ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

17-10-11

Take the wheel

En ce moment tout le monde parle de Drive sur Twitter. Comme j'ai le cerveau limité en matière de références cinématographiques, chaque fois que quelqu'un mentionne ce film dans ma timeline, je dis bien chaque fois, je dois faire une petite gymnastique mentale de près de 10 minutes pour me rappeler qu'il s'agit d'un film et non de la série de la FOX.
Après le 712e tweet mentionnant ce titre, et avec en plus des circonstances aggravantes (je fouille dans mes cagoules depuis plusieurs jours pour déterrer des merveilles), j'ai fini par céder et revoir le pilote de Drive. La série.

Drive
Je m'aperçois en allant jeter un oeil à mon post de l'époque que je n'ai pas raffolé du pilote la première fois que je l'ai vu. La meilleure preuve c'est que c'est juste un post Médicament générique, et même pas une review complète.
C'est marrant parce que mon bilan après revisionnage du pilote ce soir est bon, et plus encore.

Effectivement, les scènes de course-poursuites en bagnole sont d'un intérêt TRES limité. Et quand je dis limité je veux dire que je me suis limé les ongles à ce moment-là. Ce genre d'adrénaline me passe complètement au-dessus de la tête, et à la deuxième j'avais envie de dire que les possibilités étaient en plus très limitées. Passer entre deux camions ou passer entre deux camions, cruel dilemme.
Fort heureusement il y a bien plus dans ce pilote à voir que ces idiotes de course-poursuites, et c'est peut-être ce qui m'avait un peu échappé à l'époque.

Déjà la réalisation est quand même parfois géniale. La scène où ils sortent tous de la conférence d'orientation et se précipitent hors de l'hôtel, c'est épatant. Deux plans séquence à la suite qui rendent très bien l'excitation, l'énervement, la frénésie de l'instant, et tous les personnages qui passent dans deux ballets consécutifs parfaitement orchestrés, ça vous scotche une lady. C'est là que je vous confesse une grande fascination pour les plans séquence, et plus il y a de monde plus j'adore. Là c'est juste mon idéal de plan séquence, en fait. Et deux à la suite. Impec', quoi.

Et puis au niveau des personnages, on tient quand même du bon drama, et j'irai même jusqu'à dire, du très bon drama. On a le temps d'explorer vraiment plein d'habitacles, avec des dynamiques différentes, des backgrounds différents, et si certains sont plus développés que d'autres, les concurrents de cette course incroyable sont tous très prenants tout de suite. Il n'y en a pas beaucoup dont on se contrefiche de savoir ce qui va leur arriver en cours de route (pun intended).
En la matière il y a deux genres de séries. Celles qui ont un héros autour duquel tourne la planète, et des seconds rôles qui ne sont là que parce qu'il fallait. La moitié du temps, je ne m'attache pas assez au héros pour avoir envie de savoir ce qu'il va lui arriver, et les personnages secondaires sont si secondaires, qu'il n'y a pas moyen non plus de reporter mon attention sur eux. Il y a donc l'autre genre de séries, qui même si elles ont un héros, parviennent à insuffler un peu d'âme dans d'autres personnages, et la moitié du temps, le héros ne me plaît pas forcément, mais je trouve mon content plus loin dans le fond. C'est exactement le cas ici où le tandem Nathan Fillion et Kristin Lehman m'indiffère quand même pas mal, mais où il y a de quoi faire avec, par exemple, la jeune maman, l'ex-taulard ou encore le tandem père/fille. Tous n'ont pas les mêmes faveurs des scénaristes mais ils prennent corps et ça fait du bien.
Du coup Drive fonctionne bien comme ensemble drama, même si de toute évidence il y a un héros qui va pas mal occuper de temps d'antenne.

La course est quand même une putain d'idée. Pardon pour le langage, mais merde, c'est original, c'est propice à un peu de mythologie, c'est un bon prétexte à donner des histoires passées et à venir aux compétiteurs... des jeux comme ça, il en faudrait plus dans les séries (là tout de suite, comme jeu s'étant sur plusieurs épisodes, je n'arrive à penser qu'à LIAR GAME). C'est en plus un concept qui aurait pu, qui aurait dû courir longtemps, parce qu'il y a tellement de compétiteurs que tu en élimines un, tu peux toujours en amener un autre sur le devant de la scène.

Je vais me risquer dans les comparaisons hasardeuses mais Drive aurait pu être un autre Lost. Comparaison à prendre comme venant de quelqu'un pour qui Lost n'est pas absolument une série qui a révolutionné la télévision, mais comme une série qui commençait avec du potentiel et de solides atouts, par contre (c'est déjà un compliment, juste pas aussi grand que si un fan de la série faisait le parallèle). Il y avait vraiment du potentiel.
Mais ce qui s'avère vite rédhibitoire, ce sont les effets spéciaux, très voyants et un peu trop nombreux dés qu'on prend la route (or c'est une série qui se passe quand même pas mal sur la route, tirez-en les conséquences...). Et je comprends que ça puisse refroidir. Je ne sais pas si c'est ça qui a motivé les audiences décevantes qui lui ont valu son annulation expéditive, je ne suis pas dans la tête des spectateurs américains, j'ignore ce qu'il y avait en face, je ne sais pas comment la série a été promue, rien. Tout ce que je sais, c'est que plus de 4 ans plus tard, c'est toujours autant du gâchis.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Drive de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:02 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

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