ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

14-12-11

[#Ozmarathon] 1x02, down and dirty

Cette fois, on est vraiment lancés !
Une fois qu'on regarde le deuxième épisode, on sait que le marathon commence vraiment. Mais ne vous en faites pas, il est encore temps de nous rejoindre, Whisper et moi, dans notre marathon Oz en simultané, et d'ailleurs je crois savoir que certains d'entre vous le feront dans les prochains jours. Alors n'hésitez pas à venir discuter de chaque épisode dans les commentaires, avec nous ! Plus on est de fous, hein...

Ozmarathon-1x02

Le plus surprenant avec cet épisode (que, je l'avoue, je connais moins bien que d'autres) est que finalement il a été plus dérangeant que le premier. On s'attendait évidemment à ce qu'il parle des conséquences de la mort d'Ortolani, et donc de vengeance et de deuil, mais viennent aussi s'y mêler de très nombreuses réflexions sur le sexe et l'amour. Un cocktail qui est cohérent, comme le prouvera l'épisode (avec notamment les interventions de Hill, plus nombreuses que dans le pilote), mais qui prend tout de même au dépourvu.

Une fois encore, l'épisode fait mine de s'intéresser à notre petit nouveau, Beecher, avant de le délaisser pour s'occuper d'autres personnages. Après avoir exploré l'emprise de Schillinger sur Beecher (qui est le seul dont on suggère la vie sexuelle au lieu de la montrer, aussi bien lorsqu'il s'agit de sous-entendre les viols de Schillinger que la visite conjugale avec son épouse), l'épisode passe donc à Augustus Hill, Jefferson Keane et Nino Schibetta. L'occasion d'ailleurs d'en apprendre plus non seulement sur leur vie maritale/sexuelle, mais aussi sur le motif de leur emprisonnement, élargissant ainsi progressivement notre connaissance des dynamiques d'Em City.

Hill et Keane tentent chacun de gérer une relation amoureuse avec une femme qui vit en-dehors de la prison, et n'ont pour ce faire que les visites conjugales... qui vont être supprimées sur décision du gouverneur. C'est, à l'instar des cigarettes dans le pilote, un affront supplémentaire à leur humanité, qui exacerbe les frustrations au sein de la prison.
Hill a ainsi l'occasion d'approfondir la question de son handicap, prenant figure humaine au lieu d'être simplement notre narrateur, et Keane, qui cherche désespérément à épouser sa copine, s'implique quant à lui dans la cuisine politique interne d'Em City en se tournant vers Kareem Saïd dont le pouvoir est, visiblement, bien grand. Mais ne l'avait-il pas prédit dés son arrivée ? Schibetta doit, quant à lui, faire face d'abord à la famille de Dino Ortolani, à laquelle il promet vengeance, puis au décès de sa propre épouse ; son intrigue est moins portée sur le sexe que les autres mais constitue l'une des facettes d'un même sujet, de toute évidence.
Accessoirement, la vie personnelle de plusieurs employés de la prison (McManus, la gardienne Wittlesey... et par déduction Sister Pete et le Père Mukasa) est également évoquée, offrant une conclusion glaciale : ce n'est pas mieux du côté de ceux qui sont libres.

Le gouverneur Devlin fait donc sa première apparition sur les écrans : ceux des télévisions du quartier d'Em City, alors qu'il annonce devant un parterre de journalistes la fin des "privilèges" que constituent les visite conjugales, sous prétexte d'économies. Je ne sais pas si c'est parce que j'ai déjà vu la première saison, mais on a l'impression d'assister à la mise en route de rouages que rien ne pourra arrêter, et qui mènent droit dans le mur. Mais tout le monde est trop pris à la gorge pour s'en apercevoir.

En environ deux heures de télévision, on peut être sûrs d'une chose à propos d'Oz : la série ne nous épargnera rien. C'est une certitude ) la fois excitante et glaciale. Son principe est, après tout, d'être "réaliste", ce qui passe par des images assez brutes. On le savait pour la violence, on va donc apprendre qu'il en est de même pour le sexe. Les termes sont crus, les corps sont nus, et rien ne sera enjolivé ni esthétisé, ou quand ce le sera, ce sera toujours avec une forme de contrepartie un peu dérangeante tout de même, comme la vision bleutée du corps nu, visiblement disloqué, d'Augustus Hill gisant à côté des voitures de police.

