ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

31-10-08

Pace sur vous, mes frères et mes soeurs

Comme promis, dans cette nouvelle rubrique, je vous proposerai de temps à autres mes services afin que vous fassiez l'acquisition d'un objet rare : un acteur. Parce que Noël approche, comme je vous l'ai déjà dit, et que ya des idées cadeau sympas auxquelles on ne pense pourtant jamais, par exemple...

Et alors je vous assure : c'est du testé et approuvé. Bon, pas testé au sens biblique du terme, évidemment (bande d'obsédés !), mais c'est quand même de la marchandise de qualité, pas la première offre promotionnelle venue quoi. Ça a fait ses preuves, voilà, c'est solide, résistant, et en plus, ça possède une qualité propre à ce genre d'articles : des talents d'acteur. J'ai vérifié moi-même pour m'en assurer, c'est dire si je réponds de ce que je vous vends !

Aujourd'hui, dans A vendre, joli, pas cher, je vous propose donc un premier produit, inaugural pourrait-on dire. Et c'est une occas', franchement. Foncez pendant qu'on l'a encore en stock. Dans quelques mois, une ou deux années au plus, on se l'arrachera et il sera introuvable en rayon. Conseil d'amie. Avec le nombre de nominations et récompenses qu'il a déjà à son actif, ce n'est plus qu'une question de temps. Pis attention, on a cassé le moule.

Aujourd'hui, à vendre, joli, pas cher : Lee Pace.

1) Fiche produit
Bon, alors on va faire net et précis : l'article Lee Pace, on ne l'a pas depuis très longtemps, mais il n'a pas lambiné en chemin. C'est pas le gars qui va jouer le guest pendant 10 ans dans des séries de seconde zone avant d'enfin devenir premier rôle quelque part (non, il a juste fait une apparition dans New York Unité Spéciale, mais ça se défend quand même).
A moins de 30 ans (âge de maturation irréprochable, si j'ose dire : sorti de la chaîne de montage, mais pas encore lustré par l'usure), il a déjà accompli pas mal de bonnes choses, par exemple c'est quand même un produit issu de Julliard, mais aussi, il a déjà reçu deux récompenses (un Gotham et un Obie), pas le top du top c'est vrai, mais pour le top du top, voyez-vous, il a quand même trouvé le temps d'être déjà nommé (deux Golden Globes, deux Satellites, un Emmy, c'est très honnête). Quand je vous disais que c'était du premier choix.
En outre, ce petit a su s'attirer les faveurs de personnalités auréolées d'une certaine, dirons-nous, gloire, avec par exemple le réalisateur de The Cell qui lui a offert un premier rôle dans son dernier film en date, et ce bon vieux Bryan Fuller qui l'a recyclé dans Pushing Daisies à la mort de Wonderfalls. Bref, c'est de la qualité, c'est prouvé, du solide, je vous l'avais promis.

2) Fonctionnalités
Le produit Lee Pace peut tout faire. C'est ce qui fait que la valeur du produit augmente tant, avouons-le. Il minaude, devient inquiétant, violent, charmeur, innocent, perdu, héroïque, mystérieux, tendre, pervers. Des acteurs réellement multifonctions, on n'en voit pas tant que ça.
Ce qu'il y a de bien c'est qu'il n'a pas peur de se mettre en danger pour un rôle, aussi mineur commercialement soit-t-il. Et je le prouve ! Démonstration : dans le téléfilm pour Showtime Soldier's Girl, ce petit mec du Sud n'a pas hésité à interpréter le rôle d'une transsexuelle/danseuse exotique, accomplissant le tour de force de se plier à ce difficile exercice avec un naturel saisissant et en évitant la caricature, ce qui lui a d'ailleurs ouvert les portes qu'il traverse de façon si preste aujourd'hui. Sans même parler de l'investissement physique que cela a représenté ; moi franchement ce genre de choses, ça m'impressionne, et je ne diffère pas tellement de vous sur ce point je pense.
Dans un même film, il peut interpréter un romanesque bandit masqué au look hispano ET un suicidaire junkie addict à la morphine (et être crédible et ultra-consommable de bout en bout). Il peut. Il peut le faire. Et ne parlons même pas de ses talents pour la comédie plus légère, je ne vous fais pas l'affront, ami téléphage, de vous rappeler qu'il FAUT voir Pushing Daisies.
Je rappelle donc les incontournables, à voir et revoir pour s'assurer au préalable de la qualité de la marchandise : Pushing Daisies, oui mille fois oui et sans retenue, The Fall, oh que oui même sans parler de Lee Pace, Soldier's Girl, comme si votre vie en dépendait parce que sa prestation mérite un post de 5000 caractères à elle seule. Accessoirement, Miss Pettigrew Lives for a Day, investissement honorable, à un moment il tente même de chanter, et de toutes façons le film passe très vite. Pour le reste, vous pouvez vous permettre l'impasse ; bon, disons éventuellement The Good Shepherd mais jamais je ne me sentirai le droit de vous inciter à vous infliger un film avec Matt Damon. Pis alors, franchement, laissez Infamous aux habitués de la maison, on l'y voit quelque chose comme 10 minutes en tout et pour tout, et avec un éclairage peu coopératif en plus.
Encore un peu hésitant ? Madame, vous êtes regardante sur les dépenses en ces temps de crise ? Monsieur, pas complètement convaincu par ce qui vous semble n'être qu'un délicieux eye candy ? D'accord, j'ai compris, c'est comme ça que fonctionne le commerce, pas de problème. Je vais donc faire un geste commercial. Alors voici les captures que j'ai, moi-même personnellement de mon propre fait, réunies pour vous. Par contre, oui, ça va vite, parce que parfois le regard de ce jeune homme peut brûler la rétine et briser des cœurs, et je ne veux pas de réclamation.

