ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

05-01-12

[#Ozmarathon] 3x04, criminal minds

Sans compter parmi les meilleurs épisodes de la série (vu le niveau de certains épisodes, ça semble difficile), le Ozmarathon reprend des couleurs avec ce nouvel opus. On est résolument dans la phase ascendante de la saison, après un démarrage lent voire parfois inquiétant. Certes, j'ai encore quelques soucis avec les laïus d'Augustus Hill (et je trouve, pour la 3e fois consécutive, révoltant de le voir se lever), mais globalement ça s'arrange.
Ne trainons donc pas, et réjouissons-nous de toutes les émotions de ce nouvel épisode.

Ozmarathon-3x04

Pourquoi cet épisode était une partie de plaisir ?

Eh bien d'abord... il ne l'a pas été tout du long. Je ne suis pas sur le point de me plaindre de la qualité de l'épisode, mais bien de sa tournure : oui, même après plusieurs visionnages (celui-ci fait partie des premiers que j'ai eus en VHS), j'ai toujours le secret espoir que Richie Hanlon reste en vie. C'est vraiment idiot de s'attacher à des personnages secondaires dont on sait qu'ils ne sont que de passage, mais voilà, Richie je l'ai à la bonne, je le trouvais classe, quelque part, j'adorais son couple avec Shirley Bellinger, bref, non, pas Hanlon, pourquoi Hanlon, prenez-moi plutôt !
Je m'égare. En tous cas la scène est vraiment terrible parce que Hanlon est euphorique du fait que la condamnation à mort ait été révoquée, et là vlan, cette enflure de Stanislofsky lui tombe sur le râble (en lui disant qu'il a menti, alors qu'en réalité ce n'est jamais à lui qu'il a raconté qu'il détestait Vogler... à mon avis, Niko, faut arrêter la vodka). C'est nul, voilà. Je boude.

Enfin pas trop longtemps. Parce qu'il faut le dire, cet épisode est un festival de coups machiavéliques, et rien que pour ça, c'est quand même bien jouissif. Par où commencer ?

Ryan O'Reily, bien-sûr, celui qui a inventé le coup foireux à Em City, et lui a donné ses lettres de noblesses. Il continue ses magouilles pour pouvoir gagner des sommes indécentes en pariant sur les matches de boxe, et poursuit son entreprise d'empoisonnement de masse. C'est bien vu même si c'est un peu moins discret que d'autres fois.
C'était d'ailleurs fort sympathique de le voir pousser Cyril à se lever, s'entrainer, etc... presque comme une relation "saine", ou disons, "normale", entre un grand frère et un petit frère. On en oublierait presqu'il s'agit de prison quand ces deux-là ont leurs échanges, ils sont totalement dans leur bulle fraternelle, ça fonctione extrêmement bien. Le fait que les frères O'Reily soient interprétés par de véritables frangins aide, d'ailleurs.

Le soucis, quand on a des personnages préférés, c'est que tout se passe bien jusqu'à ce que le bonheur de l'un fasse le malheur d'un autre. Ici, c'est Alvarez qui se retrouve à biberonner sans le savoir des médicaments volés, et je suis obligée de reconnaître que je me suis inquiétée. Evidemment, avec les choses qui s'arrangent pour Miguel, notamment avec la confrontation face à Rivera, qui se précise, on est en droit d'espérer qu'il va quand même essayer de passer deux ou trois épisodes à Em City sans être envoyé en isolement ou à l'hôpital, mais avec Oz, on n'est jamais sûrs de rien. Mais bon, au final tout va bien, seule la fierté du puppy a été touchée.
C'est d'ailleurs intéressant de le voir, enfin ! Tenir tête aux autres Latinos, comme il le fait dans les douches lorsque les autres viennent lui chercher des noises. On sent bien que finalement, ces enflures n'ont jamais eu l'intention de l'intégrer, il s'agissait de se débarrasser de lui d'une façon ou d'une autre ; Miguel aurait fort à gagner de se rapprocher des Outsiders, les Latinos ne le considèreront probablement jamais comme l'un des leurs.

Les Outsiders, justement, en sont arrivés à un stade assez fascinant de scission, avec d'un côté, les vieux Rebadow et Busmalis, avec Hill, qui accueillent Satislofsky, et de l'autre (oui, le temps du "4 représentants par groupe" est oublié), Beecher et Keller qui, on ne sait trop par quel miracle, sont entièrement synchro maintenant, et qui complottent avec cette anguille d'O'Reily pour faire un coup tordu à Schillinger, qui ne l'a pas volé (d'autant qu'avec la mort de Hanlon, pas sûr qu'il soit jugé pour la mort de Vogler). Comme prévu, c'est via son fils que la vengeance va se dérouler, et c'est d'ailleurs très finement observé de la part de Beecher que d'y aller en traitre, exactement comme lui l'a vécu, entre parenthèses, avec d'un côté O'Reily et Keller qui affichent clairement leur agressivité, et de l'autre Beecher qui fait ami-ami avec le petit con afin de le conduire à sa perte. Même McManus n'y voit que du feu. Il devrait pourtant croire en son instinct.

