ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

25-12-09

Dites 33

Joyeux Noël à tous ! Est-ce que vous avez été sages cette année ? Non ? Alors voici votre récompense ! Le retour de la rubrique La preuve par trois, qui s'était un peu fait oublier ces derniers temps.
Ce que je vous propose aujourd'hui, ce n'est rien de moins que le pilote de le succès télévisuel de cet automne !

Je vois à votre air circonspect que vous émettez quelques doutes : "je vois pas ce que ça a d'extraordinaire, tout le monde l'a vu", voire, pour les plus cyniques, "ah bon il y a eu un succès télévisuel cet automne ?". Évidemment il y a une mention en petits caractères : je vais vous offrir le pilote du succès télévisuel de cet automne... au Japon. Et lui, je suis sûre que vous ne l'avez pas encore vu.
Votre cadeau de Noël, cette année, c'est donc le pilote de JIN, série à la fois médicale, historique et fantastique (si-si) qui a déchiré les audiences jusqu'à son final la semaine dernière, et qui raconte l'histoire d'un neurochirurgien qui se retrouve envoyé près de deux siècles en arrière.

JIN___1
Les 20 premières minutes du pilote sont consacrées à raconter "la vie d'avant" de Jin Minakata, un chirurgien qui a priori, est très estimé par ses patients, mais qui a perdu toute confiance en lui après avoir pratiqué, sur sa jeune fiancée, une opération  qui l'a laissée dans un état légumineux. Ce ne sont pas forcément les minutes les plus passionnantes du pilote, mais elles sont plus que nécessaires pour comprendre à la fois le background de Jin, et les problématiques que la série va aborder avec l'angle médical de ses intrigues. Son mérite est aussi et surtout de ne pas tout de suite passer au cœur de l'histoire, c'est-à-dire le retour dans le passé, afin de lui éviter d'avoir l'air d'un gadget. Le temps passé sur les histoires de Jin dans le présent est vital, c'est le moins qu'on puisse dire, car il donne les fondements de la mythologie de la série. Car à l'inverse d'un grand nombre de séries japonaises (et je suis la première à le reconnaître), JIN construit son récit, son univers, ses questionnements. Comment Jin se retrouve dans le passé ? On ne sait pas, mais en tous cas ce n'est ni un hasard ni un prétexte, c'est une problématique à part entière et ce premier épisode en pose les bases avec application.

JIN___2
Seconde étape du pilote, l'arrivée de Jin dans cet univers du passé. Je tire au passage mon chapeau à toutes les petites interrogations de Jin sur l'endroit où il a atterri, il met en effet beaucoup de temps à réaliser ce qui lui arrive et c'est une preuve du sérieux des auteurs de la série, conscients de l'improbabilité de leur pitch, qui donnent l'occasion à leur personnage principal à la fois d'être pris dans le tourbillon des évènements, et de garder à l'esprit les interrogations qui semblent naturelles en pareilles circonstances. Mais surtout, cette seconde partie du pilote développe l'aspect médical de la série. Avec comme principale préoccupation de montrer dans quelles conditions la médecine se pratiquait à l'époque, et comment Jin, bien que plus que qualifié pour accomplir des miracles dans ce contexte, a bien du mal à pratiquer. Le problème est double : d'une part sur un plan pratique, évidemment, et surtout pour faire admettre aux "locaux" que ce qu'il fait, c'est de la médecine. La stupeur et l'incompréhension dominent chez ses interlocuteurs, et là encore, c'est extraordinairement bien montré. Le personnage de Saki Tachibana se détache bien vite par sa curiosité très positive : elle fait preuve d'un esprit très ouvert, et cherche non seulement à comprendre mais aussi à apprendre. Elle semble discerner assez vite que ce que pratique Jin, bien qu'au-delà de sa compréhension, est important. Loin de dépeindre les gens de l'époque comme des ignorants, JIN prouve donc qu'il s'agit bien de montrer que les connaissances ne sont pas aussi avancées, mais que plusieurs ne vont demander qu'à apprendre (un trait dont on devine, à la fin du pilote, qu'il ne sera pas exclusif à Saki, mais que les connaissances médicales de Jin vont être un véritable enjeu intellectuel pour toute une communauté de personnages).

JIN___3
Jouant de plus en plus sur le contraste historique, JIN s'aventure, dans la troisième partie de son pilote, dans l'exploration véritable de ses thèmes, lançant au passage des intrigues futures. Notre chirurgien tente en effet de comprendre comment il peut revenir à son époque, mais il réalise aussi que la moindre de ses actions peut avoir des conséquences d'autant plus lourdes. Interagir avec des personnages historiques, notamment, ne peut pas être innocent... Des milliers de choses semblent se mettre en place : comment la communauté médicale (ou s'estimant telle) va réagir suite à l'arrivée de Jin, comment ce dernier va essayer de comprendre ce qui lui arrive, notamment en s'apercevant qu'autour de lui, plusieurs des visages connus du futurs sont présents sous d'autres identités... le pilote a, à ce stade, rempli toute sa fonction et plus encore. Prouvant que JIN va être bien plus qu'une série médicale, mais aussi une série dramatique, une série historique, et une série fantastique où, contrairement à très souvent, les éléments fantastiques vont être de véritables interrogations, et pas juste un accessoire pour explorer des situations incongrues.

Malgré ses maladresses de mise en scène (car elles existent, ne nous trompons pas), JIN promet avec ce pilote de remplir toutes les conditions pour être une fiction très complète, et complexe. Si je ne m'explique toujours pas le succès de séries comme Buzzer Beat, je comprends en revanche, totalement, que le public japonais se soit enthousiasmé pour JIN. La série parvient, sans jamais copier les séries occidentales (et malgré toute la sympathie que j'ai pour ces séries, des BOSS et des MR. BRAIN ne peuvent pas en dire autant), à se construire une mythologie solide, à placer les ingrédients nécessaires à la construction de thèmes denses, et variés, et à poser des personnages loin d'être caricaturaux. A cet égard, je dois dire que Takao Osawa, que je n'avais encore jamais vu à l'œuvre dans un rôle important, est excellent dans son interprétation, et dépasse (et de loin) les attentes que semblent formuler le script à son égard.
Alors, si vous ne devez avoir vu qu'un seul pilote nippon cette saison, j'ai envie de dire que ce devrait absolument être celui de JIN. Et comme en plus, il est malpoli de refuser un cadeau...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche JIN de SeriesLive.
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Gloire aux posts qu'on peut programmer à l'avance !