Lee
Et oui, je le jure sur la tête de ma télécommande, c'est lui à chaque fois.
J'ai aussi des extraits video à votre disposition, que je me suis mis de côté dans l'arrière-boutique, mais j'ai peur de vous spoiler grave, donc même si le client est roi, le client va d'abord regarder ce qu'on lui recommande, après on discutera.

3) Tarif en vigueur
Attention, la côte va grimper très vite. Déjà avec Pushing Daisies, là, ça marche bien, mais avec la sortie de The Fall et de telles qualités, le produit, autant vous le dire, il ne va pas nous rester sur les présentoirs. Il va faire un film ici, un film là (oh tiens, un film du réalisateur de The Grudge, avec SMG en partenaire, se profile, qu'est-ce que je disais ?), et bientôt on ne pourra plus le blairer tellement il sera partout. Bon je m'emballe, mais on va en entendre parler quand même. Prendez tant que vous avez les moyens.
Alors Mesdames et Messieurs, le Lee Pace, vous ne le trouverez pas pour la somme de 100 €, pas pour la somme de 50 €, non ça fait 30 € ou pas bien loin (sans les frais de port), c'est une aubaine vous dis-je. Au pire d'ici-là vous avez le temps de vous faire une cagnotte, et je fais aussi des facilités de paiement.

N'hésitez pas, aussi, à en profiter pour plébisciter ce produit exceptionnel en signant la pétition pour sauver Pushing Daisies... si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour moi...

On s'est compris ? Vous allez vite fait tirer les conclusions qui s'imposent et ajouter cet ustensile de grande qualité à votre collection ! Fort bien. Revenez m'en dire ce que vous en aurez pensé. Ni repris ni échangé : pas besoin, vous en serez satisfait.

A vendre, joli, pas cher : Lee Pace. Je ne vous le redirai pas.

Posté par ladyteruki à 15:02 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

A vendre, joli, pas cher

Je n'ai jamais été fan d'un acteur (ou une actrice) à proprement parler. Evidemment, par sentimentalisme, souvent, il m'arrive d'en retrouver certains avec plus plaisir que pour d'autres. Mais jamais je n'aurais l'idée de les suivre, par exemple. Et puis, je suis assez peu tendre avec la profession d'acteur en général.
D'ailleurs, je ne suis fan de personne (à part Martin Winckler ; quand je serai grande, je serai Martin Winckler). J'encense, suis, adore, ignore ou maudis des séries, mais pas des gens.
Les créateurs de série, je les respecte, mais je ne les idôlatre pas ; ils font de bonnes choses, mais ce sont ces choses que j'aime, et non les hommes et les femmes qui les créent. Pas adepte du culte de la personnalité, si vous voulez.

Les acteurs, c'est encore pire. Même quand je les affectionne, je les considère... comme des outils. Peu de lectures m'intéressent aussi peu que des interviews d'acteurs, par exemple : si c'est pour entendre parler d'un personnage avec le ton docte d'un psychologue, pompeux et verbeux, sur la nature intrinsèque (et souvent invisible dans le scénario) d'une personne de fiction, vous pouvez économiser votre salive, très peu pour moi. A mon humble avis, un acteur ne devrait jamais parler de ses rôles, mais seulement de son travail. Et seulement avec passion et détails, comme dans cette émission sur l'Actors Studio ! Là d'accord.
Oh, je le reconnais, il y a de très beaux outils, que je suis contente, comme je l'ai dit, de retrouver ici ou là (mais dont jamais je ne chercherais à pister les mouvements professionnels, encore moins personnels), mais ça s'arrête là. Jamais, jamais on ne me verra dire que je suis fan de quelqu'un... ou alors sans le penser au sens habituel du terme.

Et d'ailleurs, être fan, c'est quoi ? En fait ce terme a plusieurs acceptions. Pour certains, le fan, c'est ce grand malade de la tête qui découpe ses magazines, guette la moindre interview, collecte les passages télé... En même temps, pourquoi pas, chacun sa came, mais une telle obsession, portant sur une personne dont, en définitive, on ne sait rien, de par la nature même du métier, peut sembler inquiétante. Il y a aussi l'acception qui s'éloigne de l'aspect fanatique (certes étymologique, mais depuis le sens a glissé), pour être plus raisonnable : c'est simplement le fait de s'autoproclamer comme étant amateur des travaux et/ou du physique d'un acteur. Si j'étais une fan, j'en serais une de ce genre-là ; c'est en fait la différence que font nos amis anglophones entre fanatism et fandom.

