ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

30-09-10

Cours toujours

Vous avez déjà lu l'avis du reste de la planète sur cette série, mais bon, ya que 24h dans une journée (dont 10 passées à devoir faire autre chose que téléphager), donc voilà, le pilote de Running Wilde, je vous en parle que maintenant. J'aurais pu en parler quand je l'ai regardée, j'aurais pu en parler en voyant que le 2e épisode avait été diffusé, j'aurais pu... mais j'avais tellement mieux à faire. J'aime à penser que vous aussi.
Mais il faut, quand même, à un moment, qu'on aborde Running Wilde, en dépit de cette accroche peu enthousiasmante (parce que peu enthousiasmée). Parce que c'est intéressant de se pencher sur le problème de la comédie en single camera qui devrait me plaire, et qui échoue lamentablement. Essayons de comprends où ça pèche.

CoursToujours

Tout commence avec une petite fille qui nous explique que -BAM ! Déjà, premier indicent de parcours : la voix-off, j'en peux plus. Je propose que pour les 2 prochaines saisons au moins, quelqu'un, je sais pas qui, mais ce sera notre sauveur, impose à toutes les séries d'interdire la voix off, et puisqu'on est là, le flashback, le split screen et le flashforward, comme ça on est peinards. Juste histoire de forcer les scénaristes à renouveler un peu leurs méthodes narratives. Comment ça, "personne peut imposer ça" ? Il y a bien une loi qui oblige à un quota de 80% de séries policières, scrupuleusement appliquée par les chaînes chaque saison, alors pourquoi pas une loi dans le bon sens, pour changer ? Ah, on me dit dans mon oreillette que c'est pas la peur du gendarme qui en est la cause, c'est la peur tout court, au temps pour moi.

A la suite de quoi on fait la rencontre de notre grand méchant, Gru. Non c'est ptet pas ça. Mais c'est la même idée : un méchant d'opérette, avec un ego immense mais un pouvoir de nuisance tout petit, et une grande instabilité émotionnelle au milieu. Ce sera lui notre héros, ou du moins, ce qui s'en rapprochera le plus. Malheureusement, tout le mal qu'Arnett se donne ostensiblement pour donner du panache à son personnage n'atténue pas le fait que, deuxième erreur, il n'est pas vraiment drôle, juste pathétique.

Mais surtout, la troisième bévue, et la pire à mon sens, c'est qu'on choisit les plus mauvais moyens possibles pour nous raconter cette histoire de cohabitation entre un riche égocentrique et une idéaliste green. On a l'impression que les scénaristes cherchent à tout prix à les mettre à la colle, en vue de leurs intrigues futures, mais qu'ils n'ont qu'une très vague idée du pourquoi et du comment.

Devant l'épisode, je n'ai pas pu m'empêcher d'imaginer comment l'entretien final pour vendre la série s'est déroulé face aux responsables de la chaîne :
"Alors, lui, c'est un riche complètement nombriliste qui vit avec une moins riche qui veut changer le monde, ils s'aiment mais ne veulent pas l'admettre. Et surtout, ils sont tout le contraire l'un de l'autre ! Et ça parle d'écologie, en plus, c'est à la mode.
- Hin hin. Bien bien bien. Pourquoi pas. Mais dites-moi, pourquoi ils vivent ensemble ?
- Aha ! Alors ça ! Aha ! Vous allez voir, hein ! On a plein d'idées, c'est original comme tout ! Ha ha ha".
Et pendant ce temps le scénariste devait être en train de texter son épouse "TTU : pkoi on sé mi a habiT ens ?", ce à quoi elle répondit "Kids" ; coup de génie. L'affaire fut conclue. Entre parenthèses, attendons de voir qui est le père de la petite. Je suis pas hyper douée en mathématiques, mais à mon avis ça se tient.

Running Wilde possède un pilote faible, et c'est un euphémisme Mais j'ai envie de dire que c'est justement parce que c'est le pilote Que nos deux personnages se mettent à la colle pour de mauvaises raisons (ou plus précisément, sans vraiment de raison), c'est pas bien grave si la cohabitation est vraiment drôle. Mais j'aime autant vous prévenir : je vais pas me forcer à regarder le deuxième épisode dans un temps record (contrairement à celui de Raising Hope, vu à 1h30 ce matin parce que j'avais pas pu me bloquer du temps pour le faire plus tôt, et qu'il était hors de question que je ne le voie pas avant d'aller dormir), et s'il n'est PAS drôle, ça va pas faire un pli, je mets Running Wilde au rebut. Définitivement.

