ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

17-05-09

Meunier...

On a déjà parlé maintes et maintes fois de mon aversion pour les séries se déroulant dans le passé, par opposition aux séries ayant été tournées à l'époque en question. Mais on est d'accord que dans le cas Rome, ou encore de The Tudors, c'est pas gagné de trouver des séries d'époque, n'est-ce pas ? Il ne reste donc plus qu'à se taper ces reconstitutions fictives, en prenant sur moi chaque fois que la prod en rajoute pour faire plus authentique, et ça m'énerve prodigieusement mais, au nom de la culture, quand même, merde, quoi. lady, surveille un peu ton langage, diantre !

Ainsi donc... Forte de ma relativement bonne surprise devant Rome, je me suis donc sentie encouragée à tenter The Tudors, qui jusque là m'avait fait l'effet d'une série bien plus caricaturale que Rome, avec du cuissage en veux-tu, en voilà, un roi ayant l'air d'avoir fait les pages centrales de PlayGirl, et autres joyeusetés pour égayer l'oeil mais guère l'esprit.
Mais je lançai le pilote en me disant que ma vision en était forcément erronée, puisque je n'en avais eu qu'un aperçu très distant et détaché.

Mes amis, il n'en est rien. The Tudors m'a offert un florilège de tout ce qui peut me rendre folle de rage devant pareille fiction. Dans les grandes lignes, il ne s'agit que d'un soap : qui couche avec qui, qui ourdit un sombre complot contre qui et avec l'aide de qui, et au milieu de tout ça, un étalage de chair sans aucun autre intérêt que celui d'apâter le spectateur qui aurait peur de trop solliciter son cerveau devant une série en costumes.
La belle affaire.

D'autant que The Tudors a aussi l'irritante particularité d'avoir pour personnage central ce qui s'avère réellement être un mannequin pour sous-vêtements, plus habile à jouer de son regard de gravure de mode que de subtilités dans son jeu, et que la série ne perd pas la moindre occasion soit de détailler sa musculature, soit de le présenter en fort charmante compagnie (et quand ce n'est pas lui, c'est un autre qui lui ressemble).

Les intrigues de la cour, les tractations diverses qui se déroulent dans le dos du roi (car pour aller jusqu'au bout de la caricature, il lui fallait également être gonflé d'orgueil, imbu de sa personne, et quasiment incompétent dans les affaires d'état, ce qui forcément fait que tout le monde peut intriguer dans son dos pourvu de lui faire des courbettes par devant), les histoires de fesses, et évidemment toutes les scènes infligées au spectateurs pour faire plus véridique (parfois longuettes, comme la joute), ne parviennent pas à masquer cet état de fait : The Tudors n'apporte pas d'éléments suffisamment stimulants pour qu'on pardonne les multiples facilités du scénario.
Aussi me pardonnerez-vous, j'en suis sûre, l'extrême facilité de mon titre, mais je le voulais assorti.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Tudors de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:49 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

[DL] Queer As Folk (US)

Allez, avouez. Avouez que vous aviez fini par abandonner l'espoir que je vous donne une cagoule de ce générique, celui qui pète la rétine, celui qui rend épileptique, celui qui surtout, ne donne pas envie de regarder la série (comme si le fait d'être une adaptation US d'une série britannique ne suffisait pas).

QueerAsFolk_US2
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Puisqu'on en parle, après avoir jeté un coup d'œil au pilote, j'ai très envie de pousser freescully au vice, en l'encourageant à un post comparatif entre les deux versions de la série, car ça doit valoir le coup de la voir décliner cet exercice dans ce cas précis. Le copier-coller semble parfait au milimètre près, mais...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Queer As Folk (US) de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 09:11 - Médicament générique - Permalien [#]

Guacamole, nouvelle recette

Je n'avais pas vraiment fait attention au fait que TF1 diffusait une saison récente de Law & Order en 712e partie de soirée le samedi. J'en étais restée à Affaires non classées, et comme vous le savez, moi, les séries britanniques... même avec une excellente musique de générique... Alors j'avais pris l'habitude d'éteindre après ma dose hebdomadaire de New York Unité Spéciale.
Grand bien m'a pris ce soir de terminer ce que j'étais en train de faire avant de faire taire ma télévision ce soir.

