ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

30-11-09

Prove to me that you're no fool : walk across my swimming pool

On vous dit et vous répète qu'il ne faut pas croire tout ce qu'on lit. Avec cette production, on porte la méfiance à un tout nouveau degré : Jesus Christ Superstar relit la Bible, rien de moins ! On imagine combien une telle production a pu faire grincer de dents, voire même péter de l'émail de dentaire, dans des contrées aussi religieuses que les USA. Mais tout va bien car Jesus Christ Superstar a vu le jour à New York qui, comme chacun sait, n'est pas complètement une ville américaine.
Bon, pour l'instant c'est un peu abstrait, mais cette semaine de comédies musicales est justement là pour vous éclairer sur le sujet, alors hop ! Passons au film.

C'est quoi le nom du film ? Jesus Christ Superstar
C'est plutôt quel genre ? Musical
Qui on connaît là-dedans ? Ya pas beaucoup de noms qui parleront au téléphage ici... Moi par contre, Jérôme Pradon...
Ça date de quand ? 2000
En résumé, de quoi ça parle ? Des derniers jours de Jésus et de la trahison de Judas.

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En moins résumé, de quoi ça parle ? On vous a un peu bourré le mou pendant toutes ces années. Judas n'était pas un mauvais homme. Au contraire, il voulait bien faire. Mais l'Enfer est pavé de bonnes intentions, et son souhait de sauver Jésus du dangereux culte de la personnalité dans lequel son entourage le suivait, a fini par causer la perte de son idole.
Et ça finit comment ? Au bout du chemin de croix.

Pourquoi c'est bien ? N'étant ni anti-cléricale ni très religieuse, j'ai apprécié ce regard différent sur ce pan de l'histoire biblique. Judas y apparait comme un homme finalement très droit, trop droit, pas très flexible. Oui, dans Jesus Christ Superstar, Judas est à la fois émotif et psycho-rigide, torturé et sûr de son bon droit, un personnage dense, complet, à la fois attachant et impossible à aimer. C'est lui qui porte le show, alors que ce dernier ne porte même pas son nom ! Ses contradictions, son idéal, ses peurs... Judas est un personnage superbe, digne des meilleures tragédies grecques. C'est aussi lui qui a le plus de chansons ou d'interventions chantées, lui à qui on offre le plus de temps de caméra... Judas réhabilité, voilà ce qu'est Jesus Christ Superstar. Une vraie curiosité. Moins éclatante mais quand même appréciable : la mise en scène. Comme Cats (voir le post d'hier), le choix a été fait de tourner sur une scène, dans une configuration réellement utilisée pour les versions en public, mais avec plus de liberté avec les caméras. D'un seul décor on en tire une multiplicité d'angles et d'univers qui ne peut qu'émerveiller. Évidemment, on devine que le tournage a dû prendre quelques libertés (contrairement à Cats qui semble avoir été tourné en quasiment une seule fois, ou du moins fait très bien semblant les 10 premières fois qu'on le voit), se découpant en scènes plus marquées que dans une comédie musicale en live. Mais ça reste quand même très impressionnant de voir que l'adaptation trouve le juste milieu entre travail personnel et utilisation de l'existant.
Pourquoi c'est pas bien ? Après avoir revu Cats pour la, oh, je ne sais pas, douzième fois, j'ai acheté la VHS de Jesus Christ Superstar, en me disant : Andrew Lloyd Webber ne saurait mentir. J'avais vu le spectacle une fois, bien des années plus tôt et en allemand (ne me demandez pas), et c'était finalement une découverte dont je pensais qu'elle était gagnée d'avance. Bon, franchement, si Cats c'était votre truc, dites-vous bien que Jesus Christ Superstar n'a rien à voir. Déjà, musicalement, c'est un opéra rock, autant vous prévenir parce que ça ne plaira pas à tout le monde. Et franchement on est dans un univers rempli d'anachronismes, qui tente de se rapprocher du présent au lieu de nous emmener ailleurs. J'avoue que la première fois, j'ai été déçue par cet aspect. Qui plus est, tout le monde n'appréciera pas nécessairement le chant très, très, très... encore une : très énergique de Jérôme Pradon. Je l'aime ce petit gars, juré, mais parfois, il hurle un peu. Ça va bien avec le personnage, mais ça perce juste un peu les tympans. Notez que même quand il hurle, Judas hurle toujours juste, cependant.

Ah, les joies du cinéma ! Il faut un esprit bien étrange pour penser à vêtir Judas de cuir et de latex, et le faire chanter (un excellent titre au demeurant) pendant que Jésus, couvert de son propre sang, tente de trainer sa propre croix, puis se fait crucifier. Les joies du cinéma, c'est aussi avoir des comptes à régler avec son pasteur, je pense...
La réplique qui tue : Jesus Christ Superstar, à l'instar de Cats, ne comporte quasiment pas de dialogues. Ou disons qu'il sont un peu bâtards, avec une diction juste assez rythmée pour faire genre. Du coup, me voilà à nouveau à piocher dans les lyrics, et ça tombe bien, ils sont très bons en de très nombreuses occasions : "If you'd come today you could have reached the whole nation. Israel in 4 BC had no mass communication". Vlan. L'Église peut récupérer ses dents en sortant.
La scène qui tue : J'ai mis beaucoup de temps à déterminer quelle allait être cette fameuse scène. Pendant quelques temps, je l'ai dit, j'ai eu du mal avec Jesus Christ Superstar, non pour son thème mais pour son univers musical. Très sincèrement, Jesus Christ Superstar sans les chansons, ça me conviendrait très bien. Je ne dis pas ça souvent. Mais il y a de très bonnes chansons, n'allez pas croire que c'est rasoir ! Bref, j'ai fini par démêler mon contentieux avec le film/la comédie musicale, et je vous propose donc la chanson du Roi Hérode. Jésus lui est amené afin de prouver ses étonnantes capacités, et le Roi, un être un peu malsain et carrément bling-bling, est très curieux à son sujet. Je propose que dans la prochaine adaptation française, notre Président joue le rôle de Hérode, ça lui irait comme un gant.

