ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

24-04-11

Qu'est-ce qu'elle dit ?

C'est fou les petites habitudes qu'on a eu du mal à perdre mais dont on se rend compte qu'il faut les reprendre maintenant que Séries du Monde a ouvert ! Notez bien que je ne me plains pas, mais c'est une impression bizarre que de reprendre les choses après trois mois de grève.

En tous cas, voici comme chaque dimanche le récapitulatif de ce qui s'est passé cette semaine dans la rubrique...

Lundi JIN_MEA Démarrage en fanfarre pour JIN
Après quasiment un an et demi d'attente, la série a-t-elle su capter l'attention du public ?
Mardi PaperGiants_MEA Audiences immenses pour géants de papier
C'était l'évènement de ce mois d'avril sur la première chaîne publique australienne : une minisérie historique a captivé le public.

MrYoung_MEA Mr. Young rempile pour une deuxième saison
Renouvelée alors que seuls 7 épisodes ont été diffusés : ça c'est la grande classe !
Mercredi Aibou_MEA Aibou domine le Nikkan Sports Dorama Grand Prix
La série policière ne se contente pas des bonnes audiences, il lui faut aussi des statuettes !
  World En bref : l'actu des télés du monde
Si vous avez la bougeotte, voilà de quoi vous faire voyager un peu...
Jeudi JiYoonPark_4 Oserez-vous mentir à Ji Yoon Park ?
L'ex-chanteuse sera au générique de la comédie romantique de SBS.
Vendredi cbc Des commandes et des renouvellements à la pelle pour CBC
Que prépare la chaîne canadienne pour la saison prochaine ? Un récapitulatif de ses projets s'impose.
  NHK NHK s'intéresse au harcèlement scolaire
La chaîne publique prépare l'adaptation d'un roman particulièrement populaire auprès des jeunes.
  JIN_MEA Audiences japonaises : heureuses retrouvailles
Ce sont, à quelques exceptions près, des séries faisant leur grand retour qui ont le plus attiré de spectateurs ces deux dernières semaines...
Samedi Gullruten Gullruten 2011 : les nominations !
Les récompenses de la télévision norvégienne se tiendront le mois prochain.

Cette semaine, on aura donc voyagé en Australie, au Canada, en Chine, en Corée du Sud, en Espagne, en Israël, au Japon, en Norvège et en Suisse. Pas mal pour une "première" semaine !

Avec l'officialisation des choses qu'est la rubrique, j'essaye d'améliorer les formulations des news, et notamment les news récurrentes comme les audiences asiatiques (puisque désormais les audiences japonaises sont calquées sur le modèle des audiences coréennes) et les "en bref" (avec l'ajout de petits drapeaux devant chaque brève, par exemple).
Si vous avez la moindre suggestion pour qu'elles vous soient plus agréables, n'hésitez pas, c'est aussi à ça que sert ce petit point hebdo, non seulement à faire de l'autopromo mais aussi à avoir vos retours, non sur les news elles-mêmes (pour ça vous pouvez commenter sur place) mais sur leur forme et toute cette sorte de choses... Je suis toutes ouïes !

Posté par ladyteruki à 21:00 - Love Actuality - Permalien [#]

Parlez-moi de mort, redites-moi des choses tendres...

Ne partez pas sans avoir résolu ce qui vous fait fuir. Vous seriez contraints d'une façon ou d'une autre à revenir.

Combien de fois avons-nous entendu ce refrain ? Et combien de personnages ont dû admettre qu'il fallait rentrer à la maison pour mieux la quitter ? De Six Feet Under à, plus récemment, Koselig Med Peis, on découvre régulièrement dans les séries qu'il ne sert à rien de quitter le foyer familial, on finit toujours par y revenir.
East of Everything ne fait pas exception.

Pourtant il y a dans ce pilote une telle grâce, et une telle gravité, employées à remonter le chemin des souvenirs, que je mets au défi quiconque regardera les première minutes de n'avoir pas le coeur à la fois serré et exalté devant ce qui se dégage de la série.