Non bon allez, d'accord : au recyclage. C'est quoi la couleur du container pour les séries ratées, déjà ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Running Wilde de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:17 - Review vers le futur - Permalien [#]

In memoriam

L'air de rien, Lone Star, c'est fini, mais ça n'empêche pas de repenser à ce que signifie cette annulation, en général bien-sûr, mais aussi dans le cas particulier de chaque téléphage. Car chacun y réagit différemment, comme à toute annulation, mais de façon exacerbée vu les circonstances. Même ceux qui s'en foutent ont l'air d'y mettre plus d'entrain qu'à l'ordinaire !

Alors que j'avais l'impression d'avoir fait le point, d'avoir pris de la distance hier, et d'être "passée à autre chose", je suis tombée sur le post de Fabien, sur Critictoo. Sur certains points, je le comprends, bien que ne partageant de toute évidence pas son avis ; et sur certains je comprends la logique, à plus forte raison parce que moi-même je ne suis pas partisane de laisser des plombes à une série pour s'améliorer ! Mais il ya un point qui m'a quand même relancée dans mes réflexions post-annulation de Lone Star :

Memories

Bah écoute, moi, au moins, et certainement pas que. Et je ne me considère vraiment pas comme ayant de la mémoire (ne me demandez pas ce que j'ai mangé hier ; si, en fait ça c'est facile parce que je mange toujours la même chose. Ptet que c'est parce que j'ai oublié que j'en ai déjà mangé la veille ? Bref.), je considère simplement que c'est pas parce qu'une série est annulée qu'elle doit pour autant être oubliée.
Alors oui, ces séries citées n'ont pas eu le succès (vraiment pas !) de certaines autres annulées également. Et ne le méritaient pas forcément de toute façon (comme le souligne l'adjectif accolé à Do Not Disturb). Et alors ? On n'est pas des poissons rouges ! On n'est pas forcés d'oublier une série simplement parce qu'elle n'a pas fait ses preuves, quelle qu'en ait été la raison. Et je suis à peu près sûre qu'on peut trouver pour chacune des gens qui ont aimé (j'ai au moins un nom à l'esprit pour Viva Laughlin...).

Je me rappelle d'Emily Reasons Why Not. J'avais vu le pilote vite fait, il ne m'avait guère convaincue, je n'aime pas Heather Graham en plus, mais je me souviens l'avoir vu, bien-sûr. Il y a un ou deux ans j'ai eu envie de le revoir, pour comparer (mes fameux revisionnages). Je ne sais plus pourquoi le projet n'a pas vraiment abouti, mais finalement ça ne s'est pas fait. Toujours est-il que, voilà un peu plus d'un an, j'ai utilisé le titre de cette série pour nommer l'une de mes catégories. C'est une histoire téléphagique parmi des millions d'autres, car cette série n'a pas compté pour moi. Mais comment oublier ? Ce sont 20 minutes de ma vie, vous avez 20 minutes de votre vie que vous avez effacées de votre mémoire, vous ? Je ne dis pas que je suis capable de dire quel jour j'ai regardé le pilote de cette série, et je ne suis pas capable de vous fredonner la chanson du générique (à la réflexion il n'y en avait probablement même pas), mais enfin, je me souviens l'avoir vue.

Puisqu'on parle de générique, oui, je me souviens de Happy Hour. Sur mon disque dur qui est passé de vie à trépas par une nuit d'avril que je n'oublierai jamais, j'avais le générique et je l'écoutais régulièrement, d'abord parce qu'il faisait partie de ma playlist de génériques, et ensuite parce qu'il était plutôt classe. Aujourd'hui je ne l'ai plus, mais tant pis. Et pourtant je ne suis même pas sûre d'avoir vu le pilote, pour le coup. Je me souvenais de Wonderland avant même de l'avoir vue, par son générique saisissant de beauté, par exemple.
Car c'est assez incroyable : on n'a pas besoin d'avoir vu une série pour la connaître au moins un peu.

Pendant des années, j'entendais parler de Firefly. La série a été annulée en 2002 dans des conditions sur lesquelles je ne suis même pas certaine qu'il soit nécessaire de rappeler tant la culture téléphage les porte comme une cicatrice ; il y a des séries qu'en tant que conscience collective, nous avons continué à faire vivre. Firefly était-elle une bonne série ? Quand j'ai fini par la découvrir en 2005 ou 2006, je vais vous dire : elle n'était pas aussi bonne que ce qu'on m'en avait dit. Mais elle avait du potentiel, il lui aurait fallu du temps pour s'améliorer, avant de pouvoir devenir une excellente série. Alors, la critique ne fait pas le succès d'une série ? Certes, mais quand je vous parle de Firefly, vous savez de quoi je cause. Et très sincèrement, si la série n'avait pas été de Whedon, aujourd'hui elle figurerait parmi la liste des oubliées-parmi-tant-d'autres de Fabien.

