et des musiques lourdingues. Là-dessus permettez-moi de vous dire que c'est quelqu'un de sourd d'une oreille qui vous parle, et que ce quelqu'un ne remarque pas les musiques de fond dans les séries, sauf si elles sont excellentes, ou si elles sont cruellement ignobles. C'est bien-sûr le second cas ici et pour que je m'en plaigne c'est vraiment que ce soit quelque chose, parce que je suis pas regardante. Déjà, comme on a déjà dû vous le dire, ce sont les musiques pseudo-mystérieuses de Lost, c'est l'intégrale du soundtrack je pense, il ne semble rien manquer, et ensuite, le volume des musiques est à 125%, quand le volume des dialogues est à 75% et ça, c'est une pratique qui me met en rage. Insupportable de bout en bout. Pas une scène pour sauver les autres. Dés qu'il se passe un truc le spectateur est supposé s'inquiéter et se poser des questions, je suppose, mais j'ai un message pour la prod d'Alcatraz : eh les mecs, si vous avez besoin de faire signe constamment à vos spectateurs de s'inquiéter avec une musique omniprésente, c'est qu'ils sont incapables de le faire sans ça. Et ça signifie tout simplement que votre scénario est en échec. Ya pas de quoi faire les malins.

Le pire de tout, cependant, c'est qu'Alcatraz est en fait, derrière son intrigue presque mystérieuse, à peu près fantastique et soi-disant conspirationniste, un vulgaire cop show. Et même en maquillant le crime autant que possible, c'est insupportable tellement c'est flagrant. Pendant 3 épisodes, on a eu un criminel de la semaine à coffrer (et les enquêteurs font tout pour que ça prenne bien 45mn). Comme vous le savez, ce côté procedural m'est insupportable. Peut-être qu'il y a quelques années, encore, bon, je dis pas... mais là non, je ne supporte plus les cop shows procéduraux. Je sais pas, peut-être qu'il y a quelque chose à inventer ou ressortir des cartons, genre un drama procédural, pour que je me réconcilie avec la formule, mais là, c'est vraiment la collision de deux systèmes que j'ai pris en profonde aversion.

Mais il faut reconnaître : Alcatraz est, comme tout ce que j'ai vu faire Abrams jusqu'à présent, un objet de popculture prêt à l'emploi, avec tout ce qu'il faut pour essayer de capter l'attention du grand public. Simplement c'est complètement creux.
Et je ne sais plus pardonner ce genre de choses.

Le pire de tout, c'est que je n'avais pas de préjugé négatif contre le principe d'Alcatraz. Presque le contraire. Je ressens une sympathie sincère envers l'histoirique de cette prison, et je me revois encore, petite fille, regarder un épisode des Rues de San Francisco utilisant ce contexte pour une enquête, et me dire que ça ferait un super sujet de... de je sais pas, j'étais encore petite et je ne pensais pas en termes de séries potentielles, mais ça m'attirait comme sujet. Ca animait mon imaginaire et je peux comprendre que ça puisse donner plein d'histoires. Et plus de deux décennies plus tard, voilà Alcatraz.
Pour vous dire la vérité, depuis le début de la semaine, j'essaye de retrouver le titre de cet épisodes des Rues de San Francisco pour tenter de le revoir... Tout n'aura donc pas été perdu, mais quand même, quel gâchis.

Posté par ladyteruki à 23:37 - Review vers le futur - Permalien [#]

27-01-12

You're hot and you're cold

Ca vous a plu ? OUIII ! Vous en voulez encore ? OUIII !
Vu le succès d'estime (à défaut d'être représenté dans les commentaires) du post sur Äkta Människor d'hier, et étant donné que Festival International du Film de Göteborg vient officiellement de commencer, je me suis dit que j'allais en profiter pour vous parler un peu de fiction scandinave, et notamment de projets. Maintenant que je n'officie plus pour SeriesLive, ce genre de choses est amené à se produire dans ces colonnes un peu plus souvent, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.

Lilyhammer
Mais d'abord et avant tout, je veux commencer par un mea culpa : contrairement à ce que je disais dans le dernier SeriesLive Show en date (le prochain débarque dans la soirée), la série de Netflix et NRK, Lilyhammer, a bel et bien commencé en Norvège avant de débuter sur les territoires couverts par le site de VOD. En fait elle a tellement bien commencé que, accrochez-vous, le premier épisode, diffusé ce mercredi, a obtenu 56,3% de parts de marché sur la chaîne publique, presque 1 million de spectateurs. Ouais, carrément. Genre sur la tranche des 12-44 ans, la chaîne a fait 245% de ses chiffres habituels, voyez.
D'après les estimations de NRK, le million de spectateurs n'aura aucun mal à être dépassé pour le pilote, en comptant sur les chiffres en LIVE+7. En revanche les critiques semblent pour le moment être assez partagées...
Du coup, la série est déjà renouvelée pour une 2e saison, en tous cas, et ça, c'est quand même un signe. Donc voilà, au temps pour moi, j'ai dit des bêtises, les abonnés de Netflix n'ont pas été les premiers à voir la série, les Norvégiens en ont eu la primeur, et ils ne se sont pas privés en plus. On verra bien si l'épisode tel que proposé au public anglophone (et hispanophone mais alors, euh, moi l'Espagnol...) se retrouvera sur les circuits de partage de séries. Je vous tiens bien-sûr au courant, pensez !


Alors en matière de séries futures à proprement parler, qu'a-t-on en vérité ?

Kontoret

En Suède... J'ai envie d'abord d'en remettre une couche sur le projet d'adaptation de The Office, dont on vous a parlé brièvement dans un SeriesLive Show de l'an dernier, si mes souvenirs sont exacts. Kontoret, c'est son nom (et une traduction littérale du titre original), a pourtant un dossier un peu particulier. Plus qu'une simple retranscription de la série britannique ou même américaine que l'on connaît, Kontoret est aussi un spin-off d'une comédie extrêmement populaire en Suède, Solsidan. Un personnage de cette comédie (qui, l'été dernier, a directement été renouvelée pour 3 saisons d'un coup par TV4, comme ça c'est fait) va en effet devenir le centre des attentions de Kontoret, ce qui en fait un hit quasi-assuré ! En-dehors de cette originalité, la comédie sera fidèle à son modèle original. Kontoret débarque le 12 février prochain en Suède (et, même si je n'ai pas l'intention de la suivre en direct, j'en profite pour l'ajouter au Pilot Watch à toutes fins utiles), et pendant ce temps, Ricky Gervais s'achète probablement une planète entière en se frottant les mains.