JesusChristSuperstar___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoules
Il est clair que si son thème et son traitement font de Jesus Christ Superstar un must-see, je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un incontournable. C'est encore plus particulier à aborder que Cats, quelque part. C'est dire.
Bilan : Voilà une comédie musicale comme on n'en voit jamais assez : il y a un ton, un angle, un propos, qui dépassent largement les productions mièvres qu'on peut voir... hm, ailleurs, on va dire. Aimer n'est pas plus fort que tout, et ce ne sera pas nous dés demain, et rien de ce genre. Jesus Christ Superstar, une grande histoire sur les responsabilités et ceux qui doivent les porter, sur le doute pourtant nécessaire mais parfois dangereux, sur les abus en tous genres... Certes, je ne nie pas que ce soit très particulier, surtout musicalement tout est construit autour de la rupture de rythme, comme si les chansons se coupaient la parole, ce qui renforce l'impression de brusquerie et de violence que l'histoire traite par ailleurs. Les anachronismes font partie du propos, mais certains passages, comme le final, peuvent sembler s'être exagérément engagés dans cette voie. Il m'a fallu un temps d'adaptation, quelques visionnages, avant d'admettre que c'était finalement aussi une force pour ce film. Mais voilà, vous êtes prévenus.

Posté par ladyteruki à 21:36 - Comme au cinéma - Permalien [#]

29-11-09

Le retour de Macavity !

Comment parler de comédies musicales sans aborder celle qui va suivre ? Il me semble inconcevable d'avoir attendu près de deux décennies avant de découvrir Cats. J'ai hélas souvent eu l'occasion de constater que d'aucuns attendent plus longtemps encore, mais ne bougez pas, je viens y remédier.

C'est quoi le nom du film ? Cats
C'est plutôt quel genre ? Miawsical
Qui on connaît là-dedans ? Un chartreux, deux siamois, un européen à poils courts... très joli casting, il faut le dire. Et accessoirement, Elaine Paige (non, rien à voir avec Ellen Page).
Ça date de quand ? 1998
En résumé, de quoi ça parle ? De chats. Quoi, qu'est-ce que j'ai dit ?

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En moins résumé, de quoi ça parle ? Les Jellicle Cats sont une féline communauté qui se réunit une fois l'an, à la pleine lune, et élisent un chat qui aura le droit de partir dans l'au-delà, afin de se réincarner dans sa vie suivante. Chats domestiques ou chats de gouttière, ils se retrouvent tous afin de déterminer quel est le chat à la personnalité la plus méritante, celui que leur leader autorisera à partir au firmament lorsque sera venu le petit matin.
Et ça finit comment ? Au-delà de l'hôtel Russell.

Pourquoi c'est bien ? Ne me regardez pas comme ça. Je sais bien que, vu la description, Cats n'affolera pas les foules a priori : une comédie musicale avec des humains déguisés en chats, tu m'étonnes ! Mais Cats, c'est de la pure magie. Il règne une ambiance parfaite tout au long du film, qui évoque parfaitement le côté bizarre de la rencontre, le mystère félin, l'humeur lunaire... Quant aux chats, ils sont tous plus merveilleux les uns que les autres, les danseurs incarnent totalement le chat, avec passion et tendresse. Après, évidemment, il y a les musiques et la danse, et là encore, le travail réalisé est énorme d'énergie et de méticulosité. Enfin, il y a un aspect pour lequel j'ai un petit faible : Cats est une adaptation filmée de la pièce, avec quelques rares effets spéciaux, des mouvements de caméra relativement libres... mais tout se passe sur les planches d'un théâtre (londonien) au lieu de chercher à sortir, à tourner des plans en extérieur, à tenter de ressembler à un film grand public. Cats ne renie jamais, à aucune moment, sa parenté avec la scène, et j'aime ça.
Pourquoi c'est pas bien ? La première fois, je dois vous avouer que je n'ai trouvé aucun défaut à ce film. Et puis, maintenant que je l'ai revu quelques petites fois, je constate... qu'il n'y a résolument aucun défaut. Ça doit être pour ça qu'en fait ça tourne autour de 20 fois. Oh, évidemment, il faut se laisser porter : Cats est un univers particulier, je ne le nierai pas. Mais une fois qu'on laisse ses éventuels préjugés de côté et qu'on se détend, la magie opère sans discontinuer à chaque scène et jusqu'à la fin.

Ah, les joies du cinéma ! Lorsque j'ai découvert le film, je ne vous cache pas que je faisais mes premiers pas sur internet et que mon premier réflexe a été d'aller regarder des sites sur le sujet. Et sur les fansites, systématiquement, on répertoriait les danseurs qui avaient un ou plusieurs chats à la maison. D'où ma question : fallait-il avoir des poils de chat sur son justaucorps pour pouvoir auditionner pour Cats ?
La réplique qui tue : Cats a la particularité de faire partie de ces comédies musicales intégralement chantées, et vous n'y trouverez pas une ligne de dialogue parlé. Mais c'est pas grave, je ne vais pas vous abandonner pour si peu, je vous propose de piocher dans les lyrics ! Surtout qu'ils sont inspirés par les vers du poète T.S.Eliott... "We're quiet enough in the morning hours, we're quiet enough in the afternoon, reserving our terpsichorean powers to dance by the light of the Jellicle moon".
La scène qui tue : Ce paragraphe devient un vrai crève-coeur. Évidemment, il y a, comme dans toute comédie musicale, des numéros que j'aime un peu moins que d'autres (Skimbleshanks ou Jenny Any Dots), mais parmi ceux que j'aime sans retenue, c'est vraiment trop dur de devoir choisir. Je vous avoue cependant que l'un des charmes de Cats, ce sont aussi ses chorégraphies de groupe. Chaque chat s'y montre unique mais à l'unisson ; sans compter que les chorégraphies sont toujours très réussies. Alors j'ai opté pour l'intro, lancée avec la chanson "Jellicle Songs for Jellicle Cats", où en termes d'unisson, de rythme et de malice, on trouve largement son compte.

