ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

28-12-11

[#Ozmarathon] 2x04, fatal attraction

Alors que notre Ozmarathon se poursuit et que nous sommes toujours plus nombreux à le suivre de façon synchronisée (alors d'accord, c'est pas la partie la plus facile à organiser, mais c'est sacrément convivial et sympathique comme expérience), nous attaquons une partie de la série qui pour moi est mythique, puisque comme je le disais récemment, j'ai en fait découvert la série au moment de la diffusion de la saison 2 sur Série Club. Alors forcément, pour moi, ces épisodes sont cultissimes, et l'arrivée de Chris Meloni n'y est d'ailleurs pas étrangère. Mais procédons par ordre, voulez-vous ?

Ozmarathon-2x04

Car je vais commencer plutôt par les questions qui fâchent. Certes, dans cet épisode, on ne nous en a pas remis une couche avec le petit mystère "mais qu'a donc Schibetta Junior contre le directeur Glynn" (et j'en suis particulièrement reconnaissante), mais on nous ramène une autre sorte de petit mystère à la con, et de vous à moi, ce genre de pratiques m'énervent. On le verra une fois de plus à la fin de l'épisode, les cachotteries, ce n'est pas un truc dans lequel Oz se complait d'ordinaire : ses personnages ont tendance à afficher leurs motivations clairement, au moins au spectateur, et globalement on n'a pas d'axe à suspense, ou rarement, qui nous force à nous demander ce que signifie telle ou telle parole. La série brille, en fait, par son sens de l'immédiat, y compris dans sa réflexion, où il s'agit plus de montrer un cheminement pour nous conduire à penser aux même thèmes, que de nous forcer à nous creuser pour connaître la signification cachée de tel ou tel évènement, mais plutôt sa portée aussi bien morale, philosophique, qu'évidemment dramatique pour les personnages concernés.
Pour moi, ce n'est tout simplement pas la vocation de la série que de faire durer un mystère, et en l'occurrence, l'étrange prisonnier qui s'exprime par devinettes me tape sur les nerfs alors que sa première scène, dans l'épisode précédent, était brève. Mais la seconde n'en est que la longue et douloureuse répétition, et c'est là que le bât blesse. Si, comme cela a été insinué lors de l'épisode précédent, c'est en lien avec le passé personnel de Sister Peter Marie, pourquoi pas ? J'avoue que je ne me souviens pas de cette intrigue (elle a dû m'agacer aussi la première fois) et que je suis ouverte à l'idée qu'elle soit liée à l'époux que la bonne soeur avant qu'elle n'entre dans les ordres. Mais ça dure et c'est pour moi insupportable de lenteur.

Surtout quand il se passe tant d'autres choses par ailleurs. Et une grande partie de l'épisode est justement foisonnante, même si on en revient de façon cyclique à Kareem Saïd en fin de compte.
Nous voilà donc au moment tant redouté (et voyez comme ça n'a pas trainé), alors que Hill passe en commission dans l'espoir que le verdict de son procès soit invalidé. Kareem Saïd l'y représente avec fougue mais, hélas, il lui manque la compétence (ainsi que les moyens technique d'enquêter sur certains aspects de l'affaire) pour briller. Résultat, on a une très jolie mais triste conclusion, avec Augustus Hill qui finit par dire à Saïd qu'Oz, c'est chez lui. C'était touchant. Et ça contribuait à appuyer l'idée que Hill et la prison ne font qu'un, ce qui donne plus de pouvoir encore à ses attributions de narrateur ; j'aime le côté fusionnel que cela dévoilait, bien que pudiquement, entre Augustus et la prison. Qu'il voie ses espoirs brisés n'était rien face à la confession de son attachement à Oz, c'était plus que de la résignation (ce qu'on aurait tiré de tout autre personnage dans la même situation) et du coup c'était vraiment une belle scène.
Et alors qu'on pensait qu'on allait changer de sujet, comme c'est souvent le cas dans Oz où les épisodes sont divisés en intrigue se chevauchant peu, on reste en fait dans le sillon de Kareem Saïd. L'Enfer est réellement pavé de bonnes intentions, puisqu'après avoir échoué à faire d'Augustus Hill le porte-drapeau de sa cause (celui-ci ayant révélé préférer être un vulgaire être humain...), il se tourne vers un homme plus fragile, amateur de concepts brumeux et de grandes phrases... j'ai nommé le Poet. Poet est présent depuis le tout début de la série, j'ai encore en mémoire son excellent poème sur les cigarettes, et j'avais été impressionnée par sa façon de composer ses poèmes. En bref, un personnage qui, comme beaucoup d'autres à Em City, fait partie des visages que l'on connaît, et qui prend maintenant assez naturellement une position plus centrale dans les épisodes. Poet, donc, a accepté l'aide de McManus, et apprend à véritablement lire et écrire ce qui est déjà une démarche fascinante en soi. McManus a même entrepris d'enregistrer ses poèmes pour l'aider à se faire éditer, mais Kareem Saïd (confirmant ainsi qu'il est effectivement diablement égocentrique, si jamais nous l'avions oublié) se mèle de tout et décide de faire de Poet son nouveau projet. Et il a même réussi à trouver cette fois une victime plus consentante que ne l'était Hill. En voyant Poet se faire manipuler ainsi, tant par Saïd que par sa passion pour la coke, on ne peut qu'éprouver la crainte que le talent de Poet finisse comme celui de Dobbins...