Posté par ladyteruki à 12:00 - La preuve par trois - Permalien [#]

18-12-09

Un peu de matérialisme (c'est de saison)

Là, comme ça, tout de suite, je sais : ça peut paraître étrange. Mais je vous rassure, j'ai une excellente raison pour avoir mis à jour la page Diagnostic COLLECTION. Deux, même. C'est dire.

La première c'est que franchement il y manquait pas mal de choses. Faut dire aussi que la première chose que je fais en rentrant de la FNUC, c'est déballer mon précieux, pas aller chercher une image de la cover pour la mettre dans l'album. Nan mais ho.

Et la seconde c'est que, ça ne vous aura pas échappé, mais Noël est dans quelques jours. Rappelons qu'évidemment, toutes les dispositions ont été prises il y a bien longtemps pour que cette année encore, ce soit une fête inoubliable... mais ça n'empêche nullement de faire une petite mise au point numérique, histoire que, disons, si quelqu'un de bien intentionné, à quelques jours du D-day, se pique de venir chercher l'inspiration dans ces colonnes, il puisse trouver une liste exhaustive de ce que j'ai. Un indice : tout ce que je n'ai pas ce trouve sur la liste de Noël. Bon, presque tout, on l'a déjà dit : de certaines séries on peut faire l'économie.
Je sais pas pour vous mais je trouve ça clair.

De toutes façons, puisque de saison 2 de Pushing Daisies il n'y a point dans nos contrées, autant se l'avouer : je ne suis que modérément enthousiaste pour ce que je pourrais éventuellement trouver sous le sapin cette année. Il n'y a que ça qui me ferait plaisir, mais l'ampleur du complot est telle que cette année, le coffret zone 2 n'existe même pas.
Cela dit, parmi mes acquisitions récentes, il y a eu Life (dont, comme vous le savez, j'ai également du mal à me séparer), et il y avait quelque chose de presque douloureux dans le fait d'acheter la saison 2 en sachant qu'il n'y aurait plus rien à attendre derrière. Je la regarde d'ailleurs au ralenti parce que ça me pèse de me dire que cette fois, c'est fini.

Et puis, il y a l'espoir. L'espoir qui vient d'un autre achat récent (une semaine, tout juste !), la première partie de la série coréenne Damo. Sur ce coup-là c'est vraiment un coup de poker, parce que si j'ai entendu parler de la série, j'avais résolu d'attendre de l'avoir en DVD avant de la regarder (au prix que ça coûte, en même temps, vaut mieux que le plaisir de la découverte soit inclus dans le coffret...!). Eh bah voilà, c'est fait. Et je dois dire que, posséder les DVD d'une série asiatique par un autre moyen que le cagoulage, ça a quand même grave de la gueule. Je suis moins portée sur la Corée que sur le Japon, certes, je ne suis que modérément fan de séries historiques, certes, mais enfin, il y a une part de moi qui s'est sentie militante au moment de l'achat ! Si mes 50 et quelques euros (les 7 épisodes, oui-oui) peuvent participer à convaincre les distributeurs que ça peut être éventuellement rentable, alors c'est déjà ça. Si la série est bien c'est évidemment encore mieux. Mais enfin, finalement, cet achat, d'une façon plus générale, symbolise assez bien mon engagement envers la fiction asiatique en 2009. Ça faisait longtemps que je tournais autour du pot, quelque part, c'est comme si ça rendait la chose officielle. On reparle de Damo bientôt de toutes façons...

Damo

Enfin, il faut quand même le dire, cette petite mise à jour met en condition pour la semaine prochaine, où, à la même heure, je serai normalement en train de savourer un nouveau DVD... lequel ? Eh bien on en reparlera à ce moment-là, mais les paris sont ouverts !!! A votre avis ?

Posté par ladyteruki à 22:55 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

16-12-09

To be continued... Better Off Ted

La 2e saison a déjà commencé depuis le 8 décembre dernier, mais voilà, juste au cas où, de quoi vous rappeler ce qu'il s'est passé d'important dans la 1e saison de Better Off Ted.

BetterOffTed___1x01
1x01 - Veridian Dynamics est une entreprise qui propose des publicités très honnêtes sur ses activités.

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1x02 - Lentement mais sûrement, Phil se remet de la congélation dont il a fait l'objet.

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1x03 - Il n'y a aucune sorte de love interest dans la vie de Ted.

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1x04 - Veronica doit gérer un petit problème de discrimination au sein de Veridian Dynamics.

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1x05 - Ted lance un défi à Veronica, mais ne sait toujours pas que le patron a toujours raison, même quand il a cent fois tort.

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1x06 - Les seins de Linda permettent à Ted d'essayer de redevenir un numéro au lieu d'être un homme libre.

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1x07 - Tout le monde se remet en question sur ses relations sociales au sein de l'entreprise... mais ce n'est pas facile pour tout un chat-cun.

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1x08 - Veronica tient extraordinairement bien l'alcool.

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1x09 - Nous sommes trop professionnels pour comprendre ce gag.

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1x10 - Un épisode bourré de flashbacks, mais en mieux qu'une autre série d'ABC s'en étant fait la spécialité.

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1x11 - Après avoir divorcé de Grace Kelly, le père de Veronica s'est vraiment bien repris en main...!

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1x12 - Jabberwocky, l'avenir de Veridian Dynamics - sortie prévue en 2012.

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1x13 - Veronica porte incroyablement bien les bottes en latex.

Voilà, vous avez toutes les informations nécessaires pour reprendre Better Off Ted là où vous l'aviez laissé. Merci qui ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Better Off Ted de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:06 - To be continued... - Permalien [#]

To be continued

Vous savez, j'ai bien réfléchi, ces derniers temps. Il y a quelques mois, je faisais ma pessimiste : je disais que je n'attendais pas le retour d'aucune série américaine en particulier, à l'exception d'une. En fait, c'est pas vrai ! C'est juste qu'entretemps, je les oublie ! C'est honteux. Et je ne suis certainement pas la seule dans ce cas. Avec toutes ces séries qui ne reviennent pas avant des lustres... je me suis dit qu'on avait tous besoin d'un coup de main pour ne pas perdre le fil.