Mais McManus a l'esprit encombré par d'autres problèmes. Car dans le genre génie du crime, cette pétasse de Claire se pose là. Je vous le disais dans l'épisode précédent, McManus aurait dû immédiatement entamer des sanctions contre elle après leur altercation (la première), il ne l'a pas fait non plus à la seconde, eh bien devinez quoi, elle y a pensé pour lui. Elle l'accuse de harcèlement sexuel, allez zou ! Impossible pour lui de tenir sa défense, on s'aperçoit que la femme a d'emblée le bénéfice du doute dans l'affaire (il faut dire que, implicitement, la relation passée de McManus avec Diane joue contre lui aussi), et voilà qu'au final, Claire est réintégrée quasiment avec des excuses. Et elle trouve le moyen de menacer McManus dés son retour... Eh bah ça promet.

Dans le même genre, je suis ravie d'avoir assisté aux scènes entre la soeur de Ross et Kareem Saïd (je savais bien qu'on n'en avait pas fini avec eux !). Plutôt que de montrer le désaccord des Muslims de la prison, cette fois c'est à titre non pas de musulman mais de Black que Kareem est confronté à ses sentiments par le truchement de sa soeur qui vient lui faire la morale. Et c'est justement là que Kareem a une révélation pas tellement religieuse : il va assumer ses sentiments.
Et alors là c'est la porte ouverte à tout, c'est incroyablement libérateur pour ce personnage qui s'est si longtemps enfermé dans un cercle extrêmement étroit de vertu extrême. Que lui prenne la décision de lâcher du leste, c'est absolument magique. La suite ! La suite !
Une intrigue qui ne manque d'ailleurs pas d'esprits machiavéliques, car dans le fond, la soeur de Scott Ross est quand même pas mal dans son genre : ah, Kareem (ou devrais-je dire Goodson) ne veut pas lui répondre ? Elle va carrément aller relancer sa soeur ! Cette femme n'est pas du genre à se laisser distancer, good girl !

Quelqu'un qui pour une fois ne s'en tire pas mal en termes de préméditation vicelarde, c'est Kenny Wangler. C'est émouvant de se dire que notre Homeboy a 18 ans maintenant ! On se souvient encore lorsqu'il est arrivé et qu'il servait de laquais à Adebisi... aujourd'hui il se prend pour un caïd, s'affuble d'un pseudo ridicule (Bricks), et passe son temps à repousser les affrontements pour continuer à se la jouer. Du coup on ne l'a jamais pris au sérieux, et pourtant, touchez à son gamin, et Kenny devient diablement efficace. Commanditer le meurtre du mec avec lequel sa nana s'envoie en l'air, bon... mais le sang-froid avec lequel il ajoute que sa gonzesse aussi peut y passer dans la foulée, terrible. Finalement il sait être un homme d'action plutôt organisé, quand il a une bonne raison, même si on se risque à un pincement de coeur en le voyant expliquer au téléphone à sa mère qu'elle doit aller récupérer le petit sans poser de question.
Sans le savoir, il vient en effet de faire de son fils un orphelin...

...Car évidemment, l'esprit le plus machiavélique du jour, c'est Adebisi. Il est futé, ce mec, l'air de rien, et pourtant pendant 2 saisons, il nous l'avait diablement caché ! Après s'être débarrassé de Nappa (ce dernier aura d'ailleurs droit à une très touchante scène avec le père Mukada), le suivant sur sa liste pour se venger du meurtre de son mentor, c'est évidemment Kenny Wangler. Encore une fois, c'est par la flatterie et une humilité feinte qu'Adebisi va obtenir le feu vert pour buter ce petit connard, en allant lécher les bottes de Pancamo (devenu Nappa à la place de Nappa ; depuis le temps qu'il jouait les seconds couteaux, nul doute que ça doit bien lui faire plaisir), puis même aller chercher la bénédiction des Latinos, histoire d'être vraiment protégé de tous les côtés.
Moi, à ce stade, j'attends une confrontation entre O'Reily et Adebisi. Ryan s'est désengagé du devant de la scène mais quand les combats de boxe seront finis, il pourrait bien vouloir revenir aux affaires et y trouver un Adebisi autrement moins manipulable que par le passé. C'est vraiment un clash qui pourrait donner de belles choses en termes de perversion fourbe.

Eh oui, il faut le dire, Oz, c'est vraiment bon quand tout le monde est mauvais !

