ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

13-10-11

Ça, pour être mort...

Pis personne ne me le rappellerait, hein. J'avais dit que je vous préparerais un post une fois le visionnage du pilote d'Un Homme mort passé, et...? Et j'ai oublié, et vous ne me l'avez pas rappelé. Je suis à deux doigts de penser qu'au fond de vous, vous n'aimez pas tant que ça Karine Vanasse de PanAm. Et du coup, vous descendez drôlement dans mon estime.
Mais je suis pas rancunière, alors voilà.

Comme prévu, Un Homme mort nous parle d'un type qui clamse. Bon là je vous spoile pas trop, mais dans les paragraphes suivants, si, alors décidez d'abord si vous voulez voir cette série avant de poursuivre votre lecture.
Sûr de sûr, hein ?
Ouais, prenez le temps de la réflexion, ça vaut mieux.
Bon, j'aime autant.

Parce que notre bonhomme, il ne meurt pas d'une crise cardiaque, il ne meurt même pas de coups de poignard répétés dans le dos (clin d'oeil, clin d'oeil), et de vous à moi, les armes à feu, c'est cliché. Non. Notre homme meurt pour finir comme ça :

PrenezSonPoulsAuCasOu
Et là vous sentez qu'Un Homme mort est quand même plus glauque que vous ne l'auriez cru. Mais je vous rassure, vous ne seriez pas le premier à penser d'emblée que les séries québécoises sont complètement inoffensives, j'ai remarqué cette propension chez plusieurs de mes interlocuteurs, bien que n'ayant pas encore totalement déterminé d'où elle provient.
En tous cas, comme le dit la blague : "c'est le suicide le plus atroce que j'aie jamais vu".

Mais le pilote ne se borne pas à l'enquête autour de la mort de ce type, retrouvé en trois morceaux dans un appartement à louer, son portefeuille permettant de l'identifier à côté de lui. En fait, loin de là.
Le pilote commence avec un homme qui apprend qu'il va mourir. Que son foie l'a lâché, c'est fini.
Le pilote continue avec une jeune femme qui est depuis 3 mois dans sa banque et qui stresse un peu d'être convoquée par le PDG.
Le pilote prend en fait un malin plaisir à ne pas beaucoup nous parler de cet homme mort.

Les premières dix minutes sont donc, naturellement, introductives, mais exposées à un rythme d'enfer, souligné par une réalisation qui cherche à tout prix à dynamiser les séquences, les dialogues, et les présentations des personnages. Parfois c'est un peu trop : effets sonores, passage au noir et blanc, plans monochromes rouges, avance rapide, image en pause, ralenti, split-screen, musique quasi-constante... la panoplie complète de tout ce qu'il est possible de faire à moindre frais pour que ça ait l'air de bouger non-stop.

Des "gentils", des "méchants", des "gens dont il faut se méfier", commencent à émerger lentement, et il ne faut probablement pas s'y fier. Pendant ce temps, l'homme qui apprend qu'il va mourir, qui est flic, enquête sur la mort pas vraiment accidentelle de notre défunt, et que notre jolie banquière apprend qu'elle a été nommée vice-présidente, mais très vite, elle commence à se demander où est passé Michel, l'un de ses amis, qui ne donne pas signe de vie et lui a au contraire fait parvenir un colis étrange. Or, les bouts de cadavre s'appellent précisément Michel...

Où va nous mener ce pilote rempli jusqu'à ras bord ? C'est une bonne question. Rien que dans le pilote, il y a déjà deux morts, au moins un suspect, une héroïne au profil d'oie blanche mais qui se comporte elle-même de façon suspecte (genre je planque des preuves, je prends la fuite quand je découvre un cadavre...), et en arrière-plan, des thèmes autour du comportement des banques, des entreprises vis-à-vis des banques, des connivences à tous les niveaux, etc...
On a un peu une impression de fouillis, que j'ai essayé de retranscrire au mieux dans ce post ; certaines scènes sont meilleures que d'autres (l'appel de notre héroïne à la police étant la seule totalement risible, le reste étant plutôt bien troussé en dépit de la surcharge d'effets mentionnée plus haut), mais on a l'impression de tenir un divertissement à la fois trépidant, dense, et adulte, sans pour autant vouloir taper dans l'élitiste et le "trop" haut de gamme.
A poursuivre, donc, pour voir comment l'affaire se poursuit.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Un Homme mort de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:53 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

Bon boulot sur toute la ligne

Il y a des trucs que vous ne vous attendez pas à écrire dans une review, jamais ; "la nouvelle série de MTV est super", "j'adore l'humour de Damon Wayans", ou encore "il n'y a pas de comédie plus drôle que Whitney". Jusqu'au jour où l'une de ces choses devient vraies et remet en question tout l'ordre de l'univers.
C'est ainsi que je vous concocte un post sur la première saison d'Awkward. ! Si on m'avait dit.
En attendant, voilà une autre chose que je ne m'attendais pas à écrire dans une review : "j'ai envie de suivre un sitcom black".

