ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

16-01-07

Le souvenir imaginaire

Pour une raison étrange, parfois, on a un souvenir vivace d'une chose... qui n'a pas existé.
Tenez, prenez le cas d'une téléphage (appelons-là Truc, pour préserver son anonymat) qui aurait toujours gardé en mémoire des images fugaces d'une série qu'elle regardait alors qu'elle avait à peine une dizaine d'années. Et j'vous dit ça, elle a bien plus de 15 ans aujourd'hui (limite 25, voyez ?) alors imaginez un peu ! Donc le souvenir est flou, mais les sentiments qui se raccordent à la série, eux, sont bien là : la série était formidable, intéressante, avec de l'aventure, un beau héros, grand et solide, et aussi une très jolie fille qui s'appelait Médéa. Et dans le pilote, le beau héros, grand et solide, rencontrait Médéa et se lançait dans une quête initiatique.

Voilà que, donc, des années passent, et... Truc, avons-nous dit... Truc tombe par le plus extraordinaire des hasards sur la série en question. Et alors, putain de hasard, quand même, en plus c'est le pilote.
Un truc de dingue.
Ca a rendu Truc dingue d'ailleurs.
Donc naturellement elle s'est empressée de regarder ça. Le coeur battant, elle lance son épisode, prête à retrouve le beau héros, gr... grand et... C'EST QUOI CE NABOT ? Non, c'est le héros ?! Il va grandir en cours d'épisode. Il DOIT grandir en cours de pilote. C'est logique. C'est comme ça. S'il ne le fait pas c'est n'importe quoi. C'est la perte de tous m... ses repères (à Truc).

Et pourtant non, les faits sont là : Jay est vraiment un petit nabot. Il parle comme un enfant et c'est plutôt normal à vrai dire, puisque c'est un enfant.
La vérification sur les sources habituelles est de rigueur : Truc a peut-être confondu avec une autre série ? Non. Bon alors elle est tombée sur un remake ? Non. Alors quoi ?

Alors il semblerait que Truc ne se rappelait pas d'une série. Elle se rappelait d'un épisode (probablement deux saisons plus tard d'ailleurs). Peut-être, ça reste à confirmer.
Car aujourd'hui Truc a vu le pilote de L'Odyssée imaginaire, une série qu'elle pensait connaître mais qu'elle voulait retrouver, et qu'en fait elle a découverte !

Une fois qu'on a décollé le souvenir ému de ce que l'on voit vraiment (comme si on retirait un fin film plastique recouvrant une photo), on s'aperçoit néanmoins que la série, bien qu'ayant visuellement vieilli (elle a quand même pris une quinzaine d'années dans les pattes), est plutôt bien conservée. Le passage où Jay tombe dans le coma, par exemple, est soutenu par une jolie métaphore parfaitement rendue, pas trop lourde mais bien conçue. Le dialogue où Jay explique ce qu'est une famille à l'un des enfants perdus de son monde imaginaire est aussi plutôt bien écrit. Et l'amie de Jay, Donna, est quant à elle une comédienne plutôt talentueuse pour son âge, très naturelle... qui donne de l'âme et une certaine forme de sensibilité à toutes les scènes où elle est présente.

Beaucoup de qualités, en somme, même si ce n'était pas celles dont... Truc ? Ce n'était pas celles dont Truc pensait se souvenir. Mais qu'importe, car puisqu'elle a ses propres qualités, L'Odyssée imaginaire n'a plus lieu d'être fantasmée. Elle devient un élément à part entière de la téléphage-o-thèque, avec toutefois cette légère note sentimentale : en plus, la saison 3, elle était bieeeeen.

Enfin, je crois.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche L'Odyssée Fantastique de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:53 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

Je respire !

Boomtown est une chouette série. On le savait déjà mais merci à France 3 de nous le rappeler, voire de l'apprendre à ceux qui ont loupé le coche lors de la diffusion sur France 2. Ce n'est que trop souvent que cette chaîne publique a rechigné à nous diffuser des titres récents (post-2000), et apparemment la saison présente tend à se rapprocher d'une moyenne honnorable (pour éviter l'humiliation vu la vague de séries sur les autres chaînes, sans nul doute, mais tout est bon à prendre).