SVT nous offrira une autre nouveauté le mois prochain, 30° i Februari (30 degrés en février, z'avez vu comme je progresse en Suédois !), une série dramatique dans laquelle des forçats du travail suédois vont décider d'aller vivre en Thaïlande pour changer de vie, et surtout, de climat. Toute la famille déménage donc à l'autre bout de la planète en espérant prendre un peu le temps de vivre, se recentrer sur la cellule familiale, et dé-com-pres-ser ! Vous vous doutez bien que ça ne va pas se faire comme ça, notamment quand les bungalows qu'ils ont achetés sans les voir depuis la Suède s'avèrent avoir été vendus également à un autre pigeon...

Ah, et pour mémoire, mentionnons que le premier volet des Fjällbacka Murders (alias Fjällbackamorden) est prévu pour Noël cette année. C'est quand même autre chose qu'un Julkalender !

Mammon

Côté Norvège... L'an prochain, NRK proposera la mini-série Mammon, un thriller de 6 épisodes dont le concept est que chaque épisode suivra 1 journée dans la vie de son héros, un journaliste ambitieux qui semble avoir assez peu de scrupules pour obtenir les informations qu'il chasse. Le problème c'est que même quand on pense être là en observateur, on influe aussi sur le cours des choses, et que les actions de notre journaliste vont avoir au début de la série une conséquence fatale. Rattrapé par le remords, il va tenter d'employer son énergie à réparer le mal qu'il a fait, pour s'apercevoir que plus il avance dans l'affaire politique qu'il couvre, plus il fait en réalité des dégâts. La presse norvégienne parle déjà de cette série comme du nouveau Forbrydelsen (dont la troisième et ultime saison sera diffusée au Danemark en septembre prochain), alors forcément, ça donne envie, même si pour le moment le pitch reste assez mystérieux.

NRK prépare également une série dramatique familiale (que cette fois la presse norvégienne s'est empressée de surnommer la nouvelle Himmelblå, ce que la chaîne conteste en dépit de l'excellent pédigree de ladite série) qui ne porte pas encore de titre. Qualifiée de "feelgood", elle suivra trois jeunes femmes vivant dans un petit village norvégien sans histoire, dont la vie va être bouleversée par la révélation d'un secret. Quelque chose me dit que ce n'est pas forcément le projet qui suscitera le plus d'intérêt de notre part, ici plus au Sud, mais sait-on jamais. La série est actuellement en tournage...

Norvège toujours avec la préparation pour NRK en vue de l'automne prochain (la chaîne est décidément très en forme), de la série Hellfjord, où un policier, Pakistanais de deuxième génération fermement citadin dans l'âme, se retrouve assez classiquement muté au fin fond de la campagne norvégienne, avec tout le plaisir qu'on imagine être le sien dans un trou perdu. Sauf que la série a apparemment décidé de s'orienter du côté de Twin Peaks (influence auto-proclamée, en tous cas) dans son sujet puisque notre flic va très vite s'apercevoir qu'il a atterri dans un patelin pas très rassurant avec un gros secret à comprendre et dévoiler en 7 épisodes de 30 minutes. Accessoirement la série est déjà vendue à l'Islande, la Roumanie et... l'Irlande.

Rappelons que la Norvège a aussi un projet de remake de Næturvaktin (sur TV2) et la série historique Erobreren (pour NRK) c'est dire si ça bouge en ce moment par là-haut !

Borgen-arte
Au Danemark... Naturellement, DR1 a commandé une troisième saison à Borgen (en fait les saisons 2 et 3 ont été commandées en simultané). A ce sujet, et c'est pas mon genre de faire de la pub, mais si vous n'avez pas encore acheté la saison 1 en import, elle débarquera dans toutes les bonnes FNUC (et autres points de ravitaillement téléphagique) début mars, sitôt la diffusion en France finie donc, grâce aux bons soins d'arte video. Je dis ça, je ne dis ABSOLUMENT rien. Mais vous vous doutez bien qu'on aura l'occasion de reparler de la série sans relâche jusqu'à ce que le message passe !

Une nouvelle suite de téléfilms criminels va voir le jour sur TV2, adaptée par Nikolaj Arcel des romans de Jussi Adler-Olsen que je connais à peu près aussi bien que vous, et elle se composera d'épisodes d'une heure et demie. Le premier épisode sera réalisé par un des réalisateurs de Borgen ; le tournage ne commencera pas avant septembre prochain. A raison d'un épisode tourné chaque année, la mini-série devrait achever sa diffusion en 2016, un peu comme Kaze no Ue no Kumo, quoi. La chaîne allemande ZDF participe à la production, ce qui implique que la diffusion outre-Rhin est acquise.

Broen
Pour finir, au rayon co-prod, la deuxième saison de Bron/Broen (j'ai toujours pas déterminé quel était son titre officiel) n'est par contre pas acquise du tout, en dépit de son immense succès lors de sa diffusion quasi-simultanée sur SVT en Suède et DR au Danemark. Je sais plus trop si je l'avais évoqué sur SeriesLive et/ou Twitter, mais au pire, souffrez que je me répète : une adaptation franco-britannique serait à l'étude, où, au lieu d'un pont reliant les deux pays, on emploierait évidemment le tunnel sous la Manche. Impossible de trouver le nom de la chaîne française qui aurait manifesté son intérêt pour le projet, s'il y en a une ; apparemment c'est plutôt la Beeb qui aurait flairé le bon coup et se chercherait un partenaire en France pour reproduire le modèle de co-production de Bron/Broen. Il faut quand même avouer que rien que pour la rencontre culturelle, la série vaut cent sous de plus sur le papier. Vu mon peu d'intérêt pour le genre policier, je vais même probablement finir par céder à l'appel du pilote prochainement, donc pareil, restez dans le coin...

