ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

10-07-11

Get (almost) real

Il faudra certainement plusieurs heures, peut-être des jours de réflexion, avant de réussir à comprendre ce qui peut me fasciner chez LisaRaye McCoy/Keisha dans Single Ladies, mais les faits sont là, et ils sont têtus, les bougres.

En cherchant à me documenter à son propos, j'ai découvert qu'elle avait sa propre émission de télé réalité (mais qui de nos jours n'a pas la sienne ?) depuis un an et demi, intitulée si sobrement et poétiquement : LisaRaye: The Real McCoy. Il y en aurait donc des fausses ? Nenni, c'est juste que vous allez ainsi apprendre à connaitre sa VRAIE personnalité, ô joie ; désolée pour le suspense, mais c'est la même que celle de Keisha dans Single Ladies.

C'est donc la deuxième fois que je vais vous parler de télé réalité, alors qu'après l'expérience Jersey Shore (suivez les tags si vous êtes téméraires), j'avais promis qu'on ne m'y reprendrait plus, mais on va faire comme si on n'avait rien vu.

TheRealLR
Parce qu'en fait il y a des sous-genres dans la télé réalité. Enfin, je vous dis ça, vous êtes certainement au courant, mais comme je suis vieille et pas du tout dans le coup (la meilleure preuve c'est que j'utilise cette expression), pour moi c'est une découverte. Donc :

- il y a les trucs trash, sur la jeunesse débauchée (mais c'est trop lol, alors c'est pas grave) de telle communauté, ou tel coin pathétique de la planète (trois coins pathétiques dans le cas de Jersey Shore puisque pour faire plus exotique, la bande était récemment envoyée en Italie pour essayer de voir s'il existe des MST strictement européennes à rapporter en souvenir aux copains restés au pays, qui seront, à coup sûr, épatés), ou tout simplement d'une tranche d'âge, pourquoi se compliquer la vie. L'idée est de partir d'un cast nombreux pour que, si 90% de la fine équipe ne fait rien pour divertir le public, il reste toujours quelques cas au sein du cast pour toujours faire un truc débile, vulgaire et/ou ridicule (en fait, je voulais dire "et", je ne sais pas d'où sort ce "ou"). On tente de nous faire croire qu'on va voir là quelque chose de vrai, presque un commentaire social sur la population concernée, mais en fait ils en rajoutent tous des tonnes et n'ont rien de naturel. Un impératif, et un seul : il faut que ça nique.
Ca, je connaissais déjà, c'est par là qu'on a tous commencé, avec Loft Story, et je vous avoue qu'instinctivement, quand je parle de télé réalité, c'est à ça que je pense ; et je n'en pense pas que du bien, loin de là.

- il y a également la version à peu près artistique : les émissions de télé réalité héritières des radio et télécrochets. En général c'est assez inoffensif pour ce que j'en ai vu, seulement voilà, moi ç'a m'a toujours fait puissamment chier de voir des gens se faire humilier par un jury en espérant qu'il y en aura un qui sache moins mal chanter/danser/jongler/faire le beau que les autres. C'est comme mon problème avec The Comeback : l'humiliation ne me fait pas rire, ni vraie, ni imitée. Et j'avoue mal comprendre cette obsession de vouloir devenir chanteur/danseur/singe savant/toutou (on en parlé à l'occasion de Victorious, là encore ça se passe dans les tags).

- il y a aussi les jeux, genre Koh Lanta, et je vous avoue qu'à mes yeux, c'est un peu plus haut encore sur l'échelle de valeur de la télé réalité, parce que certes, les candidats se mettent souvent dans des situations impossibles pour pas grand'chose, mais c'est toujours mieux que s'humilier totalement, il y a un certain goût de l'effort derrière, comme par exemple dans Pekin Express, où on est tous conscients que la prise de risque est en réalité totalement sous contrôle, mais où les mecs tentent de faire quelque chose de constructif pour gagner quelque chose. Ils font mieux illusion que les autres, dirons-nous.

- il y a, enfin, la télé réalité people. Ce sont des produits directement adressés aux gonzesses, et qui leur proposent de suivre une célébrité de leur choix (et il est pléthorique) et tenter de compatir à ses petits malheurs, genre valise égarée (I kid you not). Contrairement à ce qu'on a vu dans la version trash classique, on se base ici non pas sur un groupe diversifié, mais sur une personnalité qui doit assurer le show seule à tout prix, si bien qu'on est dans le total culte de la personnalité, tous les personnages secondaires étant forcément à la botte de la célébrité, aussi méconnue soit-elle. C'était un genre qu'en fait je n'avais jamais approché.