Nous entretenons le souvenir de certaines séries et pas d'autres. Les sites d'information et les blogs en sont en grande partie responsables : cela commence dés la rédaction de news. Personne ne vous parle de certaines séries au point que vous n'êtes même pas sûrs qu'elles soient encore à l'antenne, mais d'autres, on fera des news tous les quatre matins ; problème constaté à plusieurs occasions pour des séries à longévité équivalente... Peu de news sur Medium, apparue la même année que Bones ou le revival de Doctor Who. Drop Dead Diva, on n'en parle que quand elle est renouvelée, on se tamponne le coquillard de ses guests ou ses audiences (je ne sais même pas si ce dernier point a de l'intérêt, je me contente de constater), quand n'importe qui est capable de vous parler de Flash Forward quand il s'agit de faire des parallèles avec The Event.
Nous avons une mémoire sélective, mais elle est aussi largement dirigée par les médias téléphagiques que nous consultons. Je suis prête à parier que les lecteurs réguliers de ladytelephagy ont entendu parler de certaines séries que Fabien jugerait tout-à-fait oubliables. Et elles le sont sans doute. Pour autant quand je vous parle de Rude Awakening, vous finissez par vous en souvenir (le contraire serait un comble :P ), et le post d'hier, avec ses tags et ses liens, prouve que j'ai parlé de plusieurs des séries qui ont été les premières à être annulées. Les lecteurs de Critictoo voient aussi défiler des noms de séries annulées pour lesquelles je n'ai qu'un souvenir vague, d'ailleurs.
Si ceux qui écrivent sur les sites spécialisés sur les séries ne font pas l'effort de la culture téléphagique, s'ils se contentent de jouer les blogs à review de luxe, que font-ils ? Ils consomment et éventuellement poussent à la consommation, c'est tout. C'est tellement dommage ! Et je sais que l'équipe de Critictoo veut souvent faire bien plus, alors pourquoi diminuer Lone Star au seul prétexte qu'elle est annulée et que ça veut bien dire qu'il faut aller de l'avant ? Nous ne le faisons pas toujours, et quand nous le faisons, ce n'est d'ailleurs pas toujours pour les bonnes raisons.

Qui se souviendra de Gravity dans quelques années ? Moi. Peut-être juste moi. Pendant que mon voisin se souviendra de Dante's Cove et qu'un autre gardera la nostalgie de la poignée d'épisodes de Studio 60 on the Sunset Strip. Cela n'ôte ni n'ajoute rien aux qualités de ces séries. Mais c'est plus sincère d'admettre que l'affectif joue son rôle dans notre effort de mémoire, en plus du conditionnement de certains sites et/ou rédacteurs qui choisissent également leurs sujets à l'affectif ou selon des paramètres moins louables. Je préfèrerais que Fabien explique honnêtement que la série ne l'a pas conquis et qu'il ne va pas la pleurer. Ça me semblerait moins contradictoire avec la mission-même du site sur lequel il passe une énergie considérable à parler même de séries qui semblent oubliables à d'autres.

Quand je lis ça, j'ai pas envie de tourner la page sur quoi que ce soit. Quand je lis ça, j'ai envie de parler de séries oubliées. Peut-être même créer une rubrique, tiens ! Aujourd'hui, tiens, je sais pas... si on parlait de 3 Lbs. ? Qui se souvient de 3 Lbs. ? Pas grand'monde.
C'est pas une raison.

3LBS

Posté par ladyteruki à 16:47 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

Qu'est-ce qu'on attend ?

Il parait que M6 a mis en place une nouvelle offre VOD, qui me semblerait intéressante si elle ne proposait pas que de la nouveauté US. C'est très bien pour les autres mais ça ne fonctionne pas pour mes propres attentes : si je dois signer pour de la VOD, c'est à la condition, soit que j'aie accès à des séries datant d'il y a quelques années et n'étant plus diffusées (une proposition qui, en prime, allègerait les rediffusions sur la chaîne elle-même) offrant un certain côté "rareté", soit que j'aie accès à des séries de nationalités plus diverses. Si c'était possible, l'un ou l'autre, je serais partante, sinon, non. C'est comme ça. Le jour où quelqu'un se décidera à inclure dans son offre VOD de vieux épisodes de séries qu'on a loupées il y a 5 ou 10 ans, en plus du reste, là ça me semblera intéressant. Le jour où parmi les blockbusters (ou futurs blockbusters), on trouvera des épisodes de, je sais pas moi, on va dire Capadocia, là on pourra discuter, et même à la limite, je ne discuterai pas. Mais en attendant cette offre ne me concerne pas.