Bien-sûr, j'oublie certainement des trucs, et d'autres échappent sournoisement à ma vigilance, mais enfin, voilà ce que les prochains mois (et plus si affinités) nous réservent du côté de nos amis scandinaves... et je suis bien obligée d'admettre qu'il n'y a rien que je trouve aussi original qu'Äkta Människor. M'enfin, vous me direz ce que vous en pensez, vous.

Posté par ladyteruki à 20:31 - Love Actuality - Permalien [#]

Sa plus grande fan

Il se passe un truc drôlement chouette avec Apparences, et comme il n'y a pas grand monde pour se dévouer et vous en parler, bah je me sacrifie ! Nan mais, vous me connaissez, le sens de l'abnégation, tout ça...

Pour vous résumer mon impression, désormais chaque semaine je me lamente à l'idée qu'il soit impossible de voir des séries québécoises en France. Il n'y a simplement AUCUNE excuse ! Sur un plan linguistique, c'est pas pour quelques expressions un peu exotiques et un accent tout en rondeurs qu'on a le droit de faire la fine bouche... et au pire ça n'a jamais tué personne d'entraîner son oreille. La prochaine fois que je vois le mot "francophonie" dans un communiqué du ministère de la culture, je mords. C'est simplement indigne d'avoir une télévision (par exemple de service public) qui soit incapable de nous permettre d'accéder à des fictions comme celle-ci. Je sais bien que France2 nous a autrefois permis de voir Minuit, le Soir (en version doublée, en plus, on peut pas dire que ça ait choqué l'oreille du spectateur français !), mais je ne comprends pas comment ni pourquoi on s'est arrêtés là. Vraiment c'est révoltant de devoir passer par le téléchargement (surtout quand ça devient un peu plus difficile chaque semaine de s'approvisionner) ; encore, quand je regarde des séries asiatiques (d'ailleurs faites-moi penser à vous parler de la saison 2 de Shinya Shokudou), je peux comprendre qu'une chaîne craigne l'absence d'identification et le fossé culturel, mais là ?
Voilà, c'était une petite parenthèse coup de gueule, je passe au vif du sujet.

Apparences3

Je crois qu'une partie de mon admiration grandissante pour cette série tient au fait qu'il s'avère que j'ai tendance à m'ennuyer assez vite devant les thrillers, en général. C'est comme ça. Je les trouve facilement prévisibles, ils me semblent toujours suivre le fil le plus évident, parce que sous prétexte de nous filer des frissons et nous amener à nous asseoir sur le bord de notre fauteuil, il ne faudrait quand même pas qu'on nous donne de quoi réfléchir, je suppose. Du coup, quand le pilote d'Apparences m'a fait si bonne impression, plus tôt ce mois-ci (je vous le disais, on a un très bon mois de janvier téléphagique de par le monde), ma curiosité s'en est trouvée éveillée... et ma méfiance un peu aussi.

Mais au terme de son troisième épisode, Apparences confirme qu'on est dans le très haut du panier en matière de thrillers, mais aussi de séries dramatiques.
La série repose sur la disparition d'un de ses personnages, et dans ce type de configurations, en général, la victime est le personnage le plus creux de la fiction, tout simplement parce que la trame est toute entière tendue dans le seul but de pouvoir retrouver ladite personne (ou, si elle connaît un destin fatal, coffrer son ravisseur).

Ici c'est tout le contraire. Apparences a passé le pilote à rassembler la famille de Manon, inquiète de l'absence de cette dernière, pour mieux pointer du doigt les rapports difficiles que ses membres entretiennent les uns avec les autres... la disparue étant la seule à qui personne n'a rien à reprocher. Cela correspondait parfaitement à son statut de victime-de-thriller. Sa soeur jumelle, une actrice n'ayant pas mauvais fond mais quand même un peu distante de par sa vie trépidante, occupait alors la place centrale de l'épisode afin de dresser le portrait, en creux, de la disparue, une personne en tous points irréprochable donc. Cela justifiait l'inquiétude de chacun vis-à-vis de la disparition, et permettait de s'intéresser au déroulement à la fois de l'enquête (mais Apparences n'a pas vraiment un but policier et ça se sent dés son épisode inaugural, je vous invite à relire mon premier post à son sujet).

Le second épisode prend une orientation toute autre ; en accord avec l'orientation très modérément policière de la série, et avec les dynamiques familiales décrites dans le premier épisode, Apparences décide d'explorer la psyché de la disparue. Elle n'est pas là mais elle est partout. Et ce qui est véritablement intéressant, c'est qu'elle se révèle très surprenante, comme le suggérait le cliffhanger du pilote.
Tout l'épisode sera consacré à apporter énormément de nuance à ce personnage. Si la thèse de la disparition ne bouge pas (l'enquêteur suspecte l'un des membres de la famille ; il n'est d'ailleurs pas tenu au courant des découvertes sur la personnalité de la victime), en revanche, le profil de la Manon devient moins monochrome. Et c'est ainsi que tout en poursuivant ses efforts de reconstitution des faits, tout en détaillant sa peinture de cette famille cachant habilement ses zones d'ombres, et bien-sûr tout en poursuivant le fil de l'enquête, Apparences continue à piquer notre intérêt sur le plan dramatique.

Apparences4

Mais le troisième épisode va faire mieux que ça encore.
Car Apparences ne veut pas simplement explorer le personnage "manquant" de son ballet un peu maussade de membres de la famille Bérubé. La série veut nous effrayer, de cette peur intime et pourtant si vague qu'on ressent quand on découvre qu'on ne savait rien d'un proche, et que tout d'un coup, tout est possible.

