ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

05-06-09

Baron de la drague

"Mark ! Eh, mon pote, comment va ? Mais ça fait une éternité ! Depuis quand ? Naaaan, Conrad Bloom, déjà ? Je le crois pas, on s'est forcément vus depuis... mais si, rappelle-toi, Sex & the City ! T'étais nul au pieu mais t'étais mignon comme tout. Alors, mais qu'est-ce que tu deviens ? Héros d'une nouvelle série médicale ? Cool ! Eh, avant que j'oublie, j'adore tes pattes d'oie, elles s'améliorent d'année en année. Ok, on s'appelle et on se fait une bouffe ? Génial, à bientôt alors..."

Si vous allez sortir ce soir et que vous vouliez savoir ce que je pense de Royal Pains avant de partir, c'est en essence tout ce que vous avez besoin de savoir. Si comme moi vous êtes exténués par votre boulot et que vous ne bougez pas de votre sofa avant demain, alors voilà la revue de détail...

Outre les charmantes retrouvailles avec ce bon vieux Mark Feuerstein, qui fait partie de ces gars qu'on suit du coin de l'oeil sans qu'ils ne nous manquent vraiment lorsqu'ils sortent de notre champs de vision, jusqu'à ce qu'on les retrouve par hasard et avec joie, Royal Pains, l'une des nouveautés de l'été, est une non-surprise amusante.
Non-surprise parce que, non, la série n'a rien inventé. Le coup de recycler à la fois le concept de Privileged en l'adaptant à la disparition fort opportune d'Urgences (qui laisse un vide dans les séries médicales que beaucoup vont tenter de combler dans les mois à venir) sans toutefois chercher à remplacer la défunte série en copiant sa recette trait pour trait, ce n'était pas très original mais ça a le mérite d'être finaud, et surtout suffisant en la saison. Mais amusante tout de même : on peut donc considérer l'objectif atteint.

Les premiers souffles de vie de Royal Pains sont pourtant irréguliers. Après une embolie scénaristique où le valeureux médecin tente un sauvetage en milieu improbable (ici un terrain de basket... il y en aura d'autres ensuite), volant au secours du patient le moins riche quitte à sous-évaluer le risque du patient le plus riche et VIP, j'ai bien cru que je ne tiendrais pas le coup, mais j'ai eu raison d'attendre. L'acte suivant s'ouvrait sur une très drôle séquence en appartement, avec un Mark plus téléphage que nature, qui orientait plus la série sur un ton qu'elle avait snobé les premières minutes : la comédie. Stats instables pendant un long moment. Le doigt sur le bouton d'arrêt, je songeais sérieusement à l'euthanasie de ce pilote dont j'entendais tant de bien depuis ce matin.

Et puis les choses se sont progressivement débloquées. Les scènes médicales ont commencé à être moins lourdes de clichés. Les personnages ont pris leur envol. Mark a probablement avalé quelques déconstipants, aussi. Le sexe faible a fait preuve d'une persuasion indéniable, et notamment la délicieuse Divya qui DOIT absolument prendre plus d'ampleur. Les décors ont parachevé le boulot. On pouvait extuber officiellement après 25 minutes bancales, Royal Pains était alors hors de danger. Deux pupilles vertes m'avaient aidée à patienter, j'avoue...

La variété de cas rencontrés, la technique MacGyver (assumée ensuite) de Mark/Hank, les personnages secondaires épatants d'énergie, la prod soignée, tout cela permet de passer un bon moment, puis de commencer à franchement rire, et même avoir une larmouchette à l'œil lorsque Mark/Hank réalise devant l'océan qu'il va s'établir ici et commencer une nouvelle vie (les histoires de nouveau départ ça me fait toujours ça, si vous n'aviez pas encore compris l'objet principal de ma passion pour Life), bref, à adopter Royal Pains, qui n'a peut-être pas forcément quelque chose de royal mais n'a rien de douloureux en tous cas.

Je souscris donc plus ou moins à la tendance générale : Royal Pains est une très honorable série d'été, un divertissement pas abrutissant à la fois léger et bien troussé, qui n'évite pas les poncifs du genre sans s'y embourber, bref, quelque chose qui se laisse regarder même s'il n'y a pas de quoi devenir accro à la série comme à de la morphine. Si j'en loupe un épisode, je ne pense pas en mourir et sans doute même pas ressentir d'effet de manque, mais c'est suffisamment agréable pour que je ne me plaigne pas de cette nouvelle addition à mon palmarès.
Et de 100.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Royal Pains de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:57 - Review vers le futur - Permalien [#]

Pas très Rome antique

Il y a quelques jours, M6 commençait à diffuser Rome (et je peux continuer de me vanter d'avoir vu la série avant sa diffusion quand même, et toc), et je voulais vous en reparler même si, c'est vrai, on pourrait croire que j'en ai tout dit l'autre fois. Et donc, en dépit de l'heure tardive, j'étais devant, dimanche. Je ne sais pas encore comment je vais m'organiser pour les semaines à venir (désolée de bosser, hein M6) mais j'ai quand même quelques remarques.

D'une part, j'ai été surprise de la signalétique "-12". Je ne sais pas trop comment ça s'est goupillé sur Canal+, je n'ai pas bien suivi et en plus je n'ai pas la chaîne (déjà en clair, c'est limite...), mais ça me semblait quand même drôlement sous-estimé, et ce tant niveau sexe que violence. Et c'est d'autant plus incohérent que l'heure tardive de diffusion laisse penser qu'un créneau était hors de question plus tôt, même en semaine.