Art Watkins s'est enfui, lui aussi. Sans doute plus loin que tous les autres personnages qui l'ont précédé ou suivi : il n'a pas simplement quitté Broken Bay, il a carrément quitté l'Australie, et parcourt le monde en quête d'endroits fabuleux dont il pourrait faire des guides de voyage. Alors bien-sûr, plus l'homme va loin, plus on peut se demander ce qu'il fuit. C'est lorsqu'il reçoit un message de son frère Vance, lui apprenant que leur mère Nancy est sur le point de décéder de son cancer ; malheureusement, à l'aéroport, sur le chemin du retour, il reçoit un second message lui indiquant qu'il est trop tard. Retournant dans le petit patelin de Broken Bay pour les obsèques, il va, nécessairement, devoir faire face à tout ce qu'il a laissé sur place : son frère Vance, bien-sûr, amer au possible d'avoir dû s'occuper de Nancy pendant qu'Art voyageait Dieu sait où, mais aussi son premier amour, Eve, et même son fils qu'il n'a pas vu depuis 10 ans, Josh. Oui, 10 ans. Il a couru loin, et il a couru longtemps, aussi, notre Art. Et tout ce petit monde, ce sont des gens avec qui il y a beaucoup de choses laissées en suspens...

EastofEverything
Mais le moment n'est pas seulement aux retrouvailles. Car la propriété de Nancy, une ex-hippie qui, d'après les propres termes d'Art, ne s'est jamais consolée de la fin des 70s, a l'air abandonnée, mais c'est un énorme terrain qui pourrait aussi être valorisé en un magnifique et lucratif projet immobilier. Quelque chose qui n'a pas échappé à Melanie, la fiancée de Vance qui, bien que fasciné par le bouddhisme et la musique indienne, n'est pas une hippie, elle, mais un agent immobilier avec de la suite dans les idées. Et l'héritage de Vance, elle compte bien dessus. Sauf que ça ne va pas exactement se passer comme prévu parce que Nancy n'a pas légué la propriété à Vance, comme ce dernier le pensait, mais bien à ses deux fils...

Non, sur le papier, East of Everything n'a donc rien inventé. Pourtant il se dégage quelque chose de très particulier de la série, peut-être parce qu'on sent le côté un peu hippie, et que la maison familiale est une espèce de taudis plein d'arc-en-ciels et d'objets en macramé, ou peut-être parce que, derrière tout ça, on sent une certaine spiritualité. La scène de l'aéroport est certainement ce qui déclenche cette impression, mais elle est persistante, notamment parce que le cadre de Broken Bay est absolument paradisiaque, au coeur d'une forêt tropicale et à quelques pas d'une plage de sable fin, la famille Watkins va régler ses comptes tout en profitant d'une nature verdoyante qui a quelque chose de réconfortant.

Au retour aux sources d'Art, et aux enjeux sur l'héritage (traités de façon extrêmement plus subtile qu'anticipé), s'ajoutent les intrigues secondaires de deux personnages, en apparence déconnectés de la vie des Watkins, mais qu'on va apprendre à connaître et dont on va également apprécier la quête initiatique pour se trouver, puisque c'est de cela qu'il s'agit naturellement.

Avec ses ondées et sa nature pleine de fraîcheur rassurante, East of Everything raconte bel et bien comment des personnages torturés vont trouver la paix, enfin, avec leurs proches et donc avec eux-mêmes. Il y est pas mal question de mort (pas seulement à cause de Nancy) et pourtant l'espoir n'a pas disparu.
East of Everything n'a donc rien inventé, certainement pas. Mais elle a su se mettre en images avec à la fois une grande émotion et une rugosité toute australienne, sans en faire des tonnes. East of Everything, ça fait du bien là où ça fait mal.
Donc pour répondre à votre question, oui, je cagoule le deuxième épisode pendant que nous parlons.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche East of Everything de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:38 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]