Toujours avec cette réalisation pleine de tact, reposant sur le non-dit des personnages présents et sur les aperçus très parlants, mais elliptiques, de la vie "véritable" de Manon, le troisième opus va donc s'adonner avec un talent un peu vicieux à un étrange sport : rendre la victime non seulement complexe, mais aussi totalement inquiétante.
Et c'est là que se justifie, naturellement, le titre de la série. Car Manon est bien plus une actrice que ne le sera jamais sa célèbre soeur. Elle a réussi à cacher sa véritable nature, la moindre de ses motivations, la totalité de ce qui la trouble, à tout son entourage. Elle a parfaitement fait illusion. Et maintenant qu'on fouille dans sa vie, le masque ne tombe même pas totalement, mais sa jumelle tombe des nues. Derrière la gentille fée parfaite qui est une éternelle célibataire consacrant sa vie à l'enseignement, il y a en réalité une inconnue et c'est là que le thriller surprend, et pourtant fonctionne totalement, parce qu'il s'appuie sur une vision très sensée des personnages et de leurs relations ; pour ça, on peut remercier le pilote.

J'ai essayé de préserver ce post de tout spoiler néfaste en ne vous parlant vraiment que de la structure des épisodes, et j'espère que j'ai à peu près accompli ma mission.

A présent j'ai quelques théories, et même quelques espoirs pour les épisodes futurs. C'est assez rare pour les thrillers télévisés, comme je l'ai dit, et je me réjouis du mélange des genres qu'Apparences parvient à accomplir ici ; c'est comme du sur-mesure.
Ce qui m'impressionne le plus, c'est cette capacité à tenir la distance en apportant des "retournements" tout en ne négligeant jamais l'angle dramatique, avec des personnages terriblement réalistes dans une histoire à la fois banale et incroyablement sordide. Si vous avez l'opportunité de vous lancer, n'hésitez vraiment pas, cette série vaut son pesant d'or.

Bonus : si vous regardez la série, vous aimerez le tumblr.

Posté par ladyteruki à 17:05 - Review vers le futur - Permalien [#]

Akai ito

Touch

En dépit de mes bonnes résolutions, il m'est parfois difficile d'aborder une série sans la moindre idée préconçue. Pour moi, l'inconvénient essentiel de Touch, c'était Kiefer Sutherland que je trouve monolithique au possible ; or l'argument majeur de Touch, c'était quand même de ramener Sutherland sur les petits écrans, là où personnellement je ne regrettais pas spécialement son absence.
Si bien que, c'est idiot, mais c'est tout juste si j'avais percuté que le pilote serait diffusé aux USA le soir de mon anniversaire.
C'était en réalité un bien joli cadeau et je m'apprête à vous parler de son déballage aujourd'hui. Tant pis, je dirai du mal d'Alcatraz une autre fois.

Fait aggravant, sur le papier, Touch aurait pu faire partie de cette famille de séries désagréables. Vous savez ? Celles dotées d'un mystère insupportablement étirable à volonté, et de plein de petites trappes en cours de route pour nous donner l'impression qu'on n'a encore rien compris, ce que je déteste et qui aurait tendance à me donner envie de haïr les séries feuilletonnantes, ce qui est un comble quand je déteste déjà pas mal de procedurals.
Loin de moi l'idée de nier qu'il y a un côté assez cosmétique dans certains choix de l'intrigue de ce pilote ; l'utilisation, une fois de plus, et surtout une fois de plus cette saison, du 11 septembre, par exemple, est un brin irritante ; pour moi qui suis intéressée par la popculture japonaise sous diverses formes depuis un quinzaine d'années, et qui me suis donc attachée au pays dans une certaine mesure, je regrette par exemple un certain nombre de clichés sur le Japon, tout comme je regretterais probablement ceux sur l'Irak si je connaissais mieux ce pays (il y en a d'ailleurs un qui m'a un peu fait tiquer) ; et surtout je n'ai pas pu m'empêcher de noter que le pilote de Touch partage avec celui de Heroes la volonté de connecter des gens sur des territoires divers et variés, afin de nous faire adhérer au principe d'interconnexion. On pourrait presque parler de "patte" Kring si son CV avant Heroes comportait la moindre trace de ce type d'éléments.

Mais, pour rester sur l'analogie, le pilote de Touch réussit là où celui de Heroes avait échoué, en essayant de ne pas forcément construire une intrigue un peu artificielle sur le long terme reposant sur du suspense et des questions laissées en suspens. En fait, Touch est moins une série de ce genre qu'une série dramatique reposant sur des éléments fantastiques, en tous cas à mes yeux. Si je devais faire une comparaison, ce serait moins avec les mythologies plus ou moins abouties, à la Heroes, qu'avec le sens des connexions de Six Degrees.

Le pilote de Touch propose, c'est certain, plusieurs retournements de situation destinés à impressionner le spectateur qui n'avait probablement vu arriver qu'une partie des éléments, ou qui ne les tenait pas forcément dans le bon ordre.
Mais le principe de suspense est en réalité vite vicié quand on a vu l'introdudction, reconnu certains visages (parmi lesquels celui de ce bon Titus Welliver que c'est toujours un plaisir de retrouver, série après série, 15 ans après Brooklyn South), et compris le sens général du fameux red thread of fate, une symbolique utilisée dans de nombreuses séries asiatiques, notamment au Japon où un dorama lui doit même son nom, et qui est le plus souvent associée aux sentiments amoureux, trouvant ici une relecture différente mais cohérente. L'épisode ne se fonde pas tant sur ce suspense que sur ce qu'il peut apporter sur ses personnages, à court et à moyen terme.

Du coup, c'est vraiment la tonalité dramatique qui est le mieux mise à son avantage... Kiefer Sutherland arrive même à exprimer une émotion, ce qui est une quasi-révolution !
Les intrigues s'interconnectant ont plus à voir avec l'émotion qu'avec un énorme mystère, un potentiel cataclysme ou une quelconque prophétie auto-réalisatrice amenée à couvrir toute une saison (ou plus). Il n'est pas question ici de dire que Jake a un pouvoir incroyable qui, s'il est détecté et compris, peut sauver la Terre, la Nation, ou qui que ce soit d'autre ; il n'est même pas garanti que ce don le sauve de sa propre condition. Il s'agit plutôt de mettre en lumière quelque chose qui me semble plus subtil : les conséquences que peuvent avoir des personnes sur la vie d'inconnus complets, et Jake en est à la fois le récepteur universel et le déclencheur, un témoin et un embrayage. Je trouve le concept magnifique et porteur de quelque chose de nouveau, et de riche.

