ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

20-11-08

Feels like home

Et toi, quelle est la série que tu aimeras et défendras toujours ?

C'est amusant que tu me poses cette question, Jérôme, parce que, pas plus tard que hier soir justement, j'ai eu envie d'un post sur ce sujet. J'étais devant ma télévision, et ça m'a prise à la gorge, comme ça. J'ai ri aux larmes, j'ai pleuré le sourire aux lèvres, mes mains ont doucement serré la télécommande, et j'ai eu l'impression d'être à la maison.
Il y a très peu de séries qui font cette effet-là, d'ailleurs.

Les années passent, et ce que l'on ressent à l'égard de cette série n'a pas changé. Notre regard, souvent, oui : on se rend compte que ce que l'on adorait il y a plusieurs années n'est pas forcément la meilleure série de la Terre. Parce qu'en tant que téléphage, on a grandi, nos références se sont diversifiées et nous avons fait l'expérience de séries toujours plus incroyables, immanquablement, nous apprenons à relativiser.
Mais ça c'est le cerveau ; nos sentiments restent les mêmes.

Il y a une sorte de fidélité, d'intimité, qui se tisse et ne se dénoue jamais vraiment. Je ne connais pas un seul téléphage qui puisse dire en toute sincérité que la première série qu'il a aimée avec tant de passion, il la méprise à présent. Non, il lui garde toute sa tendresse, un peu la même que celle qu'on porte parfois à de vieilles fringues complètement immettables mais qu'il nous est physiquement impossible de jeter.

Les années passent et au fil des diffusions, des rediffusions, des vieux enregistrements ou des DVD, on en est toujours là : on voit le générique et on se détend parce qu'on sait qu'on est chez soi. On est en compagnie des personnages qu'on aimera toujours, malgré tout, malgré ce qu'on apprendra sur leurs interprètes, malgré tous les autres acteurs cent fois plus impressionnants qu'on aura découverts depuis.

Chaque téléphage a cette fidélité intime avec une poignée de séries.
Vous pourrez en dire tout le mal que vous voudrez, à ses yeux, ça ne changera jamais.

Pour moi, n'en citer qu'une, comme ça, sur le vif, ce serait difficile. Je ne sais jamais citer UNE série, il faut bien le dire.
Pourtant, même si je ressens une forte affection envers trois ou peut-être quatre d'entre elles, bon, disons cinq (au minimum, je dis bien ; en essayant d'être la plus sélective possible), il y en a une, une à laquelle je réponds toujours présente.

J'allume la télé, et je sais. Je sais que tout ira bien. Que je vais passer un bon moment dans des histoires que, c'est vrai, je connais par coeur, mais justement, ça ajoute quelque chose finalement, à la relation que j'ai tissée avec les personnages. Je ne me reconnais pas dans les intrigues mais je reconnais les intrigues et c'est cette sorte de confort, comme si je me lovais dans les bras d'un scénario dont je connais chaque tour et détour, qui me rend si sereine et si épanouie pendant quelques minutes. Qui me libère de quelque chose. Je réalise que ça m'avait manqué et, c'est stupide vous savez, parce que finalement, je regarde cette série quasiment toute l'année.

On peut regarder une série pour beaucoup de raisons, et aucune ne vaut plus qu'une autre. Certains veulent se divertir, d'autres veulent s'impliquer... pourtant je crois qu'on a tous ceci de commun : on se lie tous à nos séries favorites. C'est ce qui fait le propre d'une série : elle est construite sur la durée, pour que joue l'affectif, et il joue pleinement, au final.
J'ai lu une expérience assez intéressante, l'autre jour, dans un bouquin que j'ai ressorti de mes cartons. Je pense que c'était un mémoire ou quelque chose comme ça. Quelqu'un a mis des spectateurs devant leur programme télé préféré, et a regardé comment ils réagissaient ; le livre s'appelle "Réception télévisuelle et affectivité" aux éditions de l'Harmattan, si vous êtes curieux et que le langage exagérément pompeux ne vous rebute pas.
On s'y aperçoit que même le spectateur qui regarde, goguenard, Les Guignols pour se vider la tête, le soir, eh bien même lui investit quelque chose dans ce qu'il regarde.

Il est normal que ce lien se crée. A quoi il est dû ? Je pense que c'est plus compliqué à expliquer que dans ce petit livre qui ne saisit pas forcément les choses en profondeur. Je crois aussi que ça dépend de chacun, de ce que nous cherchons dans nos séries, de ce que nous cherchons dans la vie peut-être aussi. Mais je suis certaine d'une chose : tout téléphage en fait l'expérience.