Comme toutes les séries de la franchise, à la notable exception de SVU que j'adore (même si je me réjouis plus facilement des rediffs que des inédits depuis quelques saisons), la série originale ne fait pas partie de mes priorités. Je n'en suis pas l'actu, ni même les diffusions, et reste assez distante affectivement. Et même si j'apprends quelque chose, ça me rentre par une oreille et ressort par l'autre. Cela ne m'empêche pas de beaucoup aimer son intelligence aiguisée, et notamment le charismatique McCoy, mais sortie de là, je ne suis pas à proprement parler une fan.

D'autant qu'entre elles, les séries de la franchise ont des différences notables : une majorité des épisodes de Law & Order que j'ai vus semblaient faire la part belle plus souvent au côté tribunal, tandis que dans Criminal Intent, c'est complètement l'inverse et d'ailleurs je ne suis même pas certaine qu'ils aient encore un procureur à temps complet dans cette série, non ? Quant à Trial by Jury, je crois le titre suffisamment évocateur pour indique clairement de quel côté penchait la balance. SVU, plus équilibrée ou disons, oscillant plus facilement entre l'un et l'autre de ces aspects entre deux épisodes, m'a toujours paru mieux proportionnée.

Mais ces nouveaux épisodes, de par le départ de M. le Président d'Arthur Branch, donnent tout de même un souffle très différent. McCoy est aujourd'hui devenu District Attorney. Voilà qui le relègue à un rôle plus administratif, de supervision, qui d'ailleurs est extrêmement bienvenu car on en avait marre du toujours obtu Branch, ce carriériste aux idées parfois exagérément réactionnaires. Une fois sur deux, McCoy et Branch avaient pris l'habitude de se prendre le bec sur les questions de fond, parce que leurs valeurs étaient diamétralement opposée, et c'était certes très intéressant, mais au bout d'un moment on avait compris la dynamique. On arrivait à la caricature d'un McCoy toujours droit dans ses bottes et moralement irréprochable, face au vilain patron qui ne pensait qu'aux coups de fil du maire et à faire des exemples à tous bouts de champs, ce qui portaient quand même un sérieux coup à ladite intelligence de la série. Heureusement, les intrigues étaient toujours intéressantes, donc ça n'était pas décourageant pour le spectateur, mais lassant, ça c'est clair.

Voilà donc McCoy promu patron, et comme du coup il faut un nouveau procureur pour profiter du droit de cuissage sur les diverses procureur adjointes, il est remplacé par le procureur Michael Cutter. Lequel apporte donc de nouvelles nuances bienvenues : cette fois, il a relativement les mêmes positions politiques que McCoy, ce qui lui évite d'être systématiquement en opposition avec McCoy sur le fond (et on verra sur le long terme si cela est dommageable à l'échange d'idées qui avait lieu jusqu'alors). Mais ce qui est excellent, c'est qu'il a une interprétation toute personnelle des procédures. Ca renouvelle quand même très largement la dynamique de la série de le voir transgresser le code pour arriver à ses fins, qui finissent par être les mêmes que McCoy puisqu'ils ont, pour ce que j'en vois ce soir, les mêmes opinions.

Voilà qui permet de nouveaux questionnements, aussi. Auparavant, quand McCoy transgressait ces règles, c'était pour passer outre les ordres du vilain méchant Branch, dans l'espoir de ne pas laisser la politique politicienne gagner au détriment de la Justice. Ca faisait un peu chevalier en armure mais bon. A présent, on sent que Cutter va vouloir faire au mieux sans s'encombrer des procédures, juste parce que c'est dans l'intérêt du dossier, mais que ces boulettes vont inévitablement lui poser des cas de conscience, notamment lorsqu'il fait foirer une enquête pour avoir été trop tête brûlée. Et cela met aussi McCoy dans un rôle moins caricatural de patron qui n'est pas foncièrement opposé à ce qu'il veut faire, mais juste à la façon dont il veut le faire.

De nouvelles nuances dans la façon de rendre la justice, ou au moins d'essayer, même quand le système est complexe, même quand le système est mal foutu, même quand des détails techniques peuvent tout gâcher, voilà la promesse de Law & Order depuis ce rafraîchissement de casting. Donc : merci.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Law & Order de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:14 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]