ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

28-09-10

La une est à VOUS

Ah, curiosité chérie !!!
...Ne prenez pas peur. Je ne vais pas une fois de plus vous dire combien il est bon d'être curieux, combien il est agréable de faire des découvertes, combien il est important de regarder plus loin que le bout de sa télécommande, et je ne vais pas vous recommander une fois de plus une série venue d'un pays que vous ne saviez même pas situer sur une carte voilà 10 minutes.
Pas aujourd'hui en tous cas.

Non, aujourd'hui, c'est vous qui allez me rendre curieuse. Oui, vous là, pas votre voisin, pas le lecteur qui passera après vous, VOUS. Car si j'essaye souvent de vous dire ce que moi j'ai pensé d'un pilote, ou d'une série, ou parfois d'un film quand mon emploi du temps le permet, ce qui ressemble un peu à une façon de vous le "vendre" notamment quand j'ai aimé, je me suis dit que vous pourriez en faire autant, me renvoyer l'ascenseur en quelque sorte.

Voici donc l'ouverture d'une nouvelle rubrique destinée entièrement à cet objectif : c'est vous (pas le chat, pas le cousin germain de la concierge, VOUS) qui allez me dire si je dois ou non regarder le pilote d'une série donnée. Car en tant que pilotovore, et parce que je suis convaincue que c'est par là que tout visionnage d'une série devrait commencer, c'est tout naturellement ce que j'ai envie de proposer.

Dans la rubrique La une est à VOUS, je vous nommerai donc une série dont je sais que je peux voir le pilote par un moyen plus ou moins hadopien, avec mes appréhensions et mes attentes, et ce sera à vous de me dire si c'est une bonne idée ou pas. C'est un peu votre réponse à la rubrique lady's reasons why not, en espérant qu'une fois de temps en temps j'aie quand même des réponses m'encourageant à regarder un pilote, et pas juste des raisons de m'en décourager !

Traditionnellement, ce post d'introduction d'une nouvelle rubrique ne sert à rien d'autre mais est un peu plus long. Exceptionnellement, comme c'est vous qui allez faire tout l'intérêt de cette rubrique, pas la peine que j'essaye de vous vendre le truc, puisque c'est au contraire vous qui allez me convaincre !
Donc : premier post de La une est à VOUS, dans un instant.

Posté par ladyteruki à 23:46 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

Jardins secrets

L'enfance à la télévision. Image d'Épinal qui s'impose immédiatement à moi de l'enfant d'une dizaine d'années qui fait des conneries pas trop graves, comme aller se battre à la récré ou casser le vase de tante Hilda, et qui à la fin, va se faire à la fois gronder et câliner par ses parents. Je sais, j'ai une vision étrange de l'enfance à la télévision, elle est censée représenter un idéal d'enfance qui n'existe certainement plus que dans quelques endroits reculés de nos propres contrées...
Je pense que c'est à rapprocher de mon problème avec les séries pour adolescents : il y a un décalage entre ce que devrait être un ado à mon sens (quelque chose dans le genre de l'ado que j'ai été, mais en mieux, et élevé dans un environnement plus sain) et les ados qu'on voit en général à la télévision. Je suis une vieille peau, on l'a déjà établi, non ?

Et pourtant, des séries comme ça, il s'avère que non seulement il y en a eu (j'en regardais quand j'étais dans le public-cible, puis quand ma sœur a été dans le public-cible et qu'il n'y avait qu'une télévision à la maison), mais qu'en plus il y en a encore. Quelque part sur la planète, j'ai trouvé une série qui ne cherche pas à abrutir le public des 10-12 ans comme peut le faire avec une dextérité sans cesse surprenante une série comme Hannah Montana, mais bien une série parlant d'enfance, telle qu'elle est, ou telle qu'elle devrait encore être, avec un petit supplément d'âme et une intelligence sans se la jouer barbante.

