ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

21-07-11

Sans faute

Attendez-vous d'une dramédie :
1/ qu'elle possède un concept absolument dément et totalement inédit
2/ qu'elle mette en valeur des acteurs super-connus
3/ qu'elle montre des personnages sympathiques sous des angles variés et fasse passer un bon moment
Si vous avez répondu 3 à cette question, alors vous gagnez le droit d'essayer Nothing Trivial, la série néo-zélandaise qui a commencé hier soir et qui, si elle ne réussit pas à correspondre au 1, et aurait du mal pour nous autres spectateurs français à valider le 2, a tout de même beaucoup de charme.

Mais évidemment, mon regard était forcément biaisé : quand j'ai su qu'il serait question de pop quiz, j'étais conquise. Je raffole de ce genre de jeux et manque cruellement d'occasions de m'y adonner. Par contre j'ignorais complètement qu'il existait des "pub quiz" (à part dans Better With You mais j'avoue que l'intrigue sur le base ball m'avait un peu endormie ce jour-là), et ma curiosité est d'autant plus piquée.

NothingTrivial
Alors c'est vrai, Nothing Trivial n'est pas vraiment bluffante. Partir du principe que les 5 personnages principaux vont se retrouver toutes les semaines dans un bar pour tester leur culture générale et, au passage, parler de leur vie privée, ne se traduit pas de façon hautement conceptuelle. Par exemple je m'attendais à ce que la série se passe intégralement dans le bar, ce qui aurait été franchement original, et au lieu de ça l'épisode est bourré de flashbacks. Certes ces flashbacks n'ont rien d'irritant comme ils peuvent l'être dans d'autres séries, mais c'est pas l'idée du siècle, du coup. Par contre c'est vrai que ça met une bonne ambiance et qu'au moins les personnages ne se retrouvent pas juste pour picoler, il y a quelque chose derrière leurs retrouvailes hebdomadaires qui, à défaut de provoquer une série renversante, permet de lui donner sa propre personnalité.

De la même façon, les personnages ne sont rien qu'on n'ait déjà vu avant. Il y a le type que sa femme quitte, celle qui divorce, celle qui a 40 ans et n'a toujours personne, la petite chose fragile qui sort d'une rupture avec un type étouffant, et un célibataire endurci. Là encore, rien d'absolument palpitant à première vue. Sauf que les acteurs incarnent vraiment leur personnage avec beaucoup d'intelligence. Là où Catherine aurait pu passer pour une insupportable frigide snob et distante, on obtient une femme toute en nuances et pleine de charme, avare de ses mots et pas nécessairement habituée à avoir une vie sociale, mais en tous cas vraiment attachante. Le seul personnage encore en retrait est celui d'Emma, qui pour l'instant est trop timide (et un peu benet) pour se faire remarquer, mais à coup sûr ça pourra se faire par la suite.

En un peu moins de trois quarts d'heure, Nothing Trivial propose avant tout de nous donner l'impression de partager un moment avec cette bande, rien de plus, rien de moins. C'est quelque chose que Go Girls proposait déjà, d'ailleurs, à sa façon, et j'ai un peu le sentiment que c'est assez récurrent chez les dramédies néo-zélandaises, mais on en reparlera quand j'en aurai testé un peu plus. En tous cas il n'y a pas d'autre ambition que d'être une série chaleureuse qu'on a envie de suivre pour ses personnages, et, en ce qui me concerne, pour me tester aussi en matière de littérature, cinéma ou histoire, au passage. Mais d'un autre côté, le pilote n'a strictement rien à se reprocher.
Rien de tout cela ne fera entrer Nothing Trivial dans les annales de la télévision. Mais l'épisode propose un moment plein de charme, d'énergie et de divertissement. Eh, c'est pas un gros mot, après tout.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Nothing Trivial de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:08 - Review vers le futur - Permalien [#]

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