ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

27-09-10

Attrape-moi si tu peux (et tu peux pas)

Bon, ça y est. Après le premier coup de cœur de la saison, avec Raising Hope, est venu le tout aussi incontournable coup de fatigue de la saison. Celui où vraiment, c'est trop me demander. Un pilote comme celui-là, on a de la chance quand il n'y en a qu'un par saison. Un pilote chiant, limite pourri, franchement ras des pâquerettes, pire qu'Outlaw parce qu'on se sent même pas la force d'aller au bout... que voulez-vous, il en faut un dans la grille. Un pilote que je n'ai pas fini, en dépit de toute ma bonne volonté. Bon, j'ai promis que je testerais tous les pilotes de la rentrée, j'ai pas promis de me les infliger jusqu'au bout lorsqu'ils sont d'une nullité abyssale, non plus. Pas déconner.
Et donc, voilà le criminel (ironiquement) :

TirelaChase
Après Past Life, il y en a qui persistent à ne signer que pour des merdes insondables...

Chase, ça pourrait être une série tolérable s'il n'y en avait pas déjà 30 dans son genre et qu'elle était mieux réalisée et mieux interprétée et que le cast ne donnait pas l'impression d'avoir passé plus de temps dans une salle de sport que dans un cours d'art dramatique.
C'est dire si on est loin de mon seuil de tolérance.

Le problème est donc multiple : d'une part, on a une enquête policière (oh, pardon, ce sont des Marshals), genre épuisé et surtout épuisant au possible. L'angle d'approche aurait pu être original mais il s'y refuse obstinément : lorsqu'on entend des petites phrases du genre la musique qu'écoute un criminel est déterminante pour son profil, on se dit, ah, tiens, essayer de définir par un criminel en cavale par sa culture, c'est intéressant. Mais ce n'était qu'une phrase en l'air, en fait, et une excuse pour aller faire chanter Kelli Giddish devant une mignonnette petite fille. Zut, tant pis, mais heureusement, il reste la réalisation... qui elle-même est chiante au possible. Course-poursuites, séquences au bureau, confrontations avec les témoins voire même le criminel, tout reste le plus basique possible parce que, si on prend des risques, vous comprenez, NBC aura l'impression de n'avoir pas assez copié les recettes de CBS (ah bah, c'est du Bruckheimer, cherchez pas). Allez, fort heureusement il reste un cast solide, avec une Kelli Giddish qui fronce les sourcils d'un air pas commode mieux que jamais, un Cole Hauser au format armoire à glace mais totalement transparent, ou encore un Jesse Metcalfe qui tente de faire se liquéfier les jeunes filles qui ont assez peu de chances d'avoir regardé ce pilote de toute façon, n'étant pas du tout dans la cible.
Merde, attendez... ça veut dire qu'il reste quoi ?

Hm.

Incidemment, beaucoup de ces reproches ont déjà été adressés par mes soins au pilote de Past Life. La dernière fois, j'avais été jusqu'au bout du pilote. Cette fois, après 26 minutes pendant lesquelles j'ai littéralement levé les yeux au ciel dix fois et soupiré douze autres, j'ai arrêté les frais.
Tenez-moi au courant si Chase devient un épatant phénomène planétaire fédérant des audiences de folie autour du globe, hein, mais excusez-moi si je ne retiens pas mon souffle.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Chase de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 13:24 - Review vers le futur - Permalien [#]

Excès de vitesse

Alors ça, c'est un flagrant délit ou je ne m'y connais pas. Ah non, vous n'allez pas y couper mon bon Monsieur, je vais être obligée de vous mettre à l'amende. Et hop : excès de vitesse, et n'insistez pas sans quoi j'ajoute insulte à l'intelligence du spectateur dans la foulée.
The Whole Truth... c'est parce que Speed, c'était déjà pris, comme titre ?

TheWholeTruth

Ça parle vite, la musique est forte, on enfile les scènes à toute allure, ça bouge dans tous les sens, la caméra donne le tournis... le problème c'est que The Whole Truth est une série judiciaire, et qu'on s'attend à ce que le contenu soit plus important que les effets de style. Mais voilà : c'est Bruckheimer qui est au volant et pour une raison qui m'échappe, tout ce qu'il touche doit obéir à un strict cahier des charges stipulant qu'une série ne doit jamais, au grand jamais, entrer dans le détail. Toujours dans le superficiel, toujours à la va-vite.