Posté par ladyteruki à 23:37 - Plus on est de fous - Permalien [#]

Pas mauvaise, juste dessinée comme ça

C'est forcément un peu sectaire, mais quand je lance une série clairement adressée à la tranche ado et/ou préado, je ne me dis pas que je vais regarder de la grande télévision. Si, la fois où, nostalgique, j'ai regardé le pilote de L'Odyssée imaginaire, ce genre de choses, et encore. Mais que ça vienne de Disney, teen nick, The CW ou ABC Family, mes attentes sont immédiatement revues à la baisse. C'est une question de survie.

Quand a commencé le pilote de Jane by Design, je n'avais donc pas en tête l'idée que je pouvais être bluffée.
Et ça ne s'est pas produit.

JanebyDesign
Mais je me rends compte que je suis bien cruelle. Jane by Design n'est pas une mauvaise série ; je la donnerais plus volontiers à regarder à un téléphage en herbe que la plupart des calamités Disney que j'ai pu tester.

Bien que l'héroïne soit irritante (pas par nature mais essentiellement à cause de son interprète, assez insupportable), on rentre facilement dans cette histoire de double vie mignonnette. Les personnages secondaires sont un peu caricaturaux, mais ils ont encore quelques chances d'être exploités de façon sympathique, à défaut d'être originale. On ne verse ni excessivement dans le pathos, ni dans la comédie grosses tatannes ; globalement, en-dehors du halo lumineux autour des acteurs (plus insolent dans certaines scènes que d'autres il est vrai), la série n'abime pas la rétine ; on y trouve évidemment des fringues en pagaille, mais c'est fait avec une certaine candeur (à l'instar de la scène où Jane essaye la garde-robe de sa patronne en découvrant le dressing hypra-fourni de celle-ci) et pas avec l'impression qu'on peut avoir dans d'autres séries qu'il s'agit de vendre une ligne de vêtements ou de lancer une mode (d'ailleurs une des robes d'India de Beaufort est déjà apparue dans une autre série, je me rappelle m'être fait la même remarque : c'est moche mais nécessaire quand on n'a pas de hanches ; si vous avez meilleure mémoire que moi, éduquez-moi, je parle de la grise à la fin).

Et puis surtout, derrière cette série, il y a une idée qui me plaît bien et que j'ai déjà évoquée : l'entrée dans le monde du travail. Et sous un angle positif.
Adieu les ados ou universitaires qui souffrent au fast food le plus proche, ici on a une jeune personne qui, certes, a également des raisons financières de se lancer dans ce métier, mais qui avant tout est fascinée par un univers professionnel, et qui l'aborde avec positivitude, même si évidemment il y aura des déconvenues (dés le pilote, à vrai dire), des imprévus et des moments pas marrants. On passe réellement par le genre de stades que je voudrais voir plus souvent dans des séries, c'est-à-dire une façon plus nuancée de montrer le travail quand on débarque : un endroit où on peut à la fois trouver des gens très sympas (l'assistante qui reçoit Jane et le gay-de-service sont sympatoches comme tout), et des supérieurs hiérarchiques plus ou moins sympathiques (la patronne de Jane, le design, etc...).
Evidemment que penser que le patron est systématiquement un con et/ou un emmerdeur a des vertus pour se vider la tête, mais ça n'a pas besoin d'être systématique comme ça l'est devenu dés qu'une série parle de boulot. Jane by Design est l'une des rares séries récentes à s'approprier le monde du travail sans a priori négatif ; c'est regrettable que ce soit une série adolescente qui le fasse, ça donne l'impression d'une démarche quasi-pédagogique, mais pour une fois que le travail n'est pas désigné comme le 10e cercle de l'Enfer, je vais quand même pas me plaindre.

Jane by Design n'est pas la révélation de l'année. Mais ça me semble infiniment plus regardable qu'une énième fiction où l'héroïne veut devenir chanteuse. Evidemment on parle toujours d'un univers relativement glamour, on n'en est pas encore au point où une héroïne de teen show voudra être infirmière ou championne de lutte, mais je trouve qu'il y a quelque chose d'à la fois honnête et rêveur dans son propos, au sens où les robes et les bijoux, les intrigues amoureuses et les identités secrètes, ne virent pas au miroir aux alouettes. Une part de rêve à paillettes, mais aussi une part de réalisme terre-à-terre, confèrent à la série une véritable sympathie. Même si on ne s'en souviendra probablement pas sitôt qu'elle sera annulée car elle se montre assez anecdotique dans ses intrigues pour le moment.

D'ailleurs pour toutes ces raisons, j'ai envie de dire à ceux qui n'ont pas détesté Jane by Design qu'ils sont prêts pour apprécier un dorama nippon sans prétention du style de Real Clothes, pour rester dans la même thématique. L'appel est lancé.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Jane by Design de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 06:45 - Review vers le futur - Permalien [#]