Pour moi, à ce stade, le potentiel de la formule de Touch est de nous montrer, moins que les connexions entre les personnages vus dans le pilote, des instantanés de la vie de diverses personnes qui vont être liées pendant 45mn entre elles, d'une façon en apparence minime, et légèrement à Martin et Jake qui vont intervenir de façon quasi-impercerptible afin de participer au grand rouage de la vie (avec l'aide du professeur et de l'assistante sociale). Et puis sans doute, une fois de temps en temps, réimpliquer un personnage qui a compté dans leur vie, comme le pompier, pour faire avancer leur histoire familiale et explorer leurs souffrances respectives.
C'est comme ça que je le sens pour le moment, et le second épisode peut très bien me détromper. Mais comme je suis friande de ce type d'instantanés, du concept du red thread of fate, surtout tel qu'envisagé ici, que la charge émotionnelle me ravit, et que j'ai passé un moment très intense devant ce pilote, pour le moment, comptez-moi parmi les afficionados de la série.

Après Smash, The L.A. Complex, Bomb Girls, Äkta Människor, Apparences, et quelques autres évoqués dans les posts récents, le mois de janvier 2012 est un bonheur sans cesse renouvelé, bourré à craquer d'excellentes surprises et de pilotes renversants. Je pensais sincèrement que Smash serait mon plus gros coup de coeur de la mid-season mais force est de constater qu'on a encore plein de bonnes choses qui continuent d'arriver. Mon petit coeur de téléphage n'est pas configuré pour tenir le choc, donc promis, on parle très vite d'Alcatraz pour équilibrer tout ça !

Posté par ladyteruki à 13:31 - Review vers le futur - Permalien [#]

26-01-12

Now it's personal

AktaManniskor

Quand j'ai appris l'existence future d'Äkta Människor, je ne vous cache pas que ma réaction a été plutôt extatique. Pour moi qui suis très modérément intéressée par les séries policières en général, et qui espère toujours pouvoir parler de projets sortant du cliché "Scandinavie = policier", c'était vraiment une aubaine. Sans compter qu'un peu de science-fiction, ça fait toujours du bien, et qu'après des séries comme Falling Skies l'an dernier, ou de séries à l'atmosphère de pseudo-mystère fantastique genre Alcatraz en ce début d'année, j'avais besoin de trouver une série qui ait de l'ambition dans le domaine.

A vrai dire, peu intéressée par la mini-série Hinsehäxan (un biopic se déroulant dans les années 60 dont j'ai parcouru les premières minutes en avance rapide au début du mois, et que même sans la barrière de la langue, il faudrait me payer pour regarder), j'avais fait d'Äkta Människor mon premier projet perso de série suédoise à suivre en "sortie d'usine", comme le dirait ce bon Nakayomi.
Jusque là, pour les séries scandinaves, je procédais de la façon suivante : d'abord, je lisais consciencieusement tout ce que je pouvais à leur sujet, ensuite, je cagoulais le pilote, je jetais un oeil et, si j'étais intéressée, j'attendais le DVD en import (c'est par exemple le sort de Koselig Med Peis, et, avec une pratique légèrement différente vu que j'avais vu le pilote dans un cinéma dans le cadre de Scénaristes en Séries, pour Borgen). L'idée directrice, c'est que je ne cherchais même pas vraiment de sous-titres en anglais, comme je le fais quand une série asiatique m'intéresse par exemple. L'idée était exclusivement de me tourner vers le DVD avec sous-titres (ils n'en ont pas toujours) si je percevais du potentiel dans l'épisode, et pas du tout de partir du principe que chaque semaine, j'allais essayer de suivre la diffusion. Äkta Människor, c'était donc une affaire entendue, serait mon premier essai dans le genre ; après des semaines à fouiller absolument partout pour voir s'il existe déjà des teams s'occupant de traduction Suédois>Anglais (arrivant à la conclusion que non, ça ne se produit que dans l'autre sens... mais c'est déjà quelque chose), après des semaines à demander un peu partout si quelqu'un avait l'intention de faire ces sous-titres à titre exceptionnel, notamment sur Twitter, j'ai compris que la bataille était perdue et que l'accessibilité des séries scandinaves au tout-venant anglophone, comme cela peut être le cas pour l'Asie notamment, n'est pas pour ce mois-ci.

Il en fallait naturellement plus pour me décourager de quand même visionner le pilote. Mon niveau en Suédois est loin d'être idéal, mais il est supérieur à mon niveau en Turc et ça m'a pas arrêtée !

Et le problème, c'est que, là, vu comme ça, et surtout entendu comme ça, eh bien le pilote d'Äkta Människor, il a l'air d'être bon.

Mais reprenons par le début : Äkta Människor ("de vrais personnes") se déroule dans un monde où la technologie est si avancée qu'elle nous a donné accès à de véritable robots humanoïdes, les Hubots. Ils sont fabriqués en série, et sont configurés pour avoir une gamme d'utilisations s'adaptant à toutes les demandes humaines : travail manuel, tâches domestiques (dont garde d'enfants), tâches dangereuses évidemment... mais aussi prostitution. Le problème c'est que, comme toujours lorsqu'on parle de robots humanoïdes, tout le monde ne les accueille pas nécessairement les bras grands ouverts, certaines personnes se méfiant de leur intervention dans la vie quotidienne ou craignant qu'ils ne puissent, à la longue, être dangereux. D'un autre côté, les Hubots eux-mêmes commencent à avoir des vélléités d'indépendance...