Mais où la fandomitude commence-t-elle, en fait ? Lorsqu'on s'écrie, une fois, par surprise, devant son écran : "waouh, j'adore trop ce qu'il fait" ? Oui, mais est-ce qu'on est alors impressionné par ce qu'il fait, ou ce que cet acteur a à faire ? Je poste juste la question, hein. Ou bien est-ce lorsqu'on s'écrie "waouh, j'adore trop, qu'est-ce qu'il a fait d'autre ?" et qu'on joint le geste à la parole, se mettant en quête de plus d'occasions de voir l'acteur à l'oeuvre, dans d'autres contextes et d'autres rôles ? Mais à ce stade, n'est-ce pas plutôt de la curiosité ? Et si c'est le cas, peut-on se considérer comme fan ?

De toutes façons, j'ai toujours beaucoup de mal à évaluer un acteur. C'est l'éternel problème pour moi.
Je sais reconnaître les très mauvais, pas de problème. On sait tous le faire, parce que ça saute aux yeux, simplement parfois on peut leur pardonner leur faiblesse pour d'autres motifs. Mais je ne sais pas distinguer ceux qui sont simplement bons, de ceux qui sont excellents.
Tenez, les Emmy Awards. C'est typiquement le genre de circonstances qui me posent de gros cas de conscience. Comment arrive-t-on à dire si c'est l'acteur qui s'est montré fabuleux, ou si le rôle est extrêment bien écrit ? Pire encore : comment arrive-t-on à dire que, sur une saison, tel acteur a été meilleur qu'un autre ? Je veux dire : ils n'interprètent pas le même rôle, comment savoir si c'est vraiment l'acteur qui a fait la différence dans l'appréciation qu'on a eu du résultat à l'écran ? Pour moi, la seule façon de les distinguer, et encore, ce serait qu'ils interprètent tous le même rôle, et après on pourrait discuter. D'ailleurs je vais vous confier un secrêt : je rêve d'une série qui ferait rejouer le même épisode par plusieurs acteurs différents, pour qu'on puisse voir les nuances que chacun apporte sur un seul et même rôle. Ce serait mon rêve. Si un jour je... enfin bref.

Pourtant, le weekend dernier, il m'est arrivé d'être impressionnée par un acteur. Je le connaissais déjà mais dans cet emploi-là, j'ai vraiment été épatée. J'ai été bluffée par ce que cela sous-entendait de préparation mentale et physique, pour parvenir à un résultat transcendant complètement l'identité de l'acteur. Je pense que je n'ai de véritable respect que pour les acteurs capables de se transfigurer, de devenir autres. J'aime par exemple Fran Drescher, mais Fran Drescher reste toujours Fran Drescher où qu'elle soit. Là, j'ai vu le personnage et plus du tout l'acteur, et j'ai reçu une vraie claque de voir ça. L'implication que ça a dû demander, pour en arriver à le résultat, c'est simplement énorme.
Alors que je tentais d'en savoir toujours plus sur cet acteur en me demandant ce qui lui appartenait, et ce qu'il avait vraiment créé pour ce rôle, je me suis surprise à écumer une bonne partie de sa filmographie pour en savoir plus, regardant un film, puis un autre film, puis un autre... MOI ! Moi, des films ! Tenir (presque sans utiliser l'avance rapide) pendant une heure et demie voir deux heures ! Un miracle ! Une révélation !

Suis-je pour autant fan ? Je ne pense pas. Je suis juste très impressionnée. Mais en tous cas c'était bien sympa, cette petite rencontre, et ça m'a fait réfléchir à la façon dont je considérais le métier d'acteur.

Alors dorénavant, je vais leur donner plus de chances de me convaincre. C'est décidé ! De temps à autres, quand j'aurai des soupçons de talent sur un acteur, j'irai vérifier dans le reste de son CV si c'est lui qui a vraiment un truc en plus, ou s'il est tombé sur un bon rôle/un bon auteur.
C'est pour cette raison que je lance la rubrique A vendre, joli, pas cher.

Dans cette nouvelle rubrique, je vous proposerai de temps à autres mes services afin que vous fassiez l'acquisition d'un objet d'une qualité rare : un acteur. Enfin, bon, en lui-même, ce n'est pas un accessoire tellement rare, c'est sûr ; on peut même dire que les acteurs, ça court les rues (si on se trouve à L.A. notamment), mais disons que c'est un bel objet de collection, de valeur certes variable selon le pedigree, mais c'est ce qui fait l'intérêt de ladite collection, et j'ajouterai qu'en plus, ils sont tous différents ! Des heures et des heures d'amusement à les regarder évoluer dans votre salon selon différentes combinaisons !

Et le premier post de cette rubrique, eh bien... eh bien le voilà dans une minute à peine. Pour fêter le retour de ma connexion constatée ce matin avant de partir bosser, on va dire !

Posté par ladyteruki à 15:01 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]