Du coup ce serait un crime de ne pas faire tout honneur à ce seigneur. Du moins à la première saison, on verra bien si on se sent courageux ensuite. Ou désespéré, ça dépend du point de vue... En ce qui me concerne, si le choix de séries le mardi se limite à un combat CSI/Boomtown, mon vote va de tout coeur et sans réfléchir à France 3 quand même.

Ce soir, ma préférence allait au premier épisode de la soirée : Sous pression, formidablement construit (le suivant, Chimère, bien que brillant sur le fond, était par trop brouillon sur la forme) et reposant sur les épaules de Joel (le toujours très juste et sobre Donnie Wahlberg). Comme attendu, le spectateur passe 45 minutes à se demander : mais pourquoi Joel peut-il en vouloir autant à ce type ?! Se sent-il coupable d'avoir lui aussi envie que la dépressive qui fait partie de sa vie (sa femme, pour ceux qui n'auraient pas suivi dés le pilote les allusions appuyées à la tentative de suicide) aie besoin de lui ? Auquel cas il s'identifierait à Colson qui représenterait son fantasme de ne pas la laisser partir... C'était quand même un peu tordu de ma part.

Le flashback final nous rappelle en fait que sa femme a eu des périodes de bonheur et qu'aujourd'hui elle est au plus bas, de la même façon qu'elle a déjà été très mal quand elle était petite et qu'elle avait une première fois trouvé la guérison et le bonheur en épousant Joel. Celui-ci, en réalité, ne pardonne pas à Colson de n'avoir pas été là pour la victime, et d'avoir empêché cette dernière de prendre le temps d'aller mieux. Et quelque part dans la tristesse profonde du personnage, il y a quand même une sincère note d'espoir : la rémission de sa femme est possible !

...Mais peut-être que ce sera sans lui.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (ils se forcent sûrement) : la fiche Boomtown de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:27 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

[DL] Boomtown

Ga. Oui, tout-à-fait : juste ga. Ya rien d'autre à en dire : réalisation impeccable (gaaaa), musique envoûtante (gaaaaaa !) et casting ahurissant (Neal McDonough gaaaaaaaaaaaaaaa !). Je pourrais tenter d'avoir un propos constructif et argumenté...
Mais : ga.

Boomtown_generique
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mon éternelle reconnaissance à France 3 qui a la bonne idée de rediffuser ce que France 2 n'a pas super bien traité.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Boomtown de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:07 - Médicament générique - Permalien [#]

[DL] Lincoln Heights

La charmante série familiale (mais pas trop) Lincoln Heights vient de débuter aux States, et je n'ai qu'une envie après avoir vu le pilote : voir la suite ! Dans l'intervalle, il reste toujours le générique...

Visuellement, rien que de très classique, on a droit à un mélange de mise en situation (aaaah, L.A., ses échangeurs autoroutiers, ses voitures de police...), d'action (...ses voitures de police, on vous dit !), et naturellement, de famille (on est quand même sur ABC Family, faut assumer), à grands renforts de filtres orangés du plus bel effet. Vous vous doutez bien qu'il y aura un "mais" ! La musique est kistchissime au possible : le générique de Lincoln Heights est un merveilleux retour dans le temps, genre au minimum, 15 ans en arrière. Facile. C'est tellement désuet que c'en est charmant !

LincolnHeights_generique
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir ! Lien mis à jour le 2007-09-28. ^_^

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (à ce stade c'est bien parce que vous le voulez) : la fiche Lincoln Heights de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:03 - Médicament générique - Permalien [#]

La maison jaune d'Eddie Sutton

La maison que l'officier Eddie Sutton s'apprête à acquérir évoque pour lui et sa femme une certaine image de la vie de famille : une demeure, bien que modeste, tirée d'images d'Epinal, où leurs trois enfants grandiraient dans une maison avec jardin, chacun d'entre eux ayant sa propre chambre, et le couple retrouvant son intimité... C'est donc la raison pour laquelle Eddie insiste tant auprès de son épouse pour tenter le coup et se lancer dans l'aventure.