Dans ce contexte où, finalement, l'histoire est assez classique et où le pitch ne couvre rien qui n'ait déjà été évoqué par Asimov, pourquoi ce pilote semble-t-il bon ? Eh bien d'abord parce que dés ce premier épisode, des axes si différents sont exploités qu'on sent tout de suite que l'idée est de couvrir un maximum de thèmes abordés par la question de la robotique. On a d'une part des Hubots "rebelles", vivant en marge de la société et formant une petite communauté tentant de trouver l'indépendance ; leur périple est finalement assez mineur et donne plutôt l'occasion de voir ce que les Hubots "ressentent" réellement, plutôt que la promesse d'une révolution à proprement parler, même si on peut se demander à quel point ils sont capables de se montrer violents pour assurer leur indépendance. A l'inverse, un petit vieux vivant seul découvre qu'il est très attaché à son Hubot lorsque celui-ci tombe en panne et doit être détruit. Le fils de ce même vieillard, un père de famille, décide d'acheter (contre l'avis de son avocate d'épouse) sa première Hubot domestique, vis-à-vis de laquelle ses sentiments sont vite troubles. Cette Hubot est elle-même une créature qui, après avoir rejoint le groupe des rebelles, a été abimée et récupérée par le marché noir ; elle a donc été réintroduite dans le circuit domestique par le plus grand des hasards. Cette même Hubot est aujourd'hui activement cherchée par un autre membre de la résistance qui semble épris d'elle. Enfin, un autre personnage est un ouvrier qui a l'impression d'être progressivement remplacé par les Hubots, notamment dans son usine où la présence humaine est réduite au minimum, mais aussi chez lui où sa femme préfère la compagnie du Hubot domestique, et qui progressivement voit son hostilité envers ces créatures devenir plus violente.

On pourrait penser qu'avec tout ça, il y a tant à dire que le pilote ne fait que survoler son propos. Mais à travers un grand talent pour les silences et une réalisation très efficace, les scènes successives parviennent à montrer avec beaucoup de subtilité les motivations des personnages, leurs sentiments réels, souvent différents de ceux affichés ; on dépasse rapidement la seule exposition pour entrer réellement dans des zones troubles.

Mais le plus impressionnant reste le travail accompli autour de l'esthétisme de la série. Bien que se déroulant à notre époque, ou un futur très immédiat, le monde incroyablement impeccablement propre et parfaitement idyllique d'Äkta Människor nous présente aussi une société aux couleurs pastels, aux espaces vastes lumineux, rappelant des univers utopiques du genre The Stepford Wives, décoré par Ikea (le cliché s'applique, je vous jure). Le travail qui est fait pour que tout ce qui a trait de près ou de loin aux Hubots ait l'air lisse et inoffensif est splendide ; mais dés qu'on est "dehors", qu'on s'éloigne des centres urbains où les Hubots domestiques sont configurés pour préserver l'illusion d'harmonie, l'image redevient réaliste et abandonne ses couleurs acidulées. Le monde d'Äkta Människor est, en vérité, trop aseptisé pour être honnête, et l'esthétisme de la série est parfaitement imaginé pour nous rappeler cette réalité.

L'ami Ricoré, Hubot-version L'atroce SAV des Hubots Configurer ou ne pas configurer le sexbot, telle est la question Visite chez le concessionnaire Le meilleur ami de l'homme ? Les rebelles

Donc maintenant je veux vraiment des sous-titres. En fait vous savez quoi, je suis à ça de lancer ma propre fansub où je recruterais des gens qui parlent Suédois et à qui j'offrirais de faire le timing et tout en échange d'une petite traduction. Nan en fait j'en sais rien, je ne pense pas que je sois à même de fonder une team de fansub spécialisée dans les séries scandinaves, mais bordel, c'est rageant.
Alors du coup, oui, bon, d'accord, je vais attendre les DVD en priant pour qu'ils aient des sous-titres anglais, ou bien j'attendrai que la série soit diffusée aux States, admettons, je vais devoir me résigner... pour le moment.
Mais tu ne perds rien pour attendre, internet : maintenant c'est personnel. Cette histoire de sous-titres, c'est pas fini. On en reparlera.

Posté par ladyteruki à 18:08 - Review vers le futur - Permalien [#]

25-01-12

Letter to me

Si je pouvais m'écrire une lettre, et l'envoyer dans le passé à la lady de 15 ans...

Déjà, pour prouver que c'est bien moi, je lui dirais de regarder dans le petit sac en vinyle, à gauche sur le bureau, où, cachés au milieu des petits bibelots sans importance, on trouve des coupures du Télé Z avec des résumés d'épisodes de trois lignes à peine de SPACE 2063, et personne ne sait qu'ils sont là à part moi.

LetterToMe
Ensuite je lui dirais : je sais combien il est difficile de se séparer de cette série, même s'il n'y aura jamais de saison 2, ne t'en fais pas, tu ne vas pas l'oublier. Les portes qu'elle a pu t'ouvrir ne vont plus jamais se refermer. Il y aura d'autres séries, bien d'autres, capables de faire battre ton coeur. Rien ne sera plus jamais comme avant, tu as raison, mais pas dans le sens que tu crois.

Bien-sûr pour le moment, il t'est difficile de trouver des séries qui aient le même effet. Ne serait-ce que parce que c'est difficile de regarder des séries tout court ! Mais dans quelques années, tu vas te tirer de là, et les séries, comme le reste, seront à ta portée, enfin. Ne te décourage pas et continue de lire et regarder et écrire autant que tu le peux, c'est le début, c'est ta porte de sortie même si tu ne le sais pas.

Si j'avais un conseil à te donner : ne te prive de rien, et surtout pas pour des prétextes idiots, au nom de préjugés stupides et de généralisations à la louche. Tu crois que seules les séries américaines sont dignes de ton attention, mais si tu savais ! En fait, L'Odyssée imaginaire est canadienne, par exemple ! Ca t'en bouche un coin, hein ? Et encore, tu n'as rien vu.

Si j'avais une requête à te faire, ce serait, pitié, d'être rigoureuse avec tes VHS. Là tu n'en as même pas 10, elles sont cachées dans un coin, derrière le tas de vieux Télé Loisirs, eh bien étiquette-les, prends l'habitude, maintenant, très vite, de les répertorier, je t'en conjure !

