ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

16-05-09

[DL] The Lair

Il y a du rab' ! Notre semaine gay n'est en fait pas complètement finie, puisque voici le générique de The Lair, qui est un peu Dante's Cove avec un peu plus de bon goût. Ou plutôt un peu moins de mauvais goût. Oui, voilà.

TheLair
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Déjà on notera que le générique bénéficie d'une chanson plus originale (ou plutôt moins bateau. Oui, voilà.), et qu'on y trouve des images plus décentes (ou plutôt un peu moins racoleuses. Oui, voilà.), ce qui fait toujours plaisir. Bon et puis, sans aller regarder ailleurs que sur ce blog, serez-vous capable de reconnaître le visage d'un des acteurs d'Invasion Planète Terre dans ce générique ? Attention ça va très vite, concentrez-vous.
Sur ce, je vous laisse : c'est pas le tout, faut que j'aille faire des cauchemars, moi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Lair de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:56 - Médicament générique - Permalien [#]

Le virus Jackie se propage mieux que prévu

Vous vous rappelez combien j'étais pessimiste quant à Nurse Jackie ? Vous vous souvenez que le cast ne m'alléchait pas du tout ? Bon bah oubliez tout, je suis au contraire hyper enthousiaste maintenant que j'ai vu le preair.

Pendant tout l'épisode, je n'avais de cesse de me répéter que le personnage de Jackie avait l'immense mérite d'être moins caricatural que les habituels personnages de son espèce, House en tête pour des raisons évidentes. Oui elle est sèche, oui elle est cynique, oui c'est une droguée (sublimissime scène d'ouverture entre parenthèses, c'était plus brillant que ne le laissait présager le trailer), oui elle est carrément blasée, oui elle peut paraître désobligeante en de multiples situations... mais tout cela est compensé (et non brandi pour camoufler, la nuance est de taille) par une humanité profonde. Du coup, le personnage n'est pas complètement dans la catégorie "antipathique mais à plaindre", il a un bon pied dans la catégorie "Charlie Crews", c'est-à-dire ni foncièrement bon, ni foncièrement mauvais, ni cherchant à être l'un ou l'autre, juste à se poser les bonnes questions pour trouver son équilibre en dépit des choses qui ne se passent pas forcément bien, ou que le personnage ne fait pas forcément bien.

J'ai trouvé aussi très originale la façon dont été décrite la vie à l'hôpital. Déjà, on n'a pas droit (ou très peu) aux couloirs blancs froids et sans personnalité de la plupart des séries du genre, et ce cadre change beaucoup de choses ; les scènes dans le couloir, ou dans la chapelle, prennent un tout autre relief dans pareille ambiance. Et puis surtout, on ne cherche pas à faire du Urgences-like, et vu que le deuil n'est pas fini, ce n'est pas plus mal. Il ne s'agit pas ici de jouer sur l'adrénaline, et à peine plus sur les cas en eux-mêmes. Ce qui est important, c'est la façon dont ils seront traités non pas sur un plan médical mais sur un plan humain. L'empathie est mise au cœur de la série et c'est un changement vraiment bienvenu.

En optant pour un cast réduit, la série se permet aussi de n'avoir que très peu d'interventions, relativement peu de scènes d'action, et de montrer que tout ce petit monde est une équipe qui a une dynamique très intéressante. A ce titre, la relation qu'a Jackie avec l'infirmier Mohammed, ou celle avec Eleanor, le médecin british au flegme plus vrai que nature, sont des indicateurs de la bonne santé quant à l'effiacité des dialogues. Qui, il me faut le souligner quitte à avoir l'air de jeter des fleurs en tous sens, sont très fins et souvent pétillants.