La seule raison ? Bon, pas tout-à-fait. Car cette demeure n'est pas ce qu'on pourrait qualifier de parfaite, puisqu'elle est, d'une part, largement décrépie, et d'autre part elle a été saisie après une descente de police qui en a délogé une bande de dealers. La petite maison n'est en effet pas situé dans la prairie, mais bien dans le quartier un peu remuant de Lincoln Heights, où Eddie a grandi durant ses jeunes années... et tout fait pour se casser de là aussi vite que possible.
Mais à présent, voilà que la maison de Lincoln Heights incarne pour lui non seulement un idéal de vie familiale, mais aussi un idéal tout court. Vendue pour une bouchée de pain et prête à accueillir une famille toute entière, la maison est désormais investie d'une nouvelle fonction : il s'agit de réimplanter un peu de respectabilité dans le quartier. Et Eddie, songeant sans aucun doute à l'endroit où il a passé son enfance, aimerait participer à la réhabilitation de ce secteur où la police n'a plus aucune autorité, et n'est pas reconnue par ses habitants eux-mêmes, laissés à leur pauvreté et à la merci des délinquants de tous poils.

Dans la nouvelle série d'ABC Family, on trouve, certes, des personnages ultra-lisses (je le répète, c'est une série d'ABC Family !), mais Lincoln Heights propose tout de même, et c'est drôlement intéressant, un constat social qui, sous l'impulsion du personnage principal d'Eddie Sutton, jeune père de famille plein de bons sentiments, devient carrément une expérience sociale. Voilà un homme qui est posé devant un dilemme sacrément puissant : d'un côté il veut améliorer la vie de sa famille en la tirant d'un immeuble dans lequel elle étouffe, et d'un autre côté il rêve secrètement de changer au moins un peu, à son niveau, le monde ; à commencer par le quartier difficile où il a grandi, et qui, en fait, n'a pas envie de choisir. Malgré le fait qu'il y ait de grandes chances que les deux soient incompatibles (la tournure du hold up dés le pilote éloigne tout doute à ce sujet : Lincoln Heights n'est pas un hâvre de Paix tel qu'on l'envisage en général pour éduquer ses enfants) il a tout de même envie d'essayer. Ca force le respect, quand même !

L'optimisme (néanmoins non-forcené) d'Eddie, et son désir d'au moins semer la graine qui pourrait permettre au quartier de son enfance de s'améliorer, et d'amorcer un cercle vertueux dans une communauté qui ne croît plus tellement que sa vie peut s'améliorer, forment un message particulièrement positif, mais participent aussi d'une démarche qu'on a envie de suivre. Malgré tout le scepticisme qu'on voudrait ressentir envers cette tentative, et même si on s'attend à tout moment à ce qu'Eddie soit déçu et baisse les bras (même si bien entendu pour les besoins du scenario, ça n'arrivera probablement pas avant la fin de la série) on ne peut que brûler d'envie de voir les choses, effectivement, aller mieux.

Plus que les aventures ô combien classiques d'une famille, c'est l'aventure de ce quartier qu'on a envie de suivre. Grâce à ce pilote faisant bonne mesure entre bonnes intentions et chances plus que restreintes d'aboutir, avec ce qu'il faut d'action ultra-classique, et visiblement, l'amorce d'un arc autour des conséquences du braquage/prise d'otage qui tourne mal, on est immédiatement immergé.

Lincoln Heights ne fait pas de démonstration de force avec ce premier épisode : les dialogues sont simples, la réalisation fait penser à pas mal de séries des années 90, très conventionnelle (le générique est à cet égard une perle), et les acteurs ne débordent pas de charisme (sans être mauvais, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit) et d'ailleurs sont plutôt méconnus (Michael Reilly Burke; sans doute le plus connu de tous, est un habitué des seconds rôles). Pourtant avec ce seul scenario, ce fil rouge, cette sorte d'idéal, on se sent irrémédiablement attiré. En cette pleine vague de série reposant sur des concepts, sur des castings fabuleux, ou des réalisations efficaces, Lincoln Heights est un ovni porteur de réelles valeurs qui, même si on ne les partagent pas, font qu'on a vraiment envie de rester attentif.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la toute fraîche fiche Lincoln Heights de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:58 - Review vers le futur - Permalien [#]