ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

16-09-08

[DL] Angela, 15 ans

Aujourd'hui, dans le flacon, un médicament qui attise et apaise les douleurs en une seule cuiller...

Comme j'aime ce générique ! Il est exactement ce dont cette série avait besoin. Il est simple (pas d'effort particulier n'a été mis dans l'habillage par exemple), mais il est très fort. On sent déjà qu'on a affaire à une petite chronique de la vraie vie, pas à l'un de ces shows, et ils sont nombreux, qui cherchent à faire de grandes histoires soi-disant ordinaires, mais qui n'arrivent jamais vraiment.

Angela, 15 ans, et c'est tout. Et c'est tellement.
Vous m'en voulez si j'écrase une petite larmouchette, là, maintenant ?

Angela15ans
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et puis je sais pas, moi, malgré toute la simplicité qui en ressort, je trouve ce générique bien ficelé. L'image d'Angela qui court dans le couloir, à la fin. Et puis surtout, celle que j'ai choisie en capture.
Ce n'est, en fait, rien d'infiniment original. C'est juste Angela qui, dans le pilote, rentre tard chez elle et essaye de ne réveiller personne dans la maison, remontant dans sa chambre sur la pointe des pieds. Mais moi je ressens ce passage comme métaphorique, avec la lumière dans l'escalier, les marches qu'elle gravit lentement, le visage tendu vers le haut...

Bon, j'arrête de vous embêter avec mon sentimentalisme. Mais je suis comme Ben... je n'ai jamais réussi à trouver une série sur l'adolescence qui soit capable de m'inspirer autant. Alors allez-y, c'est cadeau. C'est de moi à vous en passant par mon DVD import, parce qu'en plus je lésine pas sur la qualité m'sieurs dames.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (allez-y maintenant, allez-y !) : la fiche Angela, 15 ans de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:42 - Médicament générique - Permalien [#]

Le mardi c'est permis

Tiens, on est mardi. Voyons voir, ya pas un truc qui se passe, cette année, un mardi sur deux ? Attendez, ça va me revenir...
Mais c'est bien-sûr : un mardi soir sur deux, c'est podcast !

Au menu pour ce premier numéro de la saison : on va dire du mal de Fringe, peut-être un peu de bien aussi, parler des coups de pub de cette rentrée, et surtout, on va parler d'adolescence. Un sommaire plus précis est dispo sur le blog de l'émission, je vous rassure.

Comme vous le savez parce qu'on en a parlé récemment, l'adolescence à la télé, c'est un sujet qui me tient à cœur, alors je suis très contente qu'on ait abordé ce thème dans un débat, de surcroît dés l'ouverture de la saison.
J'avoue que j'ai du mal à comprendre que les ados (puisque je n'en suis plus une depuis plus de 10 ans) admettent qu'on les montre comme des personnes imbues d'elles-mêmes, superficielles et toutes abruties par les mêmes futilités. Je veux dire, oui, évidemment, c'est une part de cette période, mais la télévision ne devrait-elle pas, au moins de temps à autres disons, nous donner l'occasion de prendre du recul sur cette période, au lieu d'enfoncer des portes ouvertes et nous bercer d'images idéalisées de cette période ? A plus forte raison pendant que nous avons encore la tête dans le guidon ?

Vous le verrez, dans cet épisode, beaucoup d'exemples ont été cités de séries brossant un portrait un peu simple des adolescents. Je suis sûre que vous en trouverez d'autres par vous-mêmes, d'ailleurs. Il aurait aussi été sympathique, si nous en avions eu le temps, d'essayer de voir comment étaient dépeints les adolescents dans les séries qui ne leur étaient pas du tout adressées... mais, hm, ça existe encore, de telles séries ?

Et pour rester dans le domaine de l'adolescence, ne bougez pas, je vous ai prévu un merveilleux générique que vous pourrez regarder une fois que vous aurez terminé d'écouter l'émission de ce soir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de son : SeriesLiveOnAir_Purple_mini

Posté par ladyteruki à 21:40 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

Télé guidée...