Non que les sitcoms blacks ne soient pas drôles. Non, sincèrement, ce n'est pas ça ; c'est juste que la plupart d'entre nous (je suis et reste convaincue que les téléphages s'exprimant sont en majorité blancs) n'est pas dans la cible, et culturellement (à plus forte raison parce que les Afro-Américains sont une culture à part entière), et je soupçonne que si ces séries marchent bien, c'est parce qu'elles trouvent leur public. Ce public, ce n'est pas moi.
Et pourtant, je me suis sincèrement posé la question hier devant Reed between the Lines.

ReedBetweentheLines
Le titre était pourri. Les acteurs pas très intéressants. Le pitch tenait sur du papier à cigarettes. Regardez-moi ça, même la photo est bateau ! Tout indiquait que ce serait nul. Eh bien devinez quoi, pas du tout.

Le mérite en revient aux acteurs principaux et notamment Tracee Ellis Ross. Imbuvable dans le pilote de Girlfriends (que j'avais regardé l'été dernier, dans ma période "testons des séries blacks" consécutive au visionnage de Single Ladies), elle apparait comme sympathique dans Reed between the Lines. Son personnage n'est pas une bonne femme insupportable, ni bitchasse ni matrone, qui sont un peu les modèles qu'on trouve dans les comédies de ce genre. De son côté le personnage de Malcolm Jamal Warner n'est pas spécialement original mais, au moins, il a le mérite de n'être pas désagréable, le genre de mec distant qu'on n'apprécie pas souvent dans ces séries.

Et surtout, c'est fou, mais il se dégage une grande impression de naturel. La connivence entre le couple principal (les deux docteurs Reed) est palpable, et rend les diverses situations d'intimité totalement crédibles ; l'humour des situations et, plus souvent, des dialogues, ne s'en porte que mieux, on dirait que le couple rit ensemble, et non qu'ils veulent nous faire rire.
Plus épatant encore, les enfants s'en tirent bien, là où les rôles sont souvent attribués à des petites frimousses sans grand talent et ayant en général tendance à surjouer. La fille ainée, en particulier, parvient à être drôle sans jamais en rajouter, et c'est un immense soulagement. Le personnage le plus caricatural est celui de l'assistante de Carla, mais on le voit peu dans le pilote et ça ne gâche même pas la scène, dans laquelle Ross s'en sort si bien que ce n'est pas grave du tout. Les autres personnages secondaires sont très décents, par ailleurs, et notamment l'acupuncteur avec qui elle partage le cabinet, qui converse sur le même mode.
Et c'est certainement le plus important, en fait : les dialogues restent agréables même quand ils ne sont pas hilarants, parce que personne ne force, personne ne tente à tout prix d'avoir l'air drôle. Pour un peu, si elle était tournée dans d'autres conditions, Reed between the Lines pourrait tout-à-fait se passer des rires du public, mais ils sont relativement peu présents (volume sonore modéré, pas d'omniprésence fatigante) ce qui rend le problème quasiment anecdotique.
Au milieu de tout ça, l'intrigue, sans être très innovante, ne vire pas à la grosse farce insupportable, à l'exception d'une scène, vers la fin, un peu limite, mais fort heureusement vite écourtée.
L'épisode se clot sur une scène sympathique sans être touchante ni exagérément fleur bleue (Carla sort le grand jeu à Alex, un peu façon Whitney... et parvient à rendre la scène sympa, tendre et décontractée, sans en faire un truc aussi odieux et même limite sexiste que Whitney). La conclusion de l'épisode est bonne, disons les choses comme elles sont.

Le capital sympathie des personnages est tel que je me suis vraiment dit que ça me plairait bien de continuer l'aventure. Je vous avoue que c'est une première, en particulier après les expérience frustrantes, pour ne pas dire désastreuses, qu'ont pu être Are we there yet? et autres Meet the Browns.

Peut-être que Reed between the Lines n'est pas tant un sitcom black qu'un sitcom avec des blacks, et que les spécificités culturelles sont gommées. Mais en tous cas, c'est un sitcom sympathique, ça ne fait aucun doute. Personne ne vous braque un flingue sur la tempe pour rire, personne ne vous inflige une galerie de personnages insupportables et exagérés, personne n'a envie de gagner son salaire avec un scénario usé jusqu'à la corde (la façon dont on entre dans la vie professionnelle de Carla est sympathique, j'attends le tour d'Alex la semaine prochaine car sa pratique a l'air originale aussi), bref, c'est un sitcom, tout court. Loin des qualificatifs chromatiques et des sous-entendus qualitatifs qui s'y rattachent, Reed between the Lines est juste l'occasion de passer un bon moment avec des personnages qui ont tout compris à ce que le mot "naturel" veut dire.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Reed between the Lines de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 12:54 - Review vers le futur - Permalien [#]
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