L'intrigue sur les coulisses du pouvoir à Em City fait plaisir à voir, dans cet épisode. Alors qu'O'Reily est toujours occupé par sa santé (on va y revenir), Adebisi et Schibetta Junior sont livrés l'un à l'autre, et une chose est sûre, sans Ryan pour faire tampon, ça ne marche pas. Et ça fait un bon petit changement, car au lieu d'avoir Adebisi et le rat irlandais en train de comploter dans un coin, on a une toute nouvelle dynamique qui se met en place, tout en étant parfaitement cohérente avec le début de la saison. Ainsi, Adebisi et Schibetta vont tous les deux tenter de faire appel à Alvarez l'un pour buter l'autre, et vont, dans une excellente scène, s'observer mutuellement en attendant de pouvoir éliminer l'autre. Ce qui est brillant, c'est qu'en plus de ce bras de fer silencieux, se joue aussi autre chose : Alvarez est vraiment sous son meilleur jour. Juste quand on commençait à le trouver inoffensif et mignon (au sens "puppy" du terme) et tout ce qu'on veut, le voilà en train de faire montre d'une intelligence fulgurante dans ce qui se trame. Oui, il va juste attendre que les deux forces en puissance s'annulent, plutôt qu'intervenir pour de bêtes questions de fierté ou de cupidité... Sa réaction était vraiment brillante. On ne voit peut-être jamais Alvarez sous un jour qui soit en sa défaveur, mais en même temps, on le montre sous un angle moins vulnérable que depuis son arrivée, il assume vraiment son rôle de leader des Latinos, et ça fait plaisir à voir. Ca va swinguer !

Evidemment, pour nombre d'entre nous, moi y compris je ne vous le cache pas, l'évènement de l'épisode, en attendant, c'est quand même l'arrivée de Chris Keller, incarné par un Chris Meloni relativement en forme physiquement, mais nous offrant pour le moment un personnage peu incarné (ça viendra, sans vouloir vous spoiler) qui pique même des expressions faciales à McManus.
Mais le plus important reste que le personnage est déjà délicieux, simplement par la façon dont il est écrit. Pervers d'entrée de jeu, mais pas pour les raisons qu'on croit, on le voit jeter un coup d'oeil à Beecher avant d'attaquer Mack, on le sent à l'affût de ce que fait Beecher, et la révélation finale de l'épisode, si elle n'est pas bluffante pour qui a vu cet épisodes et les suivants, a le mérite de coller tout de même une belle mandale au spectateur qui n'en attendait pas tant, surtout étant donné le subtext érotique de plusieurs scènes. L'idée était de nous conduire sur une autre piste pour pouvoir mieux nous surprendre, mais sans attendre trop longtemps. Cela participe à mettre le spectateur dans la confidence sans chercher à faire durer l'intrigue et c'est précisément l'une des qualités que j'apprécie dans la série. L'idée n'est pas de semer le doute sur ce que veut Keller : à la fin de l'épisode, ce sera dévoilé, et on commence maintenant à trembler pour Beecher. C'est bien plus excitant !