Des années et des années plus tard, son coeur est au garde à vous devant ce générique dont il reconnait la première note, devant ces épisodes dont il sait tout, devant ces dialogues qu'il peut réciter les yeux fermés.
Et il n'a même pas besoin de toujours penser que la série qu'il chérit est la meilleure aprrès tout ce temps. Non, c'est juste qu'il en a apprivoisé chaque défaut, qu'il est d'ailleurs conscient de la majorité d'entre eux, et que ça ne l'arrête pas. C'est une jolie histoire, quelque part, un téléphage fidèle...

Oui, j'ai eu envie d'un post sur ce sujet parce que hier soir, à la télé, il y avait cet épisode.
Et rien ne ravive aussi bien une flamme vieille de près de 15 ans qu'un épisode à flashbacks.

Posté par ladyteruki à 17:36 - Série de valeurs - Permalien [#]

Rendre à César...

Pour la plupart d'entre nous, La petite maison dans la prairie est une jolie petite série avec une ribambelle de balades dans... bah, la prairie, du crêpage de chignons entre Laura Ingalls et Nelly Oleson, une apologie à peine déguisée du temps d'avant qui était mieux même si on vivait à la dure, et de bonnes grosses valeurs familiales à la louche sur des airs de violon.
Bon, c'est pas faux, en même temps.
Mais aujourd'hui, je me suis aussi souvenue combien la série était, tout simplement, une bonne série dramatique, percutante à souhait.

Car aujourd'hui, M6 diffusait ce qui était certainement l'épisode le plus impressionnant de la série : L'Incendie.

Pour avoir passé le plus clair des midis de mon enfance devant la série, je sais que la série a de temps à autres plus à offrir que ces images d'Epinal, et tout justement L'incendie, je le guettais et j'espérais secrètement qu'il tomberait l'un de ces jours où je peux voir la série, parce que pour autant que je me souvienne, c'est le plus tragique que j'aie vu.
Eh bien mon souvenir était bien en-dessous de la vérité. Je me rappelais de l'histoire, du choc de Mary ensuite, mais étrangement j'avais totalement oublié qu'on voyait réellement la scène pendant laquelle Alice Garvey et le bébé de Mary sont réellement en train de brûler vifs. Et comme chacun de vous le sait, c'est exactement ma came, ce genre de scène.

Alors que justement cet épisode tenait une place spéciale dans mon coeur, j'avais en fait oublié pourquoi. Pourquoi, en tant que petite fille, il m'avait impressionnée, et à vrai dire il m'a impressionnée une fois de plus aujourd'hui, même après des années et des années à me sustenter d'horreurs diverses et variées dans mes séries favorites.

Je veux dire : on voit Alice hurler de terreur, s'ecrimer à briser la fenêtre avec le corps du bébé qu'elle voulait initialement sauver, et c'est tellement... VRAI ! Vous imaginez le truc ? Oui, dans La petite maison dans la prairie, on peut voir une scène comme ça !!!

Lincendie

Mais ce n'est pas tout puisque cette scène intervient en fait très tôt (surtout que c'est un double épisode... zut de zut, je ne verrai pas la fin demain). Nous attendent donc d'assez pénibles scènes avec Mary qui sombre totalement dans la folie (elle berce le corps de son bébé brûlé, elle s'enferme dans le mutisme...), histoire de ne même pas nous laisser la moindre petite seconde de répit nerveux.

Et dire que la plupart du temps, la série nous laisse croire qu'on regarde un truc sirupeux et bon enfant... Bon, évidemment, j'ai souvenir d'un certain nombre d'épisodes qui nous montraient combien la vie n'était pas facile pour toute la tribu Ingalls. Je me rappelle la tempête de neige dans les tous premiers temps, je me rappelle beaucoup plus tard la façon dont Almonzo s'escrime à sauver son exploitation après une grêle dévastatrice et se bousille la santé... il y a d'autres choses qui n'étaient pas tendres. Ne serait-ce que la mort d'Albert, tiens. Mais d'une certaine façon, rien ne nous prépare tout de même à cette scène si cruelle et si intense. Laquelle nous récompense pour tous les "Oh papa, je suis si heureuse !" de Laura.

Ok, Scalartiine, j'avoue : respect.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (wow, faut la faire celle-là quand même) : la fiche La petite maison dans la prairie de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 12:43 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]