Ah, une autre qualité encore (oui, encore) : la vie privée de Jackie. Ce qui est intéressant c'est qu'on pénètre son monde alors qu'elle-même ne le remet pas tellement en question. Elle sait qui elle est, ce qu'elle veut et ce qu'elle fait, et c'est très libérateur de voir ce personnage qui accumule les, disons, choix contestables, mais sans culpabiliser et sans que le reste du cast ne cherche à le culpabiliser non plus. Il n'y a pas de place pour le doute chez Jackie, elle sait quand elle fait quelque chose de mal et l'assume, elle se rend bien compte aussi quand elle essaye de faire quelque chose de bien (et alors, le moyen lui importe peu), et c'est finalement une position très brave que de ne pas nous présenter l'éternel repenti. J'ajouterais que du coup, n'avoir pour ma part aucune affinité avec Edie Falco, bah ça m'a pas gênée, parce qu'on ne nous demande pas de la prendre en affection, et encore moins en pitié. L'idée c'est juste de délayer la couleur jusqu'à obtenir un camaïeu aussi précis que possible de sa personnalité, avec ses travers, et on ne vous obligera pas à l'aimer malgré eux, et ses qualités, et on ne vous demandera pas de l'encenser juste parce qu'il y en a. C'est finalement en ça que le personnage de Jackie est profondément humain et facile à suivre, sans attachement superflu mais sans la distance courante chez les personnages mal-aimables, tordus ou machiavéliques.

A partir de là, je ne vous cache pas que, comme Nurse Jackie est une série donnant un souffle nouveau et arrivant à point nommé sur le métier d'infirmière, avec de nombreuses nuances de gris, et une écriture solide et drôle à la fois, je ne vois pas ce que HawthoRNe pourra bien ajouter. Je sens que le timing était très mal choisi pour la seconde série, vu que la première a toutes les cartes en main pour accomplir très intelligemment cette mission, et ce en ayant pris de l'avance.

J'ai fini le preair, je l'ai mis sur une pelote de laine, et j'ai tout de suite été m'ajouter aux amateurs de la série sur la fiche Nurse Jackie.
D'ailleurs, à propos :

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Nurse Jackie de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:37 - Review vers le futur - Permalien [#]

Les héritiers de la louve

Le choc. J'ai réalisé hier soir qu'en fait, Rome allait débarquer en hertzien dans nos contrées la semaine prochaine. Et je n'ai toujours pas vu. Dans une semaine, je n'aurai plus la moindre excuse. Sauf que la semaine prochaine, zêtes gentils mais moi j'ai une vie, je dormirai quand M6 va diffuser la série. Et c'est apparemment le dernier coup de pied au derrière dont j'avais besoin pour m'y mettre, ENFIN...

Alors : Rome. Alors. Bon. Rome, disons-nous. Bien. Donc, Rome. Hé bien !!! Ça se passe à Rome. Déjà. Ensuite, Rome, c'est... euh, un péplum. Enfin oui et non. Bon, donc disons que Rome... c'est un peu l'histoire de Rome. Quoique, pas exactement non plus. Non. Bon. Compliqué, hein ? Donc. Disons. Rome... Pffiuuuuuulala ! Tout ça.

Parce que blague à part, je conçois, c'est quelque chose à ma portée, que Rome puisse enflammer le cœur de certains téléphages. D'ailleurs il est bon de noter que la série ne m'a pas déplu, en fait, contrairement à ce que mon hésitation du paragraphe précédent pourrait vous faire croire. Non, c'est juste que je suis très mitigée, ce qui n'est pas la même chose.
Car il s'en dégage quelque chose d'un peu contrariant, qui vient, je suppose, du fait que j'ai du mal avec les séries se déroulant dans le passé, comme j'ai déjà eu l'occasion de vous le dire.
Non, en fait, ça ne vient peut-être pas que de là. Je soupçonne qu'il y ait un problème culturel là-dessous, aussi.

Je veux dire que, sur le coup, on vous dit Rome, vous pensez Rome antique, et tout va bien, vous vous pensez au top niveau, eh nan mais je veux dire, on est quand même des héritiers des Gaulois, on a tous lu Astérix à la bibliothèque du collège, et les cours sur la mythologie en 6e c'était du poulet ? Zut à la fin, ce sont pas des amerloques (et encore moins des rosbeefs) qui vont nous faire la leçon sur le sujet.