Nan parce que vous voyez, ce qui a causé la perte de Pushing Daisies (c'est le premier exemple qui me vient, je ne sais pas pourquoi...?), c'est que, le temps que la série revienne à l'antenne, tout le monde l'avait complètement zappée. Pas tout le monde, mais beaucoup de monde. Et c'est déjà trop de monde.
Le résultat, hélas, vous le connaissez. Eh bien je refuse que ça se produise à nouveau.

FirstTouchLife_SecondTouchAliveAgainForever

Alors, à titre préventif, pour qu'à l'avenir personne n'ait à souffrir de l'absence de tartes d'annulations qui auraient pu être évitées, je proposerai désormais un petit récapitulatif de l'ensemble des épisodes d'une saison déjà diffusée, et ayant précédé une coupure un peu longue, pour une série donnée, quand je la regarde. Parce que, oui, j'ai pas l'air comme ça, je fais ma pilotovore et tout, mais absolument, je regarde des saisons entières, ça m'arrive. Et comme ce système de couper des séries en deux semble s'être banalisé depuis quelques temps, ce ne sera probablement pas inutile de vous faire faire quelques révisions.

L'idée ? Une capture = un épisode = une phrase.
Pas la peine de se farcir de longs résumés si vous avez déjà vu les épisodes, après tout ! L'essentiel, c'est de se rafraîchir la mémoire. Et ainsi, tout le monde peut se remettre avec entrain devant une série qu'il aurait pu oublier. Non, mes visiteurs à moi, ils ne se laisseront plus jamais vaince par un système de diffusion inique, non Monsieur !

Allez, je lance tout de suite une première séance de rattrapage dans une nouvelle rubrique qui s'appellera To be continued...

Posté par ladyteruki à 20:03 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

11-12-09

[DL] NCIS: Los Angeles

J'ai essayé de rattraper tout mon retard. Avec les meilleures intentions du monde, j'ai envie de dire. Intégrale de Glee en quelques jours (histoire de me remettre dans le bain pour les inédits), intégrale de Better Off Ted en une journée (la saison 2 a commencé et j'avais presque tout oublié de la saison 1... et je devrais avoir honte de moi, j'adore toujours autant cette série), pilote de White Collar sur lequel j'avais fait l'impasse (on peut éventuellement en reparler à l'occasion), pilote de Men of a Certain Age dont je vous ai chanté les louages l'autre jour... Ok, je suis bonne élève, je m'applique, vraiment je fais de mon mieux pour ne rien laisser de côté.

NCISLosAngeles
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais NCIS: Los Angeles... je suis désolée, c'est au-dessus de mes forces. Quand je vois le générique, j'ai presque plus envie de regarder... le NCIS original. C'est dire si ça me désespère.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche NCIS: Los Angeles de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:48 - Médicament générique - Permalien [#]


09-12-09

Inspiration

Sortie des flics et des médecins, la télévision américaine, ces derniers temps, c'était bien souvent des remakes de Sex & the City (avec encore moins de sexe, network oblige). Lipstick Jungle, Cashmere Mafia, In the Motherhood ou plus récemment Eastwick, on en a bouffé, de la gonzesse vieillissante en troupeau. Rares ont été les séries à s'essayer à un équivalent masculin, alors qu'ironiquement, c'est peut-être ce qui m'intéresserait le plus. A part Big Shots (qui n'a pas été aussi big qu'attendu, malgré un cast alléchant), c'était même plutôt le désert.

Heureusement, voici venu Men of a Certain Age qui, malgré un départ assez mou (générique bidon, premières scènes confondantes de banalité), parvient à mettr le doigt sur, précisément, ce qu'on peut attendre d'une série sur les malheurs de célibataires ayant passé la trentaine.

Men of a Certain Age, c'est une série à laquelle rien n'était acquis : un pitch assez fade ("c'est l'histoire de trois mecs qui ont passé la quarantaine"), la présence de Ray Romano (ou devrais-je dire, l'omniprésence), le casting assez inégal (de l'appétissant mais cabotin Scott Bakula au souvent apathique mais talentueux Andre Braugher)... sans compter qu'il était difficile de savoir si ce serait du lard ou du cochon, tant les variations entre la comédie pure et le drame sombre étaient possibles à partir de ce simple postulat de départ.

Mais de tous ces éléments un peu décourageants, ou disons, déconcertants, s'avèrent être exploités avec intelligence. A partir de son pitch classique, Men of a Certain Age s'autorise à la fois une radiographie appliquée de la mid-life crisis, un peu désemparée et impuissante, et une comédie pince sans rire avec des personnages qui parviennent lentement mais sûrement à attirer la sympathie, voire la tendresse.

Contrairement à beaucoup de séries mettant en scène un groupe d'amis, la relation entre ces hommes d'un certain âge n'apparait pas comme plaquée. Les liens sont à la fois forts et distendus (la conversation dans la voiture, au début de l'épisode, entre Joe et Owen à propos de Terry, est assez révélatrice à cet égard). Ils partagent une certaine complicité mais ne sont pas sans cesse collés les uns aux autres, comme le feraient des bonnes femmes (il suffit de reprendre les exemples cités au début de ce post, pour constater que tout ce petit monde passe en général sa vie à appeler les copines toutes les dix minutes pour raconter ses petits malheurs... tragiques portraits de femmes adultes restées bloquées dans une mentalité de lycéennes). Chacun sa merde, et on garde les potes pour les moments de détente. C'est bien les gars, j'aime ce genre de mentalité.

Arrivé à un certain point du pilote, alors qu'on a l'impression que chacun a touché le fond en matière de médiocrité (souvent professionnelle), les trois bonshommes donnent un coup de talon et nous offrent chacun une superbe scène où, finalement, ils se reprennent en main. Men of a Certain Age n'est donc pas la triste, pathétique et lamentable histoire de trois pauvres types dont les plus belles années sont derrière eux et qui sont sur le retour, mais bien trois parcours qui se réorientent comme ils peuvent, sans pied de nez magistral à la vie, mais pas sans une certaine fierté non plus. Tous les trois se laissaient aller, et tous les trois reprennent le contrôle, à leur façon. Ça ne passe pas par des miracles dans leur vie de tous les jours, juste un changement de mentalité.
Je n'ai pas encore 30 ans et je suis une fille, mais j'ai trouvé, quelque part, qu'à travers ses 3 personnages et son intrigue entre réalisme et loufoquerie, Men of a Certain Age avait la classe, et donnait, en fait, de l'inspiration.
Être un mec de plus de 40 ans ? Où est-ce qu'on signe ?
I'm changing, arranging...