Cats___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Clairement, le barème The Fall s'applique à sa pleine mesure ici. Les deux films provoquent un émerveillement similaire... en fait, j'irai même jusqu'à avancer que c'est The Fall qui s'est vu appliquer le barème Cats.
Bilan : Tout a commencé avec une VHS, voilà 10 ans tout juste. Ma sœur et moi avons découvert Cats, ébahies, et ça a été l'une de nos rares obsessions communes, au point que lorsque, quelques mois plus tard, j'ai quitté la maison, je me suis racheté une VHS car aucune de nous n'était résolue à vivre sans garder le film à portée de main. Regarder Cats est aussi intimement lié, chez moià, l'hiver, voire aux fêtes de fin d'année, mais je regarde ce film en toute saison, ça va de soi.
Plus important encore, Cats est une expérience que j'aime faire autant seule qu'accompagnée. D'ailleurs, quand j'ai quelqu'un dans ma vie, le film me sert même de test ! La tête que mon voisin fait devant le film est un indicateur clair de sa capacité à lâcher le monde réel pendant 2 heures et s'enfoncer dans un monde plus abstrait avec moi. Et le verdict a été imparable, d'ailleurs, tous ont aimé (sauf un qui n'aimait rien et s'est contenté d'un "c'était pas mal", c'était le mieux qu'il savait faire quel que soit le sujet, et c'est aussi pour ça que je ne regrette pas ce type :P ). La palme revenant à celui qui deux jours plus tard a demandé à revoir le film...
Pourtant, chaque fois qu'on s'apprête à montrer Cats à quelqu'un, on prend la mesure du défi que ce projet a pu représenter au moment de son lancement : comment convaincre les gens a priori (puisqu'une fois dans le feu de l'action, tout doute est écarté) qu'il y a du bon dans une pièce avec des jeunes gens déguisés en chats qui chantent ? Il y a une réplique d'Une Nounou d'Enfer à ce sujet, d'ailleurs, Maxwell Sheffield ayant fait l'erreur de refuser Cats, le projet lui semblant alors absurde et voué à l'échec.
Chaque fois que je me prépare à montrer Cats à quelqu'un, je me dis " ça doit avoir l'air ridicule ! Le pitch est bizarre, il n'y a pas vraiment d'histoire, pas une ligne de dialogue... c'est vrai, c'est vrai. Mais tout ça, c'est ce qu'on se dit avant d'avoir vu Cats. Avant d'avoir accepté de se laisser embarquer.

Et, vous savez quoi ? Homme ou femme, jeune ou moins jeune, famille ou amis... je n'ai jamais vu quelqu'un en dire du mal après visionnage.

Posté par ladyteruki à 00:09 - Comme au cinéma - Permalien [#]

28-11-09

Some guys just can't hold their arsenic

La contagion, ça marche dans les deux sens ! Sur ce blog, j'essaye de vous faire découvrir des séries, de vous donner mon regard sur des séries que j'ai vues, de vous parler de films que j'ai découverts alors que j'ai des clous sur ma chaise au bout de 45mn...
...et puis parfois c'est l'un de vous qui me recommande un petit quelque chose, un film par exemple, et j'essaye de lui faire de la place dans mon planning. Voici l'un d'entre eux.

C'est quoi le nom du film ? Chicago
C'est plutôt quel genre ? Musical
Qui on connaît là-dedans ? Que des gens du ciné, là-dedans, c'est à pleurer...
Ça date de quand ? 2002... ah bon, déjà ?
En résumé, de quoi ça parle ? Le crime ne devrait pas payer, mais Roxie Hart espère bien qu'il va lui apporter la célébrité...

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En moins résumé, de quoi ça parle ? Roxie Hart, une jolie petite blonde habitant Chicago, espère un jour pouvoir intégrer la revue d'un nightclub. Pour cela, elle pense que coucher avec un dénommé Fred va l'y aider, mais lorsqu'il s'avère que celui-ci n'en a jamais qu'après son derrière, elle le tue. Elle se retrouve donc en prison et, voulant éviter la peine de mort, elle fait l'impossible pour que le meilleur avocat de la ville prenne en charge son dossier. Celui-ci lui conseille de se mettre en avant devant les médias pour se mettre l'opinion publique dans la poche.
Et ça finit comment ? Comme toute comédie musicale devrait finir : sur scène.

Pourquoi c'est bien ? Merci, merci du fond du cœur à freescully qui m'a incitée à regarder ce film. Je ne pensais pourtant pas la chose ultra-nécessaire : je connais depuis plusieurs années les chansons de Chicago (attention, fan de comédies musicales Broadway-style droit devant) et je ne frissonnais pas à l'idée de tenter un film avec Renee Zellweger (Catherine Zeta-Jones et Richard Gere faisant même figure de facteurs aggravants). Et pourtant, Chicago possède une réalisation épatante, et le cast (au moins du côté féminin) s'en sort haut la main. Donc, en plus des très bonnes chansons que tout le monde connaît (enfin, moi au moins), on trouve une adaptation réussie au niveau de la mise en scène. Ce qui m'a le plus ravie a été que finalement, Chicago a opté pour la bâtardisation ciné/théâtre, la plupart des numéros dansés se déroulant non pas dans le décor du film mais sur une scène ou en studio, séparément de l'histoire. L'idée derrière ce choix (pas forcément une évidence d'ailleurs) c'est que Roxie, qui rêve de gloire et de paillettes, s'imagine ces scènes comme des numéros de music hall. En vérité, c'est juste la meilleure façon de rendre justice à des numéros qui auraient largement perdu en couleurs s'ils s'étaient réellement déroulés dans les décors. Pouces levés sur ce coup.
Pourquoi c'est pas bien ? On sent que la prod de Chicago s'est dit : tiens, faisons un casting à contre-emploi. Bonne idée en théorie. Mais franchement, autant Catherine Zeta-Jones (pas du tout attendue dans ce type de rôles) a su m'impressionner, autant Richard Gere est fatigant. Il minaude beaucoup, mais à partir d'un certain point même les pattes d'oies les plus adorables du cinéma ne peuvent rien contre une absence patente de charisme. Je me fous de ce que peuvent dire les Oscars ou les Golden Globes : il est nul dans ses scènes dansées et chantées. C'en est presque douloureux.

