ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

19-06-09

Yummy business

En prévision du jour où Eske (sa télécommande soit louée) aura le temps de mettre en ligne plusieurs fiches dédiées à des séries japonaises, je me permets de me mettre à l'heure nippone également, en vous présentant une nouvelle série dans la catégorie Dorama Chick.
Enfin... bon, je dis "nouvelle", façon de parler. La série ne date pas d'hier mais elle est suffisamment récente pour que vous n'ayez pas à souffrir d'un choc comparable à celui ressenti devant Kamisama, Mou Sukoshi Dake ou Bokura no Yuuki dont, avec un peu d'effort, vous vous souviendrez que j'ai déjà parlé.

La série du jour se nomme Lunch no Joou (si on veut entrer dans le pointillisme phonétique, on notera que le barbare dernier mot se prononce à peu près "Djo-o", il ne sera pas dit que vous aurai laissé aller au lit aussi bête que vous en étiez sorti), soit, traduit, "la reine du déjeuner". Ô joie de voir alors vos visages s'éclairer : "ah mais dis donc, on avait aussi ce mot-là dans Joou no Kyoushitsu !", certes, mais, dites-donc, est-ce que vous m'avez pris pour une prof de Japonais ? Nan parce que je veux bien vous cultiver un peu m'enfin je ne peux pas TOUT faire non plus.

L'histoire de Lunch no Joou ? Elle repose sur un personnage mignon comme tout : une jeune femme au tempérament de type syndrome prémenstruel permanent qui adore, mais adooooooore, déjeuner. Je déconne pas. C'est son bonheur dans la vie. Bah et alors, zavez jamais vu un personnage épicurien ? Vous demanderez à Thibaut de Saint Maurice, il va ptet en profiter pour vous expliquer que Shasta! est une série sur l'épicurisme...
Et donc, notre jeune femme, qui se nomme Natsumi, est une amoureuse de l'heure du déjeuner. Elle porte même sur elle en permanence un cahier dans lequel elle consigne ses bonnes adresses, les coupures de magazines mentionnant des restaurants qu'elle aimerait tester, et ses impressions sur chaque échoppe ainsi découverte. Et son plat préféré, c'est l'omurice.
L'omurice.
L'OMURICE. Oh nom d'un chien, rien que d'en parler.
L'omurice, c'est l'un de ces plats japonais dont vous avez peu de chances d'avoir entendu parler, nourri à la culture sushi que vous êtes probablement, et qui hélas a beaucoup de mal à parvenir dans nos contrées. Pourtant il n'est pas exagérément exotique dans ses ingrédients, puisqu'en fait il s'agit d'une omelette japonaise assortie de riz cuisiné à la poele avec du poulet, et surtout nappée d'une sauce demi-glace nécessitant des heures de préparation minutieuse.

C'est à ce moment, je pense, que vous commencez à saisir tout l'intérêt de Lunch no Joou : l'univers de la cuisine japonaise. Quand on regarde cette série, et bien que chaque épisode ne consiste certainement pas à apprendre une nouvelle recette, on en a l'eau à la bouche, c'est un vrai plaisir. Loin des poncifs sur la découpe minutieuse de sushi hors de prix, ici, on est dans une cuisine de proximité, soit une découverte pour nombre d'entre nous sur ce que mangent, réellement, les Japonais.
Vous n'imaginez pas combien de fois ma soeur et moi-même avons bavé là-devant. Nous sommes désormais investies de la quête de l'omurice parfait (déjà, y goûter une première fois serait un grand pas en avant), et nous n'avons de cesse de harceler les restaurants japonais que nous dénichons dans l'espoir d'y faire un festin d'omurice.
OMURICE, quoi ! A prononcer avec la langue qui pend et des plic-plic sur les chaussures.

Mais je vous rassure, Lunch no Joou n'est pas une ode de 12 épisodes à la gloire de l'omurice (quoique conceptuellement parlant, ça me conviendrait tout-à-fait). L'idée directrice, c'est que Natsumi est une telle fan de l'omurice qu'un jour, au resto Kitchen Macaroni (est-ce que vous n'adorez pas les noms des établissements nippons ?), elle y trouve le Valhala, l'omurice ultime, et accepte de faire semblant d'être la fiancée d'un des employés du restaurant pour lui rendre service, tellement le goût de l'omurice transcende jusqu'à ses valeurs morales. Bon en fait, chronologiquement, c'est pas exactement comme ça que ça se passe, mais je vais pas tout vous raconter non plus...

Donc Natsumi accepte de rendre service à l'un des employés du Kitchen Macaroni, et se fait donc passer pour sa fiancée. Sauf que Kitchen Macaroni est un resto familial tenu par les Nabeshima : le père, qui tient la maison d'une main de maître et accessoirement cuisine l'omurice le plus génial de la planète, et les fils qui officient quasiment tous à des postes divers et variés du restaurant (serveur, commis de cuisine, cuisto...). Tous, à l'exception du frère qui a demandé à Natsumi de se faire passer pour sa fiancée, et qui s'est carapaté sans demander son reste, oui-oui il est très courageux ce gaillard, la plantant là. En tant que fiancée qui attend que son promis revienne vers elle, il est donc attendu de Natsumi qu'elle intègre l'entreprise familiale car les Nabeshima se doivent de prendre soin d'elle en attendant que l'autre benêt revienne chercher sa dulcinée (qui ne l'est pas, mais la famille l'ignore). Et accessoirement, on attend aussi d'elle qu'elle emménage chez sa future belle-famille... qui sont donc de parfaits inconnus. Vous voyez que le pouvoir de l'omurice est sacrément fort pour réussi à la mettre dans une galère pareille !
S'en suivent bien des péripéties et des quiproquos, là autour de la supercherie, ici autour du caractère pour le moins fougueux de Natsumi, là encore autour des inévitables conséquences qui suivent l'arrivée d'une jolie fille dans un environnement strictement masculin (oui il va y avoir un triangle amoureux, c'est un dorama).

Natsumi, prise au piège (un peu parce qu'elle le veut bien, un peu parce que chacun à sa façon, les frères Nabeshima sont bien attachants), se voit donc souvent dans des situations délicates. Mais d'un autre côté, elle peut manger de l'omurice à volonté. OMURIIIIICE !

Je ne vais pas vous mentir, Lunch no Joou, si vous ne l'aviez pas encore compris, est avant toute chose une comédie. Mais pas lourdingue. On prend assez rapidement la mesure de la profondeur de chaque personnage, et chacun a dans le fond un petit coeur tout fragile comme... l'enveloppe d'un omurice. C'est ce qui évite à la série d'être totalement superficielle et donc rasoir. Sans compter qu'un évènement plus sombre interviendra en cours de route, au moment où vous vous y attendiez le moins... et croyez-moi, ça m'a bien mise à l'envers. Totalement dévastée, la lady.

Plutôt dans la moyenne supérieure des comédies japonaises, Lunch no Joou restera aussi dans l'histoire comme la série qui a permis à de nombreux restaurateurs de se voir vertement répondre : "pfff, pas d'omurice ? Allez viens rei, on va manger ailleurs". Pour l'anecdote, une fois, il y en a un qui a répondu : "désolé, on ne fait que de la cuisine japonaise ici". J't'en foutrais.
Maintenant, rapide petite interrogation écrite : quel était le mot-clé de ce post ?

Et pour ceux qui manquent cruellement d'omurice : la fiche Lunch no Joou de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 14:10 - Dorama Chick - Permalien [#]

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