MenofaCertainAge

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Men of a Certain Age de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 11:31 - Review vers le futur - Permalien [#]

04-12-09

Let me dance for you

Ce soir, c'est mon coup de cœur du moment que je vais vous présenter. C'est d'ailleurs un film qui m'a l'air bien parti pour égaler le record de The Fall... songez donc : je l'ai découvert il y a un peu plus de quinze jours, et déjà regardé intégralement 3 fois, plus revu certains passages que je me suis découpés, plus les chansons que j'écoute en boucle. Parvenir à faire tout ça malgré mes horaires ces derniers temps, c'est un indicateur assez clair du coup de foudre qui s'est produit !

C'est quoi le nom du film ? A Chorus Line
C'est plutôt quel genre ? Musical
Qui on connaît là-dedans ? A part Michael Douglas (que, jusqu'à mes 15 ans, j'ai identifié uniquement à son rôle dans Les Rues de San Francisco, avant de découvrir qu'il était vaguement connu...), pas grand'monde. Les danseurs ne se font pas souvent un nom à la télé, en plus. Mais la petite Michelle Johnston... je suis sûre de l'avoir déjà vue quelque part.
Ça date de quand ? 1985 (et ça se voit)
En résumé, de quoi ça parle ? D'une audition pour une comédie musicale.

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En moins résumé, de quoi ça parle ? A Chorus Line retrace les quelques heures que dure une audition un peu particulière, dont le producteur, Zach, attend énormément. Bien qu'il ne s'agisse que de recruter des chœurs, il tient à savoir qui les candidats sont réellement, quitte à se montrer très indiscret.
Et ça finit comment ? Sur scène... Comme toute comédie musicale devrait finir, je vous ai dit !

Pourquoi c'est bien ? Entre 2000 et 2002, après avoir fait l'acquisition de la VHS de Cats pour moi toute seule, et tombant une nouvelle fois sous son charme, je me suis ruée sur les comédies musicales. Au format video, comme avec Jesus Christ Superstar, ou, le plus souvent, au format audio. En deux ans, et en plus de mes habitudes téléphagiques, j'ai acheté une bonne quinzaine de CD, sur une comédie musicale ou plusieurs, pillé la FNUC et Gibert, sondé les fonds des bacs des solderies de CD. A Chorus Line, je l'ai découvert à ce moment-là, et j'ai écouté le CD au moins, je ne sais pas, des centaines de fois, disons. J'essayais de m'imaginer son histoire, ça ne semblait pas très clair parce que chaque personnage parlait de lui, et que tous ces morceaux ne se recollaient pas tout-à-fait dans ma tête. Et puis un jour, il y a un peu moins d'un mois, j'ai réalisé qu'il y avait un film, et que je ne l'avais jamais vu, et que par le pouvoir de la cagoule suprême, ça pouvait changer. Et les chansons que j'ai aimées toutes ces années (One, I can do that...), je les ai finalement découvertes en images, après tout ce temps. Double exaltation ! D'ailleurs je n'avais jamais fait attention, mais en fait, c'est le CD du film que j'avais. Alors finalement, on était un peu entre nous pendant le visionnage de ce film ! Mais il n'y a pas que la nostalgie qui a fait bondir mon cœur. Ce que j'ignorais sur A Chorus Line, et que j'allais découvrir avec près d'une décennie de retard sur ma fringale musicale, c'est que le film propose bien plus qu'un simple défilé de danseurs qui parlent d'eux. Avec les dialogues et le jeu des acteurs, les silences aussi, on s'aperçoit que l'histoire a une dimension plus profonde. A Chorus Line dépeint des personnages animés par une passion sans limite pour la danse. Si peu de limites qu'on va explorer tout ce que ça a pu leur coûte de tenter d'en vivre, et comment ils y sont venus. C'est quasiment une thérapie de groupe qui se déroule sous nos yeux ! Et en musique !
Pourquoi c'est pas bien ? Mêmes causes, mêmes conséquences : je connaissais effectivement la BO par coeur. Quand on retrouve les chansons qu'on aime (et même celles qu'on aime moins), c'est bien. Quand on peut chanter à l'unisson, c'est mieux. Mais plusieurs numéros (irai-je jusqu'à dire que comme par hasard, ce sont mes préférés ?) sont entrecoupés par les dialogues. Ce qui, certes, participe à l'histoire, mais casse quand même un peu l'ambiance. Surtout que ces dialogues, souvent, sont en rapport avec l'intrigue la moins intéressante de toute : l'histoire de Zach et Cassie. C'est peut-être un détail pour vous, mais sur 2h de film, pour moi ça veut dire beaucoup.

Ah, les joies du cinéma de Broadway ! C'est quoi le comble du comble pour un danseur ? Passer une audition pour jouer dans A Chorus Line.
La réplique qui tue : Des répliques qui tuent, il y a en a quelques unes. Elles prennent par surprise d'ailleurs, parce qu'on ne s'attend pas forcément à une telle sincérité. Mais celle qui m'a touchée en plein coeur, c'est celle que Bebe sort à un moment, vers la fin. Bebe est une petite chose toute discrète, timide, mal assurée... mais quand elle danse, on sent qu'elle est elle-même. Le reste du temps, il est palpable qu'il y a quelque chose de cassé en elle ; plus tard, elle révèle donc : "A few months ago, the night before I was gonna audition for another show, I had a... kind of breakdown. I started crying and I couldn’t stop for about two weeks. I just now got out of the hospital, and my doctor said it was too soon to try again. But I did. And now, even if I lose... I win".
La scène qui tue : Comprenez mon désarroi quand je réalisé qu'il ne faudra retenir qu'une scène sur tout le film. C'est comme demander à une mère de choisir lequel de ses enfants sauver ! Non je n'exagère pas, ou si peu. Bref, j'ai opté pour la solution de facilité, si on peut dire : j'ai exclu les numéros musicaux de ma liste. Voilà, comme ça c'est fait. Et du coup, c'est naturellement que s'est imposé l'extrait suivant. Et comme je suis vraiment motivée pour vous faire découvrir A Chorus Line, et que j'ai pas été foutue de vous trouver le film en VF, vous savez ce que j'ai fait ? J'ai sous-titré. Eh oui. J'avais pas fait ça depuis Soldier's Girl, quand même... Dans l'extrait ci-dessous, le plus gros de l'écrémage a été fait en danse, et l'audition porte maintenant sur une petite proportion de candidats. Mis en ligne (d'où le titre), ils sont sommés de se présenter chacun à leur tour. Dans tout ça, Cassie, une danseuse plus âgée que la moyenne, et dont on comprend qu'elle a eu une histoire avec Zach il y a quelques temps, essaye de passer l'audition... La séquence a le mérite de très bien poser les enjeux du film, de présenter les personnages (bien qu'un peu scolairement mais vu que c'est le principe de 80% du film de les présenter, si vous en voulez plus il faudra vous diriger vers l'intégralité du film), de montrer aussi l'ambiance. Comme le film avait un encodage loin d'être parfait, posant des soucis lors du réencodage avec sous-titres, ce sont des softsubs. Il suffit de les enregistrer dans le même dossier et d'ouvrir un lecteur gérant les sous-titres, comme VLC ou mplayer entre autres, pour qu'ils apparaissent.