Ah, les joies du cinéma ! J'imagine assez bien les séances d'essayage pour la plupart des tenues des numéros musicaux : "Nan, nan, nan, ça va pas, il y a trop de tissus, que quelqu'un me passe des ciseaux !". D'où les tenues minimalistes des filles et l'obsession pour les franges à la place des jupes.
La réplique qui tue : "Billy Flynn's number one client... is Billy Flynn". Un monde cynique constitué uniquement d'egos qui se regardent le nombril, Chicago n'est pas une de ces bêtes romances mises en musique (les Français semblent souvent croire que c'est ça une comédie musicale) mais un portrait sombre d'un univers qui, sans les numéros chantés et dansés, serait franchement dramatique.
La scène qui tue : Si celle-là ne tue pas, je ne sais pas laquelle le fera. Tout y est impeccable : mise en scène, chant, casting... Franchement, si beaucoup de séquences sont extraordinairement bien orchestrées, celle-ci confine au génie. A l'exception d'une (vous me direz si vous pensez à la même que moi, tiens), toutes les danseuses/chanteuses de cette scène sont d'un charisme fou. En plus d'être séduisantes mais ça à la limite c'était quand même un peu dans le cahier des charges. Plus-value non négligeable, Zellweger y fait de la figuration (c'est pas qu'elle soit mauvaise dans ce film, au contraire ; c'est juste que je ne l'aime pas trop), permettant à Zeta-Jones, qui souvent reste en retrait, de s'épanouir et d'impressionner vraiment. Comparativement, son solo sur "I can't do it alone", qui devrait pourtant la mettre en valeur, est moins positif sur cet angle. Bref : "Cell Block Tango" est sans aucun doute le meilleur passage du film, c'est bon, mangez-en. Personnellement, je la regarde en boucle...

Chicago___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Woah, ex-aequo avec The Fall ! Il faut dire que je suis friande de comédies musicales et que celle-ci ne faisait pas exception, au moins sur un plan musical, et donc la version ciné avait de grandes chances de me conquérir.
Bilan : Mais comment ai-je pu vivre sans ce film aussi longtemps ? Certes, à première vue, le casting ne m'excitait pas (et je le répète, Gere se montre très décevant ; je ne ressens pas le sentiment de dépassement de soi qui émane des performances de ses deux collègues féminines), mais au final le film est très réussi. Mais c'est vrai que j'étais un public conquis d'avance, finalement, entre mon amour pour les comédies musicales et ma fascination pour la période de la Prohibition, c'était tout vu. Parfois, on résiste pour de mauvaises raisons. Heureusement, il y a des personnes bien intentionnées pour nous remettre dans les rails.
Une fois de plus, merci à freescully pour avoir insisté, donc.

Posté par ladyteruki à 13:33 - Comme au cinéma - Permalien [#]

I could have danced all night

Il est rare que j'en parle ici, mais depuis fin juin, ma vie professionnelle s'est intensifiée. Et si je vous ai abandonnés une semaine, c'en est la conséquence directe (heureusement en prévision, je vous avais laissé de la lecture et un jeu). Normalement, le mois de décembre devrait être plus calme. Ouf ! Ne plus faire 15h par jour, ne plus travailler la nuit et le weekend... je vais apprécier.
D'autant plus apprécier que j'ai du retard de cagoule. Beaucoup. Il y a un nombre fou d'épisodes qui étaient sur mon planning téléphagique mais qui ont dû céder le passage.

Alors, le temps que je récupère, tant niveau sommeil que séries, je vous propose une nouvelle semaine thématique, constituée uniquement de posts Comme au cinéma.

Je dis souvent du mal du cinéma. Il faut dire que je vais, tout au plus, deux ou trois fois par an dans les salles obscures (et encore, les années fastes). Passer 1h30 ou 2h00 devant une histoire et une seule, ce n'est juste pas pour moi. Typiquement, au bout de 45mn, et sans même avoir consulté une montre, je commence à décrocher.

Pour autant, je ne suis pas bornée, et je sais qu'il y a là-dehors de bons films qui m'attendent. Ou tout simplement des films qui pourraient me plaire. J'ai toujours fait l'effort de regarder des films, du moins depuis que j'en ai eu la possibilité, parce que j'ai conscience d'avoir accumulé du retard pendant longtemps. Cela se déroule selon deux modes : soit je tombe dessus à la télé, soit je cagoule. Le second cas est prémédité (mais totalement aléatoire), le premier pas du tout mais participe au plaisir de se laisser surprendre. C'est ainsi que j'ai découvert Philadelphia, La Couleur pourpre ou encore American History X, avec des années de retard, et souvent avec méfiance pour en avoir entendu parler pendant tout ce temps, mais qu'importe. J'essaye.

Il ne date pas de l'ouverture de la rubrique Comme au cinéma que je regarde des films, bien évidemment. Mais comme, arrivée à 18 ans, j'avais dû en voir 20 ou 30 grand maximum (bon, sans compter les films Disney vus quand j'étais petite, disons), mon goût pour les films ne s'est jamais vraiment développé, et c'est donc encore assez récent. Je connais beaucoup de films par le bouche à oreille, je lis souvent des résumés, je m'informe. En général, pour un film donné que je n'ai jamais vu, je peux donner deux ou trois noms d'acteurs qui y jouent, c'est pas si mal. Mais enfin, il faut reconnaître que je n'ai rien d'une cinéphile et qu'il y a peu de chances que ça change. Je ne suis donc pas sensible au calendrier des sorties, aux résultats au box office, aux critiques dithyrambiques...
Je découvre un peu au hasard, et à mon rythme.

A travers cette semaine thématique, vous allez voir apparaître des films qui ont au moins un point en commun : ce sont les adaptations de comédies musicales célèbres.

Ma première comédie musicale, c'était Grease. J'étais au CE2 et plus enthousiaste que jamais devant un film. Depuis mes goûts ont un peu évolué (j'aime à le penser, disons), mais ça reste l'un de mes classiques.

Greaseisalwaystheword

J'ai vu peu de comédies musicales sur scène, jusqu'à présent, faut d'argent d'abord, de temps ensuite, mais j'entends y remédier autant que possible. En attendant, il y a les adaptations cinématographiques ! Certaines, découvertes récemment, d'autres, l'objet d'une histoire d'amour de près d'une décennie. Mais puisqu'en ce moment, j'ai un regain d'intérêt envers le genre, eh bien, je me suis dit que j'allais essayer de (re)parler d'un maximum de ces films.