Toujours est-il qu'à présent, il est possible pour les petits spectateurs français qui ont 10 malheureux euros en poche chaque mois (parce que je reconnais que financièrement ça vaut le coup), il y a une possibilité de regarder The Good Wife en VOST, ce qui ne peut pas faire de mal.

Florrick

J'y repensais ce matin en me brossant les dents (une association d'idées avec le miroir de la salle de bains, certainement), en me disant : mais, attendez... M6 a les droits pour The Good Wife. Oui, je suis pas trop les acquisitions de chaque chaîne, je suis bien obligée de le reconnaître. Donc M6 a les droits de The Good Wife, elle propose la deuxième saison en VOST... bien, mais la première ? Sans fausse hypocrisie, reconnaissons que la plupart d'entre nous connait The Good Wife par la cagoule. Mais quand même, ce serait sans doute mieux pour M6 de fidéliser son public en diffusant la première saison, un jour, non ?

L'avantage de passer le nez dans les grilles des chaînes étrangères, c'est qu'il y a pas 10 jours, je regardais justement dans quels pays certaines séries étaient diffusées. Quand l'Australie ou le Canada diffusent en quasi-simultané avec les USA, je ne me formalise pas : ce sont des pays anglophones, après tout ; même chose pour l'Afrique du Sud où je ne me suis pas étonnée de voir des articles et pubs sur The Event tout l'été.
Quand je vois que de nombreux autres pays sont tout aussi réactifs... là ça commence à me chatouiller.

Alors puisqu'on parle de The Good Wife, permettez que je fasse un petit récapitulatif de la question. Gardant à l'esprit que la série a commencé à être diffusée sur CBS le 22 septembre 2009, voilà comment la série s'est propagée :
- Canada (anglophone) : 22 septembre 2009
- Amérique latine (espagnol) : 9 novembre 2009
- Brésil : 30 novembre 2009
- Singapour : Janvier 2010
- Thaïlande : Janvier 2010
- Pays-Bas : 1er janvier 2010
- Espagne : 7 janvier 2010
- Arabie Saoudite : 19 janvier 2010
- Pologne : 20 janvier 2010
- Turquie : 22 janvier 2010
- Hongrie : 24 janvier 2010
- Grande-Bretagne : 25 janvier 2010
- Afrique du Sud : Février 2010
- Australie : Février 2010
- Nouvelle-Zélande : Février 2010
- Italie : 3 mars 2010
- Norvège : 10 mars 2010
- Irlande : 15 mars 2010
- Allemagne : 31 mars 2010
- Suède : 13 avril 2010
- Hong Kong : 22 avril 2010
- Finlande : 31 mai 2010
- Philippines : 8 juillet 2010
- Slovaquie : 22 août 2010
- Canada (francophone) : 1er septembre 2010
- Taiwan : 1er septembre 2010
- Portugal : 14 septembre 2010
- Japon : 5 octobre 2010

Ma question : on va s'y mettre quand, en vrai ? "Prochainement", comme d'hab ?
Vous ne saviez même pas qu'il y avait une offre série dans les Philippines, et maintenant vous vous apercevez que les mecs, ils ont vu The Good Wife avant nous, ça vous met pas les boules ? Moi, un peu. Et je cagoule, pourtant.

Ce n'est pas un cas particulier, croyez-moi : le nombre de fois où je vois des nouveautés entamées plusieurs mois, parfois un an avant la France, dans des pays que vous suspecteriez a priori de n'y être que modérément ouverts à la culture téléphagique si vous n'aviez pas pris l'habitude de soupçonner qu'il y a des trucs sur les télévisions étrangères (pour reprendre l'exemple de The Good Wife, en Turquie, c'est intéressant, j'aimerais lire des avis de la presse et/ou du public pour voir), ça me fait souvent pester. Sur les grilles japonaises (essentiellement câble), ça me fait fulminer à intervalles réguliers, d'ailleurs ; par contre je reconnais qu'au Japon, les séries arrivent vite mais les saisons arrivent souvent lentement, ce qui fait qu'une série arrive au Japon avant qu'elle n'arrive chez nous, mais sa diffusion est ensuite plus étendue (je crois tout simplement que le système de saison n'est pas adapté au mode de consommation télévisuelle japonais, mais j'ai pas encore creusé la question au point de vous le soutenir mordicus).

Alors M6 me fait quand même doucement rigoler avec son offre. C'est parfait pour Blue Bloods, par exemple (ah oui, faut qu'on en parle de cette série... je suis loin d'avoir fait le tour des pilotes que j'ai vus, on dirait), mais pour The Good Wife c'est un aveu d'échec, à mes yeux.

Posté par ladyteruki à 14:31 - Point Unpleasant - Permalien [#]


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