Du coup, on en vient à quelque chose de fondamental dans la série : les prestations des acteurs. Se montrer nu à l'écran n'a rien de nouveau, mais Oz demande plus que simplement dévoiler une fesse avec un joli éclairage ; la série exige de ses acteurs un abandon total de leurs limites, et cela transparait à l'écran pour servir au mieux l'expression de la sexualité des personnages, ici au coeur de l'épisode. Sans jamais ne serait-ce qu'effleurer la vulgarité, les scènes se proposent de montrer les choses "telles qu'elles sont", en tous cas telles qu'on imagine aisément qu'elles le sont, et l'implication totale des acteurs est visible. Il donnent l'impression d'avoir abandonné exactement ce que leur personnage a laissé derrière lui, comme le prouvent les humiliantes fouilles au corps qui jalonnent l'épisode.
L'impression de malaise ne vient pas tant du fait qu'on parle de sexe (ce n'est certainement pas la dernière fois dans la série, et d'ailleurs même pas la première puisque c'est ce qui a indirectement causé la perte d'Ortolani), ni qu'on mélange ce thème à celui de la mort, mais bien au fait que la nudité dépasse celle de la seule chair. Cela m'impressionne d'autant plus que les acteurs capables de délivrer autant sont rares, et qu'il y en a une concentration incroyable dans une seule et même série.

Je ne saurais pas faire fi de mes limites pour un rôle comme ils le font, mais j'ai clairement envie de m'abimer plus encore dans le suivi des épisodes, car ce qu'ils transmettent ainsi est précieux pour donner de la texture, j'allais dire du corps, à Oz.

Posté par ladyteruki à 22:24 - Plus on est de fous - Permalien [#]

VIP only

On a tous connu, notamment au collège, de ces adolscentes passionnées par les chevaux, passant tous leurs après-midis au centre équestre, parlant sans cesse de canassons et, naturellement, tapissant leur chambre de posters à l'effigie de futurs steaks. Vous l'aurez compris, je n'en faisais pas partie. Du tout. Mon intérêt pour ces bestioles s'est éteint lorsque j'ai arrêté de collectionner les Petits Poneys (mais il y avait des pégases et des licornes, quand même, c'était autre chose !).
Contrairement aux apparences, je n'ai rien contre les chevaux. Ce sont de belles créatures, je suppose, simplement je n'ai pas d'atomes crochus avec eux. Je ne me suis jamais passionnée pour le monde des courses et personne dans mon entourage proche ne s'y intéressant non plus, je n'ai jamais eu qu'un regard très lointain sur les courses de chevaux. Ce seraient des lévriers, ce serait la même chose, en fait.

En fait, c'est précisément la raison pour laquelle j'avais envie de tester le pilote de Luck : parce que je n'y connaissais rien. Et que la perspective de découvrir une série m'intéresse toujours plus quand il s'agit de découvrir aussi des univers qui n'ont rien à voir avec mon existence ; j'aime l'idée qu'on peut, bon, peut-être pas vivre par procuration, mais en tous cas essayer de se figurer ce que c'est que de vivre d'autres vies, dans des univers radicalement différents ; je recherche bien plus cela dans les séries que l'identification. Je ne suis pas une mère de famille ni avocate mais je regarde The Good Wife, je n'habite pas une banlieue chic mais je regarde Suburgatory, je n'ai pas envie de bébé mais je regarde Threesome, je ne deale pas mais je me lance dans un marathon Oz. Vous me dites qu'il y aura une série sur des geeks gay (Outland), une vieille fille dans la quarantaine qui ne s'intéresse pas aux relations amoureuses (Saigo Kara Nibanme no Koi), ou des courses de chevaux (Luck), je dis ok : ça n'a rien à voir avec ma propre vie, mais je ne demande qu'à voir ce que ces sujets peuvent me raconter.
Sauf que pur Luck, je ne me suis pas du tout sentie concernée même pendant l'épisode.