Du coup ça rejoint un peu le débat de la semaine dernière sur l'éternelle question des jeunes devant la télé.
La diffusion de Rome telle que choisie par M6 donne l'impression d'un triple verrou : la signalétique "-12", la diffusion le dimanche soir, et l'heure tardive. Overkill. Et ça pose donc la question suivante : si l'heure de diffusion ne suffit pas, si le jour de diffusion ne suffit pas, qu'attend-on au juste de l'efficacité de la signalétique ? Normalement ces éléments sont des garde-fous, mais si elle en a besoin de trois pour se compléter, n'est-ce pas un aveu d'impuissance ?

Ah, évidemment, il y a l'autre interprétation à ce geste, selon laquelle ce créneau sert de poubelle à une diffusion que M6 n'avait pas envie de mettre en valeur. Mais là on rentre dans un autre questionnement, celui de la présence d'esprit des chaînes françaises qui font des acquisitions pour ensuite ne les diffuser qu'avec négligence et mépris. Vaste sujet que, si vous le voulez bien, on explorera une autre fois et avec le concours de psychiatres.

Et puis, il y a ma deuxième remarque : deux épisodes, c'est tout simplement du vice. Évidemment, comme je n'avais vu que le pilote jusqu'alors, j'étais contente de me voir offrir la possibilité de découvrir la suite sans attendre le dimanche suivant. Je ne vous cache pas qu'un "aaaah" d'enthousiasme m'a échappé lorsque la mention "tout de suite - Rome" s'est affichée à l'écran. Ça se pose comme une évidence sous cet angle, effectivement. Mais si on se raccroche à cette seule logique, dans ce cas autant diffuser l'intégrale de la série en nocturne pour être certain de ne pas faire patienter le spectateur, à ce stade. Mais l'heure choisie pour diffuser la série était déjà assez peu pratique, était-il utile d'en rajouter en optant pour deux épisodes ? Ça faisait quand même beaucoup. Déjà, en général, je fais partie des partisans du "normalement, c'est conçu pour qu'il y ait un épisode par semaine, je ne vois pas pourquoi nous, petits Frenchies, on doit s'en farcir plusieurs d'un coup", mais alors là on est dans l'absurde le plus total. Et pourtant je me vante d'être une noctambule mais à un moment, on a envie de ne pas passer son lundi férié à comater devant la télé juste pour les beaux yeux de M6. Ça s'appelle vraiment se tirer dans le pied !

Parce qu'on ne me fera pas croire que le public se sent incité à regarder une série :
- qui de loin ressemble à un péplum avec des vieillards en robe
- qui passe à des heures indues
- qui oblige à se coucher à plus de 2h du mat' en semaine

Ce qui aurait pu être une excellente idée devient donc, une fois de plus, une mauvaise blague de la part de M6. On a vraiment l'impression que la chaîne manque cruellement de confiance dans son programme, alors qu'il s'agit probablement de son choix le plus ambitieux depuis Oz. Il faut dire que ça date, et qu'en plus ladite diffusion n'avait servi qu'à rabattre les spectateurs sur Série Club, la chaîne ne jugeant opportun que de diffuser la 1e saison, et soigneusement lardée de publicités pour sa petite sœur.

Rome ne proposant que deux saisons, et donc peu de perspectives d'avenir, elle en est donc réduite au statut d'alibi, là où elle aurait pu redorer le blason de la "chaîne des séries". Au moins qualitativement, quoi, à défaut de drainer les spectateurs par millions, chose qui ne se serait sans doute pas produite même dans des conditions optimales, il faut le reconnaître.
Encore que... on n'est pas à l'abri d'une surprise, après tout. Je me faisais l'autre jour la réflexion, devant la saison 2 de The Tudors, que ces fictions semblent de prime abord arides mais sont tout justement étudiées pour éviter d'être barbantes. Par le biais d'action, de sexe, de violence et d'intrigues empruntant à des genres plus grand public (complots, coucheries et tromperies, etc...), elles sont finalement assez accessibles sitôt qu'on franchit la barrière psychologique de la série d'époque en costumes (que, comme vous le savez, j'ai moi-même mis beaucoup de temps à dépasser). Mais la plupart des spectateurs n'ont aucune chance de le savoir. Une fois de plus, on ne permet pas aux gens d'avoir accès à des fictions différentes qui pourraient leur permettre de s'éduquer télévisuellement.

Une fois de plus il ne faudra donc pas compter sur M6 pour faire un effort. Comme un peu trop souvent à mon goût, ce sera au spectateur de faire preuve de bonne volonté... Ce qui est un peu un comble sur le papier ! Ce doit être ça, finalement, l'exception culturelle française : les français qui ont de la culture télévisuelle sont une exception. Les autres n'ont qu'à se ruer sur la viande qu'on leur jette comme à des chiens, même si c'est diffusé dans le désordre, même si les rediffusions sont mêlées aux inédits, même si ça fait quatre fois qu'on a vu la même enquête cette année.
Je vais finir par rompre avec cette chaîne aussi... et après, il ne faudra pas s'étonner, M'ame Albanel !

Posté par ladyteruki à 07:20 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]
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