Il y a tant de choses devant toi.
Bien-sûr, dans 15 ans, il y aura des séries comme Whitney ou Alcatraz, qui te donneront l'impression que rien, en fait, ne change. Mais, et ces titres ne te disent rien pour le moment, il y aura aussi Pushing Daisies, Capitu, Kommisarie Winter, Mousou Shimai... Rien que dans trois ans environ, il y aura Rude Awakening ! Je t'envierais presque d'avoir toutes ces découvertes devant toi, si je ne savais pas qu'en matière de téléphagie, on a toujours des dizaines de découvertes devant soi. C'est ce qui est merveilleux et perturbant à la fois, lady : ça ne s'arrête jamais.
Tu verras, ça n'ira qu'en s'améliorant. Tu es loin de vivre les plus belles années de ta vie en ce moment. Il y a des tas de gens qui t'attendent, avec qui discuter, avec qui échanger des découvertes, avec qui aller plus loin. Des rencontres, des expériences, des contacts, des tentatives, des challenges. Ce n'est que le début.

Ce truc dont tu entends parler, internet ? Du jour où tu y auras accès, tout va changer. Entre réaliser que tu n'es pas la seule à penser que ce ne sont pas "que des séries" (ou pire, "tes séries, là") et comprendre les possibilités qui vont se dévoiler grâce à cet outil, il va se passer encore quelques années, mais ta patience va être récompensée, tu verras ! En fait, il faudra même que tu apprennes à t'en passer...

Et le plus fabuleux c'est que, pour le moment, tu te sens seule, mais plus tard, regarder un épisode d'une série avec quelqu'un que tu aimes, ce ne sera pas rare du tout ! Tu vois pour le moment, tout est pourri, eh bien il y a plein de bons moments à venir, promis.

Bon bah, voilà, c'est à peu près tout. Enfin, tout ce que je peux te dire : le reste, c'est spoiler ! On se revoit dans 15 ans. Je verrai ton reflet dans l'écran quand j'essuierai mes larmes au moment de l'écran noir, ok ?

PS : il n'y a pas que les séries dans la vie. Appelle ta grand'mère. Et parle-lui des Feux de l'Amour, au pire.

Posté par ladyteruki à 18:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

24-01-12

[#Ozmarathon] 4x03, le cri

Alors, je ne sais pas pour vous, chers amis du #Ozmarathon, mais cette saison 4 est un pied MO.NU.MEN.TAL.
C'est douloureux mais c'est bon. En fait, comparé à la totalité de la saison 3, cet épisode est quand même bien hardcore. Si bien que, environ toutes les 10 minutes en moyenne, je me suis époumonnée en hurlant et en me recroquevillant en position foetale sur mon fauteuil. Un épisode au terme duquel, en somme, il est impossible pour le spectateur de ne pas présenter une frappante ressemblance avec le fameux tableau de Munch...
Si vous avez le coeur bien accroché, passons donc à la revue de détails.

Ozmarathon-4x03

Il me faut d'abord préciser que dans cet épisode, les monologues d'Augustus Hill atteignent un degré de qualité qu'on ne leur connaissait plus depuis bien longtemps : ils sont admirablement bien écrits, renvoient très bien à l'univers carcéral en général mais aussi aux intrigues individuelles, sont très bien réalisés, et l'interprétation est parfaite. Ca faisait très, très longtemps qu'ils n'avaient plus été si bons !

L'intrigue qui m'a le plus impressionnée est celle de Rebadow... un personnage qui compte parmi mes favoris et qui, justement parce qu'il est l'innocence et l'inoffensivité même, devient un tueur malgré lui. L'arrivée d'un nouveau Latino le plonge donc dans la tourmente, lui qui d'habitude réussit à tenir si tranquillement sa place d'Outsider (rappelons que même pour s'échapper de la prison avec Busmalis, il était quand même pas chaud-chaud par moments). La scène pendant laquelle il assassine El Cid est terrible parce que, bien qu'il ait tué une fois (dans un accès de rage, il y a plusieurs décennies...), on sent que cela horrifie Rebadow au plus haut point. Les deux cris, celui du tueur et celui de la victime, s'associent alors dans un long concert éprouvant, se répondent, se rejoignent, pour qu'un seul subsiste, et c'est une scène absolument atroce parce qu'on ressent tout ce qu'elle a d'absurde et d'inhumain. C'est, plus que les scènes de surenchère violente que l'on trouve parfois, le genre de moments où Oz accomplit pleinement sa mission, celle de nous choquer visuellement, auditivement, mais aussi intellectuellement, de nous mettre face à quelque chose d'horriblement humain et de sordide.

Pendant ce temps, le flic des stups infiltré incognito, "Mobay", poursuit son exploration du réseau de drogue d'Em City. Evidemment, les choses ne suivent pas leur cours aussi tranquillement qu'il le prévoyait, et le voilà bientôt à transgresser la plus importante règle des agents infiltrés : ne pas consommer. Sa déchéance fait peine à voir, surtout quand elle l'atteint aussi durement sur un plan physique et que Hill, désemparé, tente comme il le peut de l'aider. La descente aux Enfers est aussi très brutale, et on sent bien qu'elle affecte Glynn lorsque ce dernier vient le visiter au trou. Ce qui est particulièrement pénible et perturbant dans cette intrigue, c'est qu'en définitive il est si facile pour Mobay d'être en danger en cours de sa mission, pour des résultats si incertains, voire dérisoires quand on connait l'astuce des prisonniers pour parvenir à leurs fins en matière de trafic de drogues...