MyPlace

Le premier épisode de My Place est donc l'occasion pour Laura de faire une bêtise qui n'a l'air de rien, de s'en mordre les doigts et de finir par grandir juste un tout petit peu suite à cette expérience. C'est tout. Pas de grande leçon, et pas de grand spectacle, mais un juste équilibre entre le réalisme et la fiction.

Quand j'ai découvert l'existence de My Place, je vous avoue que j'en ai presque pleuré. En tous cas les larmes me sont montées aux yeux car j'ai immédiatement aimé son concept : chaque épisode correspond à un personnage vivant près d'un figuier, chacun y vivant pendant une décennie différente. Faites le calcul : la première saison compte 13 épisodes. 130 ans !
L'occasion de faire des portraits d'enfants (car c'est avant tout ça l'idée) dans des époques différentes, et donc avec des variations dans la culture. On se doute bien que Laura, l'héroïne du premier épisode (en 2008) ne vit pas dans le même contexte, avec la même éducation, avec la même liberté que Victoria (en 1888). C'est ce qui rend ce défilé de personnages si intéressant.

Mais l'expérience n'est pas encore tout-à-fait complète tant qu'on n'a pas été faire un tour sur le site internet de la série. Les différents sites sur lesquels j'avais entendu parler de My Place le présentaient comme un outil "interactif" employé même par les parents et les professeurs. Oui, comme vous dites : aïe. Un site interactif, c'est une appellation qui regroupe tout et n'importe quoi, plus souvent n'importe quoi que tout, d'ailleurs, et on a appris à s'en méfier. J'y suis allée après avoir vu le pilote (alors que j'aurais pu procéder dans l'autre sens), relativement perplexe. Quelle n'a pas été ma surprise : on peut entrer dans l'univers de chaque enfant et donc de chaque décennie, avec un luxe de détail que j'avais rarement vu sur un site internet. Chaque enfant est l'occasion (je comprends mieux l'aspect pédagogique, du coup) de découvrir une petite anecdote sur ce que c'était de vivre à son époque : ainsi, pour Victoria, on peut découvrir l'histoire des maisons de poupées, et apprendre si on l'ignorait que ce n'étaient pas des jouets pour enfants mais des décorations pour les adultes. Ça n'a l'air de rien, mais ce genre de précisions donne une profondeur incroyable à l'univers de la série ! Plus classique, la page du figuier permet de replacer l'enfant dans son entourage ; mais l'ensemble présente une telle cohérence qu'on ne peut qu'être épaté par la portée de la chose.

Mission pleinement accomplie pour My Place : si elle voulait être une série tendre de portraits réalistes, c'est réussi, et si elle voulait se montrer pédagogique, l'objectif est parfaitement atteint sitôt qu'on le complète d'une visite du site. J'ajoute donc My Place à la liste des séries à montrer à d'éventuels rejetons sans assommer leur glorieux géniteur s'il s'aventurait à regarder aussi. Et je m'excuse humblement de ne vous en parler qu'une semaine après l'avoir découverte, quand vous auriez pu passer ce temps avec nous, sous le figuier. Si j'avais le temps, je regarderais presque la série jusqu'au bout, dites donc.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche My Place de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:12 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

Please hold the line

Outsourced

Quand j'ai entendu parler d'Outsourced pour la première fois, mon réflexe a instinctivement été de penser à Mumbai Calling. Du coup, difficile pour moi de regarder ce pilote sans chercher des comparaisons... qui ne sont d'ailleurs pas forcément toutes de circonstance, en fait.
Bien-sûr, le pitch est le même : un petit blanc est envoyé en Inde afin d'y diriger un call-center. Le début d'un enfer professionnel, imagine-t-on. On est dans des comédies après tout.