Pour les idées, on repassera, il n'y en a pas. Pour l'émotion il y a le strict minimum : grand bazar d'émotions où l'épouse du prévenu a le cancer (mais non la présence de Maura Tierney dans cette série ne rend pas la chose de mauvais goût, mais non), où un jeune assistant du procureur fait ses débuts, où une avocate ambitieuse tente de s'imposer dans le procès, où les avocats des deux parties flirtent gentillement... mais où personne n'a le temps de développer quoi que ce soit. On est dans une série Bruckheimer après tout, il faut que ça pète, il faut que ça claque, il faut qu'en permanence il y ait du mouvement, et si au passage on doit brader le cœur-même du genre auquel on s'est attelé, c'est pas grave !

Je voue un quasi-culte aux séries judiciaires. Je les préfère, et de loin, aux séries policières ; c'est l'un des rares genres capables de me réconcilier avec le policier, d'ailleurs (les Law & Order en témoignent). Et vous savez pourquoi ? Parce qu'une série qui se déroule dans un tribunal pour tout ou partie de son intrigue a l'obligation d'être intelligente. Elle ne peut pas faire autrement. Quel que soit son angle d'approche, elle y est contrainte de par le genre auquel elle se frotte. Ça peut être une comédie romantique (Ally McBeal l'était), ça peut être une radiographie d'un pays (Boston Justice l'était), ça peut être une plongée dans les entrailles du doute humain (The Practice l'était), ça peut être un drame où la loi est à la fois un poids et une porte de sortie (c'est ce qu'est The Good Wife), mais l'intelligence est comprise dans le package, on ne peut faire sans. C'est à prendre ou à laisser. On ne peut pas faire semblant de s'appuyer sur un aspect légal pour faire de l'entertainment tout bête, pas sans y laisser sa crédibilité au vestiaire.

The Whole Truth veut vous mettre en haleine : vous ne savez pas quelle est la vérité avant la toute dernière scène. C'est apparemment ça, son accroche. La série veut vous montrer les deux côtés d'un procès, les deux faces d'une même affaire, l'accusation et la défense, et veut vous laisser dans le suspense par son rythme effréné, ses revirements inévitables de situation, ses torrents de paroles débitées plus vite que dans un épisode de Gilmore Girls passé en vitesse accélérée. C'est son truc.

Mais pourquoi le fait-elle ?
C'est ça le problème.

C'est qu'elle ne le fait que pour retenir votre attention jusqu'à la fin de l'épisode. Elle ne vous invite pas à vous faire votre propre opinion : les choses vont trop vite, l'information est trop parcellaire, personne ne prend le temps de la réflexion, et personne ne vous le laisse. Ce n'est pas le but. On ne vous demande pas de connaître la vérité toute entière, on vous promet juste qu'elle se trouvera à la fin de l'épisode, et si on ne vous balance pas cette scène tout de suite, et si on ne vous amène pas à vous faire un avis par vous-même non plus, c'est simplement pour que rien en fasse entrave et ne vienne se mettre entre vous, et les pauses publicités qui vous séparent de la conclusion, pour que vous ayez l'esprit aux aguets, mais certainement pas affuté, certainement pas critique. Ne contestez pas ! Le scénario tient à pas grand'chose, et on ne vous demande pas de le trouver cohérent, juste de vous laisser scotcher jusqu'au bout, laissez-vous faire, installez-vous tranquillement dans le fauteuil du passager, c'est si agréable de sentir le moteur ronfler et la vitesse vous plaquer progressivement contre le dossier !

Parodie de série de Justice ! The Whole Truth n'est qu'un amas de mots et d'images en tous sens, et n'apporte rien ni sur la vérité des affaires traitées, ni sur leur éventuelle portée symbolique... mais qu'est-ce que je raconte ? S'attend-on vraiment à ce que cette série fasse plus que raconter un procès vite fait bien fait ? On ne vous demande même pas de vous identifier à la victime ou à l'accusé, au procureur ou à l'avocat, au riche ou au pauvre, à l'homme ou à la femme. On veut juste que vous cessiez de vouloir conduire pendant 45 minutes, et que vous ayez une brutale envie d'aller acheter un soda dés qu'on sera arrivés !

Allez, c'est bon, prenez votre prune et circulez, ya rien à voir. Des comme vous j'en vois toute la journée, et ça m'énerve toujours autant. Des séries qui croient que, parce qu'elles ont le droit de rouler, elles peuvent tout se permettre. Allez, fichez-moi le camps. J'ai de vrais pilotes à aller regarder. Et que je ne vous y reprenne pas.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Whole Truth de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 01:06 - Review vers le futur - Permalien [#]
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