ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

17-08-10

Des intégrations

A la faveur d'un coup d'ennui, dimanche après-midi (j'ai souvent un méchant coup de blues le dimanche une fois l'article de la semaine posté, je suppose que c'est, toutes proportions gardées, une forme de dépression post-partum), j'ai attrapé le premier DVD qui trainait, et lancé le pilote. Et les deux épisodes suivants. Et me voilà, on est mardi, j'ai déjà vu 5 épisodes, en plus de tout le reste, et mes plannings téléphagiques sont de nouveau tombés à l'eau.
Mais ce qui me frappe devant cette série, c'est la faculté qu'ont certaines personnages de fiction à se réinventer.

C'est une source d'admiration sans fin pour moi : voir un personnage changer de vie et s'intégrer parfaitement dans la nouvelle. Que l'ancienne vie soit un secret ou non ne change rien à mon admiration. Il y a à la télévision des personnages qui peuvent changer de vie sans problème, sur la seule base de leur volonté.

Ah, comme cela parait formidable ! On était quelqu'un, on devient quelqu'un d'autre. Et tout le monde voit cette nouvelle personne sans y trouver à redire. Sans trouver cela étrange. Sans qu'à aucun moment, oui, c'est ça le plus fou, sans qu'à aucun moment la présence de cette nouvelle personne comme incongrue ou étrangère.

L'exemple le plus fou de réinvention constante, suivie de façon systématique d'intégration dans la société, c'est Le Caméléon. C'est même tout le principe : non seulement Jarod a la capacité intellectuelle de prendre une nouvelle identité dans chaque épisode, mais surtout, le reste de la société l'admet immédiatement dans sa nouvelle identité. Personne ne se dit "ah, tiens, il n'est pas tout-à-fait à sa place, ce gars", ou "un médecin confirmé n'aurait jamais dit ça", non, Jarod parvient à chaque fois à donner l'impression d'être à sa place. D'être parfaitement intégré.
Si je peux me permettre, il n'y a bien qu'une série remplie de blancs qui puisse donner l'impression que s'intégrer à la société est si facile...

C'est un rêve que beaucoup formulent, et très peu réalisent : choisir de tout changer, d'abandonner tout ce que l'on est et de se construire une identité à partir de rien, et tout de même parvenir à trouver parfaitement sa place auprès des autres.
Personnellement ça fait 28 ans que j'essaye et je ne suis jamais parvenue à un résultat aussi parfait que celui qu'obtient Jarod toutes les 45 minutes.

Alors depuis trois jours que j'ai repris Mad Men, je suis circonspecte. Don Draper s'est parfaitement inséré. Intégré. Bref il fait parfaitement illusion. Il n'est pas comme eux mais c'est tellement bien imité. Je voudrais tellement que tout le monde le regarde en se disant que ce mec-là n'est pas chez lui ici. Je voudrais tellement que les autres personnages regardent Don Draper comme je le vois, comme un homme qui a réussi à s'inventer une vie. D'où l'homme tient-il ce don qui lui permet d'être un brillant créatif quand ça n'était pas sa première vie ? Où se cachait donc ce talent dans cette vie antérieure ? Comment est-il possible que la seconde vie soit si réussie ?
J'ai une histoire compliquée avec Mad Men qui fait qu'à ma grande honte, je n'étais jamais parvenue aussi loin. Je n'en suis pas fière, d'autant que j'ai aimé la série depuis le premier jour, et les tags vous le confirmeront. Mais aujourd'hui que je regarde la série... je m'aperçois que je suis éperdument jalouse de ce don pour l'intégration.

TwoWorlds

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mad Men de SeriesLive.

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[Day 17] Mini format, grande série

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Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Band of Brothers de SeriesLive.

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Pot de fer VS pot de terre

C'est ça le problème. Une saison commence. Vous regardez des pilotes. Bien-sûr vous êtes plus attiré par certaines séries que par d'autres. Rapidement, parmi les premiers pilotes visionnés, des favoris se détachent, des coups de cœur ont lieu. Il y a quelques déception, bien-sûr, mais à mesure que les semaines passent, vos préférences sont suffisamment marquées pour qu'il n'y ait plus vraiment de place pour d'autres. Votre capacité maximale d'émerveillement semble atteinte. Oh bien entendu, ce n'est que temporaire. Dans un mois ou deux, trois peut-être, il y aura d'autres pilotes, d'autres coups de cœur. Mais pour le moment, on a tout ce qu'il nous faut, merci.
Et c'est pourtant là qu'arrive un pilote. Un pilote de la saison en cours, qui n'avait rien demandé à personne, qui a juste le tort d'arriver après tout le monde.

Gakepucchi no Eri est dans ce cas-là. Je suis à peu près certaine que dans d'autres circonstances, si je n'avais pas déjà été bluffée par Atami no Sousakan et absolument ravie par GOLD, j'aurais trouvé cette série... sympathique. Peut-être même mignonne. Voire éventuellement... non, ç'aurait certainement été tout. Mais c'est déjà bien.

Au lieu de ça, j'ai regardé le pilote de Gakepucchi no Eri en me disant "ouais, bon". J'ai un peu ri et même versé une mini-larmouchette à un moment, mais c'était de façon complaisante, genre "allez, ils ont fait l'effort de ne pas torcher cette scène", ou pire : "je sens bien qu'il faut pleurer, là".
Mais que voulez-vous ? C'est difficile de passer derrière mes coups de cœur de la saison, à plus forte raison si on ne peut pas rivaliser. Tout ce qui est moins bien devient forcément médiocre.

Gakepucchi

Je devrais peut-être redonner une chance à Gakepucchi no Eri plus tard, dans une période creuse par exemple. Parce qu'il y a de bons ingrédients, en dépit de quelques autres qui sont assez classiques ("je réaliserai mon rêve !"). Cette fois, la grande différence avec les séries sur le héros qui veut devenir quelque chose à tout crin, c'est que les obstacles ne semblent pas artificiels : si Eriko a tellement de mal à devenir dessinatrice, ce n'est pas parce que des filles se moquent d'elle, parce que son prof est un connard ou parce qu'elle n'est pas sûre d'avoir ce qu'il faut. C'est parce qu'elle n'a pas d'argent. Et les autres désagréments sont une conséquence de ce manque d'argent, ce qui le rend soudain bien plus réalistes que lorsqu'une série s'échine à dégoter des personnages fondamentalement méchants qui n'ont que ça à faire de s'en prendre au héros pendant une douzaine d'épisodes. Ici, il n'y a pas de gentil et pas de méchant, il y a seulement ceux qui ont un peu d'argent et ceux qui n'en ont pas du tout.

Et j'apprécie de voir (au vu du trailer du 2e épisode, ça va même devenir de plus en plus intéressant) une Eriko désespérée au point d'accepter à peu près n'importe quel boulot pourvu de pouvoir payer son matériel pour les cours. Malgré son ton de comédie et ses personnages un peu caricaturaux, la série s'aventure sur ce terrain comme elle l'avait promis, et ça fait plaisir.

Mais voilà, malgré ces petites choses qui me plaisent, Gakepucchi no Eri a débarqué au mauvais moment, et la seule chance qu'elle ait de se voir consacrer un peu d'attention de ma part, c'est quand mon esprit n'est pas épaté par la bizarrerie d'Atami no Sousakan, par exemple. Je répète ce titre parce que si vous n'avez pas encore vu la série, ça peut vous servir d'aide-mémoire.
Retente ta chance dans quelques semaines, petite. T'as pas les moyens de rivaliser.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Gakepucchi no Eri de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:07 - Dorama Chick - Permalien [#]