Oh, je sais !  Ce n'est pas du goût de tout le monde. La comédie musicale laisse rarement froid : on aime (beaucoup) ou on n'aime pas (du tout). Mais à l'heure de Glee, qui sait ? Tiens, Glee... en voilà une série que je dois rattraper... Allez, je vous laises avec les 7 prochains posts sur les comédies musicales, on se retrouve dans quelques jours. Que le spectacle commence !

Posté par ladyteruki à 13:14 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

27-11-09

Who's that girl ?

Archives   Cet article est issu des archives inédites de ce blog.
Date initialement prévue pour sa publication : 17 Juillet 2009

Comme vous le savez, je ne suis jamais la dernière lorsqu'il s'agit d'utiliser la télévision comme machine à remonter le temps. Je presse un bouton, et hop ! Direction les années 90 ! Hop ! Les années 80 ! Hop hop ! Voici That Girl !
Et comme les voyages, c'est plus sympa à plusieurs, montez, je vous emmène. Eh oui, c'est le retour de La preuve par trois !

ThatGirl___1
That Girl
... je mange mon chapeau si vous avez déjà vu cette série. Pourtant, en voilà un pitch intéressant ! Une actrice essaye de percer à New York. Oui, hm, bon, bref. Mais si dans les années 2000, That Girl aurait été trash, avec des coucheries, des scandales, du vitriol... en revanche, dans les années 60, That Girl s'est révélé être une série pleine de légèreté, de finesse et de drôlerie. Son personnage, Ann Marie, est avec le recul une gentille jeune femme toute sage. Mais on devine que pour son époque et son milieu (elle a grandi dans une banlieue pavillonnaire, modeste et humble), elle fait figure de rebelle en cherchant de la sorte à devenir actrice. Autant dire saltimbanque ! Heureusement, son caractère définitivement adorable fait d'elle un personnage assez conventionnel tout de même. C'est tout le charme de That Girl : une charmante contradiction sans prétention, ni réellement anticonformiste, ni tout-à-fait conventionnelle.

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La vie d'Ann Marie se divise en deux. D'une part, ses parents, dans leur petite vie, leur petite maison, leur vision un peu courte. Et d'autre part, sa carrière, son appartement, son agent, son job d'appoint. Toute la magie de That Girl consiste en une démonstration par l'exemple, et pas par le discours, des différences entre ces deux mondes. Et si évidemment, l'un apparait au spectateur moderne comme étant plus rétrograde que l'autre, la série se garde bien de jamais en désigner une comme étant la moins bonne. Ann Marie semble ressentir un profond respect pour ses parents ; elle sait d'où elle vient, elle a, ancrée en elle, cette culture des classes moyennes. Et son désir de devenir actrice est toujours concilié au maximum avec ces racines. Quant à sa carrière, elle la gère (le présent épisode est démonstratif à ce sujet) avec un mélange de candeur et de lucidité, et ne tombe pas dans les excès qu'on pourrait imaginer. De là, deux façons de voir les choses : Ann Marie est-elle trop enfermée dans les valeurs dans lesquelles ses parents l'ont élevée pour mener une vraie vie d'artiste ? Ou a-t-elle réussi à se créer son propre chemin, celui où elle revendique son indépendance sans rompre avec les générations plus âgées de son entourage ? Il me semble quant à moi que, au lieu de s'aventurer dans un féminisme forcené et revendicatif, Ann Marie applique le féminisme à la lettre : elle fait très exactement ce qu'elle veut de sa vie. Et ce qu'elle veut, c'est à la fois conserver son identité et vivre à sa guise. Le meilleur des deux mondes !

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Comédie pleine de charme, That Girl, c'est aussi une romance dont les balbutiements nous apparaissent rapidement, mais en parvenant à éviter les écueils que percutent de nombreuses trames amoureuses aujourd'hui. Marie et son agent Don sont en effet promis l'un à l'autre, ça crève les yeux. Et les deux bougres en semblent tout-à-fait conscients. Signe des temps ? Marque de leur caractère ? Les tourtereaux prennent leur temps. Ils ne vont ni se sauter au cou, ni courir l'un après l'autre, ni passer d'occasion manquée en sous-entendu préliminaire, non, rien de ce genre. La relation est fraîche, ils construisent leur relation un jour à la fois. C'est aussi, d'ailleurs, une possibilité d'avenir qui s'ouvre devant Ann Marie...

L'optimisme, la franchise, l'innocence de That Girl, sont très rafraîchissants. Avec un personnage central qui ne prêche pour rien de spécial, mais illustre les dilemmes d'une génération de femmes (au moins), la série parvient à être encore d'actualité, et à éviter la mièvrerie. That Girl est un double pari sur l'avenir : celui d'une jeune femme avec certaines valeurs et des ambitions à concilier, et celui d'une série dont la saveur se goûte probablement mieux sur le long terme.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche That Girl de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 22:11 - La preuve par trois - Permalien [#]


20-11-09

[GAME] Celui où il y avait des posts à gagner

Comment ça s'est passé, déjà ? Je ne me souviens plus trop. Toujours est-il que je me suis mis en tête de fouiller dans mes archives pour voir quels étaient mes posts en brouillon. La vache ! Tout ça ? Mais comment est-il possible ?!
En plus c'est vraiment un crève-cœur : il y a là-dedans des posts qui sont totalement finalisés ! Ils étaient prêts, ils ne sont jamais sortis. C'est bizarre quand même. Je me demande bien ce que j'avais en tête... Il y en a un qui date de 2008 ! C'est du gros délire. Complètement n'imp, comme dit ma frangine.

Alors, bon, j'aime pas laisser perdre, vous voyez. J'ai donc convenu avec moi-même qu'il était temps de les sortir. Que ça ne servait à rien de les garder pour moi toute seule. Que franchement, ils n'avaient pas la moindre raison de rester en brouillon, et d'être effacés encore moins.

Mais tout a un prix, les amis. C'est la crise, v'savez bien. Donc ces posts, il faudra les gagner. Comment ? Oh rien de bien méchant, mais bon au moins ça nous change des jeux habituels (inconnus, génériques, etc...). Alors écoutez bien comme ça va se passer...

TelephagicGames
Et si vous êtes sages, après, je vous ferai écouter mon son...