AChorusLine___Extrait
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Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Ah, faites-moi penser à faire une demi-cagoule ! A Chorus Line, à mes yeux en tous cas, le mériterait.
Bilan : A Chorus Line, ce n'est pas Chicago. Pas de mise en scène recherchée, pour commencer. On y trouve au contraire une unité de lieu et de temps qui rappelle énormément les impératifs d'une comédie musicale. Mais à travers ce huis clos chanté et dansé, le film va aussi bien plus loin que beaucoup d'autres dans l'exploration de ses personnages. Les histoires sont autant de petites touches qui décrivent la réalité de la vie à Broadway, pour des personnes qui ne sont pas, et ne seront jamais, des stars dans leur milieu. Des anonymes parmi d'autres qui lèvent le voile sur les espoirs et les déceptions d'une vie dédiée à leur passion, et qui est vouée, comme le rappellent Cassie et Sheila, à ne pas durer bien longtemps. Toutes ces histoires personnelles enrichissent le spectateur, parce qu'on va bien au-delà du simple "Let me dance for you" pour aller vers une vraie mise à nu, honnête, douloureuse, précise. Quand Sheila laisse tomber ses défenses de femme mature, quand Bebe évoque un épisode dépressif, quand Diana aborde ses doutes sur son don, quand Greg raconte la découverte de son homosexualité... ce qui se dessine va au-delà, bien au-delà, du divertissement. Qui peut dire qu'il ne s'est pas retrouvé dans un de ces personnages ? Nul n'est besoin de danser pour cela. Sans aller jusqu'à devenir le supporter de l'un ou de l'autre, il faut bien admettre qu'un lien se tisse, et d'ailleurs, entre les personnages aussi le lien est fort, alors qu'ils sont mis en compétition pour ces rôles, en se dévoilant ils s'attachent les uns aux autres. Il y a sur la fin une impression de cohésion qui fait vraiment mal... parce qu'il n'y a que 4 et 4 rôles. En quelques heures, quelque chose naît entre eux, et quelque chose naît en face de l'écran. A Chorus Line est une aventure humaine mise en musique, où chacun rit, s'émeut, se rappelle, réagit aux histoires des autres, parce qu'ils ont cette passion en commun.
L'audition est un prétexte à explorer la psyché de ceux qui font Broadway. Les questions de Zach pourraient être celles d'un psy, froid et placide, en retrait, en observateur. Il les oblige à faire bien plus que se vendre : s'exposer.  C'est ce qui rend A Chorus Line si vivant !
J'ai lu pas mal de choses, notamment que le film n'avait pas du tout fait l'unanimité, parce qu'il était en-deçà de l'original. Comme il me tarde de voir la comédie musicale sur les planches, dans ce cas ! J'ai aussi lu qu'un projet de remake était plus ou moins en cours, et si cela doit aboutir, il est possible d'aller encore plus loin (notamment d'atténuer l'histoire entre Zach et Cassie), et de rendre le résultat plus ambivalent encore, passant des exploits de Mike dans "I can do that" à une expérience confinée et nerveuse, comme celle de Paul. Si ce film voit le jour, ce sera une vraie curiosité de voir comment on peut aborder cette expérience de nos jours.
Et puis évidemment, et même surtout, A Chorus Line est dotée de numéros musicaux épatants (même si musicalement un peu datés, mais je suis née dans les années 80, alors ça ne me choque pas, ces arrangements), et le casting est absolument impeccable. J'ai une vraie admiration pour ces danseurs. La performance physique est énorme, elle participe même au témoignage en fait, parce qu'on se dit que ce qui a l'air si facile et aérien et souple... a demandé des milliers d'heures de travail pendant des années, en amont. Cela suppose des souffrances qui sont elles aussi très présentes, même si elles n'apparaissent pas dans le scénario, et elles sont aussi prégnantes que la timidité de Kristine ou la carapace de Sheila.
Vous êtes encore là ? Quoi, vous en voulez plus ? Je trouve que c'est clair pourtant : regardez A Chorus Line !!!

Posté par ladyteruki à 23:37 - Comme au cinéma - Permalien [#]

03-12-09

And that rhymes with "P" and that stands for "piemaker"

Ce soir, au lieu de vous parler d'une comédie musicale que je connais depuis plusieurs années je vais vous en présenter une que j'ai découvertes il y a quelques jours à peine. Oh j'en avais souvent entendu parler mais il y a tant de comédies musicales... et je n'avais jamais vraiment percuté que celle-ci avait eu une adaptation filmée récente. Jusqu'à ce que...

C'est quoi le nom du film ? The Music Man
C'est plutôt quel genre ? Musical vieillot
Qui on connaît là-dedans ? J'ai vu Matthew Broderick au générique, ça ne m'a pas faite frémir. J'ai aussi vu Victor Garber (ALIAS) et Molly Shannon (Kath & Kim), et même si c'étaient des habitués de la télé, ça ne m'a pas émue. Et puis... j'ai vu Kristin Chenoweth (Pushing Daisies, pour ceux qui l'ignorent encore). On se demande bien ce qui m'a décidée.
Ça date de quand ? 2003, ce qui ne nous rajeunit pas même s'il y a un progrès par rapport à hier
En résumé, de quoi ça parle ? D'un escroc qui se rend à River Cityafin d'y jouer une fois de plus sa petite arnaque.

