ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

30-04-11

N'oubliez jamais

GilmoreGirls
Il y a les dialogues rythmés, bourrés de références et pétillants. Il y a les personnages attachants et les petites situations badines autour des histoires amoureuses de chacun.
Et j'apprécie à leur juste valeur ces petits ingrédients qui forment une grande partie du charme de Gilmore Girls.

Mais soyons honnêtes une minute, voulez-vous ?

La vraie raison pour laquelle je suis fascinée par mon revisionnage de Gilmore Girls, depuis dimanche dernier, c'est la force de sa description des histoires de famille. Et moi, vous le savez, dans le fond, les histoires de famille, je ne vis que pour ça ; une fascination maladive qui a trait à ma propre histoire, comme on s'en doute.

Rory a 16 ans. Ca fait donc 16 ans que sa mère Lorelai, alors une adolescente, est tombée enceinte et s'est enfuie de la maison familiale avec son bébé sous le bras. Et si, pendant les premières années de Rory, il y a eu un silence radio forcément blessant, dont on nécessairement beaucoup souffert Emily et Richard, en tous cas et de leur propre aveu dans le pilote, les deux parties se sont vues ces dernières années pour Noël, et apparemment quelques autres fêtes. On pourrait penser qu'après tant de temps, et alors qu'ils se sont revus fréquemment ces dernières années (au moins 5 ans, puisque Emily a offert un portemanteau à Lorelai voilà 5 ans pour Noël), les membres de cette famille auraient un peu cicatrisé.

Eh bien croyez-le ou non mais pas du tout. Emily est blessée au dernier degré lorsqu'elle découvre où Lorelai et Rory vivaient après qu'elles soient parties de la maison, Richard est toujours mortifié par le déshonneur que ça a été pour sa fille de tomber enceinte à 16 ans (le contexte social huppé n'aidant pas), et Lorelai elle-même voudrait pouvoir dire sa vérité mais n'est jamais entendue.
16 ans plus tard, cette famille souffre toujours de la même plaie béante.

Naturellement il y a une part de dramatisation propre à toute fiction : Gilmore Girls a choisi de se dérouler alors que la fille a l'âge qu'avait sa mère quand elle l'a eue, pour souligner à la fois leur exceptionnelle relation et les peurs de Lorelai qui voudrait que sa fille ne fasse pas les mêmes choix qu'elle. Il est donc, sous un certain angle, plus "pratique" que ces vieilles histoires remontent à la surface maintenant. Ca s'explique narrativement.
Mais la façon dont ces souffrances s'expriment a quelque chose de très vrai.

On ne guérit jamais de ce genre de blessures. On vit avec, on les surmonte, on les accepte pour pouvoir vivre ensemble, mais jamais on n'en guérit vraiment. Et j'apprécie de Gilmore Girls qu'elle ne prétende pas le contraire, que la série n'essaye même pas de minimiser en prétendant que ça se calme, et que ce qui semblait être pour Emily et Richard une immense erreur est restée une erreur dans leur esprit, même si d'un autre côté aujourd'hui ils adorent Rory et sont prêts à tant pour elle. Ils sont ses grands parents et ne remettent pas cela en question, mais ils n'ont jamais réussi à accepter ce que Lorelai a fait. Lorelai qui n'avait que 16 ans, qui a fait des choix (peut-être les premiers, finalement) avec lesquels on a le droit de ne pas être d'accord, qui ont beaucoup à voir avec son tempérament, mais qui ne se sont pas avérés mauvais ; la vérité c'est que je ne vois pas comment ses parents pourraient en venir à cette conclusion, ils ont trop souffert pour ça.

Il y a les dialogues rythmés, bourrés de références et pétillants. Il y a les personnages attachants et les petites situations badines autour des histoires amoureuses de chacun. Mais Gilmore Girls est aussi un drame profondément sincère sur ce que ça signifie que d'avoir une famille quand il s'est passé un grand chamboulement : on n'en guérit jamais tout-à-fait. Et la famille, on ne peut pas vivre avec, on ne peut pas vivre sans.
Allez hop, deuxième saison. Avec un peu de bol, elle me fera un peu plus qu'une semaine...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Gilmore Girls de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:28 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]
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