Alors que, réflexion faite, une fois devant, on s'aperçoit qu'on ne connait rien de rien à tout ça : comment fonctionne la démocratie à la romaine ? Eh oui, avant de se faire tuer par Brutus, César a partagé le pouvoir ! Quels sont les us et coutumes sociaux (sexe, mariage, famille, amis) ? Avouez qu'on ne sait que dans les très grandes lignes (à moins évidemment d'être déjà passionné par cette époque mais la problématique est alors toute autre, et je ne suis même pas sûre qu'un téléphage amateur de l'antiquité se pose vraiment la question de savoir s'il va regarder la série !). C'est d'autant plus désagréable qu'on n'a, en fait, aucun repère, a contrario de séries qui se dérouleraient dans un passé moins lointain, genre années 60 ou 70. Là, vraiment, on ne sait pas. On n'a de cesse d'être surpris par le fait que les moeurs semblent, en définitive, si proches des nôtres. Je m'attendais à une culture bien plus barbare que ça, bien que je ne me considère pas comme ignare en la matière j'ai été surprise du degré de civilisation qui nous était présenté. Est-ce afin de servir la fiction (mais dans ce cas quel est l'intérêt de faire se dérouler la série dans ce passé si éloigné, si c'est pour qu'il reste si proche de notre propre culture ?), ou est-ce à peu près pertinent ? On se le demande à de nombreuses reprises, et d'ailleurs peut-être qu'en fait, le manque de connaissances sur le sujet, alliée au fait que lesi dées reçues sont plutôt mises à mal, font plus de mal que de bien au spectateur. Du coup, on passe beaucoup de temps à essayer d'appréhender cet univers pour avoir les fondations qui permettraient de suivre l'intrigue.

Le gros problème, c'est que l'intrigue ne nous attend pas. Potassez vos vieux bouquins du collège, éplucher Wikipedia, faites quelque chose mais préparez le coup, c'est un conseil d'amie. Car le bon côté de Rome, c'est quand même son côté très "A la Maison Blanche avec des glaives et des sacrifices de bœuf".
Héhé.
(Excusez-moi pour cette interruption de programme, l'image d'un Josh qui se baladerait en toge m'est apparue et m'a quelque peu déconcentrée. Je disais quoi ? Ah, oui.)

A cet égard, Rome dévoile tout de suite sa complexité avec brio : les enjeux sont posés avec beaucoup d'intelligence, les personnages se présentent de façon très accessible en évitant relativement bien les stéréotypes (la fourbe intrigante, le soldat sempiternellement loyal, etc... laissent tout de même espérer en un certain nombre de nuances à venir), etc. J'ai aussi envie de saluer la façon dont tous ces éléments sont mis en place subtilement, noyés sous une tonne d'informations, pour être mis en lumière par Octave bien plus tard dans l'épisode, et qui soudain donne un angle très différent à la perspective qu'en avait jusque là le spectateur. C'est très bien gaulé (si je peux me permettre), et c'est le type d'intelligence aigue que, personnellement, je me suis réjouie de retrouver ici, dépassant la simple reconstitution fictionnelle pour aller vers des intrigues plus abstraites, donc plus faciles à appréhender.

Bilan donc plutôt positif, mais encore très, très retenu de ma part. Je note tout de même que la prod a fait un gros effort pour me mettre dans sa poche en engageant l'altier Ciarán Hinds dans le rôle de César (d'habitude c'est pas ma taille, il a quand même 56 ans, mais on dira que c'est comme pour Lee Pace qui lui est trop jeune, il a droit à une dérogation), une petite attention qui ne m'a pas échappé, je suis touchée, merci. Kevin McKidd y est bien plus charismatique que dans Journeyman, également. Les rôles féminins sont plus irritants (et les nanas souvent moches comme c'est pas permis) mais, heureusement, ils sont moins nombreux pour le moment. Bref ça va, ça se tient, au point que, jugez par vous-mêmes : je tente le second épisode. Je promets rien, mais c'est quand même relativement bon signe.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rome de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 14:53 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]