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En moins résumé, de quoi ça parle ? River City, dans l'Iowa, est une petite bourgade charmante où il est rare que des voyageurs descendent du train. Aussi Harold Hill attire-t-il l'attention en venant s'installer. Il se présente comme un professeur de musique, venu former un orchestre (ce qui tombe bien puisque le 4 juillet approche), mis en réalité, après avoir vendu instruments et uniformes, il s'enfuit avec l'argent de ses victimes. Il va cette fois trouver sur son chemin la libraire de River City, également prof de piano à ses heures, qui n'est pas dupe.
Et ça finit comment ? En fanfare.

Pourquoi c'est bien ? N'ayant pas vu la première adaptation ciné de la comédie musicale, je prends cette version de The Music Man en novice, et je dois admettre y avoir retrouvé l'ambiance de films comme Mary Poppins. Non seulement à cause des numéros musicaux et des robes, mais aussi pour l'abord finalement assez naïf et enfantin, quoique parfaitement charmant pour les adultes, que propose cet univers coloré et plein de musique. Si un certain nombre de chansons ne sont pas nécessairement mémorables, il en reste deux ou trois dans le lot qui valent largement le détour. En particulier, le début du film est très accrocheur !
Pourquoi c'est pas bien ? Eh bien, comme je l'ai dit, beaucoup de chansons sont assez moyennes. Du point de vue du divertissement, la question ne se pose pas, mais du point de vue musique, ça reste assez banal. Le solo de Kristin Chenoweth sur "Goodnight, my Someone" est assez évocateur de ce genre de défauts : on ne peut rien reprocher techniquement, mais à mon sens, une comédie musicale doit laisser des chansons dans la tête pour les 10 jours qui suivent (c'est un minimum). Or là, j'ai fini le film, et tout ce qui me restait, c'était le souvenir du timbre de Kristin, mais certainement pas l'air de sa chanson. C'est le cas de beaucoup et c'est très dommage.

Ah, les joies du cinéma ! On a échappé au pire, ç'aurait pu être Sarah Jessica Parker à la place de Kristin Chenoweth dans le rôle principal. Je ne pense pas avoir déjà entendu SJP chanter mais je suis quand même certaine qu'on aurait perdu au change.
La réplique qui tue : Dialogue entre un vieil ami qui tient aujourd'hui un hôtel à River City et Harold : "So, what's the new picture ? [Harold esquisse les gestes d'un chef d'orchestre] ...Oh you're not back in the band business ? I heard you was in steam automobiles !
- I was.
- What happened ?
- Somebody actually invented one."
Bah ouais c'est couillon, c'est sûr.
La scène qui tue : J'ai aussi regardé The Music Man pour ce passage (j'aime bien Kristin, mais elle ne fait pas tout non plus). En l'occurrence, si vous me connaissez un peu, vous devinerez pourquoi. Aussi n'est-il pas très étonnant que j'ai littéralement exulté devant ce morceau de bravoure de Matthew Broderick (il a pris des cours de plongée en apnée pour préparer ce rôle, je suis sûre). "Trouble" est un titre entrainant, basé plus sur le rythme que sur la musique (en cela, le morceau répond à la perfection à la scène de début, dans le train... celle-là aussi il faudrait vous la mettre mais enfin, la règle, c'est une scène qui tue, pas une hécatombe), amusant, et qui a le mérite de montrer Harold sous son vrai jour, homme à la fois affable et escroc doué, qui pour lancer son commerce, n'hésite pas à faire passer une pauvre table de billard comme l'incarnation de la déchéance prochaine des jeunes de River City. Accessoirement, j'ai envie de dire que ce stratagème est aujourd'hui plutôt utilisé en politique...

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Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
Amusant, rythmé, coloré, rempli de visages connus... The Music Man remplit son office mais n'a pas les caractéristiques requises pour devenir un chef d'œuvre dont on parlera dans une décennie ou deux.
Bilan : Le problème de The Music Man, c'est que finalement c'est une comédie très américano-centrée (le 4 Juillet, le côté conquête de l'ouest...) et que ni son histoire, ni ses chansons, n'ont vraiment eu la possibilité de se faire connaître chez nous hors des cercles d'initiés. Bien que connaissant "Trouble" depuis quelques années, ainsi que "Pick-a-little, talk-a-little" (qui entre parenthèses donne l'impression de déguster des macarons, tant c'est frais et coloré), je me suis trouvée assez désorientée dans cette comédie musicale dont je ne savais rien. Vous allez me dire : bah oui, faut bien commencer à découvrir les choses à un moment. Et je vous l'accorde. Sauf que comme je l'ai dit, c'est vraiment très américain.
Ce qui est un avantage comme un inconvénient pour The Music Man, c'est son côté tous publics. En ce qui me concerne, ça n'a pas été un soucis. En ce moment je suis fatiguée, j'ai découvert ce film un soir où je n'avais fait que 12h de boulot dans ma journée, c'était parfait. C'était amusant, j'ai battu des mains pendant 2h12 (eh oui, 2h12 les enfants, rien que ça), et ensuite je me suis endormie en souriant un peu, c'était déjà pas mal, je n'en demandais guère plus. Mais a contrario des quelques comédies musicales dont j'ai déjà pu vous parler depuis que cette semaine thématique a commencé, The Music Man n'apporte pas grand'chose qui aille au-delà du simple plaisir immédiat. Plaisir de voir Kristin Chenoweth s'ébattre musicalement dans un rôle qui semble être fait pour elle, certes, plaisir de découvrir en Matthew Broderick un petit gars plutôt sympa, aussi, plaisir de regarder un film plein de chansons et de malice... oui mais après ? Après rien. On n'a pas de sujet de réflexion ni d'émerveillement, comme peuvent l'être respectivement West Side Story ou Cats. L'émotion est elle aussi assez basique, l'arnaque, l'histoire d'amuuuur, les intrigues en ville... on ne se sent pas tellement sollicité, en fait.
Je pense que si The Music Man a une telle réputation de classique de la comédie musicale, ce n'est pas pour ses qualités intrinsèques mais probablement aussi en grande partie parce que les chansons se sont incrustées dans la culture américaine, et qu'elle utilise des éléments typiquement américains. Les étrangers n'ont à mon avis qu'assez peu de chances d'y trouver là une révélation. En même temps, c'est aussi à ça que servent les comédies musicales, et j'insiste, je n'ai pas perdu mon temps. Simplement, la hiérarchie s'impose d'elle-même.