C'est dur à admettre, mais même avec tous les moyens qui sont à ma disposition et la ferme volonté de vouloir donner leur chance à un maximum de séries, nouvelles et moins récentes, j'arrive quand même à me débrouiller pour passer au travers d'un certain nombre d'entre elles. C'est d'autant plus énervant que depuis quatre ou cinq saisons, je m'attache à essayer de tout voir. Alors quand je m'aperçois que j'ai loupé une série sympathique de 2007, mon sang se met à bouillir de rage envers moi-même.
Je suis une téléphage acharnée, ça s'est vu ?

Ainsi donc, merci à Ben pour avoir attiré mon attention sur Miss/Guided, que vraiment, j'ai laissée passer entre les mailles du filet. Quand on pense que j'ai trouvé le moyen de perdre mon temps devant des East Bound and Down et consorts, ça me rend dingue...

En apparence, Miss/Guided n'est pas un show révolutionnaire. Pensée comme une comédie en single caméra prenant pour décor le lycée d'une petite ville tranquille, elle ne paie pas de mine. Son héroïne, Becky, est une petite blonde frêle, une sorte de Jennifer Finnigan en plus moche, mal assurée, nerveuse et un peu coincée pour couronner le tout. C'est vrai qu'en même temps, on partait de loin, puisqu'elle avait fait partie des vilains petits canards quand elle était elle-même lycéenne. Globalement il y a quand même eu du progrès. Bref, peu d'arguments sur le papier.
C'est parce qu'il ne faut pas se fier à ce qu'il y a sur le papier !

Le principal point fort de Miss/Guided, c'est son utilisation des apartés. Dans la plupart des séries (je pense par exemple à Once and Again ou, pour rester dans le registre des comédies, à Malcolm), ces apartés serviraient à donner la possibilité aux personnages de dire leur vérité, d'une certaine façon. Ici, ça sert surtout à leur permettre de se montrer tels qu'ils ne sont pas, à se mentir. Tout le monde se raconte des histoires, là-dedans ! Il y a Bruce, totalement imbu de sa personne, qui pense que c'est ce qui lui donne une sorte d'autorité naturelle... il y a le beau Tim qui pense qu'on lui a proposé le boulot de prof d'espagnol par choix alors qu'on avait proposé au type de la maintenance au préalable... et évidemment il y a Becky, notre blondinette héroîne, certaine d'avoir le contrôle total de son existence. Eh bien, pas vraiment, et le contraste entre ce qui se passe, et le discours des personnages, est absolument délicieux. C'est un peu comme s'ils étaient en représentation pendant ces apartés : au lieu de se confier, ils tentent de donner une image reluisante de leur existence ; un peu comme s'il s'agissait d'une interview pour un reportage.
La seule qui semble être la même dans les deux circonstances, c'est Lisa, la nouvelle prof bien carossée.

Becky fait un peu penser à Ally McBeal. En mieux. Sans rire ! Déjà, elle se nourrit, elle. Et ensuite, elle n'est pathétique qu'en apparence. On développe bien plus facilement de la tendresse pour elle que pour l'avocate rachitique. Elle est nerveuse et peu sûre d'elle, mais elle y travaille d'arrache-pied, tout en assumant sa différence. Elle se raconte peut-être des histoires sur sa vie d'adulte, mais dans le fond, elle sait très bien ce qu'elle veut et les progrès qu'elle a encore à accomplir.
C'est vers la fin du pilote que, grâce au personnage de Tim dont on pensait depuis le début qu'il n'était qu'une belle gueule inaccessible, on prend la mesure du charme de la blondinette. Toute gauche et fragile soit-elle... elle est, d'une certaine façon, totalement pure. Et vraie. Et honnête. Et positive.

D'une certaine façon, tout l'attrait de Becky réside justement dans le fait qu'elle ne voit pas ses propres qualités, mais qu'elle fait de gros efforts pour se perfectionner et se voir comme quelqu'un qui n'est pas dans l'échec. Elle ne se croit pas arrivée, mais elle espère voir le bout du tunnel. C'est ce qui la rend touchante, et ce qui fait qu'elle inspire une pointe d'admiration, même dans ses scènes les moins glorieuses.