Je sais pas, c'était comme si j'étais pas invitée et qu'on me le faisait sentir. Comme si c'était pas mon monde et que la série n'avait pas l'intention de m'y faire entrer.
Comme je ne ressentais pas trop les enjeux dramatiques, j'ai commencé progressivement à me dire qu'en réalité je n'avais probablement pas tout compris. Je voyais le mec faire son comeback, l'autre pouponner un cheval avec à la fois espoir, nostalgie et amertume, et quatre aux tenter de gagner le gros lot, par exemple. C'était pas un problème. Mais j'arrivais pas à comprendre quand même : qu'est-ce qu'on attendait de moi, que je me demande si ça va marcher pour eux ? Très franchement je n'y arrivais pas parce que tout ce petit monde parlait à demi-mots de choses qui me dépassaient totalement. J'avais l'impression qu'il me faudrait aller procéder à des quantités de lectures pour comprendre ce qui tracassait l'un, ou l'autre. Et je me disais, au fur et à mesure que l'épisode avançait, que c'était beaucoup de devoirs pour une série. C'est à la série de vous faire entrer dans son monde, pas l'inverse ; de la même façon que ne pas connaître les romans de Game of Thrones n'a pas été un obstacle pour comprendre les intrigues, de la même façon que je n'ai jamais eu à me demander en quoi consiste le travail dans des pompes funèbres parce que Six feet Under n'a pas hésité à me l'expliquer, Luck aurait dû me donner envie de plonger dans les courses de chevaux sans que je passe par ce stade désagréable où je me sens étrangère à tout.
Au final, j'ai eu l'impression que ce qu'on attendait de moi, c'était de me demander qui allait gagner la course (et de verser une larme sur le cheval blessé), mais que pour le reste, si je ne ressentais pas de l'intérêt pour le vieux qui marmone à son cheval ou l'agent de sécurité qui voudrait une chance de jouer mais ne l'utilise pas, eh bien c'est tant pis pour moi.
J'aurais aimé que Luck me prenne par la main et me dise pourquoi, par exemple, ce cheval a été endormi au lieu d'être soigné. Comme tout le monde j'ai tressauté quand on a entendu ce craquement lugubre, mais je n'ai pas compris pourquoi ça condamnait le cheval, par exemple, et j'aurais voulu qu'on ne tienne pas pour évident que j'étais en mesure de le comprendre. Je ne connais rien aux courses mais je devrais avoir une chance de m'intéresser à la série, or on aurait dit que c'était tout ou rien.

OutofLuck
C'était vraiment très énervant, ces échanges qui semblaient vides de sens simplement parce que, bah oui, j'ai pas lu de la doc sur les courses de chevaux avant de regarder le pilote de Luck, et j'ai pas l'intention de le faire chaque fois que je regarde un pilote, parce que ce n'est pas mon boulot, c'est celui des scénaristes. D'accord le cast est immense, la réalisation puissante, et peut-être que les personnages sont intéressants, mais si on ne m'invite pas à entrer dans ce monde, c'est pas à moi de faire l'effort, et c'est au moins aussi important que les atouts de la série.

Alors au bout du compte, je ressors du visionnage de ce pilote avec énormément de frustration, parce que j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui pourrait être intéressant, une série solide sur un univers jusque là jamais exploré, avec un cast énorme, une réalisation au cordeau et, a priori, je suppose, de bonnes histoires, mais voilà, je suis pas invitée. Je suis peut-être totalement crétine (et cette théorie n'est pas à exclure). Je suis peut-être fatiguée en ce moment (c'est vrai aussi). Je suis peut-être obtuse. Ou peut-être que c'était un jour où j'étais moins concentrée sur le pilote et que je n'ai pas écouté aussi attentivement que je le devrais les dialogues qui étaient peut-être plus pédagogiques que je ne le dis (hantée que je suis par Black Mirror, ce n'est pas impossible). Mais en tous cas j'ai l'impression, avec cette mauvaise expérience, d'être passée à côté de quelque chose pendant le pilote. Et la première impression, qu'on le veuille ou non, compte. Je peux m'acharner et tenter quand même de suivre la série lorsqu'elle commencera réellement sa diffusion sur HBO, mais soyons honnête, c'est une histoire téléphagique qui commence quand même très mal. Et ça me déçoit parce que je pressens que ç'aurait au contraire pu être une aventure intéressante.

Mais voilà, Luck fait partie de ces séries dont je vais probablement entendre plus de bien que je ne pourrai jamais en penser, comme si ses spectateurs faisaient partie d'un club VIP dont je ne suis pas membre. Il y a des séries avec lesquelles on se dit juste qu'on n'a pas accroché, et c'est tout, et c'est pas grave, on peut pas tous aimer la même chose (True Blood ou Boardwalk Empire sont de ces séries-là), et puis il y en a, on sent même confusément qu'on aurait pu les aimer. Mais voilà, on n'y était pas invité.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Luck de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:58 - Review vers le futur - Permalien [#]