En parlant d'excitation, mais d'un tout autre ordre, je dois admettre qu'Oz, bien plus qu'à ses débuts, sombre ponctuellement dans une forme de gratuité. Je suis une femme et donc je ne vais pas me plaindre, mais quand même, ça faisait beaucoup de scènes de douche pour un seul épisode. La série est en cela fidèle à sa réputation et ne se prive de rien, ni des gros mots les plus odieux (on avait l'impression de palper une certaine jouissance à répéter le terme "cunt" pourtant honni aux USA) ni les scènes de nudité les plus crues (ya que moi qui ai repéré le grain de beauté géant ? Vraiment ? Oh ne me faites pas croire que je suis la seule à regarder là pendant les scènes de douche...). Si parfois cela sert la violence ou la vulnérabilité d'une intrigue ou d'un personnage, c'est bien, mais parfois, cela semble un peu outrancier et je le regrette. Enfin, juste un court instant, pour avoir ma conscience pour moi, et ensuite je profite du spectacle, hein, c'est pas poli de refuser.

O'Reily, par exemple, se montrant torse nu dés qu'il fait des avances au Dr Nathan, est assez symptômatique du problème. On a une relation qui pourrait être intéressante, un personnage qui l'a toujours été, mais l'esprit de l'intringue est diminué par la volonté d'ajouter de la peau dans les scènes. C'était pourtant intéressant de le voir se rapprocher du Dr Nate après avoir dit tant de belles choses sur sa relation avec son épouse ; cela, bien plus, aurait mérité d'être exploré, plutôt que de voir Nate pratiquer le palper-rouler sur le torse de Ryan.
En revanche, j'ai énormément aimé les difficultés de ce dernier à revenir à Em City. Sans même que soit évoqué son cancer du sein, on sent que, conformément à sa prédiction, la moindre trace de faiblesse est retenue contre lui. Connaissant Ryan, ce sera un pouvoir qu'il lui faudra reconquérir ultérieurement, et j'ai déjà hâte.

Pour finir, mon vrai regret, pour cet épisode, est le peu de cas qu'on fera de Hanlon, un prisonnier que je trouve sympathique sans trop savoir pourquoi, peut-être parce que pour la première fois on a un vrai gay sur le devant de la scène et que je le trouve très équilibré (par opposition aux folasses qui trainent dans le fond des épisodes régulièrement, où aux prisonniers qui deviennent gays à l'insu de leur plein gré, pour dire les choses gentillement). J'ai aimé qu'il tienne tête aux Aryens, et la façon dont il l'avait fait. Quand il a été envoyé au trou (on voit vachement le mitard depuis quelques épisodes, c'était pas à ce point au début de la saison 1), et qu'il a reçu la visite d'un gardien aryen, j'ai réellement pensé que son intrigue allait trouver une conclusion plus satisfaisante, en cela qu'il allait tenter de dénoncer le garde, ou autre chose. Là, on dirait que son sort est scellé. Je suis à peu près convaincue, du fait des quelques souvenirs que j'en ai, que c'est le cas, et ça me rend triste, même si je sais qu'on n'a pas fini pour autant de le voir (après tout, il y a quelqu'un qui l'attend dans le couloir de la mort, non ?). Mais c'était vraiment dommage de l'utiliser comme fusible de cette façon. Pauvre Hanlon, je t'aimais bien, mais tu étais l'équivalent du redshirt dans cet épisode...

Car évidemment, la tension monte autour de Shirley Bellinger. Façon de parler puisque la créature n'a toujours pas dit un mot, mais on en apprend plus à son sujet (notamment avec une scène de reconstitution effarante de calme, et d'une froide violence), et on sait déjà qu'elle va se comporter en nympho dans la prison, ce qui, vu la tonalité générale de l'épisode, est plutôt bon à savoir. En bref, le peu qu'on sait d'elle est désarmant, et pourtant on a du mal à ressentir autre chose que de la fascination. Ca doit être cette lumière qu'elle a dans les yeux...

Posté par ladyteruki à 23:29 - Plus on est de fous - Permalien [#]