J'ai dissimulé des items sur ce blog. Vous les reconnaîtrez facilement : ce sont des cagoules. Chaque cagoule est placée dans un post choisi au hasard par mes soins, et quand vous cliquez dessus, vous obtenez le nom d'un tag du blog, qui vous permettra de trouver la cagoule suivante. Et au total, il y a 10 cagoules. Le premier d'entre vous qui me ramène le résultat de la cagoule n°10 aura le droit de choisir parmi les posts en brouillons, dont je vais dans un instant vous donner les thèmes.

N'essayez pas de cliquer sur des tags au hasard : j'ai mentionné autour de 650 séries sur ce blog, croyez-moi, cette technique ne fonctionnera pas à moins de tous les faire ! Et n'allez pas vous imaginer qu'en lisant les tags les plus populaires (Rude Awakening, Pushing Daisies...) vous allez couper à travers champs. Non, ça ne marche pas comme ça !

Voici à présent l'indice qui vous permettra de trouver le premier tag, et donc la première cagoule. Pour la suite, débrouillez-vous tous seuls !
La première cagoule se trouve sur le tag d'une série canadienne diffusée sur France2...

A présent, à vos souris, trouvez ce tag, vous trouverez la cagoule n°1, et à partir de là tout va s'enchaîner, vous verrez !
Le premier à me rapporter le mot de la 10e cagoule pourra donc choisir le post collector de son choix, parmi les thèmes suivants :
- un point très unpleasant sur l'industrie télévisuelle
- un générique que je n'ai encore jamais posté
- une opération de contagion sur un individu inattendu
- une réflexion à partir de deux dorama mais pouvant s'étendre à bien des séries
- un post à vocation cinématographique
- un post sur un dorama nullissime
- une réaction à chaud sur l'annonce d'une nouveauté arrivant prochainement sur le câble
- une envie de renouveau au moment où les chaînes annonçaient leurs grilles 2009-2010
- une preuve par trois que c'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe

Samedi 28, je retire toutes les cagoules du jeu ; donc à votre place, je me presserais, quand même ! (et comme je bosse tout le weekend, si vous avez des questions, j'y répondrai dimanche soir)

Posté par ladyteruki à 01:00 - Games On - Permalien [#]

19-11-09

La Une est à vous

Parfois, on se dit qu'après bientôt trois ans à tenir un blog avec plusieurs centaines de posts à son actif, on va avoir du mal à trouver des sujets de conversation. Et puis parfois, les sujets s'imposent d'eux-mêmes. En l'occurrence, je me suis mise à repenser à la façon dont j'étais tombée en téléphagie (ça ne fait pas mal) et j'ai réalisé qu'il y avait encore plein d'anecdotes dont je n'avais pas parlé. Alors qu'en fait, je suis sûre qu'elles sont arrivées à beaucoup d'entre nous. Rien ne rapproche plus deux téléphages que lorsqu'ils découvrent qu'ils ne regardaient pas la même série, mais qu'ils y sont venus de la même façon, d'ailleurs.

Je ne vais donc pas revenir une fois de plus sur ce que, étant lecteurs réguliers de ce blog, vous savez déjà : comment j'ai commencé à regarder des séries avec V, L'Enfer du Devoir et La Belle et la Bête, quand j'étais petite, avec ma mère à mes côtés pour m'aider à prendre du recul ; comment on regardait les séries de midi et de 20h sur M6 quand mon père n'était pas là ; comment SPACE 2063 et Invasion Planète Terre m'ont servi de déclic ; comment avec la découverte de Band of Brothers est venue l'investigation de la Toile... Suivez les tags si vous avez loupé ces histoires-là, au pire.

Non, je voulais partager des souvenirs quasiment prétéléphagiques avec vous. Datant de l'époque où je vivais dans un monde où il n'y avait que deux façons de voir une série : en cachette de mon père pendant que celui-ci était au travail, ou avec lui. Et dans ce dernier cas, c'était lui qui décidait quoi et quand.

Pendant longtemps, mon père n'a regardé que 3 types de programmes à la télé : les informations sur TFHein, Reportages sur TFHein, le Grand Prix de F1 sur TFHein. Il est éventuellement possible que ces programmes aient un vague point commun.

En fait, le weekend, mon père allumait la télé pour le 13H, et ne l'éteignait pas ensuite : le samedi, Reportages, le dimanche, le Grand Prix (sauf évidemment quand les voitures vrombrissaient dés 7h du matin, là il finissait sa matinée devant le 13H). Zut alors, maintenant que j'y pense, mon père a toujours été son propre genre de téléphage, en fait. Sacrée surprise ! Quand on met les éléments bout à bout, on se rend compte que les choses ne sont pas ce qu'elles veulent bien laisser croire qu'elles sont ! Mon père a toujours fait celui qui n'aime pas la télé, mais je m'aperçois qu'il y a passait pas mal de temps en fait.

Mais il n'y avait pas forcément un Grand Prix tous les dimanches, non plus. Et il était communément admis, avant que chacun ne parte s'acquitter de ses corvées, qu'après le 13H, les parents laissaient la télé allumée le temps d'un épisode. C'était un accord tacite : on pouvait regarder la télé avec eux, ou pas, mais il y avait une série et une seule, c'était ce moment-là ou jamais. A l'époque où on nous forçait à regarder le journal télévisé, la question de rester pour la série ne se posait d'ailleurs même pas, et celle-ci était toujours accueillie avec un certain soulagement. Ce n'étaient pas des séries qui me plaisaient vraiment mais enfin, c'était mieux que rien du tout.

Alors pendant des années, Starsky & Hutch, Le Rebelle, Rick Hunter, ou Walker Texas Ranger ont été les seules séries du weekend. Faut de mieux...

StarskyHutch

Quand j'entends le générique de l'une ou l'autre de ces séries, j'ai tout de suite l'odeur du café noir de mon père qui remonte à la surface, le souvenir du café qu'il prenait en grignottant un biscuit sec et sans saveur (parce que dans ma famille, quand on se détend, on ne le fait pas complètement, on entretient une part de frustration systématique), et si quelqu'un me lance le générique de Walker Texas Ranger, mettons, j'ai l'impression que le bruit de la cafetière est intégré dans la piste sonore.
Ensuite, l'épisode fini (toujours de la même façon d'ailleurs), mon père se levait, allait éteindre la télé, et cela sonnait le glas de la détente du jour. Chacun se devait d'aller qui faire la vaisselle, qui balayer les escaliers, qui passer la serpillière, qui sortir ses outils pour bricoler.