Posté par ladyteruki à 23:54 - Comme au cinéma - Permalien [#]

02-12-09

En un claquement de doigts

...tout est dit. La comédie musicale de ce soir, tout le monde la connait. Je serais étonnée que vous ne l'ayez pas vue tant elle fait partie du patrimoine culturel depuis toujours. A la seule évocation du nom de Nathalie Wood, normalement, vos yeux s'éclairent.

C'est quoi le nom du film ? West Side Story
C'est plutôt quel genre ? Musical tragique
Qui on connaît là-dedans ? Pour les téléphages c'est naturellement Rita Moreno (Oz) qui attirera l'oeil en premier. Mais il n'y a pas qu'elle au générique, ça va de soi. Quoique, dans certaines scènes, le doute est permis. On y trouve aussi le papa d'Amber Tamblyn, Russ !
Ça date de quand ? 1961, je n'avais pas réalisé qu'on allait parler de films si anciens cette semaine
En résumé, de quoi ça parle ? De gangs qui s'entretuent. Oui, donc ça pourrait aussi bien se passer en 2009 en fait.

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En moins résumé, de quoi ça parle ? Les Sharks et les Jets tentent de cohabiter dans leur petit bout de New York, les premiers étant des immigrés basanés tandis que les seconds... bah, descendants d'immigrés blancs, en fait. Au coeur de tout ça, un jeune homme et une jeune femme vont tenter de s'aimer.
Et ça finit comment ? Tragiquement.

Pourquoi c'est bien ? West Side Story a laissé dans les mémoires des airs intemporels, on ne va pas revenir dessus, des chansons comme "America", "Tonight" et quelques autres ont marqué les esprits. Pourtant ce n'est pas ce qui est le plus impressionnant. Dans West Side Story, il n'y a pas que des chansons superbes ou des chorégraphies réussies, il y a aussi un vrai travail de réalisation qui (a contrario du look des protagonistes) n'a pas vieilli. C'est dynamique, vivant, imaginatif... parce qu'il était évident que se contenter d'une bonne histoire (ou disons, de l'adaptation d'une bonne histoire), d'une bonne B.O. et d'un bon casting, ça faisait trop flemmard, vous voyez ?
Pourquoi c'est pas bien ? On peut ne pas aimer West Side Story ? Vraiment ? Je veux dire, bon, oui, le film date des années 60, il y a une romance au milieu, c'est une comédie musicale... on pourrait se dire que c'est pour les gonzesses ce film. Etant une gonzesse et aimant le film, je ne nierai pas totalement mais enfin, la thématique des gangs a quand même le mérite de toucher bien plus que cette simple cible. Le traitement n'est peut-être pas aussi violent et noir que dans Oz (pour reprendre le même tag...) mais enfin, le constat a la même force.

Ah, les joies du cinéma ! Vous connaissez beaucoup de films qui font danser les trois quarts de leur cast dans les rues de New York ?
La réplique qui tue : "Now I can kill too, because I have hate !" Et le cercle infernal de la violence continue. West Side Story, c'est l'histoire d'une société qui a perdu sa plus importante guerre.
La scène qui tue : Allez, sur une note plus gaie, je vous propose "America", certainement l'une des chansons les plus célèbres de ce film et de l'histoire du cinéma (en toute modestie). Regardez-moi ces couleurs, cette énergie ! Ecoutez aussi avec quelle précision les problématiques sont abordées... je dédie cet extrait à Eric Besson pour l'aider à réfléchir à sa mission. Il y a est question des avantages et des inconvénients de l'immigration :, pourquoi les porto-ricains ne se sentent finalement chez eux nulle part, ils veulent une vie meilleure aux États-Unis, mais n'ont pas tout-à-fait droit à la même chose que les autres... C'est pas tous les jours qu'on écoute une réalité sociologique mise en musique. Et le plus terrible, c'est qu'elle a pris 50 ans... et pas une ride.

WestSideStory___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoules
C'est tout simplement un classique. Peut-être sous-estimé sous nos latitudes (pas autant de rediffusions qu'il le faudrait sur les grandes chaînes par exemple) mais définitivement moderne sur son fond comme sa forme.
Bilan : Car oui, au-delà du plaisir musical, et il n'est pas des moindres, West Side Story, c'est aussi et avant tout une œuvre qui a su saisir l'esprit de son temps, les problématiques de son public. Au final, ni les Jets ni les Sharks n'ont individuellement tort de vivre dans une telle violence perpétuelle, la faute est générale, elle dépasse les limites de New York, elle est collectivement la faute de toute une société qui ne sait pas résoudre ses problèmes.
Et évidemment, il semble assez criant en regardant ce film aujourd'hui que West Side Story est le témoignage d'un problème dont personne n'a su trouver la solution. Ce qui rend son visionnage plus primordial encore.

Posté par ladyteruki à 23:40 - Comme au cinéma - Permalien [#]

01-12-09

Ain't got no guns

Je vous jure que j'ai rien prémédité. Bon, disons que ça devait être dans un coin de ma tête, et que c'est ressorti de façon inconsciente. Bref, aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Treat Williams, et il s'avère qu'il a l'un des premiers rôles dans la comédie musicale dont il va être question aujourd'hui !

C'est quoi le nom du film ? Hair
C'est plutôt quel genre ? Musical chevelu
Qui on connaît là-dedans ? John Savage (Dark Angel, Carnivàle), Treat Williams (Everwood), Beverly d'Angelo (Rude Awakening pour moi, Entourage pour vous)... ha, ça c'est du beau générique !
Ça date de quand ? 1979
En résumé, de quoi ça parle ? De cheveux. Non, bon, d'accord, de hippies... pff, comme si c'était pas la même chose.