Je vous ai parlé il y a quelques semaines d'Une Maman Formidable, Reba et Une Nounou d'Enfer, eh bien on est en plein dans le sujet. Il y a d'autres séries que je pourrais citer aussi, comme Rude Awakening. Qu'on-elles en commun, ces séries qui comptent parmi mes préférées ? (en même temps je vous l'accorde, j'en ai au moins 25, des séries préférées, mais côté comédies elles sont dans le Top5 en tous cas).
D'abord, leur personnage central est une femme. La trentaine passée, voire même pour certaines, flirtant avec la quarantaine (ou 29 ans en années Fran). Dans mon cas, on ne peut donc pas tellement parler d'identification que de projection.
Chacune, du fait de son parcours, se trouve au début de la série à une étape charnière, découlant d'une à plusieurs échecs, et c'est aussi ça qui me plaît : des personnages marqués par leurs erreurs, se trouvant dans une situation où il faut aller de l'avant.

Prenez Fran : elle a perdu 3 ans de sa vie avec un mec médiocre parce qu'elle subissait l'influence de sa marieuse de mère. En choisissant de quitter son boulot avec Danny, et se lancer dans un nouveau job au sein d'un milieu social plus élevé, en cherchant à tout prix le grand amour, sans transiger sur son sindépendance ni sa personnalité, elle s'efforce de s'améliorer. Lorsque Danny revient lui demander de l'épouser, déjà, à la fin de la première saison, elle peut constater le chemin parcouru.
C'est encore plus évident pour Reba qui soit se remettre de son divorce et qui devient progressivement moins bornée, moins autoritaire, qui cesse de se focaliser sur l'échec de son mariage ou ses enfants, et commence une carrière... pour finir par devenir la meilleure amie de celle qui lui a ravi son mari !
Quant à Grace, l'ex-alcoolique qui cherche à s'accomplir même si être une mère célibataire n'est pas de tout repos, elle veut tout à la fois : la famille, le travail, les amis, les amours, la stimulation intellectuelle (elle se cultive, va pour la première fois à l'opéra...) ; elle est en quête d'elle-même et d'un équilibre.
Et puis, dois-je vraiment aborder une fois de plus le cas Billie ? La belle a une addiction à combattre, une mère castratrice dont se libérer, sa vie professionnelle et sentimentale à remettre sur des rails, et pour couronner le tout, elle est en lutte permanente avec cette facette d'elle-même qui couche à droite et à gauche, et multiplie les tentatives d'autodestruction...

En fait, le rire naît précisément de là : de ce que ces femmes vont faire pour s'améliorer elles-mêmes, et donc pour améliorer leur existence. Avec ce que ça comportera, inévitablement, sur la route, de maladresse, d'échec, d'épuisement. Ce qui est justement drôle c'est que même quand la situation directe est surréaliste, le personnage et ses aspirations sont bien ancrées dans le réel, légitimes, et humains.
La confrontation de ces deux éléments, dos a dos, fait que les dialogues et les quiproquos sont drôles. Les autres types de personnages de séries humoristiques, ceux de type toonesque, ne jouent pas du tout sur le même registre ; ici, clairement, les gags fonctionnent parce qu'on investit les personnages, parce qu'ils semblent vrais.
Du coup, ceux qui ne ressentiront pas d'atomes crochus avec Fran, Reba, Grace ou Billie ne sauront pas vraiment rire avec elles.

D'aucuns diront que c'est ma préférence pour les séries dramatiques qui parle finalement à travers ces arguments, et ils auront peut-être raison, après tout... Mais bon, chacun vit sa téléphagie comme il lui plaît !

Si je m'apprête effectivement à continuer à suivre les aventures de Becky (le cagoulage se fait en tous cas dans ce sens pour le moment) pour ces mêmes arguments que ceux qui m'ont séduite dans les séries sus-citées, je dois dire que l'investissement est moindre parce que je sais que la série est courte. Ca me retient un peu, je dois dire. Comment s'installer confortablement auprès d'un personnage si on sait qu'on devra le quitter avant de pouvoir juger de lui sur le long terme ?
J'avoue qu'une série dramatique courte (genre une saison ou moins), ça ne me dérange pas tellement, mais une série comique courte ? Je suis moins sûre.

Donc finalement, au lieu de remercier Ben pour cette découverte, je vais peut-être plutôt lui en vouloir...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, attention attention, attachez vos ceintures : les fiches Une Nounou d'Enfer, Reba, Une Maman Formidable, Rude Awakening et, bien-sûr, Miss/Guided de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:56 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


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