Mais quand il s'agit de scènes pertubantes et de personnalités perturbées, c'est comme souvent Shirley Bellinger qui l'emporte haut la main. Outre la confirmation qu'elle se tape bel et bien un CO, l'épisode est surtout une opportunité, alors que son exécution se rapproche, de la voir aborder la question de la mort et de la culpabilité, ici par le biais de son ex-mari, et père de la petite fille qu'elle a tuée. Avec ce regard de défi étrangement serein qu'elle adopte si souvent, la voilà qui crache au visage de son ex les pires horreurs. On est absolument incapables de déterminer s'il s'agit de la vérité ou non ; il y a une visible volonté de vouloir faire du mal, et on sait que Shirley a quelque chose de vicieux en elle, outre en plus sa nymphomanie avérée, mais d'un autre côté, est-il réellement dans sa nature de mentir ? Pas vraiment non plus. Et on ressort de cette confrontation avec un sentiment de malaise très lourd, ça dépasse le malaise d'ailleurs tant c'est dérangeant, on voudrait hurler comme pour vomir le goût nauséabond de chaque fait et geste de Bellinger. Et en même temps, n'est-elle pas superbe, pleine de fougue, d'audace et de culot ? Et presque jolie, quand elle crache sa dent et promet de l'offrir à la tooth fairy ? J'en viens à souhaiter qu'elle disparaisse rapidement tant mes sentiments sont conflictuels à son égard. C'est vraiment l'un des grands personnages de la série, une addition remarquable au cast de départ. Finalement, non, Shirley : meurs pas.

Dans un autre genre, la confrontation entre Stanislofsky et Ryan O'Riley continue de faire partie des excellents morceaux de ce début de saison. On l'a dit, ces deux esprits tordus se sont trouvés, manque de chance, ils se sont braqués l'un envers l'autre pour cette bête histoire de portable alors que dans d'autres circonstances, ils auraient pu faire des miracles en s'alliant. Mais non. Alors tant pis. Ou tant mieux d'ailleurs, puisque leur partie d'échec est absolument brillante : chacun utilise les mêmes méthodes pour essayer de piéger l'autre, s'en débarrasser, avoir le dessus, la compétition est serrée et au final, on en arrive encore à un score ex aequo, comme le montre bien la scène où tous les deux papotent l'air de rien, côte à côte, dans la cour centrale d'Em City, presque comme si c'était un jeu.
L'intrigue a cependant un autre mérite, celle de souligner que Ryan a désormais beaucoup moins d'emprise, si ce n'est plus du tout, sur Adebisi. Auparavant, la technique d'aller lui murmurer que le Russe est gênant aurait fonctionné ; Adebisi, en grosse brute pas trop futée qu'il est, lui aurait fait sa fête. Mais maintenant, Adebisi n'est plus le bras de Ryan O'Riley et ça se sent. Il a sa propre cause (ça avance d'ailleurs grâce à une alliance contre nature avec Kareem Saïd) et ne se laisse plus manipuler. C'était très intéressant parce que du même coup ça montrait bien qu'avec ses intrigues amoureuses, Ryan est quand même descendu dans la hiérarchie sociale de l'unité, alors qu'en première saison (et alors qu'il n'avait pas de copains irlandais à Em City contrairement à maintenant où des quotas sont appliqués... normalement en tous cas) il était capable de s'asseoir au conseil avec les grands.
Mais ces intrigues amoureuses, justement, n'en finissent pas, et comme vous le savez ce n'est pas forcément mon intrigue préférée. Cependant il faut reconnaître, et je le fais de bonne grâce parce que j'étais sincèrement impressionnée, que la confrontation avec la famille de Preston Nathan est très bonne. Jusqu'au moindre petit détail : Cyril qui tend la main et effraye la mère de sa victime, Sister Peter Marie qui essaye comme elle peut d'arbitrer alors qu'elle a d'emblée des doutes sur les motivations de Ryan (personnellement je suis assez ambivalente à ce sujet et je me donne encore un ou deux épisodes pour en juger ; après tout, quand Gloria dit que Ryan est incapable d'amour, on a eu toute la saison 3 et des dizaines de scènes de détails pour nous montrer que l'amour de Ryan pour Cyril est sincère, même si, comme c'est normal pour quelqu'un ayant la vie de Ryan, cet amour a des manifestations parfois contestables), les interventions rapides, loin de l'échange long et pénible d'Alvarez et Rivera, et chargées en émotions, et pour finir, l'hystérie générale, fort bien amenée et jouée par tous les protagonistes. La conclusion de cette intrigue est absolument atroce, cynique et déstabilisante, mais je la trouve incroyablement cohérente au regard de tout ce qu'on sait du personnage de Ryan. Ses limites morales existent, leur ligne est juste définitivement pas la même que le commun des mortels ; de la même façon, je n'arrive pas à mettre totalement sa sincérité en doute, mais il faut garder à l'esprit que les relations amoureuses qu'il a connues ou vues jusque là ne s'esprimaient pas dans la tendresse (cf. son enfance, la relation fusionnelle avec Shannon, etc...). Avec lui, le vice pur n'existe pas, et c'est aussi ce qui le rend si terrifiant par moments, c'est que l'Enfer est VERITABLEMENT pavé de bonnes intentions !

Difficile évidemment de ne pas évoquer la mésaventure de Beecher en fin d'épisode. Comme toujours à Oswald, aucune bonne action ne reste impunie (si tant est qu'une bonne action se produise !), et la paranoïa de Schillinger (associée à son tempérament fondamentalement mauvais et borné) conduit à une escalade terrifiante. Les souvenirs que j'ai de cette intrigue me portent à croire que j'ai pas fini de hurler, et Beecher non plus...

Il faudrait mentionner le retour de Chris Keller à Oswald, aussi, mais il est pour le moment assez limité ; la relation entre Kareem Saïd et la belle Tricia Ross connait une douloureuse conclusion, qui associée à la victoire juridique de Saïd dans l'affaire du prisonnier gay, pourrait bien impliquer encore d'autres changements dans la personnalité de notre homme (surtout vu la désapprobation d'Arif), également. Mais pour l'instant ces intrigues sont dans une phase transitoire qui mérite assez peu que je m'épanche à son sujet. Je suis plus intéressée par le sort inédit d'Alvarez hors d'Oswald dont il a réussi à s'échapper, Busmalis étant évidemment repris rapidement puisqu'il n'a jamais été qu'un moyen dans cette intrigue.

Beaucoup de choses, en somme, mais rien dans ces histoires qui puisse me crisper autant que la plupart des scènes de cet épisode. Maintenant si vous voulez bien m'excuser, il faut que j'aille chercher mon ours en peluche et que je pleure roulée en boule dans mon lit pendant une petite heure.

Posté par ladyteruki à 23:20 - Plus on est de fous - Permalien [#]