Vers 18h00 environ, le temps des corvées était fini, et c'était alors d'une autre façon que se posait la question de la télévision. Heure traditionnellement réservée aux bains des enfants (ma soeur et moi, donc), l'idée était d'essayer de grapiller quelques minutes de télévision pendant que l'autre était dans le bain. Soit on se débrouillait pour passer la première, on faisait au plus vite, et on essayait de se mettre devant la télé pour une heure quasi-pleine avant le dîner, soit au contraire, on commençait par allumer la télé et on trainait le plus possible avant d'aller à la salle de bains. Inutile de dire que quand les deux soeurs avaient choisi chacune une technique, ça provoquait quelques frictions ! Ma mère passait un dernier coup de serpillière, et le dimanche soir sera toujours pour moi lié à l'odeur du produit d'entretien bon marché, vaguement citroné, qui embaume pendant qu'on se colle devant la télé en attendant que papa revienne du garage, du jardin, ou l'endroit de la maison où il avait bricolé tout l'après-midi. Et dés qu'on entendait la porte de la cave ou le bruit de l'échelle qu'on replie, vite, vite ! On éteignait la télé et on était toutes les trois, soit une femme avec son balais trempé et les deux gamines en peignoir bariolé, quasiment au garde à vous, l'air de rien, et on enchaînait sur l'installation du dîner.

Un weekend de télé, c'était toujours synonyme de petites fenêtres de possibilités dont il fallait se saisir au plus vite, de TFHein, et d'odeurs domestiques.

Plus tard, bien plus tard, nous avons bataillé pour avoir une petite télé dans la chambre de ma soeur, et nous avons gagné d'arrache-pied une nouvelle liberté téléphagique. Mais c'est une toute autre histoire...

Posté par ladyteruki à 18:44 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

Chanson d'amour en très mineur

Ils sont chiants ces Japonais. Nan, si, il faut le dire quand c'est vrai. Qu'est-ce que c'est que cette façon d'appeler deux séries exactement pareil ? Bon alors, ok, pas exactement. Il y a une nuance dans la ponctuation. Laissez-moi en effet vous présenter :

  
Ai no Uta!
Ai no Uta
AinoUta_2
AinoUta_1

Moi, j'étais partie pour regarder Ai no Uta. Et évidemment je me suis retrouvée avec le pilote de...? Je vous le donne en mille : Ai no Uta!.
Bref, me voilà devant un cas de conscience : j'ai un pilote pas du tout sollicité devant les yeux. Mais un pilote quand même, donc, euh, bon... bah évidemment j'ai craqué. Je ne résisterai jamais à l'appel du pilote au fond de la cagoule.

Ai no Uta! raconte une histoire qu'on a déjà vue quinze fois. L'idée c'est qu'il y a de la marmaille en jeu, et que quelqu'un qui n'est pas à l'aise avec les mioches en général, et ceux-là en particulier, va devoir s'en occuper. J'attire au passage votre attention sur là par où le drame arrive : le papa des trois bambins meurt... dans un accident de voiture. Voir aussi le post précédent.
A quand une série sur un instructeur d'auto-école pour sauver la population japonaise ?! (je vois bien Aya Ueto dans ce rôle, tiens)

Bref, donc, voilà Aki, jolie jeune femme par ailleurs (elle est toute en dent mais c'est pas grave), qui se retrouve avec trois mômes sur les bras, dont on imagine aisément qu'ils vont s'opposer à elle pour mieux l'aimer ensuite, disons, au hasard, vers le dernier épisode. Sans compter que la miss est un peu jeune pour être veuve, ça rajoute du pathos, certaines séries semblent penser qu'il n'y en a jamais trop.

Mon verdict : fuyez ! Courez ! On pourrait penser qu'en 2007 (la série n'est pas vieille) on avait fait le tour du sujet, mais Ai no Uta! insiste pour refaire un tour de piste. Aucun poncif ne nous sera épargné dans le pilote : les enfants rebelles (sauf la petite dernière, qui est petite et mignonne, donc qui aime la belle-maman), la gentille belle-doche pleine de bonne volonté... Même la chronologie de l'épisode est pénible, avec un pseudo-flashback vu et revu : on commence à dire quelque chose, on arrête tout et on reprend du début. Les effets de style, c'est pratique quand on n'a rien à dire.
Je crois que même Lifetime a arrêté de faire des téléfilms comme ça.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ai no Uta! de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:53 - Dorama Chick - Permalien [#]

Amer agrume

Ça fait quelques temps maintenant que je ne lis plus tellement les pitchs des séries que je vais découvrir. Parfois on le sait à l'avance, c'est inévitable, et puis parfois, vraiment, on n'en a pas la moindre idée et on tente le coup, comme ça, au hasard, parce qu'on est tombé dessus dans la filmographie de quelqu'un, parce que le pilote s'est offert à notre cagoule, parce qu'on cherchait autre chose et qu'on est tombé dessus, peu importe. Et je dois dire que sur pas mal de choses, cette technique a du bon.
On n'attend pas quelque chose de précis. On se laisse porter. On ne connaît ni surprise ni déception. On découvre et on a le sentiment de juger la série pour ce qu'elle est, et pas pour les espoirs qu'on avait placés en elle.

Au contraire, quand j'ai lancé Daisuki!!, j'étais très réservée, parce que justement j'en connaissais le résumé et que, bon, ça fait un peu redite de 14 Sai no Haha : une jeune fille psychologiquement fragile (ici, pour raison de retard mental) décide d'avoir un bébé contre vents et marées. Mouais. Bon.
Mais une aficionado de Corky telle que moi ne pouvait qu'y jeter un oeil, histoire de voire quel traitement la fiction nippone accordait aux troubles mentaux, pour commencer.

Peut-être que du coup, j'ai trop cherché la parenté avec l'une ou l'autre de ces fictions, parce que de toute évidence, Daisuki!! n'a pas grand'chose à voir avec elles.