Allez, je commence par la bonne ou la mauvaise nouvelle ? Les deux gros défauts d'Outsourced, disons-le franchement, c'est d'abord le peu de cas que la série fait de son personnage central, le fameux petit blanc de service. Il n'est pas intéressant (c'est encore une fois le bon petit gars sans consistance qui sert de repère sur la "normalité", comme tant de comédies aiment à en placer un au centre de leur galerie de portraits pour donner une chance au spectateur de s'identifier à quelqu'un dans ce monde de fous)) ; et puis, il y a le fait juste un peu dérangeant qu'on se sente obligés de nous balancer deux autres personnages non-Indiens, à savoir un Américain très moyen ("le méchant") et une jolie Australienne ("le love interest"). Ça donne un petit arrière-goût de "ah oui mais une série avec un seul blanc sur un network c'est juste impensable" qui ne me met pas spécialement dans de bonnes dispositions, tant on sent que leur potentiel comique est limité.

Fort heureusement, il y a les autres personnages pour remonter la moyenne, et de loin. C'est l'immense bonne nouvelle. Chacun a ses bizarreries, son caractère, mais un point commun : ils sont à la fois un stéréotype et une occasion d'aller au-delà. Ce qui pour un pilote de comédie de 20mn, est quand même pas mal ! De l'assistant manager obséquieux et servile (mais qui gagnerait tout autant à ce que son patron échoue que s'il ne réussissait sa mission) à ma pauvrette timide et prude (qui se découvre pourtant un don pour la vente en ligne), en passant par le petit jeune influençable (pourtant capable de devenir le plus Américain de tous les Indiens), chacun a de la ressource à revendre, une double-face qui augure de nombreuses surprises. C'est un plaisir de voir le potentiel de tous ces personnages qui vont aller au-delà de leur rôle pour révéler régulièrement, du moins peut-on le penser, des facettes hilarantes car insoupçonnées, et finalement, on a juste envie de dégager les blancs et de voir ce petit monde vendre du vomi en plastique !

C'est d'ailleurs la touche finale qui confine au génie : non seulement nos Indiens ont des trucs à vendre aux Américains qui les appellent, mais en plus les employés du call-center ont pour tâche de vendre les objets les plus inutiles de la planète. On imagine déjà avec quelle délectation (proche de celle qu'on pouvait ressentir pendant la première saison de Better Off Ted) les scénaristes vont chercher les objets les plus tordus et les plus loufoques à mentionner dans la série, tournant gentillement la culture américaine. Avec des dialogues à l'avenant : "souhaitez vous recevoir votre vomi et votre crotte par la poste ?". L'absurdité ouvre la voie à toutes les extravagances !

Avec cet atout inestimable en poche, et l'univers fou (quel que soit le pays) typique d'un call-center, Outsourced a une grande capacité de divertissement. Et d'ailleurs, les USA ne sont pas les premiers à distinguer le potentiel de ce monde professionnel : outre Mumbai Calling en Grande-Bretagne et en Inde, il y avait aussi Call Center no Koibito (quoiqu'un tantinet plus panaché dans le ton employé, certes) au Japon, d'ailleurs les employés de ce dernier n'étaient pas étrangers, ce qui offrait une vision différente des call-centers. A quand une série sur les call-centers en France ? On en a plein, et on en a aussi au Maroc par exemple, on pourrait donc choisir une voie comme l'autre, soit utiliser le call-center comme occasion de voir du pays (et voir le notre de l'extérieur), soit comme prétexte pour se préoccuper de notre société vue de l'intérieur. France, tu as le choix des armes, ce ne sont pas les idées qui manquent, et tu peux même en faire une shortcom si le cœur t'en dit. Mais bon, encore une occasion qu'on va laisser filer, pas vrai ?

Et c'est ainsi que, malgré ses défauts, Outsourced finit par convaincre progressivement. C'est finalement un peu par hasard que j'ai décidé de continuer la série, mais plus j'y pense, plus la perspective m'enchante.

Et pour tous ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Outsourced de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 14:08 - Review vers le futur - Permalien [#]