Une précision intéressante, c'est que ces genres peuvent se mélanger entre eux. Exemple : on a vu avec Star Academy que l'à peu près artistique pouvait entrer en collision avec le trash, ou qu'un jeu comme L'île de la tentation pouvait être trash, ou encore, le trash avec le people dans La ferme chais plus quoi. En fait on peut tout faire en version trash et c'est ce qui donne si mauvaise réputation à la télé réalité, en général. Beaucoup de trash font en revanche semblant d'être des jeux.

Je sais, je sais : pour vous, rien de nouveau. Mais personnellement je me suis soigneusement tenue à l'écart de la télé réalité depuis Loft Story.
Oh, n'allez pas croire : j'ai regardé Loft Story. Et à l'époque j'en disais du bien. J'enregistrais les épisodes en prime (pas la quotidienne, quand même), et je disais en rigolant que c'était comme regarder une série, puisque l'un était aussi scripté que l'autre. Mais quand la première saison de Loft Story s'est achevée, j'ai tourné la page de la télé réalité et n'y suis plus revenue. Pour moi, c'était une expérience qui n'était pas supposée se renouveler : on avait essayé quelque chose de nouveau à la télé, on avait vu les réactions, vu les conséquences, pesé le pour et le contre, vu à peu près tout ce que ça pouvait donner comme divertissement. Il était temps de tourner la page après cette saison. Mais les audiences en ont décidé autrement. Moi par contre, je ne voyais pas l'intérêt d'aller plus loin et n'ai dés lors offert que mon mépris à ces émissions qui semblaient toujours plus débilitantes. Je n'aime pas avoir l'impression d'être prise pour une conne, et encore moins le prouver en regardant un truc débile juste pour en dire du mal. No offense, guys, c'est juste comme ça que je le ressens.

Une fois de temps en temps je me dis que je devrais peut-être regarder une télé réalité récente pour voir où on en est, mais déjà ma télé est débranchée depuis un bail, et d'autre part ya vraiment rien qui m'attire si je m'en réfère aux pitches. Ou ce qui tient lieu de.

J'ai eu l'autre jour une conversation intéressante avec Tony qui me soutenait que c'était une question de génération, et que ma génération avait aimé les sitcoms, la suivante aimait la télé réalité, et le fait que je n'aime pas était juste dû à mon grand âge (il l'a tourné plus diplomatiquement que ça, je vous rassure). Je ne suis pas convaincue de ça. On trouve des quantités de gens plus âgés que moi qui dévorent de la télé réalité (aux dernières nouvelles, mes parents en regardent... j'attends comme une délivrance le jour où on me confirmera que j'ai bien été adoptée).
Je crois que la différence tient plus dans le niveau d'exigence téléphagique, outre le fait que chacun a son échelle personnelle en la matière, et qu'avec surprise, j'ai découvert que Tony abhorait le sitcom dont les rires du public lui semblent faux (le comble de l'ironie quand on regarde de la télé réalité en la savourant pour sa fausseté, justement). Je ne critique pas l'échelle des valeurs de Tony, je dis juste qu'elle me surprend.
En tous cas je tiens à préciser que les sitcoms, j'y suis venue sur le tard hormis pour Une Nounou d'Enfer (et suis restée assez difficile en la matière), donc je ne pense pas qu'il y ait un effet générationnel.

Enfin bon. Donc, j'avoue, je n'avais jamais donné dans le people, alors que j'avais vu des extraits des autres genres à l'occasion (ma soeur, Dieu lui pardonne, pratiquant régulièrement le "je regarde mais pour me moquer, cela dit t'avise pas de critiquer". Hm-hum).
J'ai donc tenté LisaRaye: The Real McCoy, et je vous avoue que... bah c'est pathétique aussi, mais différemment, et surtout c'est pas trash, ce qui est déjà ça (mais on a vu que le trash pouvait se combiner avec tout alors je suppose que si on est en manque, on doit pouvoir se trouver une célébrité qui nous en donne pour notre pognon quand même).

Du coup, je me sens éduquée, même si ça ne m'a pas spécialement plu. Pour la première fois, à cette occasion, je me suis forcée à me poser et arrêter de simplement vitupérer contre un genre télévisuel qui me répugne, et je crois pouvoir dire que désormais, il y a des types de télé réalité dont je dirai moins de mal que d'autres.
Du moment qu'on ne me force pas à les regarder.

Posté par ladyteruki à 00:02 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

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