Au lieu, comme 14 Sai no Haha, de suivre pas à pas la grossesse de l'héroïne, Yuzu (ce qui certes, avait ses longueurs, mais permettait de n'éluder aucune question de principe sur la grossesse adolescente), Daisuki!! prend le parti, dés le pilote, de s'autoriser des bonds dans le temps. Explorant ainsi très vite à la fois le problème de la grossesse en elle-même, et les problématiques sur l'éducation de l'enfant. Et franchement, ça ne m'était pas apparu sur le moment, mais effectivement je me rends compte après coup que ce regard au-delà de la naissance a manqué à 14 Sai no Haha.

Reste le tabou quant à la sexualité ; les fictions japonaises ont un vrai problème avec ça. Du plus loin que remonte mes souvenirs, ce qui ressemblait le plus à une scène de sexe, c'était dans Orange Days, c'est dire ! Donc de la même façon que la conception du bébé de 14 Sai no Haha avait été un peu romancée et surtout éludée, ici, Himawari pourrait avoir poussé comme une plante en pot, ce serait pareil. Les parents ne se sont jamais touchés, à en croire le pilote. L'immaculée conception.
Du coup, forcément, la (courte) scène de l'accouchement offre un réalisme autrement plus saugrenu.

Histoire de s'éviter les problèmes que 14 Sai no Haha avait rencontrés avec le papa, dans Daisuki!!, celui-ci est éliminé sans autre forme de procès par un très pratique (et très con) accident de circulation. Je l'ai déjà dit mais je le répète : il y a un vrai problème de sécurité routière au Japon. D'après mes observations personnelles, dans les dorama, une mort sur deux est due une voiture, un camion ou un bus. C'est un véritable problème de société, et j'attends le dorama qui brisera la loi du silence, et osera clairement exposer au grand jour cette problématique qui, j'en suis sûre, nous touche tous dans ce que nous avons, profondément, de plus piéton.
Pour info, l'autre moitié des décès est majoritairement due à des maladies graves et incurables. Le Japon semble être un pays de cocagne au vu de ces statistiques...

En fait, le pilote de Daisuki!! est si complet, de par sa chronologie compressée, que c'est à se demander ce que les épisodes suivants pourront bien trouver à dire ! Yuzu perd son amoureux, la famille découvre qu'elle est enceinte de 5 mois (c'est d'ailleurs une véritable curiosité : quel est la limite légale pour avorter au Japon ? Parce que si j'en crois Daisuki!!, c'est open bar !), chose qu'elle-même vivait pourtant jusque là avec beaucoup de sérénité (je salue le système éducatif nippon sur la qualité de son éducation sexuelle auprès des attardés mentaux), elle a son bébé, on menace de le lui retirer, et hop ! L'épisode arrive à son terme et le bébé a déjà deux ans. Mais que diable trouvera-t-on comme rebondissements ultérieurs ?!

Les retournements de situation, si j'en crois le trailer, viendront d'une jeune fille extérieure à la famille qui va venir semer le trouble dans la vie d'une maisonnée déjà bien retournée. A l'instar des déboires financiers de la belle-doche de 14 Sai no Haha, j'ai le sentiment que cet axe va nous éloigner du cœur du sujet, pour créer des histoires là où personne n'était venu en voir.
Au lieu de cela, je préfèrerais largement qu'on explore la problématique de départ avec méthode et précision, en se demandant, par exemple, si Yuzu a la capacité de travailler ET s'occuper de Himawari, ou si la petite accuse elle aussi un retard mental. On est en droit de se poser la question, et jusque là cette crainte n'a pas du tout été abordée.

Daisuki!!, et c'est la bonne nouvelle, n'est pas une vilaine copieuse comme je le craignais. Ce qui a ses avantages comme ses inconvénients. On y trouve de bonnes idées mais, passé le pitch de choc, on a le sentiment à la vue du pilote que la série va se contenter de rester neutre et d'éviter de valeureusement aller affronter son sujet, pourtant louable. C'est dommage, mais d'un autre côté, c'est TBS et pas HBO.

D'ailleurs, le peu de traitement qui en est fait est très naïf. A ce titre, je vous propose la toute première scène du pilote, où Yuzu et son bien-aimé Sousuke sont dans le bus. Autant la scène est d'une remarquable tendresse et montre une complicité touchante, autant c'est d'un angélisme certain, ou alors il faut vraiment que je déménage au Japon vite fait ! Pas un regard de travers dans le bus (alors que les deux amoureux sont assez bruyants), pas une remarque... j'aimerais croire qu'une telle société existe, vraiment. Mais j'ai une sorte de doute, quand même. Ce genre de détails montre bien comme Daisuki!! est prêt à brader son propos pour obtenir de l'émotion, et c'est dommage.

daisuki

Quant à la récompense décernée à l'actrice Karina pour son interprétation, elle qui passe 90% de son temps dans le pilote à hurler "Himawariiiiii !" (les 10% restants étant effectivement convaincants, soit), le sens m'en échappe un peu. Peut-être qu'après un premier épisode si chargé, il est nécessaire de regarder un peu plus la série pour s'en faire une opinion définitive ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Daisuki!! de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:14 - Dorama Chick - Permalien [#]

18-11-09

Why not regarder SMALLVILLE

ReasonsWhyNot_Smallville

Voici les 10 raisons de ne pas regarder SMALLVILLE :
1 -
Parce que rien que de voir la photo ci-dessus, ça donne le fou-rire
2 - Parce que de toutes façons ya pas de mystère, à la fin, le gars, il devient Superman
3 - Parce que Tom Welling a le charisme d'un sac en papier
4 - Parce que l'adolescence de Clark Kent a duré deux fois plus longtemps que la nôtre (ou alors on compte en années-Krypton ?)
5 - Parce que vous voulez rester le bienvenu sur ce blog
6 - Parce qu'une fois que Lex Luthor s'est barré, on sait qu'il n'y a plus rien à espérer
7 - Parce que les triangles amoureux c'était mignon au début... disons, les 10 premiers épisodes
8 - Parce que la petite Allison Mack mérite mieux
9 - Parce qu'il est à souhaiter qu'à un moment, le public de cette série a grandi
10 - Parce que le suicide n'est pas une solution
Libre à vous d'en ajouter, étant bien entendu qu'il n'y en a aucune à retirer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche SMALLVILLE de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:26 - lady's reasons why not - Permalien [#]


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