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En moins résumé, de quoi ça parle ? Claude Bukowski vient d'être appelé pour faire son "tour" au Vietnam. Il fait escale quelques heures à New York, où se passe le recrutement, mais alors qu'il pensait suivre un chemin tout tracé jusqu'au front, il va faire la rencontre d'une bande de hippies, ainsi que de la belle et riche Sheila, et se retrouver embarqué dans des aventures que ce petit provincial n'avait pas imaginé expérimenter.
Et ça finit comment ? Pas à Manchester, England.

Pourquoi c'est bien ? Les chansons de Hair sont à l'image de leur époque : étranges, pleines de vie et d'entrain. Ce sont véritablement des chansons intemporelles (je mets au défi qui que ce soit de chanter les airs de Mozart ou Roméo et Juliette dans 20 ou 30 ans), à l'instar de "Good Morning Starshine", "Hair", et évidemment le cultissime "Let the Sunshine in". Je n'ai pas vécu cette époque (une source de consternation permanente dans ma vie, d'ailleurs) mais devant Hair, tout le monde a l'impression d'avoir été hippie ! Il suffit de voir comment les premières chansons se succèdent : "Aquarius", "Sodomy", "Donna"... oui, il y a une chanson qui s'appelle "Sodomy"... tout cela est fait avec un esprit qui me semble conforme à celui de l'époque, brouillon, joyeux... En un mot : enfumé. Car je soupçonne Milos Forman d'avoir passé de longues heures à rouler des plantes pour préparer son film, mais bref. Outre, donc, d'excellentes chansons et un univers entrainant, Hair, c'est une petite bande de gredins bien sympathiques à suivre et à aimer, et croyez-moi il ne peut en être autrement, entre l'adorable Jeannie, le charismatique Berger, ou encore Woof le petit bonhomme étrange... chacun a peut-être un peu trop fumé mais ils sont tous très attachants. A la façon de Claude, nous aussi on a envie de se laisser emporter par le tourbillon un peu bordélique de leurs vies... Hair est un film qui donne du baume au coeur, voilà la vérité.
Pourquoi c'est pas bien ? J'ai une super anecdote pour illustrer la réponse à cette question, vous allez voir. Lorsque je faisais mes études, j'étais noyée dans une classe de gonzesses qui passaient leur vie à parler de leurs histoires de cœur et de cul (et elles ne se confondaient pas toujours). Je ne plaisante pas : c'était leur seul sujet de conversation. Avec moults détails à l'appui. Flash forward : la veille des vacances de Noël. Comme il est de tradition de ne rien glander ce jour-là, notre prof d'anglais nous suggère de ramener un film de langue anglophone, à regarder en becquetant des friandises, et je ramène donc ma VHS de Hair (oui j'ai fait mes études au 20e siècle, pourquoi ?) et là, elle me dit en me fixant droit dans les yeux avec inquiétude "on regarde ça, tu es sûre ?". J'étais sûre. On a regardé. Ou plutôt on a regardé les 10 premières minutes. Au moment où Woof a entonné "Sodomy... Fellatio... Cunnilingus... Pederasty", il y a eu levée de boucliers dans les rangs, les poules ont commencé à caqueter avec indignation ; horreur et abomination, que tout cela est vulgaire. On a coupé la VHS et on a regardé Las Vegas Parano. Ce qui revenait quasiment au même, mais sans les mots "sodomy" et "fellatio" dedans. Encore que, ce serait à vérifier. Donc voilà le fin mot de l'histoire : ce film est à interdire d'urgence aux coincés du cul, aux psycho-rigides, et surtout, surtout, aux hypocrites.

Ah, les joies du cinéma ! Je me demande si les scènes d'hallucination ont été jouées avec la Méthode de l'Actors Studio ou si ce sont des rôles de totale composition. J'imagine bien les répétitions, quand même...
La réplique qui tue : Bien que Hair, a contrario des deux derniers films abordés dans ces colonnes, comporte des dialogues, j'ai choisi comme réplique qui tue un extrait de la chanson-titre, "Hair" donc, qui est la suivante : "Oh say, can you see my eyes if you can... then my hair's too short !"
La scène qui tue : Le premier numéro musical du film, c'est "Aquarius", une chanson que personnellement j'aime depuis le premier jour. C'est aussi avec ce titre que se fait l'incursion de Claude dans le monde hippie, un monde qui, au fin fond de son Oklahoma natal, lui était totalement inconnu. Mouvements éthérés et libres, musique et danse partout, malice, esprit de groupe... le ton est donné immédiatement sur l'esprit du film, pas de chichi de réalisateur ou si peu, on a l'impression que la caméra regarde dans tous les sens tout ce qui se passe sans chercher à en tirer trop de sens, juste à apprécier le moment... un peu comme si elle était déjà un peu dans les vapes, elle aussi. Si vous aimez ce premier passage musical, je pense que vous aimerez tous les autres qui, bien que chacun à sa façon, ont ce point commun d'être comme flottants. Tout en offrant, je le répète, des airs inoubliables. Et je dis pas ça parce que je suis Verseau.

Hair___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
J'affirme et maintiens que Hair est un bon film, et un bon film musical en plus. Excellentes chansons, ambiance impeccable... et puis de toutes façons, on n'aura pas mieux.
Bilan : Bah non on n'aura pas mieux, parce que quand on regarde ce film, qui a très gentillement 30 ans déjà, il apparait que si on voulait le refaire maintenant, oui, on pourrait probablement avoir plus de moyens, oui, on pourrait probablement faire une mise en scène plus poussée, oui, on pourrait... mais non, parce qu'on perdrait définitivement l'esprit du film, on ne pourrait pas en faire quelque chose d'aussi en prise avec l'univers hippie. Déjà là, avec autour d'une décennie de retard, on était pile dans les limites imposées par le temps et les époques. Au 21e siècle, il serait impossible de faire Hair sans en travestir l'esprit. Alors du coup, il y a quelques faiblesses, il y a des temps morts (personnellement je n'ai jamais vu l'intérêt de la scène de baignade), et certaines séquences musicales sont là pour l'amour de la musique mais n'ont pas leur place dans la narration. Ok, je l'avoue, c'est clair. Mais que celui qui regarde le final avec les yeux secs ose me dire que le film est raté. C'est simplement impossible.
Hair est un grand film, qui encore une fois parle de grands thèmes. Pendant 1h30, il permet d'entretenir l'illusion d'avoir connu cette période... sans bad trip.

Posté par ladyteruki à 22:23 - Comme au cinéma - Permalien [#]


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