ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

15-08-10

[Day 15] Oï

MemeDay_15

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Une Nounou d'Enfer de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

You'll miss me when I'm gone

Si vous avez bonne mémoire, ou que vous avez pris l'habitude de cliquer un peu partout, en vous aidant des catégories et des tags, pour fouiner un peu dans ce qui s'est dit précédemment, vous savez que la mort des personnes célèbres (ou célèbres à mes yeux) exerce sur moi une fascination quelque peu malsaine. C'est ce qui me pousse à poster régulièrement des messages morbides dans la catégorie Point Unpleasant.

Parfois, ça va même plus loin : je me demande comment je réagirai quand telle ou telle personnalité de la télévision sera partie.

Cet été j'ai relu mon bouquin sur Saturday Night Live (oui, seulement 650 pages, je m'ennuyais à me contenter d'écrire un article par semaine pour SeriesLive et m'envoyer l'intégrale de Will & Grace), et j'ai été frappée de voir que cette attitude morbide était partagée. Ça ne m'avait pas frappée à la première lecture, probablement parce que j'étais trop occupée à digérer toutes les autres infos, mais soudain j'ai repéré toutes ces petites mentions du type "qui s'occupera de SNL quand Lorne ne sera plus là ?" ou encore "SNL mourra probablement avec Lorne Michaels, il est le show". Je peux vous confirmer que contrairement à toutes mes croyances, j'espère dorénavant avec ardeur en la vie éternelle.

Il y a des gens, comme ça... quand on réalise qu'ils ne seront plus, ça fait un choc. On se demande un peu à quoi le monde ressemblerait sans eux. Le monde télévisuel, ça va de soi.
Et, alors que globalement je suis attachée à relativement peu d'acteurs, soudain cette perspective est effrayante. Qu'ils soient actifs ou pas actuellement, ces gens me semblent indispensables. Ils font partie de l'écosystème, ils sont intouchables. Ils devraient avoir une dérogation, quelque chose.
Je peux admettre être mortelle, je peux admettre que mes proches le soient (même si franchement ya pas le feu), autant, certaines personnes ne peuvent juste pas se le permettre. Tout justement parce que j'ai besoin de ce qu'elles peuvent m'apporter quand le reste flanche (et il flanchera).

J'ai besoin de Lorne Michaels, j'ai besoin de Dick Wolf, j'ai besoin de... La liste est longue.
Et elle prend parfois un tour surprenant quand je regarde une série et que je me dis : "quand je pense que cet acteur-là est décédé, c'est tellement bizarre de le voir... ça me fera drôle quand tel autre l'aura rejoint". Ce sont peut-être les effets pervers d'un semestre difficile, mais je me retrouve de plus en plus souvent à penser ce genre de choses.

Et le plus terrifiant, c'est que la plupart des noms de cette liste, je ne réaliserai qu'ils n'y figurent que lorsqu'il sera trop tard.

LorneMichaels

Posté par ladyteruki à 18:42 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

Objection

De vous à moi... ça reste entre nous, hein...? Je ne suis pas absolument satisfaite de mon dernier article en date sur SeriesLive. La raison ? C'est extrêmement frustrant pour moi d'avoir si peu accès à des séries et d'en parler tout de même. J'ai vu quelques petits bouts sur le Mal, c'est sûr, mais ça ne compense pas. Heureusement, j'ai Epitafios sur le feu pour compenser, normalement c'est mon programme de l'après-midi même, mais je suis bien obligée de reconnaître que ma connaissance de la telenovela est extrêmement limitée.

Argentine_Premiertango
Premier tango à Paris : la télévision argentine pour les nuls

Et c'est d'autant plus rageant que j'ai apparemment eu la bonne idée de naître dans un des rares pays où la telenovela ne prend pas. Si-si, j'ai bien remarqué qu'il en passait quelques unes ici et là (jamais quand je peux les voir, hélas, et je n'ai plus de matériel pour enregistrer depuis bien longtemps), mais d'une part elles ne sont pas argentines pour autant, et surtout elles reste nichées sur des chaînes qui font que franchement, c'est n'importe quoi.

Pourquoi la France passe-t-elle à côté de la déferlante des telenovelas ? C'est une excellente question à laquelle je ne vois pas de réponse, là, tout de suite. Les Français consomment pourtant des soaps américains sans sourciller depuis des années, mais une malheureuse saga de 150 épisodes grand max, ça, non.
Qu'est-ce qui dans notre culture nous fait systématiquement louper ce qui se passe dans la culture des autres ? Je serais bien curieuse de le savoir. On est encore une fois en train de passer à côté de quelque chose qui n'est pas forcément extraordinaire, mais qui plait à, d'après les chiffres que j'ai trouvé, 2 milliards d'individus dans le monde (telenovelas de toutes nationalités confondues), et qui en cela, a donc bien un sens. Lequel nous reste obstinément invisible.

Quand on me parlait de favoriser notre "exception culturelle", j'avais pas compris qu'on ferait exception de la culture des autres, moi.

Deux choses frappent sur la télévision argentine : d'une part, les liens qu'elle tisse tout au long de ses décennies d'existence avec le pouvoir. Il y a une sorte de relation amour/haine entre ces deux entités, qui finalement préfigure bien des romances de telenovela : je t'aime, je te quitte, je te re-aime, je te re-quitte. Des pays où la politique a des liens étroits avec la télévision, il y en a plein, mais une telle saga m'était pour l'instant inédite.

Et puis surtout, ce qui me touche, c'est la façon dont la télévision argentine a démarré. Au lieu d'être le projet d'un gouvernement, l'ambition d'une main-mise sur l'information ou la quête d'un médias moderne capable de fédérer la population autour d'une culture commune... en Argentine, la télévision est à l'origine le fait d'un seul homme. Je confesse avoir versé une larme en apprenant que Jaime Yankelevich, non seulement avait lancé son projet de télévision suite à la mort de son fils, mais était décédé un an après avoir atteint son but, avec, anecdote lacrymale s'il en est, un des premiers postes de télévision du pays dans sa chambre d'hôpital. Et on s'étonne que les telenovelas soient fondées sur l'émotion !

Ma découverte de la semaine, c'est la canaille Alma Pirata, une série sympathique, probablement à destination des jeunes adultes (elle a gagné une récompense "jeunesse", mais bon, c'est pas du Disney) (quoique maintenant, les séries Disney, ça veut plus rien dire) (suffit de voir Miley "Herpes" Cyrus), c'était plutôt marrant mais presque totalement dénué de dialogue ! Du coup c'est facile à comprendre, certes. En tous cas dans la collection divertissement, ça se posait là, même si pour la profondeur des intrigues, il me faudra probablement attendre Epitafios cet aprem...

Posté par ladyteruki à 09:17 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]